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Nils Frahm
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Un voisin qui dort, un piano qui résonne trop, et une solution bricolée un soir : c’est l’origine d’un des sons de piano les plus copiés des quinze dernières années. Nils Frahm intéresse quiconque enregistre chez soi parce qu’il traite les limites du lieu comme un matériau, pas comme un handicap à corriger. Chez lui, la position d’un micro compte autant qu’un choix d’accord, et le bruit de la mécanique fait partie de la musique. C’est un contre-modèle utile à l’idée répandue selon laquelle un bon enregistrement serait d’abord un enregistrement propre.
L’artiste
Nils Frahm naît le 20 septembre 1982 et grandit près de Hambourg. Il reçoit pendant huit ans une formation de piano classique auprès de Nahum Brodsky. Sa discographie s’ouvre en 2009 avec Wintermusik et The Bells, puis vient Felt le 7 octobre 2011, l’album qui fixe sa manière. Suivent Screws (2012), Spaces (2013), Solo (2015), All Melody (2018), Empty (2020) et Music for Animals (2022).
En 2015, il fonde le Piano Day, célébré le 88e jour de l’année, en référence aux 88 touches du piano. L’initiative dit assez bien son rapport à l’instrument : un objet mécanique dont on peut célébrer les caractéristiques physiques, et pas seulement le répertoire.
Le feutre, les micros au plus près, et ce qu’on entend alors
Pour Felt en 2011, Frahm place du feutre sur les cordes de son piano. La raison de départ est prosaïque : étouffer le son pour pouvoir jouer la nuit sans déranger. La raison qui l’a fait rester est musicale : il a aimé le son obtenu. Le feutre absorbe l’attaque et une partie des harmoniques hautes, ce qui abaisse fortement le niveau de l’instrument.
Cette baisse de niveau appelle une deuxième décision, qui est la vraie leçon de la méthode : il rapproche les micros, jusqu’à les placer à l’intérieur du piano. À cette distance, le rapport entre le son musical et les bruits de l’instrument s’inverse. On entend la mécanique, les feutres qui retombent, l’étouffoir, le souffle du musicien. Ce qu’un ingénieur du son cherche habituellement à éliminer devient le premier plan, et c’est cette intimité qui donne le sentiment d’être assis à l’intérieur de l’instrument plutôt que dans la salle.
Le reste de son atelier prolonge la même logique. Il fait construire des pianos sur mesure Una Corda, de moins de 100 kg, avec une seule corde par touche, puis les modèles 370 et 450. Autour, on trouve un Roland Juno-60, un Rhodes, un Moog Taurus, un Mellotron M400 et un magnétophone Studer A80. Aucun de ces objets n’est là pour la performance technique : ils apportent chacun une couleur, une limite, un grain. Le piano à une seule corde par note sonne plus fragile qu’un piano de concert, et c’est précisément ce qu’on lui demande.
Ce que ça change pour vous
- Rapprochez vos micros bien plus que vous ne l’oseriez, y compris à l’intérieur de l’instrument. Vous réduisez d’un coup l’influence d’une pièce non traitée, qui est le principal problème d’un home studio.
- Traitez les bruits parasites comme un choix, pas comme un défaut : soit vous les assumez et vous les mettez en avant, soit vous vous éloignez. L’entre-deux, où ils sont audibles mais non voulus, est le seul cas réellement raté.
- Servez-vous de vos contraintes : un volume limité, une pièce trop petite, un instrument imparfait. Amortir, étouffer, jouer plus doucement change le timbre et pas seulement l’intensité.
Ces choix se préparent en amont, au moment où l’on installe son poste de travail. La formation MAO sur Logic Pro vous aide à poser une chaîne de prise cohérente, du placement de micro jusqu’à l’enregistrement. Et pour les décisions de matériel et d’acoustique dans une pièce ordinaire, le cours en ligne Équipez votre home studio traite exactement les situations où l’on doit composer avec le voisinage et le manque de place.
Un morceau pour comprendre
Nils Frahm sur les plateformes de streaming
| Plateforme | Ce qu’on y trouve | |
|---|---|---|
| Apple Music | Felt et Screws, les deux albums où la prise de proximité s’entend le mieux | Écouter |
| Spotify | Toute la discographie de 2009 à Music for Animals | Écouter |
| Deezer | Spaces et les enregistrements de concert | Écouter |
| YouTube Music | Les sessions filmées, où l’on voit le placement des micros | Écouter |
| Amazon Music | All Melody et Empty, plus orchestrés | Écouter |
| Tidal | Les versions haute définition, utiles pour entendre la mécanique du piano | Écouter |
À lire aussi dans le glossaire
Pour rester dans ce piano contemporain où la texture prime sur la virtuosité, la fiche Ólafur Arnalds traite d’une démarche voisine, entre piano préparé et électronique. Et pour l’écriture répétitive et les nappes de cordes qui accompagnent souvent ce répertoire, la fiche Max Richter apporte le versant composition.