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Vaporwave

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Le vaporwave est un style né sur internet entre 2010 et 2012, principalement dans des communautés en ligne nord-américaines (Bandcamp, Last.fm, les forums musicaux de 4chan), qui fabrique sa musique en ralentissant, en bouclant et en noyant de réverbération des extraits de musique commerciale des années 1980 et 1990 : smooth jazz, musique d’ascenseur, R&B, variété et city pop japonaise. Il tourne le plus souvent entre 70 et 90 BPM (battements par minute), avec une pulsation molle, des voix transposées vers le grave et un grain numérique volontairement daté. C’est aussi une esthétique visuelle (bustes antiques, interfaces d’ordinateur des années 1990, écriture japonaise) portée par des producteurs sous pseudonymes : Daniel Lopatin (Chuck Person, Oneohtrix Point Never), James Ferraro et Ramona Andra Langley, alias Vektroid, autrice de Floral Shoppe sous le nom Macintosh Plus.

  • Période2010-2012, puis années 2010
  • FoyerInternet : Bandcamp, Last.fm, YouTube
  • Tempo70 à 90 BPM
  • RythmeBoucle ralentie, pulsation flottante
  • InstrumentsÉchantillonneur, réverbération, délai

Le vaporwave en bref

  • Origine : des réseaux en ligne, entre 2010 et 2012 ; le mot, dérivé de vaporware (logiciel annoncé mais jamais commercialisé), apparaît dans un billet de blog en octobre 2011.
  • Son : boucles prélevées dans la musique d’ambiance des années 1980 et 1990, ralenties de 10 à 25 %, transposées vers le grave, noyées de réverbération.
  • Trois albums : Replica d’Oneohtrix Point Never (2011), Far Side Virtual de James Ferraro (2011) et Birth of a New Day de 2814 (2015), en attendant Floral Shoppe de Macintosh Plus (2011), diffusé par son autrice sur Bandcamp.
  • En home studio : Quick Sampler et Varispeed dans Logic Pro suffisent pour ralentir une boucle ; ChromaVerb, Tape Delay et Bitcrusher donnent le grain. Motif et grilles à écouter plus bas.
  • Le sample : le vaporwave est presque entièrement fait d’extraits d’enregistrements protégés ; ralentir un disque ne le rend pas libre, et diffuser le résultat exige une autorisation.

Trois albums cultes pour entrer dans le vaporwave

Floral Shoppe, le disque le plus célèbre du genre, n’est diffusé officiellement que sur Bandcamp. Ces trois albums disponibles sur Apple Music couvrent les trois visages du style : la boucle ralentie, le son « d’entreprise » et le versant ambient.

  • ReplicaOneohtrix Point Never, 2011

    Daniel Lopatin prolonge ici le geste de ses eccojams : des bribes de publicités télévisées des années 1980 et 1990, bouclées et ralenties. Écoutez « Replica », bâti sur des accords de piano répétés, et « Sleep Dealer », construit sur une publicité pour des chewing-gums.

    Écouter sur Apple Music
  • Far Side VirtualJames Ferraro, 2011

    Une « symphonie de plastique » composée dans GarageBand, faite de sonneries, de jingles et de sons d’interface comme le signal de connexion de Skype. « Earth Minutes » résume cette musique d’ascenseur pour l’ère du téléphone.

    Écouter sur Apple Music
  • Birth of a New Day2814, 2015

    Le duo de HKE et Telepath signe le classique du versant ambient, sans aucun échantillon : nappes, piano lointain, sirènes. Le morceau-titre, « Birth of a New Day », dépasse treize minutes.

    Écouter sur Apple Music

Pochettes et liens Apple Music.

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Qu’est-ce que le vaporwave ?

Le vaporwave n’a pas de date de naissance : il se cristallise entre 2010 et 2012, sans ville ni salle de concert, dans des cercles d’internautes réunis sur Bandcamp, Last.fm, le forum musical de 4chan ou le site d’écoute collective Turntable.fm.

Sa préhistoire tient en trois gestes. Le premier est le chopped and screwed, la technique de ralentissement extrême et de découpe popularisée à Houston dans les années 1990 par DJ Screw. Le deuxième est le plunderphonics, mot forgé par le compositeur canadien John Oswald dans les années 1980 pour désigner une musique faite entièrement d’enregistrements existants. Le troisième est l’arrivée, à la mi-2009, de deux étiquettes presque interchangeables : la hypnagogic pop, nommée par le critique David Keenan dans le magazine The Wire, et la chillwave, des musiques qui imitent le son délavé des cassettes de l’enfance.

La même année, Daniel Lopatin, qui publie sous le nom d’Oneohtrix Point Never des disques proches de l’ambient, met en ligne sur une chaîne YouTube baptisée sunsetcorp de courtes vidéos qu’il appelle des eccojams : un fragment de tube des années 1980 isolé, ralenti, bouclé, noyé de délai. La plus connue, « Nobody Here », tourne autour d’une phrase de « The Lady in Red » de Chris de Burgh. Le 8 août 2010, Lopatin réunit ces boucles sur une cassette tirée à 100 exemplaires par le label The Curatorial Club, Chuck Person’s Eccojams Vol. 1, que l’on considère souvent comme la matrice du genre. On y entend notamment « Africa » de Toto, Fleetwood Mac ou Tears for Fears. Une version remastérisée officielle est sortie en numérique en novembre 2016.

L’année 2011 fixe le modèle. En octobre, James Ferraro publie Far Side Virtual sur le label Hippos in Tanks, que The Wire classe premier de ses disques de l’année. En novembre, Lopatin sort Replica, construit sur des publicités télévisées. Le 9 décembre, sur le petit label Beer on the Rug, Ramona Andra Langley, déjà connue sous le nom de Vektroid, publie Floral Shoppe sous le pseudonyme Macintosh Plus. Son deuxième morceau, « リサフランク420 / 現代のコンピュー » (Lisa Frank 420 / Modern Computing), ralentit et découpe la version enregistrée par Diana Ross en 1984 de « It’s Your Move », une chanson créée en 1983 par l’Australien Doug Parkinson. La pochette, un buste du dieu Hélios dans un décor rose et carrelé, deviendra l’emblème visuel du genre. L’album est souvent présenté comme le premier disque pleinement vaporwave.

Le mot lui-même vient de vaporware, le logiciel annoncé à grand bruit mais jamais livré. Sa première utilisation connue date d’octobre 2011, dans un billet de blog anonyme consacré à l’album Surf’s Pure Hearts du projet Girlhood ; le producteur Robin Burnett, alias Internet Club, est souvent crédité d’avoir imposé le terme pour relier les artistes du cercle.

Le genre sort de son cercle en 2012. En juillet, le critique Adam Harper le décrit dans le magazine en ligne Dummy comme un « pop art de la galerie marchande virtuelle » ; en septembre, le Canadien Blank Banshee publie Blank Banshee 0, qui marie les boucles du vaporwave aux batteries de la trap ; en novembre, la critique vidéo d’Anthony Fantano installe Floral Shoppe comme l’album de référence. Dès lors, le vaporwave se ramifie en une dizaine de sous-genres.

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Le vaporwave en sept dates

  1. 2009Les eccojams de sunsetcorpDaniel Lopatin publie sur YouTube des boucles ralenties de tubes des années 1980, au moment où la presse nomme la hypnagogic pop et la chillwave.
  2. 2010Chuck Person’s Eccojams Vol. 1Le 8 août, cent cassettes chez The Curatorial Club : la matrice du genre.
  3. 2011Floral Shoppe, Macintosh PlusLe 9 décembre, après Far Side Virtual et Replica, l’album qui fixe le son et l’image ; le mot « vaporwave » circule depuis octobre.
  4. 2012Blank Banshee 0 et la critique vidéo de Floral ShoppeLe genre quitte son cercle, croise la trap et gagne un public sur Last.fm et 4chan.
  5. 2013Sailorwave, Macross 82-99Le producteur mexicain lance le future funk, plus rapide, nourri de city pop et de house française.
  6. 2015Birth of a New Day, 2814Le versant ambient trouve son classique, et Rolling Stone cite 2814 parmi les artistes à connaître ; le hardvapour répond en accélérant.
  7. 2019100% ElectroniCON à New YorkEn septembre, George Clanton organise le premier festival du genre ; beaucoup d’artistes jouent en public pour la première fois.

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Le morceau pour comprendre

« Lisa Frank 420 / Modern Computing » de Macintosh Plus n’a pas de clip officiel. Partez donc de la source directe du geste : « Replica » d’Oneohtrix Point Never (2011), dont le clip officiel, un collage de dessins animés réalisé par Daniel Lopatin lui-même, a été publié le 17 octobre 2011.

Dès l’ouverture, repérez les accords de piano qui reviennent sans jamais se résoudre : c’est l’unité de base du vaporwave, un fragment prélevé qui tourne en boucle. Écoutez ensuite ce qui l’entoure : des nappes de synthétiseur amples et une réverbération commune qui fond tous les éléments dans le même espace, sans batterie pop pour marquer les temps. La variation passe par le timbre et l’espace, pas par de nouveaux accords. Enchaînez enfin avec « It’s Your Move » de Diana Ross, puis avec Floral Shoppe : vous entendrez le même geste appliqué à une chanson entière, ralentie d’environ un quart.

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Les caractéristiques musicales

Le rythme

Le vaporwave se joue en 4/4, presque toujours entre 70 et 90 BPM. Ce tempo n’est pas choisi : il résulte du ralentissement. Les sources, de la variété ou du R&B des années 1980 le plus souvent situés entre 100 et 120 BPM, perdent 10 à 25 % de leur vitesse et retombent dans cette plage. Les bases de tempo en ligne donnent environ 117 BPM pour « It’s Your Move » de Diana Ross et environ 88 BPM pour sa version par Macintosh Plus, soit environ 25 % de moins (valeurs approximatives).

La batterie que l’on entend est donc souvent celle du disque d’origine, simplement ralentie : elle garde son dessin pop mais devient lourde et traînante. Beaucoup de morceaux n’ont aucune batterie : la pulsation vient de la boucle, découpée à l’oreille, qui flotte légèrement par rapport à la grille.

Voici le motif type d’une source pop des années 1980 une fois ralentie, écrit sur une mesure de 4/4 découpée en 16 doubles-croches, à 80 BPM. Le pas 1 correspond au premier temps, le pas 5 au deuxième, le pas 9 au troisième, le pas 13 au quatrième.

  • Grosse caisse : pas 1 et 9 (les temps 1 et 3), plus un coup plus doux au pas 11, juste après le troisième temps.
  • Caisse claire : pas 5 et 13, donc sur les deuxième et quatrième temps, à pleine vélocité (force de frappe).
  • Charleston fermé : pas 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13 et 15, en croches régulières, un peu plus fort sur les temps que sur les contretemps.
  • Variante : un clap (claquement de mains synthétique) superposé à la caisse claire aux pas 5 et 13, le son typique des boîtes à rythmes de l’époque.
  • Aucun swing (décalage des doubles-croches paires) : les machines des années 1980 jouent droit.
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Grosse caisse
Caisse claire
Clap
Charleston
FrappeNote fantômeVariante : clap superposé à la caisse claireLes pas 1, 5, 9 et 13 sont les temps.

Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon. Passez de 100 à 80 BPM pour entendre l’effet du ralentissement sur le même motif (ici sans la baisse de hauteur, que seul un vrai ralentissement d’enregistrement produit).

Le dessin est banal, et c’est voulu : ce qui fait le vaporwave n’est pas le motif mais son traitement. Programmez-le dans le Step Sequencer de Logic Pro (sa grille de programmation, une case par pas) à 100 BPM, exportez-le en audio, puis ralentissez l’enregistrement à 80 BPM avec la hauteur : la caisse claire s’épaissit, la grosse caisse descend, le charleston s’assombrit.

L’harmonie

Le vaporwave n’a pas d’harmonie propre : il hérite de celle de ses sources, c’est-à-dire du vocabulaire de la pop de studio, du smooth jazz et de la city pop des années 1980. On y entend beaucoup d’accords de septième et de neuvième (accords de base enrichis d’une ou deux notes, qui donnent la couleur « jazz ») issus de l’harmonie jazz, des enchaînements qui tournent sans conclure, et des boucles de deux ou quatre mesures répétées pendant tout un morceau.

La particularité vient de la transposition. Ralentir un enregistrement baisse sa hauteur : chaque fois que la vitesse diminue d’environ 5,6 %, la musique descend d’un demi-ton. Une boucle en do majeur ralentie de 16 % descend de trois demi-tons et passe en la majeur. Comme le ralentissement tombe rarement sur un nombre entier de demi-tons, les morceaux se retrouvent souvent légèrement désaccordés par rapport au diapason à 440 Hz. C’est un effet recherché, pas un défaut.

Trois familles dominent : l’anatole de la variété (Imaj7, vi7, ii7, V7), la grille dite « Just the Two of Us », d’après « Just the Two of Us » de Grover Washington Jr. et Bill Withers (Winelight, 1980), omniprésente dans le future funk, et la « progression royale » de la pop japonaise (IVmaj7, V7, iii7, vi7). Les chiffres romains désignent la position de l’accord dans la gamme, en majuscule pour un accord majeur et en minuscule pour un accord mineur. Le lecteur ci-dessous fait tourner six grilles, toutes en do majeur pour comparer les couleurs.

Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en do majeur, une boucle de quatre mesures. Toutes les grilles sont dans la même tonalité pour comparer les couleurs.

L’instrumentation

L’instrument réel du vaporwave est l’échantillonneur (sampler, l’appareil ou le logiciel qui rejoue un enregistrement à différentes hauteurs), secondé par trois effets : la réverbération, le délai (écho) et le ralentissement. Mais les timbres des sources sont reconnaissables entre mille : piano électrique numérique de synthèse FM (la synthèse par modulation de fréquence, popularisée dans les années 1980), nappes de synthétiseur numérique, basse ronde jouée au doigt ou en slap, saxophone de smooth jazz, marimba de synthèse, chœurs, batterie électronique à grande réverbération.

S’y ajoutent les sons non musicaux : démarrages d’ordinateur, bips d’interface, jingles, annonces de magasin, souffle de cassette. James Ferraro a construit Far Side Virtual dans GarageBand avec ce type de matériau, jusqu’au signal de connexion de Skype.

La voix et la forme

Quand il y a une voix, elle est presque toujours prélevée : un refrain de soul ou de R&B ralenti jusqu’à ce que la chanteuse sonne comme un chanteur, ou coupé au milieu d’un mot. Le texte n’a plus de sens, seule reste la couleur.

La forme suit la boucle. Un morceau typique tient sur un ou deux fragments de quelques mesures, répétés pendant trois à sept minutes, avec des variations de filtre, de réverbération ou de découpe plutôt que des couplets et des refrains. Le future funk revient, lui, à une forme de morceau de danse.

Exercice d’écoute

  • Question 1. Écoutez les trente premières secondes de « It’s Your Move » de Diana Ross, puis le début de « Lisa Frank 420 / Modern Computing » sur Floral Shoppe. La voix est-elle plus aiguë ou plus grave ? Réponse : plus grave ; le timbre s’épaissit et les consonnes s’étirent. Ce que vous apprenez : ralentir un enregistrement baisse à la fois le tempo et la hauteur.
  • Question 2. Dans « Replica » (Oneohtrix Point Never, 2011), d’où vient la pulsation ? Réponse : pas d’une batterie, mais des accords de piano qui reviennent en boucle, un peu au-dessus de 80 BPM. Ce que vous apprenez : dans le vaporwave, la boucle est à la fois la mélodie et le rythme.
  • Question 3. Écoutez l’ouverture de Birth of a New Day (2814, 2015). Le duo utilise-t-il des échantillons ? Réponse : non, selon ses auteurs ; tout est joué et traité. Ce que vous apprenez : le son vaporwave tient au traitement (réverbération longue, filtrage, lenteur) autant qu’au prélèvement, ce qui ouvre une voie sans problème de droits.

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Vaporwave, synthwave et city pop : ce qui les sépare

Les trois styles regardent vers les années 1980, mais pas avec les mêmes outils. La synthwave est une musique de composition : on écrit des mélodies et des basses originales, on les joue sur des synthétiseurs, on vise une production nette et puissante, entre 80 et 118 BPM avec une pulsation marquée, et la nostalgie y est célébrée sans distance. Le vaporwave est une musique de recyclage : on prélève, on ralentit, on dégrade, et la pulsation est molle ou absente, le plus souvent entre 70 et 90 BPM. Si votre projet contient un arpégiateur et une basse que vous avez écrits, vous faites de la synthwave.

La city pop, elle, n’est pas un genre d’internet : c’est la pop urbaine japonaise des années 1975 à 1989, jouée par des musiciens de studio (Tatsuro Yamashita, Mariya Takeuchi, Anri). Elle est une source du vaporwave, et surtout du future funk, qui en accélère et en découpe les refrains. Sa redécouverte mondiale doit beaucoup à ces remix : la vidéo du remix de « Plastic Love » de Mariya Takeuchi (1984) par Night Tempo, mise en ligne en mars 2016, a dépassé les sept millions de vues.

Deux autres voisins méritent d’être distingués. Le phonk partage avec le vaporwave l’héritage du chopped and screwed de Houston, mais s’appuie sur le rap de Memphis et une batterie agressive. Le mallsoft, lui, rejoint l’ambient, avec ses réverbérations très longues et son absence de pulsation.

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Sous-genres et styles voisins

  • Future funkDepuis 2013, plus rapideDes refrains de city pop et de disco accélérés, filtrés et découpés sur une batterie de house française. Macross 82-99, Night Tempo et Yung Bae en sont les figures.
  • MallsoftDepuis 2012La musique de galerie marchande étirée en paysages sonores, avec échos de foule et annonces. Vacant Places de Hantasi (2012) l’annonce, Palm Mall de 猫 シ Corp. (2014) passe pour son disque de référence.
  • Slushwave et dreampunkMilieu des années 2010La branche ambient : morceaux de plus de dix minutes, nappes et réverbérations immenses. 2814 et le label Dream Catalogue en sont les piliers.
  • VaportrapDepuis 2012Les boucles du vaporwave posées sur des batteries de trap à demi-tempo, charleston en roulements et basses profondes. Blank Banshee en est le pionnier.
  • HardvapourFin 2015, tempos rapidesUne réponse ironique au vaporwave, sombre et bruyante, qui emprunte au gabber, à la techno dure et au big beat. Wolfenstein OS X et le label Antifur l’ont lancé.
  • Synthwave80 à 118 BPMLa nostalgie des années 1980 par la composition plutôt que par l’échantillon : synthétiseurs analogiques, arpèges, batterie puissante.Lire la fiche
  • City pop1975 à 1989, JaponLa pop urbaine japonaise des musiciens de studio, première source du future funk et d’une partie du vaporwave.Lire la fiche
  • PhonkAnnées 2010, Memphis et internetLe cousin rap du vaporwave : même héritage du chopped and screwed, mais cloches de Roland TR-808 et échantillons de rap de Memphis.Lire la fiche

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La démarche artistique : recycler, ralentir, disparaître

Le premier geste du vaporwave est un effacement. Ses artistes publient sous des pseudonymes multiples, souvent illisibles (caractères japonais, symboles, noms de marques ou de systèmes d’exploitation), rarement sous leur nom et avec peu de photos. Daniel Lopatin a publié ses eccojams sous le nom d’un personnage fictif, Chuck Person : l’auteur s’efface derrière une marque imaginaire.

Le deuxième geste est le prélèvement assumé. Le vaporwave ne cache pas ses sources : il les ralentit juste assez pour qu’on les reconnaisse encore. Il choisit de préférence la musique la plus fonctionnelle et la moins prestigieuse, celle des halls d’hôtel, des publicités, des centres commerciaux et des vidéos d’entreprise, ce que l’on appelait la muzak. Adam Harper y a vu dès 2012 un pop art qui expose la marchandise sans dire s’il l’admire ou s’en moque.

Le troisième geste est visuel : bustes gréco-romains, palmiers, premiers rendus 3D, fenêtres de Windows 95, titres en katakana ou en caractères pleine largeur. C’est souvent l’image qui a voyagé le plus loin, jusqu’au « Simpsonwave » apparu fin 2015 : des extraits des Simpson montés avec des effets de VHS sur des morceaux du genre.

Le quatrième geste est la diffusion en réseau : Bandcamp pour les fichiers et les cassettes en petits tirages, les forums pour prescrire, YouTube pour les vidéos et, à partir de 2013, les diffusions en continu de 24 heures.

La scène est venue tard. Une boucle ralentie ne se « joue » pas au sens habituel. En septembre 2019, George Clanton organise à New York le premier festival consacré au genre, 100% ElectroniCON, où Saint Pepsi, Vaperror, Nmesh ou 18 Carat Affair se produisent, pour la plupart pour la première fois. Si vous voulez transposer ce répertoire sur scène, MainStage s’y prête bien : le module Playback lance des boucles ralenties préparées dans Logic Pro, Quick Sampler (disponible aussi dans MainStage) permet de rejouer un fragment au clavier à différentes hauteurs, et un même patch peut empiler par plages de touches un piano électrique à gauche et une nappe à droite, avec ChromaVerb et Tape Delay sur des bus d’effets pilotés par des potentiomètres de votre clavier maître.

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Le vaporwave aujourd’hui

Annoncé mort presque depuis ses débuts, le vaporwave a surtout changé de statut. Ses gestes se sont dilués dans la culture d’internet. Les versions « slowed + reverb » (ralenties et réverbérées) de YouTube et TikTok appliquent la recette des eccojams à la pop actuelle ; les barber beats, popularisés au début des années 2020, notamment par Haircuts for Men, recyclent le smooth jazz et le R&B des années 1980 à 2000 ; le future funk se joue en club, et la city pop qu’il échantillonnait est redevenue un marché.

Le changement le plus intéressant est juridique et esthétique à la fois. Night Tempo, producteur sud-coréen révélé par son remix de « Plastic Love », publie désormais sa série Showa Groove en accord avec les labels japonais d’origine, comme Wink, Night Tempo presents The Showa Groove (2019). Une partie du versant ambient, à la suite de 2814, compose ses propres matériaux au lieu de les prélever. George Clanton, avec Slide (2018), écrit des chansons que l’on peut distribuer partout.

Faire du vaporwave en 2026 sans refaire 2011, c’est donc garder le traitement (lenteur, réverbération, grain, boucle) en changeant la matière. Enregistrez vos propres sources, utilisez des banques sous licence ou obtenez une autorisation. Les outils ont aussi changé : Stem Splitter (Logic Pro 11) sépare la voix, la batterie, la basse et le reste d’un enregistrement, ce qui permet de ralentir une voix seule ; il ne change rien à la question des droits.

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Douze artistes pour commencer

Douze portes d’entrée, des pionniers aux héritiers, toutes disponibles sur Apple Music. Macintosh Plus n’y figure pas, faute d’édition officielle vérifiable sur la plateforme : écoutez Floral Shoppe sur la page Bandcamp de Vektroid.

Voir les 100 artistes

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Reproduire le vaporwave en home studio

Prérequis : savoir créer une piste, importer un fichier audio et insérer un effet dans Logic Pro ; sinon, commencez par le cours en ligne Bien démarrer sur Logic Pro. Les exemples partent d’une boucle que vous avez enregistrée vous-même ou dont vous avez les droits.

Tempo, boucle et ralentissement

Importez la source, laissez Smart Tempo (la détection de tempo de Logic Pro) l’analyser, puis choisissez un ralentissement. À retenir : descendre de 2 demi-tons ralentit d’environ 11 %, de 3 demi-tons d’environ 16 %, de 4 demi-tons d’environ 21 %, de 5 demi-tons d’environ 25 %. Sur « Lisa Frank 420 / Modern Computing » (Floral Shoppe, 2011), la voix de Diana Ross perd environ un quart de sa vitesse. Trois méthodes existent dans Logic Pro, qui lient toutes vitesse et hauteur comme un magnétophone :

  • Méthode 1, la plus souple : glissez l’extrait dans Quick Sampler en mode Classic.
  • Désactivez Flex dans Quick Sampler et laissez Key Tracking actif, pour que hauteur et vitesse restent liées.
  • Jouez la note de référence pour entendre la vitesse d’origine, puis une touche 2 à 5 demi-tons plus bas pour ralentir d’autant.
  • Méthode 2, sur une région audio : dans l’inspecteur, activez Flex en mode Speed (FX), qui change la hauteur avec la vitesse.
  • Activez Flex & Follow sur la région, sans quoi elle ne suit pas le tempo du projet.
  • Baissez le tempo du projet : la région ralentit et descend avec lui.
  • Méthode 3, pour tout le projet : affichez Varispeed dans la barre de commandes.
  • Choisissez le mode de Varispeed qui lie vitesse et hauteur.
  • Réglez Varispeed entre -10 et -25 % ; il agit sur tout le projet, réservez-le aux essais.

Découpez ensuite deux ou quatre mesures sur un temps fort : la boucle de « Replica » (Oneohtrix Point Never, 2011) montre qu’un fragment de quelques secondes suffit à tenir un morceau.

  • Ajoutez un fondu de 5 à 10 ms à chaque extrémité de la région pour supprimer les clics.
  • Laissez la quantification désactivée sur la boucle elle-même : c’est son flottement qui la rend vivante.

La batterie

Dans le vaporwave « classique », on garde la batterie de la source, ralentie avec le reste. Si vous en ajoutez une, reprenez le motif de la grille plus haut. Blank Banshee a montré avec Blank Banshee 0 (2012, absent d’Apple Music) qu’on pouvait aussi poser une batterie de trap à demi-tempo sous une boucle ralentie ; « Make It Forever » de George Clanton (2018) se compte ainsi à 84 ou à 168 BPM.

  • Créez une piste Drum Machine Designer et choisissez un kit électronique au son des années 1980.
  • Programmez le motif dans le Step Sequencer à 80 BPM, sans swing.
  • Superposez un clap à la caisse claire sur les temps 2 et 4, 3 à 6 dB en dessous.
  • Envoyez caisse claire et clap vers un bus de réverbération courte et dense (1,2 à 1,8 s).
  • Filtrez la batterie avec un Channel EQ : passe-haut à 40 Hz, passe-bas vers 9 à 11 kHz.

La basse

La basse vient d’ordinaire de la source et descend avec elle. Si la boucle en manque, utilisez une basse électrique de Studio Bass (Logic Pro 11), ou l’ES2 avec une onde sinusoïdale pour une sous-basse discrète sous une boucle d’ambient.

  • Accordez la basse sur la boucle ralentie, pas sur le diapason : si la boucle est descendue de 3,4 demi-tons, compensez les 40 centièmes restants dans Réglages du projet, rubrique Accordage.
  • Jouez une note par mesure, la fondamentale de chaque accord, en valeurs longues.
  • Coupez tout ce qui dépasse 2 à 3 kHz avec un Channel EQ pour la fondre dans la boucle.

Harmonie et instruments

Si vous composez vos propres sources, pensez comme un studio de 1986. James Ferraro a construit Far Side Virtual (2011) entièrement dans GarageBand, avec des sons de bibliothèque volontairement génériques : le cliché est un matériau.

  • Pour le piano électrique numérique typique des années 1980, jouez les accords des grilles avec Retro Synth en mode FM ou un préréglage de piano électrique FM.
  • Réservez Vintage Electric Piano, qui modélise des pianos électromécaniques, aux couleurs plus chaudes de la late night lo-fi.
  • Pour les nappes, utilisez un pad d’Alchemy.
  • Pour les textures longues à partir d’un enregistrement, chargez-le dans Sample Alchemy (Logic Pro 10.8) et étirez-le en mode granulaire.
  • Enregistrez le résultat en audio, puis ralentissez-le : c’est ce passage par l’enregistrement qui donne le son vaporwave.

La voix

Une voix vaporwave est prélevée, ralentie, découpée : sur « Lisa Frank 420 / Modern Computing », Macintosh Plus coupe la voix de Diana Ross au milieu des phrases et la fait bégayer.

  • Isolez la voix avec Stem Splitter (Logic Pro 11) ou enregistrez-la vous-même.
  • Ralentissez-la avec la hauteur (Quick Sampler ou Flex Speed) de 3 à 5 demi-tons.
  • Pour baisser le timbre sans changer la mélodie, utilisez Vocal Transformer et descendez seulement le formant (le timbre de la voix) de 2 à 4 demi-tons.
  • Répétez une syllabe en croches pour l’effet de bégaiement.

Mixage et grain

La chaîne ci-dessous reproduit les trois dégradations du genre : bande passante réduite, grain numérique, espace immense. Elle s’inspire du son de Birth of a New Day (2814, 2015) pour la réverbération et des boucles de Floral Shoppe pour le filtrage ; les plug-ins cités sont modernes, les pionniers utilisaient des logiciels gratuits et des réglages par défaut.

  • Channel EQ : passe-haut à 40 Hz, passe-bas entre 10 et 12 kHz, légère bosse de 1 à 2 dB vers 200 Hz pour la chaleur.
  • Bitcrusher sur un bus auxiliaire alimenté par un envoi : résolution 10 à 12 bits, Downsampling (réduction de la fréquence d’échantillonnage) de 1,5 à 2x.
  • Dosez le retour de ce bus 10 à 15 dB sous la piste sèche : le grain doit s’entendre sans remplacer le son.
  • Tape Delay : synchronisé sur la noire pointée, Feedback 30 à 40 %, High Cut vers 3 kHz, Flutter Rate et Flutter Intensity légers pour l’instabilité de bande.
  • ChromaVerb : grand espace, temps de déclin (Decay) de 4 à 8 s, pré-délai (retard avant la réverbération) de 20 à 40 ms, mélange de 30 à 45 %.
  • Compressor sur le bus : rapport 2:1, attaque 30 ms, relâchement automatique, 2 dB de réduction au plus.
  • Pour la saturation, ChromaGlow (Logic Pro 11, Mac à puce Apple uniquement) à faible dose, ou Phat FX sur les Mac Intel.
  • Pour le flottement de bande sur une boucle, activez LFO 1 (oscillateur lent qui fait varier un réglage) dans Quick Sampler, cible Pitch, à 0,3 à 0,8 Hz et avec une quantité très faible.

Pour le volume final, visez environ -14 LUFS intégrés (l’unité du volume perçu), niveau auquel les plateformes ramènent de toute façon les morceaux plus forts, avec un plafond de crête à -1 dB.

Ce qu’un praticien fait vraiment

Un producteur de vaporwave écoute plus qu’il ne produit. Il fouille disques de variété, vidéos d’entreprise et jingles pour trouver les deux secondes qui « sonnent » déjà une fois ralenties, souvent une note tenue ou un accord de passage. Il travaille ensuite vite, en gardant les accidents : une coupe tardive, une boucle qui ne tombe pas juste. Il pense la pochette et les titres avant le mixage. Et s’il veut diffuser au-delà d’un cercle, il fait aujourd’hui l’un des trois choix suivants : rejouer ses sources, travailler avec des banques sous licence, ou négocier les droits, comme l’a fait Night Tempo pour sa série Showa Groove.

Les cinq erreurs du débutant

  • Ralentir sans changer la hauteur. Un étirement qui préserve la hauteur (Flex en mode Polyphonic ou Slicing) donne une musique lente, pas une musique vaporwave.
  • Trop de réverbération dans le grave. Filtrez l’envoi de réverbération sous 200 à 300 Hz.
  • Ajouter des instruments accordés à 440 Hz sur une boucle ralentie. Réaccordez-les sur la boucle, au centième près.
  • Varier trop. Couplets et solos cassent l’hypnose.
  • Croire que « ralenti » veut dire « libre ». Un extrait transformé reste l’enregistrement de quelqu’un d’autre (voir la partie sur les droits).
Échantillonner, ralentir, traiter : apprenez-le avec un formateur

La formation Logic Pro de YouTips couvre l’import et l’échantillonnage, Quick Sampler, Flex et Smart Tempo, ainsi que les effets de réverbération et de délai utilisés dans cette fiche. Elle se suit à Grenoble ou à distance, avec un formateur certifié.

  • Quick Sampler, Sampler et Stem Splitter
  • Flex Time, Smart Tempo et Varispeed
  • Chaînes d’effets : ChromaVerb, Tape Delay, Bitcrusher
  • Export et niveaux pour les plateformes

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Où trouver des sons vaporwave ?

Dans Logic Pro

  • Vintage Electric Piano pour les pianos électromécaniques des ballades.
  • Retro Synth en mode FM pour les pianos électriques numériques, cloches et marimbas typiques de la synthèse FM.
  • Les Apple Loops, que vous pouvez filtrer par genre et par ambiance dans le navigateur de boucles, pour des parties de piano, de guitare funk ou de saxophone à ralentir.

Boucles et banques

Les banques « libres de droits » vendent une licence d’utilisation, pas la propriété du son : lisez-la avant de publier.

  • Splice : abonnement, recherchez « vaporwave », « city pop », « smooth jazz » ou « 80s ».
  • Loopmasters : packs de boucles lo-fi, chillwave et synthwave à l’unité.
  • Sample Magic : packs de pianos électriques, de synthétiseurs et de batteries des années 1980.
  • Black Octopus : banques électroniques, dont des packs lo-fi.
  • The Drum Broker : kits et boucles de batterie.
  • Freesound : banque collaborative ; chaque son a sa licence Creative Commons, certaines exigeant de citer l’auteur, d’autres interdisant l’usage commercial.
  • Looperman : boucles partagées par des utilisateurs, avec des conditions propres au site ; vérifiez chaque boucle, car la plateforme ne garantit pas que l’envoyeur en possède les droits.

Instruments virtuels

  • Arturia : émulations de synthétiseurs numériques et analogiques des années 1980, dont un modèle FM de type DX7.
  • Dexed : émulation gratuite et libre d’un synthétiseur FM à six opérateurs, compatible avec les banques de sons DX7.
  • Spitfire LABS : instruments gratuits, dont des pianos et des nappes feutrées pour le versant ambient.

Grain et caractère

Pour le matériel, le cours Équipez votre home studio détaille les choix selon votre budget.

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Lexique du vaporwave

  • EccojamBoucle d’un court fragment de tube, ralentie et noyée d’écho, selon la méthode inventée par Daniel Lopatin en 2009.
  • Chopped and screwedTechnique de Houston qui ralentit fortement un morceau (screwed) et en répète ou découpe des passages (chopped).
  • MuzakMusique d’ambiance fonctionnelle diffusée dans les magasins, les ascenseurs et les salles d’attente, matière première du genre.
  • PlunderphonicsMusique faite entièrement d’enregistrements existants, selon le mot du compositeur John Oswald.
  • MallsoftBranche du vaporwave qui recrée l’acoustique et la musique des centres commerciaux.
  • Future funkBranche dansante et accélérée, fondée sur la city pop et le disco découpés à la manière de la house française.
  • VarispeedFonction de Logic Pro qui change la vitesse de lecture de tout le projet, avec ou sans la hauteur.
  • Quick SamplerÉchantillonneur simple de Logic Pro qui rejoue un extrait sur tout le clavier, idéal pour ralentir une boucle.

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Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter

MorceauTempoProductionCe qu’il enseigne
It’s Your MoveDiana Ross, 1984≈ 117 BPMBallade pop de studio, synthétiseurs numériques, batterie électronique.La matière première : écoutez-la avant sa version ralentie par Macintosh Plus.
ReplicaOneohtrix Point Never, 2011≈ 82 BPMAccords de piano bouclés, nappes, réverbération, sur un album construit à partir de publicités.Une boucle de quelques secondes peut porter tout un morceau.
Earth MinutesJames Ferraro, 2011≈ 107 BPMComposé dans GarageBand, sons d’interface et timbres de bibliothèque.Le cliché sonore comme matériau : le versant « corporate ».
S.W.A.K.Luxury Elite, 2015≈ 82 BPMPop et jazz des années 1980 ralentis, ambiance nocturne.La late night lo-fi : le vaporwave rendu confortable, presque lounge.
Birth of a New Day2814, 2015Sans pulsation régulièreNappes, piano lointain, sirènes, aucune source échantillonnée selon le duo.Le son vaporwave sans sample : tout est dans le traitement et la durée.
Make It ForeverGeorge Clanton, 2018≈ 84 BPM (ou 168 en double)Chanson écrite et chantée, production chillwave très réverbérée.L’héritage du genre dans une chanson distribuable partout.

Tempos approximatifs, relevés dans des bases de tempo en ligne et à vérifier à l’oreille ; pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables).

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Labels, droits et synchronisation

The Curatorial Club a publié la cassette des eccojams (2010) ; Beer on the Rug, Floral Shoppe (2011) ; Hippos in Tanks, Far Side Virtual (2011) ; Software, le label de Daniel Lopatin et Joel Ford, a coédité Replica avec Mexican Summer. En janvier 2014, David Russo (HKE) fonde Dream Catalogue, qui devient la maison du versant ambient et dreampunk, tandis que Neoncity Records publie de nombreuses sorties de future funk (Macross 82-99, Night Tempo) et qu’Antifur et le collectif H.V.R.F. portent le hardvapour. George Clanton dirige 100% Electronica, apparu vers 2015.

Côté droits, le genre pose un problème simple : la plupart de ses disques fondateurs reposent sur des échantillons non autorisés. Ils ont circulé parce qu’ils étaient gratuits ou confidentiels, ce qui n’en fait pas des usages licites. C’est aussi pourquoi plusieurs d’entre eux sont absents des plateformes de streaming. Pour la synchronisation (l’utilisation d’une musique dans une vidéo, une publicité ou un jeu), un morceau fondé sur des samples non autorisés est inutilisable. Une fois ces questions réglées, reste à faire connaître votre musique : notre formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens vous apprend à monter vos clips, à construire votre EPK et à publier votre site d’artiste.

Ce que la loi autorise, ce qu’elle interdit

  • Un sample met en jeu deux droits distincts : le droit d’auteur sur l’œuvre (compositeur, parolier, représentés par l’éditeur) et les droits voisins sur l’enregistrement (le producteur du disque, en général le label, et les artistes interprètes).
  • Il n’existe en France aucune durée « libre » : ni deux secondes, ni quatre mesures. La règle des quelques secondes est une légende.
  • La Cour de justice de l’Union européenne l’a confirmé dans l’arrêt Pelham c/ Hütter du 29 juillet 2019, à propos de deux secondes de « Metall auf Metall » de Kraftwerk : un extrait même très bref d’un enregistrement est protégé, sauf s’il est modifié au point d’être méconnaissable à l’écoute.
  • Ralentir un extrait de 25 % ne le rend pas méconnaissable : tout l’intérêt du vaporwave est qu’on reconnaisse la source.
  • L’exception de courte citation du droit français ne s’applique pas à la musique de cette manière : on ne « cite » pas un refrain dans un morceau.
  • Rejouer une mélodie ou une grille existante (interpolation) évite le droit sur l’enregistrement, mais exige toujours l’accord de l’éditeur de l’œuvre.
  • Une diffusion « non commerciale » ou gratuite ne change rien : la contrefaçon ne dépend pas du profit.
  • Ce qui est libre : vos propres enregistrements ; les banques « libres de droits » dans les limites de leur licence ; les sons sous Creative Commons selon la licence ; les œuvres et enregistrements du domaine public. En France, l’œuvre tombe dans le domaine public 70 ans après la mort de l’auteur, l’enregistrement 70 ans après sa publication (règle transitoire pour les phonogrammes publiés avant 1963). Aucun disque des années 1980 n’est donc concerné.
  • La sanction est celle de la contrefaçon : l’article L335-4 du Code de la propriété intellectuelle prévoit jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende, sans compter les dommages et intérêts et le retrait des plateformes.
  • Pour utiliser un sample légalement, on ne le « déclare » pas : on obtient une autorisation (clearance), auprès du label pour l’enregistrement et de l’éditeur pour l’œuvre, contre un montant fixe, un pourcentage des revenus ou les deux. Aux États-Unis, la jurisprudence est divisée : l’arrêt Bridgeport (2005) n’admet aucune tolérance, l’arrêt VMG Salsoul c/ Ciccone (2016) admet une exception pour un emprunt minime (de minimis).

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Une playlist pour écouter la vaporwave

Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis à partir des artistes de cette fiche. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.

  • Vaporwave, la découverte30 titres · 2 h 13

    De Taeko Onuki (1977) à Blank Banshee (2023) : les tubes recyclés, la chillwave, Lopatin et Ferraro, le versant ambient, puis le future funk et la city pop retrouvée.

    Ouvrir dans Apple Music

Sans abonnement Apple Music, le lecteur fait entendre des extraits de 30 secondes. Du gospel à la techno, toutes les playlists tirées du glossaire sont sur la page Playlists YouTips.

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Les 100 artistes qui ont fait le vaporwave

Cent noms en sept familles. Les artistes absents d’Apple Music apparaissent sans lien. Le dernier groupe réunit des artistes dont les enregistrements ont été échantillonnés par les disques fondateurs, ou dont la city pop a été remise en circulation par le future funk : ils n’ont pas fait de vaporwave, mais le vaporwave s’est fait avec eux.

Les précurseurs : plunderphonics, chopped and screwed, hypnagogic pop et chillwave

Les fondateurs (2010-2013)

Mallsoft, dreampunk et versant ambient

Le future funk

Le hardvapour

Les héritiers et la scène actuelle

Les sources recyclées

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Questions fréquentes

Quels sont les meilleurs artistes de vaporwave ?

Les figures fondatrices sont Daniel Lopatin (Chuck Person, Oneohtrix Point Never), James Ferraro et Vektroid, dont l’album Floral Shoppe signé Macintosh Plus reste la référence. Pour la suite, écoutez Luxury Elite, Blank Banshee, 2814 et 猫 シ Corp., puis Macross 82-99 et Night Tempo pour le future funk.

Quelle est la différence entre vaporwave et synthwave ?

La synthwave compose : mélodies, basses et batteries originales jouées sur des synthétiseurs, avec une production nette entre 80 et 118 BPM. Le vaporwave recycle : il prélève des enregistrements des années 1980 et 1990, les ralentit entre 70 et 90 BPM et les dégrade. Les deux partagent la nostalgie des années 1980, mais la synthwave la célèbre, le vaporwave la met à distance.

Quel est le tempo du vaporwave ?

Le plus souvent entre 70 et 90 BPM, parce que des sources jouées entre 100 et 120 BPM sont ralenties de 10 à 25 %. Le future funk, à l’inverse, accélère et dépasse généralement 110 BPM.

Le vaporwave est-il mort ?

On l’annonce presque depuis ses débuts, et, en 2015, Sandtimer (un autre pseudonyme de HKE) a publié au sein du mouvement hardvapour un disque intitulé Vaporwave Is Dead. En réalité, le genre a cessé d’être une avant-garde pour devenir un vocabulaire : on le retrouve dans le future funk, les versions « slowed + reverb », les barber beats et une partie de l’esthétique d’internet.

Peut-on faire du vaporwave sans échantillonner ?

Oui, et c’est la voie la plus sûre si vous comptez diffuser. Jouez une progression de ballade des années 1980 au piano électrique (le cours Bien démarrer au piano et en harmonie donne les bases de ces accords de septième), enregistrez-la, puis appliquez-lui le traitement du genre : ralentissement avec la hauteur, réverbération longue, filtrage, grain numérique. 2814 a bâti Birth of a New Day sans aucun échantillon. Si vous rejouez un morceau existant, la composition reste en revanche protégée.

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Sources

  • Grafton Tanner, Babbling Corpse: Vaporwave and the Commodification of Ghosts, Zero Books, 2016.
  • Simon Reynolds, Retromania: Pop Culture’s Addiction to Its Own Past, Faber and Faber, 2011.
  • Adam Harper, « Vaporwave and the pop-art of the virtual plaza », Dummy, juillet 2012.
  • David Keenan, « Childhood’s End », The Wire, août 2009 (article qui nomme la hypnagogic pop).
  • Laura Glitsos, « Vaporwave, or music optimised for abandoned malls », Popular Music, Cambridge University Press, 2018.
  • Wikipédia en anglais, articles « Vaporwave », « Floral Shoppe », « Chuck Person’s Eccojams Vol. 1 », « Far Side Virtual » et « Hardvapour » (consultés en septembre 2026).
  • Apple, Guide d’utilisation de Logic Pro pour Mac et Guide d’utilisation de MainStage (Quick Sampler, Tape Delay, Varispeed, Flex).
  • Cour de justice de l’Union européenne, arrêt Pelham GmbH e.a. c/ Ralf Hütter et Florian Schneider-Esleben, affaire C-476/17, 29 juillet 2019.

Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro et MainStage depuis 20 ans. Qui sommes-nous ?