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Alexandre Desplat
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Une flûte, quelques pizzicati, un motif court répété : il suffit souvent de quelques secondes pour reconnaître une musique d’Alexandre Desplat. Deux fois oscarisé, il occupe une place rare, celle d’un compositeur français installé au premier plan à Hollywood sans avoir renoncé à une écriture de chambre. Sa méthode intéresse tout arrangeur : chez lui, l’identité d’un thème tient moins à la mélodie qu’au choix de l’instrument qui la porte.
L’artiste
Alexandre Desplat naît le 23 août 1961 à Paris, d’un père français et d’une mère grecque. Il se forme au Conservatoire de Paris puis au Royal College of Music, comme élève de Claude Ballif, et suit des cours d’été auprès de Iannis Xenakis. Sa percée à Hollywood intervient en 2003 avec La Jeune Fille à la perle.
Il remporte deux Oscars de la meilleure musique originale, pour The Grand Budapest Hotel en 2015 et La Forme de l’eau en 2018, auxquels s’ajoutent neuf autres nominations : The Queen en 2006, L’Étrange Histoire de Benjamin Button en 2008, Fantastic Mr. Fox en 2009, Le Discours d’un roi en 2010, Argo en 2012, Imitation Game en 2014, L’Île aux chiens en 2018 et Les Filles du docteur March en 2019. Il signe également les musiques des deux parties de Harry Potter et les Reliques de la Mort, en 2010 et 2011. Son palmarès compte deux Golden Globes, trois BAFTA, deux Grammy et trois César. Il préside le jury de la Mostra de Venise en 2014 et est fait chevalier de la Légion d’honneur en 2011. Il travaille depuis deux studios, l’un à Los Angeles, l’autre à Paris, et est marié à la violoniste Dominique Lemonnier.
Le timbre d’abord : ce que la flûte dit de sa méthode
Son parcours d’instrumentiste éclaire son écriture. Il commence le piano à cinq ans, passe par la trompette, puis vient à la flûte à neuf ans. Cette flûte reste un marqueur récurrent de sa musique. Ce n’est pas une coquetterie biographique : un compositeur qui a joué un instrument en connaît le souffle, les limites de tessiture, la manière dont une phrase se respire. Écrire pour la flûte quand on l’a pratiquée, ce n’est pas poser des notes sur une portée, c’est écrire pour une respiration.
De là découle une hiérarchie de travail utile à connaître. Beaucoup de débutants écrivent une mélodie puis cherchent « quel son » la jouera, souvent en faisant défiler des banques d’échantillons. La démarche inverse est plus féconde : choisir d’abord le timbre, puis écrire ce que ce timbre sait faire de mieux. Un motif répété confié à un célesta, un basson ou une flûte ne raconte pas la même chose, alors que les notes sont identiques.
Ses influences revendiquées — Ravel et Debussy, le jazz, les musiques du monde — vont dans le même sens. Ravel et Debussy sont deux orchestrateurs pour qui la couleur instrumentale n’est jamais un habillage tardif ; le jazz apporte le rapport souple au temps et à l’harmonie ; les musiques du monde élargissent la palette au-delà de l’orchestre symphonique. Le résultat est une écriture où l’on entend chaque pupitre, même quand l’orchestre est nombreux.
Ce que ça change pour vous
- Choisissez le timbre avant d’écrire la mélodie. Décidez que ce thème sera porté par une flûte, un piano préparé ou un violoncelle, puis composez dans les limites de cet instrument : la contrainte produit un motif plus caractérisé.
- Réduisez avant d’ajouter. Un thème qui fonctionne à deux voix au clavier fonctionnera à l’orchestre ; l’inverse est rarement vrai. Testez chaque idée au piano seul avant de l’habiller.
- Respectez la respiration des instruments virtuels : phrases courtes, silences réels, nuances écrites. C’est ce qui distingue une maquette crédible d’un empilement de nappes.
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Un morceau pour comprendre
Alexandre Desplat sur les plateformes de streaming
| Plateforme | Ce qu’on y trouve | |
|---|---|---|
| Apple Music | Les bandes originales, dont The Grand Budapest Hotel et La Forme de l’eau | Écouter |
| Spotify | Une discographie de bandes originales très large, des films français aux productions américaines | Écouter |
| Deezer | Les musiques des deux parties de Harry Potter et les Reliques de la Mort et les albums plus récents | Écouter |
| YouTube Music | Les bandes originales et des captations de concerts consacrés à sa musique | Écouter |
| Amazon Music | Les éditions des bandes originales, y compris les versions étendues | Écouter |
| Tidal | Le même catalogue en qualité supérieure, utile pour entendre l’orchestration | Écouter |
À lire aussi dans le glossaire
Pour comparer les manières d’écrire pour l’image, poursuivez avec la fiche de Ennio Morricone, maître du timbre inattendu, puis avec celle de John Williams et son écriture thématique.