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Ludwig Göransson
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Avant d’écrire une note de Black Panther, Ludwig Göransson a passé environ un mois en Afrique à écouter et à enregistrer. Avant d’écrire le thème d’Oppenheimer, il a choisi un instrument unique, un violon solo, et construit tout le reste autour. Sa méthode se résume à une décision prise très tôt : décider quel timbre porte quelle idée, puis s’y tenir. C’est exactement la question que pose un arrangement, quel que soit le style.
L’artiste
Ludwig Göransson naît le 1er septembre 1984 à Linköping, en Suède. Il se forme au Conservatoire royal de Stockholm, puis rejoint en 2007 le programme Scoring for Motion Picture and Television de l’USC, à Los Angeles. Il compose la musique de la série Community de 2009 à 2015, un travail de série hebdomadaire qui forme à la vitesse et à la variation.
Sa collaboration avec le réalisateur Ryan Coogler court sur plus de dix ans : Fruitvale Station en 2013, Creed en 2015, Black Panther en 2018, Wakanda Forever en 2022 et Sinners en 2025. En parallèle, il produit les albums de Childish Gambino ; le single « This Is America », en 2018, remporte quatre Grammy, dont l’enregistrement et la chanson de l’année. Il obtient trois Oscars de la meilleure musique originale, pour Black Panther, Oppenheimer et Sinners, deux Primetime Emmy pour The Mandalorian, et six Grammy au total. Tenet, en 2020, marque sa première collaboration avec Christopher Nolan.
Un instrument par personnage, choisi sur le terrain
Pour Black Panther, la recherche précède l’écriture. Il passe environ un mois en Afrique : une semaine en tournée avec Baaba Maal au Sénégal, puis plusieurs semaines auprès de musiciens locaux, et une semaine à l’International Library of African Music, en Afrique du Sud, où il écoute des milliers d’enregistrements. Ce n’est qu’ensuite qu’il attribue un instrument à chaque personnage : les tambours parleurs pour T’Challa, la flûte peule pour Killmonger, le balafon pour Shuri, le tambour sabar pour les scènes de défi. L’enregistrement a lieu à Abbey Road en octobre et novembre 2017, avec 92 musiciens et un chœur de 40 chanteurs en langue xhosa.
L’intérêt de ce dispositif n’est pas décoratif. Quand un personnage possède un timbre propre, le spectateur l’identifie sans y penser, et le compositeur dispose d’un matériau qu’il peut faire évoluer : un instrument peut se déformer, ralentir, changer de registre, croiser celui d’un autre personnage. La dramaturgie passe alors par l’orchestration autant que par la mélodie.
Sur Oppenheimer, la contrainte vient du réalisateur : Christopher Nolan lui demande de bâtir le thème central sur un violon solo. Le choix se justifie par l’amplitude expressive de l’instrument, capable de passer du timbre le plus romantique à des sonorités déchirantes en une fraction de seconde. La partition couvre plus de 83 % du film, ce qui suppose une écriture capable de varier presque indéfiniment un matériau très réduit. Sur Tenet, il expérimente encore autrement, avec l’écriture rétrograde, c’est-à-dire de la musique jouée à l’envers.
Ce que ça change pour vous
- Attribuez un timbre à chaque élément de votre projet : un instrument pour le couplet, un autre pour le refrain, un troisième pour le pont. Le morceau gagne en lisibilité avant même le mixage.
- Faites votre propre collecte sonore. Enregistrer un instrument acoustique, un musicien de votre entourage ou une source inhabituelle vous donne un matériau que les banques d’échantillons ne fourniront à personne d’autre.
- Contraignez-vous à un seul instrument principal sur un morceau entier, puis faites-le évoluer par le registre, l’articulation et le traitement. C’est l’exercice le plus rapide pour progresser en arrangement.
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Un morceau pour comprendre
Ludwig Göransson sur les plateformes de streaming
| Plateforme | Ce qu’on y trouve | |
|---|---|---|
| Apple Music | Les bandes originales de Black Panther, Oppenheimer et The Mandalorian | Écouter |
| Spotify | Les partitions de film et les productions pour Childish Gambino | Écouter |
| Deezer | Les bandes originales des films de Ryan Coogler et de Christopher Nolan | Écouter |
| YouTube Music | Les albums, ainsi que des séances d’enregistrement filmées | Écouter |
| Amazon Music | Les éditions des bandes originales, dont les versions étendues | Écouter |
| Tidal | Le catalogue en haute définition, pertinent pour les prises d’Abbey Road | Écouter |
À lire aussi dans le glossaire
Pour comparer les stratégies d’écriture à l’image, poursuivez avec la fiche de Hans Zimmer, puis avec celle de Ryuichi Sakamoto, où la retenue instrumentale tient lieu de dramaturgie.