Terme du glossaire

Dubstep

1 category

Mis à jour le

Le dubstep est un style de musique électronique né dans le sud de Londres entre 1999 et 2002, à la croisée de l’UK garage et de la culture sound system jamaïcaine. Il se joue le plus souvent autour de 140 BPM, avec une caisse claire placée sur le troisième temps et une basse scindée en deux couches : une sous-basse sinusoïdale stable et une basse médium dont le filtre est modulé par un oscillateur basse fréquence. Sa pulsation ressentie tourne autour de 70 BPM, soit la moitié de la grille.

Qu’est-ce que le dubstep ?

Le dubstep se forme dans le sud de Londres à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Il naît d’une dérive progressive de l’UK garage : des producteurs comme Horsepower Productions, El-B ou Zed Bias assombrissent le 2-step, retirent les voix soul et gardent les basses lourdes héritées du dub et du reggae jamaïcain. À Croydon, dans la banlieue sud, le disquaire Big Apple Records sert de point de ralliement ; le label maison démarre en 2002 avec l’EP Red d’Artwork.

Le mot dubstep circule dès le début des années 2000 et s’impose en 2002, année où le magazine californien XLR8R consacre un article à ce son. On attribue le plus souvent sa paternité à des discussions entre Neil Jolliffe, Sarah Lockhart, Oris Jay et le journaliste Martin Clark ; d’autres récits la prêtent au DJ Hatcha. Retenez donc une période et un foyer plutôt qu’une date de naissance.

Deux soirées structurent la scène de ces années-là. FWD>> est lancée en 2001 par Sarah Lockhart, proche du label Tempa et de Rinse FM. La soirée s’installe ensuite au club Plastic People, à Shoreditch. DMZ démarre le 5 mars 2005 à Brixton, à l’initiative de Mala et Coki (Digital Mystikz), de Loefah et du MC Sgt Pokes. Autour d’elles gravitent Skream, Benga et Kode9. Le genre atteint un public plus large avec l’émission « Dubstep Warz » de Mary Anne Hobbs, sur BBC Radio 1, le 10 janvier 2006.

À partir de 2010, une variante nord-américaine plus saturée prend le dessus commercialement, souvent désignée par le terme brostep. L’EP Scary Monsters and Nice Sprites de Skrillex, mis en ligne sur Beatport le 22 octobre 2010, en est un repère fréquemment cité.

Les caractéristiques musicales

Le rythme

Le dubstep se cale à 140 BPM, avec une marge courante de 138 à 142 BPM, en mesure à 4/4. Les positions qui suivent sont données sur une mesure à 4/4 découpée en 16 doubles-croches, numérotées de 1 à 16 : le pas 1 est le premier temps, le pas 5 le deuxième, le pas 9 le troisième, le pas 13 le quatrième.

  • Grosse caisse : pas 1. Variante très répandue : pas 1 et 11.
  • Caisse claire : pas 9, donc sur le troisième temps et non sur les temps 2 et 4.
  • Charleston fermé : pas 3, 7, 11 et 15, c’est-à-dire les contretemps de croche.

Cette caisse claire unique sur le troisième temps est le trait rythmique le plus constant du genre. Elle produit un effet de demi-tempo : la grille avance à 140 BPM, mais l’oreille bat à 70. La quantification reste en général droite, sans swing marqué, là où le 2-step dont il vient repose sur un balancement prononcé, le shuffle ; une partie du dubstep des débuts le conserve toutefois.

L’harmonie

L’harmonie du dubstep est pauvre en accords et riche en couleur : beaucoup de morceaux tiennent sur une boucle de deux à quatre accords en mode mineur, jouée par une nappe tenue plutôt que par un instrument rythmique. La progression i-VI-VII, soit Em, C, D en mi mineur, revient souvent ; la progression i-VI-III-VII, soit Em, C, G, D dans la même tonalité, est elle aussi très fréquente.

La couleur sombre vient souvent du mineur naturel enrichi d’une seconde mineure appuyée, proche du mode phrygien. La basse tient en général la fondamentale, une note par mesure ou par demi-mesure, pour laisser le grave stable pendant que le timbre bouge.

L’instrumentation

Le dubstep est avant tout une musique de studio : l’essentiel tient dans un synthétiseur, un échantillonneur et une chaîne d’effets. Trois couches s’y superposent. D’abord une sous-basse sinusoïdale, entre 40 et 80 Hz, mono, qui porte la fondamentale. Ensuite une basse médium au timbre mobile, deux ondes en dents de scie désaccordées passées dans un filtre passe-bas dont la fréquence de coupure est pilotée par un oscillateur basse fréquence (LFO) synchronisé au tempo : c’est le wobble. Enfin une batterie électronique sèche, aux sons courts.

Autour de ce socle viennent des éléments empruntés au sound system : extraits de voix issus du ragga et du dancehall, sirènes, nappes sombres, bruits de vinyle. Les traitements sont hérités du dub : réverbération longue, échos filtrés, coupures brutales.

Dubstep, drum and bass et EDM : ce qui les sépare

La différence entre le dubstep et le drum and bass tient d’abord à l’horloge : les deux genres partagent une racine britannique et un goût du grave, mais pas le même tempo. Le drum and bass tourne généralement entre 165 et 175 BPM avec un breakbeat continu et dense ; le dubstep tourne à 140 BPM et ne place qu’une frappe de caisse claire par mesure. Le drum and bass remplit, le dubstep creuse.

La comparaison avec l’EDM grand public, calé autour de 128 BPM, porte sur la production : l’EDM de festival construit une montée qui débouche sur un refrain synthétique porté par une grosse caisse sur chaque temps, quand le dubstep n’en garde qu’une par mesure, sur le premier temps, et fait du drop une rupture de timbre et de rythme. Face à la techno, qui se joue entre 120 et 140 BPM sur un four-on-the-floor continu, le dubstep se distingue par sa pulsation en demi-tempo et par sa dette envers le dub jamaïcain.

Le dubstyle des années 2010 croisait la basse du dubstep et la grosse caisse du hardstyle.

Reproduire le dubstep en home studio

Dans Logic Pro, réglez le projet à 140 BPM en 4/4 et travaillez sur une grille de doubles-croches. Programmez la batterie dans Drum Machine Designer ou Ultrabeat en suivant les positions ci-dessus : grosse caisse au pas 1, ou aux pas 1 et 11 dans la variante la plus répandue, caisse claire au pas 9, charleston fermé aux pas 3, 7, 11 et 15. Laissez le Q-Swing à 50 %, valeur qui correspond à la grille droite ; il n’agit que si une valeur de quantification est choisie. Pour décaler la caisse claire finement, servez-vous des ticks : Logic compte 960 ticks par noire, donc 240 par double-croche, et un retard de 10 à 20 ticks, soit 4,5 à 9 ms à 140 BPM, réglé dans le champ Delay de l’inspecteur de région, suffit à donner de la lourdeur.

Pour la sous-basse, une onde sinusoïdale suffit : ES2 avec un seul oscillateur réglé sur le sinus, ramenée au centre avec Direction Mixer et son curseur Spread sur 0. Pour la basse médium, Alchemy convient bien : deux sources, A et B, réglées sur une dent de scie et légèrement désaccordées, un filtre passe-bas, et un LFO synchronisé assigné à la fréquence de coupure. Réglez ce LFO sur 1/4 pour un mouvement lent, 1/8 pour le wobble classique, 1/16 pour un effet nerveux.

  • Step FX pour piloter filtre et distorsion avec ses trois modulateurs pas à pas synchronisés.
  • Phat FX pour épaissir la basse médium en combinant distorsion, filtre et compression.
  • Bitcrusher et Ringshifter pour les timbres métalliques.
  • Beat Breaker, apparu avec Logic Pro 10.8, pour réordonner des tranches de boucle.
  • ChromaGlow, apparu avec Logic Pro 11, pour saturer la basse sans la rendre agressive : il demande un Mac Apple silicon.
  • Quick Sampler en mode Slice pour découper un extrait de voix en tranches réparties sur le clavier.

Filtrez en passe-haut vers 100 Hz tout ce qui n’est pas la sous-basse. Un léger ducking de la basse par la grosse caisse se règle avec le Compressor inséré sur la basse, la grosse caisse choisie comme source dans le menu Side Chain de l’en-tête du plug-in, ou avec le plug-in Ducker de la catégorie Legacy. Space Designer sur un départ auxiliaire reproduit l’espace du dub, et Tape Delay synchronisé sur une croche pointée donne les échos caractéristiques. Flex Time en mode Speed ralentit une seule piste audio en modifiant sa hauteur, là où Varispeed agit sur toute la session.

Sur scène, MainStage reprend l’essentiel de la bibliothèque d’instruments et d’effets de Logic Pro, permet d’empiler plusieurs couches par plages de clavier à l’intérieur d’un même patch et dispose du module Playback pour lancer les pistes d’accompagnement. Pour travailler ces réglages de synthèse pas à pas, la formation Logic Pro perfectionnement aborde l’arrangement et la programmation.

Artistes et morceaux de référence

  • Horsepower Productions, In Fine Style (2002) : pulsation étalée et basses dub avant que le genre porte un nom.
  • Skream, « Midnight Request Line » (2005) : sur Tempa, souvent cité comme le titre qui sort le dubstep des cercles londoniens.
  • Kode9 & The Spaceape, Memories of the Future (2006) : l’un des premiers albums publiés par Hyperdub, label fondé par Kode9 en 2004.
  • Benga & Coki, « Night » (2007) : la basse modulée installée comme signature sonore.
  • Burial, Untrue (2007) : voix découpées, craquements de vinyle et rythmes décalés.
  • Caspa & Rusko, FabricLive.37 (2007) : le mix du club londonien Fabric, qui diffuse largement la branche la plus lourde.
  • Skrillex, Scary Monsters and Nice Sprites (2010) : l’EP qui popularise la version américaine saturée.
  • Flux Pavilion, « Bass Cannon » (2011) : un exemple type du drop saturé des années 2010.

Questions fréquentes

À quel BPM se joue le dubstep ?

Le tempo de référence du dubstep est 140 BPM, la quasi-totalité des productions se situant entre 138 et 142 BPM en 4/4. Ce chiffre décrit la grille, pas la sensation : comme la caisse claire tombe une seule fois par mesure, sur le troisième temps, l’oreille perçoit une pulsation aux alentours de 70 BPM.

Quelle différence entre dubstep et brostep ?

Le brostep n’est pas un genre séparé du dubstep mais un surnom donné à sa branche nord-américaine, apparue vers 2010 et popularisée par l’EP Scary Monsters and Nice Sprites de Skrillex. Le tempo reste à 140 BPM et la caisse claire sur le troisième temps ; ce qui change, c’est la distorsion des basses, la densité des ruptures et la place laissée au silence, beaucoup plus réduite dans le brostep.

Comment obtenir une basse wobble dans Logic Pro ?

Dans Logic Pro, une basse wobble de dubstep s’obtient avec un synthétiseur à deux oscillateurs en dents de scie légèrement désaccordés, un filtre passe-bas, et un oscillateur basse fréquence synchronisé au tempo assigné à la fréquence de coupure. Alchemy et ES2 le font nativement ; Auto Filter permet de l’appliquer à une piste déjà enregistrée.

Pour vos premiers morceaux à 140 BPM, le cours en ligne Bien démarrer sur Logic Pro couvre la prise en main du séquenceur, et la formation Logic Pro mixage et mastering traite la gestion du grave, la compression side chain et le niveau final, décisifs quand tout repose sur une basse.