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Max Richter

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Une boucle de quatre mesures qui tourne pendant huit minutes n’est pas une facilité : c’est une forme, à condition de savoir ce qu’on fait varier autour. Max Richter est probablement le compositeur contemporain qui rend cette idée la plus lisible. Formé à l’écriture classique, il travaille avec des outils et des réflexes de studio : boucles, déphasages, superpositions de cordes et d’électronique, morceaux qui durent parfois des heures. Pour quelqu’un qui compose dans un séquenceur, c’est le pont le plus direct qui existe entre la tradition écrite et la pratique du copier-coller.

L’artiste

Max Richter naît le 22 mars 1966 à Hameln, en Allemagne. Il étudie la composition à l’université d’Édimbourg, puis à la Royal Academy of Music de Londres, avant de travailler auprès de Luciano Berio à Florence. Ce parcours académique complet explique qu’il ne bricole pas ses boucles : il les écrit.

Sa discographie couvre plus de vingt ans : Memoryhouse (2002), The Blue Notebooks (2004), Infra (2010), Recomposed: Vivaldi – The Four Seasons (2012), Sleep (2015), Voices (2020), Exiles (2021) et In a Landscape, paru le 6 septembre 2024. En parallèle, il compose pour l’image : Valse avec Bachir (2008), qui lui vaut l’European Film Award du meilleur compositeur, Shutter Island (2010), la série The Leftovers (2014-2017), Premier Contact (2016) et Ad Astra (2019), nommé aux Grammy. Le 27 septembre 2015, Sleep est diffusé en continu de minuit à 8 h sur BBC Radio 3 : c’est la plus longue retransmission en direct d’une œuvre unique de la chaîne.

La forme longue, la boucle et le déphasage

Sleep est une expérience d’écoute d’un peu plus de huit heures, conçue pour couvrir une nuit entière. Elle rassemble 31 pièces, la plupart de 20 à 30 minutes. Un tel format oblige à renoncer à la dramaturgie habituelle : plus de couplet-refrain, plus de progression vers un sommet. Ce qui tient l’écoute, ce sont les micro-variations à l’intérieur d’un matériau qui reste stable. C’est une compétence très précise, et très utile dès qu’on écrit une nappe ou une musique destinée à accompagner une image sans la couvrir.

Le procédé le plus instructif se trouve dans Recomposed. Pour retravailler Les Quatre Saisons de Vivaldi, Richter a jeté 75 % du matériau original. Les fragments conservés sont ensuite déphasés et bouclés. Le déphasage consiste à faire tourner deux copies d’un même motif à des vitesses ou à des points de départ légèrement différents : elles se décalent progressivement, produisent des rencontres harmoniques et rythmiques imprévues, puis finissent par se retrouver. Le matériau n’a pas changé, mais la musique, si.

Ces deux techniques, la boucle et le déphasage, sont exactement ce qu’un séquenceur fait le mieux. Dupliquer une région, décaler la copie de quelques ticks ou d’une croche, changer sa longueur de boucle pour qu’elle ne coïncide pas avec l’originale : ce sont trois manipulations élémentaires qui reproduisent le principe. Son instrumentarium, enfin, combine piano, orgue, synthétiseur, cordes et électronique, autrement dit un matériel accessible en grande partie à qui travaille avec des instruments virtuels.

Ce que ça change pour vous

  • Créez deux copies d’une même boucle et donnez-leur des longueurs différentes, par exemple 4 mesures et 3 mesures et demie. Elles se décaleront toutes seules et généreront des combinaisons que vous n’auriez pas écrites.
  • Sur un morceau existant, essayez d’enlever les trois quarts du matériau et de ne garder qu’un motif. C’est l’exercice de Recomposed, et il révèle vite ce qui tenait vraiment le morceau.
  • Écrivez une pièce de dix minutes sans point culminant, en ne faisant varier que le timbre et la densité. C’est le meilleur entraînement à la musique d’accompagnement d’image.

Ces manipulations demandent un séquenceur bien en main et un home studio correctement monté, notamment côté écoute, puisque tout se joue sur des variations fines : la formation MAO sur Logic Pro couvre cette chaîne complète, et le cours en ligne Bien démarrer sur Logic Pro vous montre comment boucler, dupliquer et décaler des régions proprement.

Un morceau pour comprendre

On the Nature of Daylight, la boucle comme forme

Max Richter sur les plateformes de streaming

PlateformeCe qu’on y trouve
Apple MusicLes albums studio et les bandes originales pour le cinémaÉcouter
SpotifyThe Blue Notebooks, Recomposed et les extraits de SleepÉcouter
DeezerLa discographie complète, de Memoryhouse à In a LandscapeÉcouter
YouTube MusicLes captations en concert et les versions longuesÉcouter
Amazon MusicLes albums et les musiques de filmsÉcouter
TidalLa haute résolution, précieuse pour entendre les cordes très peu saturéesÉcouter

À lire aussi dans le glossaire

Dans la même famille esthétique, la fiche Ólafur Arnalds détaille un travail voisin sur cordes et électronique. Et pour le versant musique d’image à grande échelle, la fiche Hans Zimmer montre comment une texture répétée peut porter tout un film.