Prise de son
Définition
L’expertise de la captation : de l’acoustique au signal
Définition de prise de son
La prise de son est l’opération fondamentale consistant à transformer l’énergie acoustique (variations de pression de l’air) en une grandeur électrique proportionnelle, nommée signal audio. Ce processus repose sur l’utilisation de transducteurs, plus communément appelés microphones. Pour l’intermittent du spectacle, la prise de son est le maillon critique : c’est ici que se détermine la qualité intrinsèque du timbre, la dynamique et la profondeur spatiale du projet.
Elle s’inscrit dans des contextes variés exigeant des compétences spécifiques :
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En studio : Recherche de la fidélité absolue ou d’une coloration esthétique précise (choix du préampli, impédance).
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En tournage : Priorité à l’intelligibilité et au rapport signal/bruit dans des environnements non contrôlés.
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En sonorisation : Gestion de la réjection (éviter le larsen) et de la robustesse mécanique du matériel.
Historique de prise de son
La prise de son est née d’une approche purement mécanique (l’ère acoustique, 1877-1925) où le pavillon servait d’amplificateur naturel. L’arrivée du microphone à condensateur (Western Electric, 1916) a marqué la transition vers l’ère électrique, permettant enfin de capter des fréquences supérieures à 5 kHz.
L’après-guerre a vu naître les recherches de l’école allemande (Neumann) sur les capsules à double diaphragme, introduisant les directivités variables. Dans les années 1970, le développement des microphones à électret a démocratisé la captation, tandis que les années 2000 ont vu l’émergence des microphones numériques et des systèmes ambisoniques pour la réalité virtuelle, poussant la prise de son vers une analyse spatiale à 360°.
Usage de prise de son
L’usage professionnel exige une maîtrise combinée de la physique des ondes et de l’électronique de bas niveau.
La sélection du transducteur selon la technologie
Au-delà de la forme, c’est le fonctionnement interne qui dicte l’usage :
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Microphones Dynamiques (Bobine mobile) : Fonctionnent par induction. Supportent des pressions acoustiques extrêmes (jusqu’à 150 dB SPL). Idéaux pour les percussions ou les amplificateurs de guitare.
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Microphones Statiques (Condensateur) : Nécessitent une alimentation fantôme (+48V). Leur diaphragme très léger offre une réponse transitoire exceptionnelle, indispensable pour les voix et les instruments à cordes.
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Microphones à Ruban : Très fragiles, ils offrent une réponse en fréquence très douce, naturelle, simulant l’oreille humaine.
Le diagramme polaire et la réjection
Comprendre la directivité permet de sculpter le son en utilisant les “points froids” (zones de silence) du micro pour rejeter les instruments indésirables ou l’acoustique médiocre d’une salle.
| Directivité | Angle de réjection maximum | Usage expert |
| Omnidirectionnel | Aucun (capte tout) | Pas d’effet de proximité, idéal pour l’infra-basse. |
| Cardioïde | 180° (arrière) | Standard pour isoler une source face au micro. |
| Super-cardioïde | 126° et 234° | Meilleure isolation latérale, idéal pour les retours scène. |
| Bidirectionnel (8) | 90° et 270° (côtés) | Idéal pour la technique MS (Mid-Side). |
Techniques de placement stéréo avancées
La création d’une image stéréo cohérente repose sur des différences de temps (phase) ou d’intensité (volume) :
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Couple XY (Coïncident) : Les capsules sont superposées. Différence d’intensité uniquement. Totalement compatible mono.
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Couple AB (Temporel) : Micros espacés de 40 cm à plusieurs mètres. Utilise la différence de temps d’arrivée. Image très large mais risque de filtrage en peigne.
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Technique MS (Mid-Side) : Un cardioïde face à la source (Mid) et un bidirectionnel perpendiculaire (Side). Permet de régler la largeur stéréo après la prise de son.
À savoir / Comparaisons utiles
La gestion de la phase et le filtrage en peigne
Lorsque plusieurs micros captent la même source, les ondes arrivent à des moments légèrement décalés. Cela crée des annulations de fréquences (filtrage en peigne).
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Action : Toujours vérifier la sommation mono. Si le son devient “creux”, il faut déplacer un micro de quelques centimètres ou inverser la polarité (180°).
L’impédance et le gain staging
La qualité du préamplificateur est aussi importante que le micro. Un micro à ruban nécessite un préampli à haute impédance (> 1500 \Omega) pour ne pas étouffer les aigus. Le gain doit être réglé pour que les crêtes atteignent environ -12 dBFS en numérique, laissant une marge de sécurité (headroom) pour les pics imprévus.
Effet de proximité vs Distance critique
Plus on s’approche d’un micro directionnel, plus les basses augmentent (jusqu’à +15 dB sous 100 Hz). Pour une prise naturelle, il faut trouver la “distance critique” où le son direct de l’instrument équilibre parfaitement le son réfléchi par la pièce.
En bref
Réussir sa prise de son demande de l’anticipation : choisir le micro selon sa pression acoustique admissible, définir la directivité pour gérer l’environnement, et assurer une mise en phase rigoureuse. C’est cette précision chirurgicale qui garantit un mixage fluide et un rendu final professionnel.
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