Terme du glossaire
Tourneur (booking)
Mis à jour le
Le tourneur est la personne ou la structure qui trouve les concerts d’un artiste, les négocie et les organise. Il démarche les salles et les festivals, vend les dates, le plus souvent en contrat de cession, et prend en charge la logistique de la tournée. On l’appelle aussi booker, et son activité le booking. Pour un groupe, en trouver un marque souvent le passage d’un projet local à un projet qui tourne dans tout le pays.
- Autres nomsBooker, agent de booking
- MétierVendre des concerts
- Contrat typeCession
- LicenceCatégorie 2 ou 3
- À ne pas confondreManager, agent artistique
Le tourneur en bref
- Définition : le professionnel qui trouve, négocie et organise les concerts d’un artiste.
- Son modèle : il vend un prix de cession, paie l’équipe et les frais, et garde la différence.
- Son statut : un entrepreneur de spectacles, qui emploie souvent les musiciens pendant la tournée.
- Ce qu’il attend : un projet déjà en mouvement, avec un public, une actualité et un live solide.
- Pour le trouver : regardez qui fait tourner les artistes proches du vôtre.
Ce que fait un tourneur
- Il bâtit une stratégie de tournée : quelles villes, quelles salles, à quel moment par rapport à la sortie d’un disque.
- Il démarche les programmateurs, avec qui il entretient une relation suivie d’une saison à l’autre.
- Il négocie le prix, les conditions, les dates, et rédige les contrats.
- Il organise la tournée : itinéraire, transport, hébergement, feuilles de route.
- Il emploie souvent les musiciens et les techniciens, déclare les cachets et paie les charges.
- Il cherche des financements : aides à la tournée, soutiens du Centre national de la musique ou des régions.
Statut, licence et rémunération
Un tourneur est un entrepreneur de spectacles. S’il emploie le plateau artistique, il détient la 2e catégorie de la licence d’entrepreneur de spectacles ; s’il organise les dates sans employer les artistes, la 3e.
Le plus souvent, il vend chaque concert en contrat de cession : la salle lui paie un prix fixe, sur lequel il rémunère les musiciens en cachets, paie les charges sociales, le transport et l’hébergement, puis conserve la marge. Plus la tournée est dense et bien organisée, plus cette marge existe. C’est aussi pourquoi un tourneur hésite à prendre un artiste dont les cachets de départ ne couvrent pas les frais.
D’autres formules existent : une commission sur le prix de vente quand le groupe a sa propre structure employeuse, ou un partage de recettes pour les dates en coréalisation. Tout doit être écrit dans un contrat entre l’artiste et le tourneur, avec sa durée, son territoire et son exclusivité.
Tourneur, manager, agent : qui fait quoi
- Le tourneur vend et organise les concerts. Il travaille sur la scène, date par date.
- Le manager pilote la carrière dans son ensemble : disque, image, équipe, stratégie. Il choisit le tourneur avec l’artiste.
- L’agent artistique place un artiste auprès d’employeurs et touche une commission. Le code du travail plafonne sa rémunération de placement à 10 % des rémunérations brutes de l’artiste. Ce plafond peut être porté à 15 % au total si l’artiste lui confie en plus une mission de développement de carrière ; la part au-delà de 10 % reste alors à la charge de l’artiste, même si l’employeur peut la verser pour son compte.
En musiques actuelles, les rôles se recouvrent souvent : un tourneur qui accompagne un artiste depuis ses débuts joue parfois le rôle de manager. Vérifiez simplement que chaque rôle et chaque rémunération sont écrits.
Quand et comment démarcher un tourneur
Un tourneur ne lance pas un projet de zéro : il accélère un projet qui bouge déjà. Avant de le démarcher, vous devez pouvoir montrer une dizaine de dates jouées, un live filmable, une actualité et un début de public.
- Faites la liste des artistes proches de votre esthétique et regardez qui les fait tourner, sur leur site ou dans les programmes de festivals.
- Visez des structures dont le catalogue a votre taille, pas celles des têtes d’affiche.
- Envoyez un message court, avec votre EPK, vos dates à venir et une date où l’on peut vous voir jouer.
- Invitez-les à un concert plutôt que de leur demander d’écouter un disque.
- Profitez des rencontres professionnelles, tremplins et showcases, où les tourneurs viennent chercher des artistes.
- Relancez une fois, trois semaines plus tard, avec une nouvelle information, pas avec le même message.
Tourner sans tourneur
La plupart des groupes font leurs premières tournées seuls, et c’est ce qui leur permettra d’en convaincre un plus tard.
- Montez une structure porteuse, souvent une association, qui emploiera les musiciens et signera les contrats.
- Commencez par votre région, puis échangez des dates avec des groupes d’autres villes : vous les faites jouer chez vous, ils vous font jouer chez eux.
- Tenez un tableau de vos contacts, de vos relances et des réponses.
- Démarchez six à douze mois avant la période visée : les salles et les festivals programment tôt.
- Appuyez-vous sur la SMAC de votre territoire pour ses conseils et son réseau.
Questions fréquentes
Quelle différence entre tourneur et booker ?
Dans l’usage courant, aucune : les deux mots désignent la personne qui vend les concerts. Le mot « tourneur » désigne plutôt la structure, qui organise et souvent emploie ; « booker » désigne la personne qui démarche les salles au sein de cette structure.
Combien prend un tourneur ?
Il n’y a pas de tarif unique. Quand il vend en cession et emploie l’équipe, sa rémunération est la marge restante après salaires et frais. Quand il agit comme agent artistique, sa commission de placement est plafonnée par la loi à 10 % des rémunérations brutes de l’artiste, et à 15 % au total s’il assure aussi une mission de développement de carrière, le supplément étant à la charge de l’artiste.
Faut-il payer un tourneur pour qu’il vous prenne ?
Non. Un tourneur gagne sa vie sur les dates qu’il vend. Une structure qui vous demande de l’argent d’avance pour démarcher vend un service de démarchage, pas du booking : lisez le contrat de près.
Un tourneur peut-il être exclusif ?
Oui, et c’est fréquent, sur un territoire et une durée donnés. Prévoyez une clause de sortie si le nombre de dates n’atteint pas un minimum convenu.
Sources
- Code du travail numérique, article D7121-7 : rémunération de l’agent artistique, 10 % et 15 %.
- Service Public Entreprendre, récépissé d’entrepreneur de spectacles : catégories 2 et 3.
- ARTCENA, contrat de cession du droit d’exploitation d’un spectacle
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons.