Comment devenir ingénieur du son ?
Un exemple avec le parcours de Fred !
Transcription texte complète ici : https://www.youtips.com/parcours-dingenieur-du-son-avec-fred/
Bernard Fort nous livre dans cette courte vidéo trois citations inspirantes de compositeurs célèbres
Les 3 citations :Â
- « Happy New Ears » (John Cage)
- « Cherchez et vous trouverez » (Jean Sébastien Bach)
- « En aucun cas, le chercheur ne saurait présumer de ce qu’il va trouver » (Pierre Schaeffer)
Les liens utiles :Â
Y a t-il des compositeurs plus fous que les autres ? Bernard Fort essaye de nous répondre dans cette vidéo :
Fabien • 00:02 Bonjour, bienvenue sur le Blog Youtips. Bonjour Bernard.
Bernard • 00:05 Bonjour, Fabien !
Fabien • 00:07 Nouvelle série sur les musiques électroacoustiques. Aujourd’hui je voulais te demander : est-ce qu’il existe des compositeurs un peu fous, déjantés, un peu hors normes ?
Bernard • 00:16 Alors en fait, en cherchant bien, j’aurais presque préféré la question inverse : y a-t-il des gens normaux dans cette catégorie d’artistes ? En fait, je pense que tous sont un petit peu fous, mais on dit souvent que les fous sont des gens qui prennent leurs rêves pour des réalités. Et finalement, c’est quoi un compositeur, si ce n’est un fou qui prend ses rêves pour des réalités et qui essaie de les concrétiser ?
Fabien • 00:47 Donc finalement, qui ne se met pas de limites, quelque part.
Bernard • 00:50 Voilà . Bien sûr, et comme on est dans le courant des musiques électroacoustiques, c’est-à -dire des musiques qui sont neuves et qui reposent sur très peu de traditions, la folie consiste à explorer des domaines très divers. Et donc, peut-être que ceux qui nous apparaissent maintenant comme étant les plus fous sont les pionniers de cette musique. Je pense à Stockhausen par exemple. Stockhausen, compositeur allemand qui a fait de la musique électroacoustique et de la musique instrumentale, s’est vraiment positionné comme une espèce d’explorateur. Alors son exploration part dans toutes les directions : faire une musique qui encercle le public avec des haut-parleurs tout autour. Maintenant, on est très habitués à ce genre de pratique. Dans le milieu du cinéma, on est cernés par des haut-parleurs et on a des sons qui peuvent venir du côté ou de l’arrière. Mais quand, dans les années 50 ou 60, Stockhausen fait ça, il est véritablement un pionnier.
Fabien • 01:56 On remarque au cinéma quand même que ce n’est pas si souvent exploité, ce dispositif spatial.
Bernard • 02:02 Oui, parce qu’on s’aperçoit que finalement les gens n’y croient pas beaucoup. C’est-à -dire qu’en fait, comme l’image vient de devant eux et qu’il y a un son sur le côté, pour eux c’est très anecdotique. Alors éventuellement, une explosion, un accident, un coup de tonnerre qui vient de l’arrière, ça fait un petit peu peur. Mais finalement, on a quand même toujours tous tendance à tourner la tête en direction du son.
Fabien • 02:26 Et donc Stockhausen avait des dispositifs comme ça ?
Bernard • 02:32 Voilà , il a pensé des musiques en quatre pistes, même des musiques en cinq pistes ou des dispositifs de son qui faisaient que le son pouvait venir au-dessus de la tête des gens ou en dessous. Il avait fait ça pour l’exposition universelle à Osaka. Mais il a poussé la folie ailleurs, il a par exemple essayé de conquérir le temps et la durée en faisant des œuvres qui, en un seul mouvement, pouvaient atteindre une demi-heure, une heure, etc. Je pense par exemple à  Hymnen, qui est une œuvre qui ne s’arrête pas et qui dure deux heures.
Fabien • 03:06 Qui peut s’écouter sur support ?
Bernard • 03:08 Et qui s’écoute sur support, évidemment.
Fabien • 03:10 Ce n’est pas tous les jours qu’on va l’écouter, mais…
Bernard • 03:12 Non, ce n’est pas tous les jours qu’on peut l’écouter. Mais voilà , c’était une conquête dans une direction. Et comme ça, Stockhausen poussait les expériences très loin et toujours…
Fabien • 03:25 Donc c’est un compositeur qui reste encore aujourd’hui.
Bernard • 03:28 Ah oui, oui, oui. Et il y a beaucoup à apprendre à écouter l’œuvre de Stockhausen.
Fabien • 03:32 Bernard, merci beaucoup et à très bientôt.
Bernard • 03:35 Merci pour ce moment de folie.
Résumé de l’épisode : Y a-t-il des compositeurs hors norme ?
La frontière entre folie créative et génie musical
Dans ce nouvel épisode sur les musiques électroacoustiques, Fabien et Bernard explorent la notion de folie chez les créateurs. Loin d’être un défaut, cette approche hors norme s’avère souvent être le moteur des artistes qui transforment leurs rêves sonores en réalités. Les pionniers, totalement libérés des traditions, ont ainsi pu repousser toutes les limites de la création.
Stockhausen, l’explorateur du son spatialisé
Bernard met en lumière le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen. Dès les années 50 et 60, il imagine des musiques diffusées sur quatre ou cinq pistes, encerclant le public avec des haut-parleurs (allant même jusqu’à diffuser le son par le haut et le bas). Une technique immersive qui, bien que présente aujourd’hui au cinéma, restait totalement avant-gardiste pour l’époque.
La conquête du temps avec l’œuvre Hymnen
Au-delà de l’espace, Stockhausen s’est également attaqué à la dimension temporelle. Sa pièce Hymnen illustre parfaitement cette démarche : une création vertigineuse d’un seul bloc ininterrompu de deux heures. L’héritage de ce pionnier reste une source d’apprentissage majeure pour les auditeurs d’aujourd’hui.
Liens utiles :
Native Instruments vient de dévoiler Komplete 26 cette semaine, le successeur direct de Komplete 15. Petit détail à noter avant de plonger : Native a changé sa nomenclature pour s'aligner sur l'année de sortie. Pas de panique, il n'y a pas eu 11 versions en cachette, c'est juste un changement de naming.
Le grand retour : Absynth 6
C'est probablement la nouvelle qui fait le plus parler. Absynth, le synthé semi-modulaire culte, refait surface avec une refonte complète de son moteur de synthèse hybride. Pour ceux qui faisaient du sound design dans les années 2010, c'est un peu comme retrouver un vieil ami. Pour les autres, c'est l'occasion de découvrir un outil pensé pour les textures évolutives et les soundscapes complexes.
Du nouveau côté instruments
Parmi les ajouts qui sortent du lot, on trouve les LCO Producer Strings, des cordes haute fidélité enregistrées par le London Contemporary Orchestra et parfaites pour les compositions cinématiques. Les pianos à queue Claire et Claire: Avant ont été échantillonnés sur des instruments rares pour un rendu vraiment réaliste. Moments: Vocal Clouds apporte des nappes vocales éthérées pour les ambiances atmosphériques, tandis que Electric Keys – Jade vise les amateurs de son d'electric piano vintage. Côté beatmaking, Marco Polo Drums et 24k Drums proposent des kits boom-bap orientés hip-hop.
Côté mixage et mastering
Le bundle inclut toujours les outils iZotope et Brainworx, avec quelques nouveautés notables : Ozone 12 Elements pour le mastering assisté par IA en un clic, Nectar 4 Elements pour les voix, et bx_console AMEK 200 pour la couleur analogique. Pas révolutionnaire, mais ça permet de tout faire dans le même écosystème sans changer de plugin.
Et Kontakt 8 dans tout ça ?
Kontakt 8 reste le cœur du système. La nouveauté, c'est l'arrivée du support Aftertouch polyphonique sur les contrôleurs compatibles, ce qui ouvre pas mal de possibilités d'expressivité au jeu.
Les prix
Bonne nouvelle : Native a baissé les tarifs de mise à jour par rapport à la version précédente. Pour les utilisateurs Komplete 15 qui veulent passer à la suite, comptez 149 € pour Standard, 299 € pour Ultimate et 399 € pour Collector's Edition. Pour les nouveaux acheteurs, le Select démarre à 99 €, Standard à 549 €, Ultimate à 1 249 € et Collector's Edition à 1 949 €. Des remises de fidélité supplémentaires sont disponibles si vous possédez déjà certains produits inclus dans le bundle.
Ça vaut le coup ?
Si vous êtes déjà sur Komplete 15, la mise à jour Standard à 149 € est probablement la meilleure affaire pour récupérer Absynth 6 et les nouveautés essentielles. Pour Ultimate et Collector's, ça dépend vraiment de votre besoin en librairies orchestrales et cinématiques.
Lors de mes formations sur Logic Pro, je fais souvent un constat frappant : 9 fois sur 10, les intermittents du spectacle que j'accompagne ne connaissent pas les origines de la musique électroacoustique. Pourtant, les outils que nous utilisons quotidiennement dans nos DAW (Digital Audio Workstations) découlent directement des inventions de ces chercheurs de sons.
C'est pourquoi j'invite chaque stagiaire, et chaque membre de cette communauté, à prendre le temps d'écouter et de lire cet article pour comprendre d'où vient notre manière moderne de sculpter le sonore.
Le monde de la création sonore ne serait pas le même sans une poignée de visionnaires qui, dès les années 40, ont décidé que tout son — qu'il s'agisse d'un train ou d'un soupir — pouvait devenir une note de musique. Voici un tour d'horizon des œuvres qui ont posé les bases de tout ce que nous écoutons aujourd'hui dans l'électronique et l'expérimental.
Le temps des pionniers : la musique concrète
Tout commence par un changement de paradigme : on ne compose plus pour un instrument, on compose avec la matière sonore brute.
- Pierre Schaeffer – Étude aux chemins de fer (1948) : L'acte de naissance. En utilisant des enregistrements de trains à la gare des Batignolles, Schaeffer prouve que le rythme industriel possède une musicalité propre.
- Pierre Henry – Variations pour une porte et un soupir (1963) : Une œuvre brute et organique. Ici, l’objet quotidien devient un instrument dramatique, oscillant entre grincements mécaniques et souffle humain.
L'alchimie de la voix et des machines
Comment transformer l'humain par le signal électrique ? Ces pièces explorent la déconstruction de la parole et de la voix.
- Karlheinz Stockhausen – Gesang der Jünglinge (1956) : Un chef-d'œuvre de spatialisation où la voix d'un enfant se fond dans des ondes électroniques pures.
- Luciano Berio – Thema (Omaggio a Joyce) (1958) : Un travail fascinant sur la texture des mots, où la technologie fragmente le langage pour n'en garder que l'émotion sonore.
Paysages et architectures sonores
La musique quitte le studio pour embrasser l'espace, l'environnement et le dessin.
- Luc Ferrari – Presque rien n°1 (1970) : L'invention du paysage sonore. Ce n'est plus de la composition traditionnelle, c'est une capture du vivant qui préfigure tout le courant "Field Recording".
- Iannis Xenakis – Mycenae Alpha (1978) : Une pièce révolutionnaire car elle a été "dessinée" sur une tablette graphique (l'UPIC). C'est la rencontre ultime entre l'architecture et le son pur.
L'héritage et la synthèse
- Bernard Parmegiani – De Natura Sonorum (1975) : Ce cycle monumental est souvent considéré comme la "Bible" de la musique acousmatique. Il explore avec une précision chirurgicale la frontière entre les instruments acoustiques et la synthèse.
Le focus de la semaine : La mémoire des sons
Pour illustrer cette sélection, nous vous invitons à écouter Arkheion (les voix de Pierre Schaeffer) de Christian Zanési.
Compositeur majeur du GRM (Groupe de Recherches Musicales), Zanési utilise ici des archives et des fragments de voix pour créer un voyage immersif. C’est une œuvre poétique qui démontre comment des traces du passé peuvent devenir une matière sonore vibrante et moderne.