Guide complet · Régime d’assurance chômage

Intermittent du spectacle : le statut, les droits et les 507 heures

On en parle en termes de « statut », alors que c’en n’est pas un. On répète « 507 heures » sans préciser sur quelle période. On hésite encore entre 8 et 12 heures par cachet, alors que la question est tranchée depuis des années. Cette page reprend chaque règle, chiffre à l’appui, avec sa source réglementaire.

L’essentiel en six points

01

Ce n’est pas un statut

C’est un régime d’assurance chômage adapté à un travail discontinu.

02

507 heures sur 12 mois

Sur une période glissante, qui ouvre comme elle renouvelle les droits.

03

Un cachet vaut 12 heures

Dans la limite de 28 cachets par mois. Isolé ou groupé, c’est pareil.

04

Annexe 8 ou annexe 10

Techniciens d’un côté, artistes de l’autre. Les calculs diffèrent.

05

L’allocation se calcule

Par une formule publique, à partir du salaire et du nombre d’heures.

06

Les droits durent 365 jours

Puis ils sont réexaminés à la date anniversaire, qui se déplace.

Qu’est-ce qu’un intermittent du spectacle ?

Un régime d’assurance chômage, pas un métier ni un contrat

On dit couramment « avoir le statut d’intermittent ». L’expression est commode, mais elle induit en erreur. Être intermittent du spectacle, ce n’est pas exercer un métier particulier, ni signer un type de contrat réservé, ni appartenir à une catégorie juridique de travailleurs. C’est relever d’un régime d’indemnisation chômage particulier, prévu par les annexes 8 et 10 de la convention d’assurance chômage.

Concrètement, un intermittent est un salarié comme un autre. Il signe des contrats de travail, il est déclaré, il cotise. Sa particularité est que ses contrats sont courts et se succèdent avec des trous entre eux — et que l’assurance chômage compense ces trous selon des règles taillées pour ce rythme, là où le régime général suppose un emploi continu.

Le contrat utilisé est le plus souvent le CDD d’usage (CDDU), un contrat à durée déterminée que la loi autorise dans les secteurs où il est d’usage constant de ne pas recourir au CDI, précisément en raison de la nature temporaire de l’activité. Un spectacle, un tournage, une session d’enregistrement ont une fin prévisible : le CDDU en tire les conséquences.

Ce que « intermittence » veut dire concrètement

L’intermittence décrit une alternance : des périodes travaillées, souvent intenses et courtes, et des périodes sans contrat qui ne sont pas pour autant des périodes d’inactivité. Un musicien qui répète, un monteur qui prépare un projet, un comédien qui passe des auditions travaillent sans être payés pour ces heures-là.

Le régime ne prétend pas rémunérer ce travail invisible. Il fait autre chose : il lisse le revenu en versant une allocation les jours non travaillés, de sorte que l’irrégularité de l’emploi ne se traduise pas mécaniquement par l’irrégularité des ressources. C’est ce lissage qui rend ces métiers économiquement praticables.

Les secteurs et les métiers concernés

Le régime couvre le spectacle vivant (musique, théâtre, danse, cirque, arts de la rue), le cinéma, l’audiovisuel, la radio, l’édition d’enregistrement sonore et la prestation technique. Côté métiers, il englobe aussi bien les artistes — musiciens, comédiens, danseurs, circassiens, chefs d’orchestre — que les techniciens : ingénieurs du son, éclairagistes, régisseurs, machinistes, monteurs, chefs opérateurs, costumiers.

Une condition ne souffre aucune exception : l’employeur doit relever du champ des annexes 8 ou 10. Des heures réelles, déclarées, payées, mais effectuées pour un employeur hors de ce champ ne comptent pas dans les 507 heures. C’est la cause d’un grand nombre de dossiers refusés.

Annexe 8 ou annexe 10 : de quel côté êtes-vous ?

C’est la première question à trancher, car tout le reste en dépend : la façon de compter le travail, les coefficients de calcul, le montant minimal de l’allocation.

Annexe 8 — ouvriers et techniciens

Elle s’applique aux ouvriers et techniciens de l’édition d’enregistrement sonore, de la production cinématographique et audiovisuelle, de la radio, de la diffusion, du spectacle et de la prestation technique. Leur travail se décompte uniquement en heures : la notion de cachet ne les concerne pas.

Annexe 10 — artistes du spectacle

Elle s’applique aux artistes du spectacle. Leur travail se décompte en heures et/ou en cachets, ce qui change beaucoup de choses en pratique : un concert payé au cachet vaut 12 heures, quelle que soit sa durée réelle.

Pourquoi la distinction change votre calcul

Annexe 8 — techniciensAnnexe 10 — artistes
Décompte du travailheures uniquementheures et/ou cachets
Heures requises507 h sur 12 mois507 h sur 12 mois
Coefficient A0,42 jusqu’à 14 400 €, puis 0,050,36 jusqu’à 13 700 €, puis 0,05
Coefficient B0,26 jusqu’à 720 h, puis 0,080,26 jusqu’à 690 h, puis 0,08
Partie fixe C12,78 €22,37 €
Allocation plancher38 €44 €

Sources : annexes 8 et 10 à la convention du 15 novembre 2024, art. 14 ; paramètres Unédic d’avril 2026.

La condition d’accès est donc identique, mais à salaire et heures égaux, un artiste et un technicien n’obtiennent pas la même allocation. La partie fixe est notamment près de deux fois plus élevée en annexe 10.

Les 507 heures : la règle centrale

507 heures sur 12 mois glissants

Pour ouvrir des droits — comme pour les renouveler — il faut justifier d’au moins 507 heures de travail au cours des 12 mois qui précèdent la fin du contrat de travail retenue pour l’examen du dossier.

Le mot important est glissants. La période de référence n’est pas une année civile : ce sont les 365 jours qui précèdent votre dernière fin de contrat. Elle se déplace donc avec vous. Une heure effectuée il y a treize mois est sortie du compte, définitivement.

Frise de la période de référence Les 507 heures sont recherchées sur les 365 jours qui précèdent la fin du dernier contrat de travail. Les droits sont ensuite ouverts pour 365 jours, jusqu’à la date anniversaire. 507 h à réunir Période de référence — 365 jours Indemnisation Droits ouverts — 365 jours Fin de contrat retenue Date anniversaire J − 365

Les heures assimilées qui comptent aussi

Toutes les heures des 507 ne sont pas nécessairement des heures de plateau. Le règlement admet plusieurs catégories d’heures assimilées, chacune plafonnée.

Type d’heuresPlafond pris en compte
Heures d’enseignement70 h — 120 h si vous avez 50 ans ou plus
Formation professionnelle non rémunérée par l’assurance chômage338 h (soit les deux tiers de la condition)
Maladie de longue durée, congé maternité5 h par journée de suspension du contrat

La deuxième ligne mérite qu’on s’y arrête : jusqu’à 338 heures de formation peuvent entrer dans les 507. C’est considérable, et largement méconnu. Une formation longue n’est pas seulement un investissement sur vos compétences — elle contribue directement à votre renouvellement de droits.

Deux cas particuliers

Après une démission, la condition est ramenée à 455 heures.

En cas de réadmission décalée, lorsque la recherche des heures doit porter au-delà du 365e jour, l’affiliation exigée est majorée de 42 heures par période de 30 jours au-delà de ce 365e jour. Autrement dit, plus l’examen s’éloigne, plus la barre monte.

Enfin, certains événements personnels — maladie, maternité, service national — allongent la période de référence d’autant, ce qui revient à neutraliser le temps pendant lequel vous ne pouviez pas travailler.

Outil gratuit Où en êtes-vous de vos 507 heures ? Saisissez vos cachets et vos heures : le simulateur convertit tout et vous situe par rapport au seuil, sur votre période de référence. Ouvrir le simulateur

Les cachets : comment ils se convertissent en heures

Un cachet vaut 12 heures, 28 cachets par mois au maximum

Pour les artistes relevant de l’annexe 10, le travail peut être rémunéré au cachet plutôt qu’à l’heure. La règle de conversion est simple : un cachet est comptabilisé à hauteur de 12 heures, quelle que soit la qualification donnée par l’employeur et quelle que soit la durée réelle de l’engagement. Un plafond s’applique : 28 cachets par mois au maximum sont retenus pour la durée d’affiliation.

Un mois plein au plafond représente donc 28 × 12 = 336 heures. Deux mois de ce rythme suffiraient presque à réunir les 507 heures — situation évidemment théorique, mais qui donne l’échelle.

« 8 heures ou 12 heures ? » — la question tranchée

C’est probablement la confusion la plus tenace du milieu, et elle continue de circuler dans des documents encore en ligne. Il a existé une distinction entre le cachet isolé, valorisé 12 heures, et le cachet groupé — plusieurs cachets consécutifs chez le même employeur — valorisé 8 heures.

Cette distinction n’existe plus. Tous les cachets valent 12 heures, isolés ou groupés. Si un employeur, un logiciel de paie ou un forum vous parle encore de cachets à 8 heures, l’information est périmée.

Pourquoi les techniciens ne sont pas concernés

Le cachet est une modalité de rémunération propre à l’activité artistique. Les ouvriers et techniciens de l’annexe 8 déclarent exclusivement des heures : leur temps de travail est mesuré, pas forfaitisé. Un technicien qui verrait apparaître des cachets sur son AEM devrait s’en inquiéter et faire corriger la déclaration.

Combien touche un intermittent ? Le calcul de l’allocation

C’est la question que tout le monde pose et à laquelle presque personne ne répond précisément, parce que la réponse n’est pas un montant mais une formule. La voici, en entier.

La formule : AJ = A + B + C

L’allocation journalière est la somme de trois termes : une part liée à votre salaire de référence (A), une part liée à votre volume d’heures (B), et une partie fixe (C).

Annexe 10 — artistes A = [31,96 × (0,36 × SR jusqu’à 13 700 € + 0,05 × SR au-delà)] ÷ 5 000 B = [31,96 × (0,26 × NHT jusqu’à 690 h + 0,08 × NHT au-delà)] ÷ 507 C = 22,37 € Annexe 8 — techniciens A = [31,96 × (0,42 × SR jusqu’à 14 400 € + 0,05 × SR au-delà)] ÷ 5 000 B = [31,96 × (0,26 × NHT jusqu’à 720 h + 0,08 × NHT au-delà)] ÷ 507 C = 12,78 € SR = salaire de référence · NHT = nombre d’heures travaillées 31,96 € = allocation journalière minimale des annexes 8 et 10

Le mécanisme est dégressif : au-delà d’un certain salaire et d’un certain volume d’heures, les coefficients chutent (de 0,36 à 0,05 pour le salaire, de 0,26 à 0,08 pour les heures). Le régime valorise donc fortement les premiers euros et les premières heures, puis beaucoup moins les suivants.

Un exemple chiffré, déroulé de bout en bout

Prenons une musicienne relevant de l’annexe 10, qui a réuni 620 heures sur sa période de référence pour un salaire de référence de 18 000 €.

Terme A — la part salaire. Les 13 700 premiers euros comptent à 0,36, le reste à 0,05.

0,36 × 13 700 = 4 932 0,05 × (18 000 − 13 700) = 0,05 × 4 300 = 215 A = [31,96 × (4 932 + 215)] ÷ 5 000 A = [31,96 × 5 147] ÷ 5 000 = 164 498,12 ÷ 5 000 = 32,90 €

Terme B — la part heures. 620 heures, c’est en dessous du seuil de 690 h : tout compte au coefficient plein de 0,26.

0,26 × 620 = 161,2 B = [31,96 × 161,2] ÷ 507 = 5 151,95 ÷ 507 = 10,16 €

Terme C — la partie fixe. 22,37 € en annexe 10.

AJ = 32,90 + 10,16 + 22,37 = 65,43 € par jour

Soit environ 1 960 € brut sur un mois de 30 jours entièrement indemnisé. Le montant est bien supérieur au plancher de 44 € et très inférieur au plafond de 181,18 €, donc aucun de ces deux garde-fous ne s’applique ici.

Ce que l’exemple montre bien : la partie fixe pèse un tiers du total. C’est elle qui protège les allocataires aux revenus modestes, et c’est aussi pour cela que l’écart entre annexe 8 et annexe 10 (12,78 € contre 22,37 €) n’est pas anecdotique.

Plancher, plafond et retenue sociale

ParamètreMontant
Allocation journalière minimale (base de la formule)31,96 €
Allocation plancher — annexe 838 €
Allocation plancher — annexe 1044 €
Allocation maximale — annexes 8 et 10181,18 €
Retenue sociale (retraite complémentaire)0,93 % du salaire journalier moyen

Montants en vigueur depuis le 1er juillet 2025. Le conseil d’administration de l’Unédic n’a pas revalorisé les allocations au 1er juillet 2026 : ces valeurs restent donc d’actualité.

Un piège à éviter si vous vérifiez à la source : l’allocation journalière minimale des annexes 8 et 10 (31,96 €) est un paramètre distinct de l’allocation minimale du régime général (32,13 €) et de la partie fixe de l’ARE générale (13,18 €). Les trois figurent dans le même document de l’Unédic, sur des pages différentes, et la confusion est fréquente.

Outil gratuit Estimez votre allocation journalière Le simulateur applique la formule officielle A + B + C à vos chiffres, selon que vous relevez de l’annexe 8 ou de l’annexe 10. Ouvrir le simulateur

Quand commence l’indemnisation ? Franchises et délai d’attente

Vos droits sont ouverts, mais le premier versement n’arrive pas le lendemain. Plusieurs délais s’appliquent, dans un ordre précis : c’est l’une des principales sources d’incompréhension entre un intermittent et France Travail.

L’ordre d’application

Les délais se cumulent et s’appliquent dans cet ordre : différé spécifique, puis délai d’attente, puis franchises. Ce n’est pas un détail : l’ordre détermine la date exacte du premier euro versé.

DélaiCe qu’il représentePlafond
Différé spécifiqueIndemnités de rupture supérieures au minimum légal, divisées par le salaire journalier moyen75 jours
Délai d’attenteUn délai forfaitaire appliqué à chaque ouverture de droits ou réadmission7 jours par période de 12 mois
Franchise congés payés2,5 jours de congés par période de 24 jours travaillés sur la période de référence30 jours
Franchise salairesCalculée à partir des salaires de la période de référence et du SMICétalée sur 8 mois maximum

La franchise congés payés, la plus prévisible

Celle-ci se calcule de tête. Vous avez acquis des congés payés pendant vos contrats : l’assurance chômage considère logiquement que vous devez d’abord les prendre. Le compte est de 2,5 jours de congés pour 24 jours travaillés sur la période de référence, dans la limite de 30 jours.

La franchise salaires, la plus opaque

Elle dépend de vos salaires de la période de référence rapportés au SMIC, avec un abattement de 27 jours, et s’étale sur huit mois au maximum. Sa formule figure à l’article 21 de l’annexe 8, mais elle est suffisamment tortueuse pour qu’un calcul manuel soit peu fiable : le plus sûr est de passer par le simulateur officiel de France Travail, qui applique le barème en vigueur.

La date anniversaire et le renouvellement des droits

365 jours, puis réexamen

Un droit ouvert dure 365 jours, à compter de la fin de contrat retenue pour l’ouverture. Le terme de ces douze mois s’appelle la date anniversaire. Au lendemain, France Travail réexamine votre situation : avez-vous de nouveau réuni 507 heures sur les douze mois écoulés ?

Si oui, un nouveau droit s’ouvre pour 365 jours, avec une nouvelle date anniversaire. Si non, vous basculez vers les dispositifs de rattrapage décrits plus bas.

Une date glissante, pas une date fixe

C’est le point que beaucoup d’intermittents comprennent de travers : votre date anniversaire n’est pas figée d’une année sur l’autre. Elle se recale à chaque réadmission, en fonction de la fin de contrat retenue. Un contrat qui se termine deux mois plus tard décale votre échéance d’autant — pour le meilleur ou pour le pire.

Conséquence pratique : ne planifiez jamais votre année sur une date supposée acquise. Vérifiez-la après chaque réadmission.

Le droit d’option, et pourquoi il est irréversible

Si vous disposez d’un reliquat de droits et que de nouveaux droits pourraient s’ouvrir, vous pouvez demander à basculer sur les nouveaux : c’est le droit d’option. Il n’est ouvert que dans deux cas : lorsque votre allocation actuelle est inférieure à 20 €, ou lorsque le nouveau montant global serait supérieur d’au moins 30 %.

Cette décision est irrévocable et vous fait perdre le reliquat du droit précédent. Faites le calcul avant, pas après.

Outil gratuit Faites le point avant votre date anniversaire Indiquez votre date anniversaire : vous voyez où vous en êtes, et vous pouvez recevoir une alerte par e-mail avant l’échéance. Ouvrir le simulateur

Si vous n’atteignez pas les 507 heures

Manquer sa date anniversaire n’est pas la fin de tout. Trois filets existent, dans cet ordre.

La clause de rattrapage

Elle récompense l’ancienneté dans le régime. Deux conditions doivent être réunies ensemble :

  • Avoir, au cours des 10 années précédentes, soit 5 années d’affiliation correspondant à 5 × 507 heures attestées, soit 5 ouvertures de droits
  • Justifier d’au moins 338 heures de travail au cours des 12 mois précédant la date anniversaire

Elle ouvre une période d’indemnisation de 6 mois maximum.

L’APS — allocation de professionnalisation et de solidarité

Financée par l’État et non par l’assurance chômage, l’APS s’adresse à ceux qui ont épuisé un droit et ne peuvent prétendre ni à une réadmission ni à la clause de rattrapage. Elle exige 507 heures sur les 12 mois précédant la fin du dernier contrat — période portée à 18 mois lorsque l’APS fait suite à une fin de droit de rattrapage.

Deux règles lui sont propres et jouent en votre faveur : les heures d’enseignement y sont retenues jusqu’à 120 heures, et les arrêts maladie d’au moins trois mois comptent pour 5 heures par jour. Sa durée est de 12 mois maximum (6 mois si elle suit une ARE de rattrapage), et elle ne comporte aucun différé d’indemnisation.

L’AFD — allocation de fin de droits

Dernier filet, également financé par l’État, pour ceux qui ne remplissent ni les conditions de l’ARE ni celles de l’APS.

Devenir intermittent : les démarches

Travailler pour des employeurs relevant des annexes

Tout commence là, et c’est là que les dossiers échouent. Vos heures ne comptent que si l’employeur relève du champ des annexes 8 ou 10. Avant d’accepter un engagement que vous comptez faire valoir, vérifiez le code NAF de la structure et la convention collective appliquée.

CDDU, AEM et GUSO

  • Le CDDU (CDD d’usage) est le contrat de travail signé pour chaque engagement.
  • L’AEM (attestation d’employeur mensuelle) est le document par lequel l’employeur déclare vos heures ou vos cachets. C’est la pièce qui alimente votre compteur : sans AEM, pas d’heures.
  • Le GUSO (guichet unique du spectacle occasionnel) remplace l’AEM pour les employeurs dont le spectacle n’est pas l’activité principale — une mairie, un bar, une association.

Conservez systématiquement contrats, bulletins de paie et AEM. En cas de contestation, c’est à vous d’apporter la preuve.

S’inscrire et s’actualiser

L’inscription se fait auprès de France Travail Spectacle, service dédié aux annexes 8 et 10. Une fois inscrit, l’actualisation mensuelle est obligatoire : chaque mois, vous déclarez vos contrats et vos jours travaillés. Un oubli suspend le versement, et une déclaration erronée expose à un trop-perçu à rembourser.

Vos autres droits : Audiens, congés spectacles, retraite

Au-delà de l’indemnisation chômage, l’intermittence ouvre l’accès à tout un écosystème social : les congés spectacles gérés par Audiens, une complémentaire santé et une prévoyance de branche, la médecine du travail assurée par Thalie Santé (l’ex-CMB, qui n’existe plus sous ce nom depuis 2021), la retraite complémentaire Agirc-Arrco, sans oublier les droits d’auteur et les aides financières du secteur.

Chacun de ces droits mérite mieux qu’un paragraphe. Nous leur avons consacré un guide entier : Nouvel intermittent : tout ce à quoi vous avez droit.

Maladie, maternité, accident : l’effet sur vos 507 heures

Un arrêt de travail ne fait pas nécessairement perdre des droits — mais les règles diffèrent selon la situation, et selon l’organisme concerné.

Un cachet vaut 16 heures pour la Sécurité sociale

Voici la règle que presque personne ne publie, et qui est pourtant décisive : un cachet vaut 12 heures pour l’assurance chômage, mais 16 heures pour la Sécurité sociale. Deux organismes, deux conversions. L’arrêté du 4 mai 2017 traduit d’ailleurs directement les seuils en nombre de cachets : 9 cachets là où le régime général demande 150 heures sur trois mois, 36 cachets là où il en demande 600 sur douze mois.

L’indemnité journalière représente 50 % du salaire journalier de base, calculé sur les trois derniers mois, avec un salaire plafonné à 1,4 SMIC mensuel. Un délai de carence de 3 jours s’applique à chaque nouvel arrêt.

Maladie et maternité ne se valent pas

C’est une subtilité qui change beaucoup de dossiers :

SituationEffet sur les 507 heures
Maladie pendant un contrat de travailAssimilée à du travail : 5 h par jour
Maladie en dehors de tout contratNon assimilée, mais allonge la période de référence d’autant
Maternité ou adoptionAssimilée 5 h par jour, pendant ou hors contrat
Accident du travail indemniséAssimilé 5 h par jour

Source : guide « Intermittents du spectacle », France Travail, juillet 2026.

Autrement dit, une maladie survenue entre deux contrats ne vous fait pas gagner d’heures, mais elle ne vous pénalise pas non plus : elle repousse d’autant la borne des douze mois. Un congé maternité, lui, vous apporte des heures dans tous les cas.

Se former quand on est intermittent

L’AFDAS finance votre formation

L’AFDAS est l’opérateur de compétences du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel. C’est lui qui prend en charge les formations des intermittents — souvent intégralement, salaire de formation compris. Le détail des conditions d’éligibilité, des montants et du montage du dossier est expliqué dans notre guide du financement AFDAS.

La carence entre deux formations

Chaque stage financé ouvre une période pendant laquelle vous ne pouvez pas redéposer de demande. Sa durée dépend du volume horaire de la formation suivie. Notre calculateur de carence AFDAS vous donne directement la date à partir de laquelle vous redevenez éligible.

L’argument que peu d’intermittents connaissent

Nous l’avons vu plus haut, et il mérite d’être répété ici : jusqu’à 338 heures de formation peuvent être assimilées dans vos 507 heures. Une formation longue ne se contente donc pas de vous rendre meilleur — elle contribue directement à sécuriser votre renouvellement de droits. Pour beaucoup d’intermittents en année difficile, c’est le levier le plus efficace et le moins utilisé.

Reste à savoir comment la déclarer à France Travail sans casser vos droits : c’est l’objet de notre article sur la déclaration d’une formation (AREF, taux zéro, stage discontinu).

Questions fréquentes

Comment fonctionne le statut d’intermittent du spectacle ?

Ce n’est pas un statut mais un régime d’assurance chômage. Vous enchaînez des contrats courts (CDDU) pour des employeurs du spectacle. Si vous réunissez 507 heures sur les 12 mois précédant votre dernière fin de contrat, vous êtes indemnisé pendant 365 jours, puis vos droits sont réexaminés à la date anniversaire.

Un cachet vaut-il 8 ou 12 heures ?

12 heures, sans exception, dans la limite de 28 cachets par mois. L’ancienne distinction entre cachet isolé et cachet groupé, qui valorisait certains cachets à 8 heures, n’existe plus. Attention toutefois : pour la Sécurité sociale, un cachet vaut 16 heures. Ce sont deux règles différentes.

Quel est le salaire moyen d’un intermittent du spectacle ?

Il n’existe pas de salaire moyen pertinent, tant les situations varient. La bonne question est celle du revenu global, qui combine les salaires perçus et l’allocation journalière. Cette dernière se calcule par une formule publique : reportez-vous à la section sur le calcul de l’allocation, avec son exemple chiffré.

Que se passe-t-il si je n’atteins pas les 507 heures ?

Trois dispositifs peuvent prendre le relais : la clause de rattrapage si vous avez cinq années d’affiliation sur dix ans et 338 heures sur l’année, puis l’APS, puis l’allocation de fin de droits. Aucun n’est automatique : il faut en faire la demande.

Les heures de formation comptent-elles dans les 507 heures ?

Oui, jusqu’à 338 heures, soit les deux tiers de la condition d’affiliation, pour les formations non rémunérées par l’assurance chômage. C’est l’une des règles les plus favorables du régime et l’une des moins connues.

Peut-on cumuler l’intermittence avec une autre activité ?

Oui, mais les heures effectuées hors du champ des annexes 8 et 10 n’entrent pas dans les 507 heures, et les revenus tirés d’une autre activité sont pris en compte dans le calcul de votre indemnisation. Déclarez-les à l’actualisation mensuelle : c’est la première cause de trop-perçu.

Combien de temps dure l’indemnisation ?

365 jours à compter de la fin de contrat retenue pour l’ouverture des droits, jusqu’à la date anniversaire — sous réserve des délais et franchises qui décalent le premier versement.

Quelle est la différence entre l’annexe 8 et l’annexe 10 ?

L’annexe 8 couvre les ouvriers et techniciens, dont le travail se compte uniquement en heures. L’annexe 10 couvre les artistes, dont le travail se compte en heures et en cachets. La condition d’accès est identique (507 heures), mais les coefficients de calcul de l’allocation et le montant plancher diffèrent.

Le CMB existe-t-il toujours pour la médecine du travail ?

Non. Depuis le 1er août 2021, le CMB a fusionné avec le CMPC pour former Thalie Santé, qui assure désormais le suivi médical des intermittents du spectacle.

Un intermittent cotise-t-il à l’IRCEC ?

Non. L’IRCEC est la caisse de retraite complémentaire des artistes-auteurs non salariés. Un intermittent est un salarié : il relève du régime général et de l’Agirc-Arrco. Vous ne cotisez à l’IRCEC que si vous percevez par ailleurs des droits d’auteur.

Sources réglementaires

Les règles présentées sur cette page sont issues des textes suivants, vérifiés le 19 août 2026 :

  • Convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, ses annexes 8 et 10, et l’avenant n°2 du 10 avril 2026 — Unédic
  • Guide « Intermittents du spectacle », France Travail, juillet 2026
  • Paramètres d’indemnisation, Unédic, avril 2026 — montants en vigueur depuis le 1er juillet 2025
  • Articles D7121-31 et D7121-37 du Code du travail (congés spectacles)
  • Arrêté du 4 mai 2017 (conversion des cachets pour les prestations de Sécurité sociale)
  • Articles D5424-50 et suivants du Code du travail (APS et AFD)

Cette page est mise à jour à chaque évolution réglementaire. En cas de doute sur votre situation personnelle, votre conseiller France Travail Spectacle fait foi.

338 heures de formation dans vos 507 ?

Nos formations durent 70 heures, en groupe de six stagiaires maximum, en présentiel à Grenoble ou à distance en direct. Elles sont éligibles au financement AFDAS et France Travail, et dispensées par un centre certifié Qualiopi.

Le sommaire complet

Intermittence, formation et carrière : tous les guides

Statut, droits, financement, témoignages : 18 guides pour construire une carrière qui tient.