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PNG : définition, transparence et quand l’utiliser
Le PNG, pour Portable Network Graphics, est un format d’image matricielle qui compresse sans aucune perte de qualité et gère la transparence. C’est le format de référence pour les logos, les captures d’écran, les icônes et tout visuel qui doit se poser proprement sur n’importe quel fond. Sa règle est simple : un fichier PNG rouvert, réenregistré et réexporté dix fois de suite reste rigoureusement identique à l’original. C’est ce qui le distingue du JPEG, qui perd un peu de matière à chaque enregistrement.D’où vient le PNG
Le format est né d’un conflit de brevets. Jusqu’en 1994, le GIF régnait sur le web pour les images à fond transparent. Cette année-là, l’entreprise Unisys, détentrice du brevet sur l’algorithme de compression utilisé par le GIF, annonce qu’elle réclamera des redevances. La communauté réagit en quelques mois. Un groupe d’ingénieurs mené par Thomas Boutell conçoit un successeur libre de tout brevet, plus ambitieux que le GIF : au-delà des 256 couleurs, avec une vraie transparence progressive. Le W3C valide la version 1.0 en octobre 1996, et le format devient une norme internationale sous la référence ISO/CEI 15948.Ce qui a changé en 2025
Le PNG a longtemps eu la réputation d’un format figé. C’est terminé : le 24 juin 2025, le W3C a publié la troisième édition de la spécification, première refonte majeure depuis 2003. Vingt-deux ans d’attente. Trois nouveautés comptent.-
- L’animation devient officielle. L’APNG, le PNG animé, existait depuis 2004 et était pris en charge par les navigateurs depuis longtemps, mais restait hors de la norme. Il en fait désormais partie, avec son propre type de fichier. Un PNG animé conserve les millions de couleurs et la transparence progressive, là où le GIF plafonne à 256 teintes et à une transparence brutale.
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- Le HDR arrive. Le format gère maintenant les images à grande plage dynamique et à gamut étendu, c’est-à-dire des couleurs plus vives et des écarts de luminosité plus francs sur les écrans modernes. Le tout pour un surcoût de quelques octets seulement.
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- Les données EXIF sont reconnues. Un PNG peut désormais transporter officiellement les informations de prise de vue, comme le fait le JPEG depuis toujours.
Comment fonctionne la compression
Le PNG compresse en deux temps. D’abord un filtrage prédictif ligne par ligne : plutôt que d’enregistrer la couleur de chaque pixel, le format note l’écart avec les pixels voisins. Sur un aplat de couleur, cet écart vaut zéro sur des milliers de pixels d’affilée, ce qui produit une suite de valeurs très répétitive. Ensuite intervient l’algorithme Deflate, le même que celui des archives ZIP, qui excelle précisément sur les données répétitives. Rien n’est jamais approximé ni fusionné : l’image d’origine est reconstruite au pixel près. C’est aussi ce qui explique ses forces et ses faiblesses. Sur un logo, une capture d’écran ou une illustration à aplats, le PNG est redoutablement efficace. Sur une photographie, où deux pixels voisins ne sont presque jamais identiques, le mécanisme s’effondre et le fichier devient très lourd.La transparence, ou canal alpha
Une image classique code trois canaux : rouge, vert, bleu. Le PNG en ajoute un quatrième, le canal alpha, qui attribue à chaque pixel un niveau d’opacité, généralement sur 256 valeurs allant du totalement invisible au parfaitement opaque. Cette finesse permet des contours lissés et des ombres portées douces qui se fondent sur n’importe quel arrière-plan. C’est la différence visible avec le GIF, dont la transparence est binaire et laisse ce liseré blanc caractéristique autour des formes détourées.PNG-8, PNG-24, PNG-32 : quelle différence ?
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- PNG-8 : palette limitée à 256 couleurs, transparence binaire. Très léger, parfait pour une icône simple ou un pictogramme.
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- PNG-24 : 8 bits par canal, soit 16,7 millions de couleurs, sans transparence.
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- PNG-32 : les mêmes 16,7 millions de couleurs, plus le canal alpha. C’est le format d’un logo sur fond transparent.
PNG ou JPEG ?
La question se tranche en une phrase : y a-t-il de la transparence, ou des aplats et du texte ?-
- PNG pour un logo, une capture d’écran, un visuel avec du texte, un élément détouré, ou tout fichier de travail destiné à être retouché plusieurs fois.
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- JPEG pour une photographie destinée à être vue, sans transparence. À qualité visuelle comparable, elle pèsera plusieurs fois moins lourd.
Et le WebP, l’AVIF ?
Ces formats plus récents compressent mieux à qualité comparable, tout en gérant la transparence. Google avance environ 26 % de gain pour le WebP sans perte face au PNG. Pour la diffusion web, ce sont désormais les formats à privilégier, et la plupart des hébergeurs ou extensions savent convertir les images à la volée. Le PNG garde toutefois deux avantages solides : il est lisible absolument partout, sans exception, et il reste le format d’échange le plus sûr quand un fichier doit passer entre plusieurs logiciels ou plusieurs mains.Ce que le PNG ne sait pas faire
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- L’impression professionnelle. Le PNG ne stocke pas de couleurs CMJN, celles des presses d’imprimerie. Pour un flyer, une affiche ou une pochette physique, l’imprimeur demandera du TIFF ou du PDF. Le PNG reste un format d’écran.
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- Alléger une photographie. Ce n’est pas son métier, et aucun réglage n’y changera rien.
En pratique, pour un musicien ou un créateur
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- Votre logo : exportez-le en PNG avec fond transparent. C’est la version que vous enverrez aux salles, aux festivals et aux médias, et qui se posera correctement sur n’importe quelle affiche.
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- Vos captures d’écran : sur Mac, elles sont enregistrées en PNG par défaut, et c’est le bon choix. Une capture contient du texte et des aplats, exactement ce que le format gère le mieux.
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- Votre pochette d’album : travaillez et archivez en PNG si le visuel comporte du texte net, mais exportez en JPEG pour la diffusion, sauf indication contraire de la plateforme.
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- Vos visuels de site : gardez le PNG pour les éléments d’interface et les logos, passez au WebP pour les photos.
En bref
Le PNG compresse sans perte et gère une transparence fine, ce qui en fait le format des logos, des captures et des interfaces. Né en 1996 pour échapper aux brevets du GIF, il a connu en juin 2025 sa première grande mise à jour depuis vingt-deux ans, qui lui apporte l’animation, le HDR et les métadonnées de prise de vue. Pour les photographies, préférez le JPEG, et le WebP pour la diffusion web. Le PNG, lui, reste le format qu’on ouvre partout et qui ne dégrade jamais rien.Pour aller plus loin
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- Le format TIFF, pour l’impression et l’archivage haute définition
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- Le système binaire, pour comprendre comment une image est codée