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Dubstep

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Le dubstep est un style de musique électronique né dans le sud de Londres entre 1999 et 2002, à la croisée de l’UK garage et de la culture sound system jamaïcaine. Il se joue autour de 140 BPM en 4/4, avec une seule caisse claire par mesure, placée sur le troisième temps, ce qui donne une pulsation ressentie à 70 BPM. Sa signature est une basse scindée en deux couches : une sous-basse sinusoïdale stable et une basse médium dont le filtre est modulé par un oscillateur basse fréquence, le fameux wobble. Skream, Benga, Digital Mystikz, Loefah, Kode9 et Burial en sont les figures fondatrices.

  • PériodeFormation entre 1999 et 2002, apogée de 2005 à 2010
  • FoyerSud de Londres, Croydon et Brixton, puis Bristol
  • Tempo140 BPM, marge courante de 138 à 142, ressenti à 70 BPM
  • Rythme4/4, grosse caisse au premier temps, caisse claire au troisième
  • InstrumentsSynthétiseur, échantillonneur, sous-basse, batterie électronique, effets dub

Le dubstep en bref

  • Origine : une dérive assombrie de l’UK garage, dans les disquaires et les soirées du sud de Londres au tournant des années 2000.
  • Son : beaucoup de vide, une caisse claire par mesure, une sous-basse qu’on ressent plus qu’on ne l’entend, et un timbre de basse qui bouge en permanence.
  • Trois albums : Skream! (2006), Memories of the Future (2006), Untrue (2007).
  • En home studio : tout se joue sur la séparation des deux couches de basse et sur la gestion du grave au mixage.
  • Le point propre au style : le silence. Le dubstep se construit autant par ce qu’il retire que par ce qu’il ajoute.

Voir Dubstep dans l’Univers YouTipsSon rythme, ses accords et sa filiation, en carte interactive

Trois albums cultes pour entrer dans le dubstep

  • Skream!Skream, 2006

    Le premier album du genre à sonner comme un album et non comme une compilation de faces B. On y entend la mélancolie mélodique de Croydon autant que la lourdeur des soirées. Commencez par « Midnight Request Line », puis « Tapped ».

    Écouter sur Apple Music
  • Memories of the FutureKode9 & The Spaceape, 2006

    Le versant théorique et froid du genre, publié par le label Hyperdub. La voix parlée de The Spaceape y remplace le chant, et le grave devient un espace plutôt qu’un effet. Écoutez « 9 Samurai ».

    Écouter sur Apple Music
  • UntrueBurial, 2007

    Le disque qui fait sortir le dubstep du club : voix de rhythm and blues découpées et transposées, craquements de vinyle, rythmes volontairement imprécis. C’est aussi le plus accessible des trois. Entrez par « Archangel ».

    Écouter sur Apple Music

Pochettes et liens Apple Music.

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Qu’est-ce que le dubstep ?

Avant le dubstep, il y a l’UK garage, et surtout sa variante rythmique appelée 2-step : une batterie syncopée, très balancée, des voix soul accélérées, une ambiance de fête. À la fin des années 1990, une partie des producteurs londoniens s’en détourne. Horsepower Productions, El-B, Zed Bias ou Oris Jay retirent les voix, ralentissent la sensation, assombrissent les nappes et gardent les basses lourdes héritées du dub et du reggae jamaïcain. Ce n’est pas encore un genre, c’est une humeur : on parle alors de dark garage.

Le foyer est précis. À Croydon, dans la banlieue sud de Londres, le disquaire Big Apple Records sert de point de ralliement : Hatcha y travaille derrière le comptoir, Artwork y grave des disques, et deux adolescents du quartier, Skream et Benga, y passent leurs journées. Le label maison démarre en 2002. Plus au nord, à Brixton, Mala, Coki et Loefah forment le noyau de ce qui deviendra Digital Mystikz. Kode9, universitaire venu de Glasgow, fonde le label Hyperdub en 2004 et donne au mouvement une part de sa charpente intellectuelle.

Le mot lui-même circule au début des années 2000 et s’impose vers 2002, notamment à la faveur d’un article du magazine californien XLR8R. Sa paternité est disputée : on l’associe le plus souvent à des discussions entre Neil Jolliffe, Sarah Lockhart, Oris Jay et le journaliste Martin Clark, d’autres récits la prêtant au DJ Hatcha. Retenez une période et un foyer plutôt qu’une date de naissance, comme pour la plupart des genres nés en club.

Deux soirées structurent la scène. FWD>> est lancée en 2001 par Sarah Lockhart, proche du label Tempa et de la radio pirate Rinse FM ; elle s’installe ensuite au club Plastic People, à Shoreditch, dans une salle réputée pour son système de diffusion et son obscurité. DMZ démarre en 2005 à Brixton, à l’initiative de Mala, Coki, Loefah et du MC Sgt Pokes (le MC, ou maître de cérémonie, anime la soirée au micro par-dessus les disques), avec une devise restée célèbre : « viens méditer sur la basse ». Le genre atteint un public plus large avec l’émission « Dubstep Warz » que Mary Anne Hobbs consacre au style sur BBC Radio 1 en janvier 2006.

À partir de 2010, le centre de gravité se déplace vers l’Amérique du Nord, avec une variante beaucoup plus saturée et plus dense, souvent désignée par le terme brostep. Skrillex en est la figure de proue. Le tempo et la place de la caisse claire ne changent pas ; ce qui change, c’est la distorsion, la densité des ruptures et la disparition du silence. Une partie de la scène britannique d’origine s’en détourne alors, et poursuit sous d’autres noms.

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Le dubstep en sept dates

  1. 2001La soirée fondatriceSarah Lockhart lance FWD>> à Londres ; c’est là que le son se teste avant d’avoir un nom.
  2. 2002Le mot s’imposeLe terme dubstep se diffuse dans la presse spécialisée, et Big Apple Records lance son label à Croydon.
  3. 2004HyperdubKode9 fonde le label qui publiera Burial, Ikonika et Cooly G, et donnera au genre une assise critique.
  4. 2005DMZ ouvre à BrixtonMala, Coki, Loefah et Sgt Pokes créent la soirée de référence, la même année que « Midnight Request Line » de Skream.
  5. 2006La radio nationaleMary Anne Hobbs consacre l’émission « Dubstep Warz » au style sur BBC Radio 1, en janvier.
  6. 2007Le disque qui débordeBurial publie Untrue sur Hyperdub et fait connaître le genre bien au-delà des clubs londoniens.
  7. 2010La bascule américaineSkrillex impose une version saturée et spectaculaire, rebaptisée brostep par ses détracteurs.

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Le morceau pour comprendre

« Midnight Request Line » (Skream, 2005 pour le vinyle, repris sur l’album de 2006) est le morceau que l’on cite le plus souvent comme point de sortie du dubstep hors des cercles londoniens. Il dure un peu plus de cinq minutes et tient sur très peu d’éléments.

Les vingt premières secondes n’installent qu’une percussion sèche et un motif de synthétiseur au timbre métallique, presque une sonnerie de téléphone : rien ne remplit le bas du spectre. La basse entre vers trente secondes et change tout : elle ne joue presque pas de notes, elle occupe l’espace. Écoutez ensuite trois choses. D’abord la caisse claire, qui ne tombe qu’une fois par mesure, sur le troisième temps : c’est elle qui crée la sensation de ralenti. Ensuite le vide entre les frappes, jamais comblé par une nappe ou une percussion d’appoint. Enfin, vers deux minutes trente, la façon dont le morceau retire la basse pendant quelques mesures, puis la ramène : le drop du dubstep des débuts n’est pas une explosion, c’est un retour.

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Les caractéristiques musicales

Le rythme

Le dubstep se cale à 140 BPM, avec une marge courante de 138 à 142, en mesure à 4/4. Le motif ci-dessous se compte en doubles-croches sur une mesure, soit 16 pas : le pas 1 est le premier temps, le pas 5 le deuxième, le pas 9 le troisième, le pas 13 le quatrième. À 140 BPM, chaque double-croche dure environ 107 millisecondes et la mesure complète environ 1,71 seconde.

Trois voix suffisent. La grosse caisse tombe au pas 1, seule. La caisse claire tombe au pas 9, donc sur le troisième temps, et non sur les temps 2 et 4 comme dans la plupart des musiques populaires. Le charleston fermé marque les pas 3, 7, 11 et 15, c’est-à-dire les contretemps de croche. La variante la plus répandue ajoute une seconde grosse caisse au pas 11, juste après la caisse claire, pour relancer la seconde moitié de la mesure.

Cette caisse claire unique est le trait rythmique le plus constant du genre, et c’est elle qui produit l’effet de demi-tempo : la grille avance à 140 BPM, mais l’oreille bat à 70. La quantification reste droite, sans swing marqué, là où le 2-step dont le dubstep est issu repose sur un balancement prononcé, le shuffle ; une partie des productions des premières années le conserve toutefois. En revanche, un léger retard de la caisse claire, de l’ordre de la dizaine de ticks, est fréquent : il alourdit la frappe sans la décaler audiblement.

12345678910111213141516
Grosse caisse
Caisse claire
Charleston fermé
FrappeNote fantômeVarianteLes pas 1, 5, 9 et 13 sont les temps. Ce motif n’utilise pas de note fantôme.

Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon. Le motif joué est exactement celui de la grille ci-dessus. Écoutez-le à 70 BPM puis à 140 : ce sont les mêmes frappes, et c’est tout l’enjeu du demi-tempo.

L’harmonie

L’harmonie du dubstep est pauvre en accords et riche en couleur. Beaucoup de morceaux tiennent sur une boucle de deux à quatre accords en mode mineur, jouée par une nappe tenue plutôt que par un instrument rythmique, parce que tout mouvement harmonique rapide entrerait en concurrence avec le mouvement du timbre de la basse. La basse, elle, tient en général la fondamentale, une note par mesure ou par demi-mesure.

La couleur sombre vient souvent du mineur naturel, parfois teinté d’une seconde mineure appuyée, proche du mode phrygien. Les cinq grilles ci-dessous sont toutes écrites en mi mineur, sur quatre mesures, pour que vous puissiez les comparer à l’oreille. Pour travailler ce genre de boucle au clavier, la formation harmonie et composition au piano en Home Studio part de ce répertoire.

Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en mi mineur, sur une boucle de quatre mesures. Le piano remplace ici la nappe de synthétiseur, et la basse ne rend pas la sous-basse sinusoïdale du genre, qui s’entend surtout sur un système de diffusion capable de descendre à 40 Hz.

L’instrumentation

Le dubstep est une musique de studio : l’essentiel tient dans un synthétiseur, un échantillonneur et une chaîne d’effets. Trois couches s’y superposent.

  • La sous-basse : une onde sinusoïdale entre 40 et 80 Hz, en mono, qui porte la fondamentale. Elle contient presque toute l’énergie du morceau et ne s’entend correctement que sur un système capable de descendre bas.
  • La basse médium : deux ondes en dents de scie légèrement désaccordées, passées dans un filtre passe-bas dont la fréquence de coupure est pilotée par un oscillateur basse fréquence (LFO, un oscillateur trop lent pour être entendu comme une note, qui sert à moduler un autre paramètre) synchronisé au tempo. C’est le wobble.
  • La batterie électronique : des sons courts et secs, peu nombreux, souvent issus de boîtes à rythmes ou d’échantillons traités.

Autour de ce socle viennent les éléments hérités du sound system : extraits de voix issus du ragga et du dancehall, sirènes, nappes sombres, bruits de vinyle. Les traitements viennent du dub jamaïcain : réverbération longue, échos filtrés, coupures brutales qui laissent un instrument seul pendant deux mesures.

La voix et la forme

La voix n’est pas centrale dans le dubstep, et quand elle apparaît, elle est traitée comme une matière. Trois usages dominent : l’extrait court de ragga ou de dancehall, jeté comme une ponctuation ; le MC en direct, qui commente la soirée sans structurer le morceau ; et, chez Burial, la voix de rhythm and blues découpée, transposée et rendue méconnaissable, dont on ne garde que le grain émotionnel.

La forme est celle du club : une introduction longue et dépouillée pour permettre le mélange, une première entrée de basse, une rupture qui retire tout, un retour. Le drop, ce retour de la basse après un vide, est le point d’articulation du morceau. Dans le dubstep des débuts, il fonctionne par soustraction : c’est le silence qui précède qui lui donne sa force. Dans le brostep des années 2010, il fonctionne par accumulation, avec une montée saturée qui annonce explicitement ce qui va tomber.

Exercice d’écoute

Trois questions à poser sur n’importe quel morceau du genre. Prenez « Archangel » (Burial, 2007).

  • Tapez du pied sur ce que vous ressentez comme le tempo. Comptez sur quinze secondes. Réponse : vous obtiendrez environ 17 ou 18 frappes, soit à peu près 70 BPM, alors que la grille du morceau tourne à 140. Ce que vous apprenez : la différence entre le tempo écrit et le tempo perçu, qui est la clé du genre.
  • Combien de notes différentes la basse joue-t-elle dans les trente premières secondes ? Réponse : très peu, souvent une ou deux. Ce que vous apprenez : dans ce style, la basse est un timbre avant d’être une mélodie.
  • Repérez un moment où presque tout disparaît. Que reste-t-il ? Réponse : en général la voix et un résidu de réverbération, parfois rien. Ce que vous apprenez : à entendre le vide comme un élément d’arrangement, et non comme une absence.

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Dubstep, drum and bass et EDM : ce qui les sépare

La différence entre le dubstep et le drum and bass tient d’abord à l’horloge. Les deux genres partagent une racine britannique, une culture de sound system et un goût du grave, mais pas le même tempo : le drum and bass tourne entre 160 et 180 BPM avec un breakbeat (boucle de batterie prélevée sur un disque) continu et dense, quand le dubstep tourne à 140 et ne place qu’une frappe de caisse claire par mesure. Le drum and bass remplit, le dubstep creuse. Leurs pulsations ressenties sont pourtant proches, autour de 80 pour l’un et 70 pour l’autre, ce qui explique que les deux se mélangent facilement en soirée.

La comparaison avec l’EDM de festival, calé autour de 128 BPM, porte sur la production. L’EDM construit une montée qui débouche sur un refrain synthétique porté par une grosse caisse sur chaque temps ; le dubstep n’en garde qu’une par mesure et fait du drop une rupture de timbre et de rythme plutôt qu’un sommet mélodique. Face à la techno, qui se joue entre 120 et 140 BPM sur une grosse caisse continue, le dubstep se distingue par sa pulsation en demi-tempo et par sa dette envers le dub jamaïcain.

Deux voisinages plus récents méritent d’être posés. La trap, qui tourne entre 140 et 150 BPM, partage avec le dubstep le tempo et la sensation de demi-tempo, mais vient du rap du sud des États-Unis et repose sur des charlestons en roulements rapides plutôt que sur une basse modulée. Le dubstyle des années 2010, lui, croisait la basse du dubstep et la grosse caisse du hardstyle, elle-même héritée du gabber de Rotterdam, dont la grosse caisse saturée tourne entre 160 et 200 BPM.

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Sous-genres et styles voisins

  • 2-step et UK garage1997-2002La matrice dont le dubstep est issu : une batterie syncopée très balancée, des voix soul accélérées et une ambiance festive. Le dubstep en garde la grille et en retire la lumière.
  • Deep dubstep, ou « 140 »À partir de 2005La branche fidèle à l’esprit de DMZ : beaucoup d’espace, des basses méditatives, peu d’événements. C’est le courant qui a le mieux survécu au reflux des années 2010.
  • BrostepÀ partir de 2010La variante nord-américaine, saturée et spectaculaire, popularisée par Skrillex. Même tempo et même caisse claire, mais une densité et une distorsion sans commune mesure.
  • RiddimÀ partir de 2015Un dérivé minimaliste du brostep, bâti sur la répétition têtue d’un motif de basse très court. Il privilégie l’hypnose à la surenchère.
  • Future garageÀ partir de 2009Le retour vers le 2-step d’origine, avec des voix transposées et des réverbérations longues. Burial en est la référence, souvent malgré lui.
  • Post-dubstep2010-2015Une étiquette large pour les producteurs qui quittent la grille à 140 sans quitter l’esthétique : James Blake, Mount Kimbie, Joy Orbison. Le chant y redevient central.
  • Drumstep2010-2014Le croisement avec le drum and bass : une batterie à 170 BPM posée sur une basse et une harmonie de dubstep. Un exercice de transition plus qu’un genre autonome.
  • TrapÀ partir de 2012 pour sa version électroniqueMême zone de tempo et même sensation de demi-tempo, mais une origine rap et une place bien plus grande donnée aux charlestons en roulements.Lire la fiche

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La démarche artistique

Le dubstep s’est construit sur un circuit court et physique : on produit un morceau dans une chambre, on le fait graver sur un acétate, un disque de test pressé à l’unité, on le passe le soir même en soirée, et on juge sur la réaction de la salle. Ce circuit explique deux traits du genre. D’abord la primauté du système de diffusion : un morceau est conçu pour être entendu sur des enceintes capables de restituer 40 Hz, pas sur des écouteurs. Ensuite la rapidité du retour : beaucoup de titres fondateurs existaient sur les platines des mois avant d’être publiés.

Le deuxième trait est l’anonymat relatif. Burial a produit deux albums sans que son identité soit connue, et l’a révélée lui-même en 2008 pour couper court aux spéculations. Les pochettes sont souvent abstraites, les entretiens rares. Cette discrétion tranche avec la mise en scène de la vague américaine, qui repose au contraire sur la figure du DJ vedette et sur un spectacle lumineux.

Sur scène, le dubstep reste d’abord un art du mélange de disques, mais la pratique du jeu en direct s’est développée. Un producteur qui veut jouer ses propres parties travaille dans MainStage : le logiciel empile plusieurs couches par plages de touches dans un même patch, ce qui permet de garder la sous-basse sur les notes graves du clavier et la basse modulée plus haut, et dispose d’un module Playback pour lancer les parties qui ne se jouent pas. C’est le terrain de la formation live Logic Pro et MainStage.

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Le dubstep aujourd’hui

Le genre a cessé d’être une nouveauté vers 2012, mais il ne s’est pas éteint : il s’est séparé en deux mondes qui se parlent peu. D’un côté, une scène américaine de festival, très vivante commercialement, autour d’Excision, Subtronics ou Virtual Riot, qui a poussé la logique du drop saturé jusqu’à ses limites et donné naissance au riddim. De l’autre, une scène britannique et européenne restée fidèle au tempo de 140 et à l’esprit d’origine, autour de Commodo, Gantz, Kahn, Compa ou Ternion Sound, souvent publiée par de petits labels de vinyle.

La descendance la plus diffuse est ailleurs. Le traitement de la voix inventé par Burial, transposée et découpée jusqu’à devenir un timbre, est devenu un lieu commun de la production pop. La sous-basse sinusoïdale séparée de la basse médium est aujourd’hui une pratique standard, y compris dans le rap et dans la trap. Et la sensation de demi-tempo, rare avant 2005, est devenue un outil d’arrangement courant.

Faire du dubstep en 2026 sans refaire 2007 suppose deux décisions. La première est de choisir son camp sur la question du vide : imiter la densité américaine de 2012 est le moyen le plus sûr de sonner daté, alors que l’espace du dubstep des débuts a très bien vieilli. La seconde est d’assumer que la technologie a changé de côté : les outils de synthèse qui demandaient des heures de réglage en 2006 sont aujourd’hui des préréglages, si bien que le wobble n’est plus un savoir-faire distinctif. Ce qui distingue un morceau, désormais, c’est l’arrangement et la gestion du grave, pas le son de basse.

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Douze artistes pour commencer

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Reproduire le dubstep en home studio

Prérequis : savoir créer une piste d’instrument logiciel, poser des notes dans l’éditeur et insérer un effet. Si ce n’est pas encore acquis, le cours en ligne Bien démarrer sur Logic Pro couvre ces bases. Tout ce qui suit se fait dans Logic Pro avec la bibliothèque native. Un avertissement utile : sans casque ou enceintes capables de descendre vers 40 Hz, vous travaillerez à l’aveugle sur l’élément le plus important du genre.

Tempo, grille et structure

  • Réglez le projet à 140 BPM en 4/4, et rien d’autre : le dubstep ne change pas de tempo.
  • Affichez la grille en doubles-croches pour retrouver les 16 pas du motif décrit plus haut.
  • Construisez par blocs de 8 mesures, unité de base du genre, et non par blocs de 4.
  • Prévoyez une introduction d’au moins 16 mesures sans sous-basse, pour laisser un DJ mélanger le morceau.
  • Placez la première rupture vers la mesure 33, après deux blocs de basse : c’est la structure la plus répandue.

La batterie

  • Créez une piste avec Drum Machine Designer et programmez dans le séquenceur pas à pas (Step Sequencer), réglé sur 16 pas en résolution double-croche.
  • Posez la grosse caisse au pas 1 seule, la caisse claire au pas 9, le charleston fermé aux pas 3, 7, 11 et 15.
  • Ajoutez la grosse caisse du pas 11 uniquement dans la seconde moitié du morceau : elle sert à relancer, pas à installer.
  • Laissez le Q-Swing à 50 %, qui correspond à la grille droite ; il n’agit de toute façon que si une valeur de quantification est choisie.
  • Retardez la caisse claire de 10 à 20 ticks dans le champ Delay de l’inspecteur de région : Logic compte 960 ticks par noire, donc 240 par double-croche, et 12 ticks représentent environ 5 millisecondes à 140 BPM.
  • Gardez la batterie sèche et courte : raccourcissez le maintien des sons plutôt que d’ajouter une porte de bruit, comme sur « Midnight Request Line » (Skream, 2006).

La sous-basse

C’est la couche la plus importante et la plus facile à rater. Elle doit être simple, stable et parfaitement centrée.

  • Ouvrez l’ES2 et gardez un seul oscillateur, réglé sur l’onde sinusoïdale. Attention : Retro Synth ne propose pas de sinusoïde, c’est pourquoi l’ES2 est ici le bon choix.
  • Réglez l’enveloppe d’amplitude avec une attaque très courte, de l’ordre de 5 ms, pour éviter le claquement d’une attaque nulle.
  • Jouez entre 40 et 80 Hz, soit entre le mi grave et le mi au-dessus : au-dessous de 35 Hz, la plupart des systèmes ne restituent rien.
  • Placez Direction Mixer sur la piste et amenez le curseur Spread à 0 pour garantir le mono : une sous-basse stéréo s’annule partiellement en club.
  • N’ajoutez ni réverbération ni délai sur cette piste, jamais : le grave doit rester net.

La basse médium et le wobble

  • Ouvrez Alchemy et servez-vous de ses sources A, B, C et D : réglez A et B sur une dent de scie, désaccordez B d’une dizaine de centièmes de demi-ton.
  • Insérez un filtre passe-bas avec une résonance modérée, autour de 30 % : au-delà, le filtre siffle et masque la modulation.
  • Assignez un LFO synchronisé au tempo à la fréquence de coupure du filtre. Réglez-le sur 1/4 pour un mouvement lent, 1/8 pour le wobble classique, 1/16 pour un effet nerveux.
  • Coupez tout ce qui est sous 100 Hz sur cette piste avec un filtre passe-haut : la sous-basse s’en occupe déjà, et laisser les deux couches se superposer dans le grave est la première cause de mixage brouillon.
  • Ajoutez Phat FX pour épaissir, ou Step FX et ses trois modulateurs pas à pas si vous voulez un mouvement rythmique plutôt que sinusoïdal.
  • Pour les timbres métalliques de la vague américaine, Bitcrusher et Ringshifter font le travail, comme sur « Cockney Thug » (Rusko, 2010) ; c’est une esthétique postérieure à 2008, pas celle des débuts.

Voix, échantillons et effets dub

  • Utilisez Quick Sampler en mode Slice, le seul de ses modes qui découpe un extrait en tranches réparties sur le clavier, pour rejouer une voix note par note.
  • Transposez la voix vers le grave de 3 à 5 demi-tons plutôt que de la ralentir : c’est ce décalage qui produit le grain reconnaissable de Burial, comme sur Untrue (2007).
  • Placez Space Designer sur un départ auxiliaire, avec une réverbération de 2 à 3 secondes, et envoyez-y la caisse claire et les voix, jamais la basse.
  • Réglez Tape Delay sur une croche pointée, avec une réinjection autour de 45 % et un filtre passe-haut interne vers 300 Hz pour retrouver l’écho filtré du dub.
  • Beat Breaker, apparu avec Logic Pro 10.8, réordonne des tranches de boucle : utile pour fabriquer une rupture sans changer de son.

Le mixage

  • Filtrez en passe-haut vers 100 Hz absolument tout ce qui n’est pas la sous-basse, y compris la grosse caisse si elle est courte.
  • Faites respirer la basse sous la grosse caisse avec un Compressor inséré sur la basse, la grosse caisse choisie comme source dans le menu Side Chain de l’en-tête du plug-in, ratio 4:1, attaque 1 ms, relâchement 80 ms, pour 3 à 5 dB de réduction.
  • N’employez pas le Ducker (Legacy) pour cet usage : il renvoie le signal de chaîne latérale dans sa propre sortie et ne s’insère que sur un auxiliaire ou une sortie.
  • Vérifiez le mono : réduisez le mixage en mono et contrôlez que le grave ne perd pas de niveau, signe d’un problème de phase entre les couches.
  • Sur le bus général, ChromaGlow (Logic Pro 11, réservé aux Mac à puce Apple) sature la basse sans la rendre agressive : restez sous 25 % de Drive.
  • Visez un niveau autour de -8 LUFS intégré pour un morceau de club, et acceptez que le mastering d’un morceau aussi grave soit moins fort qu’un morceau de pop.

Ce qu’un praticien fait vraiment

Dans la pratique, un producteur de dubstep ne commence presque jamais par la batterie. Il commence par le son de basse, qu’il façonne pendant des heures, souvent sans tempo, jusqu’à obtenir un timbre qui l’intéresse tout seul. La batterie vient ensuite, et elle est volontairement pauvre : trois ou quatre sons, choisis pour ne pas occuper les mêmes fréquences que la basse. L’arrangement arrive en dernier, par copier-coller de blocs de huit mesures que l’on vide progressivement.

Le travail réel est un travail de soustraction. Un morceau se termine quand on a retiré tout ce qui pouvait l’être sans que la tension tombe : une nappe qui remplit un vide, une percussion d’appoint qui rassure, une contre-mélodie qui occupe le médium. Un praticien teste aussi systématiquement sur trois systèmes : un casque, une petite enceinte, et une voiture ou un caisson. Le morceau qui fonctionne sur les trois est rare, et c’est là que se joue la différence entre une maquette et un disque.

Les cinq erreurs du débutant

  • Superposer la sous-basse et la basse médium dans le grave : filtrez la seconde en passe-haut, sinon le bas du spectre devient une bouillie.
  • Mettre la caisse claire sur les temps 2 et 4 par réflexe : c’est le seul geste qui fait immédiatement sortir un morceau du genre.
  • Remplir les vides : le silence entre les frappes est un élément d’arrangement, pas un oubli.
  • Pousser la résonance du filtre à fond pour rendre le wobble plus audible : au-delà de 40 %, on entend le filtre et plus la note.
  • Confondre fort et puissant : un morceau écrasé au limiteur perd exactement l’impact de grave qu’on cherchait à obtenir.
Maîtriser le grave et la synthèse de basse

Séparation des couches, compression par chaîne latérale, contrôle du mono, niveau final : le dubstep est le style qui pardonne le moins les approximations de mixage. Nos formations sont éligibles aux dispositifs de financement de la formation professionnelle.

  • Programmer un motif en demi-tempo hors des préréglages
  • Construire une basse à deux couches et la garder propre
  • Régler une compression par chaîne latérale qui s’entend sans s’entendre
  • Mixer et masteriser un morceau dont l’énergie est sous 100 Hz

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Où trouver des sons dubstep ?

Dans Logic Pro

La bibliothèque native suffit largement : l’ES2 pour la sous-basse sinusoïdale, Alchemy pour la basse modulée et ses quatre sources, Retro Synth pour les nappes, Drum Machine Designer et Ultrabeat pour la batterie, Quick Sampler pour les voix, Space Designer et Tape Delay pour les effets dub, Step FX, Phat FX, Bitcrusher et Ringshifter pour le traitement, ChromaGlow pour la saturation finale. Épuisez ce catalogue avant d’acheter quoi que ce soit : le genre a été inventé avec beaucoup moins.

Boucles et banques

  • Splice fonctionne par abonnement à crédits, avec des boucles en général libres de droits une fois téléchargées : lisez tout de même la licence de chaque pack.
  • Loopmasters, éditeur britannique, est historiquement le mieux fourni sur ce répertoire, avec une licence libre de droits pour un usage commercial.
  • Sample Magic et Black Octopus proposent des banques comparables, orientées production électronique contemporaine.
  • The Drum Broker est spécialisé dans les batteries, avec des licences à vérifier pack par pack.
  • Freesound est une base collaborative sous licences Creative Commons variables : certaines exigent la mention de l’auteur, d’autres interdisent l’usage commercial.
  • Looperman propose des boucles gratuites déposées par des utilisateurs, avec des conditions qui varient d’un dépôt à l’autre et demandent la même vigilance.

Instruments virtuels

  • Xfer Records édite Serum, devenu la référence de fait pour la synthèse de basse modulée depuis le début des années 2010.
  • Native Instruments propose Massive et Massive X, qui ont façonné le son de la vague américaine.
  • Arturia couvre les synthétiseurs analogiques historiques, utiles pour les nappes et les sous-basses.
  • Spectrasonics édite Trilian, une bibliothèque de basses très complète, à réserver aux machines confortables.

Grain et caractère

  • iZotope Vinyl ajoute gratuitement bruit de surface et bande passante réduite, indispensable pour la texture de vinyle chère à Burial.
  • RC-20 Retro Color, de XLN Audio, combine saturation, instabilité de hauteur et bruit dans un seul module.
  • DAW Cassette, de Caelum Audio, simule la cassette et son instabilité de défilement, à doser très légèrement sur les voix.

Si vous partez de zéro côté matériel, et particulièrement côté écoute du grave, le cours Équipez votre home studio détaille les choix utiles et ceux qui peuvent attendre.

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Lexique du dubstep

  • WobbleBasse dont le filtre est ouvert et refermé en rythme par un oscillateur basse fréquence, ce qui produit un timbre qui ondule.
  • DropMoment où la basse revient après un vide ou une montée ; c’est le point d’articulation d’un morceau de dubstep.
  • Sous-basseCouche grave très pure, entre 40 et 80 Hz, qui porte la fondamentale et se ressent autant qu’elle s’entend.
  • Demi-tempoSensation d’un tempo deux fois plus lent que la grille, obtenue en ne plaçant qu’une caisse claire par mesure.
  • Sound systemInstallation mobile de sonorisation issue de la Jamaïque, et par extension le collectif qui l’exploite en soirée.
  • ADSRLes quatre étages d’une enveloppe de synthèse : attaque, chute, maintien, extinction, qui règlent la forme d’un son dans le temps.
  • BPMNombre de pulsations par minute ; 140 pour le dubstep, avec une pulsation ressentie à 70.
  • QuantificationAlignement des notes sur une grille rythmique, laissée droite dans le dubstep, sans swing.

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Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter

MorceauTempoProductionCe qu’il enseigne
Midnight Request LineSkream, 2006≈ 140 BPMTrès peu d’éléments, batterie sèche, motif de synthétiseur métallique, basse qui entre tard.Qu’un morceau de club peut tenir sur trois sons si le vide est bien placé.
9 SamuraiKode9 & The Spaceape, 2006≈ 140 BPMVoix parlée au premier plan, grave profond et continu, percussions minimales.Comment la voix peut structurer un morceau sans jamais chanter.
ArchangelBurial, 2007≈ 138 BPMVoix transposée et découpée, craquements de vinyle, batterie volontairement imprécise.Que l’imperfection rythmique peut être une signature et non un défaut.
NightBenga & Coki, 2008≈ 140 BPMBasse modulée au premier plan, mélodie réduite à quelques notes, arrangement dépouillé.Le wobble traité comme un thème mélodique à part entière.
Cockney ThugRusko, 2010≈ 140 BPMBasse très distordue, extrait de voix répété, densité bien supérieure aux disques de 2006.Le basculement vers la version saturée et spectaculaire du genre.
CMYKJames Blake, 2010≈ 130 BPMVoix découpées en fragments courts, grave plus léger, retour au balancement du 2-step.Comment une génération quitte la grille à 140 sans quitter l’esthétique.

Tempos approximatifs, mesurés à l’oreille ; pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables).

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Labels, droits et synchronisation

Le dubstep s’est construit sur de petites structures de vinyle. Big Apple Records, à Croydon, lance son label en 2002 ; Tempa, associé à la soirée FWD>>, publie les premières compilations qui donnent au genre un catalogue ; DMZ prolonge la soirée de Brixton en label ; Hyperdub, fondé par Kode9 en 2004, publie Burial, Ikonika et Cooly G ; Deep Medi Musik, créé par Mala, porte la branche la plus méditative. À Bristol, Tectonic et Punch Drunk constituent le second foyer. La vague suivante passe par Sub Soldiers, Circus et Never Say Die au Royaume-Uni, puis par OWSLA et les labels américains de festival. La règle commune est restée la même : des tirages courts, un lien direct avec une soirée, et un circuit qui ne dépend pas de la radio.

Côté droits, deux ensembles distincts se superposent sur tout enregistrement. Le droit d’auteur protège l’œuvre, c’est-à-dire la composition, et se gère en France par la Sacem, l’éditeur détenant une part. Les droits voisins protègent l’enregistrement lui-même et l’interprétation, et relèvent du producteur du phonogramme, avec la SCPP ou la SPPF, et pour les artistes de l’Adami ou de la Spedidam. Une autorisation obtenue pour l’un ne vaut jamais pour l’autre. C’est le point central dès qu’on échantillonne.

Ce que la loi autorise, ce qu’elle interdit

  • Un échantillon engage deux autorisations distinctes : celle de l’auteur et de son éditeur pour l’œuvre, celle du producteur du phonogramme pour l’enregistrement. Obtenir l’une ne dispense jamais de l’autre.
  • Aucune durée n’est libre en droit français. Ni deux secondes, ni une seule mesure, ni « moins de huit temps » : ces seuils circulent partout et n’ont aucune existence juridique.
  • La Cour de justice de l’Union européenne l’a confirmé dans l’arrêt Pelham contre Hütter du 29 juillet 2019, qui opposait un producteur à Kraftwerk au sujet de deux secondes de « Metall auf Metall » : un extrait même très bref reste protégé, sauf s’il est modifié au point d’être méconnaissable à l’écoute.
  • L’exception de courte citation, souvent invoquée, ne s’applique pas à la musique enregistrée en droit français : elle vise l’écrit et suppose un propos critique ou pédagogique identifiable.
  • Rejouer une partie au lieu de l’échantillonner, ce qu’on appelle une interpolation, ne règle que la moitié du problème : vous n’avez plus besoin du producteur, mais l’accord de l’éditeur reste nécessaire puisque l’œuvre est reprise.
  • La mention « non commercial » ne change rien. Une mise en ligne gratuite, un mix promotionnel ou une maquette restent des actes de reproduction et de communication au public.
  • Ce qui est réellement libre : vos propres enregistrements ; les banques vendues comme libres de droits, à condition de lire la licence, qui interdit souvent la revente du son tel quel ; les fichiers sous licence Creative Commons, selon la licence précise attachée à chacun ; et les enregistrements tombés dans le domaine public, ce qui suppose que l’œuvre et l’enregistrement le soient tous les deux.
  • En France, l’œuvre entre dans le domaine public soixante-dix ans après la mort de l’auteur, sous réserve des prorogations de guerre ; l’enregistrement est protégé soixante-dix ans après sa publication, une règle transitoire laissant hors de cette prolongation les phonogrammes publiés avant 1963.
  • La sanction n’est pas théorique : l’échantillonnage sans autorisation est une contrefaçon, punie par l’article L335-4 du Code de la propriété intellectuelle de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende, sans compter les dommages et intérêts et le retrait du morceau.
  • La procédure s’appelle une clearance : vous écrivez au label qui détient le master et à l’éditeur qui détient l’œuvre, vous décrivez l’usage précis, et vous négociez soit un montant fixe, soit un pourcentage des droits du nouveau morceau. Aux États-Unis, la jurisprudence est divisée entre l’arrêt Bridgeport de 2005, qui ne tolère aucun emprunt, et l’arrêt VMG Salsoul contre Ciccone de 2016, qui admet un seuil dit de minimis, c’est-à-dire un emprunt trop insignifiant pour être sanctionné.

Une formulation à corriger, parce qu’elle revient sans cesse : on ne « déclare » jamais un échantillon. On obtient une autorisation avant la sortie. La déclaration à la Sacem concerne le partage des droits du morceau une fois cette autorisation acquise, et elle ne régularise rien à elle seule.

La synchronisation, c’est-à-dire l’usage d’une musique sur une image, exige elle aussi deux accords séparés : celui de l’éditeur pour l’œuvre, celui du producteur pour l’enregistrement. C’est un débouché réel pour ce répertoire, dont la tension et le grave conviennent aux bandes-annonces, aux jeux vidéo et à la publicité automobile. Un morceau entièrement original, sans échantillon à autoriser, se place infiniment plus facilement : c’est un argument économique autant que juridique. Et pour donner de la visibilité à vos morceaux, la formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens couvre le montage de vos clips, votre EPK et votre site d’artiste.

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Une playlist pour écouter le dubstep

Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis dans la liste des 100 artistes ci-dessous. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.

  • Dubstep, la découverte30 titres · 2 h 24

    De Horsepower Productions (2000) à Commodo (2021) : Croydon et les soirées DMZ, Hyperdub, le brostep, le post-dubstep et le retour du son deep.

    Ouvrir dans Apple Music

Sans abonnement Apple Music, le lecteur fait entendre des extraits de 30 secondes. Du gospel à la techno, toutes les playlists tirées du glossaire sont sur la page Playlists YouTips.

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Les 100 artistes qui ont fait le dubstep

Cette liste couvre vingt-cinq ans, des producteurs de dark garage qui ont préparé le terrain à la scène actuelle des deux côtés de l’Atlantique. Elle mêle des noms très connus et des producteurs que seuls les amateurs du genre suivent, ce qui est précisément l’intérêt d’une liste longue.

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Questions fréquentes

À quel BPM se joue le dubstep ?

Le tempo de référence est 140 BPM, la quasi-totalité des productions se situant entre 138 et 142 BPM en 4/4. Ce chiffre décrit la grille, pas la sensation : comme la caisse claire ne tombe qu’une fois par mesure, sur le troisième temps, l’oreille perçoit une pulsation aux alentours de 70 BPM. C’est aussi ce qui permet de mélanger un morceau de dubstep avec un morceau à 70 sans changer la vitesse de lecture.

Quelle est la différence entre dubstep et brostep ?

Le brostep n’est pas un genre séparé mais un surnom, plutôt péjoratif à l’origine, donné à la branche nord-américaine apparue vers 2010 et popularisée par Skrillex. Le tempo reste à 140 BPM et la caisse claire sur le troisième temps. Ce qui change, c’est la distorsion des basses, poussée jusqu’au bruit, la densité des ruptures, et la place laissée au silence, beaucoup plus réduite. Là où le dubstep de 2006 fonctionne par soustraction, le brostep fonctionne par accumulation.

Quels sont les meilleurs artistes de dubstep ?

Pour la période fondatrice, on cite presque toujours Skream, Benga, Digital Mystikz, Loefah, Kode9 et Burial, auxquels il faut ajouter Horsepower Productions en amont, et Pinch et Distance pour le foyer de Bristol. Pour la vague américaine, Skrillex, Excision et Flux Pavilion sont les noms de référence. Pour la scène actuelle restée fidèle au tempo de 140, Commodo, Gantz, Kahn, Compa et Ternion Sound sont les entrées les plus sûres.

Comment obtenir une basse wobble dans Logic Pro ?

Il faut trois éléments : deux oscillateurs en dents de scie légèrement désaccordés, un filtre passe-bas, et un oscillateur basse fréquence synchronisé au tempo assigné à la fréquence de coupure de ce filtre. Alchemy et l’ES2 le font nativement, et Auto Filter permet de l’appliquer à une piste déjà enregistrée. Réglez la vitesse du modulateur sur 1/8 pour l’effet classique. Pensez surtout à couper cette piste en passe-haut vers 100 Hz : le grave doit venir d’une sous-basse séparée, sans quoi le mixage devient confus.

Le dubstep existe-t-il encore aujourd’hui ?

Oui, mais séparé en deux mondes qui se croisent peu. Une scène américaine de festival, très active, autour d’Excision, Subtronics ou Virtual Riot, avec son dérivé minimaliste, le riddim. Et une scène britannique et européenne restée fidèle au tempo de 140 et à l’esprit d’origine, autour de Commodo, Gantz, Kahn ou Compa, qui publie surtout en vinyle et en petits tirages. Le genre a par ailleurs essaimé bien au-delà de lui-même : la sous-basse séparée et la sensation de demi-tempo sont devenues des pratiques courantes dans le rap et la pop.

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Sources

  • Simon Reynolds, Energy Flash: A Journey Through Rave Music and Dance Culture, Picador, édition augmentée, 2013.
  • Martin Clark, chroniques Grime and Dubstep, publiées sur Pitchfork entre 2005 et 2010.
  • Joe Muggs et Brian David Stevens, Bass, Mids, Tops: An Oral History of Sound System Culture, Strange Attractor Press, 2019.
  • Steve Goodman (Kode9), Sonic Warfare: Sound, Affect, and the Ecology of Fear, MIT Press, 2010.
  • Lauren Martin, The VICE Oral History of Dubstep, Vice, 2015.
  • « How Big Apple Records became the birthplace of dubstep », DJ Mag.
  • Documentation officielle Apple, Guide d’utilisation de Logic Pro et Guide d’utilisation de MainStage, consultés en septembre 2026.
  • Cour de justice de l’Union européenne, arrêt Pelham e.a., affaire C-476/17, 29 juillet 2019.
  • Code de la propriété intellectuelle, articles L122-4 (reproduction), L211-3 et L213-1 (droits voisins), L335-4 (contrefaçon).

Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro et MainStage depuis 20 ans. Qui sommes-nous ?