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Metal

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Le metal (ou heavy metal) est un genre de musique amplifiée né au tournant des années 1970, bâti sur des guitares électriques fortement saturées, des power chords, une rythmique lourde et une esthétique de puissance. C’est aujourd’hui une vaste famille de sous-genres, du doom lent et écrasant au death metal ultra-rapide, qui partagent tous un même socle sonore : la distorsion poussée et le riff de guitare comme moteur du morceau.

Qu’est-ce que le metal ?

Le metal émerge à la fin des années 1960 et au début des années 1970, principalement en Angleterre. La ville industrielle de Birmingham est souvent citée comme son berceau : c’est là que se forme Black Sabbath, dont les deux premiers albums parus en 1970, Black Sabbath puis Paranoid, sont généralement considérés comme des actes fondateurs du genre. Le groupe pousse le blues rock vers quelque chose de plus lourd, plus sombre, en s’appuyant sur des riffs graves et des ambiances menaçantes.

Le metal ne naît pas d’un seul disque ni d’une date précise : il se dégage progressivement du hard rock et du blues rock de groupes comme Led Zeppelin ou Deep Purple. L’expression « heavy metal » elle-même circule dans la presse musicale au début des années 1970 avant de désigner un genre à part entière. À la fin de la décennie, un second souffle arrive avec la New Wave of British Heavy Metal (NWOBHM), autour de 1979-1980, qui accélère et durcit le style : Iron Maiden, Saxon ou Def Leppard en sont les figures, dans le sillage de Judas Priest, qui les précède de dix ans. Dans les années 1980, le genre se ramifie : le thrash californien (Metallica, Slayer, Megadeth, Anthrax), puis le death metal, le black metal, le doom, le power metal, et plus tard le groove metal, le nu metal, le metalcore ou le djent. Le grunge des années 1990, né au milieu des années 1980 à Seattle, en est un cousin issu du punk autant que du metal.

Les caractéristiques musicales

Le rythme

Le tempo dépend fortement du sous-genre. À titre indicatif : le doom reste lent, souvent entre 60 et 100 BPM selon la branche ; le heavy metal classique se joue en milieu de tempo, autour de 120 à 160 BPM ; le thrash accélère vers 160 à 220 BPM ; le death et le black metal, avec leurs blast beats, dépassent fréquemment 200 BPM. La mesure à 4/4 domine, mais le metal progressif multiplie les métriques impaires (7/8, 5/4). À la batterie, deux signatures reviennent : la double grosse caisse (jouée à deux pieds ou à double pédale) et le « galop » (une croche suivie de deux doubles-croches), qui donne cette pulsation caractéristique. À la guitare, le palm mute (étouffer les cordes avec la paume) sert à hacher les riffs graves de manière percussive.

L’harmonie

Le metal repose massivement sur le power chord : un accord de deux notes seulement, la fondamentale et sa quinte (par exemple mi–si), sans la tierce. Sans tierce, l’accord n’est ni majeur ni mineur, ce qui le rend neutre et lisible même sous forte distorsion, là où un accord complet deviendrait vite brouillon. Les tonalités sont le plus souvent mineures : gamme mineure naturelle, mode phrygien et phrygien dominant pour la couleur sombre, parfois le mode locrien. Le triton, cet intervalle instable surnommé diabolus in musica, est un ingrédient récurrent, dès le riff-titre de Black Sabbath. Les enchaînements typiques exploitent des mouvements chromatiques et des progressions comme i–bVI–bVII (par exemple, en mi mineur : Mi–Do–Ré).

L’instrumentation

Le noyau est classique (deux guitares électriques, une basse, une batterie, un chant), mais chaque poste est poussé. Les guitares sont fortement saturées et souvent accordées plus bas que le mi standard : drop D (la corde grave descendue d’un ton), voire des accordages plus graves (drop C, drop B) pour gagner en lourdeur. La basse double fréquemment les riffs de guitare pour épaissir le grave. La batterie mise sur la double grosse caisse et des cymbales franches. Le chant varie énormément selon le sous-genre : clair et puissant dans le heavy classique et le power metal, guttural (growl) dans le death, ou crié (scream) dans le black et le metalcore.

Metal, hard rock et grunge : ce qui les sépare

Les trois genres sont cousins et la frontière est parfois floue, mais quelques repères aident à trancher. Le hard rock, formé entre 1966 et 1972, reste ancré dans le blues et le rock’n’roll : groove balancé, riffs pentatoniques, distorsion présente mais modérée, chant mélodique. Le metal pousse chaque paramètre plus loin : distorsion plus dense, guitares souvent accordées plus graves, tempos plus extrêmes (très lents ou très rapides), rythmiques plus précises et plus agressives, harmonies qui délaissent le blues au profit de tonalités mineures et de dissonances. Là où le hard rock cherche le balancement, le metal cherche la masse sonore et l’intensité. Le grunge, lui, garde la lourdeur des guitares mais reprend au punk sa simplicité et son refus de la virtuosité : pas de double grosse caisse, peu de solos, des tempos moyens. Si vous produisez un morceau et hésitez entre hard rock et metal, écoutez la basse et la grosse caisse : un jeu shuffle et rond penche vers le hard rock, une double grosse caisse serrée et des palm mutes penchent vers le metal.

Reproduire le metal en home studio

Voici comment approcher un son metal dans Logic Pro ou MainStage, poste par poste. MainStage partage la même bibliothèque d’instruments et d’effets que Logic Pro, avec des patches empilables par zones de clavier, ce qui permet de transposer sur scène la chaîne d’amplis décrite ci-dessous. Réglez d’abord le tempo au métronome selon votre cible : par exemple 140 BPM pour un heavy metal classique, 180 BPM et plus pour du thrash.

La guitare

C’est là que Logic est le mieux armé. Ouvrez Amp Designer : le modèle Modern American Stack est décrit par Apple comme un ampli à fort gain « idéal pour le rock lourd et le metal ». Les British Stacks (Vintage, Modern, Brown), le Turbo Stack et le High Octane Stack conviennent aussi pour des riffs agressifs. Ajoutez au besoin une pédale de gain via Pedalboard (par exemple la Hi Drive) devant l’ampli pour resserrer l’attaque. Pour un vrai son metal, deux réflexes : accordez la guitare virtuelle ou réelle en drop D, et surtout doublez la rythmique : enregistrez deux prises de la même partie et panoramiquez-les à fond à gauche et à droite (double-tracking). C’est ce qui donne la largeur caractéristique du mur de guitares.

La batterie

Soyez lucide sur les limites du natif : Logic ne propose pas de kit « metal » dédié dans sa bibliothèque d’usine. Les options les plus proches sont les batteurs Rock et Alternative de la fonction Drummer, associés à Drum Kit Designer et à ses kits rock, que vous pouvez durcir en montant l’attaque et en resserrant les toms. Pour une vraie double grosse caisse rapide et des samples plus lourds, une bibliothèque tierce au format Audio Units (type EZdrummer, Superior Drummer ou GetGood Drums) reste plus convaincante ; c’est un investissement fréquent chez les producteurs de metal. Si vous programmez à la main dans l’éditeur MIDI, dessinez les doubles-croches de grosse caisse et pensez à la quantification : une quantification stricte à la double-croche (1/16) donne la précision mécanique attendue, mais gardez un peu de vélocité variable pour éviter l’effet robotique.

Basse et traitements

Doublez la ligne de basse sur les riffs de guitare et ajoutez-lui une légère saturation pour qu’elle traverse le mix. Côté traitement, deux outils sont décisifs. Le Noise Gate placé après l’ampli est quasi obligatoire : il coupe le souffle entre les palm mutes et rend les riffs staccato nets. À l’égalisation, un léger creux dans les bas-médiums (autour de 300-500 Hz) désencombre le grave, tandis qu’une présence vers 3-5 kHz fait ressortir l’attaque du médiator ; attention toutefois à ne pas trop creuser les médiums, sous peine de perdre la puissance dans un petit système d’écoute. Un high-pass léger sur les guitares (vers 80-100 Hz) laisse la place à la basse et à la grosse caisse. Le mixage de guitares saturées se travaille en détail dans notre formation Logic Pro mixage et mastering.

Artistes et morceaux de référence

  • Black Sabbath, Paranoid (1970) : les fondations du genre.
  • Judas Priest, British Steel (1980), puis Painkiller (1990) : le heavy metal cuir et clous, puis sa version accélérée.
  • Iron Maiden, The Number of the Beast (1982) : le sommet de la NWOBHM.
  • Metallica, Master of Puppets (1986) : le thrash à son apogée.
  • Slayer, Reign in Blood (1986) : le thrash le plus rapide et le plus radical.
  • Megadeth, Rust in Peace (1990) : la virtuosité technique du thrash.
  • Pantera, Cowboys from Hell (1990) puis Vulgar Display of Power (1992) : la naissance puis la consécration du groove metal.

Questions fréquentes

Faut-il jouer très vite pour faire du metal ?

Non. La vitesse dépend entièrement du sous-genre. Le doom se joue lentement, souvent entre 60 et 100 BPM, et une bonne partie du heavy metal classique reste en milieu de tempo. La lourdeur vient d’abord du son (distorsion, grave, précision du jeu) et non du tempo. Un riff lent et bien serré peut être plus « lourd » qu’un riff rapide et flou.

Pourquoi utiliser des power chords plutôt que des accords complets ?

Parce que la forte distorsion ajoute des harmoniques qui rendent les accords complets confus. Le power chord, réduit à la fondamentale et à la quinte, reste clair et puissant même très saturé. C’est aussi ce qui lui donne sa neutralité : sans tierce, il n’impose ni couleur majeure ni couleur mineure, ce qui le rend polyvalent d’un riff à l’autre.

Peut-on produire du metal uniquement avec Logic Pro ?

En grande partie, oui. Amp Designer et Pedalboard couvrent très bien les guitares saturées, et le noise gate ainsi que l’égaliseur natifs suffisent pour le mixage. Le maillon faible reste la batterie : les kits d’usine, prévus pour le rock, montrent leurs limites sur les sons les plus extrêmes, et beaucoup de producteurs ajoutent une bibliothèque de batterie tierce.

Pour structurer cette approche de A à Z, de la prise de guitare au mixage, notre formation Logic Pro couvre la production en home studio ; à distance, le cours Bien démarrer sur Logic Pro pose les mêmes bases.