Terme du glossaire
Intermittent du spectacle
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Dans le spectacle vivant, le cinéma et l’audiovisuel, l’emploi est par nature discontinu : un tournage dure quelques semaines, une tournée quelques dates, une captation une seule journée. Pour que ces professions restent viables, la France a bâti un régime d’assurance chômage spécifique. C’est ce régime, et non un métier ou un contrat, que désigne le mot intermittent du spectacle.
Définition de l’intermittent du spectacle
Un intermittent du spectacle est un salarié des secteurs du spectacle vivant, du cinéma, de l’audiovisuel ou de la radio qui alterne des contrats de travail de courte durée — les CDD d’usage — et des périodes sans employeur. Entre deux engagements, il perçoit une allocation d’aide au retour à l’emploi versée par France Travail au titre d’un régime dérogatoire.
Il est essentiel de le comprendre : ce n’est ni un métier, ni un statut juridique, ni un type de contrat. Un intermittent est un salarié ordinaire, avec un bulletin de paie, des cotisations et les protections du code du travail. Ce qui le distingue, c’est uniquement la manière dont son chômage est indemnisé.
Les annexes 8 et 10 : deux régimes, deux populations
Le régime est défini par deux annexes du règlement d’assurance chômage :
- L’annexe 8 couvre les ouvriers et techniciens : ingénieurs du son, monteurs, régisseurs, machinistes, chefs opérateurs, éclairagistes, habilleurs.
- L’annexe 10 couvre les artistes : musiciens, comédiens, danseurs, chanteurs, circassiens, artistes de complément.
La distinction n’est pas anodine : elle détermine la façon dont le temps de travail est comptabilisé. Un technicien déclare des heures ; un artiste déclare le plus souvent des cachets, qui sont ensuite convertis en heures.
La règle des 507 heures
La condition d’accès tient en une phrase : réunir 507 heures de travail sur les 12 mois qui précèdent la fin du dernier contrat. Ce seuil correspond, historiquement, à environ trois mois d’activité à temps plein.
Pour les artistes relevant de l’annexe 10, un cachet est valorisé à hauteur de 12 heures, dans la limite d’un plafond mensuel de cachets pris en compte. Certaines heures d’enseignement dispensées dans un établissement agréé peuvent également être intégrées au calcul, dans une limite fixée par le règlement.
Une fois les droits ouverts, l’indemnisation court sur 365 jours, puis un réexamen intervient à la date anniversaire : il faut alors justifier à nouveau des 507 heures sur les 12 mois écoulés pour repartir sur une nouvelle période.
Les paramètres précis — plafond de cachets, franchises, calcul de l’allocation journalière, dispositifs de secours en cas de seuil non atteint — évoluent au fil des négociations entre partenaires sociaux. Il faut donc toujours les vérifier auprès de France Travail plutôt que de se fier à une valeur mémorisée.
Pour que vos cachets comptent, encore faut-il qu’un employeur les déclare : une structure titulaire de la licence d’entrepreneur de spectacles, qui vend le concert en contrat de cession, ou un organisateur occasionnel qui passe par le Guso. Une facture d’auto-entrepreneur ne compte pas.
Formation professionnelle : l’AFDAS
Les intermittents disposent de leur propre opérateur de compétences : l’AFDAS. Sous conditions d’ancienneté et de volume d’heures, il finance des formations professionnelles, et les heures de stage suivies peuvent, dans certains cas, être prises en compte dans le calcul des 507 heures. C’est un levier souvent sous-utilisé, alors qu’il permet à la fois de se former et de sécuriser son renouvellement.
YouStudio est un organisme de formation certifié Qualiopi dont les parcours (MAO et Logic Pro, mixage et mastering, harmonie, vidéo et web pour musiciens) sont éligibles à ce financement. Vous trouverez le détail dans nos formations professionnelles.
En bref : ce qu’il faut retenir sur l’intermittent du spectacle
- L’intermittence est un régime d’assurance chômage, pas un métier ni un statut juridique.
- L’annexe 8 vise les techniciens, l’annexe 10 les artistes.
- Le seuil d’accès est de 507 heures sur 12 mois, réexaminé chaque année à la date anniversaire.
- Un cachet d’artiste vaut 12 heures dans le calcul, dans la limite d’un plafond mensuel.
- L’AFDAS finance la formation professionnelle des intermittents.
👉 Intermittent du spectacle : le guide complet — annexes, cachets, calcul de l’allocation, date anniversaire et démarches, expliqués pas à pas.