Diagnostic préalable de rachat d’entreprise

Racheter une entreprise existante est souvent le meilleur moyen d’aller vite :

1. Pas besoin de galérer pour définir un concept efficace : quelqu’un d’autre l’a fait avant vous et a démontrer sa viabilité.

2. Existence d’un chiffre d’affaires, de marges dès le premier jour

3. Existence d’une équipe de salariés opérationnels ayant la mémoire des processus internes de fonctionnement

Alors comment faire pour racheter une entreprise dans de bonnes conditions ?

Analyser la pérennité du modèle économique de l’entreprise dans son ensemble

Avant d’aller plus loin, il convient d’analyser le métier de l’entreprise.

Voici les questions clés auxquelles il faut répondre :

  • Est ce une activité qui tombe en désuétude ? Si oui, peut on convertir l’activité existante pour utiliser l’entreprise sur un nouveau marché ?
  • Quel est le  potentiel de développement ? Quel va être votre apport à cette entreprise ? Il ne suffit pas de racheter le capital d’une société, mais il faut en plus lui insuffler une dynamique nouvelle.
  • La clientèle est elle stable ? Si oui, est ce à cause d’un savoir faire particulier (le fameux « know-how ») qui tient cette clientèle captive ?
  • Les marges sont elles dépendantes de facteurs extérieurs qui font fluctuer les marges (achats de matières premières, sous traitance, concurrence…..)

Analyser le rôle et l’impact réel du collège dirigeant et des hommes clés

Le collège dirigeant est un des maillons clés de la réussite d’une entreprise. Lorsque vous choisissez de mettre les pantoufles de quelqu’un d’autre il faut d’abord savoir si celles si sont faites pour vous en répondant aux questions suivantes :

  • La viabilité de l’entreprise dépend-elle de son dirigeant et/ou de certains salariés ? Quelle est leur importance relative dans l’organisation, et quelles seraient les conséquences éventuellement dommageables de leur départ ?
  • Le temps de travail du dirigeant est il disproportionné ? Devrez vous accomplir 70 heures de travail hebdomadaire pour vous en sortir ?
  • Existe-t-il des membres de la famille du dirigeant au sein de l’entreprise ? Si oui, quel sera l’impact du rachat de l’entreprise sur leur présence future ? S’agit il de personnes clés, ou à contrario de personnes qui profitaient d’une situation familiale de type « cocon » ?
  • Les rémunérations des dirigeants et hommes clés sont elles cohérentes, par rapport à la capacité contributive de l’entreprise ? Si ce n’est pas le cas, il conviendra de mesurer l’impact positif ou négatif de la cession sur le coût de cette rémunération, lorsque vous opèrerez votre évaluation d’entreprise.
  • La cession de l’entreprise peut elle avoir un impact négatif sur ses salariés importants ? Sont ils susceptibles de quitter l’entreprise et quel serait l’impact de leur départ (préjudice, concurrence ?)

Analyser les risques de la reprise de la façon la plus objective possible

Anticiper les risques ne veut dire avoir peur, mais à contrario « maitriser » sa peur en ayant pleinement conscience de la possible réalité à laquelle vous serez confronté.

Voici les questions clés à se poser :

  • Analyse des risques RH et management : le droit du travail est il correctement appliqué ? Existe t il des litiges en cours ou à venir (prudhommes par exemple) ? Les conditions d’hygiène et de sécurité sont elles respectées ?
  • Analyse des risques financiers : existe t il un fonds de commerce, des brevets, des licences que l’entreprise exploite ? Si tel est le cas, cette exploitation est elle limitée dans le temps ? Quel est le lien entre la trésorerie de l’entreprise et sa structure de capitaux propres ? L’entreprise est elle saine financièrement ? Sera t il nécessaire d’investir à l’avenir pour maintenir et/ou développer son activité ?
  • Analyse des risques divers et généraux : les risques généraux sont ils bien couverts  ( contrats des commerciaux, homme clé, clientèle, perte d’exploitation, vols et responsabilité civile) ? Si ce n’est pas le cas, des litiges ultérieurs sont ils susceptibles de vous exploser à la figure, une fois que vous aurez repris ?

Le diagnostic préalable est plus important que les chiffres eux mêmes

Il ne sert à rien de vouloir reprendre une entreprise sans avoir au préalable effectué un diagnostic « qualitatif ». Les chiffres viennent ensuite, une fois que l’on s’est fait une idée précise de ce que pourrait être les facteurs de réussite potentiels d’une entreprise existante.

Pour effectuer ce diagnostic préalable, il faut de l’expérience, de la bouteille, car de très nombreux pièges invisibles existent.

Il faut les éviter à tout prix, sous peine d’échec cuisant.

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