Terme du glossaire
EPK (Electronic Press Kit)
Mis à jour le
L’EPK, pour electronic press kit, est le dossier de presse numérique d’un artiste : une page ou un document unique qui rassemble ce qu’un professionnel doit savoir de vous en trois minutes. Une accroche, une biographie, deux ou trois titres écoutables sans inscription, des photos utilisables telles quelles, une vidéo, les dates, les contacts. Ce n’est pas une vitrine pour le public : c’est un outil de travail destiné à des gens pressés, programmateurs, journalistes, curateurs, labels, qui ouvrent des dizaines de messages par jour et ferment ceux qui leur demandent un effort.
- Nom completElectronic press kit
- En françaisDossier de presse numérique
- ApparuAnnées 1990
- Forme actuellePage web ou PDF
- Le plus regardéLa vidéo live
L’EPK en bref
- Définition : un dossier de presse numérique, qui réunit à une seule adresse tout ce qu’un professionnel doit savoir de vous.
- Origine : le dossier de presse papier, puis les bandes promotionnelles envoyées aux télévisions, passées au CD-ROM puis au web dans les années 1990.
- Contenu : accroche, biographie, musique, photos, vidéo, dates et contacts. Sept éléments suffisent, le reste encombre.
- Test : un lien qui s’ouvre sur un téléphone, sans mot de passe, sans inscription, sans fichier à télécharger pour écouter.
- Forme : une page web tenue à jour bat un PDF de vingt pages, parce qu’elle se corrige en deux minutes et se consulte partout.
Qu’est-ce qu’un EPK
Le mot
Electronic press kit se traduit littéralement par « kit de presse électronique », et en français courant par « dossier de presse numérique ». L’abréviation EPK s’est imposée partout, y compris en France, parce qu’elle circule dans les formulaires des tremplins, des plateformes d’envoi et des festivals. Vous rencontrerez aussi « dossier artistique », employé surtout par les structures subventionnées et les jurys d’aide, et « press kit » tout court dans les échanges avec l’étranger.
Ce que c’est vraiment
Un EPK n’est pas une page de vente et ce n’est pas votre site. C’est un raccourci professionnel. La personne qui l’ouvre a une question précise en tête, et une seule : est-ce que ça me sert ? Un programmateur cherche à savoir si vous tenez une scène. Un journaliste cherche un angle et une photo qu’il peut publier sans appeler personne. Un curateur cherche un morceau qui entre dans sa playlist. Votre travail consiste à répondre à ces trois questions sans jamais demander un effort supplémentaire.
La conséquence pratique est brutale : tout ce qui n’aide pas à répondre nuit. Une biographie de trois pages, un lien vers un service de transfert de fichiers qui a expiré, une galerie de trente photos de concert floues : chacun de ces éléments ajoute une décision à prendre, et chaque décision supplémentaire fait grimper la probabilité que l’onglet se ferme.
L’autre sens du mot : l’EPK vidéo
Dans le vocabulaire des labels et des attachés de presse, « EPK » désigne parfois non pas le dossier mais la vidéo promotionnelle elle-même : trois à cinq minutes mêlant images de studio, interview de l’artiste et extraits joués, fabriquées pour que les télévisions et les médias en ligne y prélèvent des séquences. C’est l’usage historique, hérité des bandes envoyées aux chaînes dans les années 1980, et il survit dans les maisons de disques. Si un interlocuteur vous demande « votre EPK », vérifiez lequel des deux il attend : le lien vers votre page, ou un fichier vidéo.
EPK, dossier de presse, fiche technique : ne pas confondre
- L’EPK est le document d’entrée. Il sert à convaincre quelqu’un qui ne vous connaît pas.
- Le dossier de presse au sens strict accompagne une sortie précise : un album, un single, une tournée. Il raconte ce projet, avec sa date de sortie, son contexte et ses arguments. Il vit quelques mois, l’EPK vit toute l’année.
- La fiche technique, ou rider, est un document d’exploitation : nombre de musiciens, patch, plan de scène, retours, backline, loges, hébergement. Elle n’intéresse personne avant que le concert soit décidé, et elle intéresse énormément le régisseur une fois qu’il l’est. Elle se lie depuis l’EPK, elle ne s’y déverse pas.
- Le one-sheet est la version d’une page, souvent en PDF, destinée aux distributeurs et aux disquaires : visuel, codes, date de sortie, arguments de vente, contacts. C’est un extrait de l’EPK, mis en forme pour le commerce.
D’où vient l’EPK : sept dates
- 1950-1960Le press kit de papierMaisons de disques et studios de cinéma envoient aux rédactions des pochettes cartonnées : communiqué, biographie et tirages photo.
- Années 1980La bande promotionnelleLes labels font fabriquer des bandes mêlant extraits de concert, interviews et images de studio, expédiées en VHS ou en Betacam aux chaînes de télévision. Le contenu de l’EPK est né avant le mot.
- 1992La disquette de SneakersLe film est promu auprès de la presse avec une disquette contenant un programme dédié, l’un des premiers kits de presse informatiques d’un studio.
- 1995Le premier EPK moderneLe 8 janvier, la paternité du premier EPK conçu pour l’ordinateur puis pour le web est attribuée à Andre Gray, pour le chanteur de rhythm and blues Aaron Hall. Le CD-ROM devient pour quelques années le support de référence.
- 2001L’EPK hébergéSonicbids vend aux musiciens un dossier en ligne relié à des appels à candidatures de festivals et de salles. Le kit cesse d’être un objet que l’on envoie pour devenir une adresse que l’on partage.
- Années 2010Le streaming remplace le CD jointUn lien Spotify, Bandcamp ou YouTube suffit à faire écouter, et le smartphone devient l’écran sur lequel votre dossier sera ouvert pour la première fois.
- Années 2020Le démarchage payantGroover en France, SubmitHub à l’international : l’envoi aux médias, aux labels et aux curateurs s’industrialise et impose un format, un lien, une phrase, une écoute qui démarre en un clic.
L’anatomie d’un EPK, élément par élément
Voici l’ordre qui fonctionne, du haut de la page vers le bas. Il suit l’ordre des questions que se pose le lecteur, pas l’ordre dans lequel il est agréable de se raconter.
1. L’accroche, en une phrase
Une ligne en haut de page, avant tout le reste, qui dit qui vous êtes, ce que vous faites et d’où vous venez. « Trio de jazz-rock instrumental basé à Grenoble, deuxième album en mars 2027, quarante dates en 2026. » C’est laid, c’est utile, et c’est ce qui sera recopié dans un programme de festival ou dans l’accroche d’un article.
- Nommez le genre, même approximativement : sans lui, personne ne sait dans quelle case vous ranger.
- Donnez le territoire : une salle programme d’abord sa région, puis les tournées qui passent à côté.
- Donnez l’actualité : sans actualité, il n’y a pas de raison de vous programmer maintenant.
- Bannissez les adjectifs qui ne se vérifient pas : « unique », « incontournable », « universel ».
2. La biographie, en trois longueurs
Écrivez-la une fois, en trois formats, et gardez les trois côte à côte : on vous demandera systématiquement l’une des trois.
- Cinquante mots pour un programme, une affiche, une story.
- Cent cinquante mots pour un site de salle ou une fiche de festival.
- Trois cents à quatre cents mots pour un journaliste qui veut du matériau.
Écrivez à la troisième personne, au présent, et faites tenir un fait vérifiable par phrase. Une biographie qui raconte votre première guitare à sept ans est une biographie qui n’a rien à dire de votre musique d’aujourd’hui. Commencez par ce que vous jouez, poursuivez par ce que vous avez fait, terminez par ce qui vient. Si vous avez une histoire singulière, une reconversion, une rencontre, un instrument rare, mettez-la en deuxième phrase : c’est l’angle que la presse reprendra.
3. La musique, écoutable en un clic
- Mettez trois titres au maximum, et votre meilleur en premier. Personne n’écoute le quatrième.
- Intégrez un lecteur qui démarre sans quitter la page : un lecteur intégré Bandcamp, SoundCloud, Spotify ou YouTube.
- Ajoutez sous le lecteur un lien vers la plateforme complète, pour ceux qui veulent entendre le reste.
- Bannissez le fichier compressé à télécharger, le service de transfert qui expire et le dossier partagé qui demande une autorisation.
- Si un titre n’est pas encore public, utilisez un lien d’écoute privé mais permanent, et dites en une ligne qu’il est sous embargo jusqu’à telle date.
4. Les photos, utilisables telles quelles
Une photo de presse n’est pas une belle photo : c’est une photo qu’un maquettiste peut poser dans sa grille sans vous rappeler. Proposez-en peu, mais complètes.
- Trois à cinq images, pas davantage : un portrait ou un plan de groupe, une image de scène, une image plus libre.
- Une horizontale et une verticale de chaque situation : les formats de publication ne se ressemblent plus.
- Deux résolutions : une version web légère pour la page, une version haute définition, au moins 3 000 pixels de côté, en téléchargement direct.
- Le crédit photo à côté de chaque image, sous la forme exacte demandée par le photographe.
- Un fond neutre et de la place autour des sujets : une image trop serrée ne survit pas au recadrage d’une une de site.
- Nommez les fichiers clairement :
nomdartiste-2026-portrait-credit-prenom-nom.jpg, jamaisIMG_4471.jpg.
5. La vidéo, celle qui décide
C’est l’élément le plus regardé par un programmateur, et souvent le seul. Il ne cherche pas un clip : il cherche à savoir ce qui se passe quand vous jouez devant des gens.
- Privilégiez un morceau live entier, en plan large, où l’on voit la formation complète et le public.
- Un son de console mixé avec un micro d’ambiance vaut mieux qu’un son de caméra, et infiniment mieux qu’un playback posé sur des images.
- Si vous n’avez pas de captation, filmez une répétition en conditions réelles, en une prise, sans montage : c’est honnête et cela suffit.
- Un clip peut accompagner, jamais remplacer : il prouve votre univers, pas votre capacité à tenir un plateau.
- Sous-titrez la parole si la vidéo en contient : une bonne part des professionnels la lancera sans le son, dans un train ou en salle partagée.
- Hébergez sur YouTube ou Vimeo en lecture publique ou non répertoriée, et évitez les lecteurs qui exigent une inscription.
6. La scène, en chiffres
Un programmateur évalue un risque. Aidez-le à le mesurer.
- Le nombre de musiciens sur scène et la durée du set proposé, en minutes.
- Les dates passées marquantes, cinq ou six, avec le nom de la salle ou du festival et l’année. Pas la liste complète.
- Les dates à venir, tenues à jour, avec les villes.
- Ce que vous apportez et ce que vous demandez, en une ligne, avec un lien vers la fiche technique complète en PDF.
- Votre rayon de déplacement habituel et, si vous en avez un, le nom de votre tourneur.
7. Les preuves
Deux ou trois citations courtes, avec le nom du média et la date, valent mieux qu’une revue de presse de douze pages. Si vous n’avez pas encore de presse, ce n’est pas grave et cela ne se maquille pas : une phrase d’un programmateur qui vous a reçu, un chiffre de fréquentation, un passage en radio locale, une sélection en tremplin sont des preuves recevables. Les chiffres de streaming ne servent qu’à partir d’un certain ordre de grandeur : en dessous, ils affaiblissent le dossier. Ne recopiez jamais un compliment reçu en message privé comme s’il s’agissait d’une critique publiée.
8. Les liens
Les plateformes d’écoute, le site, les deux réseaux sociaux où vous êtes réellement actif. Deux, pas six : un compte abandonné depuis dix-huit mois est une information négative. Vérifiez chaque lien avant chaque campagne d’envoi ; un lien mort dans un EPK est le défaut le plus fréquent et le plus coûteux.
9. Les contacts
Nommez les personnes et leur rôle : booking, presse, management, label, et à défaut vous-même. Une adresse de courrier électronique visible et cliquable, un numéro de téléphone si vous acceptez d’être appelé. Si vous êtes seul, écrivez votre nom, pas « l’équipe » : personne n’est dupe, et un interlocuteur identifié rassure plus qu’une structure fictive.
10. Le kit de téléchargement
Un unique lien, en bas de page, vers une archive contenant les photos en haute définition, le logo si vous en avez un, la biographie en texte brut et la fiche technique. C’est le service que les attachés de presse et les régisseurs vous réclameront, et celui qui vous vaudra d’être rappelé.
À qui vous l’envoyez, et ce que chacun y cherche
Le même EPK sert tout le monde, mais chacun l’ouvre avec une grille de lecture différente. Connaître ces grilles change l’ordre de votre page et le contenu de votre message d’accompagnement.
Le programmateur de salle ou de festival
Il regarde la vidéo live avant tout, puis vérifie trois choses : combien vous êtes sur scène, ce que vous avez déjà joué, et si vous êtes capable de faire venir du monde. Il reçoit des centaines de propositions par saison et programme souvent un an à l’avance. Dites-lui dans quelle case vous entrez, et pour quelle saison.
Le journaliste, le blogueur, le podcasteur
Il cherche un angle et du matériel prêt à publier. Ce qui le décide : une accroche qui contient déjà l’histoire, une photo en haute définition avec son crédit, une biographie qu’il peut citer. Ce qui le fait renoncer : devoir vous écrire pour obtenir une image.
Le curateur de playlist
Il écoute trente secondes. Il veut un lien direct vers le titre sur la plateforme qu’il utilise, le genre, la date de sortie, et rien d’autre. C’est le seul destinataire pour lequel la page entière compte moins que le premier lien.
Le label, l’éditeur, le distributeur
Il évalue un projet, pas un morceau : l’état d’avancement, ce qui est déjà sorti, ce qui est enregistré, ce qui est financé, l’activité scénique, la régularité. Le calendrier des douze mois à venir compte autant que la musique.
Le jury d’aide, la structure d’accompagnement, le tremplin
Il coche des critères formels. Vérifiez le formulaire avant d’envoyer : beaucoup demandent des éléments que l’EPK ne contient pas toujours, un numéro de licence d’entrepreneur de spectacles pour la structure porteuse, un numéro SIRET, un budget, une note d’intention. Préparez ces pièces à part et ne les affichez pas sur la page publique : la section sur les aides publiques détaille ce qu’elles contiennent.
Le fabriquer et l’héberger
Page web ou PDF : les deux, mais dans cet ordre
La forme de référence est une page web, à une adresse stable, du type votrenom.com/epk. Elle s’ouvre sur un téléphone, elle intègre les lecteurs audio et vidéo, elle se corrige en deux minutes, et le lien que vous avez envoyé il y a six mois affiche toujours la version à jour. Le PDF reste utile en second : certains appels à candidatures n’acceptent qu’un fichier, et un régisseur imprime volontiers une fiche technique. Faites-en un dérivé de la page, pas l’inverse, et datez-le dans le pied de page.
Les solutions d’hébergement
- Une page de votre propre site, sous WordPress ou un autre gestionnaire de contenu : la seule solution que vous ne perdrez pas le jour où un service ferme.
- Un constructeur généraliste, Squarespace, Wix, Webflow : rapide, correct, payant à l’année.
- Un outil spécialisé musique, Bandzoogle par exemple, qui propose un module de dossier de presse avec gestion des téléchargements.
- Une page Bandcamp complétée par un document : solution minimale mais honnête quand la musique est le seul argument.
- Un document partagé, page Notion ou document en lecture seule : acceptable si l’accès est vraiment public, ce qu’il faut tester depuis une fenêtre de navigation privée.
Quel que soit l’outil, vérifiez trois points avant de diffuser l’adresse : la page s’ouvre sans compte, elle se lit sur un écran de téléphone, et elle pèse assez peu pour s’afficher sur un réseau mobile moyen. Une page de dossier de presse qui met huit secondes à apparaître a déjà perdu la moitié de ses lecteurs.
Ce que vous pouvez fabriquer vous-même
- Les photos : une séance d’une heure avec un photographe local coûte moins cher qu’une saison sans concert, et les images serviront deux ans.
- La captation vidéo : deux caméras fixes, un enregistrement multipiste depuis la console, un mixage chez vous, puis un montage. C’est ce que couvre la formation vidéo et web pour musiciens, de la prise de vue à la mise en ligne.
- Le mixage des extraits : les titres de votre dossier doivent être au niveau des autres. Un morceau trop faible en volume ou trop terne à côté de ceux d’une playlist se fait couper avant la fin de l’intro.
- La mise en page : une seule police, deux tailles, beaucoup de blanc. Un dossier chargé donne l’impression d’un projet mal tenu.
Rendre son EPK accessible
Une partie de vos lecteurs consulte la page au clavier, avec un lecteur d’écran, ou sur un écran mal éclairé. L’accessibilité n’est pas un supplément d’âme : c’est ce qui évite qu’une information essentielle soit invisible pour quelqu’un.
- Un texte alternatif descriptif sur chaque photo : « le trio sur scène, batterie au centre », pas « photo1 ».
- Des sous-titres sur les vidéos parlées, et une transcription courte si l’entretien porte une information.
- Jamais d’information qui n’existe que dans une image : les dates, le contact et la fiche technique doivent aussi être en texte.
- Un contraste franc entre le texte et le fond, et une taille de corps qui ne descend pas sous 16 pixels.
- Des liens dont l’intitulé se comprend seul : « télécharger la fiche technique », pas « cliquez ici ».
- Un PDF structuré avec de vrais titres plutôt qu’une image de page scannée.
Mesurer ce que votre EPK produit
- Gardez une seule adresse publique, et créez au besoin un lien de suivi par campagne pour savoir d’où viennent les visites.
- Regardez deux chiffres seulement : combien de personnes ouvrent la page, et combien lancent la vidéo.
- Tenez un tableau de vos envois : date, personne, structure, réponse, relance. C’est votre mémoire de démarchage, et elle vaut plus que n’importe quelle statistique.
- Ne tirez aucune conclusion avant une vingtaine d’envois : en dessous, vous mesurez du hasard.
- Si la page est ouverte mais la vidéo jamais lancée, le problème est en haut de page, pas dans votre musique.
Le plan de travail : un EPK en une journée
La raison la plus fréquente pour laquelle un musicien n’a pas d’EPK n’est pas le manque de moyens, c’est que la tâche paraît sans fin. Elle tient pourtant dans une journée, à condition de traiter les éléments dans cet ordre et de s’interdire de revenir en arrière.
- 1 hRassemblerTout le matériel existant dans un seul dossier : photos, captations, extraits, articles, dates. On ne trie pas encore.
- 30 minÉcrire l’accrocheUne phrase, relue par quelqu’un qui ne connaît pas le projet. S’il ne sait pas dire ce que vous jouez, recommencez.
- 1 hÉcrire la biographieLa version longue d’abord, puis deux coupes pour obtenir les versions moyenne et courte. Couper est plus rapide qu’écrire trois textes.
- 1 hChoisirTrois titres et une vidéo. Décision définitive, prise à l’écoute, pas au sentiment.
- 1 hPréparer les fichiersPhotos en deux résolutions, noms explicites avec le crédit, archive de téléchargement, fiche technique en PDF daté.
- 2 hMonter la pageDans l’ordre donné plus haut, puis la relire sur un téléphone avant toute autre chose.
- 30 minVérifier et envoyerLa liste de contrôle de cette fiche, lien par lien, puis les cinq premiers envois.
Ce que fait un praticien et qu’un débutant oublie : il garde les fichiers sources dans un dossier unique, daté, avec la biographie en texte brut. Six mois plus tard, la mise à jour prend dix minutes au lieu d’une soirée.
Fabriquer son EPK de bout en bout
Filmer un live, monter la vidéo, préparer les photos, écrire les textes et construire la page : c’est le programme de Propulsez, la formation vidéo et web pour musiciens de YouTips, en présentiel à Grenoble, et qui peut aussi être suivie en direct, à distance. Vous repartez avec votre dossier en ligne, pas avec des notes.
- 70 heures, 6 stagiaires maximum
- 5 000 € net de TVA
- Finançable AFDAS, France Travail, OPCO
- Organisme certifié Qualiopi
La formation est sanctionnée par une attestation de fin de formation et un certificat de réussite. Elle ne conduit pas à une certification enregistrée au RNCP ni au Répertoire spécifique. Référent handicap : Fabien Fons, conditions d’accessibilité.
Le message qui accompagne le lien
L’EPK ne s’envoie jamais seul. Le message qui le porte décide s’il sera ouvert, et il obéit à des règles simples.
- Un objet qui informe : nom de l’artiste, genre, ville, et l’objet précis de la demande.
- Cinq lignes au maximum, et le lien dans les trois premières.
- Une raison d’écrire à cette personne-là : une programmation qu’elle a faite, un article qu’elle a signé, un artiste qu’elle suit et dont vous êtes proche. Sans cela, votre message est un envoi de masse et se traite comme tel.
- Une demande unique et explicite : une date sur telle saison, une écoute, une chronique. Deux demandes dans un même message n’en obtiennent aucune.
- Aucune pièce jointe au premier message : les fichiers lourds déclenchent les filtres et n’inspirent pas confiance.
- Une relance, une seule, dix à quinze jours plus tard, sur le même fil, deux lignes.
Si vous passez par une plateforme de démarchage payant, le principe ne change pas, seul le coût apparaît. Groover, plateforme française créée en 2018, facture l’envoi en crédits, environ deux crédits par contact, avec la garantie d’un retour sous sept jours ou le remboursement des crédits concernés, sur un réseau de quelques milliers de professionnels. SubmitHub fonctionne sur un principe voisin. Ces outils achètent une réponse, pas un résultat : ils ne dispensent ni d’un bon EPK, ni d’un ciblage sérieux.
Sept erreurs qui font fermer l’onglet
- Demander un téléchargement pour écouter. Une archive à décompresser pour entendre trois titres est un refus poli déguisé en dossier.
- Un lien de transfert expiré. Les services de transfert de fichiers effacent au bout de quelques jours : ils ne conviennent pas à un document qui doit vivre un an.
- Trop de tout. Douze titres, trente photos, quatre vidéos : le lecteur ne choisit pas, il abandonne. Choisissez à sa place.
- Une biographie qui commence à l’enfance. Les trois premières phrases doivent parler de ce que vous faites aujourd’hui.
- Pas de vidéo live. Sans elle, un programmateur ne peut pas décider, et il ne vous écrira pas pour vous la demander.
- Les contacts introuvables. Ils vont en haut et en bas de la page, avec un nom de personne.
- Un dossier jamais mis à jour. Des dates passées affichées comme à venir disent, mieux que tout, que le projet est à l’arrêt.
Le cadre français : qui porte le concert
Un programmateur intéressé pose très vite une question qui n’a rien d’artistique : qui facture ? Un EPK qui n’y répond pas coûte un aller-retour de courriels, et parfois la date. Voici ce qu’il faut savoir pour répondre en une ligne.
Qui vous emploie et qui facture
En France, un concert suppose un employeur : les musiciens sont salariés pour la représentation. Trois configurations existent. Vous avez une structure porteuse, association ou société, qui emploie et facture. Vous passez par un producteur ou un tourneur, qui devient l’employeur. Ou la salle vous emploie directement, en déclarant l’engagement au Guso, le guichet unique du spectacle occasionnel, réservé aux employeurs dont le spectacle n’est pas l’activité principale. Dites laquelle des trois vous concerne : c’est une ligne dans votre EPK et un obstacle en moins.
Le récépissé d’entrepreneur de spectacles
L’ancienne licence est devenue une déclaration depuis l’ordonnance du 3 juillet 2019 : on déclare son activité par téléservice et l’on reçoit un récépissé valable cinq ans. Il concerne celui qui produit, diffuse ou exploite un lieu à titre principal. Jusqu’à six représentations par an, l’organisateur occasionnel en est dispensé, mais il doit toujours déclarer ses embauches au Guso ; à partir de la septième, la déclaration devient obligatoire. Si vous démarchez des salles qui n’ont pas de licence, ou des lieux non dédiés, la question se posera : sachez qui, de vous ou d’eux, la détient. Tout le détail est dans la fiche licence d’entrepreneur de spectacles.
Cession, coréalisation, bord de scène
- La cession : la salle achète le spectacle à un prix fixé d’avance, quel que soit le nombre d’entrées. C’est le cadre le plus courant et le plus sûr pour l’artiste.
- La coréalisation : la recette est partagée selon une clé convenue, souvent après déduction des frais. Le risque est partagé, le revenu incertain.
- Le bord de scène : la vente de disques et de tee-shirts après le concert. Ce n’est pas un cachet, mais c’est souvent ce qui équilibre la tournée.
Précisez dans votre EPK ce que vous proposez, et donnez une fourchette si vous en avez une. Un tarif absent oblige votre interlocuteur à deviner, et il devine toujours en sa faveur.
Demander une aide publique : le dossier n’est pas l’EPK
Beaucoup d’artistes découvrent au moment de déposer une demande que leur EPK, pourtant bon, ne suffit pas. Les guichets publics et professionnels n’évaluent pas la même chose que les programmateurs : ils évaluent une structure, un budget et un calendrier, dont la musique n’est qu’une pièce.
Qui dépose, et pour quoi
- Le Centre national de la musique soutient la filière, pas les particuliers : ses aides s’adressent à des personnes morales affiliées, avec une antériorité, un catalogue minimal et des seuils d’activité. Un artiste autoproduit y accède par sa propre structure ou par un label.
- L’Adami et la Spedidam soutiennent les artistes-interprètes. L’aide au spectacle de musique de l’Adami, par exemple, se dépose par la structure qui emploie, titulaire du récépissé, avec au moins trois artistes-interprètes rémunérés et un nombre de représentations confirmées sur neuf mois qui varie selon l’esthétique ; la participation porte sur les salaires bruts et reste plafonnée.
- La Sacem soutient les auteurs, compositeurs et éditeurs, donc l’écriture et la création, à travers des programmes réservés à ses membres.
- Les DRAC et les régions financent des projets de territoire, des résidences et de l’action culturelle. C’est souvent la porte d’entrée la plus accessible à un projet émergent.
Les pièces que l’EPK ne contient pas
- Un budget prévisionnel équilibré, dépenses et recettes, où votre demande n’est jamais la seule ressource.
- Un calendrier de réalisation, avec les dates déjà confirmées et celles en discussion.
- Une note d’intention artistique, qui n’est pas une biographie : elle dit ce que vous cherchez à faire et pourquoi maintenant.
- Les pièces de la structure : statuts, numéro SIRET, récépissé d’entrepreneur de spectacles, dernier bilan.
- Les preuves d’engagement : contrats de cession signés, lettres d’intention des lieux, contrats de travail ou bulletins de paie selon le dispositif.
Les trois raisons les plus fréquentes d’un rejet
- Le dépôt arrive trop tard. La plupart des dispositifs n’aident pas un projet déjà commencé : la date de dépôt est un critère d’éligibilité, pas une formalité.
- Le budget ne tient pas. Un plan de financement qui repose à 80 % sur l’aide demandée signale un projet qui n’existera pas sans elle.
- Le dossier artistique est périmé. Liens morts, dates de l’an dernier, extraits qui ne correspondent plus au projet déposé : c’est là que l’EPK tenu à jour fait la différence.
Vérifiez toujours le règlement du dispositif visé avant de constituer le dossier : les conditions, les seuils et les calendriers de commission changent d’une année à l’autre.
Droits, crédits et mentions
Un EPK diffuse des images, des sons et des noms. Quelques règles évitent les ennuis, sachant qu’aucune page web ne remplace un conseil juridique sur un cas précis.
Les photos ne vous appartiennent pas par défaut
En France, le photographe est titulaire du droit d’auteur sur ses images dès la prise de vue. Payer une séance ne vous transfère pas ces droits : il faut une cession écrite. L’article L131-3 du code de la propriété intellectuelle impose que chaque droit cédé fasse l’objet d’une mention distincte, et que la cession délimite son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Demandez donc explicitement, par écrit, une cession pour un usage promotionnel et de presse, en France et à l’étranger, pour une durée donnée, et faites-y figurer le droit de rediffusion par des tiers, puisque c’est exactement ce que fait un média qui reprend votre photo.
Le crédit photo est une obligation, pas une politesse
Le droit moral, et notamment le droit de paternité, est inaliénable : le nom du photographe doit accompagner l’image, y compris quand les droits d’exploitation ont été cédés. Affichez-le à côté de chaque photo et inscrivez-le dans le nom du fichier téléchargeable : c’est la seule façon qu’il survive au parcours d’une image dans une rédaction.
Les autres mentions utiles
- Les personnes filmées ou photographiées : le public reconnaissable au premier plan d’une image de concert relève du droit à l’image. Préférez les plans où le public forme une foule non individualisée.
- Les reprises : diffuser une reprise dans un extrait ne dispense pas des droits sur l’œuvre originale, gérés en France par la Sacem pour ses membres et ayants droit.
- Les codes techniques : pour un projet sorti ou à paraître, donnez le code ISRC de chaque enregistrement et le code-barres de la référence. Un distributeur, une radio et une société de gestion vous les demanderont.
- Vos coordonnées : une adresse professionnelle sur une page publique suffit. N’affichez ni adresse personnelle, ni pièce administrative ; réservez-les aux formulaires qui les exigent.
Faire vivre son EPK
Un dossier de presse se périme plus vite qu’on ne le croit. Le rythme qui tient :
- Après chaque concert : retirer la date de la liste à venir, l’ajouter aux dates passées si la salle compte.
- Tous les trimestres : cliquer sur tous les liens, un par un, depuis un téléphone.
- À chaque sortie : remplacer le titre mis en avant, mettre à jour l’accroche et la première phrase de la biographie.
- Une fois par an : refaire les photos. Une image où le groupe n’a plus la même composition est une gêne pour tout le monde.
- Avant chaque campagne d’envoi : relire la page sur un écran de téléphone, en navigation privée, comme si vous ne connaissiez pas le projet.
Lexique
- EPKElectronic press kit. Dossier de presse numérique d’un artiste, réuni à une adresse unique.
- One-sheetDocument d’une seule page destiné aux distributeurs et aux disquaires : visuel, codes, date de sortie, arguments, contacts.
- Fiche techniqueDocument d’exploitation d’un concert : personnel, patch, plan de scène, retours, backline, loges. Appelée aussi rider.
- PatchListe numérotée des sources à amplifier, avec le micro ou la boîte de direct associé à chacune.
- Plan de scèneSchéma de l’implantation des musiciens, des instruments, des retours et des arrivées électriques.
- BacklineAmplis, batterie et claviers présents sur le plateau, fournis par le groupe ou par la salle.
- BookingActivité de recherche et de négociation des dates de concert. La personne qui l’exerce est un tourneur ou un agent.
- ISRCCode international normalisé d’identification d’un enregistrement sonore, unique pour chaque piste.
- EmbargoDate avant laquelle un média s’engage à ne pas publier une information ou un titre transmis en avance.
- PitchMessage court par lequel on propose un projet à un professionnel. Dans un envoi payant, c’est le texte qui accompagne le lien.
- CurateurPersonne qui sélectionne les titres d’une playlist, d’une radio ou d’un média en ligne.
- Revue de presseEnsemble des articles, chroniques et passages radio consacrés à un projet, cités avec leur source et leur date.
- CessionContrat par lequel une salle achète un spectacle à un prix convenu d’avance, indépendamment de la billetterie.
- CoréalisationContrat par lequel la salle et l’artiste partagent la recette selon une clé convenue, et donc le risque.
- Bord de scèneVente de disques et d’objets par l’artiste à l’issue du concert.
- GusoGuichet unique du spectacle occasionnel. Dispositif par lequel un employeur dont le spectacle n’est pas l’activité principale déclare et paie l’embauche d’artistes et de techniciens.
- Récépissé d’entrepreneur de spectaclesDocument délivré après déclaration d’activité, valable cinq ans, qui a remplacé l’ancienne licence depuis 2019.
- SMACScène de musiques actuelles. Lieu labellisé par le ministère de la Culture, à la fois salle de concert, lieu de répétition et structure d’accompagnement.
- Note d’intentionTexte joint à une demande d’aide, qui expose le projet artistique, ses partis pris et son calendrier. Elle ne remplace pas la biographie.
La liste de contrôle avant envoi
- La page s’ouvre en moins de trois secondes sur un téléphone, sans compte ni mot de passe.
- L’accroche en une phrase est visible sans faire défiler.
- Trois titres au maximum, le meilleur en premier, lecteur intégré fonctionnel.
- Une vidéo live d’un morceau entier, en plan large.
- Trois à cinq photos, une horizontale et une verticale, crédits affichés, haute définition téléchargeable.
- Biographie en trois longueurs, à la troisième personne, sans adjectif invérifiable.
- Dates à venir exactes, dates passées choisies, formation et durée du set indiquées.
- Contacts nommés, en haut et en bas de page.
- Lien unique vers l’archive de téléchargement, fiche technique comprise.
- Tous les liens testés un par un le jour de l’envoi.
Questions fréquentes
Faut-il un EPK quand on débute ?
Oui, dès le premier démarchage, et il sera plus court : une accroche, deux titres, une vidéo de répétition en une prise, trois photos et vos contacts suffisent. Un dossier honnête et maigre passe très bien ; un dossier gonflé de mentions creuses se repère immédiatement.
EPK ou site internet ?
Les deux, et l’EPK est une page de votre site. Le site s’adresse au public, l’EPK aux professionnels : mêmes éléments, tri et hiérarchie différents. Si vous ne devez en tenir qu’un à jour, tenez l’EPK : c’est celui que liront les personnes qui décident d’une date ou d’un article.
Combien de temps un professionnel passe-t-il dessus ?
Quelques dizaines de secondes lors du premier coup d’œil, quelques minutes s’il est intéressé. C’est pourquoi l’ordre de la page compte davantage que sa longueur, et pourquoi la vidéo et l’accroche doivent se trouver en haut.
Faut-il afficher ses chiffres de streaming ?
Seulement s’ils plaident en votre faveur. En dessous de quelques milliers d’auditeurs mensuels, ils affaiblissent le dossier : préférez alors des chiffres de scène, une fréquentation, un nombre de dates, une progression. Ne publiez jamais un chiffre que vous ne pourriez pas justifier.
Faut-il le traduire en anglais ?
Dès que vous visez des festivals ou des médias hors de France. Une version anglaise de l’accroche, de la biographie courte et des mentions techniques suffit ; inutile de tout doubler. Signalez la version disponible par un lien clair, pas par un sélecteur caché.
Faut-il payer une plateforme pour envoyer sa musique ?
C’est une option, pas un passage obligé. Les plateformes de démarchage payant garantissent une réponse, ce qui a de la valeur quand on part de zéro, mais elles ne remplacent ni un ciblage précis, ni un dossier solide, ni la relation directe avec une salle de votre région. Commencez par vingt contacts choisis à la main avant d’acheter un envoi.
Combien de temps faut-il pour faire son EPK ?
Une journée de travail si le matériel existe déjà, et c’est le plan donné plus haut. Ce qui prend du temps, c’est ce qui manque : une séance photo, une captation vidéo, un mixage à reprendre. Faites d’abord la page avec ce que vous avez, mettez-la en ligne, puis remplacez les éléments faibles un par un.
Un EPK suffit-il pour demander une aide publique ?
Non. Une demande d’aide s’adresse le plus souvent à une structure, pas à une personne, et elle réclame un budget prévisionnel, un calendrier, une note d’intention et les pièces administratives de cette structure. L’EPK en devient une annexe, celle qui prouve que le projet existe artistiquement. C’est exactement le rôle que doit tenir un dossier tenu à jour.
Peut-on faire un EPK pour un DJ ou un artiste de musique électronique ?
Oui, et la structure ne change pas : la vidéo live devient une captation de set ou un extrait de résidence, les dates passées remplacent la revue de presse, et la fiche technique décrit le matériel demandé en cabine. La question à laquelle vous répondez reste la même : que se passe-t-il quand vous jouez ?
Sources
- Wikipédia, Electronic press kit
- Wikipedia, Press kit : histoire des kits de presse, de la pochette papier au CD-ROM.
- Légifrance : article L131-3 du code de la propriété intellectuelle, mentions obligatoires d’une cession de droits, et article L121-1 sur le droit moral.
- Court-Circuit, guide de la fiche technique : patch, plan de scène, retours, loges.
- Groover, tarifs et fonctionnement : coût par contact, garantie de retour sous sept jours.
- Bandzoogle, module de dossier de presse
- ARTCENA, précis juridique sur la photographie d’un spectacle
- ARTCENA, licence d’entrepreneur de spectacles : ordonnance du 3 juillet 2019, récépissé valable cinq ans, seuil de six représentations.
- Guso : guichet unique du spectacle occasionnel.
- Centre national de la musique, aides financières
- Adami, aide pour un spectacle de musique : conditions de dépôt et d’éligibilité.
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons.