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EDM

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EDM est le sigle d’electronic dance music. Le terme désigne au sens large toute la musique électronique destinée à la danse, et dans l’usage courant la vague commerciale des années 2010 : house progressive, big room, electro house et dubstep américain, réunis par une même architecture de morceau bâtie sur le build-up et le drop. Un tempo autour de 128 BPM, un kick sur chaque temps et une compression side-chain très audible en forment la signature sonore.

Qu’est-ce que l’EDM ?

L’expression electronic dance music circule depuis longtemps : on la trouve dès 1980 sur la pochette du single « European Man » du groupe britannique Landscape, dont le producteur Richard James Burgess est souvent crédité de cet emploi précoce. Mais le sigle « EDM » n’a pris son sens actuel que trente ans plus tard, aux États-Unis, lorsque l’industrie musicale a regroupé sous une étiquette unique et vendable des musiques venues de scènes très différentes — la house de Chicago, la techno de Detroit, la trance européenne, le dubstep britannique. Aucune date de naissance ne convient donc à l’EDM : c’est une opération de nomination étalée sur plusieurs années, pas un genre né un soir dans un club.

Quelques jalons documentés balisent cette montée en puissance. Billboard crée un classement Dance/Mix Show Airplay en 2003, puis un classement Dance/Electronic Songs en janvier 2013. La prestation de Daft Punk à Coachella en 2006 est souvent citée comme un tournant pour le public américain, et à partir de 2009 David Guetta fait entrer le son de club dans les radios généralistes. En juin 2012, Robert F. X. Sillerman relance SFX Entertainment comme conglomérat dédié à l’EDM : le festival électronique est devenu une industrie.

Gardez les deux acceptions en tête. Au sens large, EDM est un mot-valise qui englobe house, techno, trance, drum and bass ou dubstep. Au sens restreint — celui qu’emploient la plupart des auditeurs en France — il désigne ce son de main stage des années 2010, à mi-chemin entre house progressive et pop. C’est ce second sens que traite cette fiche.

EDM ou techno : ne pas confondre

La confusion est fréquente. La techno est un genre identifié, né à Detroit au milieu des années 1980, qui tourne généralement entre 130 et 150 BPM. Elle fonctionne par boucles et variations progressives de timbre : pas de refrain, pas de drop attendu, le morceau se transforme lentement et se destine à être enchaîné par un DJ pendant des heures. Son esthétique est machinique, souvent volontairement sèche.

L’EDM au sens restreint fait l’inverse : il emprunte à la pop sa forme fermée — intro, couplet, build-up, drop, second drop, outro — sur trois à quatre minutes, avec un point culminant que l’auditeur anticipe. Le tempo se resserre autour de 126-130 BPM, les nappes sont larges et brillantes, le mixage vise un volume élevé. Là où la techno cherche l’hypnose, l’EDM cherche le sommet. Mêmes machines, logiques d’écriture opposées.

Les caractéristiques musicales

Le rythme

Signature 4/4, sans exception notable. Le kick tombe sur les quatre temps — le four-on-the-floor hérité du disco et de la house. Le clap ou la caisse claire répond sur les temps 2 et 4. Un charleston ouvert se place sur les contretemps, c’est-à-dire sur les croches situées entre les temps : c’est lui qui donne la sensation de balancement continu.

Côté tempo, 128 BPM est la valeur par défaut : « Clarity » de Zedd tourne à 128. La house progressive descend vers 124-126 — « Wake Me Up » d’Avicii est à 124. Le dubstep et la trap de festival montent à 140-150 BPM mais se jouent en half-time, la caisse claire ne tombant qu’un temps sur deux, d’où une sensation de 70-75 BPM. La fiche BPM détaille la conversion tempo/millisecondes.

La structure type se compte en barres : intro DJ de 16 barres, premier break, build-up de 8 à 16 barres, drop de 16 à 32 barres, second break, second drop, outro.

L’harmonie

L’harmonie est délibérément simple : quatre accords bouclés, tenus du début à la fin, sans modulation. Les tonalités mineures dominent — « Levels » d’Avicii est en do dièse mineur.

  • vi–IV–I–V, en do majeur : Am – F – C – G. La progression la plus répandue de la pop électronique.
  • i–VI–III–VII, en la mineur : les mêmes accords, mais entendus depuis la tonique mineure. Couleur différente selon l’accord de départ.
  • i–VII–VI–VII, en do dièse mineur : C#m – B – A – B. Plus tendue, très utilisée dans le big room.

Les accords sont souvent enrichis d’une septième ou d’une neuvième pour élargir la nappe (Fmaj7, Am9), mais la fonction reste élémentaire : la dominante y joue un rôle moins directeur qu’en musique tonale classique, car la tension ne vient pas de l’harmonie mais du filtrage, du volume et de la densité rythmique. Le « refrain » est le plus souvent une mélodie de synthé lead, pas une ligne chantée.

L’instrumentation

Aucun instrument acoustique n’est requis. Le socle comprend une batterie échantillonnée (kick lourd et court, clap large, charleston fermé et ouvert), une basse sinusoïdale dans le grave, un lead supersaw — plusieurs dents de scie désaccordées jouées simultanément — et une nappe d’accords. S’y ajoutent des éléments sans hauteur définie : montées de bruit blanc, impacts, effets inversés. La voix, quand elle est là, colore le break plus qu’elle ne mène le morceau.

Reproduire l’EDM en home studio

Réglez le projet à 128 BPM en 4/4. La grille doit être rigide : quantifiez à la croche ou à la double croche sans swing, contrairement au groove d’un morceau funk ou hip-hop. La fiche quantification détaille les réglages de force et de plage dans Logic Pro.

  • Batterie. Drum Machine Designer, piloté au Step Sequencer. Kick sur les pas 1, 5, 9 et 13 d’une grille de 16 ; clap sur 5 et 13 ; charleston ouvert sur 3, 7, 11 et 15.
  • Kick. L’élément central. Channel EQ : coupe-bas à 30 Hz, bosse légère vers 60-80 Hz pour le corps, creux modéré entre 200 et 400 Hz, appui vers 2-4 kHz pour le clic d’attaque.
  • Side-chain. Logic Pro ne propose pas de plug-in dédié au ducking automatique : on passe par le Compressor. Insérez-le sur la basse et sur la nappe, choisissez la piste de kick dans le menu Side Chain en haut à droite, ratio 4:1, attaque au minimum, release 120 à 150 ms à 128 BPM (une noire y dure 469 ms, la nappe a donc le temps de revenir), seuil réglé pour 4 à 6 dB de réduction. Seconde méthode, plus contrôlable : dessiner la courbe de volume en automation.
  • Lead supersaw. Logic Pro n’a pas d’oscillateur « supersaw » tout fait ; il se fabrique. Dans l’ES2, mettez les trois oscillateurs en dent de scie, montez le paramètre Analog vers 0,3-0,5 pour les désaccorder, ouvrez le filtre. Alchemy fait le même travail avec son moteur virtual analog et empile davantage de voix. Ajoutez un Chorus discret et un coupe-bas à 200 Hz au Channel EQ.
  • Basse. Retro Synth en mode Analog, onde sinus, monophonique, coupe-haut vers 200 Hz. Gardez-la au centre : pas de stéréo dans le grave.
  • Build-up. Une piste de bruit blanc avec automation du cutoff sur 8 barres, un roulement de caisse claire passant de la croche à la double puis à la triple, un Tape Delay dont le feedback augmente. Coupez tout sur la dernière croche avant le drop : ce silence fait la moitié de l’effet.
  • Effets et niveau. ChromaVerb ou Space Designer sur le lead, reverb courte de 1,2 à 1,8 s, mix 15-20 % ; Tape Delay synchronisé à la croche pointée ; Phat FX pour épaissir un lead maigre, Remix FX pour les filtres et le tape stop joués en direct. En sortie, Compressor sur le bus puis Limiter, en visant environ -14 LUFS intégré pour le streaming.

Sur scène, MainStage reprend les mêmes instruments (Alchemy, ES2, Retro Synth) et y ajoute les modules Playback, pour lancer les pistes préenregistrées, et Loopback, pour boucler en direct : le concert se construit comme une suite de patches, un par section du set. Nos formations professionnelles abordent la production Logic Pro et le jeu en live.

Artistes et morceaux de référence

  • Skrillex — Scary Monsters and Nice Sprites (EP, 2010) : le disque qui impose le dubstep américain, récompensé par deux Grammy Awards en 2012.
  • Avicii — « Levels » (2011) : house progressive en do dièse mineur, sur un sample vocal d’Etta James et un side-chain très marqué.
  • David Guetta feat. Sia — « Titanium » (2011) : la rencontre entre production de club et écriture pop, extrait de Nothing but the Beat.
  • Zedd feat. Foxes — « Clarity » (2012) : 128 BPM en la bémol majeur, la structure build-up/drop appliquée à une chanson complète.
  • Swedish House Mafia feat. John Martin — « Don’t You Worry Child » (2012) : l’archétype du morceau de main stage.
  • Martin Garrix — « Animals » (2013) : big room presque entièrement instrumental, dont le drop réduit à quelques percussions a fait école.
  • Avicii — « Wake Me Up » (2013) : 124 BPM en si mineur, guitare acoustique et voix d’Aloe Blacc — l’EDM s’ouvre à d’autres instrumentations.

Questions fréquentes

L’EDM est-il vraiment un genre musical ?

Pas au sens strict. C’est d’abord une catégorie commerciale, forgée par l’industrie américaine dans les années 2010 pour regrouper des musiques de danse aux origines distinctes. Beaucoup de producteurs refusent l’étiquette et préfèrent nommer leur sous-genre : house progressive, big room, electro house. Le mot désigne néanmoins, dans l’usage courant, un son reconnaissable.

Quelle différence entre l’EDM et la techno ?

La techno est un genre daté et situé — Detroit, milieu des années 1980 — qui procède par boucles et transformations lentes, sans point culminant programmé, entre 130 et 150 BPM. L’EDM emprunte la forme fermée de la pop, avec un drop attendu, et se stabilise autour de 128 BPM.

À quel tempo produire un morceau EDM ?

128 BPM convient à la grande majorité des morceaux. Descendez à 124-126 pour une house progressive plus ample, montez à 140-150 pour une inspiration dubstep ou trap — dans ce cas la caisse claire ne tombe qu’un temps sur deux et le morceau s’écoute à la moitié du tempo affiché.