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Sophie Calle

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Sophie Calle est l’artiste qui a fait de la règle du jeu un médium à part entière. Chez elle, une œuvre commence par une décision arbitraire, suivre un inconnu, se faire embaucher comme femme de chambre, demander à cent sept femmes de lire la même lettre de rupture, puis se déroule jusqu’au bout sans que l’auteur en contrôle le résultat. La photographie n’y est jamais le but : elle sert de preuve, à côté d’un texte qui raconte ce que l’image ne montre pas. Ce dispositif, inventé à la fin des années 1970, a durablement déplacé la frontière entre l’art conceptuel, le récit et le document, et il continue d’irriguer tout ce qui se fait aujourd’hui en photographie narrative.

  • Naissance1953, Paris
  • NationalitéFrance
  • MédiumPhotographie et texte
  • MéthodeLe protocole
  • Œuvre cléPrenez soin de vous, 2007

Sophie Calle en bref

  • Née à Paris en 1953, fille du médecin et collectionneur Robert Calle, fondateur du Carré d’Art de Nîmes.
  • Elle commence en 1979 avec Les Dormeurs, en invitant des inconnus à dormir dans son lit pendant huit jours.
  • Chacune de ses œuvres repose sur un protocole : une contrainte énoncée à l’avance, appliquée sans se demander ce qu’elle produira.
  • Le Centre Pompidou conserve L’Hôtel et Douleur exquise, deux pièces majeures entrées dans les collections nationales.
  • En 2007, elle représente la France à la Biennale de Venise avec Prenez soin de vous, où cent sept femmes interprètent la même lettre de rupture.

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Trois œuvres à connaître

Ses œuvres ne sont pas reproduites ici : elles sont protégées et elle en est l’ayant droit. Chaque lien mène vers le musée qui les conserve. Attention à une particularité : une pièce de Sophie Calle n’est pas une photographie mais un ensemble, images et texte assemblés dans un ordre précis.

  • L’HôtelVenise, 1981-1983. Collection du Centre Pompidou, inv. AM 2000-9.

    Embauchée comme femme de chambre dans un hôtel vénitien pendant trois semaines, elle photographie et décrit ce que les clients laissent derrière eux. Ce qu’il faut regarder : la structure. Quinze éléments, sept diptyques, une épreuve couleur avec texte en haut, cinq à neuf photographies en noir et blanc en dessous. La forme imite un rapport d’enquête.

    Voir sur le site du Centre Pompidou

  • Douleur exquise1984-2003. Collection du Centre Pompidou, inv. AM 2004-188.

    Neuf polyptyques mêlant photographies et broderies sur lin, où le récit de sa propre rupture alterne avec celui d’inconnus interrogés sur leur plus grande souffrance. Ce qu’il faut regarder : la couleur du fil. Elle pâlit de panneau en panneau, à mesure que la douleur s’use. La forme dit ce que le texte ne dit pas.

    Voir sur le site du Centre Pompidou

  • Prenez soin de vous2007. Pavillon français, Biennale de Venise.

    Une lettre de rupture reçue par courriel, confiée à cent sept femmes choisies pour leur métier, qui l’analysent, la jouent, la chantent, la dansent. Ce qu’il faut regarder : le déplacement. En faisant traiter sa peine par une avocate, une clown et une tireuse de cartes, elle transforme une humiliation privée en objet public sans jamais se plaindre.

    Voir sur le site de la Fondation PHI

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Qui est Sophie Calle

Une enfance dans l’art

Née à Paris en 1953, elle est la fille de Robert Calle, médecin, collectionneur et futur fondateur du Carré d’Art de Nîmes. Elle grandit donc entourée d’art contemporain, ce qui explique en partie l’aisance avec laquelle elle inventera ses propres règles plutôt que d’apprendre un métier. Elle n’a suivi aucune formation de photographe, et cela se voit : ses images ne cherchent jamais la performance technique.

1979, le premier protocole

Elle débute avec Les Dormeurs : pendant huit jours, elle invite des inconnus à dormir successivement dans son lit, les photographie à intervalles réguliers et les interroge. Tout son système est déjà là. Une règle simple, une durée fixée, un dispositif qui produit des images et du texte, et un résultat que l’auteur ne maîtrise pas.

Venise, la filature, l’hôtel

Suivent trois pièces qui la rendent célèbre. En 1980, Suite vénitienne : elle suit un homme rencontré à Paris jusqu’à Venise. En 1981, La Filature : sa mère engage un détective privé pour la suivre pendant une journée, et l’artiste organise sa propre journée pour être photographiée. La même année, elle se fait embaucher comme femme de chambre dans un hôtel vénitien ; ce sera L’Hôtel.

L’élargissement

En 1986, Les Aveugles marque un tournant : elle demande à des personnes aveugles de naissance quelle est leur image de la beauté, et met en regard leur réponse, leur portrait et une photographie de ce qu’elles décrivent. Suivent La Robe de mariée en 1988, un premier film, No Sex Last Night, en 1992, et Régime chromatique en 1997, où elle mange chaque jour d’une seule couleur.

La consécration institutionnelle

Le Centre Pompidou lui consacre une rétrospective, M’as-tu vue, de novembre 2003 à mars 2004. Douleur exquise, entamée en 1984 et achevée en 2003, entre dans les collections nationales. En 2007, elle représente la France à la Biennale de Venise avec Prenez soin de vous.

Les musées comme terrain de jeu

Plutôt que de se ranger, elle continue à détourner les institutions qui l’invitent : le Musée de la Chasse et de la Nature en 2017 et 2018, puis le Musée national Picasso-Paris à l’automne 2023, avec À toi de faire, ma mignonne, où elle occupe un musée consacré à un autre artiste en y installant sa propre biographie.

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Sept dates

  • 1953Naissance à ParisSon père, Robert Calle, fondera le Carré d’Art de Nîmes.
  • 1979Les Dormeurs, sa première pièce : des inconnus dorment dans son lit pendant huit jours
  • 1980Suite vénitienne : elle suit un inconnu jusqu’à VeniseLa filature devient une forme artistique.
  • 1981La Filature, où un détective engagé par sa mère la suit à son tour
  • 1986Les Aveugles : elle demande à des aveugles de naissance leur image de la beauté
  • 2003Rétrospective M’as-tu vue au Centre PompidouElle entre au rang des artistes de collection nationale.
  • 2007Elle représente la France à la Biennale de Venise avec Prenez soin de vous

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La photo pour comprendre

Prenez un diptyque de L’Hôtel, au Centre Pompidou, et résistez à l’envie de le lire comme une photographie d’intérieur.

  • En haut, une épreuve couleur : un lit défait, une valise ouverte, des objets posés. Aucune personne n’y figure.
  • À côté, un texte de l’artiste, écrit comme un rapport : dates, heures, inventaire de ce qu’elle a trouvé, hypothèses sur les occupants.
  • En dessous, cinq à neuf petites photographies en noir et blanc, en série : détails, gros plans, pièces à conviction.
  • La lumière est celle de la chambre, plate et médiocre. Aucun effort esthétique, et c’est délibéré.
  • L’ensemble imite exactement la forme d’un dossier d’enquête, jusqu’à la hiérarchie entre la vue générale et les détails.

Exercice de lecture d’image. Cachez le texte et regardez les photographies seules pendant trente secondes, puis relisez le texte et regardez-les à nouveau.

Réponse : sans le texte, ce sont des photographies de chambre d’hôtel sans intérêt ; avec lui, chaque objet devient un indice sur une vie inconnue. Ce que vous apprenez : chez Calle, le texte ne légende pas l’image, il la rend lisible. Les deux sont à égalité, et retirer l’un détruit l’œuvre. C’est la leçon la plus utile pour qui publie des séries aujourd’hui.

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Sa méthode, point par point

La règle avant l’image

Elle n’a jamais commencé par une envie de photographier. Elle commence par une phrase qui tient en une ligne : suivre cet homme, dormir dans ce lit, demander à des aveugles ce qu’est la beauté. La règle est fixée avant, et n’est plus renégociée ensuite. C’est ce qui distingue un protocole d’un simple projet.

Une photographie volontairement pauvre

Ses images sont frontales, souvent mal éclairées, sans recherche de matière. Ce n’est pas un défaut d’exécution, c’est une condition : une belle photographie attirerait l’attention sur elle-même et affaiblirait le dispositif. L’image doit avoir l’air d’une preuve, pas d’une œuvre.

Le texte, à parité

Le texte est écrit par elle, au présent le plus souvent, dans une langue sèche qui emprunte au rapport administratif ou au journal. Il donne les faits, les horaires, les inventaires. L’émotion vient du décalage entre ce ton neutre et ce qui est raconté, jamais d’une phrase lyrique.

Déléguer le regard

Une partie de ses œuvres repose sur le fait de confier à d’autres ce qu’elle devrait faire elle-même : un détective qui la photographie, cent sept femmes qui lisent sa lettre, des aveugles qui décrivent une beauté qu’elle photographiera ensuite. Elle est l’auteur du dispositif, pas toujours celui des images.

L’installation comme forme finale

L’œuvre achevée n’est ni un tirage ni un livre, c’est un ensemble accroché dans un ordre précis, parfois avec du tissu, de la broderie, du son ou de la vidéo. Le Centre Pompidou décrit Douleur exquise comme neuf polyptyques de quatre éléments indissociables : c’est une sculpture d’informations autant qu’une suite d’images.

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Le protocole, et trois contresens

Le mot revient dans tous les textes qui lui sont consacrés, et il est presque toujours mal compris.

  • Contresens 1 : ce serait de la performance. Non : dans la performance, le corps de l’artiste devant un public est l’œuvre. Chez Calle, l’action se déroule sans témoin, et seul le document produit est montré.
  • Contresens 2 : tout serait autobiographique. Elle utilise sa vie comme matériau, mais le récit est construit, parfois fictionnel, et elle a toujours refusé de dire où passe la frontière. Prendre ses œuvres pour un journal intime revient à manquer le travail.
  • Contresens 3 : la règle garantirait le résultat. Au contraire. Un protocole honnête doit pouvoir échouer, et plusieurs des siens produisent surtout de l’absence : elle perd l’homme qu’elle suit, les chambres ne livrent rien. L’échec fait partie de l’œuvre.

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L’affaire Paul Auster, ou l’artiste devenue personnage

C’est l’épisode le plus révélateur de sa manière de travailler, et il se lit comme une nouvelle.

  • Le point de départ. Dans son roman Leviathan, publié en 1992, le romancier américain Paul Auster crée un personnage nommé Maria, artiste dont les œuvres reprennent en grande partie celles de Sophie Calle.
  • Le retournement. Plutôt que de protester, Calle décide d’exécuter pour de bon les œuvres que le romancier avait inventées pour son double de fiction. Elle devient ainsi le personnage qu’on avait fait d’elle.
  • La commande inversée. Elle demande ensuite à Auster de lui écrire des instructions de vie. Il lui livre un mode d’emploi pour améliorer la vie à New York, qu’elle applique : ce sera Gotham Handbook.
  • Le livre. L’ensemble paraît sous le titre Double Game, avec la participation d’Auster, et forme un aller-retour complet entre la fiction et la vie réelle.

L’épisode dit l’essentiel de sa position : elle ne défend pas son intimité, elle l’utilise, et elle accepte de perdre la main sur sa propre histoire à condition d’en faire une pièce de plus.

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Ce qu’on lui oppose

Peu d’artistes contemporains divisent autant, et les objections sont sérieuses.

  • Le consentement des autres. C’est la critique principale. Suivre un inconnu, fouiller les affaires de clients d’hôtel, exposer une lettre privée reçue d’un homme identifiable : les personnes concernées n’ont rien demandé, et plusieurs de ses protocoles seraient aujourd’hui difficilement défendables en droit français.
  • L’exposition de soi. On lui reproche de faire commerce de ses propres ruptures et deuils, et de transformer chaque épreuve personnelle en matière première. Elle répond que c’est précisément ce que fait la littérature depuis toujours.
  • La pauvreté des images. Pour une partie des photographes, ses photographies ne tiennent pas seules et ne valent que par le texte, ce qui reviendrait à faire de la littérature illustrée.
  • La formule. Après quarante ans, le dispositif est identifiable dès la première salle, et certains y voient une signature devenue mécanique.

La question qu’elle laisse ouverte est celle qui traverse toute la photographie documentaire : peut-on faire une œuvre avec la vie de quelqu’un qui n’a pas donné son accord, et qu’est-ce qui change quand cette vie est la sienne ?

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L’atelier : travailler comme elle aujourd’hui

C’est la méthode la moins coûteuse de tout ce glossaire, et la plus exigeante intellectuellement. Elle ne demande aucun matériel, seulement une règle que vous vous interdisez d’assouplir.

Écrire le protocole

  • Formulez votre règle en une seule phrase, et notez-la avant de commencer.
  • Fixez une durée ou un nombre : huit jours, trente personnes, un trajet. Sans limite, ce n’est pas un protocole mais une habitude.
  • Choisissez une contrainte qui vous oblige à rencontrer quelqu’un, sinon vous obtiendrez un simple exercice de style.
  • Décidez à l’avance de ce que vous produirez : combien d’images, quel format de texte, quel ordre.
  • Prévoyez explicitement le cas où cela rate, et gardez ce ratage dans l’œuvre.

Photographier

  • Photographiez frontalement, à hauteur d’yeux, sans recherche d’effet. Un réglage simple suffit : f/5.6, 1/125 s, ISO automatique plafonné à 1600.
  • Utilisez toujours le même cadrage pour les images d’une même série : la répétition fait la preuve.
  • Notez systématiquement la date, l’heure et le lieu au moment de la prise de vue.
  • Photographiez aussi les objets, les papiers, les lieux vides. Chez elle, l’absence est un sujet à part entière.

Écrire, puis assembler

  • Écrivez au présent, à la première personne, en phrases courtes et factuelles.
  • Donnez les faits vérifiables et supprimez les adjectifs d’émotion : l’émotion doit venir des faits.
  • Assemblez texte et images dans un ordre fixe, et testez l’ensemble en retirant le texte : si les images tiennent encore parfaitement, votre texte est inutile, et s’il ne reste rien, c’est votre série qui est faible.
  • Demandez l’accord écrit de toute personne reconnaissable avant la moindre diffusion.

Les cinq erreurs du débutant

  • Changer la règle en cours de route parce qu’elle donne un résultat décevant.
  • Soigner les photographies au point qu’elles concurrencent le récit.
  • Écrire un texte littéraire alors que le dispositif appelle un ton de rapport.
  • Confondre intimité et intérêt : raconter sa vie ne suffit pas, il faut une contrainte qui la déplace.
  • Ignorer le consentement des personnes impliquées, ce qui était déjà discutable en 1980 et ne passe plus aujourd’hui.

Ce que cela change pour un musicien ou un vidéaste

Le protocole est l’outil le plus directement transposable à un projet musical. Un album peut naître d’une règle énoncée à l’avance : un morceau par ville d’une tournée, une prise unique par titre, un instrument tiré au sort. La contrainte remplace l’inspiration et, surtout, elle donne au projet une cohérence que le public perçoit immédiatement. Pour un clip, la leçon est celle du texte à parité : un carton écrit entre deux plans peut porter autant que l’image, à condition d’être factuel et non poétique. Enfin, une règle publiée devient un argument de communication en soi, ce qui règle la moitié du problème de présentation d’un projet.

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Douze artistes proches

  • Vito AcconciÉtats-Unis, 1940-2017Son Following Piece de 1969, où il suivait des passants jusqu’à ce qu’ils entrent quelque part, précède directement Suite vénitienne.
  • Paul AusterÉtats-Unis, 1947-2024Le romancier qui l’a transformée en personnage de fiction, puis lui a écrit des règles de vie.
  • Christian BoltanskiFrance, 1944-2021L’inventaire, l’archive et la mémoire comme matériaux, dans la même génération française.
  • Annette MessagerFrance, contemporaineLe récit de soi bricolé, entre collection, broderie et photographie.
  • Nan GoldinÉtats-Unis, née en 1953Exactement la même génération, et la démarche inverse : l’intime sans protocole, en flux continu.Lire la fiche
  • Marina AbramovićSerbie, contemporaineLa contrainte poussée jusqu’au corps, en présence du public, là où Calle travaille sans témoin.
  • Diane ArbusÉtats-Unis, 1923-1971L’approche frontale de l’inconnu, et la même question sur ce qu’on doit à ceux qu’on photographie.
  • Vivian MaierÉtats-Unis, 1926-2009L’envers exact : une œuvre entièrement privée, rendue publique sans que l’auteur ait consenti.
  • Duane MichalsÉtats-Unis, contemporainLe texte manuscrit ajouté à l’image, autre manière de faire raconter une histoire à la photographie.
  • Tracey EminRoyaume-Uni, contemporaineL’autobiographie exposée sans filtre, avec le même reproche récurrent d’impudeur.
  • Mohamed BourouissaAlgérie et France, né en 1978La mise en scène documentaire et le dispositif comme point de départ, une génération plus tard.
  • Martin ParrRoyaume-Uni, né en 1952Autre manière de faire du document un système, avec l’ironie sociale en plus.Lire la fiche

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Lexique

  • ProtocoleRègle fixée à l’avance qui détermine entièrement le déroulement d’une œuvre, indépendamment de ce qu’elle produira.
  • Art conceptuelCourant né dans les années 1960 pour lequel l’idée prime sur sa réalisation matérielle.
  • DiptyqueŒuvre en deux parties indissociables. Un polyptyque en compte davantage.
  • InstallationŒuvre conçue pour un espace donné, composée d’éléments assemblés dans un ordre précis.
  • Épreuve chromogèneTirage photographique couleur sur papier argentique, le procédé courant du tirage couleur de laboratoire.
  • Photographie plasticienneUsage de la photographie par un artiste qui ne se revendique pas photographe, souvent associée à du texte ou à d’autres matériaux.
  • Droit à l’imageDroit de toute personne sur la diffusion de son image, qui en France découle de l’article 9 du code civil.

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Voir ses œuvres, et le droit

Sophie Calle est vivante. Ses œuvres sont protégées pendant toute sa vie, puis soixante-dix ans après sa mort. Aucune reproduction n’est possible sur ce site, ni en vignette, ni avec crédit.

Son travail pose en outre une question juridique que l’on ne peut pas éluder, et qui est utile à tout photographe. En France, publier l’image d’une personne reconnaissable suppose son accord, au titre de l’article 9 du code civil. Capter l’image d’une personne dans un lieu privé sans son consentement relève, elle, de l’article 226-1 du code pénal. Plusieurs de ses protocoles des années 1980, pensés à une époque et dans un cadre différents, se heurteraient aujourd’hui à ces textes. Le dire n’enlève rien à l’œuvre : cela évite qu’un lecteur croie pouvoir la refaire à l’identique sans risque.

Pour voir son travail dans de bonnes conditions :

  • le Centre Pompidou, qui conserve L’Hôtel ;
  • la notice de Douleur exquise, également dans les collections nationales ;
  • la Fondation PHI, à Montréal, qui a présenté Prenez soin de vous après la Biennale de Venise ;
  • et ses livres, qui ne sont pas des catalogues mais des œuvres à part entière, à commencer par Des histoires vraies.

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Questions fréquentes

Qui est Sophie Calle ?

Une artiste française née à Paris en 1953, qui associe photographie et texte à partir de règles fixées à l’avance. Elle a représenté la France à la Biennale de Venise en 2007.

Sophie Calle est-elle photographe ?

Elle se définit comme artiste plutôt que comme photographe. La photographie est chez elle un moyen parmi d’autres, aux côtés du texte, de la vidéo, du tissu et de l’installation.

Qu’est-ce qu’un protocole chez Sophie Calle ?

Une règle énoncée avant de commencer, qui détermine toute l’œuvre : suivre un inconnu, se faire engager comme femme de chambre, confier une lettre de rupture à cent sept femmes. L’artiste s’interdit de la modifier ensuite.

Quelle est l’œuvre la plus connue de Sophie Calle ?

Sans doute Prenez soin de vous, présentée au Pavillon français de la Biennale de Venise en 2007, où cent sept femmes interprètent chacune à sa manière la même lettre de rupture.

Où voir les œuvres de Sophie Calle ?

Au Centre Pompidou, qui conserve L’Hôtel et Douleur exquise, dans les grandes institutions qui l’invitent régulièrement, et dans ses livres.

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Sources

Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation professionnelle certifié Qualiopi à Grenoble, formateur et photographe. Les dates et crédits ont été recoupés avec les sources ci-dessus ; signalez toute erreur via la page de contact.