Terme du glossaire
Metal
Le metal (ou heavy metal) est un style né à Birmingham entre 1968 et 1970 autour de Black Sabbath, devenu un genre autonome à la fin des années 1970 avec la nouvelle vague du heavy metal britannique. Il repose sur des guitares électriques très saturées, souvent accordées plus bas que le mi standard, des riffs en accords de quinte (les power chords), une batterie qui généralise la double grosse caisse et des tempos qui vont d’environ 60 BPM dans le doom à plus de 200 BPM dans le thrash et le death metal. C’est aujourd’hui une famille de sous-genres, du heavy classique au black metal, du doom au djent, qui partagent un même socle : le riff de guitare (un motif court et répété) comme moteur du morceau et la recherche de la masse sonore. Black Sabbath, Judas Priest, Iron Maiden, Metallica, Slayer, Death, Meshuggah et le groupe français Gojira en sont des figures majeures.
- PériodeNaissance entre 1968 et 1970, genre autonome à partir de 1979
- FoyerBirmingham, puis Londres, la Californie, la Floride, la Scandinavie
- TempoDe 60 à plus de 200 BPM selon les branches
- Rythme4/4, galop, double grosse caisse, blast beat
- InstrumentsGuitares saturées accordées bas, basse, batterie à double pédale, chant clair ou saturé
Le metal en bref
- Origine : le blues rock et le hard rock britanniques, rendus plus lents, plus graves et plus sombres par Black Sabbath à Birmingham en 1970, puis accélérés par la nouvelle vague britannique à partir de 1979.
- Son : des guitares saturées et serrées, jouées en accords de quinte et étouffées de la paume, une basse collée au riff, une batterie précise à double grosse caisse.
- Trois albums : Paranoid (1970), The Number of the Beast (1982), Ride the Lightning (1984).
- En home studio : deux prises de guitare rythmique réellement rejouées et écartées à gauche et à droite, un noise gate (qui coupe le souffle entre les notes) après l’ampli, une grosse caisse programmée avec soin.
- L’instrument clé : la guitare accordée plus bas que le mi standard, qui donne au riff son poids et à la basse sa profondeur.
Trois albums cultes pour entrer dans le metal
- ParanoidBlack Sabbath, 1970
Le deuxième album du groupe, paru en septembre 1970, pose la grammaire du genre : un riff grave qui porte tout, une basse qui le double, une batterie lourde et un chant qui plane au-dessus. Écoutez « Iron Man » pour la lenteur écrasante et « War Pigs » pour les silences entre les coups.
Écouter sur Apple Music - The Number of the BeastIron Maiden, 1982
Premier album avec Bruce Dickinson et premier numéro un britannique du groupe, il résume la nouvelle vague : deux guitares qui jouent en harmonie, une basse qui galope, un chant d’opéra. « Run to the Hills » pour le galop, « Hallowed Be Thy Name » pour la construction en plusieurs parties.
Écouter sur Apple Music - Ride the LightningMetallica, 1984
Enregistré à Copenhague au début de 1984, il montre que le thrash peut être à la fois rapide, précis et harmoniquement riche. « Fight Fire with Fire » pour le contraste entre l’introduction acoustique et la vitesse, « For Whom the Bell Tolls » pour la basse saturée de Cliff Burton.
Écouter sur Apple Music
Pochettes et liens Apple Music.
Qu’est-ce que le metal ?
Ce qui existait avant
Le metal hérite du blues électrique, du rock’n’roll et surtout du hard rock britannique formé entre 1966 et 1972. Cream, le Jimi Hendrix Experience, Led Zeppelin et Deep Purple ont déjà imposé le volume, la saturation et le riff comme colonne vertébrale du morceau. Aux États-Unis, Blue Cheer pousse le trio amplifié jusqu’au mur de bruit en 1968. Tout est en place, sauf une chose : ces groupes jouent encore le blues, avec son balancement, ses tournures pentatoniques et sa bonne humeur. Le metal naîtra du moment où quelqu’un décide de garder la masse sonore et de retirer le blues.
La naissance du genre
Ce quelqu’un est un groupe de Birmingham, ville industrielle des Midlands anglaises. Black Sabbath enregistre son premier album en une douzaine d’heures, le 17 novembre 1969, sous la direction du producteur Rodger Bain, et le publie le 13 février 1970 chez Vertigo. Le morceau-titre, « Black Sabbath », est construit presque entièrement sur un triton, l’intervalle de trois tons entiers que la théorie médiévale jugeait instable ; le bassiste Geezer Butler a raconté que l’idée venait du premier mouvement des Planètes de Gustav Holst, consacré à Mars. Paranoid suit le 18 septembre de la même année. Le guitariste Tony Iommi a perdu l’extrémité de deux doigts dans un accident du travail avant la formation du groupe : il descend son accordage d’un ton et demi sur trois titres de Master of Reality (1971), dont « Children of the Grave » et « Into the Void », pour soulager ses doigts. Ce qui était une contrainte devient un son : plus grave, plus lourd, et bientôt la norme du genre.
Pendant les années 1970, Judas Priest, également originaire de Birmingham, retire au heavy ses derniers restes de blues : deux guitares solistes, un chant très aigu, une imagerie de cuir et de clous. Motörhead, formé à Londres en 1975, lui apporte la vitesse et la rugosité du punk. Sur « Overkill » (1979), le batteur Phil Taylor installe deux grosses caisses et lance le morceau sur un roulement continu des deux pieds, un geste que le thrash reprendra quatre ans plus tard.
D’où vient le mot
L’expression est plus ancienne que la musique. L’écrivain William S. Burroughs emploie « heavy metal » en 1964 dans Nova Express, comme une métaphore sans rapport avec la musique. En 1968, Steppenwolf chante « heavy metal thunder » dans « Born to Be Wild » pour décrire le bruit d’une moto. La critique rock s’en empare ensuite : Mike Saunders l’applique à Humble Pie dans Rolling Stone en novembre 1970, et Lester Bangs, dans le magazine Creem, est généralement crédité d’avoir popularisé le terme au début des années 1970. Pendant toute la décennie, « heavy metal » et « hard rock » désignent souvent le même répertoire. La séparation se fait à la fin des années 1970, et « metal » tout court s’impose dans les années 1980, quand le genre se ramifie.
Les mutations du genre
En mai 1979, l’hebdomadaire britannique Sounds baptise « New Wave of British Heavy Metal » (NWOBHM) une génération de groupes dont beaucoup publient d’abord eux-mêmes leurs disques : Iron Maiden, Saxon, Def Leppard, Diamond Head, Venom. Le magazine Kerrang!, lancé en juin 1981, lui donne une presse dédiée. Les années 1980 voient ensuite l’éclatement : le thrash dans la baie de San Francisco et à Los Angeles, avec l’album Kill ’Em All de Metallica en juillet 1983, souvent considéré comme le premier album du genre ; le black metal, dont Venom fournit le nom avec un album de 1982 ; le death metal en Floride au milieu de la décennie ; le doom, qui revendique la lenteur de Black Sabbath. Les années 1990 ajoutent le groove metal de Pantera, le death mélodique de Göteborg, le black metal norvégien et le nu metal californien ; les années 2000 le metalcore et le djent. Le genre n’a pas disparu : il s’est fragmenté en scènes qui ne se ressemblent parfois plus du tout, mais qui se reconnaissent une origine commune.
Le metal en sept dates
- 1970Black SabbathLe 13 février, le premier album du groupe de Birmingham ouvre sur un riff bâti sur le triton.
- 1979La NWOBHMEn mai, l’hebdomadaire Sounds donne un nom à la nouvelle vague britannique emmenée par Iron Maiden et Saxon.
- 1983Le thrashEn juillet, le premier album de Metallica fixe la vitesse et l’étouffement de la paume comme nouvelles règles.
- 1987Le death metalScream Bloody Gore, premier album de Death, est souvent présenté comme le premier véritable album de death metal.
- 1992Le black norvégienDarkthrone, Mayhem et Emperor définissent une deuxième vague au son volontairement brut.
- 2006Le HellfestLe festival de Clisson, en Loire-Atlantique, naît et devient l’un des grands rendez-vous européens du genre.
- 2024Gojira aux Jeux olympiquesLe 26 juillet, le groupe landais joue « Mea Culpa (Ah ! Ça ira !) » sur la Conciergerie lors de la cérémonie d’ouverture de Paris 2024.
Le morceau pour comprendre
Quoi écouter. « The Trooper » d’Iron Maiden, sur Piece of Mind (1983), contient presque tout le heavy metal classique. Dès les premières secondes, deux guitares jouent la même mélodie décalée d’un intervalle : c’est l’harmonisation à deux guitares, signature du groupe et de toute la nouvelle vague britannique. Écoutez ensuite ce qui se passe sous la mélodie : la basse de Steve Harris, l’auteur du morceau, et les guitares rythmiques jouent le galop, une croche suivie de deux doubles-croches, répété à chaque temps. C’est d’abord ce rythme des cordes qui donne l’impression de chevauchée.
Pendant les couplets, repérez la place du chant de Bruce Dickinson : très haut, très tenu, presque lyrique. Au milieu du morceau, les deux guitaristes, Dave Murray et Adrian Smith, se partagent les solos, avant que la mélodie harmonisée ne revienne. Enfin, comptez les temps : le tempo tourne autour de 160 BPM, et pourtant le morceau ne paraît jamais précipité, parce que la caisse claire reste sur les temps 2 et 4 pendant que tout le reste court. La vidéo officielle, tournée à la Brixton Academy de Londres, montre aussi la disposition classique d’un groupe de metal sur scène.
Les caractéristiques musicales
Le rythme
Le metal est très majoritairement en 4/4, mais le tempo dépend entièrement de la branche. Le doom reste lent, souvent entre 60 et 100 BPM ; le heavy metal classique se situe entre 110 et 170 BPM ; le groove metal et une grande partie du nu metal restent souvent entre 90 et 120 BPM ; le thrash monte entre 160 et 220 BPM ; le death et le black metal dépassent régulièrement 200 BPM grâce au blast beat. Le metal progressif, de Dream Theater à Meshuggah, multiplie les mesures impaires (5/4, 7/8) et les décalages entre guitare et batterie.
Trois gestes rythmiques reviennent partout. Le galop, une croche suivie de deux doubles-croches, hérité d’Iron Maiden. La double grosse caisse, jouée avec deux grosses caisses ou une double pédale, qui permet des doubles-croches continues aux pieds pendant que les mains gardent le backbeat (l’accent de la caisse claire sur les temps 2 et 4). Le blast beat enfin, popularisé par Napalm Death au milieu des années 1980 : grosse caisse, caisse claire et cymbale se partagent des doubles-croches jouées très vite, en général au-delà de 180 BPM. Voici un motif d’école qui réunit les deux premiers gestes, écrit sur une mesure de 4/4 découpée en 16 doubles-croches. Les temps tombent sur les pas 1, 5, 9 et 13 ; la grosse caisse double le galop des guitares (première, troisième et quatrième doubles-croches de chaque temps, soit les pas 1, 3, 4, 5, 7, 8 et ainsi de suite), la caisse claire marque les temps 2 et 4, la cymbale joue les croches.
Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon. La cymbale est jouée avec le son de charleston fermé du lecteur ; un batteur de metal la jouerait plutôt sur une ride ou une cymbale crash. La variante ajoute les pas 2, 6, 10 et 14 à la grosse caisse : les deux pieds jouent alors toutes les doubles-croches, comme dans une grande partie du thrash et du death metal. À 160 BPM, vous êtes au tempo approximatif de « The Trooper ».
L’harmonie
Le metal repose sur le power chord : la fondamentale et sa quinte, souvent doublées à l’octave, sans tierce. Sans tierce, l’accord n’est ni majeur ni mineur, et surtout il reste lisible sous une forte saturation, là où un accord de trois ou quatre sons différents produit des fréquences parasites et devient confus. Les tonalités sont presque toujours mineures, et les couleurs viennent des modes : le mineur naturel (éolien), le mode phrygien et son second degré abaissé d’un demi-ton, le phrygien dominant (avec une tierce majeure) pour les couleurs orientales, et plus rarement le mode locrien, dont la quinte diminuée se marie au triton. Le chromatisme, c’est-à-dire les déplacements d’un demi-ton en demi-ton, est omniprésent dans les riffs de thrash et de death.
Les solos puisent dans la pentatonique mineure héritée du blues, puis dans la gamme mineure harmonique, que le metal dit néoclassique emprunte à la musique baroque et à Paganini. Les grilles ci-dessous, toutes en mi mineur (la tonalité la plus naturelle pour une guitare, puisque la corde grave à vide y sert de bourdon), réunissent les enchaînements les plus fréquents du genre.
Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en mi mineur, une boucle de quatre mesures. Le lecteur ne dispose pas de guitare saturée : entendez ces grilles comme un repère de hauteurs, et jouez-les à la guitare en ne gardant que la fondamentale et la quinte de chaque accord, sauf pour la ballade.
L’instrumentation
Le noyau est celui du rock (une ou deux guitares, une basse, une batterie, un chant), mais chaque poste est poussé. Les guitares, souvent équipées de micros doubles dits humbuckers (deux bobinages qui annulent le ronflement et fournissent un signal puissant), passent dans des amplis à fort gain. Elles sont fréquemment accordées plus bas que le mi standard : en drop D (seule la corde grave descend d’un ton, ce qui permet de jouer un power chord avec un seul doigt), un demi-ton ou un ton plus bas, voire en drop C ou drop B. Depuis les années 1990, les guitares à sept cordes (nu metal, Korn) puis à huit cordes (Meshuggah, au cours des années 2000) descendent encore le registre.
La basse double le riff, souvent avec un léger grain de saturation pour rester audible ; elle peut aussi devenir soliste, comme chez Cliff Burton, dont l’introduction saturée de « For Whom the Bell Tolls » (Metallica, 1984) est souvent prise pour une guitare. La batterie ajoute la double pédale, de nombreuses cymbales et des toms accordés graves. Les claviers restent secondaires, sauf dans le metal symphonique (Nightwish) et le metal industriel (Rammstein, Fear Factory), où synthétiseurs et échantillons font partie de l’identité.
La voix et la forme
Le chant varie plus que tout le reste. Le heavy classique et le power metal privilégient une voix claire, puissante et très aiguë, dans la lignée de Rob Halford et de Bruce Dickinson. Le thrash préfère un chant scandé, presque crié. Le death metal a généralisé le growl, une voix gutturale et grave produite en saturant le souffle, et le black metal le scream, un cri aigu et râpeux. Le metalcore alterne souvent couplets criés et refrains chantés. Ces techniques s’apprennent : bien exécutées, elles ne reposent pas sur les cordes vocales forcées mais sur le placement du souffle.
La forme reste souvent celle de la chanson (introduction, couplet, refrain, solo, refrain), avec deux particularités. Le riff d’introduction revient comme un refrain instrumental, et le morceau se découpe en sections de riffs plutôt qu’en grilles d’accords. Le thrash et le metal progressif y ajoutent des morceaux longs, de six à dix minutes, construits comme des suites ; le breakdown, une section ralentie et martelée destinée à faire bouger le public, est devenu la signature du metalcore.
Exercice d’écoute
Prenez « The Trooper » (Iron Maiden, 1983) et un casque. Trois questions, et ce que chacune vous apprend.
- Qui joue le galop, la batterie ou les cordes ? Réponse : surtout la basse et les guitares rythmiques, qui répètent la cellule croche et deux doubles-croches à chaque temps. Ce que vous apprenez : dans le heavy classique, l’énergie rythmique vient du riff, et la batterie peut rester sobre sans que le morceau perde son élan.
- Les deux guitares de l’introduction jouent-elles la même chose ? Réponse : elles jouent la même mélodie, mais décalée d’un intervalle, le plus souvent une tierce, l’une à gauche et l’autre à droite. Ce que vous apprenez : l’harmonisation à deux guitares est un procédé d’écriture, qui s’arrange avant l’enregistrement et ne s’obtient pas avec un effet.
- Où tombe la caisse claire pendant que tout court ? Réponse : sur les temps 2 et 4, régulièrement. Ce que vous apprenez : un tempo rapide reste lisible tant qu’un élément garde le backbeat ; c’est la règle que vous appliquerez en programmant votre propre batterie.
Metal, hard rock et punk : ce qui les sépare
Les trois genres descendent du rock des années 1960 et se sont nourris les uns des autres, mais quatre critères permettent de trancher. Le hard rock, formé entre 1966 et 1972, reste ancré dans le blues : groove balancé, riffs pentatoniques, accordage standard, distorsion présente mais aérée, tempo le plus souvent entre 110 et 140 BPM. Le metal se sépare à partir de la fin des années 1970 en retirant précisément ces tournures de blues : tonalités mineures et modales, chromatisme, accordages descendus, étouffement systématique de la paume sur la corde grave, tempos plus extrêmes dans les deux sens. Là où le hard rock cherche le balancement, le metal cherche la masse et la précision.
Le punk de 1976-1977, joué entre 130 et 170 BPM, part d’une idée opposée : des morceaux courts, sans solo, sans virtuosité. Le metal et le punk se sont pourtant croisés au moins trois fois. Motörhead a joué pour les deux publics dès la fin des années 1970 ; le hardcore punk, entre 160 et 200 BPM, a donné au thrash sa vitesse et son énergie, aux États-Unis comme au Royaume-Uni avec Discharge ; le grindcore de Napalm Death est né de ce croisement au milieu des années 1980. Le grunge, apparu à Seattle au milieu des années 1980, garde la lourdeur des guitares accordées bas mais reprend au punk son refus de la démonstration : pas de double grosse caisse, peu de solos, des tempos moyens. Pour trancher sur un morceau que vous produisez, écoutez la grosse caisse et la main droite du guitariste : un shuffle rond (des croches balancées, ternaires) et des accords laissés sonner penchent vers le hard rock, une double grosse caisse serrée et des notes étouffées vers le metal.
Sous-genres et styles voisins
- Heavy metal traditionnel1979-1985, Royaume-UniLa nouvelle vague britannique et ses héritiers : deux guitares harmonisées, galop, chant aigu. Iron Maiden, Judas Priest et Saxon en fixent les codes, repris ensuite par le power metal allemand de Helloween.
- Thrash metalÀ partir de 1983, 160 à 220 BPMVitesse, riffs étouffés de la paume souvent joués au médiator uniquement vers le bas, double grosse caisse et influence du hardcore. Metallica, Slayer, Megadeth et Anthrax forment ce que la presse a appelé les « Big Four ».
- Death metalMilieu des années 1980, Floride et SuèdeAccordages très graves, chant guttural, blast beats et harmonie chromatique. Death et Morbid Angel en Floride, Entombed à Stockholm, puis le death mélodique de Göteborg avec At the Gates et In Flames.
- Black metal et blackgaze1982, puis Norvège au début des années 1990Guitares jouées en trémolo (un aller-retour rapide et continu du médiator sur chaque note), blast beats, production volontairement brute. Le blackgaze y greffe les guitares en nappe du shoegaze, sous l’impulsion du Français Neige et de son groupe Alcest.Lire la fiche
- Doom metalAnnées 1970 et 1980, souvent 60 à 100 BPMLa lenteur de Black Sabbath érigée en principe : tempos lents, accordages graves, atmosphère de désespoir. Candlemass, Saint Vitus et Pentagram en sont les références, prolongées par le stoner et le sludge.
- Metal progressif et djentAnnées 1990 et 2000Formes longues, mesures irrégulières, guitares à sept ou huit cordes. Dream Theater et Opeth du côté progressif ; Meshuggah, dont le son de corde grave étouffée a donné son nom onomatopéique au djent, puis Periphery.Lire la fiche
- Nu metal et metalcoreMilieu des années 1990 et années 2000Le nu metal croise le metal avec le hip-hop et le funk, guitares à sept cordes accordées très bas, à partir de Korn en 1994. Le metalcore marie le metal au hardcore et en fait descendre le breakdown.
- Hardcore néerlandais et darksynthAnnées 1990 à aujourd’huiDeux voisins électroniques. Le hardcore issu du gabber, entre 160 et 200 BPM, reprend au metal ses guitares saturées et son imagerie ; le darksynth, versant sombre de la synthwave, fait jouer Perturbator et Carpenter Brut dans les festivals de metal.Lire la fiche
Les passerelles vers l’électronique ne datent pas d’hier. Le darksynth prolonge la synthwave vers la saturation, et le hardcore néerlandais né du gabber a emprunté au metal ses riffs de guitare, chez Angerfist comme chez Rotterdam Terror Corps. Côté guitares, le shoegaze a fourni au blackgaze ses nappes et ses réverbérations, et le rock progressif des années 1970 a légué au metal progressif ses formes longues et ses mesures impaires.
La démarche artistique
Le metal est un genre de groupe, et le groupe y est l’unité de création. Les riffs naissent en répétition, le plus souvent de la main d’un guitariste ou d’un bassiste compositeur : Steve Harris chez Iron Maiden, Tony Iommi chez Black Sabbath, James Hetfield chez Metallica. Le morceau s’assemble ensuite comme une suite de riffs que le groupe enchaîne, rejoue et resserre jusqu’à ce que chaque transition tombe juste. La précision collective est une valeur en soi : un riff de thrash joué à deux guitares n’impressionne que si les deux attaques tombent exactement ensemble.
Le genre s’est aussi construit hors de l’industrie. Au début des années 1980, nombre de groupes de la nouvelle vague britannique publient leurs propres 45 tours ; aux États-Unis et en Europe, les cassettes de démonstration circulent par la poste entre passionnés, et les fanzines photocopiés font connaître des groupes qu’aucune radio ne diffuse. Le death et le black metal sont nés dans ce réseau d’échange avant d’avoir un label. L’image compte autant que le son : la mascotte Eddie qui orne presque toutes les pochettes d’Iron Maiden, le cuir et les clous de Judas Priest, le maquillage noir et blanc du black metal, dit corpse paint. Le public, enfin, fait partie de la démarche : les mouvements de tête (headbanging), le mosh pit où les spectateurs se bousculent volontairement, les grands festivals comme le Wacken Open Air en Allemagne depuis 1990 ou le Hellfest à Clisson depuis 2006.
Sur scène, un groupe de metal joue souvent au clic, avec un métronome dans les oreillettes, et accompagné de pistes préenregistrées pour les chœurs, les orchestrations ou les échantillons. C’est là que MainStage trouve sa place : il reprend la bibliothèque d’instruments et d’effets de Logic Pro, et permet d’empiler plusieurs couches par plages de touches dans un même patch, par exemple des chœurs sur le haut du clavier et des cordes graves sur le bas, pour un claviériste de metal symphonique. Le module Playback lance les pistes d’accompagnement synchronisées sur le tempo du concert. Attention : Drummer, Bass Player, Flex Time, Mastering Assistant et Stem Splitter n’existent pas dans MainStage, préparez donc ces éléments dans Logic Pro avant la scène. Notre formation Live Logic Pro, MainStage et DJ est consacrée à cette préparation.
Le metal aujourd’hui
Le metal de 2026 se porte bien, mais il vit surtout sur scène. Les groupes fondateurs remplissent encore les stades : Black Sabbath a donné son dernier concert avec Ozzy Osbourne le 5 juillet 2025 à Villa Park, à Birmingham, dix-sept jours avant la mort du chanteur. Iron Maiden et Metallica ont continué ces dernières années à remplir des stades. En France, Gojira a changé de statut en quelques années : après Fortitude (2021), dont le titre « Amazonia » a été nommé aux Grammy Awards, le groupe landais a joué « Mea Culpa (Ah ! Ça ira !) » avec la mezzo-soprano Marina Viotti lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, le 26 juillet 2024, et le titre a remporté le Grammy de la meilleure performance metal en février 2025.
Parmi les héritiers, trois tendances se dessinent. La première est le retour de la mélodie et du chant clair, du metalcore britannique d’Architects et de Bring Me the Horizon au metal théâtral de Ghost. La deuxième est la technicité extrême, portée par la génération du djent, des guitares à huit cordes et de la batterie programmée au millimètre. La troisième est l’hybridation : metal et électronique, metal et musiques traditionnelles, metal et musique contemporaine, jusqu’aux collages d’Igorrr. La scène française y occupe une place remarquée, de Gojira à Alcest, de Landmvrks à Rise of the Northstar.
Faire du metal en 2026 sans refaire 1986. Le piège du genre est la reconstitution : un ampli simulé réglé sur un modèle vintage, une batterie échantillonnée trop parfaite, et le morceau sonne comme mille autres. Trois déplacements possibles. Gardez l’exigence de précision, mais laissez respirer la dynamique : un couplet plus calme rend le refrain plus lourd que n’importe quel gain supplémentaire. Cherchez un timbre qui vous appartienne, un instrument étranger au genre, une voix placée autrement, comme la guimbarde et le chant de gorge d’« Amazonia ». Et pensez au format : un morceau de metal écouté au téléphone doit rester lisible, ce qui impose de soigner les médiums plutôt que le grave.
Douze artistes pour commencer
Black SabbathBirmingham, 1968-2025
Judas PriestBirmingham, depuis 1969
MotörheadLondres, 1975-2015
Iron MaidenLondres, depuis 1975
MetallicaLos Angeles puis San Francisco, depuis 1981
MegadethLos Angeles, depuis 1983
DeathFloride, 1983-2001
CandlemassStockholm, depuis 1984
SepulturaBelo Horizonte, depuis 1984
MeshuggahUmeå, depuis 1987
MastodonAtlanta, depuis 2000
GojiraLandes, depuis 1996
Reproduire le metal en home studio
Prérequis : savoir créer un projet, régler le tempo, enregistrer une piste audio et programmer une piste d’instrument logiciel. Si ces gestes ne sont pas encore automatiques, commencez par le cours en ligne Bien démarrer sur Logic Pro. Tout ce qui suit est décrit dans Logic Pro, mais la logique vaut pour n’importe quel séquenceur. Une remarque d’emblée : le metal se produit mieux avec une vraie guitare, même modeste, qu’avec le meilleur instrument virtuel.
Le tempo et le groove
- Choisissez le tempo selon la branche visée : 70 à 90 BPM pour du doom, 120 à 160 BPM pour du heavy classique, 180 à 220 BPM pour du thrash.
- Au-delà de 200 BPM, pensez à écrire la batterie en demi-tempo (half-time, la caisse claire sur le seul temps 3) pour certaines sections : c’est ainsi que le thrash crée des ruptures sans changer de tempo.
- Sélectionnez une valeur de quantification en 1/16 dans l’inspecteur de région pour la batterie programmée : le metal supporte une grille plus stricte que les autres styles de rock.
- Gardez Q-Force (la force de quantification, qui règle de combien les notes se rapprochent de la grille) à 100 % sur la grosse caisse et la caisse claire, et descendez-le vers 85 à 90 % sur les cymbales pour qu’elles ne sonnent pas mécaniques.
- Laissez Q-Swing (qui retarde les pas pairs pour créer un balancement) à 50 %, c’est-à-dire droit : le metal ne swingue presque jamais, à l’exception de quelques riffs en 12/8 du groove metal.
- Rappelez-vous que Logic compte 960 ticks par noire, soit 240 par double-croche : un décalage de 5 à 10 ticks sur une frappe suffit à la rendre humaine sans la faire sortir du temps.
La batterie
- Créez une piste Drummer et choisissez un batteur de la catégorie Rock pour une base de heavy classique en milieu de tempo. Drummer reste en 4/4.
- Pour le galop, la double grosse caisse continue et les blast beats, convertissez la région Drummer en région MIDI ou programmez directement dans l’éditeur de partition en défilement : le motif de la section « Le rythme » est un bon point de départ.
- Ouvrez Drum Kit Designer et partez d’un kit rock, en resserrant la grosse caisse et en ajoutant de l’attaque plutôt que du grave.
- Variez les vélocités de la double grosse caisse entre 100 et 120 sur 127 : des coups tous identiques trahissent immédiatement la programmation.
- Écoutez comment Phil Taylor lance « Overkill » (Motörhead, 1979) sur un roulement des deux grosses caisses : la double pédale sert d’abord à créer une tension, pas à remplir chaque mesure.
- Si vous enregistrez un vrai batteur, utilisez la fonction Remplacer ou doubler la piste de batterie (menu Piste) pour ajouter un échantillon de grosse caisse sous la prise : c’est une technique devenue courante à partir des années 1990, que les séquenceurs actuels rendent très simple.
La basse
- Enregistrez une basse réelle, ou utilisez Studio Bass ou le Session Player Bass Player, tous deux apparus avec Logic Pro 11.
- Faites doubler le riff de guitare note pour note, avec la même rythmique : c’est la règle du genre depuis Geezer Butler.
- Dupliquez la piste de basse pour obtenir deux pistes identiques.
- Sur la première, coupez tout ce qui dépasse 250 Hz avec un filtre passe-bas du Channel EQ : elle ne garde que le grave propre.
- Sur la seconde, insérez Bass Amp Designer avec une saturation franche.
- Sur cette même seconde piste, coupez sous 500 Hz avec un filtre passe-haut.
- Mélangez les deux pistes jusqu’à ce que la basse s’entende sur un petit haut-parleur : c’est le principe du grain saturé de Cliff Burton sur « For Whom the Bell Tolls » (Metallica, 1984), réalisé ici par un traitement en parallèle moderne.
- Compressez le grave propre avec un rapport de 4:1 et 4 à 6 dB de réduction de gain, pour qu’il reste stable sous la grosse caisse.
Les guitares
- Accordez la guitare en drop D ou un ton plus bas.
- Montez d’un tirant de cordes : une corde trop souple se désaccorde à chaque attaque.
- Enregistrez la guitare en direct, sans ampli, par l’entrée instrument de votre interface : vous pourrez ainsi changer de son d’ampli après coup (c’est le re-amping, une pratique moderne).
- Insérez Amp Designer sur le modèle Modern American Stack, décrit par Apple comme un ampli à fort gain adapté au rock lourd et au metal, ou sur High Octane Stack pour les solos.
- Réglez le gain autour de la moitié de sa course, pas au maximum : au-delà, les notes étouffées se fondent en un souffle continu.
- Placez avant l’ampli, dans Pedalboard, la pédale Hi-Drive avec un drive faible et un niveau élevé : elle resserre le grave et durcit l’attaque, comme les pédales d’overdrive utilisées en boost par les guitaristes de metal.
- Insérez ensuite le Noise Gate (une porte qui coupe le signal sous un seuil), seuil autour de -50 dB, relâchement court de 20 à 50 ms : il coupe le souffle entre les notes étouffées et rend les riffs nets.
- Enregistrez deux prises réellement rejouées de chaque rythmique : dupliquer une seule prise ne crée aucune largeur.
- Panoramiquez ces deux prises à 100 % à gauche et à 100 % à droite.
- Filtrez les guitares sous 80 à 100 Hz pour libérer la place de la basse.
- Creusez légèrement entre 300 et 500 Hz, sans excès : les guitares très creusées d’une partie du thrash de la fin des années 1980 disparaissent sur un petit système d’écoute.
Si vous n’avez pas de guitare électrique. Autant le dire clairement : la bibliothèque native de Logic Pro ne contient aucun instrument conçu pour jouer des riffs saturés de façon convaincante. Enregistrer une vraie guitare via une interface audio reste la solution, en soignant la prise de son avant tout traitement ; le cours Équipez votre home studio aide à choisir le matériel. En dépannage, jouez des quintes au clavier avec un son de guitare envoyé dans Amp Designer, en acceptant un résultat approximatif.
L’harmonie et les claviers
- Écrivez le riff avant tout le reste : dans ce genre, les accords découlent du riff et non l’inverse.
- Notez vos accords en quintes (E5, F5, G5) et ajoutez la tierce uniquement sur les passages en son clair.
- Pour une couleur sombre, cherchez le demi-ton au-dessus de la tonique (fa sur mi) : c’est le mode phrygien, le plus utilisé par le thrash et le death.
- Pour les introductions, enregistrez des arpèges en son clair, comme sur « Fade to Black » (Metallica, 1984), avant l’entrée des guitares saturées.
- Pour les nappes de metal symphonique, empilez des cordes et un chœur de la bibliothèque native, et coupez tout ce qui passe sous 200 Hz pour laisser le grave aux guitares.
- Utilisez Vintage Mellotron, instrument natif, pour les chœurs et les flûtes à la couleur années 1970 des passages doom ou progressifs.
La voix
- Enregistrez le chant saturé à 10 ou 15 cm du micro, plus près que le chant clair.
- Baissez le gain d’entrée pour éviter l’écrêtage sur les attaques.
- Doublez le chant crié sur les refrains.
- Panoramiquez légèrement les deux prises, à 20 ou 30 % de chaque côté.
- Compressez en deux étages légers, 3 à 4 dB de réduction chacun, plutôt qu’avec un seul compresseur très appuyé.
- Ajoutez un délai court, autour d’une croche, mélangé bas, plutôt qu’une longue réverbération qui noierait les consonnes.
- N’apprenez pas le growl ou le scream seul face à l’ordinateur : ces techniques demandent un travail du souffle, et forcer sur les cordes vocales abîme la voix en quelques séances.
Le mixage
- Mixez d’abord la grosse caisse et la basse ensemble : dans le metal, ce couple décide de la lisibilité du grave.
- Accentuez l’attaque de la grosse caisse entre 3 et 5 kHz avec le Channel EQ, pour qu’elle reste audible dans les passages en double pédale.
- Compressez le bus de batterie (la piste auxiliaire qui regroupe tous les éléments du kit) avec 3 à 6 dB de réduction.
- Ajoutez sur ce bus une compression parallèle très appuyée, mélangée discrètement : technique moderne, absente des productions des années 1970.
- Limitez la réverbération à la caisse claire et à la voix, avec un temps court de 1 à 1,5 seconde et un pré-délai (le temps avant que la réverbération ne démarre) de 20 à 30 ms.
- Pour un son sec et agressif, réduisez même la réverbération presque à zéro : c’est le choix du producteur Rick Rubin sur Reign in Blood, l’album de Slayer paru en octobre 1986, qui gagne ainsi en clarté malgré sa vitesse.
- Ajoutez ChromaGlow, apparu avec Logic Pro 11 et réservé aux Mac à puce Apple, sur le bus de guitares pour une saturation d’ensemble discrète.
- Terminez par un mixage vérifié sur un téléphone : si le riff disparaît, remontez les guitares entre 1 et 3 kHz plutôt que le volume général.
Ce qu’un praticien fait vraiment
Un producteur de metal passe l’essentiel de son temps sur deux postes : la tenue rythmique des guitares et la grosse caisse. Concrètement, il fixe le tempo définitivement avant d’enregistrer quoi que ce soit, programme une batterie de repère, puis enregistre les guitares rythmiques section par section plutôt que d’une traite, en refaisant chaque passage jusqu’à ce que les deux prises gauche et droite tombent ensemble à l’oreille. Il vérifie l’accordage avant chaque prise, parce qu’une guitare accordée bas se désaccorde vite et que deux prises légèrement fausses l’une par rapport à l’autre produisent un chorus involontaire.
Il enregistre les guitares en direct et choisit le son d’ampli après, au mixage, quand toutes les pistes sont en place. Il édite la batterie réelle avec Flex Time en mode Slicing, frappe par frappe, ou la double d’échantillons. Il garde le chant pour la fin et consacre au refrain plus de temps qu’au reste. Enfin, il écoute son mixage à faible volume : un riff qui reste lourd à bas niveau le restera partout.
Les cinq erreurs du débutant
- Monter le gain au maximum : plus de saturation rend le riff plus flou, pas plus lourd. La lourdeur vient de l’accordage, de la précision et de la basse.
- Dupliquer une prise de guitare au lieu de la rejouer : le son reste au centre, quel que soit le panoramique.
- Programmer la double grosse caisse avec des vélocités toutes identiques : le résultat sonne comme une mitraillette plutôt que comme un batteur.
- Creuser les médiums des guitares jusqu’à ce qu’elles sonnent impressionnantes seules : dans le mix, elles disparaissent derrière la batterie.
- Oublier le noise gate, ou le régler trop dur : sans lui les silences soufflent, trop fort il coupe la fin des notes tenues.
Guitares réenregistrées, batterie programmée, basse en parallèle et mixage dense : le metal est l’un des styles les plus exigeants à mixer, et l’un des plus formateurs. Nos formations sont certifiées Qualiopi et se déroulent à Grenoble ou à distance.
- Prise de son de guitare en direct et re-amping
- Programmation de batterie et Drum Kit Designer
- Égalisation, compression et noise gate
- Mixage et mastering d’un titre complet
Où trouver des sons metal ?
Dans Logic Pro
La bibliothèque native couvre bien le traitement, moins les sources. Amp Designer (avec notamment les modèles Modern American Stack, High Octane Stack, Turbo Stack et Modern British Stack), Bass Amp Designer et Pedalboard, dont les pédales Rawk! Distortion et Grinder sont présentées par Apple comme des distorsions de metal, fournissent les sons d’amplis. Drummer et Drum Kit Designer donnent les kits acoustiques, Studio Bass et Bass Player, apparus avec Logic Pro 11, remplacent une basse. Côté traitement, Channel EQ, Compressor, Noise Gate, Multipressor, ChromaVerb, Space Designer et ChromaGlow suffisent à un mixage complet. Pour étudier un morceau existant, Stem Splitter, apparu avec Logic Pro 11, sépare la batterie et la basse d’un enregistrement : utile pour relever un riff, à condition de réserver ce travail à votre étude personnelle.
Boucles et banques
Pour des boucles de batterie metal, des prises de guitare et des sons d’ambiance, Splice et Loopmasters proposent des packs de metal avec des licences libres de droits clairement rédigées ; Black Octopus et Sample Magic sont plus orientés vers l’électronique et servent surtout aux passages industriels ou darksynth. The Drum Broker vend des échantillons de batterie enregistrés en studio, utiles pour doubler une grosse caisse. Freesound réunit des sons sous licences Creative Commons, dont les conditions varient d’un fichier à l’autre, et Looperman des boucles gratuites souvent assorties d’une obligation de crédit : lisez la licence avant chaque téléchargement.
Instruments virtuels
Pour la batterie, les banques de Toontrack (Superior Drummer, EZdrummer) et de GetGood Drums sont très répandues chez les producteurs de metal et proposent des kits enregistrés spécifiquement pour le genre. Pour les amplis, les simulations de Neural DSP, d’IK Multimedia (AmpliTube) et de Native Instruments (Guitar Rig) vont plus loin qu’Amp Designer sur les modèles à fort gain, mais demandent une vraie guitare en entrée. Pour les orchestrations de metal symphonique, la série gratuite Spitfire LABS fournit cordes, chœurs et nappes.
Grain et caractère
Le metal recherche rarement le grain vintage : la plupart des productions visent au contraire la netteté. Les outils de caractère servent surtout au black metal au son volontairement brut et aux passages d’ambiance. XLN Audio (RC-20) et iZotope (Vinyl) simulent la bande et le vinyle ; dans Logic Pro, ChromaGlow couvre l’essentiel. Pour choisir et installer tout cela sans se disperser, le cours Équipez votre home studio fait le tri.
Lexique du metal
- Power chordAccord de deux sons, fondamentale et quinte, souvent doublé à l’octave, qui reste lisible sous une forte saturation.
- Palm muteÉtouffement des cordes par le tranchant de la paume près du chevalet, qui raccourcit la note et durcit l’attaque.
- GalopCellule rythmique d’une croche suivie de deux doubles-croches, répétée à chaque temps, signature du heavy metal britannique.
- Blast beatDoubles-croches très rapides réparties entre grosse caisse, caisse claire et cymbale, en général au-delà de 180 BPM.
- Drop DAccordage où seule la corde grave descend d’un ton, du mi au ré, pour jouer un power chord avec un seul doigt.
- TritonIntervalle de trois tons entiers, instable, surnommé diabolus in musica, au cœur du riff fondateur de Black Sabbath.
- Mode phrygienMode mineur dont le deuxième degré est abaissé d’un demi-ton, la couleur la plus sombre et la plus employée du thrash et du death.
- Amp DesignerSimulateur d’amplificateur natif de Logic Pro, qui combine tête, baffle et micro de reprise dans une même fenêtre.
Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter
| Morceau | Tempo | Production | Ce qu’il enseigne |
|---|---|---|---|
| « Iron Man »Black Sabbath, 1970 | ≈ 77 BPM | Rodger Bain, Londres | Que la lourdeur vient de la lenteur et de l’unisson entre guitare et basse, pas de la quantité de saturation. |
| « Breaking the Law »Judas Priest, 1980 | ≈ 160 BPM | Tom Allom, Tittenhurst Park, Ascot | La concision du heavy britannique : un riff, deux guitares, moins de trois minutes, et des bruitages de bouteilles brisées enregistrés sur place. |
| « The Trooper »Iron Maiden, 1983 | ≈ 160 BPM | Martin Birch | Le galop joué par la basse et les guitares, et l’harmonisation d’une mélodie à deux guitares. |
| « Creeping Death »Metallica, 1984 | ≈ 200 BPM | Flemming Rasmussen, Copenhague | La précision du thrash à deux guitares, et la section scandée qui transforme un riff en moment de concert. |
| « Bleed »Meshuggah, 2008 | ≈ 115 BPM | Guitares à huit cordes, batterie d’une grande précision | Un motif de grosse caisse continu qui se décale par rapport à la mesure : la polyrythmie au service de la lourdeur. |
| « Amazonia »Gojira, 2021 | ≈ 91 BPM, ressenti en demi-tempo | Joe Duplantier, New York | L’ouverture du genre à d’autres timbres, guimbarde et chant de gorge, sans rien céder sur le poids du riff. |
Tempos approximatifs, mesurés à l’oreille ; pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables).
Labels, droits et synchronisation
Le metal s’est construit sur des labels identifiables. Vertigo, filiale de Philips, publie les premiers Black Sabbath ; EMI signe Iron Maiden ; le petit label Neat Records, à Newcastle, sort Venom et une partie de la nouvelle vague britannique. Aux États-Unis, le thrash démarre sur des indépendants : Megaforce, créé par Jon et Marsha Zazula, publie les deux premiers Metallica, et Metal Blade, fondé par Brian Slagel en 1982, lance notamment Slayer. Def Jam, le label de Rick Rubin, publie Reign in Blood en 1986. En Europe, Music for Nations au Royaume-Uni, Noise et Nuclear Blast en Allemagne, Earache pour le grindcore et le death, puis Roadrunner, qui accompagne aujourd’hui Gojira, structurent le marché. En France, Season of Mist, fondé à Marseille en 1996, et Listenable Records, qui a publié From Mars to Sirius de Gojira en 2005, comptent parmi les labels spécialisés reconnus. Aujourd’hui, l’essentiel des revenus d’un groupe de metal vient de la scène et du merchandising, bien plus que des ventes de disques.
Deux droits distincts
Un morceau met en jeu deux droits séparés. Le droit d’auteur porte sur l’œuvre, c’est-à-dire la composition et le texte : il appartient aux auteurs, aux compositeurs et à leur éditeur, et sa gestion collective est assurée en France par la Sacem. Les droits voisins portent sur l’enregistrement, le master : ils appartiennent au producteur du phonogramme et aux artistes-interprètes. Dans un groupe, la question de la répartition entre les membres est loin d’être théorique : le riff étant le cœur du morceau, savoir qui l’a trouvé détermine souvent qui est crédité comme compositeur. Mieux vaut fixer la répartition par écrit avant la première sortie, dans un pacte de groupe, que la découvrir au premier succès.
Riffs, reprises et échantillons
Le metal emprunte peu d’enregistrements, mais il reprend beaucoup de morceaux et se dispute parfois des riffs. Kirk Hammett a apporté dans Metallica un riff qu’il jouait dans son groupe précédent, Exodus, et qui figure dans « Creeping Death » (1984) ; le guitariste d’Exodus Gary Holt a déclaré n’avoir jamais rien touché pour ce passage, tandis que Hammett affirme l’avoir écrit seul. Ce genre de litige rappelle trois règles pratiques. Une suite d’accords courante n’est pas protégeable en elle-même, mais un riff mélodique ou rythmique caractéristique peut l’être, s’il est original. Enregistrer et publier une reprise, pratique très courante dans le metal, suppose d’obtenir une autorisation de reproduction mécanique auprès de la SDRM, qui agit pour le compte de la Sacem, et d’en payer les droits ; la transformer profondément, en changeant la mélodie ou les paroles, exige en plus l’accord de l’éditeur. Enfin, utiliser un extrait d’enregistrement, comme le fait le metal industriel avec ses échantillons de films ou de discours, demande deux autorisations : celle du producteur pour le master et celle de l’éditeur pour l’œuvre. On ne « déclare » pas un échantillon : on obtient une autorisation, et depuis l’arrêt Pelham de la Cour de justice de l’Union européenne du 29 juillet 2019, même un extrait très bref est protégé, sauf s’il est modifié au point d’être méconnaissable. Utiliser une œuvre ou un enregistrement sans autorisation relève de la contrefaçon, punie en France par les articles L335-2 (œuvres) et L335-4 (enregistrements) du Code de la propriété intellectuelle de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende.
La synchronisation
Le metal est très demandé en synchronisation, l’association d’une musique à une image : bandes-annonces de films d’action, jeux vidéo, sports extrêmes, publicités qui cherchent un effet de rupture. Deux autorisations sont nécessaires, celle de l’éditeur pour l’œuvre et celle du producteur pour l’enregistrement, et elles se négocient séparément. Un groupe autoproduit qui détient les deux part donc avec un avantage réel. Si vous visez ce marché, préparez des versions instrumentales, des versions courtes de 30 et 60 secondes et des pistes séparées dès le mixage. Une fois ces questions réglées, reste à faire connaître votre musique : notre formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens vous apprend à monter vos clips, à construire votre EPK et à publier votre site d’artiste.
Une playlist pour écouter le metal
Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis dans la liste des 100 artistes ci-dessous. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.
- Metal, la découverte30 titres · 2 h 25
De Black Sabbath (1970) à Ghost (2016) : la nouvelle vague britannique, le thrash, le death et le black metal, le nu metal et Gojira.
Sans abonnement Apple Music, le lecteur fait entendre des extraits de 30 secondes. Du gospel à la techno, toutes les playlists tirées du glossaire sont sur la page Playlists YouTips.
Les 100 artistes qui ont fait le metal
Les pionniers (1968-1979)
- Black Sabbath
- Judas Priest
- Motörhead
- Deep Purple
- Led Zeppelin
- Blue Cheer
- Budgie
- Pentagram
- Rainbow
- Scorpions
- Accept
- Blue Öyster Cult
La nouvelle vague britannique et le heavy des années 1980
- Iron Maiden
- Saxon
- Def Leppard
- Diamond Head
- Venom
- Angel Witch
- Tygers of Pan Tang
- Raven
- Girlschool
- Ozzy Osbourne
- Dio
- Mercyful Fate
- King Diamond
- Manowar
- Queensrÿche
- Helloween
- Running Wild
- Doro
Thrash, death, black et doom
- Metallica
- Slayer
- Megadeth
- Anthrax
- Exodus
- Testament
- Overkill
- Kreator
- Sodom
- Destruction
- Sepultura
- Pantera
- Possessed
- Death
- Morbid Angel
- Obituary
- Cannibal Corpse
- Napalm Death
- Carcass
- Entombed
- At the Gates
- Bathory
- Celtic Frost
- Mayhem
- Darkthrone
- Emperor
- Candlemass
- Saint Vitus
- Paradise Lost
- My Dying Bride
Des années 1990 à aujourd’hui
- Korn
- Deftones
- Slipknot
- System of a Down
- Tool
- Machine Head
- Fear Factory
- Rammstein
- Nightwish
- In Flames
- Opeth
- Dream Theater
- Meshuggah
- Mastodon
- Lamb of God
- Killswitch Engage
- Behemoth
- Amon Amarth
- Ghost
- Architects
- Bring Me the Horizon
- Periphery
La scène française
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le metal et le hard rock ?
Le hard rock, formé entre 1966 et 1972, reste ancré dans le blues : riffs pentatoniques, groove balancé, accordage standard, tempos souvent compris entre 110 et 140 BPM. Le metal s’en sépare à partir de la fin des années 1970 en abandonnant ces tournures de blues au profit des tonalités mineures, du chromatisme et du mode phrygien, avec des guitares accordées plus bas, des notes étouffées de la paume et des tempos plus extrêmes. Black Sabbath et Deep Purple figurent dans les deux catégories selon les sources.
Quels sont les meilleurs groupes de metal ?
Il n’existe pas de classement objectif, mais quelques groupes sont cités par presque toutes les histoires du genre : Black Sabbath pour la fondation, Judas Priest et Iron Maiden pour le heavy classique, Metallica, Slayer et Megadeth pour le thrash, Death et Morbid Angel pour le death metal, Pantera pour le groove metal, Meshuggah pour le metal progressif. En France, Gojira est aujourd’hui sans doute le groupe de metal français le plus connu à l’international.
Quel est le tempo du metal ?
Il n’y a pas un tempo mais des zones selon les branches. Le doom se joue souvent entre 60 et 100 BPM, le heavy classique entre 110 et 170 BPM, le groove metal et le nu metal souvent entre 90 et 120 BPM, le thrash entre 160 et 220 BPM, et le death ou le black metal dépassent régulièrement 200 BPM grâce au blast beat. La sensation de lourdeur dépend moins du tempo que de l’accordage et de la précision.
Quels sont les différents styles de metal ?
Les principales branches sont le heavy metal traditionnel, le thrash, le death, le black, le doom, le power metal, le metal progressif, le groove metal, le nu metal, le metalcore et le djent. S’y ajoutent des hybrides comme le metal symphonique, le metal industriel ou le blackgaze. Toutes partagent la guitare saturée et le riff comme moteur du morceau.
Peut-on produire du metal uniquement avec Logic Pro ?
En grande partie, oui, à condition d’enregistrer une vraie guitare. Amp Designer, Pedalboard, le Noise Gate et les égaliseurs natifs couvrent les guitares et le mixage, et Drum Kit Designer fournit des kits acoustiques. Les deux points faibles sont la guitare saturée jouée au clavier, peu convaincante, et les batteries les plus extrêmes, pour lesquelles beaucoup de producteurs ajoutent une banque tierce.
Sources
- Ian Christe, Sound of the Beast: The Complete Headbanging History of Heavy Metal, HarperCollins, 2003.
- Robert Walser, Running with the Devil: Power, Gender, and Madness in Heavy Metal Music, Wesleyan University Press, 1993.
- Deena Weinstein, Heavy Metal: The Music and Its Culture, Da Capo Press, 2000.
- Albert Mudrian, Choosing Death: The Improbable History of Death Metal and Grindcore, Feral House, 2004.
- Tony Iommi, Iron Man: My Journey Through Heaven and Hell with Black Sabbath, Da Capo Press, 2011.
- Wikipédia (en anglais), articles Heavy metal music, New wave of British heavy metal, Thrash metal, Death metal, Black metal, Doom metal, Blast beat, consultés en septembre 2026.
- Apple, Guide d’utilisation de Logic Pro pour Mac, sections « Modèles d’Amp Designer » et « Pédales de distorsion de Pedalboard ».
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro et MainStage depuis 20 ans. Qui sommes-nous ?