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Midjourney

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Midjourney : définition, versions et tarifs en 2026

Midjourney est un générateur d’images par intelligence artificielle : on décrit une scène en quelques phrases, appelées prompt, et l’outil produit une image en quelques secondes. Il se distingue de ses concurrents par une signature visuelle très marquée, plus proche de l’illustration et du cinéma que de la photographie neutre.

Derrière l’outil, un laboratoire indépendant installé à San Francisco, dirigé par David Holz, cofondateur de Leap Motion. La structure est restée légère et autofinancée, sans investisseurs massifs, ce qui explique un rythme de développement inhabituel : peu d’annonces, mais des sauts qualitatifs nets à chaque version.

L’entreprise est fondée en 2021. Une première version est ouverte à un cercle restreint d’utilisateurs en février 2022, puis l’outil passe en bêta publique le 12 juillet 2022, accessible par un bot Discord. Dès l’été suivant, avec une dizaine de personnes et aucun investisseur, la société est déjà rentable.

Signe de cette indépendance, le laboratoire ne s’interdit rien : en juin 2026, il a annoncé une division médicale travaillant sur un système d’échographie corporelle, très éloigné de la génération d’images.

Faut-il encore passer par Discord ?

Non, et c’est le changement le plus important de ces dernières années. Beaucoup de contenus en ligne décrivent encore Midjourney comme un outil accessible uniquement via des commandes tapées dans un salon Discord. Ce n’est plus le cas depuis août 2024, date à laquelle l’interface web est arrivée, en même temps que la version 6.1 du modèle.

Une application web complète existe sur midjourney.com. Elle couvre tout le travail : génération, retouche, agrandissement, gestion des images produites, exploration des créations de la communauté. La connexion se fait avec un compte Google ou Discord. Le bot Discord reste disponible pour ceux qui y sont habitués, mais il est devenu optionnel.

Quelle version utiliser : V7 ou V8.1 ?

C’est le point qui perd le plus d’utilisateurs, car la version la plus récente n’est pas la version par défaut.

  • V7 est sortie en avril 2025 et sert de version par défaut depuis juin 2025. Elle a apporté le Draft Mode, un mode brouillon environ dix fois plus rapide et deux fois moins coûteux en ressources. Le principe est malin : on explore largement à faible coût, puis on ne passe en haute qualité que les visuels retenus.
  • V8.1 est sortie en avril 2026. Elle génère des images en 2048 pixels sans passer par un agrandissement séparé, et rend les images standard quatre à cinq fois plus vite. Pour y accéder, il faut activer un profil de personnalisation dédié dans les réglages.

Si vos images vous semblent moins bonnes que celles vues ailleurs, vérifiez d’abord sur quelle version vous travaillez.

Combien ça coûte, et existe-t-il une version gratuite ?

Il n’existe plus d’offre gratuite permanente. L’essai gratuit a été retiré en 2023 et n’a été réactivé que ponctuellement depuis. Midjourney est un outil payant, sans exception durable.

À la mi-2026, quatre formules mensuelles sont proposées, de 10 à 120 dollars environ, avec une remise de l’ordre de 20 % en paiement annuel. La formule d’entrée donne droit à environ deux cents générations rapides par mois, ce qui suffit largement pour un usage occasionnel. Le mode furtif, qui garde vos images privées, est réservé aux deux formules les plus élevées : sur les offres d’entrée, vos créations sont visibles par la communauté. C’est un point à connaître avant de travailler sur un projet confidentiel.

Midjourney ou la génération d’images de ChatGPT ?

La comparaison classique opposait Midjourney à DALL·E. Elle n’a plus lieu d’être : DALL·E a été retiré en mai 2026, remplacé par la génération d’images intégrée à ChatGPT. Le vrai choix se pose donc entre ces deux outils.

  • Midjourney reste supérieur sur le rendu stylisé, la lumière, la matière et l’ambiance. C’est l’outil des illustrateurs, des directeurs artistiques et des concepteurs d’univers.
  • ChatGPT l’emporte sur la fidélité à la consigne et sur le texte affiché dans l’image. Ce dernier point fut longtemps le talon d’Achille de Midjourney ; il s’est nettement amélioré depuis la V7, mais l’avantage reste à ChatGPT. Il est aussi plus simple d’accès, sans syntaxe particulière à apprendre.

Sur le prix, tout dépend de l’usage. Si vous ne voulez que des images, la formule d’entrée de Midjourney coûte deux fois moins cher qu’un abonnement ChatGPT. Si vous utilisez déjà ChatGPT pour écrire, la génération d’images y est incluse et l’arbitrage penche de l’autre côté.

Ce que Midjourney sait faire d’autre

  • Reprendre un style : le paramètre de référence de style permet de fournir une image dont on veut copier l’esthétique, sans en copier le contenu. Le grain, la palette et l’ambiance se transposent sur vos propres créations. C’est l’outil idéal pour tenir une direction artistique cohérente sur toute une série de visuels.
  • Retoucher sans logiciel tiers : l’éditeur intégré gère la modification d’une zone précise, l’extension de l’image au-delà de son cadre, le zoom et le recadrage.
  • Animer une image : depuis juin 2025, un modèle vidéo transforme une image fixe en clip de cinq à vingt et une secondes.
  • Travailler en style manga : un modèle dédié, développé avec le studio Spellbrush, est spécialisé dans l’esthétique anime.

Quel intérêt pour un musicien ou un créateur ?

Pour un artiste indépendant, l’intérêt est direct : produire des visuels cohérents sans budget d’illustration ni compétence en dessin.

  • Pochettes d’album et d’EP : c’est le terrain où Midjourney est le plus fort, parce qu’une pochette réussie tient à une ambiance, pas à une description exacte.
  • Identité visuelle d’un projet : grâce à la référence de style, garder la même atmosphère sur une pochette, une affiche de concert et des visuels de réseaux sociaux.
  • Préparation d’un clip : matérialiser une intention de lumière ou de décor à montrer à une équipe, plutôt que de tenter de la décrire.

Une réserve pratique : si votre visuel doit comporter un nom de groupe ou un titre lisible, générez l’image sans texte et ajoutez-le ensuite dans un logiciel de mise en page. Le rendu du texte a beaucoup progressé, mais il reste moins fiable que chez ChatGPT.

Limites, droits et éthique

  • Pas d’accès automatisé : Midjourney ne propose toujours pas d’interface de programmation publique. Tout passe par le site ou par Discord, ce qui exclut l’intégration dans une chaîne de production automatisée.
  • Droit d’auteur : l’entraînement des modèles sur des images collectées en ligne fait l’objet de contentieux et de débats nourris. Par ailleurs, une image générée intégralement par une machine est difficilement protégeable, le droit d’auteur supposant une création humaine.
  • Biais : comme tous les modèles entraînés sur des données humaines, il reproduit parfois des stéréotypes, notamment dans la représentation des métiers ou des origines.
  • Résultat imprévisible : obtenir précisément ce que l’on a en tête demande de la pratique. Midjourney propose plus qu’il n’obéit, ce qui fait sa force en exploration et sa faiblesse en exécution.

En bref

Midjourney reste la référence pour les images à forte identité visuelle. Deux idées reçues méritent d’être corrigées : Discord n’est plus obligatoire depuis 2024, et la version la plus récente n’est pas celle activée par défaut. L’outil est payant, sans offre gratuite durable, à partir d’une dizaine de dollars par mois. Pour un créateur, le bon réflexe est de l’utiliser pour ce qu’il fait de mieux, l’ambiance et la matière, et de confier le texte lisible à un autre logiciel.