Terme du glossaire
ISRC
Mis à jour le
L’ISRC, pour International Standard Recording Code, est le numéro d’identité d’un enregistrement. Douze caractères, attribués une fois pour toutes à une piste précise, qui la suivent partout : plateformes de streaming, radios, sociétés de gestion collective, relevés de diffusion. C’est grâce à lui qu’une écoute ou un passage radio remonte jusqu’au bon producteur. Sans ISRC, votre morceau existe pour le public, mais pas pour les systèmes qui paient.
- Nom completInternational Standard Recording Code
- NormeISO 3901
- Longueur12 caractères
- IdentifieUn enregistrement
- En FranceGratuit (SCPP, SPPF)
L’ISRC en bref
- Définition : un code unique de douze caractères qui identifie un enregistrement sonore ou un clip, pas une chanson.
- Un code par version : un remix, une version live, un edit radio ou un nouveau mastering créatif reçoivent chacun leur propre ISRC.
- À vie : une fois attribué, le code ne change plus, même si vous changez de distributeur ou cédez vos droits.
- Qui l’attribue : le producteur de l’enregistrement, avec un préfixe obtenu gratuitement, ou le distributeur numérique à sa place.
- À ne pas confondre : l’ISWC identifie l’œuvre (la composition), l’EAN ou l’UPC identifie le produit (l’album ou le single).
Qu’est-ce qu’un ISRC
L’ISRC est défini par la norme internationale ISO 3901, publiée pour la première fois en 1986 et révisée en 2019. Depuis 1989, c’est l’IFPI, la fédération internationale de l’industrie phonographique, qui en est l’autorité internationale ; chaque pays a une agence nationale, en France la SCPP.
Le point décisif tient en une phrase : l’ISRC identifie un enregistrement, pas une chanson. « Hallelujah » chanté par Leonard Cohen et par Jeff Buckley, c’est une seule œuvre, mais deux enregistrements, donc deux ISRC. Et votre propre morceau, s’il existe en version album, en version radio et en version live, porte trois codes.
À quoi sert-il concrètement ? À relier chaque écoute, chaque passage radio, chaque téléchargement à celui qui détient les droits sur l’enregistrement. Les plateformes, les radios et les sociétés de producteurs comme la SCPP ou la SPPF s’en servent pour compter et répartir. Un titre sans ISRC fiable, ou avec un code en double, laisse de l’argent sur la table.
Lire un code ISRC
Un ISRC compte douze caractères, souvent écrits avec des tirets pour la lisibilité, par exemple FR-AB5-26-00042. Les tirets ne font pas partie du code : dans une base de données, on l’écrit FRAB52600042.
- FR : le code pays, ici la France. Il indique où le préfixe a été délivré, pas la nationalité de l’artiste.
- AB5 : le code du déclarant, trois caractères propres à un producteur, un label ou un distributeur.
- 26 : les deux derniers chiffres de l’année d’attribution du code, pas celle de l’enregistrement.
- 00042 : le numéro de l’enregistrement, cinq chiffres attribués par le déclarant. En France, la SPPF utilise le dernier chiffre pour distinguer le son (0) du clip vidéo (1).
Quand faut-il un nouveau code ?
La règle : un nouvel enregistrement, ou un enregistrement modifié, reçoit un nouveau code ; le même enregistrement garde le sien partout.
Un nouveau code
- Un remix, même par vous.
- Une version live, distincte de la version studio.
- Un edit radio ou tout montage qui modifie le morceau.
- Une durée qui change de plus de dix secondes.
- Un remastering qui transforme le son par un vrai travail créatif.
- Le clip, qui a toujours son propre code, distinct de celui du titre audio.
Le même code
- Le même mixage en MP3, en AAC, en WAV ou en haute résolution.
- Le titre repris tel quel sur une compilation ou une réédition.
- Le titre sorti en single puis sur l’album, s’il n’a pas changé.
- Un changement de distributeur, de label ou de propriétaire des droits.
Un code attribué ne doit jamais être réutilisé pour un autre enregistrement, même si le premier n’est jamais sorti.
Obtenir ses codes
Seul le titulaire des droits sur l’enregistrement, c’est-à-dire le producteur, ou quelqu’un qu’il mandate, peut attribuer un ISRC. Pour un artiste autoproduit, le producteur, c’est vous. Deux chemins existent.
Laisser le distributeur attribuer les codes
DistroKid, TuneCore, CD Baby et la plupart des distributeurs numériques attribuent un ISRC gratuitement à chaque titre que vous mettez en ligne, sous leur propre préfixe. C’est la solution la plus simple pour un premier single. Le code vous suit ensuite : si vous changez de distributeur, vous renseignez l’ISRC existant au lieu d’en laisser créer un nouveau.
Obtenir son propre préfixe
En France, un producteur peut demander son code déclarant à la SCPP ou à la SPPF. C’est gratuit et ouvert aux non-membres : la SPPF traite les demandes en quarante-huit heures ouvrées depuis son espace ISRC. Avec votre préfixe, vous numérotez vous-même vos enregistrements, ce qui devient utile dès que vous sortez plusieurs titres par an, que vous pressez des CD ou que vous travaillez avec plusieurs distributeurs.
- Demandez votre code déclarant auprès de la SCPP ou de la SPPF.
- Ouvrez un tableau avec une ligne par enregistrement : ISRC, titre, titre de version, artiste principal, durée, audio ou vidéo, date de sortie.
- Attribuez les numéros dans l’ordre, sans trou et sans doublon, en repartant de 00001 chaque année.
- Donnez le code au mastering, avant la fabrication des fichiers définitifs.
- Renseignez exactement le même code chez le distributeur, sur le CD et dans vos déclarations.
Où l’ISRC doit apparaître
- Chez le distributeur numérique, un code par titre, au moment de l’envoi.
- Sur le CD, dans les sous-codes du disque, inscrits par l’ingénieur de mastering dans le fichier DDP envoyé à l’usine.
- Dans vos déclarations auprès de la SCPP ou de la SPPF si vous en êtes membre, et dans vos relevés pour les radios.
- Dans les métadonnées que vous transmettez à un superviseur musical ou à un diffuseur pour une synchronisation.
- Dans votre EPK ou votre one-sheet, pour les titres que vous proposez en radio.
Un fichier WAV exporté depuis votre station de travail ne porte pas l’ISRC tout seul : c’est la base de données du distributeur ou le DDP du CD qui fait le lien. D’où l’importance de tenir un tableau à jour.
ISRC, ISWC, EAN, UPC : qui identifie quoi
- ISRC : l’enregistrement, la piste que l’on écoute. Il sert aux droits du producteur et des artistes-interprètes.
- ISWC : l’œuvre, la composition et le texte, quelle que soit l’interprétation. Il est attribué par la Sacem lors du dépôt et sert aux droits d’auteur.
- EAN ou UPC : le produit commercial, l’album, l’EP ou le single en tant qu’objet de vente. Un album de dix titres a un seul code EAN et dix ISRC.
Une reprise illustre bien la différence : votre version d’un standard reçoit un ISRC neuf, à votre nom de producteur, mais garde l’ISWC de l’œuvre originale, et les droits d’auteur vont à ses compositeurs.
Cinq erreurs fréquentes
- Laisser le nouveau distributeur créer un nouveau code. Le même titre se retrouve avec deux ISRC, ses écoutes sont coupées en deux et les répartitions se perdent.
- Garder le code de l’album pour la version radio. Un edit est un autre enregistrement : il lui faut son propre code.
- Donner le même code au clip et au titre. Le clip a toujours son ISRC propre.
- Réutiliser le code d’un titre abandonné. Un code attribué est grillé, même s’il n’a jamais servi.
- Ne pas noter ses codes. Sans tableau à jour, vous finirez par attribuer deux fois le même numéro, ou par ne plus savoir quelle version porte quel code.
Questions fréquentes
Le code ISRC est-il payant ?
Non. En France, la SCPP et la SPPF délivrent gratuitement un code déclarant aux producteurs, membres ou non, et la plupart des distributeurs numériques attribuent les ISRC sans supplément. Méfiez-vous des sites qui vendent des ISRC à l’unité.
Comment trouver l’ISRC d’un morceau déjà sorti ?
Dans l’interface de votre distributeur, sur la fiche de chaque titre. Pour un titre publié par quelqu’un d’autre, le moteur de recherche de l’IFPI, ISRCsearch, retrouve le code à partir du titre et de l’artiste.
Faut-il un ISRC pour mettre un titre sur Spotify ?
Oui, chaque titre distribué sur les plateformes en a un. Si vous n’en fournissez pas, votre distributeur en attribue un automatiquement.
L’ISRC protège-t-il mes droits ?
Non. C’est un identifiant, pas un titre de propriété ni un dépôt. Il permet de retrouver qui détient les droits sur l’enregistrement, mais il ne les prouve pas. La composition se protège par son dépôt, à la Sacem par exemple, et l’enregistrement par les contrats et les preuves de production.
Un morceau repris sur plusieurs albums change-t-il de code ?
Non, s’il s’agit exactement du même enregistrement. Le code change seulement si la version change : remix, nouveau mixage, edit, live, ou mastering sensiblement différent.
Sources
- SCPP, Guide de l’ISRC, 4e édition (2021) : norme ISO 3901:2019, règles d’attribution et cas des versions.
- SPPF, le code ISRC : demande gratuite, ouverte aux non-membres, structure du code.
- IFPI, syntaxe du code ISRC
- Wikipédia, International Standard Recording Code
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons.