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Consonance et dissonance

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Consonance et dissonance : définition, intervalles et usage

La consonance désigne des notes qui sonnent ensemble de manière stable et reposante ; la dissonance, des notes qui créent une tension, un frottement, une envie de mouvement. Leur alternance est le moteur de l’harmonie : la tension appelle la détente.

Une dissonance n’est pas une fausse note. Sa perception dépend du contexte, du style, de l’époque et du registre : une septième sonne parfaitement naturelle dans un morceau de jazz, alors que dans un choral de Bach elle doit être préparée puis résolue.

Le classement traditionnel des intervalles

  • Consonances parfaites : unisson, octave, quinte juste. La quarte juste en fait partie, sauf quand elle se trouve au-dessus de la basse, où l’harmonie classique la traite comme une dissonance.
  • Consonances imparfaites : tierces et sixtes, majeures ou mineures.
  • Dissonances : secondes, septièmes et triton. Voir la fiche Intervalle.

Pourquoi certaines notes frottent

  • Les rapports simples : l’octave (2/1) ou la quinte (3/2) font coïncider très souvent les vibrations des deux notes ; l’oreille les perçoit comme fondues.
  • Les battements : deux fréquences très proches, y compris entre les harmoniques des deux notes, produisent une ondulation rapide, perçue comme une rugosité. Le physicien Hermann von Helmholtz explique ainsi la dissonance dès 1863.
  • Le registre : une tierce douce dans l’aigu devient boueuse dans l’extrême grave, parce que les fréquences s’y rapprochent.

Exemples concrets

  • Le retard : F, puis Csus4, puis C. Le Fa, entendu dans l’accord précédent et tenu, frotte contre le Sol et le Do, puis descend sur le Mi : tension, puis détente.
  • La septième de dominante : G7 puis C. Le triton Si-Fa se résout sur Do-Mi. Voir la fiche Accord de septième.
  • Le cluster : plusieurs notes collées (Do, Ré, Mi joués ensemble), très utilisé en musique de film pour installer un malaise.
  • Le Sacre du printemps (1913) : les accords martelés de Stravinsky font scandale à la création, avant de devenir un modèle.

Doser la dissonance dans vos arrangements

  • Placez la dissonance sur un temps fort et résolvez-la sur le temps suivant.
  • Écartez d’une octave deux notes qui frottent trop : une seconde devient une neuvième, bien plus douce.
  • Dans le grave, juste au-dessus de la basse, gardez des octaves et des quintes ; réservez les intervalles serrés au médium et à l’aigu.
  • Dosez le désaccord volontaire (detune, chorus) : quelques battements épaississent un son, trop le font sonner faux.

Un peu d’histoire (en bref)

  • Le Moyen Âge : seuls l’octave, la quinte et la quarte sont pleinement consonantes ; la tierce reste suspecte.
  • La Renaissance : les règles du contrepoint encadrent strictement la dissonance : note de passage sur temps faible, ou retard préparé puis résolu.
  • Le XXᵉ siècle : Arnold Schoenberg parle d’« émancipation de la dissonance », et le jazz fait des septièmes et des neuvièmes des couleurs du quotidien.

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En résumé

La consonance repose, la dissonance met en mouvement. Le classement des intervalles donne un repère, mais c’est le contexte, le registre et la résolution qui décident : bien dosée, la dissonance est ce qui rend une grille vivante.