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Country
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Le country est une musique populaire américaine née dans le sud des États-Unis au cours des années 1920, bâtie sur une chanson courte, une voix qui raconte une histoire et un accompagnement de cordes. Les maisons de disques sont allées enregistrer sur place les musiciens ruraux des Appalaches et du Sud, et ont créé un marché qui a fini par produire sa propre tradition. L’instrumentation de base réunit guitare, fiddle (violon joué à la manière populaire), banjo et contrebasse, rejoints à partir des années 1950 par la pedal steel (guitare posée à plat dont des pédales font glisser certaines notes) et la guitare électrique. Les tempos couvrent une plage large, d’environ 50 à 160 BPM (battements par minute), l’essentiel du répertoire se tenant entre 90 et 130. Trois familles rythmiques y reviennent sans cesse : le two-beat (basse sur les temps 1 et 3, accord sur 2 et 4), le train beat (caisse claire en doubles-croches, c’est-à-dire quatre notes par temps, accentuée sur 2 et 4) et le shuffle ternaire (chaque temps divisé en trois). Jimmie Rodgers, The Carter Family, Hank Williams, Patsy Cline, Johnny Cash, Buck Owens, Loretta Lynn, Dolly Parton, Willie Nelson, George Strait et Chris Stapleton en dessinent la ligne principale.
- PériodeDes années 1920 à aujourd’hui
- FoyerSud des États-Unis, Nashville, Bakersfield
- Tempo50 à 160 BPM, le plus souvent 90 à 130
- RythmeTwo-beat, train beat, shuffle ternaire
- InstrumentsGuitare, fiddle, banjo, pedal steel, contrebasse
Le country en bref
- Origine : les séances d’enregistrement itinérantes des années 1920 dans le sud des Appalaches, la radio du barn dance (émission de musique rurale) et les disques alors vendus sous l’étiquette hillbilly (le mot désignait un montagnard, de façon moqueuse).
- Son : une voix narrative très en avant, des cordes acoustiques, la pedal steel et la Telecaster (guitare Fender au son clair et mordant) à partir des années 1950, une réverbération courte et une production qui laisse la place aux mots.
- Trois albums : At Folsom Prison (1968), Red Headed Stranger (1975), Golden Hour (2018).
- En home studio : un tempo stable, une grille de trois accords (la suite d’accords qui se répète), une guitare acoustique en boom-chick (basse sur 1 et 3, accord sur 2 et 4), une basse qui marque les fondamentales et une seule voix bien placée suffisent à poser le style. La section Reproduire le country en home studio donne les réglages.
- La chanson d’abord : le country se juge au texte et à la mélodie ; la formule three chords and the truth, attribuée au parolier Harlan Howard, résume une esthétique où la production ne doit jamais couvrir l’histoire.
Trois albums cultes pour entrer dans le country
- At Folsom PrisonJohnny Cash, 1968
Enregistré le 13 janvier 1968 devant les détenus de la prison d’État de Folsom, en Californie, avec les Tennessee Three : deux guitares électriques, une basse et la batterie de W. S. Holland. Écoutez « Folsom Prison Blues » pour l’accompagnement à deux temps, la caisse claire en train beat et le solo volontairement rude.
Écouter sur Apple Music - Red Headed StrangerWillie Nelson, 1975
Album-concept dépouillé, enregistré pour une somme dérisoire et livré tel quel à Columbia, qui le trouva trop nu. « Blue Eyes Crying in the Rain » tient sur une guitare, une basse et un piano : c’est l’un des disques manifestes du courant outlaw (les artistes qui reprennent le contrôle de leurs disques).
Écouter sur Apple Music - Golden HourKacey Musgraves, 2018
Récompensé du Grammy de l’album de l’année en 2019, il montre comment on écrit du country en gardant la pedal steel tout en assumant les nappes de synthétiseur (sons tenus qui remplissent le fond) et le vocodeur. « Slow Burn » et « Space Cowboy » donnent la mesure de cet équilibre.
Écouter sur Apple Music
Pochettes et liens Apple Music.
Qu’est-ce que le country ?
Le country est la musique populaire du sud des États-Unis telle que l’industrie du disque l’a commercialisée à partir de 1923 sous une étiquette réservée aux artistes blancs, puis telle qu’elle n’a cessé de se redéfinir depuis. Cette définition en deux temps est nécessaire : le country n’est pas un répertoire ancien conservé intact, c’est une catégorie commerciale née d’un marché et qui a ensuite produit sa propre tradition.
Ce qui existait avant
Avant le premier disque, il y a un fonds de musiques transmises par l’oreille. Les ballades narratives et les airs de danse des îles Britanniques, apportés par les migrants écossais, irlandais et anglais, fournissent les mélodies et surtout le goût du récit chanté à la première personne. Le chant religieux protestant, et notamment la lecture par formes de notes (shape-note singing, une notation où la forme de la tête de note indique le degré), installe les harmonies à la tierce et à la sixte, ces deuxièmes voix qui suivent la mélodie en parallèle, que l’on retrouvera chez The Louvin Brothers ou The Everly Brothers. Le banjo, lui, vient d’Afrique de l’Ouest : importé par les personnes réduites en esclavage, il passe aux musiciens blancs par le spectacle de minstrel au XIXe siècle. Le blues rural donne enfin au country ses tournures mélodiques et sa forme en douze mesures.
Ces répertoires n’étaient pas nettement séparés par couleur de peau : les musiciens noirs et blancs du Sud jouaient les mêmes airs dans les mêmes bals. Le guitariste noir Lesley Riddle accompagnait A. P. Carter dans ses collectes de chansons, et son jeu a marqué celui de Maybelle Carter ; l’harmoniciste DeFord Bailey fut l’un des premiers artistes réguliers du Grand Ole Opry. La séparation en deux catalogues commerciaux, race records d’un côté et hillbilly records de l’autre, est une décision d’industriels, pas une réalité musicale.
La naissance
En juin 1923, à Atlanta, le producteur Ralph Peer enregistre pour OKeh le violoneux Fiddlin’ John Carson : ce disque est souvent considéré comme le premier enregistrement commercial de musique hillbilly comportant un chant. Le 28 novembre 1925, la station WSM de Nashville lance le WSM Barn Dance, une émission de musique rurale conçue par l’animateur George D. Hay ; le 10 décembre 1927, Hay la rebaptise à l’antenne Grand Ole Opry, par plaisanterie, après une heure de musique classique diffusée par NBC qu’il présente comme du grand opéra.
Entre le 25 juillet et le 5 août 1927, Ralph Peer, passé chez Victor Talking Machine Company, installe un studio mobile au troisième étage d’un immeuble de State Street, à Bristol, à la frontière du Tennessee et de la Virginie. Il y enregistre The Carter Family les 1er et 2 août, puis Jimmie Rodgers le 4 août. Ces séances, souvent décrites comme le « big bang » du country, fixent les deux branches du genre : d’un côté la chanson de famille, religieuse et domestique, portée par le jeu de guitare de Maybelle Carter ; de l’autre le chanteur solitaire, voyageur et bluesy, avec le yodel de Jimmie Rodgers, cette bascule rapide entre voix de poitrine et voix de tête.
L’origine du mot
Le mot « country » s’impose tard. Les disques sont d’abord vendus comme hillbilly. En 1944, le magazine professionnel Billboard abandonne cette étiquette pour « folk songs and blues », puis adopte en 1949 « country and western », qui réunit deux répertoires distincts : celui des Appalaches et du Sud rural d’une part, celui des cow-boys chantants du cinéma hollywoodien des années 1930 et 1940 d’autre part, dont Gene Autry et The Sons of the Pioneers furent les figures. L’abréviation « country » s’installe ensuite dans les années 1960 et 1970.
Une mutation permanente plutôt qu’une fin
Le country n’a pas de date de décès : il se stratifie. Chaque durcissement commercial provoque un retour aux sources, et chaque retour aux sources finit par produire son propre standard. Le Nashville sound, cette production lissée à cordes et à chœurs, adoucit le genre à la fin des années 1950 ; le Bakersfield sound et les outlaws le redressent dans les années 1960 et 1970 ; le bro-country des années 2010 l’adosse au rock de radio, et l’americana, ce country de studio dépouillé qui vit hors des grandes radios, lui répond. C’est ce balancier, plus qu’une liste d’instruments, qui définit le genre.
Le country en sept dates
- 1923Le premier disqueÀ Atlanta, Ralph Peer enregistre Fiddlin’ John Carson pour OKeh : souvent considéré comme le premier disque commercial de musique hillbilly chantée.
- 1927Les séances de BristolDu 25 juillet au 5 août, Peer enregistre la Carter Family et Jimmie Rodgers : les deux branches du genre sont fixées.
- 1949Hank Williams entre à l’OpryLe 11 juin, il chante « Lovesick Blues » au Grand Ole Opry ; la légende veut qu’il ait été rappelé six fois.
- 1954La pedal steel devient un standardLe numéro un de Webb Pierce, « Slowly », enregistré fin 1953 avec Bud Isaacs à la pedal steel, impose l’instrument auprès de toute la profession.
- 1968Johnny Cash à FolsomLe 13 janvier, Cash enregistre devant les détenus de la prison d’État de Folsom l’album qui relancera sa carrière.
- 1976Les hors-la-loi passent platineLa compilation Wanted! The Outlaws est généralement présentée comme le premier album de country certifié disque de platine aux États-Unis.
- 2024Le country rouvre son récitAvec Cowboy Carter, Beyoncé devient la première femme noire à se classer numéro un du palmarès Hot Country Songs de Billboard, avec « Texas Hold ’Em ».
Le morceau pour comprendre
« Jolene », enregistré par Dolly Parton le 22 mai 1973 au studio B de RCA à Nashville et publié en 45 tours le 15 octobre de la même année, dure 2 min 42 et contient tout ce qu’il faut savoir. De 0:00 à environ 0:10, une guitare acoustique jouée au pouce, celle de Chip Young, déroule le motif descendant qui servira de fil à tout le morceau : quatre notes, rien d’autre. Vers 0:10, la chanson attaque directement par le refrain, ce qui est rare et redoutablement efficace. La grille est de trois accords en mode mineur, répétés sans jamais changer de tonalité. À partir du deuxième couplet, une seconde guitare, celle de Wayne Moss, entre avec une partie complémentaire qui épaissit l’image stéréo. Écoutez enfin la voix : elle reste presque toujours dans le même ambitus (l’écart entre sa note la plus grave et la plus aiguë), serrée, et c’est la répétition du prénom, quatre fois de suite, qui fait office de crochet mélodique, ce que les auteurs appellent le hook. Aucun changement d’arrangement spectaculaire, aucune montée : le country fait confiance à la chanson.
Les caractéristiques musicales
Le rythme
Le country se joue presque toujours à quatre temps, avec deux exceptions notables : la valse country à trois temps, très présente au Texas, et le shuffle ternaire. Les tempos vont d’environ 50 BPM pour une ballade ternaire comme « Tennessee Whiskey » à 160 BPM pour un honky-tonk rapide, en passant par 70 BPM environ pour une ballade binaire comme « Crazy » ; la majorité du répertoire se tient entre 90 et 130 BPM. Trois accompagnements dominent.
- Le two-beat : la contrebasse ou la basse joue la fondamentale (la note qui donne son nom à l’accord) sur les temps 1 et 3, la guitare ou le piano plaque l’accord sur 2 et 4. C’est le squelette de l’essentiel du répertoire d’avant 1955, et on l’appelle aussi boom-chick.
- Le train beat : la caisse claire joue les seize doubles-croches de la mesure, avec deux accents sur les temps 2 et 4 et des notes fantômes (frappes très faibles, de l’ordre de 20 à 30 % de la force d’une frappe normale) partout ailleurs. La grosse caisse marque les temps 1 et 3. L’effet imite le roulement d’un train.
- Le shuffle : chaque temps se divise en trois (un triolet de croches) au lieu de deux, et l’on ne joue que la première et la troisième note du triolet. C’est ce trou au milieu qui donne le balancement de « Your Cheatin’ Heart » ou des enregistrements de Ray Price à partir de 1956.
Voici le train beat, dessiné sur une mesure de 4/4 découpée en seize doubles-croches, à 132 BPM. Les pas 1, 5, 9 et 13 sont les quatre temps. La caisse claire frappe fort sur les pas 5 et 13 ; ailleurs, elle joue des notes fantômes. La grille ne comporte volontairement ni charleston ni cymbale ride : dans un train beat, les deux mains alternent sur la caisse claire et il ne reste aucune main disponible, le charleston étant au mieux refermé au pied sur les temps 2 et 4. La variante proposée ajoute la grosse caisse sur les temps 2 et 4, ce qui la fait tomber sur les quatre temps : c’est le réflexe du country rock puis du country de radio, à partir des années 1970, pas celui du honky-tonk des années 1950.
Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon.
L’harmonie
Le country est le répertoire des trois accords. La tonique, la sous-dominante et la dominante (le premier, le quatrième et le cinquième accord de la tonalité, notés I, IV et V) suffisent à des milliers de chansons. À Nashville, les musiciens de séance, ces professionnels payés à la demi-journée d’enregistrement, ne lisent pas des noms d’accords mais des chiffres : c’est le Nashville Number System, mis au point à la fin des années 1950 par Neal Matthews Jr., arrangeur vocal du quatuor The Jordanaires, puis étendu aux autres instruments par Charlie McCoy au début des années 1960. Une grille notée 1-4-5-1 se transpose dans n’importe quelle tonalité sans réécrire la feuille, ce qui compte quand on adapte le morceau à la voix du chanteur cinq minutes avant la prise.
Quatre couleurs reviennent ensuite.
- L’accord de septième de dominante, hérité du blues, c’est-à-dire le cinquième accord enrichi d’une note qui appelle la résolution : il donne le grain du honky-tonk.
- Le septième degré abaissé, noté ♭VII et emprunté au mode mixolydien (une gamme majeure dont la septième note est abaissée d’un demi-ton), qui installe la teinte sudiste du country rock.
- La progression I-V-vi-IV, venue de la pop, très fréquente dans le country de radio depuis les années 1990 ; le « vi » en minuscules signale un accord mineur.
- Le mode mineur, minoritaire mais spectaculaire, qui donne des chansons comme « Jolene ».
Les grilles ci-dessous sont toutes écrites en do majeur, sauf l’avant-dernière, en la mineur, afin de pouvoir les comparer à l’oreille.
Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en do majeur (en la mineur pour la cinquième grille), une boucle de quatre mesures.
L’instrumentation
Le noyau acoustique comprend la guitare, le fiddle, le banjo, la mandoline, le dobro (guitare à résonateur métallique jouée à plat avec une barre d’acier) et la contrebasse. À partir de 1950, deux instruments électriques redéfinissent le son. La pedal steel, guitare à cordes horizontales dotée de pédales et de leviers de genou qui permettent de modifier la hauteur de certaines cordes pendant qu’un accord sonne, produit ces glissements impossibles à obtenir autrement ; le numéro un de Webb Pierce en 1954 l’impose en moins de deux ans auprès de la profession. La Fender Telecaster, guitare au corps plein et au son clair et mordant, devient l’emblème de Bakersfield chez Buck Owens et Merle Haggard.
Le piano, la batterie et les sections de cordes arrivent plus tard. La batterie est longtemps tenue à l’écart de la scène du Grand Ole Opry, et reste jouée discrètement, souvent aux balais, ces baguettes en fils métalliques au son brossé. Les cordes et les chœurs sont l’apport du Nashville sound : à partir de 1957, les producteurs Chet Atkins chez RCA Victor et Owen Bradley chez Decca retirent le fiddle et la steel, jugés trop rustiques, pour installer des nappes de violons et des chœurs. Le procédé s’accentue dans les années 1960 sous le nom de countrypolitan, notamment avec le producteur Billy Sherrill. Depuis les années 2010, les synthétiseurs et les boîtes à rythmes sont entrés dans le country grand public, ce qui reste un sujet de dispute permanent dans le milieu.
La voix et la forme
La voix country se reconnaît à trois traits. Le premier est l’accent : les voyelles du Sud, tirées et dédoublées, produisent ce que l’on appelle le twang, un timbre nasal et serré. Le deuxième est la cassure, ce petit décrochage entre la voix de poitrine, celle qu’on parle, et la voix de tête, plus aiguë et légère, hérité du yodel de Jimmie Rodgers et audible chez Lefty Frizzell ou Dwight Yoakam. Le troisième est l’harmonie à deux ou trois voix, presque toujours à la tierce au-dessus ou à la sixte en dessous.
La forme est courte et répétitive : couplet, refrain, couplet, refrain, pont ou solo instrumental, refrain final. Le titre de la chanson apparaît presque toujours dans la première ou la dernière ligne du refrain, un principe d’écriture que l’on nomme le hook. Les durées dépassent rarement trois minutes trente. Les thèmes sont délimités et assumés comme tels : le travail, la famille, la route, l’alcool, la perte, la foi, le lieu d’origine.
Exercice d’écoute
Écoutez « Folsom Prison Blues » puis « Crazy », et répondez à ces trois questions avant de lire les réponses données ensuite.
- 1. Sur « Folsom Prison Blues », vers 0:20, que joue la caisse claire entre les deux accents des temps 2 et 4 ?
- 2. Sur « Crazy », dès l’introduction, combien de subdivisions entendez-vous par temps ? Comptez « un-deux-trois » sur chaque temps : si cela tombe juste, c’est ternaire.
- 3. Quel instrument tient le rôle décoratif entre les phrases chantées de « Crazy » ?
- Réponse 1 : une série de doubles-croches très faibles, les notes fantômes du train beat, jouées par W. S. Holland. Ce que vous apprenez : à entendre la différence entre un accent et une note fantôme, qui est toute la matière de ce motif.
- Réponse 2 : trois ; le morceau est ternaire, malgré un tempo très lent, aux environs de 70 BPM. Ce que vous apprenez : à distinguer un binaire lent d’un ternaire lent, ce qui change entièrement la façon de programmer une batterie.
- Réponse 3 : le piano et les chœurs des Jordanaires, pas le fiddle ni la steel, retirés par le producteur Owen Bradley ; comparez avec « Your Cheatin’ Heart », où le fiddle et la steel sont bien là. Ce que vous apprenez : à identifier un arrangement Nashville sound à ce qu’il enlève autant qu’à ce qu’il ajoute.
Quelle différence entre le country, le bluegrass et le folk ?
En une phrase : le bluegrass est un sous-genre acoustique et rapide du country, joué sans batterie entre 140 et 180 BPM, tandis que le country au sens large adopte l’électricité, la pedal steel et une plage de tempos de 50 à 160 BPM ; le folk, lui, n’est pas un sous-genre du country mais un voisin distinct, plus lent et centré sur la voix et la guitare. Quatre critères permettent de les départager.
- La période. Le country s’industrialise à partir de 1923. Le bluegrass se fixe au milieu des années 1940 autour de Bill Monroe et de ses Blue Grass Boys. Le folk américain au sens moderne, celui du revival, apparaît dans les années 1940 et 1950 comme un mouvement de collecte et d’engagement, avant son explosion commerciale au début des années 1960.
- Le tempo. Le bluegrass tourne vite, souvent entre 140 et 180 BPM, avec une pulsation de mandoline sur les temps faibles. Le country couvre une plage bien plus large, de 50 à 160 BPM. Le folk se joue généralement entre 70 et 120 BPM, la vitesse n’étant pas un enjeu.
- L’instrumentation. Le bluegrass est acoustique par principe, sans batterie, avec des solos improvisés à tour de rôle. Le country adopte tôt l’électricité, la batterie et la pedal steel, et fait jouer les solos sur des parties écrites ou très cadrées. Le folk se satisfait souvent d’une guitare et d’une voix.
- La production. Le country est une musique de studio et de radio : le disque est l’objectif. Le bluegrass reste une musique de groupe autour d’un ou deux micros, jouée en direct. Le folk privilégie la prise brute et l’ambiance de salle, quitte à laisser les défauts.
La frontière n’est pas étanche : Ricky Skaggs a fait des numéros un country avec un groupe de bluegrass, et Gillian Welch ou Rhiannon Giddens circulent librement entre les trois étiquettes.
Sous-genres et styles voisins
- Honky-tonkDes années 1940 aux années 1950, 120 à 160 BPMNé dans les bars à danser du Texas et de l’Oklahoma, il impose la guitare électrique, la pedal steel et des textes sur l’alcool et l’infidélité. Ernest Tubb, Hank Williams, Lefty Frizzell et Webb Pierce en sont les modèles.
- Western swingAnnées 1930 et 1940, 140 à 200 BPM, soit au-dessus de la plage habituelle du countryUn orchestre de danse texan qui mêle le fiddle des Appalaches, le swing des grandes formations et le blues. Bob Wills and His Texas Playboys en fixent le répertoire.
- BluegrassÀ partir du milieu des années 1940, 140 à 180 BPMUne formation acoustique menée par la mandoline et le banjo à cinq cordes joué en three-finger picking, un jeu à trois doigts en boucles rapides. Les solos s’improvisent à tour de rôle, comme dans le jazz.Lire la fiche
- Nashville sound et countrypolitan1957 à 1975, 60 à 110 BPMLa réponse commerciale au rock’n’roll : on retire le fiddle et la steel, on ajoute cordes et chœurs. Chet Atkins et Owen Bradley d’abord, Billy Sherrill ensuite.
- Bakersfield soundAnnées 1960, 110 à 150 BPMLa contre-offensive californienne : deux Telecaster, une batterie franche et un refus assumé du vernis de Nashville. Buck Owens, Merle Haggard et Wynn Stewart en sont les artisans.
- Outlaw countryAnnées 1970, 80 à 130 BPMDes artistes qui reprennent le contrôle de leurs séances et de leur image, souvent en enregistrant hors des studios de Music Row. Waylon Jennings, Willie Nelson, Kris Kristofferson.
- Country rock et americanaDe 1968 à aujourd’hui, 90 à 140 BPMLe point de rencontre avec le rock, ouvert par Gram Parsons et les Byrds, prolongé par l’americana à partir des années 1990. Une production de groupe, des textes littéraires.
- Country pop et bro-countryDes années 1990 aux années 2010, 90 à 140 BPMLe country de radio : structures de pop, grosse production, batterie compressée. Shania Twain d’abord, puis la vague masculine des années 2010 surnommée bro-country.
La démarche artistique
Le country est, plus que la plupart des genres, une industrie d’auteurs. À Nashville, l’écriture est un métier à plein temps : des centaines de paroliers sont sous contrat d’édition, c’est-à-dire qu’un éditeur les rémunère pour écrire et se charge de placer leurs chansons. Ils se retrouvent en séances de co-écriture de trois heures, souvent deux fois par jour, et proposent le résultat aux interprètes. Deux règles y sont constantes : on écrit à deux ou trois, et on partage à parts égales quelle qu’ait été la contribution de chacun ; une feuille de répartition est signée le jour même, et une maquette enregistrée au téléphone part avec les auteurs. Les writers rounds, ces soirées où quatre auteurs jouent à tour de rôle assis en cercle, parfois dans une salle aussi petite que le Bluebird Cafe, sont le lieu où une chanson se teste avant d’exister.
En studio, la pratique historique est celle du groupe qui joue ensemble. Les musiciens écoutent la maquette une ou deux fois, écrivent chacun leur charte en chiffres pendant l’écoute, le leader fixant la forme, puis enregistrent trois ou quatre titres en trois heures. Le résultat garde des micro-décalages entre les instruments, et c’est ce flottement, plus que la précision, qui fait sonner un disque country. Précision utile : depuis les années 2000, ces prises de groupe sont ensuite recalées sur la grille et la voix est corrigée en hauteur ; le flottement des disques actuels est donc un flottement qu’on a choisi de garder. La démarche outlaw des années 1970 n’a pas inventé autre chose ; elle a simplement refusé que le producteur choisisse les musiciens et les chansons à la place de l’artiste.
Jouer le country sur scène
Le country de club et d’americana reste une musique de groupe jouée sans filet. Dès le niveau festival, en revanche, la norme est le clic dans les oreillettes et des pistes additionnelles lancées depuis un séquenceur. Quand un clavier doit couvrir le piano, l’orgue et des nappes dans le même morceau, MainStage est l’outil adapté : il permet d’empiler plusieurs instruments par plages de touches dans un même patch (la configuration sonore complète, rappelée d’un seul geste), de passer d’un patch à l’autre au pied et de garder les réglages du studio. Attention toutefois : les Session Players de Logic Pro, dont Drummer et Bass Player, ainsi que Flex, Mastering Assistant et Stem Splitter, n’existent pas dans MainStage. Ce qui a été généré par un Session Player doit être exporté en audio ou en MIDI avant la scène.
Le country aujourd’hui
Le country vit l’une de ses périodes les plus fastes. Depuis 2022, Zach Bryan, Morgan Wallen, Luke Combs et Lainey Wilson occupent régulièrement le haut des classements généralistes américains, et non plus seulement les palmarès de genre. En 2026, selon Billboard, Ella Langley domine l’année : son titre « Choosin’ Texas » a passé une vingtaine de semaines non consécutives au numéro un du Hot 100, son album Dandelion a pris la première place du Billboard 200, et elle a remporté sept récompenses en une soirée aux ACM Awards, les prix de l’Academy of Country Music.
Le genre a aussi rouvert son récit. En 2019, Billboard avait retiré « Old Town Road » de Lil Nas X de son classement country, déclenchant un débat public sur les frontières du genre et sur la place des artistes noirs. Cinq ans plus tard, Cowboy Carter de Beyoncé, publié le 29 mars 2024, a remporté le Grammy de l’album de l’année et celui du meilleur album country en février 2025, en invitant sur le disque Linda Martell, première femme noire à s’être produite au Grand Ole Opry, en 1969. Le travail de Rhiannon Giddens sur les origines ouest-africaines du banjo et celui de Mickey Guyton participent du même mouvement.
L’année 2026 restera aussi celle d’une disparition : Dolly Parton est morte le 25 août 2026, à 80 ans. Willie Nelson, lui, tourne toujours à 93 ans.
Faire du country en 2026 sans refaire 1975
Trois pistes fonctionnent. La première est de garder le fond et de changer la surface : une chanson de trois accords, un texte précis, et une production qui assume un synthétiseur ou un traitement moderne, comme le fait Kacey Musgraves sur Golden Hour. La deuxième est de travailler la prise plutôt que l’arrangement : un groupe dans une pièce, peu de micros, quelques défauts laissés en place, comme chez Tyler Childers sur Country Squire. La troisième est d’assumer le métissage, c’est-à-dire de reconnaître les dettes du country envers le blues, le gospel et les musiques noires, plutôt que de les effacer. Ce qui ne fonctionne pas, en revanche, c’est le pastiche : reproduire le grain d’un disque de 1975 sans avoir la chanson qui va avec produit un objet vide.
Douze artistes pour commencer
Jimmie RodgersMeridian, 1927-1933
The Carter FamilyMaces Spring, 1927-1943
Hank WilliamsMontgomery, 1947-1953
Patsy ClineWinchester, 1957-1963
Johnny CashMemphis, 1955-2003
Buck OwensBakersfield, 1959-2006
Merle HaggardBakersfield, 1963-2016
Loretta LynnButcher Hollow, 1960-2022
Dolly PartonSevierville, 1967-2026
Willie NelsonAbbott, 1962 à aujourd’hui
Emmylou HarrisBirmingham, 1975 à aujourd’hui
Chris StapletonKentucky, en solo depuis 2015
Reproduire le country en home studio
Cette section suppose que vous savez créer un projet, poser un tempo, enregistrer une piste, et que vous avez déjà ouvert l’éditeur MIDI et une tranche de console. Si ce n’est pas encore le cas, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro, puis revenez ici.
La tonalité, avant tout le reste
La première décision d’une séance country n’est pas technique. Chantez le refrain, pas le couplet : il doit tomber dans le haut de votre registre confortable, à deux ou trois demi-tons de votre note la plus haute tenable. Montez ou descendez par demi-tons jusqu’à ce que ce soit juste, notez la tonalité et ne la rediscutez plus. Une chanson country dans la mauvaise tonalité ne se rattrape à aucun stade du mixage.
Le tempo et le balancement
- Fixez un tempo entre 96 et 120 BPM pour un morceau à tempo moyen, entre 116 et 160 BPM pour un train beat, entre 66 et 80 BPM pour une ballade.
- Laissez la signature en 4/4, sauf pour une valse country, qui se note en 3/4.
- Si vous partez d’une prise de guitare jouée sans clic, activez Smart Tempo en mode Adapt, nommé Adapter dans l’interface française, pour que le projet suive la prise.
- Ne touchez pas à Varispeed pour ajuster une seule piste : il change la vitesse de lecture de tout le projet.
- Rappelez-vous que Flex Time ne s’applique qu’à l’audio, que son mode Speed (FX) modifie la hauteur, et qu’une région ne suit le tempo du projet que si l’option Flex & Follow est activée.
La batterie
- Ouvrez une piste Drummer et choisissez le genre Songwriter, qui propose des batteurs acoustiques discrets ; Drummer reste en 4/4, donc une valse se programme à la main.
- Baissez la complexité au premier tiers et le volume de jeu juste sous la moitié : dans le country, la batterie accompagne, elle ne raconte pas.
- Convertissez la région Drummer en région MIDI par un clic secondaire sur la région, afin de reprendre les frappes à la main.
- Pour un train beat, posez les seize doubles-croches de caisse claire.
- Montez la vélocité (la force de frappe codée dans la note MIDI) à 110 sur les pas 5 et 13, et redescendez entre 25 et 32 sur les autres.
- Quantifiez à la double-croche avec un Q-Force (la force de quantification, réglée dans l’inspecteur de région) autour de 70 %, pour resserrer sans figer.
- Pour un shuffle, quantifiez à la croche et non à la double-croche, puis montez le Q-Swing à 66 % ; ce réglage n’agit que si une valeur de quantification est choisie, et il ne déplace que les pas pairs.
- Pour le côté traînant, retardez les deux accents de caisse claire de 20 à 40 ticks en laissant les notes fantômes sur la grille : Logic compte 960 ticks par noire, donc 240 par double-croche, et c’est le décalage entre l’accent et les fantômes qui produit l’effet.
- En mixage, insérez un Compressor, modèle Vintage VCA, rapport 4:1, attaque 20 ms, relâchement 100 ms, réglé pour 3 à 5 dB de réduction.
- Pour épaissir la frappe, ajoutez une compression parallèle : un départ vers un bus auxiliaire portant un Compressor très fermé, rapport 10:1, attaque rapide, 10 à 15 dB de réduction, réinjecté à 20 %. C’est une technique moderne, pas le procédé des années 1970.
La basse
- Ouvrez Studio Bass (Logic Pro 11) et choisissez le modèle American Upright pour le répertoire d’avant 1955, un modèle électrique joué au médiator ensuite.
- Jouez le two-beat : fondamentale sur le temps 1, quinte (la cinquième note de l’accord) sur le temps 3, et rien sur les temps 2 et 4, qui appartiennent à l’accord de guitare.
- Vous pouvez laisser Bass Player, le Session Player introduit avec Logic Pro 11, générer une première ligne à partir de la grille, puis la convertir en MIDI et la corriger.
- Coupez sous 30 Hz au Channel EQ pour retirer les grondements de pièce : le mi grave de la contrebasse comme de la basse électrique est à 41 Hz, et une coupure à 40 Hz entame déjà sa fondamentale.
- Compressez au Compressor, modèle Studio FET, rapport 4:1, pour 3 à 5 dB de réduction, afin que chaque note ait le même poids.
L’harmonie et les instruments
- Posez la grille en chiffres avant de jouer : 1-4-5-1 ou 1-5-6-4 se transposent ensuite sans effort.
- Servez-vous du capodastre pour garder les cordes à vide quelle que soit la tonalité : en mi bémol, on joue des positions de ré avec un capodastre à la première case.
- Enregistrez deux guitares acoustiques, l’une sans capodastre, l’autre capodastrée trois ou cinq cases plus haut avec d’autres positions : mêmes accords, notes différentes, et c’est de là que vient la largeur du son de Nashville.
- Jouez-les en boom-chick : basse au médiator sur les temps 1 et 3, accord étouffé sur 2 et 4.
- Au Channel EQ, posez un passe-haut (un filtre qui supprime tout ce qui est plus grave) à 80 Hz si la guitare porte l’arrangement, à 100 Hz seulement si une basse occupe déjà le grave.
- Creusez de 2 dB à 400 Hz et remontez de 2 dB entre 3 et 5 kHz pour l’attaque du médiator.
- Rejouez la seconde prise plutôt que de dupliquer la région, sans quoi le doublage s’effondre dès l’écoute en mono, et placez les deux versions à 60 % à gauche et à droite ; c’est une pratique moderne, pas un procédé des années 1950, où l’on enregistrait en mono.
- Pour la Telecaster, insérez un Compressor avant Amp Designer, modèle Vintage FET, rapport 4:1, attaque 10 ms, relâchement 80 ms, pour 4 à 6 dB de réduction : c’est cette chaîne qui produit la compression très audible du chicken pickin’, ce jeu au médiator et aux doigts qui claque les cordes.
- Réglez Amp Designer sur le modèle Large Black Panel Combo, gain à peine au-dessus du son clair, réverbération à ressort autour de 20 %, comme sur « I’ve Got a Tiger by the Tail » (Buck Owens, 1965).
- Pour approcher la pedal steel, absente de la bibliothèque d’instruments de Logic Pro, répartissez les trois notes de l’accord sur trois pistes distinctes et ne faites glisser qu’une seule voix à la molette de hauteur : le pitch bend agit sur tout le canal MIDI, alors que la pedal steel ne fait bouger qu’une corde pendant que les autres tiennent.
- Dessinez le gonflement de volume à la molette de modulation ou à une pédale d’expression assignée au CC 11 plutôt qu’en automation : c’est le geste du pied du joueur de steel.
- Pour un arrangement de Nashville sound, Studio Strings en articulation Sustain, avec l’option Legato Transitions cochée dans les paramètres étendus, joué en tenues longues dans le médium.
- Règle d’arrangement du country : les instruments décoratifs, pedal steel, fiddle, guitare solo, ne jouent pas en même temps que la voix, ils répondent dans les trous entre les phrases chantées.
Enregistrer et mixer la voix
- Chantez à quinze ou vingt centimètres du micro, avec un filtre anti-pop : le country tolère la proximité mais pas les plosives, ces « p » et ces « b » qui font claquer le micro.
- Posez un passe-haut à 80 Hz pour une voix aiguë, à 60 ou 70 Hz pour une voix grave, dont la fondamentale descend vers 85 Hz.
- Atténuez de 2 à 3 dB autour de 300 Hz si la voix est encombrée.
- Insérez un Compressor, modèle Vintage Opto ou Vintage FET, rapport 3:1, attaque 10 à 15 ms pour laisser passer les consonnes, relâchement 80 à 120 ms, pour 4 à 6 dB de réduction.
- Réglez un DeEsser 2, qui réduit les « s » sifflants, sur une fréquence entre 6 et 8 kHz, une réduction maximale de 3 à 4 dB, et descendez le seuil jusqu’à ce que l’indicateur ne s’allume que sur les sifflantes.
- Envoyez le délai et la réverbération sur deux bus auxiliaires, ces pistes de regroupement où l’on traite plusieurs sons à la fois, plutôt que de les insérer sur la piste : la voix reste sèche et devant.
- Réglez le Tape Delay en écho unique, sans synchronisation au tempo, entre 90 et 130 ms, retour à 0 % : c’est le slapback des disques de Nashville et de Memphis, celui de « Folsom Prison Blues ».
- Dosez une réverbération courte, 1,2 s, pré-délai 30 ms (le silence avant que la réverbération démarre), mélange à 12 % ; ChromaVerb ne propose pas de type plaque, prenez Chamber ou Vocal Hall réglé court, ou une réponse impulsionnelle de plaque dans Space Designer.
- Si vous travaillez sur un Mac Apple silicon, ChromaGlow (Logic Pro 11) dosé autour de 15 % apporte la chaleur de bande ; placez-le avant les départs d’effets, car il resserre légèrement les transitoires.
- Pour les harmonies, enregistrez une deuxième voix à la tierce au-dessus plutôt que d’utiliser un harmoniseur : le décalage naturel entre les deux prises fait tout le travail.
Le mixage
- Regroupez la batterie, les guitares, la basse et les voix sur quatre bus auxiliaires, créés depuis le menu de sortie de chaque tranche.
- Réservez le centre à la voix, à la basse, à la grosse caisse et à la caisse claire.
- Étalez les guitares et la steel sur les côtés, entre 40 et 70 %.
- Pour qu’une nappe respire sous la voix, insérez un Compressor sur la nappe.
- Réglez son Side Chain, l’entrée qui déclenche le compresseur depuis une autre piste, sur la voix.
- N’utilisez pas le Ducker (Legacy) : il renvoie le signal de Side Chain dans sa sortie et ne s’insère que sur un auxiliaire ou une sortie.
- Limitez la crête à -1 dBTP (le décibel de crête réelle, mesurée entre les échantillons).
- Ne poussez pas le niveau pour atteindre un chiffre : les -14 LUFS souvent cités sont le niveau auquel les plateformes ramènent la lecture, pas une cible de mastering, et un mixage country qui respire tombe souvent entre -12 et -16 LUFS intégrés.
- Vérifiez le mixage en mono, avec le bouton mono de la sortie stéréo : si le texte n’est plus intelligible, le mixage est à reprendre, quelles que soient ses autres qualités.
Ce qu’un praticien fait vraiment
À Nashville, une séance type dure trois heures et produit trois à quatre titres. Les musiciens écoutent une maquette, notent la grille en chiffres sur une feuille posée devant eux et enregistrent ensemble, la voix témoin dans le casque. La tonalité, elle, a été arrêtée avant la séance. Le morceau n’y est presque jamais construit piste par piste. La conséquence pratique pour un home studio est simple : si vous empilez vos pistes une par une, enregistrez d’abord une voix témoin, c’est-à-dire un chant repère non destiné au disque final, dans la tonalité et au tempo définitifs, et jouez tout le reste en l’écoutant. Gardez-la dans le casque jusqu’au dernier ajout. C’est le moyen le plus sûr d’obtenir des placements qui réagissent au chant plutôt qu’à la grille, et il arrive souvent qu’on finisse par garder la prise témoin parce qu’elle raconte mieux.
Les cinq erreurs du débutant
- Chanter dans la mauvaise tonalité. C’est l’erreur la plus fréquente, et la seule qu’aucun mixage ne rattrape. Trouvez la tonalité avant d’enregistrer quoi que ce soit.
- Imiter l’accent. Un francophone qui force le twang s’entend immédiatement. Chantez avec votre voix : le style tient au placement rythmique et au texte.
- Remplir tous les trous. La pedal steel, le fiddle et la guitare solo répondent à la voix, ils ne l’accompagnent pas.
- Trop quantifier. Une batterie et une basse calées à 100 % sonnent mécaniques. Laissez 20 à 30 % de flottement avec le Q-Force.
- Négliger le texte. Une production irréprochable sur une chanson vague ne donne rien. Écrivez le refrain avant d’ouvrir Logic Pro.
Une chanson country tient à peu de choses : un tempo juste, quatre pistes bien enregistrées et un mixage qui laisse passer le texte. C’est exactement ce que la formation Logic Pro de YouTips vous apprend à faire, avec un formateur certifié Apple.
- Poser un projet, un tempo et une grille en quelques minutes
- Enregistrer voix et guitare proprement, chez vous
- Programmer une batterie qui respire avec Drummer
- Mixer pour que la voix reste devant
Où trouver des sons country ?
Dans Logic Pro
- Drummer, genre Songwriter, pour les batteries acoustiques discrètes.
- Studio Bass et Bass Player (Logic Pro 11) pour la contrebasse et la basse électrique.
- La bibliothèque de guitares, patch Steel String Acoustic, pour déposer une maquette avant d’enregistrer une vraie guitare.
- Amp Designer et Pedal Board pour la Telecaster.
- Studio Strings pour les arrangements de Nashville sound.
- Tape Delay et ChromaVerb pour la couleur d’époque, complétés par ChromaGlow (Logic Pro 11, Mac Apple silicon).
Boucles et banques
Un avertissement d’abord : le country est le genre où les boucles servent le moins. Une guitare acoustique jouée par vous, même imparfaitement, sonnera plus country qu’une boucle parfaite achetée. Réservez les banques à la batterie et aux instruments que vous ne jouez pas.
- Toontrack : les extensions Traditional Country, Nashville et Americana pour EZdrummer et Superior Drummer sont le chemin le plus court vers une batterie country crédible.
- Splice : abonnement à crédits, licence libre de droits incluse ; on y trouve des kits de batterie acoustique et des phrases de dobro.
- Loopmasters : achat à l’unité, licence libre de droits, catalogue folk et americana fourni.
- Freesound : sons d’ambiance sous licences Creative Commons ; lisez la licence de chaque fichier, elles diffèrent.
- Looperman : boucles gratuites déposées par des utilisateurs ; l’usage commercial exige l’accord de l’auteur, vérifiez au cas par cas.
Instruments virtuels
- Native Instruments : la série Session Guitarist, notamment Picked Acoustic et Electric Sunburst, joue des motifs de guitare crédibles.
- Orange Tree Samples : banjo, mandoline et dobro de la série Evolution, très utilisés dans le genre.
- Arturia : modélisations de claviers vintage pour le piano électrique et l’orgue des séances de Nashville.
- Spitfire LABS : bibliothèques gratuites, utiles en dépannage pour les cordes et les pianos.
- Pour la pedal steel, aucune solution native n’existe dans Logic Pro : il faut une bibliothèque spécialisée d’éditeur tiers, ou un instrumentiste.
Grain et caractère
- iZotope Vinyl : simulation de lecture sur disque, gratuite ; à doser très bas sur une piste de guitare.
- XLN Audio RC-20 Retro Color : bruit, fluctuations de hauteur et saturation dans un seul module.
- Caelum Audio DAW Cassette : émulation de cassette, utile pour dégrader une maquette sans la détruire.
Pour choisir le matériel qui va avec, le cours Équipez votre home studio détaille micros, cartes son et écoutes.
Lexique du country
- TwangTimbre vocal ou instrumental nasal et serré, caractéristique de l’accent du sud des États-Unis et du son de la Fender Telecaster.
- Pedal steelGuitare à cordes horizontales posée sur pieds, dont des pédales et des leviers de genou modifient la hauteur de certaines cordes pendant qu’un accord sonne.
- DobroGuitare à résonateur métallique, jouée à plat avec une barre d’acier, au son métallique et pleurant.
- Two-beatAccompagnement où la basse marque les temps 1 et 3 et l’accord les temps 2 et 4 ; on l’appelle aussi boom-chick.
- Train beatMotif de batterie où la caisse claire joue toutes les doubles-croches avec des accents sur les temps 2 et 4, imitant le roulement d’un train.
- Nashville Number SystemNotation des accords par leur degré chiffré dans la tonalité, mise au point à Nashville à la fin des années 1950, qui permet de transposer une grille sans la réécrire.
- Honky-tonkÀ l’origine un bar à danser du sud des États-Unis, puis par extension le style qui s’y est joué à partir des années 1940.
- YodelBascule rapide et volontairement audible entre la voix de poitrine et la voix de tête, importée dans le country par Jimmie Rodgers.
Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter
| Morceau | Tempo | Production | Ce qu’il enseigne |
|---|---|---|---|
| « Your Cheatin’ Heart »Hank Williams, 1953 | ≈ 115 BPM | Shuffle ternaire, fiddle et steel, prise de groupe | Comment une plainte tient en moins de deux minutes quarante avec trois accords. |
| « Folsom Prison Blues »Johnny Cash, 1968 | ≈ 110 BPM | Prise en public : deux guitares électriques, basse et batterie des Tennessee Three, montage entre les deux concerts du jour | Le boom-chick poussé à son minimum, avec un train beat très discret derrière. |
| « Crazy »Patsy Cline, 1961 | ≈ 70 BPM | Nashville sound : piano, chœurs des Jordanaires, ni fiddle ni steel | Ce qu’un arrangement gagne en retirant des instruments. |
| « I’ve Got a Tiger by the Tail »Buck Owens, 1965 | ≈ 95 BPM, ressenti à deux temps | Bakersfield : deux Telecaster, batterie franche, réverbération à ressort courte | La différence entre un son de groupe et un son de studio. |
| « Jolene »Dolly Parton, 1973 | ≈ 110 BPM | Trois accords mineurs, motif de guitare joué au pouce, complété par une seconde guitare au deuxième couplet | Le crochet mélodique porté par la répétition d’un seul mot. |
| « Tennessee Whiskey »Chris Stapleton, 2015 | ≈ 50 BPM en ternaire | Reprise soul, orgue, guitare électrique, voix très en avant | Comment le country contemporain emprunte au rhythm and blues sans changer de grille. |
Tempos approximatifs, mesurés à l’oreille ; pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables).
Labels, droits et synchronisation
L’histoire du country se confond avec celle de quelques maisons de disques. Victor et OKeh défrichent le marché dans les années 1920. Decca, Capitol, Columbia et RCA Victor structurent l’âge d’or : c’est chez RCA que Chet Atkins fabrique le Nashville sound, chez Decca qu’Owen Bradley enregistre Patsy Cline et Loretta Lynn. Sun, à Memphis, fait le pont avec le rockabilly. Depuis les années 1990, Music Row est dominé par les filiales de Nashville des trois grandes maisons, autour desquelles gravitent des labels indépendants comme New West ou Dualtone, et des structures de distribution et de services comme Thirty Tigers, qui laissent à l’artiste la propriété de ses enregistrements.
Côté juridique, deux droits distincts coexistent sur tout enregistrement. Le droit d’auteur protège l’œuvre, c’est-à-dire la musique et le texte ; en France, les auteurs, compositeurs et éditeurs en confient la gestion à la SACEM, qui perçoit les droits de reproduction mécanique par l’intermédiaire de la SDRM, la société qu’elle mandate à cet effet. Le droit moral de l’auteur, lui, reste inaliénable et ne passe par aucune société de gestion. Les droits voisins protègent l’enregistrement lui-même, au bénéfice du producteur et des artistes-interprètes. Utiliser un disque dans une vidéo suppose donc deux autorisations, pas une.
Reprendre une chanson country
- En France, il n’existe pas de licence légale : reprendre une œuvre suppose toujours une autorisation, délivrée par la SDRM au nom des ayants droit, qui l’ont mandatée et ne peuvent s’y opposer individuellement.
- Si vous faites presser des disques, adressez à la SDRM une demande d’autorisation de reproduction mécanique, avec la liste des œuvres et le nom des auteurs, compositeurs et éditeurs.
- Si vous sortez la reprise en écoute en ligne, vous n’avez aucune démarche à faire auprès de la SDRM : signalez la reprise à votre distributeur et renseignez les crédits d’auteurs exacts.
- Si vous modifiez la musique ou les paroles, y compris pour les traduire, ce n’est plus une reprise mais une adaptation : elle exige l’autorisation expresse et préalable de l’auteur, de ses héritiers ou de l’éditeur qui en a reçu mandat, et cette autorisation peut être refusée sans motif.
- Aux États-Unis, la licence mécanique obligatoire de la section 115 du Copyright Act ne s’ouvre que si des enregistrements de l’œuvre ont déjà été distribués au public sur le territoire américain avec l’autorisation du titulaire.
- Elle vous autorise à arranger l’œuvre dans la seule mesure nécessaire à votre style d’interprétation, sans changer la mélodie de base ni le caractère fondamental de l’œuvre.
- Depuis le Music Modernization Act de 2018, les usages numériques relèvent d’une licence globale administrée par le Mechanical Licensing Collective, détenue par les plateformes et non par les artistes ; la notification d’intention au titulaire ne subsiste que pour les supports physiques et les téléchargements.
- Cette licence américaine ne couvre que l’audio : dès qu’il y a une image, clip ou vidéo de reprise, on entre dans la synchronisation, pour laquelle aucune licence obligatoire n’existe et que l’éditeur peut refuser.
- Reprendre une chanson ne vous donne aucun droit sur l’enregistrement d’origine : vous ne pouvez ni réutiliser la bande du disque original, ni en extraire un instrument, ni en reprendre une mesure. En revanche, l’enregistrement que vous réalisez vous appartient.
- La gratuité ne vaut pas autorisation : le droit français ne connaît aucune exception générale d’usage non commercial, et les seules exceptions, cercle de famille, courte citation, parodie, usage pédagogique, ne couvrent pas la mise en ligne publique d’une reprise.
Deux précisions utiles pour un répertoire aussi ancien. Le passage d’une chanson des années 1920 dans le domaine public ne libère jamais l’enregistrement qui en a été fait : l’œuvre et le disque ont des durées de protection distinctes, et le droit moral de l’auteur reste opposable sans limite de temps. Et aucune durée d’emprunt n’est libre : reprendre quelques secondes d’un disque existant suppose l’autorisation préalable des ayants droit de l’œuvre et du producteur, dès lors que l’extrait reste reconnaissable.
La synchronisation, c’est-à-dire l’association d’un titre à des images, est un débouché important pour le country américain : séries, publicités et bandes originales en consomment beaucoup, et un titre d’americana bien placé peut relancer une carrière. Chaque synchronisation exige deux accords distincts, négociés séparément, avec leurs propres montants et leurs propres durées : celui de l’éditeur pour l’œuvre et celui du producteur pour l’enregistrement, et l’un des deux suffit à bloquer le projet. S’y ajoute, en France, le droit moral de l’auteur, qui peut s’opposer à une association qu’il juge dénaturante. Si vous travaillez votre propre projet, la formation Propulsez votre projet musical détaille ces démarches.
Les 100 artistes qui ont fait le country
Les pionniers (1923-1945)
- Fiddlin’ John Carson
- Vernon Dalhart
- Riley Puckett
- Gid Tanner
- Charlie Poole
- The Carter Family
- Jimmie Rodgers
- Uncle Dave Macon
- DeFord Bailey
- The Delmore Brothers
- Roy Acuff
- Bill Monroe
- Gene Autry
- Patsy Montana
- The Sons of the Pioneers
- Bob Wills
- Milton Brown
- Ernest Tubb
- Maybelle Carter
- Grandpa Jones
Le honky-tonk et le Nashville sound (1945-1965)
- Hank Williams
- Lefty Frizzell
- Webb Pierce
- Kitty Wells
- Ray Price
- Hank Snow
- Eddy Arnold
- Jim Reeves
- Patsy Cline
- Johnny Cash
- George Jones
- Marty Robbins
- The Louvin Brothers
- The Everly Brothers
- Don Gibson
- Faron Young
- Chet Atkins
- Skeeter Davis
- Carl Smith
- Roger Miller
Bakersfield, les hors-la-loi et le country rock (1960-1985)
- Buck Owens
- Merle Haggard
- Wynn Stewart
- Wanda Jackson
- Loretta Lynn
- Tammy Wynette
- Dolly Parton
- Charley Pride
- Linda Martell
- Conway Twitty
- Waylon Jennings
- Willie Nelson
- Kris Kristofferson
- Billy Joe Shaver
- Tompall Glaser
- Jessi Colter
- Emmylou Harris
- Gram Parsons
- Linda Ronstadt
- Glen Campbell
Le retour aux sources et les années 1990 (1980-2000)
- Ricky Skaggs
- George Strait
- Randy Travis
- Dwight Yoakam
- Steve Earle
- Lyle Lovett
- k.d. lang
- Rosanne Cash
- Reba McEntire
- Vince Gill
- Alan Jackson
- Clint Black
- Garth Brooks
- Trisha Yearwood
- Patty Loveless
- Mary Chapin Carpenter
- Shania Twain
- Faith Hill
- Tim McGraw
- The Chicks
Americana et scène actuelle (1990-2026)
Questions fréquentes
D’où vient la musique country ?
Du sud des États-Unis, et d’une décision commerciale. Le fonds est fait de ballades et d’airs de danse des îles Britanniques, de chant religieux protestant, du banjo ouest-africain et du blues rural. L’industrie du disque le met en catalogue à partir de 1923, sous l’étiquette hillbilly, puis « country and western » en 1949. Les séances de Bristol, du 25 juillet au 5 août 1927, en fixent les deux branches : la chanson de famille de la Carter Family et le chanteur voyageur de Jimmie Rodgers.
Quelle est la différence entre le country et le bluegrass ?
Le bluegrass est un sous-genre du country, fixé au milieu des années 1940 autour de Bill Monroe. Vu depuis le country, trois choses le distinguent : il reste acoustique et sans batterie, il tourne plus vite, souvent entre 140 et 180 BPM, et il fait improviser les solistes à tour de rôle au lieu de faire jouer des parties écrites. Le country au sens large adopte l’électricité, la batterie, la pedal steel et une plage de tempos beaucoup plus étendue. La fiche bluegrass détaille son répertoire et sa production.
Quelle est la différence entre le country et le western ?
Ce ne sont pas deux genres, mais deux répertoires réunis sous une même étiquette. Le country vient des Appalaches et du Sud rural ; la musique dite western vient des cow-boys chantants du cinéma hollywoodien des années 1930 et 1940, Gene Autry ou The Sons of the Pioneers. En 1949, Billboard fusionne les deux sous le nom « country and western », abrégé en « country » dans les années 1960. En France, le mot « western » désigne surtout aujourd’hui l’univers de la danse et du costume, pas un style musical distinct.
Quel est le tempo du country ?
Le country n’a pas un tempo unique. Les ballades tournent entre 50 et 80 BPM, le gros du répertoire entre 90 et 130 BPM, et le honky-tonk rapide ou le train beat montent jusqu’à 160 BPM. Le bluegrass, lui, dépasse souvent 140 BPM. Retenez qu’un morceau country se choisit d’abord par sa subdivision, binaire ou ternaire, avant de se choisir par sa vitesse.
Faut-il une pedal steel pour faire du country ?
Non, la pedal steel n’est pas indispensable. Elle ne s’impose sur les disques qu’au milieu des années 1950, après le succès de « Slowly » de Webb Pierce en 1954, et des pans entiers du genre s’en passent, du bluegrass à l’americana. Une guitare acoustique jouée en boom-chick, une basse qui marque les temps 1 et 3 et une voix qui raconte une histoire suffisent à faire entendre le style. La pedal steel est une couleur, pas une condition.
Sources
- Bill C. Malone et Tracey E. W. Laird, Country Music, U.S.A., University of Texas Press, édition du cinquantième anniversaire, 2018.
- Charles K. Wolfe et Ted Olson (dir.), The Bristol Sessions: Writings About the Big Bang of Country Music, McFarland, 2005.
- Nicholas Dawidoff, In the Country of Country: People and Places in American Music, Pantheon Books, 1997.
- Diane Pecknold (dir.), Hidden in the Mix: The African American Presence in Country Music, Duke University Press, 2013.
- Colin Escott, George Merritt et William MacEwen, Hank Williams: The Biography, Little, Brown and Company, 1994.
- Dayton Duncan et Ken Burns, Country Music: An Illustrated History, Alfred A. Knopf, 2019.
- Ken Burns, Country Music, série documentaire en huit épisodes, PBS, 2019.
- Chas Williams, The Nashville Number System, auto-édition, première édition 1988.
- Country Music Hall of Fame and Museum, The Bakersfield Sound: Buck Owens, Merle Haggard and California Country, Country Music Foundation Press, 2012.
- Site du Birthplace of Country Music Museum, archives du Grand Ole Opry, palmarès de Billboard et communiqués de l’Academy of Country Music, consultés en septembre 2026.
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro et MainStage depuis 20 ans. Qui sommes-nous ?