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Vivian Maier
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Vivian Maier est la seule grande photographe du vingtième siècle à n’avoir jamais rien montré. Gouvernante d’enfants à Chicago pendant quarante ans, elle a produit plus de cent mille images sans en exposer une seule, sans en publier une seule, et en laissant des milliers de pellicules jamais développées. Son œuvre n’existe publiquement que depuis 2007, quand un lot de négatifs acheté aux enchères a fini par révéler une photographe de rue de premier rang. Cette histoire fait d’elle un cas unique : elle pose, en même temps qu’elle offre des images magnifiques, la question la plus gênante du métier, celle de ce qu’on a le droit de faire de l’œuvre de quelqu’un qui n’a jamais voulu la montrer.
- Dates1926-2009
- NationalitéÉtats-Unis, enfance en France
- MétierGouvernante d’enfants
- MatérielRolleiflex, à partir de 1951
- ArchivePlus de cent mille négatifs
Vivian Maier en bref
- Née à New York en 1926, elle passe une partie de son enfance dans les Hautes-Alpes, d’où vient la famille de sa mère, avant de rentrer aux États-Unis vers 1938.
- Elle acquiert un Rolleiflex en 1951 et s’installe définitivement à Chicago en 1956, où elle sera gouvernante d’enfants toute sa vie.
- Elle photographie sans relâche pendant ses heures libres, sans jamais exposer, publier ni même développer une grande partie de ses films.
- En 2007, John Maloof achète aux enchères à Chicago un lot de ses négatifs ; elle meurt en avril 2009, avant d’avoir su que son travail intéressait quelqu’un.
- La propriété de ses images a donné lieu à un long conflit juridique, réglé par un accord approuvé par le tribunal du comté de Cook en 2016.
Trois ensembles à connaître
Ses photographies ne sont pas reproduites ici : elles sont protégées et leur exploitation est encadrée par un accord entre sa succession et les détenteurs des négatifs. Notez une particularité : comme elle n’a rien édité de son vivant, il n’existe pas de titres d’œuvres au sens habituel. On parle donc d’ensembles.
- Les rues de Chicago et de New YorkAnnées 1950 à 1970. Tirages exposés au Musée du Luxembourg en 2021 et 2022.
Le cœur de son travail : des passants, des enfants, des gens âgés, des marginaux, photographiés de tout près. Ce qu’il faut regarder : la hauteur d’appareil, toujours basse, et l’absence de peur. Elle s’approche à un mètre de visages inconnus, ce que très peu de photographes de rue osent.
- Les autoportraitsAnnées 1950 à 1970. Miroirs, vitrines, ombres portées.
Elle se photographie sans cesse, dans des miroirs de boutiques, des vitrines, ou par son ombre projetée au sol. Ce qu’il faut regarder : le visage. Il est presque toujours fermé, frontal, sans sourire. Ce n’est pas de la coquetterie, c’est une signature répétée des centaines de fois par quelqu’un dont personne ne connaissait l’activité.
- Les films Super 8 et les enregistrements sonoresAnnées 1960 et 1970.
Elle a aussi filmé et enregistré des bandes sonores, longtemps restées invisibles et montrées pour la première fois lors de la rétrospective parisienne. Ce qu’il faut regarder : la continuité avec les photographies. Les mêmes trottoirs, la même distance, et la confirmation qu’il s’agissait d’une pratique documentaire suivie, pas d’un passe-temps.
Qui est Vivian Maier
New York, puis les Alpes
Elle naît à New York en 1926, d’ascendance austro-hongroise par son père et française par sa mère. Après la séparation de ses parents à la fin des années 1920, elle part vivre avec sa mère dans les Hautes-Alpes, d’où vient la famille maternelle. Elle y passe une partie de son enfance et en gardera un français parlé. Elle rentre à New York vers 1938.
Le premier Rolleiflex
Elle commence avec des appareils simples, puis acquiert en 1951 un Rolleiflex, l’appareil moyen format à visée par le haut qui va déterminer toute son écriture. En 1956, elle s’installe à Chicago, où elle exerce comme gouvernante d’enfants dans des familles aisées. Ce métier lui donne deux choses : du temps libre régulier, et une raison sociale d’être dans la rue avec des enfants, donc une forme d’invisibilité.
Quarante ans de photographie sans public
Pendant quatre décennies, elle photographie les rues de Chicago et de New York, accumule les négatifs, développe une partie de ses films et en laisse des milliers non développés. Elle ne montre rien, ne publie rien, n’adhère à aucun club, ne participe à aucun concours. Elle tourne aussi des films en Super 8 et enregistre des bandes sonores.
La fin, et l’oubli
Sa situation matérielle se dégrade avec l’âge. Ses affaires, entreposées dans des garde-meubles impayés, sont mises en vente aux enchères. Elle meurt en avril 2009, sans savoir qu’un jeune collectionneur avait acheté deux ans plus tôt une partie de ses négatifs et commençait à comprendre ce qu’il avait entre les mains.
La révélation
En 2007, John Maloof achète un lot lors d’une vente à Chicago. D’autres acheteurs en récupèrent d’autres parts, ce qui explique que l’archive soit aujourd’hui dispersée entre plusieurs propriétaires, pour un total estimé entre cent mille et cent cinquante mille négatifs. Maloof numérise, diffuse en ligne, organise une première exposition en 2011, puis coréalise avec Charlie Siskel le documentaire Finding Vivian Maier, sorti en 2013 et nommé à l’Oscar du meilleur documentaire en 2015.
La consécration, et le procès
En moins de dix ans, elle entre dans les grandes institutions : le Musée du Luxembourg lui consacre à Paris une vaste rétrospective présentée jusqu’en janvier 2022, avec des tirages qu’elle avait elle-même réalisés, ses films et ses bandes sonores. Dans le même temps, la question de savoir qui détient les droits sur ces images occupe les tribunaux américains pendant des années.
Sept dates
- 1926Naissance à New YorkUne partie de son enfance se passera dans les Hautes-Alpes.
- 1951Elle acquiert un Rolleiflex, l’appareil de toute son œuvre
- 1956Installation à Chicago, où elle devient gouvernante d’enfantsLe métier qu’elle exercera jusqu’à la fin.
- 2007John Maloof achète un lot de ses négatifs lors d’une vente aux enchères
- 2009Mort en avril, sans avoir jamais rien exposéSa redécouverte commence quelques mois plus tard.
- 2013Sortie du documentaire Finding Vivian Maier, nommé à l’Oscar
- 2016Un accord entre sa succession et John Maloof est approuvé par le tribunal du comté de Cook
La photo pour comprendre
Prenez n’importe lequel de ses autoportraits dans une vitrine, et lisez-le comme une déclaration plutôt que comme une image de vanité.
- L’appareil est tenu à hauteur de taille, pas devant l’œil : son visage est donc entièrement visible, ce qu’un appareil classique aurait masqué.
- Le format est carré, ce qui interdit les compositions en longueur et oblige à centrer ou à contrarier fortement le centre.
- Le reflet mélange trois plans : elle, la vitre avec ce qu’elle contient, et la rue derrière elle. Trois informations dans une seule prise.
- Son expression est neutre, le regard droit. Aucune coquetterie, aucun sourire pour personne, puisque personne ne devait voir ces images.
- La lumière est celle de la rue, sans aucun arrangement.
Exercice de lecture d’image. Demandez-vous à qui cette photographie était destinée, puis regardez-la à nouveau en tenant compte de votre réponse.
Réponse : elle n’était destinée à personne, et cela change tout ; ce n’est ni une carte de visite, ni une recherche de style, c’est une vérification d’existence. Ce que vous apprenez : une grande partie de la force de Maier vient de l’absence de destinataire. Photographier sans public produit une liberté que la perspective d’être vu détruit souvent, et c’est une leçon directement applicable à un travail personnel.
Sa méthode, point par point
Le Rolleiflex, et la discrétion
Le Rolleiflex se tient à hauteur de ventre et se regarde par le haut. Photographier avec lui revient à baisser les yeux devant la personne qu’on cadre, au lieu de la viser en face. Les gens s’en méfient moins, et le point de vue légèrement bas donne aux passants une présence que la hauteur d’œil n’aurait pas. Elle a aussi utilisé d’autres appareils, dont un Leica.
La proximité
Elle photographie près, souvent à un ou deux mètres. Cette distance suppose d’accepter le regard de l’autre et parfois son refus. C’est ce qui donne à ses portraits de rue une frontalité que la plupart des photographes évitent en allongeant la focale.
La quantité, sans sélection
Elle photographie énormément et ne trie presque pas. Des milliers de films ne sont jamais développés, ce qui signifie qu’elle n’a même pas vu une partie de ce qu’elle avait fait. Sa pratique est celle d’une accumulation continue, pas d’une construction d’œuvre.
L’autoportrait comme habitude
Miroirs, vitrines, ombre projetée : elle s’inscrit régulièrement dans ses propres images. Techniquement, c’est un exercice de composition à trois plans ; humainement, c’est la trace répétée de quelqu’un dont la vie sociale ne laissait aucune autre marque.
Le tirage, rare mais réel
Point souvent oublié : elle a tiré elle-même une partie de ses images. Ces tirages d’époque, montrés à Paris, sont la seule indication dont nous disposons sur ses propres choix de cadrage et de densité. Ils valent mieux que toutes les hypothèses sur ce qu’elle aurait voulu.
Le Rolleiflex, et trois contresens
Son appareil est devenu un personnage de sa légende, au point de produire des erreurs d’interprétation.
- Contresens 1 : le Rolleiflex serait un appareil d’amateur. C’est au contraire un appareil professionnel de son époque, coûteux, utilisé par les photographes de presse et de studio. Son achat en 1951 représentait un investissement considérable pour une employée de maison.
- Contresens 2 : la visée par le haut permettrait de photographier en cachette. Elle permet surtout de ne pas affronter le regard, ce qui n’est pas la même chose. Maier photographie souvent des gens qui la voient parfaitement et la regardent.
- Contresens 3 : elle serait une amateure de génie. Le mot ne veut rien dire ici. Elle n’était pas professionnelle au sens économique, mais sa pratique était constante, technique, et son achat de matériel délibéré. L’opposition entre amateur et professionnel ne dit rien de la qualité d’un regard.
La découverte, et la question du consentement
C’est ce qui rend sa fiche différente de toutes les autres, et il faut l’exposer sans confort.
- Les faits. En 2007, ses affaires entreposées sont vendues aux enchères à Chicago faute de paiement. John Maloof achète un lot de négatifs, d’autres acheteurs en acquièrent d’autres parts. L’archive est donc dispersée dès l’origine.
- La diffusion. Maloof numérise et publie en ligne, ce qui provoque un intérêt mondial immédiat. Première exposition en 2011, documentaire en 2013, nomination à l’Oscar en 2015.
- Le nœud juridique. Acheter un négatif, c’est acquérir un objet, pas les droits d’auteur qui s’y attachent. Ceux-ci appartenaient à la succession de Maier, morte sans testament, dont l’administration est revenue à l’administrateur public du comté de Cook.
- Le règlement. Après des années de recherche d’héritiers, un accord est conclu en mars 2016 et approuvé par le tribunal des successions du comté de Cook en mai de la même année. Il permet la poursuite de l’exploitation tout en reconnaissant les droits de la succession. Ses termes précis sont restés confidentiels.
- Ce qui reste ouvert. Aucun de ces accords ne répond à la seule question qui compte vraiment : elle n’a jamais dit qu’elle voulait être vue.
Ce qu’on oppose à sa redécouverte
Personne ne conteste la qualité des images. Les objections portent sur ce qui en a été fait.
- Le consentement absent. C’est l’objection centrale. Exposer et vendre l’œuvre d’une personne qui ne l’a jamais montrée revient à décider à sa place, et aucun argument esthétique ne règle ce problème.
- L’édition par des tiers. Comme elle n’a presque rien tiré ni sélectionné, ce sont d’autres qui choisissent les images, les cadrages et les contrastes. Une bonne partie de ce que le public appelle le style de Vivian Maier est en réalité le style de ses éditeurs posthumes.
- Le récit romanesque. La figure de la nounou mystérieuse et excentrique a beaucoup servi la promotion de l’œuvre. Plusieurs chercheurs estiment que ce récit simplifie une personne réelle et détourne l’attention des photographies.
- L’argent. Une œuvre sans auteur vivant a été transformée en marché de tirages, de livres et de films, ce qui pose la question de savoir à qui revient le produit d’un travail que son auteur n’a jamais monnayé.
La question reste entière : faut-il détruire, garder ou montrer ce qu’un photographe n’a pas voulu montrer ? La plupart des grandes découvertes posthumes de la littérature et de l’art se sont faites contre la volonté supposée de l’auteur, et nous en sommes tous bénéficiaires. Cela n’efface pas l’objection, cela la complique.
L’atelier : travailler comme elle aujourd’hui
Sa méthode est simple à décrire et difficile à tenir, parce qu’elle suppose de photographier sans chercher à être vu.
Le protocole
- Travaillez au format carré, en réglant votre appareil sur ce rapport, et gardez-le pendant tout l’exercice.
- Photographiez à hauteur de taille, avec l’écran orientable ou en visant sans regarder. Cela change la relation aux gens plus sûrement que n’importe quel objectif.
- Montez un 50 mm environ en équivalent plein format, la focale la plus proche de celle d’un Rolleiflex, et approchez-vous à deux mètres.
- Réglez f/8, 1/250 s, ISO automatique plafonné à 1600, et ne touchez plus rien.
- Faites une image par situation, sans rafale, comme si vous n’aviez que douze vues par film.
- Photographiez chaque sortie au moins un autoportrait dans un reflet, à trois plans : vous, la vitre, la rue.
- Photographiez des adultes, pas seulement des silhouettes lointaines : sa force vient de la proximité assumée.
- N’oubliez pas la contrepartie légale : en France, diffuser l’image d’une personne reconnaissable suppose son accord.
L’édition, en sachant ce qu’elle dit de vous
- Ne regardez pas vos images pendant un mois, pour retrouver l’état de quelqu’un qui photographie sans destinataire.
- Sélectionnez ensuite vous-même, et notez pourquoi : c’est exactement ce que Maier n’a pas fait, et ce qui manque à son œuvre.
- Tirez en petit format une douzaine d’images. Un tirage engage un choix que l’écran n’engage pas.
- Écrivez, même brièvement, ce que vous voulez qu’il advienne de vos fichiers si vous n’êtes plus là. C’est la leçon la plus concrète de cette fiche.
Les cinq erreurs du débutant
- Photographier de loin au téléobjectif en croyant faire de la photographie de rue.
- Mitrailler, alors que la contrainte du nombre de vues est ce qui produit l’attention.
- Prendre l’autoportrait pour un selfie : chez elle, c’est une composition, pas une pose.
- Confondre accumulation et travail : sans sélection, un stock n’est pas une œuvre, et son cas le prouve.
- Ignorer les autorisations, ce qui est aujourd’hui un risque juridique réel.
Ce que cela change pour un musicien ou un vidéaste
Le cas Vivian Maier est, pour un artiste, d’abord une leçon d’archivage. Si vous enregistrez des maquettes, filmez des répétitions, gardez des rushes, posez-vous dès maintenant trois questions : où est stocké tout cela, qui y aura accès, et qu’avez-vous envie qu’il en soit fait. Une clause simple dans un document écrit règle ce que des années de procédure n’ont pas réglé pour elle. La deuxième leçon est artistique : produire sans public, pendant une période définie, libère considérablement, et beaucoup de musiciens retrouvent leur meilleure matière en s’interdisant de publier pendant six mois. La troisième est celle de la sélection : personne d’autre que vous ne sait ce que vous vouliez garder.
Douze photographes proches
- Helen LevittÉtats-Unis, 1913-2009La rue new-yorkaise et les enfants, une génération plus tôt, avec la même discrétion.
- Lisette ModelAutriche et États-Unis, 1901-1983La frontalité sans complaisance, et l’enseignement qui a formé toute une génération.
- Diane ArbusÉtats-Unis, 1923-1971La même proximité avec des inconnus, mais assumée publiquement comme une œuvre.
- Robert DoisneauFrance, 1912-1994Le même appareil à visée par le haut, et la même attention aux scènes ordinaires.Lire la fiche
- Saul LeiterÉtats-Unis, 1923-2013Autre cas de reconnaissance très tardive, et le même goût des reflets de vitrines.
- Garry WinograndÉtats-Unis, 1928-1984Le même problème posthume : des milliers de films non développés à sa mort.
- Henri Cartier-BressonFrance, 1908-2004La rigueur de cadrage qu’elle atteint souvent sans avoir jamais lu une ligne de théorie.Lire la fiche
- Walker EvansÉtats-Unis, 1903-1975Le regard documentaire sur l’Amérique ordinaire, en amont de son travail.
- Roy DeCaravaÉtats-Unis, 1919-2009La ville américaine photographiée de l’intérieur, avec la même attention aux invisibles.
- Sophie CalleFrance, née en 1953L’envers exact : une artiste qui organise entièrement la publication de son intimité.Lire la fiche
- Jamel ShabazzÉtats-Unis, né en 1960La rue américaine photographiée en confiance, avec des sujets qui posent volontiers.
- Martin ParrRoyaume-Uni, né en 1952Collectionneur et éditeur autant que photographe, il incarne le travail de sélection qui lui a manqué.Lire la fiche
Lexique
- RolleiflexAppareil moyen format à deux objectifs et visée par le haut, que l’on tient à hauteur de taille. Son format d’image est carré.
- Moyen formatFilm plus grand que le 24×36, offrant une définition supérieure et, ici, une image carrée.
- NégatifFilm développé portant l’image inversée, à partir duquel on réalise les tirages. Le posséder ne donne aucun droit d’auteur.
- Tirage d’époqueÉpreuve réalisée par l’auteur ou de son vivant, sous son contrôle. Chez Maier, ces tirages sont rares et précieux.
- SuccessionEnsemble des droits et des biens d’une personne décédée. Elle détient les droits d’auteur, même quand les objets ont été vendus.
- Édition posthumeSélection et mise en forme d’une œuvre après la mort de son auteur, par d’autres que lui.
- Autoportrait au refletImage où le photographe apparaît dans un miroir ou une vitre, en superposant plusieurs plans dans une seule prise.
Voir ses images, et le droit d’auteur
Vivian Maier est morte en 2009. En France, une œuvre est protégée soixante-dix ans après la mort de son auteur, soit ici jusqu’en 2079. Aucune reproduction n’est donc possible sur ce site, ni en vignette, ni avec crédit.
Son cas illustre mieux que n’importe quel cours la distinction la plus mal comprise du droit d’auteur : la propriété du support et la propriété de l’œuvre sont deux choses différentes. Acheter un négatif, un tirage ou un disque dur ne transfère aucun droit d’exploitation. Ces droits naissent avec la création, restent à l’auteur, et passent à ses héritiers. C’est exactement pour cette raison que la vente aux enchères de 2007 n’a pas réglé la question, et qu’il a fallu un accord judiciaire en 2016 pour clarifier la situation.
Pour voir son travail dans de bonnes conditions :
- le Musée du Luxembourg, à Paris, qui lui a consacré une grande rétrospective avec ses tirages d’époque, ses films et ses bandes sonores ;
- le dossier pédagogique du Jeu de Paume, qui reste l’une des meilleures introductions en français à son travail ;
- les expositions organisées à partir des collections privées qui détiennent les négatifs, régulièrement présentées en Europe ;
- et les livres publiés depuis 2011, en gardant à l’esprit que leur édition est le fait d’autres que d’elle.
Questions fréquentes
Qui était Vivian Maier ?
Une photographe américaine née en 1926 et morte en 2009, gouvernante d’enfants à Chicago, qui a produit plus de cent mille images sans jamais les montrer. Son œuvre n’a été découverte qu’en 2007.
Comment a-t-on découvert les photos de Vivian Maier ?
En 2007, ses affaires entreposées ont été vendues aux enchères à Chicago faute de paiement. John Maloof a acheté un lot de négatifs, les a numérisés et diffusés en ligne, ce qui a provoqué un intérêt mondial.
Quel appareil utilisait Vivian Maier ?
Principalement un Rolleiflex, acquis en 1951 : un moyen format carré à visée par le haut, que l’on tient à hauteur de taille. Elle a aussi utilisé d’autres appareils, dont un Leica.
À qui appartiennent les photos de Vivian Maier ?
Les négatifs appartiennent à ceux qui les ont achetés, mais les droits d’auteur relèvent de sa succession. Un accord approuvé par le tribunal du comté de Cook en 2016 a organisé l’exploitation de l’œuvre.
Où voir les photos de Vivian Maier ?
Dans les expositions itinérantes montées à partir des collections privées, et en France lors de la rétrospective du Musée du Luxembourg. Ses livres sont largement diffusés.
Sources
- Musée du Luxembourg, qui est Vivian Maier
- Musée du Luxembourg, la rétrospective
- Jeu de Paume, dossier pédagogique Vivian Maier
- Wikipédia, Finding Vivian Maier
- Wikipédia, notice Vivian Maier
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation professionnelle certifié Qualiopi à Grenoble, formateur et photographe. Les dates et crédits ont été recoupés avec les sources ci-dessus ; signalez toute erreur via la page de contact.