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Trance

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La trance est un genre de musique électronique né en Allemagne au tournant des années 1990, construit autour d’une mélodie qui monte en tension pendant plusieurs minutes avant de retomber sur un « drop ». Elle se joue le plus souvent entre 130 et 145 BPM, en mode mineur, avec un kick à chaque temps et un lead saturé d’harmoniques appelé supersaw. Là où la techno répète une boucle, la trance suit une trajectoire.

Qu’est-ce que la trance ?

La trance se forme à la charnière des années 1980 et 1990, principalement à Francfort, dans le prolongement de la techno et de l’EBM. Les clubs Dorian Gray et Omen en sont les foyers, le DJ Sven Väth la figure fédératrice. Deux labels structurent le son : Eye Q, fondé en 1991, et Harthouse en 1992. À Berlin, MFS, créé la même année, signe Cosmic Baby et Paul van Dyk.

Le genre n’a pas d’acte de naissance daté, et le mot circule avant la musique : The KLF sous-titre « Pure Trance » un remix de « What Time Is Love? » dès 1988. Le titre le plus souvent considéré comme le premier disque de trance abouti est « The Age of Love », publié en 1990 sur le label belge DiKi, que le remix de Jam & Spoon installera en club en 1992. Aucune de ces attributions ne fait consensus : retenez une période, 1990-1992, et un foyer, l’Allemagne.

Il se ramifie ensuite vite : acid trance autour de la Roland TB-303, goa trance puis psytrance, dream trance, hard trance, progressive trance, vocal trance. L’apogée commerciale se situe entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, portée par Paul van Dyk, Ferry Corsten, Tiësto et Armin van Buuren, dont l’émission A State of Trance devient le baromètre du genre.

Trance, techno ou EDM ?

Ces familles partagent le 4/4 et le club, mais pas leur logique. La techno est une musique de texture et de boucle : elle avance par variations timbrales, souvent sans mélodie identifiable. La trance est une musique de récit : un thème chantable revient, se retire pendant un breakdown, puis explose. L’EDM des années 2010 a hérité de cette architecture mais l’a raccourcie au format radio, avec des drops rythmiques plutôt que mélodiques. La deep house joue plus lentement, en accords étendus et sans montée. Test simple : si votre morceau tient sans son thème principal, ce n’est pas de la trance.

Les caractéristiques musicales

Le rythme

Signature 4/4 sans exception utile. La fourchette de BPM va de 125 à 150 : progressive trance vers 128-134, uplifting vers 136-142, hard trance et psytrance au-delà de 145.

  • Kick sur les quatre temps, court, avec une descente de hauteur rapide et beaucoup de grave sous 60 Hz.
  • Charleston ouvert sur les contretemps : c’est cette pulsation qui donne la sensation de vitesse.
  • Clap ou caisse claire sur les temps 2 et 4.
  • Basse en doubles-croches décalées, notes très courtes, dans les trous laissés par le kick.
  • Roulements de caisse claire pour annoncer les transitions, en doublant la subdivision.

La construction se fait par phrases de 16 ou 32 mesures, et rien n’entre ni ne sort au milieu d’une phrase. L’ossature type : intro dépouillée pour le mix, montée, premier drop, breakdown où la batterie disparaît et où le thème reste seul, build-up, drop principal, outro.

L’harmonie

Le mode mineur naturel domine à un point qui frôle la règle, en quatre accords bouclés sur huit mesures :

  • i – VI – III – VII — en la mineur : Am – F – C – G. La progression « euphorique » par excellence.
  • i – VII – VI – VII — Am – G – F – G, plus tendue, très présente en uplifting.
  • iv – VI – i – VII — Dm – F – Am – G, pour un breakdown plus grave.

La cadence classique vers la dominante est presque absente : c’est le degré VII, majeur et non altéré, qui ramène à la tonique. Les accords se jouent souvent sans tierce, ou en sus2 et sus4, pour laisser passer la mélodie. Le thème est délibérément simple : quelques notes de la gamme mineure, un ambitus réduit, une phrase de huit mesures retenue au premier passage.

L’instrumentation

Tout est synthétique. Le son emblématique est le supersaw : un empilement de dents de scie légèrement désaccordées entre elles, qui doit son nom à la forme d’onde Super Saw du Roland JP-8000, sorti en 1996 et réputée émuler sept oscillateurs désaccordés. Ce n’est pas une invention isolée — les polyphoniques désaccordaient déjà leurs voix dans les années 1970 — mais c’est ce modèle qui a fixé le timbre du genre.

Autour : nappes longues, plucks arpégés, basse sinusoïdale ou en dent de scie filtrée, boîte à rythmes de type TR-909, TB-303 pour l’acid trance, voix féminine aiguë pour la vocal trance. Les risers et bruits blancs filtrés sont des éléments structurels, pas de la décoration.

Reproduire la trance en home studio

Le tempo d’abord. Réglez 138 BPM pour de l’uplifting, 132 pour de la progressive. Travaillez par blocs de 8, 16 et 32 mesures dès l’arrangement, marqueurs Logic Pro à l’appui.

La batterie. Dans Drum Machine Designer ou Ultrabeat, partez d’un kick électronique et raccourcissez-le : 250 à 350 ms de déclin, une chute de hauteur de deux ou trois demi-tons sur les 40 premières millisecondes, fondamentale entre 45 et 55 Hz. Charleston ouvert sur les croches paires, déclin d’environ 200 ms pour qu’il soit coupé par le kick suivant. Clap sur 2 et 4, charlestons fermés en doubles-croches, vélocités alternées entre 70 et 110.

La quantification est stricte, ici. 1/16, Q-Strength à 100 %, Q-Swing à 50 % sur les pistes rythmiques et la basse. Contrairement aux musiques de groove, la trance ne supporte pas le décalage : la grille parfaite est l’effet recherché. La fiche quantification détaille ces paramètres.

La basse et le sidechain. Doubles-croches sur les contretemps, notes de 60 à 90 ms, une seule octave, sur la fondamentale de chaque accord. Sur cette piste, insérez le Compressor de Logic, activez l’entrée Side Chain et choisissez le bus du kick : ratio 4:1, attaque la plus courte possible, release entre 80 et 150 ms, 4 à 6 dB de réduction.

Le supersaw sans JP-8000. Logic Pro et MainStage n’embarquent pas d’émulation officielle de ce synthétiseur, mais le timbre se reconstruit très bien. Dans l’ES2 : trois oscillateurs en dent de scie, le deuxième désaccordé de +7 à +12 cents, le troisième de −7 à −12, mode Unison activé, paramètre Analog entre 30 et 50 % pour une instabilité de hauteur par voix, passe-bas ouvert vers 6-8 kHz. Ajoutez l’effet Ensemble en fin de chaîne, puis doublez la piste à l’octave supérieure à −6 dB. Dans Alchemy, un oscillateur virtuel analogique en dent de scie avec Unison et un Detune poussé va plus vite.

Arpèges et nappes. Insérez le plug-in MIDI Arpeggiator sur une piste de pluck : division 1/16, direction Up, 2 octaves, note length autour de 60 %. Pour la nappe soufflée des breakdowns, insérez le Tremolo synchronisé en 1/16 sur un patch de nappe large, forme d’onde carrée, un peu de smoothing : c’est le « gated pad » du genre.

Les effets. Traitez le lead en envoi, pas en insert : un bus ChromaVerb en hall, déclin de 2,5 à 3,5 s, pre-delay 20 à 40 ms, passe-haut à 400 Hz sur le retour, plus un Stereo Delay en croche pointée, feedback 30 à 40 %, mixé bas. Sur le kick et la basse, aucune réverbération.

La montée. C’est là que se joue le morceau. Sur les 16 dernières mesures : un roulement de caisse claire qui passe de la croche à la double puis à la triple croche, un riser de bruit blanc dont le passe-haut monte de 200 Hz à 8 kHz, une cymbale inversée sur les deux dernières mesures, et surtout un temps — ou une mesure entière — de silence complet juste avant le drop. Ce vide est ce qui le rend efficace.

En MainStage, superposez un patch de lead supersaw et une nappe dans une couche basse. Nos formations professionnelles couvrent Logic Pro et MainStage, du montage MIDI au mixage.

Artistes et morceaux de référence

  • Age of Love — « The Age of Love » (1990), et le remix de Jam & Spoon (1992) qui l’a imposé en club.
  • Robert Miles — « Children » (Italie 1995, succès européen en 1996), le versant dream trance au piano.
  • Paul van Dyk — « For an Angel » (1994), popularisé par sa version de 1998.
  • Binary Finary — « 1998 » (paru en 1997, classique avec sa réédition de 1998), l’archétype du thème arpégé.
  • ATB — « 9 PM (Till I Come) » (1998), la trance passée par le filtre de la pop.
  • System F — « Out of the Blue » (1999), le supersaw à son apogée.
  • Tiësto — « Adagio for Strings », album Just Be (2004).
  • Above & Beyond — « Sun & Moon » (2011), la trance vocale contemporaine.

Questions fréquentes

Quelle différence entre trance et techno ?

La techno construit par boucles et par textures, sans thème mémorisable, et privilégie le grain sonore ; la trance construit par montées et retombées autour d’une mélodie qui est le sujet du morceau. Un titre de trance comporte un breakdown où la rythmique disparaît pour laisser le thème seul, ce que la techno fait rarement. Origine allemande et tempo voisins, intentions opposées.

À quel BPM produire un morceau de trance ?

138 BPM est la valeur par défaut de la trance uplifting et le meilleur point de départ. Descendez vers 128-132 pour de la progressive trance ; montez vers 145-150 pour de la hard trance ou de la psytrance. Au-delà, vous quittez le genre pour le hardstyle ou le gabber.

Peut-on produire de la trance uniquement avec Logic Pro ?

Oui. La trance ne demande aucun instrument échantillonné difficile à imiter : l’ES2 et Alchemy couvrent les leads, nappes et basses, Drum Machine Designer et Ultrabeat la rythmique, les effets natifs suffisent. Le point d’attention n’est pas le choix des plug-ins mais l’arrangement — les phrases de 16 et 32 mesures, et la construction des montées.