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Lee Miller

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Lee Miller est la photographe qui a fait passer le regard surréaliste du studio au champ de bataille. Mannequin vedette de Vogue à vingt ans, assistante puis complice de Man Ray à Paris, elle devient pendant la Seconde Guerre mondiale l’une des rares femmes accréditées comme correspondantes de guerre auprès de l’armée américaine. Ses images de Dachau et de Buchenwald, publiées dans Vogue en 1945, ont montré au public de la mode ce que personne ne voulait voir. Et elle a prouvé qu’on pouvait être à la fois devant et derrière l’appareil sans être la muse de personne.

  • Dates1907-1977
  • NationalitéÉtats-Unis, installée en Angleterre en 1939
  • MatérielRolleiflex bi-objectif, format 6×6
  • CommanditaireVogue, correspondante accréditée en 1942
  • Image cléPortrait of Space, 1937

Lee Miller en bref

  • Découverte par Condé Nast, elle fait la couverture de Vogue en mars 1927 et pose pour Edward Steichen.
  • En 1929, elle part à Paris apprendre la photographie auprès de Man Ray, avec qui elle redécouvre la solarisation, un effet de laboratoire qui cerne les formes d’un liseré.
  • Après un studio à New York et plusieurs années en Égypte, elle s’installe à Londres en 1939 et photographie pour le Vogue britannique les bombardements allemands.
  • Accréditée en décembre 1942, elle suit l’armée américaine de la Normandie à l’Allemagne et photographie les camps de Dachau et de Buchenwald au printemps 1945.
  • Après la guerre, elle range ses négatifs au grenier. Son fils, Antony Penrose, y découvre après sa mort plus de 60 000 images et documents, devenus les Lee Miller Archives.

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Trois images à connaître

Ces photographies ne sont pas reproduites ici : elles sont protégées et gérées par les Lee Miller Archives. Chaque lien mène vers un dépositaire officiel.

  • Portrait of SpaceAl Bulwayeb, près de l’oasis de Siwa, Égypte, 1937. Collection Tate, Londres.

    Le désert vu depuis un abri, à travers une moustiquaire déchirée. Regardez le petit cadre vide accroché au grillage : il découpe un morceau de paysage comme un tableau dans le tableau.

    Voir sur le site de la Tate

  • Women with Fire MasksDownshire Hill, Londres, 1941. Lee Miller Archives, tirage au Victoria and Albert Museum.

    Deux femmes posent devant un abri antiaérien, le visage caché par des masques de protection contre le feu. Regardez comment un accessoire de guerre devient un masque de théâtre.

    Voir sur le site du V&A

  • Lee Miller dans la baignoire d’HitlerMunich, 30 avril 1945. Photographie de David E. Scherman, mise en scène avec Lee Miller. Lee Miller Archives.

    Son image la plus célèbre n’est pas d’elle, mais elle l’a conçue. Regardez les bottes couvertes de la boue de Dachau, visité le matin même, et le portrait d’Hitler posé au bord de la baignoire.

    Voir sur le site des Lee Miller Archives

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Qui est Lee Miller

Poughkeepsie, et le laboratoire d’un père ingénieur

Elizabeth Miller, dite Lee, naît le 23 avril 1907 à Poughkeepsie, dans l’État de New York. Son père, ingénieur et photographe amateur, lui apprend très tôt la mécanique et la chambre noire.

Le visage de Vogue

Remarquée par Condé Nast, le patron de Vogue, elle fait la couverture du magazine en mars 1927, dans une illustration de Georges Lepape. Vers 1928, un portrait fait par Steichen est utilisé dans une publicité pour des protections périodiques Kotex, ce qui fait scandale et freine sa carrière de mannequin. Elle en tire une conclusion, selon ses biographes : elle préfère désormais être celle qui fait les images.

Paris et Man Ray

En 1929, elle part à Paris et se présente chez Man Ray, peintre et photographe du cercle surréaliste. Elle devient son élève, son assistante, sa compagne et son modèle, et redécouvre avec lui la solarisation. Elle ouvre aussi son propre studio à Montparnasse et publie dans les éditions française et américaine de Vogue. En 1930, Jean Cocteau lui fait jouer une statue vivante dans son film Le Sang d’un poète.

New York, puis l’Égypte

En 1932, elle ouvre à New York Lee Miller Studios, un studio de portrait et de publicité. La galerie Julien Levy lui consacre une exposition personnelle en 1933. En 1934, elle épouse un homme d’affaires égyptien, Aziz Eloui Bey, et s’installe au Caire. Libérée de la commande, elle photographie le désert et les cadrages étranges qu’il lui offre. C’est de cette période que date Portrait of Space, en 1937.

Roland Penrose et les surréalistes

En 1937, à Paris, elle rencontre le peintre surréaliste anglais Roland Penrose, puis passe l’été dans le sud de la France avec les Éluard, Man Ray et Picasso, qui fait plusieurs portraits d’elle. En juin 1939, elle quitte l’Égypte pour rejoindre Penrose à Londres, malgré la guerre qui approche.

Le Blitz, puis le front

À Londres, elle photographie pour le Vogue britannique la ville sous les bombardements. Ses images paraissent en 1941 dans le livre Grim Glory, consacré à la Grande-Bretagne sous le feu. En décembre 1942, elle obtient son accréditation de correspondante de guerre auprès de l’armée américaine, par l’intermédiaire des publications Condé Nast. En juillet 1944, elle arrive en Normandie pour photographier un hôpital d’évacuation, puis assiste au siège de Saint-Malo en août, où elle photographie l’un des premiers emplois du napalm. Suivent la libération de Paris, l’Alsace, puis l’Allemagne. Elle travaille souvent en binôme avec David E. Scherman, photographe du magazine Life.

Les camps

En avril 1945, elle photographie Buchenwald, puis Dachau, où elle arrive le 30 avril, au lendemain de la libération du camp. Elle écrit à son éditrice qu’il faut la croire. En juin 1945, le Vogue américain publie ses images des camps sur plusieurs pages, sous le titre Believe It ; le Vogue britannique en publie une version beaucoup plus réduite. Elle photographie ensuite l’après-guerre à Vienne, en Hongrie et en Roumanie, jusqu’en 1946.

Le silence du Sussex

En 1947, elle épouse Roland Penrose, et leur fils Antony naît en septembre. En 1949, le couple achète Farley Farm, une ferme de l’East Sussex où passent Picasso et Man Ray. Elle photographie de moins en moins, souffre de dépression et devient une cuisinière primée. Elle meurt d’un cancer le 21 juillet 1977 à Farley Farm. Après sa mort, son fils retrouve au grenier ses négatifs et manuscrits, et publie en 1985 The Lives of Lee Miller.

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Sept dates

  • 1927Couverture de Vogue en marsElle devient l’un des visages de la mode new-yorkaise avant de passer derrière l’appareil.
  • 1929Arrivée à Paris chez Man RayTrois années d’apprentissage, de surréalisme et de solarisation.
  • 1932Ouverture de Lee Miller Studios à New YorkElle vit de la photographie de portrait et de publicité en pleine crise économique.
  • 1937Portrait of Space, près de SiwaLa même année, elle rencontre Roland Penrose et passe l’été avec Picasso.
  • 1942Accréditation de correspondante de guerre en décembreElle est l’une des très rares femmes à suivre l’armée américaine jusqu’au front.
  • 1945Buchenwald, Dachau, et la baignoire de MunichLe Vogue américain publie ses images des camps en juin sous le titre Believe It.
  • 1977Mort à Farley Farm, puis redécouverte de l’archiveSon fils publie sa première biographie en 1985 et cofonde les Lee Miller Archives.

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La photo pour comprendre

Prenez Portrait of Space, 1937, et regardez-la deux fois.

  • Le premier plan est une moustiquaire tendue devant une ouverture, déchirée par un grand trou irrégulier.
  • Le désert au-delà est presque vide : une étendue plate, quelques pierres, des collines basses sur l’horizon.
  • Un petit cadre vide est accroché au grillage et encadre un fragment du paysage, comme un tableau posé sur le monde.
  • Le titre refuse de nommer le lieu : ce n’est pas un paysage d’Égypte, c’est un portrait de l’espace lui-même.

L’image aurait inspiré à René Magritte son tableau Le Baiser, en 1938, un lien souvent cité mais difficile à documenter.

Exercice de lecture d’image. Cachez le petit cadre accroché à la moustiquaire, puis demandez-vous ce que devient l’image.

Réponse : il reste une vue de désert à travers un grillage abîmé, belle mais banale. Avec le cadre, l’image parle de la manière dont on regarde : elle met un tableau dans la photographie et une photographie dans le paysage. Ce que vous apprenez : le surréalisme de Lee Miller ne se fabrique pas en studio, il se trouve dans le réel, à condition de chercher le détail qui retourne la scène.

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Sa méthode, point par point

Le matériel : un Rolleiflex, réparé à la main

Son appareil principal est un Rolleiflex, un appareil allemand dit bi-objectif : un objectif sert à viser, l’autre à prendre la vue, et l’on regarde l’image de haut, dans un viseur placé sur le dessus du boîtier. Presque tout son travail de guerre est fait avec l’un de ses deux Rolleiflex, qu’elle sait démonter elle-même. Elle utilise aussi un Contax 24×36, une cellule pour mesurer la lumière et un flash à ampoules.

Le format carré

Le Rolleiflex utilise un film en rouleau et donne des négatifs carrés de 6 centimètres de côté. Le carré pousse à centrer, à construire par blocs, à jouer sur les cadres dans le cadre.

La visée à hauteur de poitrine

Avec un Rolleiflex, on ne porte pas l’appareil à l’œil : on baisse la tête vers le viseur. La personne photographiée voit donc un visage, pas un objectif braqué sur elle : cela explique en partie la proximité de ses portraits de soldats, d’infirmières ou de civils.

La lumière

En studio, elle maîtrise l’éclairage de mode appris auprès de Man Ray. Sur le terrain, elle prend la lumière comme elle vient, et sort le flash à ampoule dans les caves et les hôpitaux. Au laboratoire, elle tire elle-même ses premières images, avant de former des assistants.

Le rapport au sujet

Elle photographie la guerre comme elle photographiait ses amis. Ce qui l’intéresse, ce sont les gens et les détails absurdes du chaos : une statue sous les gravats, une machine à écrire écrasée, des masques qui transforment deux passantes en personnages de théâtre.

L’édition, et l’écriture

Elle ne se contente pas d’envoyer des images : elle écrit elle-même ses articles pour Vogue, dans un style direct, ironique, parfois cru. Son premier reportage de guerre, sur un hôpital de campagne en Normandie, compte quatorze photographies dans sa version originale.

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La solarisation, et trois contresens

La solarisation est l’effet le plus associé au nom de Lee Miller. Techniquement, il s’agit d’une inversion partielle des tonalités, obtenue en exposant brièvement à la lumière un négatif ou un tirage en cours de développement. Les contours se cernent d’un fin liseré, et les visages prennent un aspect métallique. On parle aussi d’effet Sabattier, du nom du chimiste qui l’a décrit.

  • Contresens 1 : Man Ray aurait inventé la solarisation. L’effet est décrit dès le dix-neuvième siècle. Man Ray et Lee Miller l’ont redécouvert par accident vers 1929 ou 1930 ; selon elle, c’est elle qui a allumé la lumière du laboratoire au mauvais moment.
  • Contresens 2 : elle n’aurait été que la muse. Pendant ces années parisiennes, une partie des images signées Man Ray ont été faites avec elle, parfois par elle. L’attribution précise de certaines solarisations reste débattue.
  • Contresens 3 : la solarisation serait un filtre. C’était un geste de laboratoire risqué et peu reproductible : chaque tirage était différent, et beaucoup étaient perdus.

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Vogue, de la mode au front

Le cas de Lee Miller est unique dans l’économie de la photographie : c’est un magazine de mode qui l’a envoyée à la guerre. Son éditrice britannique, Audrey Withers, la laisse passer des collections au front. L’accréditation obtenue en 1942 passe par Condé Nast, l’éditeur de Vogue, et non par une agence de presse.

Elle écrit donc pour un public qui n’attend pas de reportage de guerre, ce qui donne à ses images des camps une force de choc particulière. Elle travaille aussi avec une grande liberté de sujet, mais sans la force de diffusion d’un magazine d’actualité comme Life, et avec la censure militaire au-dessus de chaque envoi : certaines de ses images de Saint-Malo ont été bloquées par les censeurs britanniques.

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Ce qu’on lui oppose

Sa redécouverte a parfois pris la forme d’une légende. Plusieurs critiques invitent à regarder de plus près.

  • Gaby Wood, dans la London Review of Books en 2015, juge que ses photographies artistiques d’avant-guerre imitent Man Ray et que ses images de mode sont raides et prévisibles. Pour elle, c’est la guerre qui lui a donné son véritable sujet.
  • Chloe Pantazi, dans Hyperallergic en 2016, rappelle que ses premières images de mode de guerre participaient d’une forme de propagande qui esthétisait l’effort de guerre, avant qu’elle ne s’en détache.
  • Patrick Witty, éditeur photo, relève que la planche-contact de la séance de Munich, c’est-à-dire le tirage de toutes les vues du film, montre des déplacements du portrait d’Hitler d’une prise à l’autre : une mise en scène que les codes de déontologie du photojournalisme n’admettraient pas aujourd’hui.
  • Ses légendes elles-mêmes dérangent parfois. Comme le relève Chloe Pantazi, la légende qu’elle écrit sur la fille d’un responsable municipal de Leipzig, qui s’est donné la mort en avril 1945, s’attarde sur la beauté de ses dents : un refus du pathos pour les uns, une froideur difficile à lire pour les autres.

Il faut enfin garder en tête un point de méthode : presque tout ce que l’on sait d’elle passe par l’archive familiale, qui conserve les négatifs, gère les droits et a écrit la première biographie.

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L’atelier : travailler comme elle aujourd’hui

Un format carré, une visée basse, un œil qui cherche l’étrange au milieu du document : tout se transpose.

Le protocole

  • Réglez votre appareil ou votre téléphone au format 1:1, et n’en changez pas pendant un mois.
  • Montez une focale fixe équivalente à 45 ou 50 mm, l’angle de champ approximatif d’un Rolleiflex en 6×6.
  • Orientez l’écran vers le haut et visez à hauteur de poitrine, la tête baissée, comme dans un viseur de Rolleiflex.
  • Partez de f/8, 1/250 de seconde, ISO automatique plafonné à 3200, puis f/5,6 et 1/125 en intérieur sombre.
  • Photographiez un lieu réel et banal, puis cherchez-y un seul détail qui le fait basculer : un reflet, un masque, un objet déplacé, un cadre dans le cadre.
  • Faites trois portraits en parlant à la personne, sans lever l’appareil à l’œil.
  • Écrivez le soir même dix lignes à la première personne.

L’édition

  • Affichez toutes les images de la journée en planche-contact, en petit.
  • Éliminez celles qui auraient mérité un format rectangulaire.
  • Associez chaque image retenue à une phrase de votre texte.
  • Si vous voulez tester la solarisation, faites-le dans la courbe de tonalité, en faisant redescendre l’extrémité haute de la courbe, sur une seule image et pas sur toute la série.
  • Terminez en noir et blanc, contraste modéré, sans vignettage : ses tirages sont nets et lisibles, jamais maquillés.

Les cinq erreurs du débutant

  • Croire que le surréalisme se fabrique en studio, alors qu’elle le trouvait dans le réel.
  • Réduire son style à la solarisation, qui n’occupe qu’une petite partie de son œuvre.
  • Photographier les gens de loin, au téléobjectif, au lieu de leur parler.
  • Mettre en scène une image documentaire sans le dire : la baignoire de Munich est assumée comme une performance, pas comme un reportage.
  • Oublier le texte, qui faisait la moitié de son travail pour Vogue.

Pour la vidéo, le clip et l’image d’artiste

Pour un musicien ou un vidéaste, Lee Miller offre deux leçons. La première : elle a été modèle avant d’être photographe, et savait ce qu’une pose raconte. Une séance photo d’artiste gagne beaucoup quand le musicien participe au concept au lieu de subir la mise en scène, comme elle dans la baignoire de Munich. La seconde : un clip n’a pas besoin d’effets numériques pour devenir surréaliste, un masque ou un objet déplacé dans un décor réel suffisent. Enfin, le carré reste le format des pochettes de disque : pensez en 1:1 dès la prise de vue.

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Douze photographes et artistes de son cercle

  • Man RayÉtats-Unis, 1890-1976Son maître et compagnon, partenaire de la solarisation.
  • Edward SteichenLuxembourg et États-Unis, 1879-1973Il la photographie pour Vogue quand elle est mannequin.
  • George Hoyningen-HueneRussie et États-Unis, 1900-1968Photographe de mode de Vogue à Paris, pour qui elle pose.
  • Arnold GentheAllemagne et États-Unis, 1869-1942Portraitiste new-yorkais, l’un des premiers à la photographier comme modèle.
  • David E. SchermanÉtats-Unis, 1916-1997Photographe de Life, son partenaire de terrain et l’auteur de la photo de la baignoire.
  • Margaret Bourke-WhiteÉtats-Unis, 1904-1971Autre femme photographe accréditée, qui photographie elle aussi Buchenwald en avril 1945.
  • Toni FrissellÉtats-Unis, 1907-1988Photographe de mode passée elle aussi par Vogue avant de photographier la guerre.
  • Cecil BeatonRoyaume-Uni, 1904-1980Collègue au Vogue britannique, lui aussi passé de la mode à la guerre.
  • Berenice AbbottÉtats-Unis, 1898-1991Assistante de Man Ray quelques années avant elle.
  • Dora MaarFrance, 1907-1997Photographe surréaliste de la même génération, dans le même cercle autour de Picasso.
  • Gerda TaroAllemagne, 1910-1937Pionnière de la photographie de guerre au féminin, pendant la guerre d’Espagne.
  • Roland PenroseRoyaume-Uni, 1900-1984Peintre surréaliste et biographe de Picasso, son second mari.

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Lexique

  • SolarisationInversion partielle des tonalités obtenue en exposant brièvement à la lumière une image en cours de développement. Les contours se cernent d’un liseré. On dit aussi effet Sabattier.
  • Bi-objectifAppareil à deux objectifs superposés, l’un pour viser, l’autre pour la prise de vue. Le Rolleiflex en est l’exemple le plus connu.
  • Format 6×6Négatif carré de 6 centimètres de côté, obtenu sur un film en rouleau dit moyen format.
  • Visée de poitrineVisée par le dessus de l’appareil, tenu à hauteur de poitrine.
  • Correspondante accréditéeJournaliste autorisée par une armée à suivre ses opérations, sous censure.
  • SurréalismeMouvement né à Paris dans les années 1920 autour d’André Breton, qui cherche l’étrange et le rêve dans le réel.

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Voir ses images, et le droit d’auteur

Lee Miller est morte le 21 juillet 1977. En France, une œuvre est protégée soixante-dix ans après la mort de son auteur, à compter du 1er janvier suivant : ses photographies sont donc protégées jusqu’au 31 décembre 2047. Les images qui la représentent relèvent de leurs auteurs : la photo de la baignoire, de David E. Scherman, mort en 1997, reste protégée jusqu’en 2067. Aucune reproduction n’est donc possible sur ce site, ni en vignette, ni avec crédit.

Pour les voir dans de bonnes conditions :

  • les Lee Miller Archives, qui conservent plus de 60 000 images et documents et gèrent les droits ;
  • Farleys House and Gallery, la maison de Lee Miller et Roland Penrose dans l’East Sussex, ouverte à la visite d’avril à octobre ;
  • la Tate, qui a présenté en 2025 et 2026 la plus grande rétrospective jamais consacrée à Lee Miller, reprise ensuite au Musée d’Art Moderne de Paris puis à l’Art Institute of Chicago, où elle est visible jusqu’au 7 décembre 2026 ;
  • les collections du Victoria and Albert Museum et du MoMA ;
  • et les livres, en particulier The Lives of Lee Miller d’Antony Penrose et les catalogues des rétrospectives.

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Questions fréquentes

Qui a pris la photo de Lee Miller dans la baignoire d’Hitler ?

David E. Scherman, photographe du magazine Life, le 30 avril 1945, dans l’appartement d’Hitler à Munich. Les deux photographes se sont photographiés l’un l’autre dans la même baignoire.

Quel appareil utilisait Lee Miller ?

Principalement un Rolleiflex bi-objectif au format 6×6, avec lequel elle a fait l’essentiel de son travail de guerre. Elle a aussi utilisé un Contax 24×36.

Lee Miller a-t-elle inventé la solarisation ?

Non. L’effet est connu depuis le dix-neuvième siècle. Elle l’a redécouvert par accident avec Man Ray vers 1929 ou 1930, et tous deux en ont fait une signature.

Pourquoi Lee Miller a-t-elle arrêté la photographie ?

Marquée par ce qu’elle a vu pendant la guerre, elle souffre de dépression et photographie de moins en moins. Elle range ses archives au grenier, où son fils les retrouve après sa mort.

Le film Lee raconte-t-il sa vraie histoire ?

Le film Lee, réalisé par Ellen Kuras avec Kate Winslet et sorti en 2023, s’appuie sur la biographie écrite par son fils. Il se concentre sur la guerre et romance certains épisodes.

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Sources

Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation professionnelle certifié Qualiopi à Grenoble, formateur et photographe. Les dates et crédits ont été recoupés avec les sources ci-dessus ; signalez toute erreur via la page de contact.