Le métier de réalisateur de documentaire : art et réalité

Transcription :

(00:12) Fabien Fons : Bonjour, bienvenue à tous dans ce nouveau podcast. On va parler aujourd’hui d’un métier qui est le métier de réalisateur de documentaires. Et aujourd’hui je suis avec deux personnes de talent, Philippe Prudent, bonjour.

(00:24) Philippe Prudent : Bonjour.

(00:25) Fabien Fons : Auteur, réalisateur, monteur, cadreur, membre de l’association Créer un documentaire et porte-parole de circuits documentaires. Donc c’est un réseau de films documentaires qui diffuse.

(00:34) Philippe Prudent : C’est un réseau national de programmation et de diffusion de films documentaires en présence des réalisateurs.

(00:39) Fabien Fons : Et Laurent Cistac, donc toi aussi tu es auteur, réalisateur, cadreur, tu travailles pour la. . Tu es membre de l’association La Belle Échappée en Isère. Tout à fait. Et tu as réalisé également comme Philippe une cinquantaine de documentaires, comment vous avez fait de films depuis le début, vous le travaillez ?

(00:57) Laurent Cistac : Je n’ai pas compté mais ça doit être à peu près ça, depuis toutes ces années. Philippe, c’est pareil, je n’ai pas forcément compté, pas listé, mais.

(01:05) Fabien Fons : fonction des formats aussi c’est sûr il y a des collections donc tout de suite ça fait du volume mais on est dans ces chiffres là quoi donc aujourd’hui l’idée c’est de découvrir c’est quoi le métier de réalisateur documentaire, documentariste, qu’est-ce que c’est que ce métier ? Donc voilà, la question est un peu vaste.

(01:22) Philippe Prudent : La question est bonne, mais il faudrait donner un point de départ. Un multiple entrée.

(01:28) Fabien Fons : Alors le point de départ, ça peut être déjà le documentaire, il y a le documentaire télé, le documentaire radio. Quels sont les différents types de documentaires qu’on peut faire aujourd’hui ?

(01:41) Philippe : Alors, je pense que nous, en ce qui nous concerne, c’est du documentaire audiovisuel, de l’image. Alors, télé ou projection diverse en salle, en. dans tout lieu équipé d’un écran je dirais. La télé bien sûr elle aussi, on essaye de favoriser la diffusion de télé, mais bon, on n’a pas toujours. . L’opportunité, ça ne marche pas toujours pour aller en télé, donc des fois c’est bien de trouver justement un circuit parallèle ou complémentaire qui permet de. . de partager et de diffuser ces films pour qu’il y ait un plus grand nombre possible de gens qui puissent le voir, le but d’un documentaire, d’un film en général. Le documentaire en particulier, c’est pas de le faire et de se faire plaisir, puis après de le ranger dans une armoire, c’est derrière de le montrer, il faut que les gens le voient.

(02:33) Fabien Fons : Alors pour montrer vos films, Laurent par exemple, toi c’est en télé ou il y a des réseaux ?

(02:37) Laurent Cistac : Moi j’ai fait à peu près 15 ans de films télé, mais c’est pas forcément que le support qui m’intéresse, c’est plutôt la démarche du documentariste. Moi j’ai fait aussi des émissions radio pour. . enfin des documentaires radio. profonde sculture. Non, ça part d’une interrogation personnelle, déjà, un questionnement sur un fait de société par exemple, et un désir d’en savoir plus et de communiquer sur, en fait. Je pense qu’un film, enfin un documentaire, moi c’est quelque chose qui m’inspire, ça doit être inspirant. Il y a déjà une inspiration pour se documenter et vraiment aller fouiller dans le fond d’une question qui pose question qui m’interroge moi. Par exemple, ça peut être un sujet concernant l’injustice sociale, par exemple. J’ai fait des films documentaires sur la situation des personnes handicapées en France. et notamment le travail des personnes handicapées, c’est un exemple parmi d’autres. Et parce que pour moi, le documentaire, quel que soit son support, que ce soit un doc télé, un doc filmé pour les réseaux, enfin pour Internet ou un documentaire radio. S’il a une fonction, ce serait plus éveilleur de conscience en fait. Et un petit côté engagé, sans que ce soit le. .

(03:49) Fabien Fons : Et Philippe, ta démarche est la même ?

(03:52) Philippe : Ah complètement. Oui, complètement, je me retrouve bien. C’est ça le but d’un documentaire avant tout et l’auteur. Parce que là on est plus sur la partie auteur avant de parler de la réalisation, mais c’est ça, c’est de capter par le sujet, de trouver quelque chose qui nous touche déjà, et de creuser de se documenter et d’aller le partager et de le montrer et de le partager avec le public et partager notre point de vue. Le public n’est pas toujours d’accord avec nous.

(04:21) Fabien Fons : ça c’est un choix qu’on met qu’on assume après hein c’est toujours des sujets que vous choisissez vous mais jamais des commandes euh 90% oui C’est des sujets que je choisis moi. Donc ça c’est partie intégrante du métier de documentariste. C’est vous qui allez chercher vos sujets et vous espérez trouver votre public derrière.

(04:37) Laurent Cistac : Il y a une idée originale, un déclic original qui dit « Ah, ça j’y connais rien sur ce sujet-là ». Par exemple, j’ai fait un film sur les transports par camion dans les Alpes. Au début, moi, le milieu des routiers, je ne connaissais pas du tout. Donc il y a une interrogation et qui est un déclic de départ et qui va favoriser cette inspiration à en savoir plus. Et après, il faut avoir quelque chose à dire. C’est ça aussi. C’est là où la partie documentation, elle rentre en ligne de compte, parce qu’au départ, on n’a pas des fois pas grand-chose à dire, parce qu’on n’y connaît rien. Enfin, on ne connaît pas encore le sujet, mais il nous intéresse. Et on va commencer à se documenter, on va commencer à se cultiver.

(05:13) Fabien Fons : Oui, c’est ça. Et si le sujet vous plaît, vous allez trouver votre sujet. Est-ce que vous pensez que ça peut être valable comme sujet ? Est-ce que vous pensez au public ? Est-ce que vous pensez au diffuseur ? Est-ce que ces questions-là viennent dès le début ?

(05:28) Laurent : Ou vous vous lancez dans le sujet sans forcément savoir si ça va marcher ?

(05:31) Laurent Cistac : Là vraiment la bonne question en fait. Parce que je sais qu’il y a des auteurs et réalisateurs qui vont sélectionner, trouver un sujet et un angle de traitement, parce qu’on n’a pas encore parlé du traitement, mais c’est essentiel, en fonction des possibilités de production et de diffusion. Et parce qu’il y a des sujets qui passent moins ou moins bien, on va dire. Mais est-ce qu’il faut se subordonner à cette question ? C’est pas évident. Personnellement, moi je ne veux pas me limiter à le fait, est-ce que c’est un sujet porteur, est-ce que ce traitement-là va marcher ou pas. Je parle toujours du principe que. Tout sujet, dès lors où il est bien réfléchi, bien pensé, bien documenté, et donc derrière qu’il va permettre de réaliser un beau film, il est valable. Donc à partir de sujets mieux que d’autres, je dirais, après c’est le traitement. Après il y a des choix de diffuseurs. Mais de choisir son sujet en fonction de son diffuseur, moi je suis con. Ce n’est pas mon truc.

(06:27) Fabien Fons : Et donc, une fois que vous avez le sujet, comment s’exerce le métier ensuite ? Quelles sont les différentes phases, les différentes étapes qui vont, à partir de l’idée de départ, nous amener jusqu’à la suivante ? Il n’est pas une étape essentielle qu’on oublie vraiment, vraiment, c’est l’écriture.

(06:45) Philippe Prudent : Je pense que paradoxalement, un film ça s’écrit en fait.

(06:48) Fabien Fons : C’est d’abord un stylo et tout. Oui, on ne prend pas sa caméra et on va filmer.

(06:52) Philippe Prudent : Les gens sont souvent surpris parce qu’ils pensent que l’écriture c’est en fiction. et qu’on a une écriture très scénaristique, mais on a la même en doc. En documentaire, l’écriture, elle est, elle est. J’en parlais encore hier matin avec des réels, et qui ne font pas forcément toujours ce travail d’écriture, mais qui hallucinent moi des fois sur la précision d’écriture, du dossier, en me disant, mais en fait, quand on prend ton dossier . On lit ton pitch, ton synopsis, ton scénario, et on voit le film, en fait, ça coïncide parfaitement. Et comment tu fais pour écrire C’est du travail, on y passe un temps fou, mais c’est précieux. Moi je suis bien d’accord. Il y a souvent, notamment dans les productions de films de montagne, des gens qui filment. Enfin des séquences, des super belles images d’ailleurs, et qui se demandent après comment ils vont les monter, comment ils agencent ça. Ça peut être une méthode, non ? Enfin pour moi c’est une non-méthode. Parce que j’ai été sollicité plusieurs fois pour dire mais attends, est-ce que tu ne peux pas nous aider pour le montage ? C’est-à-dire la structuration des séquences qui n’ont pas été prévues au préalable. Si ça n’a pas été écrit, tu ne peux pas te dispenser de cette étape qui est. au préalable essentiel à mon avis. . Donc un film, ça s’est écrit. Alors ça permet quoi ? Ça permet de savoir où on en est, de structurer sa pensée, et si c’est une production télévisée, d’avoir un dossier qui se tient.

(08:16) Fabien Fons : Et ce travail, il se fait seul ou en équipe ?

(08:20) Philippe Prudent : Seul à 90%.

(08:22) Fabien Fons : Là on est au cœur du métier du documentariste et sur l’écriture.

(08:25) Philippe Prudent : Oui, sur la première. . Oui, oui, oui, c’est le cœur, mais c’est vrai que la phase, l’écriture On peut travailler à deux, on peut travailler à plusieurs. Oui, c’est arrivé, oui. Ça peut arriver. Mais c’est quand même. Mais c’est occasionnel, c’est solitaire. C’est assez compliqué quand même de. C’est déjà. Seul, assez compliqué de mettre en place et de trier toutes les idées, de structurer et de hiérarchiser un peu tout ça, si en plus il faut le faire de.

(08:51) Fabien Fons : Je ne suis pas sûr des fois qu’on allait bien aller au bout d’une idée solitaire.

(08:51) Philippe Prudent : . Oui. Oui.

(08:59) Fabien Fons : On est confrontés à vous-même.

(09:01) Philippe Prudent : Mais on l’aime cette solitude en principe. Oui. Moi j’aime bien. Mais c’est vrai que surtout dans cette phase de réflexion, de recherche. On élabore, on pose des pistes, on ne sait pas où ça va nous emmener, on reprend, on réécrit. On est tout seul.

(09:22) Fabien Fons : Oui, ça s’apprend. Écrire, le travail d’écriture, c’est quelque chose qui était inné pour vous, ou vous avez appris, vous êtes formé à la société. Il faut aimer écrire.

(09:31) Philippe Prudent : Il y a ce goût à l’écriture. Mais au départ, je ne sais pas écrire. Et c’est même. . D’en parler, là, j’y repense, j’avais un producteur qui m’a fait écrire. m’a torturé. Oui, c’est un apprentissage sur le tas en fait. Et souvent, je lui disais, bon, je peux prendre la caméra, je peux aller filmer maintenant. Et il me répondait systématiquement, pourquoi tu veux aller filmer, tu ne sais pas encore écrire. Et là tout était dit quoi. Parce que ça permet de clarifier sa pensée, en fait, l’écriture. Et comment tu as appris ? Moi j’ai fait une fac audiovisuel cinéma, qui était largement théorique. Et après c’est par rapport à des exigences de producteurs. qui disait voilà il me faut un dossier avec synopsis et puis tu poses une première écriture tu l’amènes et le producteur te dit ça ça va pas reprends le Et note de traitement, en fait. Parce qu’un film, ce n’est pas qu’un sujet, ce n’est pas seulement une thématique, c’est comment tu veux le faire. Et donc la note de traitement, le traitement filmique et sonore, il est essentiel. Parce que sinon c’est pas un. . C’est du reportage sinon. C’est un peu la différence entre le reportage et le documentaire. D’accord. Que les gens, enfin, ils font un amalgame assez généralisé en fait. Donc on ne s’improvise pas, documentariste ? Je ne sais pas, peut-être. Peut-être, si. Il y a des gens qui prennent des caméras. Je pense que c’est justement aussi le côté atypique mais sympathique de ce métier-là. Vraiment de règles propres qui dit pour être réalisateur il faut savoir faire ça, ça, ça, ça, ça. Enfin, ou auteur-réalisateur, il faut. . Oui.

(11:13) Fabien Fons : Il y a quelques préalables, mais je veux dire, c’est ouvert à tous. À l’heure où on fait cette émission, on est bientôt en 2020. J’imagine que le métier a bien changé par rapport à il y a 20 ans, notamment l’apport des nouvelles technologies, des caméras. Est-ce que ça a changé votre manière de travailler ?

(11:28) Laurent Cistac : Oui, le mal de dos. On t’a plus mal au dos maintenant ? Non, les caméras moins longues ? Moi toujours ? Ouais c’est sûr. Non, non, les tournages avec les BTK, les séries d’optiques plus les batteries. On dirait même que sur ces dernières années, dix dernières années. où ça a accéléré à une vitesse folle, l’évolution technique. Oui, mais pour moi, ça a changé radicalement ton approche du doc ? Non, pas du tout. Moi non plus. Non, non, non, ça c’est juste après un outil. C’est du plaisir aussi.

(12:00) Fabien Fons : Je veux dire, aujourd’hui, on peut filmer avec même des iPhones.

(12:04) Philippe Prudent : Mais ça, c’est du plaisir de. . technique, prise d’image, des choses comme ça. C’est plus qu’au moins, non. Oui, quand tu es en phase d’écriture, de préparation et de réflexion, je veux dire, la technique. Elle est loin encore. Je trouve qu’on maîtrise mieux avec les formations qu’on a eues ici à YouStudio par exemple, on maîtrise mieux toutes les étapes, notamment le montage. Mais voilà, avant cétait peut-être moins moins accessible. Oui, les centres de formation étaient moins accessibles et puis surtout les solutions de montage, enfin toutes les solutions de possibilités.

(12:37) Fabien Fons : C’était lourd montez aujourd’hui vos films vous-même.

(12:43) Philippe Prudent : Pas systématiquement, pareil. Ça dépend des budgets. Si on a le budget, on peut en se faire.

(12:47) Fabien Fons : En tout cas, voilà, pour quelqu’un qui veut faire ce métier, il faut qu’il se forme au montage.

(12:51) Philippe : Mais ouais.

(12:52) Fabien : Pour faire ses films en autoproduction, oui.

(12:54) Philippe Prudent : Oui. Mais là-dessus, moi, j’ai un point quand même à mettre. Le montage. Bon, comme chaque étape de production d’un documentaire, chaque étape est importante, il n’y en a aucune à mettre de côté, c’est sûr, mais souvent la post-prod, le montage. On se dit que ça y est, c’est parti, c’est fait, même si c’est fini, enfin on est en post-prod, non, le post-prod et le montage en particulier, c’est la deuxième écriture du film. Donc le choix d’un monteur Il peut être très important et souvent on peut l’avoir à l’écriture au départ en disant moi pour ce film-là, parce que j’ai cette intention-là, je veux travailler avec tel monteur. On en connaît certains. Si on a le budget, on va dire je veux bosser avec ce monteur-là. Parce que ce monteur-là va vraiment être en capacité de reprendre la matière. C’est lui qui va lui donner vie à cette matière sur la timeline. Et parfois, mais souvent, moi j’ai travaillé avec des monteurs qui m’ont fait redécouvrir mon tournage. C’est super important de bosser avec un monteur. Parce que si tu montes ton film toi-même, tu as un peu un rapport avec ton bébé, en fait, tes propos d’image. Donc t’as du mal à céder sur certaines images et que ce soit comme un attachement affectif ou un conscience.

(14:07) Fabien Fons : Il y a des plans que tu adores et qui ne sont pas forcément nécessaires à.

(14:10) Philippe Prudent : . Ou tu as vécu des trucs au tournage, je te dis mais attends, je ne peux pas m’en dispenser. Et le monteur te dit, mais tu déconnes, ça va pas, tu vas pas mettre ça, non ? Exactement. Et en fait, c’est une bataille. Ça peut être dur des fois. Moi ce que j’aime beaucoup quand j’ai un monteur, c’est justement on prend du temps au départ. On reprend le dossier, on lit, on relit le scénario, l’histoire, on regarde la matière, on déroche un peu un petit peu avec. Mais très vite, je le laisse. Je le laisse et je ne repasse plus, je le laisse. Il peut y avoir des propositions super intéressantes qui sont. Une semaine, dix jours, quinze jours, quoi, sans problème. Et quand lui m’invite à revenir, je reviens. Et là on regarde et on discute. Mais vraiment je lui fous la paix et je suis impatient et je suis heureux des fois. Je suis impatient. Quand il me dit c’est bon, viens, j’arrive, parce que j’ai hâte de voir ce qu’il va me proposer, parce que je sais qu’il va me surprendre. Et s’il ne me surprend pas, par contre, ça veut dire qu’il y a un problème. Après, c’est toi qui tranche. C’est toi qui tranche. Il ne faut pas se laisser déposséder par le monteur qui a sa propre vision du film. Tout à fait. C’est pareil pour l’illustration sonore aussi. La musique, elle doit être. . Moi je ne suis pas musicien malheureusement. Mais le rapport de la création avec le compositeur, c’est super intéressant.

(15:21) Fabien Fons : Et c’est systématique ça de faire appel à un compositeur de musique de film pour un documentaire ? Bah toujours ce problème de budget. Oui, parce que ça change aussi la vision du film.

(15:35) Philippe Prudent et Laurent Cistac : C’est composé à l’image, c’est écrit pour, donc c’est un univers que tu crées. Alors c’est aussi intéressant dans le rapport professionnel avec le compositeur. qui apporte aussi un. . Ah mais là c’est énorme. C’est le deuxième réalisateur parfois. Alors tu vois, tu parles du deuxième réalisateur. L’année dernière, j’ai travaillé avec un compositeur de guitare classique qui porte de guitare classique à la. au Conservatoire de Lyon, sur un projet dans le Beaujolais, on était en résidence artistique and lui-même en composant la musique, he composait, he ressentait quelque chose et he did she’s en trained to the septième personnage du film. . C’est-à-dire que la musique devenait un personnage à elle toute seule dans le film. C’est vrai que des fois on ressent ça. Ça peut tout modifier en fait. Et donc travailler avec un compositeur, c’est précieux. Donc la bonne musique est au bon endroit. Et ça, même dans le film de fiction, parce qu’en fait, là on parle du documentaire, mais est-ce que c’est radicalement différent ? Pas sûr.

(16:32) Fabien Fons : Est-ce que vous flirtez un peu avec la fiction dans le documentaire aussi ? Est-ce qu’à des moments donnés vous avez dû faire un peu, par exemple, de direction d’acteur, des choses comme ça ?

(16:41) Philippe Prudent : Ah bah tout le temps.

(16:44) Fabien Fons : C’est quand même pas du théâtre, c’est pas du cinéma.

(16:46) Philippe Prudent et Laurent Cistac : Non, non, pas tout le temps. Moi je dis souvent, alors c’est vrai que dans la réalisation peut-être un peu différente, mais je dis souvent, moi je mets en scène le quotidien des gens. Alors je suis complètement d’accord. Paradoxalement tu filmes pas le réel comme ça sans intervenir, sauf que sur des séquences bien précises. Sinon c’est de la vidéosurveillance, tu mets une caméra de surveillance et pipoin marre. Non, non, mais paradoxalement aussi, le réel s’écrit et se construit. S’il se construit au tournage.

(17:13) Fabien Fons : Donc ça veut dire qu’au tournage, tu peux complètement changer l’angle de ton film si tu t’aperçois du coup de la vie.

(17:22) Laurent Cistac : complètement non ton angle non non tu peux pas mais il évolue mais déjà les protagonistes que tu filmes ils savent qu’il ya une caméra donc c’est toujours un jeu tu fais semblant que la caméra n’est pas là mais elle est là ils le savent Donc même en reportage télé, c’est pour ça que par exemple le documentaire, enfin le reportage le plus mensonger, c’est le journal télévisé. Parce qu’on fait comme s’il n’y avait pas. de caméra. Comme si cétait le réel. Mais non, le réel, ça se construit. Donc ça se construit par l’image, ça se construit par la mise en situation et par le montage.

(17:53) Fabien Fons : Est-ce que c’est la même chose dans la radio ? Documentaire radio, toi qui en as fait un petit peu ? Est-ce que tu as la même démarche d’écriture ?

(18:01) Laurent Cistac : Oui, d’écriture oui. De documentation, oui. Mais je trouve que c’est plus facile de faire la radio en fait. C’est plus libre de parole. Déjà, les personnes ne sont pas. sous l’angle d’une caméra, d’un objectif, et il y a une liberté de ton. Et après, tu as des rushs très très longs. Et le découpage est plus facile en audio qu’en image.

(18:20) Fabien Fons : Et pour une personne qui voudrait faire du doc mais uniquement en radio et en vivre, est-ce que c’est plus compliqué peut-être ?

(18:27) Philippe Prudent : Oui je pense que ça ne doit pas être simple. Moi j’en ai jamais fait, mais ça veut dire que journaliste une polyactivité. Il faut qu’à côté tu sois journaliste, il faut que tu écrives à côté, fasse autre chose.

(18:40) Fabien Fons : Et pour quelqu’un qui veut se lancer, un jeune qui veut se lancer dans ce métier, est-ce que vous considérez que c’est un métier d’avenir encore aujourd’hui ? métier de documentariste.

(18:49) Philippe Prudent et Laurent Cistac : S’il n’y a plus de documentariste, il n’y a plus de traitement de l’info, il n’y a plus de traitement de sujet de fond, et c’est fini. C’est une trace de notre époque, chacun a son époque, mais c’est une trace vivante, parce que l’image, quelque part, ça l’en vivante, de notre époque pour les générations futures. C’est-à-dire que ces documents-là qui sont créés aujourd’hui. Ben on ne sait pas, nous on est contents de ressortir des vieux documents de l’époque parce que l’archive c’est de l’histoire quoi quelque part. Il y a l’histoire, c’est une mémoire, une mémoire vivante, quelque part. J’espère qu’ils ont envie de continuer à faire le documentaire. Je voyais récemment des films de Van der Keken avec des traitements en noir et blanc à l’époque. ou de Chris Macard, avec Alain René à l’époque, et ils avaient une liberté de ton qui est peut-être moins. . Alors parce que le problème du doc en ce moment, c’est qu’il y a un nivellement entre le doc et le reportage. Et il y a des exigences des unités documentaires ou du monde du journalisme aussi qui fait qu’il y a une confusion entre les deux genres. Et je pense qu’il y a beaucoup de créativité dans le doc en cinéma par exemple. Et il y a. un événement, un formatage du doc en télévision. Et il faut vraiment faire de la résistance par rapport à ça. Je sais pas si tu est d’accord avec ça, mais il y a un danger qui fait que. . Si tu veux un documentaire télé, c’est plus proche du magazine maintenant. Que ce soit tel ou tel réalisateur qui le fait, il n’y aura pas fondamentalement de différence dans la forme, dans le traitement. Alors que les films de René et Chris Marquard à l’époque, c’est unique.

(20:28) Fabien Fons : Si vous avez quelques noms comme ça à conseiller de réalisateur de documentaires, ou quelqu’un qui veut découvrir un peu, il y a plusieurs genres j’imagine.

(20:36) Laurent Cistac : Oui, il y en a pas mal.

(20:38) Philippe Prudent : De toute façon, puis je dirais surtout aussi qu’il y a différentes. . Il y a une classification un peu, je dirais, dans ses réalisateurs et dans le documentaire. Tu as Agnès Varda qui a fait des choses magnifiques que tout le monde connaît. T’as Vim Wenders qui a fait aussi des documentaires suivis sur sa vie. Gado est juste merveilleux. Très personnel, c’est beaucoup. Le sel de la terre est magnifique. Voilà, et après, tu as des documentaristes allemands. aussi ou américains qui ont une façon aussi de travailler et de s’accaparer le sujet qui est complètement différente avec des documentaires qui durent trois heures Comment tu l’as dit là ? Avec des documentaires très longs. Bizarrement, tu rentres dedans, les trois heures, tu les encaisses. En fait, c’est classé, les documentaires d’investigation, il y a des documentaires qui mettent en scène leurs propres réalisateurs, qui font une sorte d’enquête, il y a des choses très bien. Et il y a des enquêtes de société aussi. Moi je dirais à quelqu’un qui veut commencer c’est d’aller au Sinwesh en fait. Et d’aller voir des films de fiction. Parce que. C’est important ça, c’est pas loin, c’est super important parce que quand on disait avec Philippe tout à l’heure qu’un film ça s’écrit, un film documentaire ça s’écrit, parce qu’on est dans la narration, c’est la narrativité en fait. Et en fait, c’est comment on raconte une histoire, qu’elle soit réelle ou qu’elle soit fictionnelle. Mais la forme de la narration, c’est pareil. Comment. . Alors non que c’est la. . C’est de la dramaturgie au sens narration du terme.

(22:18) Fabien Fons : Alors pour la petite anecdote, quels sont vos plus beaux souvenirs de films documentaires ? Les films qui vous ont embarqué, que vous avez fait Laurent, qu’est-ce qui devient à l’idée ?

(22:30) Laurent Cistac : Que j’ai réalisé ? J’ai réalisé un DOX 52 minutes pour France Télévision sur le monde du handicap. Et là j’ai trouvé des gens qui étaient formidables en fait. Ça engage sa vie en fait. T’es pas neutre, mais ça te change de. . Des rencontres humaines qui t’ont bouleversé. Et puis. La conscience qu’ont ces personnes, quel que soit le sujet du film, qu’ils soient engagés ou pas, mais si c’est un film engagé, c’est encore plus important, la conscience que font que te donnent les protagonistes . dans leurs paroles et sans travestir leur l’image ou le fond qu’ils veulent communiquer. D’accord. C’est-à-dire qu’ils te font totalement confiance. Et c’est à toi, en tant que documentariste, à ne pas trahir cette confiance. Je crois que tu as une responsabilité énorme.

(23:22) Fabien Fons : Philippe, c’est un peu le même sentiment, j’imagine.

(23:25) Philippe Prudent : Oui, oui, complètement. Tu as une responsabilité

(23:28) Fabien Fons : Je sais que tu as fait des films dans plein de pays. Est-ce qu’il y a des destinations qui t’ont. .

(23:36) Philippe Prudent et Laurent Cistac : compléter même ce que vient de dire Laurent parce que cette confiance que nous donnent les gens, oui, en allant comme chez les pygmées en forêt équatoriale congolaise par exemple Bon, je reparle là-bas, il est certain qu’ils ne verront jamais le film. Donc ça serait facile de tromper et de faire ce que je veux avec les images derrière. Mais éthiquement, tu n’as pas le droit. Tu n’as pas le droit de faire ça. Tu ne peux pas les tromper. Ils t’ont accordé leur confiance, ils t’ont ouvert. leur milieu qui est normalement voire même sacré par moments et ils t’ont autorisé à venir partager des instants avec eux que normalement ils interdisent. Ils vous demandent rien. Ils te demandent. En Afrique de l’Est, j’ai découvert aussi à la suite de tournages précédents de TF1, c’était Ushuaï à l’époque. C’est-à-dire que les gens refusaient la présence d’une caméra ou d’un réalisateur à la suite de ces tournages-là.

(24:31) Fabien Fons : D’accord. Et ça arrive assez fréquemment.

(24:35) Philippe Prudent et Laurent Cistac : C’est-à-dire que tout d’un coup, alors je ne critique pas le milité des journalistes ou les lignes édito des chevaillettes d’époque ou autre. Rendez-vous en terrain côté. Voilà, par exemple, ce travestissement ethnique, enfin bref. Mais il y a un danger, c’est-à-dire que ces gens-là. On crée une image occidentale pour une diffusion grand public sur un média télévisé. Et est-ce qu’il correspond à l’exacte réalité de leur vie ? Ça c’est une bonne question. Et je ne suis pas sûr du tout que ce soit ça. Donc à la fois le respect des personnes dans l’image qu’on donne d’eux, et le respect du spectateur. Parce que si tu donnes une chose travestie à des spectateurs, un jour ou l’autre ça se sort. Donc réalité, sincérité. Et c’est ça le documentaire, c’est le cinéma du réel. Donc il n’y a pas à tricher. Et surtout pas tricher. Après, on a sa propre vision, son point de vue, point de vue physique réel et puis point de vue intérieur. Et ça doit correspondre à la réalité. Un documentaire n’est pas neutre, surtout s’il est engagé. Donc tu as un point de vue assumé sur la fois le sujet et son traitement.

(25:49) Fabien Fons : Une fois que le film a été écrit, monté, tourné, etc. , il faut aller le diffuser, le défendre. Là j’imagine que vous êtes aussi entouré, vous avez des partenaires ou des fois c’est vous qui allez sur le terrain essayez d’être vous battre pour diffuser le film, l’amener dans des festivals, je ne sais pas. Au cinéma ?

(26:06) Philippe Prudent : Il y a plusieurs voix, il y a plusieurs branches, bien sûr, mais on est seul. On est un peu seul à ce bac. Bon après, il peut y avoir une production, bien sûr, mais. Les circuits, c’est de la distribution avec des sociétés de distribution pour qui c’est le métier et qui ont l’habitude. Elles sont toutes pareilles aussi un peu catégorisées. en fonction du secteur qu’elle vise. Après il y a le festival. Donc le festival ça c’est l’auteur-réalisateur qui va se battre tout seul, enfin qui va se battre, qui va proposer son film, qui va aller le défendre pour essayer d’être inscrit dans un festival. Ensuite, il y a les salles aujourd’hui cinéma à Réessais qui sont de plus en plus nombreuses et très bien équipées et qui sont en demande. en demande de documentaires notamment, parce qu’ils ont un public for ça, et puis de manière à avoir une diversité dans la programmation, pas être seulement sur de la fiction, court ou long ou long ou moyen métrage, mais avoir vraiment. . différentes choses à proposer à leur public. Donc les cinémas aujourd’hui c’est à Ressai c’est intéressant.

(27:12) Fabien Fons : Et ça vous arrive d’aller défendre vos films sur scène, par exemple, vos cinéma ? Philippe plus que moi je pense.

(27:19) Philippe Prudent : Oui, oui, oui, oui, oui, oui. Je fais partie du réseau documents documentaires. Donc pour qui c’est le cœur de métier, ils ont vocation à faire ça, à programmer des films dans des salles. On voit d’ailleurs que le circuit évolue de plus en plus, il y a de plus en plus de salles, donc ça c’est intéressant pour tout le monde, à la fois pour le. pour le circuit documentaire, mais pour les réels qui sont dans le circuit. . Aujourd’hui, se passe quelque chose parce qu’on va rejoindre ce que disait Laurent tout à l’heure. La télévision aujourd’hui, elle a tellement cloisonné le monde du documentaire en le formatant, en disant un documentaire, c’est comme ça, il doit rentrer dans telle case, il doit être exponé comme ça, que finalement, inconsciemment, je pense que le public se lasse de voir toujours la même chose. Et du coup ils sont en demande, ils sont intéressés à voir une autre forme de documentaire.

(28:14) Fabien Fons : Et du coup ils se déplacent en salle.

(28:15) Philippe Prudent : Et du coup ils se déplacent en salle, ils se déplacent en médiathèque, en centre culturel, pour venir voir. Овиняв voir d’autres sujets, d’autres films réalisés différemment, et avec là en plus la plus-value, d’avoir la certitude que le réalisateur sera là. Ce qu’il n’a pas encore. Oui, l’échange est riche en fait. L’échange est beaucoup plus riche parce que même en télé maintenant, on diffuse le documentaire, une fois qu’il est terminé, c’est pages de pub et on passe à la météo. On n’a plus l’échange avec le journaliste comme on avait avant de ces émissions où il y avait le film, la fiction, le documentaire et derrière le débat en plateau télé. Tout à l’heure on parlait de solitude du documentariste, mais c’est même par rapport à la diffusion en télé, parce que ton film, tu travailles dessus pendant un an, deux ans, il est diffusé en télé dans une case, et après terminé. Tu n’as jamais eu de contact avec le retour. Non, jamais. Les chaînes ne te donnent jamais un retour, sauf une audience, parce que c’est le seul moteur. Donc c’est le public qui va le donner. Oui, quand ça ne va pas. Et ce que je voulais ajouter, c’est qu’il y a un autre mode de diffusion qui m’intéresse, c’est le net. Webdocumentaire. Qui à un moment a pris, moi je pensais qu’il allait se passer vraiment quelque chose avec ça. Et puis c’est tombé. Pour l’instant, ouais. Et j’espère que ça va redémarrer. Parce que là, il y a des choses fantastiques. C’est interactif. Que ce soit un web documentaire ou même un documentaire en ligne, et là, il faut quand même penser aux jeunes qui ont complètement déserté la télévision, qui désertent de plus en plus le cinéma.

(29:38) Fabien Fons : Après il y a YouTube, on peut diffuser.

(29:40) Philippe Prudent : Voilà, donc il faut un jour réfléchir à ce mode de diffusion. Il faut que ça soit organisé. Sur YouTube. C’est compliqué aujourd’hui de trouver une donner une place au documentaire, je pense sur des plateformes comme ça qui sont inondées, il y a de la vidéo. Il faut que ça soit mieux organisé sur et le web doc permettait. Je pense ça, il y avait une vraie identité. En fait, il ne faut pas imaginer que tu vas mettre ton doc en ligne et que tu ne basta terminer. Ça passe par des réseaux, par des sites internet qui sont en train de se faire. Et puis il faut qu’il soit vivant le webdoc. Le principe du webdoc c’est ça, c’est d’aller. de l’actu en permanence avant le tournage, pendant le tournage, après diffusion du film. Le webdog, moi j’ai trouvé ça super intéressant. J’en ai fait deux. Le problème des Wake Dobbs, c’est son financement en fait. Ça coûtait un. Et il n’y a pas de modèle économique dominant qui permette. L’Europe avait mis quelque chose en place au départ pour soutenir la création de WebDoc.

(30:38) Fabien Fons : Mais ça ne veut pas dire que ça revient en vrai. Vous avez fini de taper dans le micro, monsieur le président.

(30:41) Philippe Prudent : Ça n’a pas suivi.

(30:47) Fabien Fons : On parle de financement. Justement, comment on vit du documentaire pour terminer cette émission ?

(30:53) Philippe Prudent : Quand c’est le mode classique production, diffusion télévisée, tu es salarié, tu as des droits d’auteur. Et l’autre difficulté, c’est quand c’est en autoproduction, il faut que tu trouves toi-même ton budget. Ou réalisateur qui se respecte entre guillemets te dira si tu veux gagner beaucoup d’argent, tu ne fais pas ce métier. Donc c’est un métier de passion avant tout. Évidemment, c’est la passion qui. . La passion, elle nourrit même le doc. Elle nous nourrit pendant l’écriture, pendant le tournage. A toutes les étapes, c’est la passion qui nous nourrit. Et qui fait que le film existe à la fin. Oui mais il ne faut pas céder à toi, Mirror Wars Alouette, parce que t’as des jeunes qui veulent réalisateur réalisateurs. Ça ne veut rien dire enfin. Donc c’est hyper exigeant. C’est beaucoup beaucoup de boulot physiquement éprouvant. Oui, oui. Ah bah oui, un tournage. C’est la phase visible de l’iceberg, le tournage. Pinotes en fait, mais tu mets tout dans le tournage. Après tu mets tout dans le montage, tu mets tout dans l’écriture, la post-prod, enfin ça engage. Donc c’est Week-end, vacances, enfin il n’y a pas de vacances déjà. C’est la nuit, c’est. ça travaille. . Oui toi aussi, moi les images viennent de la nuit. Beaucoup de choses se passent la nuit. Tu travailles, tu notes. Ça prend la tête, comme on dit, mais dans le bon sens du terme. C’est exigeant et créateur aussi, il y a un côté créatif. Parce qu’on n’en a pas beaucoup parlé du traitement, mais. Le montage, l’alliage image-son, moi, me passionne en fait. Et le son est, enfin l’audio est vraiment, vraiment très très fort. On a parlé un peu de musique. Mais la gestion du son dans le documentaire, il y a encore beaucoup de choses à inventer, je pense.

(32:45) Fabien Fons : Oui, il y aura beaucoup de choses à dire. Ce sera l’occasion d’une émission sur le sujet. On peut pas tout dire entre les choses.

(32:52) Philippe Prudent : Sur le doc, sur la la. La production complète d’un doc. Les gens des fois nous demandent mais combien de temps ?

(33:02) Fabien Fons : Oui, parce qu’il y a plusieurs formats.

(33:04) Philippe Prudent : Non, pas la durée. Combien de temps ça vous a pris pour faire ce film ? Et là on est. . Des fois je dis mais j’en sais rien, je ne sais même plus. À partir du moment où l’idée est née et le moment où le film sort. . C’est minimum maintenant en fait. Ah oui, ça c’est un grand minimum. Non, non, mais si tu prends vraiment au moment où tu as pensé. Plusieurs années, oui. . Voilà. Tu le portes longtemps. Tu le portes pendant des années en fait. Et donc le tournage, quand tout à l’heure il dit ça, c’est juste la face émergée d’iceberg. C’est ça. Le tournage, mais bon, quand on en est au tournage, mais c’est que ça y est. C’est enfin une formalité. Non, mais c’est le moment le plus agréable qui arrive. Mais ça a démarré des années avant.

(33:47) Fabien Fons : Il y a certains films qui peuvent être un peu intemporels, qui peuvent être diffusés pendant plusieurs années, même des dizaines de. .

(33:52) Philippe Prudent : Il y a des sujets qui peuvent tenir pendant assez longtemps. Il y a même bizarrement aussi des fois des sujets, moi ça m’arrive là avec le Congo notamment, donc des sujets qui étaient assez d’actualité au moment où je fais le film. Il va tenir, il va bien vivre pendant 5-6 ans. Bon, puis le temps passe, le film. Et puis parce qu’une actualité nouvelle revient ou quelque chose en particulier, hop, le film ressort et on repart pour deux, trois ans d’exploitation. Pour moi, un doc, c’est pas de l’actual Non, c’est pas de là-dessus, c’est un regard sur donc il est. . Il est intemporel. Il est intemporel, il est vivant. Et il va vivre avec ce qui se passe à certains moments dans l’humanité.

(34:31) Fabien Fons : Bien écoutez, sur ces belles paroles, messieurs, merci. Merci beaucoup. Merci pour ton accueil. Je mettrai en tout cas les liens Laurent Cistac et Philippe Prudent de vos différents sites internet pour ceux qui veulent découvrir un peu ce que vous faites. Oui, avec plaisir.

Résumé du Podcast : le métier de documentariste

Un métier avec une démarche engagée

Dans cet échange, Fabien reçoit Philippe Prudent et Laurent Cistac pour explorer la réalisation documentaire. Loin du simple reportage, ce métier est défini comme un outil d’éveil des consciences. Les invités soulignent que chaque film naît d’une interrogation personnelle et d’un désir profond de transmettre un regard sur le monde, souvent avec une dimension sociale ou humaine forte.

L’importance cruciale de l’écriture filmique

Contrairement aux idées reçues, un documentaire ne se filme pas au hasard. L’écriture filmique est l’étape fondamentale qui structure la pensée avant même de prendre la caméra. Cette phase solitaire permet de définir le « traitement », c’est-à-dire l’intention artistique et sonore qui transformera la matière brute en une narration cohérente et puissante.

Le montage vidéo : la seconde écriture

Le passage en post-production est décrit comme une étape de redécouverte. Le montage vidéo est considéré comme une « seconde écriture » où l’intervention d’un monteur tiers est souvent précieuse pour apporter le recul nécessaire. C’est ici que l’alliage entre l’image, le son et la musique (souvent originale) donne vie au projet final.

Les défis de la production audiovisuelle et de la diffusion

Le podcast aborde la réalité économique de la production audiovisuelle. Face au formatage croissant des chaînes de télévision, les réalisateurs prônent une forme de résistance via la diffusion cinéma en salles art et essai ou les réseaux associatifs. Ces circuits permettent un échange direct avec le public, redonnant au cinéma sa dimension humaine et intemporelle.

Aller plus loin

Les autres épisodes de Podcasts sur le site

Autre contenu complémentaire sur le site

Nos formations

Références des intervenants

Philippe Prudent

Laurent Cistac

Publications similaires

Laisser un commentaire