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Hardstyle
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Le hardstyle est un style de musique électronique de danse né aux Pays-Bas entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, à la rencontre de la hard trance, du hardcore néerlandais et de la hard house. Il se joue le plus souvent entre 145 et 155 BPM (battements par minute) et se reconnaît à trois signes : une grosse caisse saturée dont la queue est accordée sur la tonalité du morceau, une basse placée sur les contretemps (le reverse bass, basse « inversée ») et de longues mélodies mineures qui reviennent après une rupture centrale. The Prophet, DJ Zany, Showtek, Headhunterz, Wildstylez et Brennan Heart en sont les figures les plus citées.
- PériodeFin des années 1990, essor 2002-2008
- FoyerPays-Bas (Brabant, Randstad), puis Belgique et Italie
- Tempo145 à 155 BPM (140 aux débuts, jusqu’à 160 en rawstyle)
- RythmeGrosse caisse sur chaque temps, basse inversée à contretemps
- InstrumentsGrosse caisse accordée, synthétiseurs en dents de scie, screech, voix pitchée
Le hardstyle en bref
- Origine : Pays-Bas, autour de 2000, entre les soirées Qlubtempo et les premières éditions de Qlimax ; la marque « hardstyle » est déposée par Q-dance en 2002.
- Son : grosse caisse saturée dont la queue tient la note, basse inversée sur les contretemps, screeches (sons de synthétiseur stridents), mélodies mineures en dents de scie, tempo autour de 150 BPM.
- Trois albums : Project One (Headhunterz & Wildstylez, 2008), Studio Sessions (Headhunterz, 2010), Contagion (Sub Zero Project, 2019).
- En home studio : Logic Pro suffit avec ES2 pour la grosse caisse, Clip Distortion et Overdrive pour la saturation, Quick Sampler pour accorder la queue et Alchemy pour les nappes en dents de scie.
- L’instrument clé : la grosse caisse n’est pas une percussion mais l’instrument de basse du morceau ; tout le reste se construit autour d’elle.
Trois albums cultes pour entrer dans le hardstyle
Le hardstyle est une musique de maxis et d’hymnes de festival plus que d’albums. Ces trois disques font exception : ils résument chacun une époque, du hardstyle mélodique de 2008-2010 au son de scène principale des années 2010.
- Project OneHeadhunterz & Wildstylez, 2008
Treize titres écrits en trois mois par les deux producteurs de Veenendaal, publiés sur Scantraxx Reloaded : le disque fixe la grosse caisse accordée et les grandes mélodies qui définissent le hardstyle mélodique. Écoutez « The Zero Hour » et « Life Beyond Earth ».
Écouter sur Apple Music - Studio SessionsHeadhunterz, 2010
Sorti le 8 mars 2010 sur Scantraxx, ce disque réunit les collaborations de Headhunterz avec Wildstylez, Noisecontrollers et d’autres producteurs de Scantraxx, et fixe la grosse caisse accordée du hardstyle mélodique à son apogée. Écoutez-le après « The Sacrifice » (2006) et « Rock Civilization » (2007) pour mesurer le chemin parcouru en quatre ans.
Écouter sur Apple Music - ContagionSub Zero Project, 2019
Premier album du duo signé chez Dirty Workz : grosses caisses au grain psy, ruptures théâtrales et mélodies mineures jouées très fort, le hardstyle tel qu’il sonne sur les scènes principales depuis 2017. Écoutez « The Project » pour le son qui les a révélés.
Écouter sur Apple Music
Pochettes et liens Apple Music.
Qu’est-ce que le hardstyle ?
Avant le hardstyle : hard trance, gabber et hard house
Au milieu des années 1990, trois musiques se côtoient dans les clubs du Benelux et d’Allemagne. La hard trance, née au début de la décennie entre la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas, joue entre 140 et 150 BPM des grosses caisses dures, des basses très résonantes et des mélodies en dents de scie ; le label belge Bonzai Records en est un foyer. Le gabber, hardcore de Rotterdam, va bien plus vite (160 à 200 BPM) avec une grosse caisse écrasée par la saturation. La hard house britannique, enfin, popularise une basse sur les contretemps, entre les frappes de grosse caisse : elle est souvent considérée comme l’un des ancêtres de la basse inversée. Le hardstyle prend à chacune un élément : le tempo et les mélodies de la hard trance, la saturation du gabber, la basse à contretemps de la hard house.
La naissance : Pays-Bas, 1999-2003
Le genre se forme aux Pays-Bas à la charnière des années 1990 et 2000, sans acte de naissance unique. Des DJ venus du hardcore, comme The Prophet (Dov Elkabas, Amsterdam), Lady Dana (Dana van Dreven) ou DJ Luna, ralentissent leurs sets vers 140 BPM et cherchent un son plus mélodique que le gabber, devenu trop agressif à leur goût. L’organisateur Q-dance, issu du groupe ID&T, donne un nom et une scène à cette recherche : les soirées Qlubtempo, à Zaandam, à partir de 2000, sont souvent considérées comme les premières soirées explicitement « hardstyle », et la première édition de Qlimax se tient la même année à Eindhoven avant de s’installer au GelreDome d’Arnhem en 2003. Le 4 juillet 2002, Q-dance dépose la marque « hardstyle » ; la même année, The Prophet fonde le label Scantraxx et DJ Zany (Raoul van Grinsven, Veldhoven) publie ses premiers maxis, bientôt sur Fusion Records, le label qu’il codirige. En 2003, « Follow the Leader » (The Prophet, hymne de Qlimax) et « Sky High » (DJ Zany, sur Fusion Records) installent la formule : grosse caisse sourde, basse inversée, screeches et une mélodie courte. La première édition du festival Defqon.1, à Almere, date aussi de 2003.
Le mot
« Hardstyle » est d’abord une étiquette de programmateur : le « style dur » d’une soirée, par opposition à la trance ou à la house. Le dépôt de la marque par Q-dance en 2002 en fait un nom de genre, puis un nom de marché : les festivals de l’organisateur (Qlimax, Defqon.1, In Qontrol, X-Qlusive) et les compilations qui les accompagnent fixent la définition auprès du public. Les producteurs italiens Technoboy et Tuneboy, puis les Belges autour du label Dirty Workz de Coone, exportent le mot dès le milieu des années 2000.
Mutations : nu-style, euphoric, raw
Vers 2005-2007, une deuxième génération, avec Headhunterz, Showtek, Brennan Heart, Noisecontrollers et Wildstylez, change le son. La grosse caisse devient plus longue et sa queue est accordée sur la mélodie, le tempo monte vers 150 BPM, les mélodies s’allongent sur seize ou trente-deux mesures : c’est ce que la scène appelle alors le nu-style. L’album Project One (2008) en est le manifeste. Autour de 2010, cette veine mélodique devient l’euphoric hardstyle, avec des voix chantées et des refrains radio comme « Year of Summer » (Wildstylez, 2012), disque de platine aux Pays-Bas. En réaction, au début des années 2010, le rawstyle (ou raw hardstyle) durcit les grosses caisses, allonge la saturation et réduit la mélodie à des screeches : Radical Redemption, Warface, Ran-D, puis Rebelion, D-Sturb et Sub Zero Project en sont les noms majeurs. Le genre n’a pas disparu : il s’est scindé en deux familles qui partagent la même grosse caisse et les mêmes festivals.
Le hardstyle en sept dates
- 2000Qlubtempo et QlimaxQ-dance lance à Zaandam les soirées Qlubtempo, souvent considérées comme les premières soirées hardstyle, et la première édition de Qlimax à Eindhoven.
- 2002La marque et le labelQ-dance dépose la marque « hardstyle » le 4 juillet ; The Prophet fonde Scantraxx, qui deviendra le premier label du genre.
- 2003Follow the Leader, Sky High, Defqon.1The Prophet et DJ Zany publient les maxis qui fixent le son des débuts ; le festival Defqon.1 naît à Almere.
- 2007Le nu-styleShowtek sort son premier album le 19 avril, Brennan Heart signe l’hymne de Defqon.1 « Get Wasted » ; la grosse caisse s’allonge et le tempo monte vers 150 BPM.
- 2008Project OneHeadhunterz et Wildstylez publient l’album qui définit le hardstyle mélodique, écrit en trois mois au Dreamland Studio.
- 2012Year of Summer et DragonbornWildstylez décroche un disque de platine avec « Year of Summer » et Headhunterz sort « Dragonborn » : sommet de l’euphoric hardstyle, au moment où le rawstyle se structure en contre-courant.
- 2024La dernière QlimaxQ-dance annonce le 25 juillet que l’édition 2024, « The Final Prophecy », sera la dernière ; Showtek, revenu au hardstyle en 2023, publie un nouvel album du genre.
Le morceau pour comprendre
« Dragonborn » (Headhunterz, 2012) réunit en cinq minutes tout ce que décrit cette fiche : une grosse caisse accordée qui tient la basse, une mélodie mineure en dents de scie, une rupture centrale puis un retour en force.
Quoi écouter. Dès l’introduction, repérez la grosse caisse seule : chaque frappe a un « clic » d’attaque puis une queue grave qui dure jusqu’à la frappe suivante ; c’est elle qui joue la basse. Quand la mélodie entre, écoutez comment la queue de la grosse caisse change de hauteur pour suivre les accords : la grosse caisse est accordée, note par note. Dans la rupture centrale (le breakdown, passage sans grosse caisse), la mélodie est exposée seule, avec des nappes et une voix pitchée, sur une trentaine de secondes. Puis un roulement de caisse claire de plus en plus rapide (la montée) annonce le retour : au drop (la chute, retour de la grosse caisse), la même mélodie revient, mais doublée par la grosse caisse. Enfin, comptez : à 150 BPM, une mesure dure 1,6 seconde, et les sections font 16 ou 32 mesures, soit 26 ou 51 secondes ; les changements tombent toujours sur ces frontières.
Les caractéristiques musicales
Le rythme
Le hardstyle est en 4/4, à un tempo compris entre 145 et 155 BPM aujourd’hui (les productions de 2002-2005 tournent plutôt entre 135 et 145 BPM, le rawstyle monte jusqu’à 160). La grosse caisse frappe sur chacun des quatre temps, sans exception dans les parties principales ; elle est si longue et si saturée qu’elle occupe presque tout l’espace. Entre deux frappes, sur les contretemps, vient la basse inversée : une note grave, souvent construite à partir de la queue de la grosse caisse jouée à l’envers, qui gonfle jusqu’à la frappe suivante. Le motif de base tient donc en deux voix qui alternent, temps et contretemps, comme un balancier. Le charleston fermé double les contretemps, et un clap (claquement de mains synthétique) tombe sur les temps 2 et 4 dans la plupart des productions mélodiques. Il n’y a ni swing ni notes fantômes : tout est droit, quantifié à la double-croche, et l’énergie vient de la saturation et des variations de fin de mesure, par exemple une grosse caisse supplémentaire sur la dernière double-croche pour relancer.
Convention de comptage : une mesure de 4/4 découpée en 16 doubles-croches ; les pas 1, 5, 9 et 13 sont les temps, les pas 3, 7, 11 et 15 les contretemps (la croche « et »). Le tempo se lit à la noire, soit 150 BPM.
Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon ; la basse inversée est figurée par un tom grave.
L’harmonie
Le hardstyle est presque toujours en mineur, et le plus souvent en mineur naturel (mode éolien) : les mélodies descendent la gamme, les accords sont des triades simples (trois notes) plaquées en accords entiers ou arpégées à la croche. Les enchaînements sont courts, sur quatre ou huit mesures, et se répètent sans modulation (changement de tonalité) : le morceau tient sur une seule tonalité du début à la fin, parce que la grosse caisse est accordée sur elle. La progression i-VI-III-VII (en la mineur : la mineur, fa, do, sol) est très fréquente dans la veine euphorique ; la descente i-VII-VI-V avec dominante majeure (la mineur, sol, fa, mi), héritée de la trance, sert aux mélodies les plus dramatiques ; le rawstyle se contente souvent d’une pédale de tonique, avec des screeches qui jouent la tierce et la septième mineures par-dessus. Le lecteur ci-dessous compare cinq grilles dans la même tonalité de la mineur, avec ou sans la batterie du motif.
Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en la mineur, une boucle de quatre mesures.
L’instrumentation
Tout est synthétique. La grosse caisse est fabriquée en trois couches : un « clic » d’attaque très court (le punch, ou tok), une queue accordée qui dure jusqu’à la frappe suivante (le tail) et, parfois, une sous-basse sinusoïdale pour le grave. Cette queue est passée dans plusieurs étages de saturation et d’égalisation, puis rééchantillonnée et transposée pour suivre les accords. La basse inversée reprend le même matériau à l’envers. Les mélodies sont jouées par des supersaws (plusieurs oscillateurs en dents de scie légèrement désaccordés, une invention du Roland JP-8000 de 1996) et par des screeches, des sons stridents obtenus par synchronisation d’oscillateurs, modulation de fréquence ou saturation, avec des balayages de filtre. Les nappes, les cordes synthétiques et un piano ouvrent souvent la rupture centrale. La percussion se résume à un clap, un charleston et des roulements de caisse claire pour les montées ; les effets sonores (risers, montées de bruit blanc, impacts) structurent les transitions.
La voix et la forme
Les débuts n’ont presque pas de voix chantée : des phrases parlées, souvent en anglais, parfois provocatrices (« We Speak Music », Showtek, 2009), pitchées vers le grave ou hachées. L’euphoric hardstyle introduit vers 2010 des refrains chantés par des vocalistes professionnels, très compressés et doublés ; le rawstyle revient à des samples parlés menaçants. La forme est toujours la même et se compte en blocs de 16 ou 32 mesures : introduction sur la grosse caisse seule (pour permettre au DJ de mixer), première montée, premier climax (le passage principal avec grosse caisse et mélodie), rupture centrale sans grosse caisse où la mélodie est exposée avec les nappes et la voix, montée avec roulement de caisse claire, second climax, puis sortie sur la grosse caisse seule. Un hymne de festival dure entre quatre et six minutes ; la version « radio » coupe l’introduction et la sortie.
Exercice d’écoute
Question 1. Dans « Dragonborn » (Headhunterz, 2012), à quel moment la queue de la grosse caisse change-t-elle de hauteur ?
Réponse : dès que les accords entrent sous la mélodie, la queue de la grosse caisse suit la fondamentale de chaque accord ; dans les passages sans accords, elle reste sur la tonique.
Ce que vous apprenez : la grosse caisse est l’instrument de basse ; si elle ne suit pas les accords, le morceau sonne faux.
Question 2. Dans « Sky High » (DJ Zany, 2003), qu’entend-on entre deux frappes de grosse caisse ?
Réponse : une note grave qui gonfle puis s’arrête net sur la frappe suivante, la basse inversée, avec un charleston sur le même contretemps.
Ce que vous apprenez : le balancement temps-contretemps des débuts du hardstyle, disparu en partie dans les productions mélodiques où la queue de la grosse caisse remplit tout l’espace.
Question 3. Dans « The Project » (Sub Zero Project, 2017), combien de mesures dure la rupture centrale avant le retour de la grosse caisse ?
Réponse : comptez les temps à 150 BPM (quatre temps par mesure, 1,6 seconde par mesure) : la rupture et sa montée occupent un bloc entier de 16 ou 32 mesures, soit 26 ou 51 secondes, et le roulement de caisse claire n’occupe que les dernières mesures.
Ce que vous apprenez : la forme se compte en blocs de 16 et 32 mesures, et le roulement de caisse claire annonce toujours la chute.
Hardstyle, gabber et trance : ce qui les sépare
Le hardstyle est souvent confondu avec ses deux voisins néerlandais et allemands. Le gabber est plus ancien (Rotterdam, début des années 1990) et bien plus rapide : 160 à 200 BPM, avec une grosse caisse écrasée par la saturation qui ne tient pas de note précise et presque pas de mélodie ; le hardstyle, à 145-155 BPM, accorde sa grosse caisse et construit de longues mélodies. La trance (130 à 145 BPM, Francfort et Berlin au début des années 1990) partage avec le hardstyle les dents de scie désaccordées, les montées et la rupture centrale, mais sa grosse caisse est courte et propre, sa basse est jouée par un synthétiseur en croches et ses harmonies sont plus riches. En production, le hardstyle passe la moitié du temps sur une seule grosse caisse, la trance sur ses nappes et sa basse, le gabber sur la saturation globale. Ajoutez la techno (120 à 140 BPM, grosse caisse sèche, presque pas de mélodie) et l’EDM de festival (autour de 128 BPM, vers laquelle Headhunterz, de 2013 à 2017, et Showtek, pendant une bonne partie des années 2010, se sont tournés), et vous tenez la carte complète des voisins.
Sous-genres et styles voisins
- Early hardstyle2000-2006, 135-145 BPMLe son des débuts : grosse caisse sourde et courte, basse inversée omniprésente, screeches et mélodies de quelques notes. The Prophet, DJ Zany, Lady Dana, Deepack.
- Nu-style2006-2010, autour de 150 BPMLa grosse caisse s’allonge et s’accorde, les mélodies s’étendent sur 32 mesures. Headhunterz, Showtek, Brennan Heart, Noisecontrollers en sont les architectes.
- Euphoric hardstyleDepuis 2010, 150-155 BPMMélodies lumineuses, refrains chantés, supersaws généreuses et grosse caisse relativement propre. Wildstylez, Da Tweekaz, Atmozfears, Sound Rush.
- RawstyleDepuis 2011, 150-160 BPMGrosses caisses plus longues et plus saturées, screeches agressifs, ambiance sombre héritée du hardcore. Radical Redemption, Warface, Rebelion, D-Sturb.
- JumpstyleBelgique, 1997-1998, 140-150 BPMCousin belge et danse associée (le jumpen), basses plus rebondissantes et mélodies plus simples ; il adopte la grosse caisse accordée du hardstyle à partir de 2002-2003. Coone et Dr. Rude en viennent.
- Gabber et hardcoreRotterdam, début des années 1990, 160-200 BPML’aîné plus rapide et plus brut dont sont sortis The Prophet ou DJ Isaac ; les deux scènes partagent les mêmes festivals.Lire la fiche
- Hard tranceBenelux et Allemagne, 1993-1998, 140-150 BPMLa source mélodique du hardstyle : grosses caisses dures, basses résonantes, montées en dents de scie. Elle se fond dans le hardstyle et le jumpstyle à la fin des années 1990.Lire la fiche
- Frenchcore et uptempoDepuis les années 2000, 190-220 BPMLes voisins rapides qui partagent les scènes des festivals hardstyle dans les années 2020 (Dr. Peacock, Sefa) ; grosse caisse « à la française », très saturée, tempo doublé.
La démarche artistique
Un producteur de hardstyle travaille d’abord pour un festival. Le morceau est pensé pour une scène de vingt mètres, une sonorisation qui descend sous 40 Hz et un public qui connaît la forme : l’introduction sur la grosse caisse pour le mix, la rupture centrale qui laisse le temps de lever les bras, le roulement de caisse claire qui fait sauter la foule au retour de la grosse caisse. Beaucoup de titres majeurs sont d’ailleurs des commandes : les hymnes annuels de Qlimax et de Defqon.1, de « Scrap Attack » (Headhunterz, 2009) à « Path of the Warrior » (Sub Zero Project, 2023), sont écrits pour un thème et un décor, et le public les attend comme un feuilleton.
La deuxième obsession est la grosse caisse. Un producteur reconnu possède « sa » grosse caisse, construite sur des semaines, parfois vendue en pack ou, au contraire, jalousement gardée ; les forums de la scène comparent les grosses caisses comme des guitaristes comparent leurs amplis. Le geste consiste à synthétiser une note, à la saturer par étapes, à la rééchantillonner, puis à recommencer jusqu’à obtenir un son qui reste lisible quand il est joué très fort. La mélodie vient ensuite, souvent au piano ou avec un simple accord de synthétiseur, et elle est testée immédiatement contre la grosse caisse accordée. Le sample de voix, s’il existe, est le dernier ajout et sert d’accroche.
Sur scène, le hardstyle est une musique de DJ : deux platines ou deux lecteurs, des morceaux mixés sur l’introduction, un micro pour haranguer la salle (le MC), et parfois un jeu de scène élaboré avec pyrotechnie. Quelques artistes passent au live hybride, avec un clavier ou un contrôleur pour rejouer les mélodies. Pour ce format, MainStage convient bien : un même patch peut empiler une supersaw et un piano par plages de touches, déclencher des nappes de rupture centrale et envoyer les effets de montée, sans ordinateur de production sur scène. La formation Live Logic Pro, MainStage et DJ détaille cette organisation.
Le hardstyle aujourd’hui
Le genre est plus vivant qu’en 2012, mais il a changé d’échelle. Les festivals néerlandais restent le centre : Defqon.1 réunit chaque année plusieurs dizaines de milliers de personnes à Biddinghuizen, et Q-dance a fait de la dernière Qlimax, en 2024, un événement mondial ; des éditions de Defqon.1 ont existé en Australie (2009-2018) et au Chili (2015-2016). La scène compte trois familles qui cohabitent : les euphoriques (Sound Rush, Da Tweekaz, Atmozfears, Devin Wild), les raw (Rebelion, D-Sturb, Warface, Sickmode, Rooler, Vertile), et un hardstyle « de scène principale » qui emprunte à la psytrance ses grosses caisses roulantes et à l’EDM ses ruptures (Sub Zero Project, qui collabore avec Hardwell ou Dimitri Vegas & Like Mike). Les anciens reviennent : Headhunterz, parti vers l’EDM en 2013, est rentré au hardstyle en 2017 et a fondé le label Art of Creation avec Wildstylez en 2018 ; Showtek a repris le hardstyle en 2023 et publié un nouvel album du genre en 2024.
Faire du hardstyle en 2026 sans refaire 2008, c’est d’abord accepter que la grosse caisse a évolué : elle est plus courte et plus précise que dans le nu-style, avec un grain plus proche de la psytrance, et elle est calibrée pour des sonorisations qui descendent sous 35 Hz. C’est ensuite écrire des mélodies moins bavardes, qui laissent de l’air, et des ruptures centrales plus courtes, parce que les sets de festival sont plus denses. C’est enfin choisir un camp assumé, euphorique ou raw, ou hybrider avec le frenchcore, le hardcore uptempo ou le dubstep, comme le firent Headhunterz et Brennan Heart avec le dubstyle en 2010. Les outils n’ont jamais été aussi accessibles ; la difficulté est restée la même : une grosse caisse qui tienne la note, très fort, sans s’écrouler.
Douze artistes pour commencer
The ProphetAmsterdam, 1999-2023
DeepackPays-Bas, années 2000
DJ ZanyVeldhoven, depuis 2002
ShowtekEindhoven, depuis 2003
TechnoboyItalie, années 2000
HeadhunterzVeenendaal, depuis 2005
WildstylezVeenendaal, depuis 2007
NoisecontrollersVeenendaal, depuis 2005
Brennan HeartLimbourg néerlandais, depuis 2002
CooneTurnhout, Belgique, depuis 1998
Radical RedemptionPays-Bas, rawstyle, années 2010
Sub Zero ProjectPays-Bas, depuis 2013
Reproduire le hardstyle en home studio
Prérequis : savoir créer une piste d’instrument logiciel, ouvrir un plug-in sur une tranche et exporter une région en audio dans Logic Pro. Si ces gestes ne sont pas acquis, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro. Aucun achat n’est nécessaire : la grosse caisse, les mélodies et le mixage décrits ici se font avec les instruments et les effets natifs.
Tempo et groove
- Réglez le projet à 150 BPM en 4/4 ; pour un son 2003, essayez 140, pour du rawstyle, 155.
- Choisissez une tonalité mineure en fonction de votre grosse caisse : fa mineur, sol mineur ou la mineur sont les plus courantes, parce que la fondamentale de la grosse caisse tombe entre 43 et 55 Hz.
- Programmez tout à la double-croche avec une quantification à 1/16 et un Q-Force (la force de quantification, dans l’inspecteur de région) à 100 % : le hardstyle n’a pas de swing, laissez le Q-Swing (le décalage des pas pairs) à 50 %.
- Comptez en blocs : 16 mesures d’introduction, 32 de climax, 32 de rupture et de montée, 32 de second climax, 16 de sortie.
- Pour la montée, doublez la vitesse du roulement de caisse claire toutes les 4 mesures : noires, croches, doubles-croches, puis triples-croches sur la dernière mesure (dans Logic, une double-croche vaut 240 ticks, une triple-croche 120).
La grosse caisse, en trois couches
C’est l’étape qui prend le plus de temps, et celle qui fait la différence entre une démo et un morceau jouable en festival. La méthode ci-dessous est celle du nu-style de « Rock Civilization » (Headhunterz, 2007) ; elle reste valable aujourd’hui, avec une queue plus courte.
- Créez une piste ES2 (Retro Synth n’a pas d’onde sinusoïdale) et choisissez une onde sinus sur l’oscillateur 1 ; coupez les deux autres.
- Assignez l’enveloppe 2 à la hauteur (Pitch) dans la matrice de modulation, avec une intensité forte et un déclin de 30 à 60 ms : c’est le clic d’attaque, le punch.
- Réglez l’enveloppe d’amplitude avec une attaque à 0, un déclin d’environ 400 ms, un maintien à 0 : la queue doit s’arrêter juste avant la frappe suivante (à 150 BPM, un temps dure 400 ms).
- Jouez la note de la tonique (par exemple fa 1, environ 44 Hz) et exportez la région en audio (Bounce in Place, Ctrl-B).
- Sur la piste audio obtenue, insérez un Channel EQ et ajoutez 4 à 6 dB en cloche entre 500 et 1 000 Hz : c’est cette bosse qui va nourrir la saturation.
- Insérez Clip Distortion avec un Drive de 20 à 30 dB, puis un second Channel EQ pour couper à 30 Hz en coupe-bas et ramener les médiums ; répétez ce couple égaliseur-saturation deux ou trois fois avec des saturations différentes (Overdrive, Distortion II, Bitcrusher en mode Clip).
- Sur un Mac Apple silicon avec Logic Pro 11, ChromaGlow en mode Squeaky ou Nasty donne une saturation plus douce pour la dernière couche.
- Exportez de nouveau en audio : vous obtenez la queue accordée (le tail). Rééchantillonner à chaque étape, plutôt qu’empiler des plug-ins, est la méthode historique.
- Chargez la queue dans Quick Sampler en mode Classic, racine sur la note jouée : vous pouvez maintenant transposer la grosse caisse note par note pour suivre les accords, comme sur « Dragonborn » (Headhunterz, 2012).
- Superposez sur une seconde piste le clic d’attaque seul (le premier export, coupé après 40 ms) pour que la frappe reste nette quand la queue est transposée.
- Ajoutez, si le grave manque, une troisième piste ES2 en sinus pur sur la même note, sans saturation, avec un déclin de 150 ms.
La basse inversée
- Dupliquez la région audio de la queue accordée sur une nouvelle piste, sans le clic d’attaque.
- Cochez « Inverser » (Reverse) dans l’inspecteur de région : la queue gonfle maintenant vers sa fin.
- Placez cette région sur chaque contretemps (pas 3, 7, 11 et 15 de la grille) et raccourcissez-la pour qu’elle s’arrête exactement sur la frappe de grosse caisse suivante.
- Insérez un Channel EQ et coupez sous 80 à 100 Hz en coupe-bas : la basse inversée ne doit pas se battre avec le grave de la grosse caisse.
- Ajoutez une saturation légère (Overdrive, Drive autour de 10 dB) pour qu’elle reste audible sur un petit système, comme sur « Sky High » (DJ Zany, 2003).
- Cette basse est historique (2001-2007) ; dans le hardstyle mélodique actuel, elle est souvent remplacée par la queue de la grosse caisse elle-même, et dans le rawstyle par un screech grave.
Harmonie et instruments
- Pour la supersaw, ouvrez Alchemy, choisissez une source A en dents de scie (VA) et réglez 6 à 8 voix d’unisson avec un désaccord (Detune) entre 30 et 40 % ; élargissez en stéréo et coupez sous 120 Hz avec un Channel EQ.
- Écrivez la mélodie en la mineur sur une grille i-VI-III-VII (la mineur, fa, do, sol), une mesure par accord, en croches et doubles-croches, comme dans « Year of Summer » (Wildstylez, 2012) ; doublez-la une octave au-dessus dans la rupture centrale.
- Pour le screech, prenez ES2 avec deux oscillateurs en dents de scie, activez la synchronisation de l’oscillateur 2 sur le 1 et pilotez la hauteur de l’oscillateur 2 avec l’enveloppe 3 ; ajoutez Distortion II puis un filtre AutoFilter dont vous automatisez la fréquence de coupure.
- Pour les nappes de la rupture centrale, empilez un piano (Steinway Grand Piano de la bibliothèque) et des cordes synthétiques (Retro Synth en mode Table) avec une réverbération ChromaVerb réglée sur 2,5 s.
- Accordez chaque note de grosse caisse sur la fondamentale de l’accord : sur Quick Sampler, la piste MIDI de la grosse caisse joue alors la mineur, fa, do, sol.
- Pour les roulements de caisse claire, utilisez le Step Sequencer sur un kit Drum Machine Designer et copiez le motif à chaque doublement de vitesse.
La voix
- Pour une phrase parlée à la Showtek (« We Speak Music », 2009), enregistrez-la à sec, transposez-la de 2 à 4 demi-tons vers le grave avec Flex Pitch et ajoutez un Bitcrusher léger.
- Pour un refrain chanté à la « Imaginary » (Brennan Heart, 2013), enregistrez trois prises et gardez la principale au centre, les doublures à gauche et à droite.
- Insérez un Compressor en mode Vintage VCA, ratio 4:1, attaque 10 ms, relâchement 80 ms, 4 à 6 dB de réduction.
- Ajoutez un DeEsser 2 autour de 6 kHz, puis un Channel EQ avec une coupe-bas à 120 Hz et 2 dB de présence à 3 kHz.
- Envoyez la voix vers une réverbération ChromaVerb de 1,8 s avec un pré-délai de 40 ms, uniquement dans la rupture centrale ; dans le climax, remplacez-la par un Stereo Delay à la noire pointée, filtré à 4 kHz.
- Insérez un Compressor en Side Chain (le compresseur est déclenché par le signal de la grosse caisse, pas par le sien) sur le retour de réverbération pour qu’elle respire entre les frappes.
Le mixage
- Mixez la grosse caisse en premier et calez-la à -6 dB de crête sur le bus stéréo : tout le reste vient en dessous d’elle.
- Coupez tout ce qui n’est pas la grosse caisse sous 100 Hz en coupe-bas ; la supersaw sous 150 Hz.
- Sur chaque mélodie, insérez un Compressor en Side Chain depuis la grosse caisse, ratio 4:1, attaque rapide, relâchement 120 ms, pour qu’elle recule à chaque frappe (technique moderne, absente des productions de 2003).
- Sur le bus stéréo, ajoutez un Compressor en mode Platinum Digital, ratio 2:1, 1 à 2 dB de réduction pour coller l’ensemble.
- Terminez par Clip Distortion réglé très doucement (Drive 2 à 3 dB) pour écrêter les crêtes de grosse caisse, puis Adaptive Limiter avec un plafond à -0,5 dB.
- Contrôlez au Loudness Meter : un master de festival descend souvent entre -6 et -5 LUFS (unité de sonie intégrée sur toute la durée) ; pour les plateformes de streaming, arrêtez-vous vers -8 LUFS, elles baisseront le volume de toute façon.
- Vérifiez le mixage en mono sur un petit haut-parleur : si la grosse caisse disparaît, remontez sa bosse de médiums entre 500 et 1 000 Hz plutôt que son grave.
Ce qu’un praticien fait vraiment
Un producteur de hardstyle ouvre rarement un projet vide. Il part d’un modèle qui contient déjà sa grosse caisse en trois couches, ses bus, son Loudness Meter et sa structure en marqueurs de 16 mesures. Il passe la première session sur la seule grosse caisse, jouée en boucle sur la tonique à un volume de club, en rééchantillonnant toutes les vingt minutes ; il la compare à trois références commerciales du même sous-genre, alignées en volume, et ne passe à la mélodie que lorsqu’elle tient la comparaison en mono. Il écrit ensuite la mélodie de la rupture centrale au piano, quatre mesures, puis la transpose dans la tonalité de la grosse caisse plutôt que l’inverse. Il exporte des versions club, radio et DJ tool (grosse caisse et mélodie séparées) dès le premier jet, parce que le morceau sera testé en festival avant d’être terminé. Enfin, il garde chaque étape de la grosse caisse dans un dossier daté : la version qui sonne le mieux n’est presque jamais la dernière.
Les cinq erreurs du débutant
- Prendre une grosse caisse de kit électronique et la saturer une seule fois : le hardstyle exige une note synthétisée, saturée par étapes et rééchantillonnée.
- Oublier d’accorder la grosse caisse sur les accords : dès que la mélodie change d’accord, le morceau sonne faux sans qu’on sache pourquoi.
- Laisser le grave à tout le monde : la supersaw, la voix et la basse inversée doivent être coupées sous 100 à 150 Hz.
- Écrire des mélodies trop riches : quatre accords de triades et une mélodie de six notes suffisent ; la puissance vient de la grosse caisse.
- Chercher le volume avec le limiteur seul : sans écrêtage doux et sans compression de bus, le limiteur pompe et la grosse caisse perd son clic.
La formation Logic Pro de YouTips, à Grenoble ou à distance, couvre la synthèse avec ES2 et Alchemy, le rééchantillonnage, la compression en Side Chain et le mixage vers un master de club. Elle est finançable par votre OPCO ou votre CPF selon votre situation.
- Synthèse d’une grosse caisse en trois couches et saturation par étapes
- Quick Sampler, Alchemy et automation des filtres
- Mixage, écrêtage doux, limiteur et mesure LUFS
Où trouver des sons hardstyle ?
Dans Logic Pro
La bibliothèque native ne propose pas de pack « hardstyle », mais tout ce qu’il faut pour le fabriquer. ES2 et Alchemy synthétisent la grosse caisse, la supersaw et les screeches ; Quick Sampler et Sampler accordent la queue ; Clip Distortion, Overdrive, Distortion II, Bitcrusher et, sur Logic Pro 11 avec un Mac Apple silicon, ChromaGlow assurent la saturation. Les kits électroniques de Drum Machine Designer fournissent claps et charlestons, le Step Sequencer programme les roulements. Les patches de synthétiseur classés « Lead » et « Pad » dans la bibliothèque donnent de bonnes bases pour les nappes de rupture centrale, à retravailler avec un Channel EQ. Le synthétiseur reste l’outil central : le cours Équipez votre home studio vous aide à choisir le reste du matériel.
Boucles et banques
Les banques de grosses caisses hardstyle sont une industrie à part entière. Splice (abonnement, licence libre de droits pour vos productions) et Loopmasters (achat à l’unité, même type de licence) proposent des packs « hardstyle », « rawstyle » et « hard dance » avec des grosses caisses accordées et des screeches. Sample Magic et Black Octopus couvrent aussi le hard dance. Sur Freesound, vérifiez la licence Creative Commons de chaque fichier (certaines interdisent l’usage commercial) ; sur Looperman, les boucles sont libres pour un usage dans un morceau mais pas pour la revente en pack. Dans tous les cas, une grosse caisse achetée est un point de départ : rééchantillonnez-la et saturez-la pour qu’elle devienne la vôtre.
Instruments virtuels
La scène travaille surtout avec des synthétiseurs à table d’ondes et des outils de saturation. Xfer Serum est le standard de fait pour les screeches et les supersaws ; Native Instruments Massive X et Arturia Pigments font le même travail, et Arturia émule le JP-8000 dont vient la supersaw. Spectrasonics Omnisphere sert pour les nappes de rupture centrale. Aucun n’est indispensable : Alchemy couvre la synthèse et ES2 la grosse caisse.
Grain et caractère
Le caractère du hardstyle vient de la saturation, pas du vinyle. FabFilter Saturn 2 (saturation multibande) et Pro-L 2 (limiteur) sont omniprésents dans la scène ; iZotope Trash 2 et Ozone couvrent la distorsion et le master. Les émulations de console et de bande, comme celles de iZotope ou de Waves, servent surtout sur la voix et les nappes. Pour un son 2003, un Bitcrusher à 12 bits sur les screeches et une réverbération courte sur la grosse caisse rappellent le grain des premiers maxis.
Lexique du hardstyle
- Reverse bassBasse inversée, note grave placée sur les contretemps, souvent fabriquée à partir de la queue de la grosse caisse jouée à l’envers.
- TailQueue de la grosse caisse, note tenue et saturée qui dure jusqu’à la frappe suivante et joue la basse du morceau.
- Punch (tok)Clic d’attaque très court, de 20 à 60 ms, superposé à la queue pour que la grosse caisse reste nette.
- ScreechSon de synthétiseur strident obtenu par synchronisation d’oscillateurs, modulation de fréquence ou saturation, avec des balayages de filtre.
- SupersawPlusieurs oscillateurs en dents de scie légèrement désaccordés, joués ensemble ; l’invention du Roland JP-8000 (1996) qui porte les mélodies de l’euphoric hardstyle.
- Climax et breakdownLe climax est le passage principal avec grosse caisse et mélodie, le breakdown la rupture centrale sans grosse caisse qui expose la mélodie.
- BPMBattements par minute ; le hardstyle se joue entre 145 et 155 BPM, le rawstyle jusqu’à 160.
- AnthemHymne officiel d’un festival, commandé chaque année par l’organisateur à un producteur et écrit autour d’un thème.
Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter
| Morceau | Tempo | Production | Ce qu’il enseigne |
|---|---|---|---|
| Follow the LeaderThe Prophet, 2003 | ≈ 140 BPM | Grosse caisse courte et sourde, basse inversée sur chaque contretemps, screech court, voix parlée ; hymne de Qlimax 2003. | Le balancement temps-contretemps des débuts et l’économie de moyens du premier hardstyle. |
| Sky HighDJ Zany, 2003 | ≈ 140 BPM | Basse inversée saturée, mélodie de quelques notes en dents de scie, rupture centrale très courte. | Comment une mélodie minimale suffit quand la basse et la grosse caisse se répondent. |
| The Colour of the Harder StylesShowtek, 2006 | ≈ 150 BPM | Grosse caisse sèche et longue, phrase parlée, mélodie simple qui alterne avec la voix ; hymne de Defqon.1 2006. | La voix parlée comme accroche, et le passage du tempo vers 150 BPM. |
| The Zero HourProject One, 2008 | ≈ 150 BPM | Grosse caisse accordée qui suit les accords, supersaws larges, rupture centrale orchestrale. | Le nu-style : la grosse caisse devient l’instrument de basse et la mélodie s’étend sur 32 mesures. |
| Year of SummerWildstylez, 2012 | ≈ 150 BPM | Refrain chanté, grille i-VI-III-VII, grosse caisse propre, montée avec roulement de caisse claire. | L’euphoric hardstyle à son sommet radio : forme pop et grosse caisse de festival. |
| The ProjectSub Zero Project, 2017 | ≈ 150 BPM | Grosse caisse au grain psytrance, screeches, rupture théâtrale avec voix parlée, chute massive. | Le hardstyle de scène principale des années 2020 : moins de mélodie, plus de contraste. |
Tempos approximatifs, mesurés à l’oreille ; pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables).
Labels, droits et synchronisation
Le hardstyle est une économie de labels indépendants adossés à des organisateurs de festivals. Scantraxx (2002, The Prophet) et ses sous-labels, Fusion Records (DJ Zany), Q-dance Records, Dirty Workz (2006, Coone, en Belgique), Theracords, Spoontech, Minus Is More (Radical Redemption), Roughstate, I AM HARDSTYLE (Brennan Heart, vers 2016) et Art of Creation (2018, Headhunterz et Wildstylez) publient l’essentiel du catalogue, en numérique et, de moins en moins, en vinyle : Fusion a cessé le pressage en 2010. Les revenus viennent des cachets de festival, du streaming et des ventes de packs de sons plus que des disques.
En France, un morceau de hardstyle génère deux familles de droits : le droit d’auteur sur la composition (géré par la Sacem pour les auteurs et l’éditeur) et les droits voisins sur l’enregistrement (le producteur du master, et les artistes-interprètes s’il y a une voix). Une phrase parlée prélevée sur un film ou un disque n’est jamais libre : le producteur du master et l’éditeur de l’œuvre doivent donner leur accord, quelle que soit la durée de l’extrait, et rejouer une mélodie existante (interpolation) exige celui de l’éditeur. Les hymnes de festival sont généralement des commandes : le contrat précise qui détient le master, souvent l’organisateur, et qui perçoit les droits d’édition. Pour la synchronisation (usage dans un jeu vidéo, une publicité de boisson énergisante, un film d’action, débouchés naturels du genre), le demandeur négocie deux licences, master et édition, à un tarif fixe ou en pourcentage. La formation Propulsez votre projet musical détaille le dépôt, la répartition et la négociation de ces contrats.
Les 100 artistes qui ont fait le hardstyle
Cent noms, en cinq groupes, des soirées Qlubtempo aux scènes principales de 2026. Les liens mènent à leur page Apple Music.
Les fondateurs (Pays-Bas, 1999-2005)
- The Prophet
- Lady Dana
- DJ Zany
- DJ Pavo
- DJ Luna
- Deepack
- DJ Isaac
- Showtek
- Donkey Rollers
- Alpha Twins
- The Pitcher
- Dutch Master
- DJ Duro
- Max Enforcer
- Zenith
- DHHD
- Dozer
- Southstylers
La deuxième vague et le hardstyle mélodique (2005-2014)
- Headhunterz
- Wildstylez
- Project One
- Noisecontrollers
- Brennan Heart
- D-Block & S-te-Fan
- Frontliner
- Bass Modulators
- Waverider
- Psyko Punkz
- Josh & Wesz
- Atmozfears
- Audiotricz
- JDX
- The Beholder
- Blademasterz
- DJ Thera
- In-Phase
Le rawstyle
- Radical Redemption
- Warface
- Gunz for Hire
- Ran-D
- Adaro
- B-Front
- Phuture Noize
- Digital Punk
- Chain Reaction
- Delete
- E-Force
- Rebelion
- D-Sturb
- Sub Zero Project
- Malice
- Rooler
- Sickmode
- Mutilator
- Killshot
- Level One
- Vertile
- Ncrypta
- Regain
- Endymion
- Crypsis
- Frequencerz
Les héritiers de l’euphoric hardstyle
- Alpha²
- Sound Rush
- Demi Kanon
- Refuzion
- KELTEK
- Devin Wild
- Sephyx
- Ecstatic
- Bass Chaserz
- Hard Driver
- Adrenalize
- Primeshock
- Solutio
- MYST
- Aftershock
- Deetox
Belgique, Italie et le reste du monde
Questions fréquentes
Quel est le tempo du hardstyle ?
Entre 145 et 155 BPM aujourd’hui, avec 150 comme valeur de référence depuis le milieu des années 2000. Les premiers maxis de 2001-2004 tournaient plutôt entre 135 et 145 BPM, et le rawstyle monte jusqu’à 160. Au-delà, on entre dans le hardcore et le frenchcore.
Quelle est la différence entre hardstyle et hardcore ?
Le tempo et la grosse caisse. Le hardcore néerlandais (gabber) se joue entre 160 et 200 BPM avec une grosse caisse écrasée par la saturation qui ne tient pas de note ; le hardstyle se joue autour de 150 BPM avec une grosse caisse accordée sur la mélodie, et il accorde une place beaucoup plus grande aux mélodies et aux ruptures centrales. Les deux scènes partagent des festivals, des labels et plusieurs artistes venus du hardcore, comme The Prophet ou DJ Isaac.
Quels sont les meilleurs artistes de hardstyle ?
Pour les débuts, The Prophet, DJ Zany, Lady Dana et Deepack ; pour le hardstyle mélodique, Headhunterz, Wildstylez, Showtek, Brennan Heart et Noisecontrollers ; pour le rawstyle, Radical Redemption, Warface, Rebelion et D-Sturb ; pour la scène actuelle, Sub Zero Project, Sound Rush et Da Tweekaz. La section « Douze artistes pour commencer » et la liste des 100 artistes ci-dessus donnent un point d’entrée par époque.
Qu’est-ce que le reverse bass ?
La basse inversée est une note grave placée sur les contretemps, entre deux frappes de grosse caisse, qui gonfle jusqu’à la frappe suivante. Elle est le plus souvent fabriquée en jouant à l’envers la queue de la grosse caisse, d’où son nom. Elle définit le son du hardstyle de 2001 à 2007 ; dans les productions mélodiques récentes, la queue de la grosse caisse occupe tout l’espace et la basse inversée devient plus discrète.
Peut-on faire du hardstyle avec Logic Pro seul ?
Oui. ES2 synthétise la grosse caisse et les screeches, Alchemy la supersaw, Quick Sampler accorde la queue de la grosse caisse, Clip Distortion et Overdrive assurent la saturation, le Compressor en Side Chain fait respirer les mélodies, et Adaptive Limiter avec le Loudness Meter terminent le master. Le seul outil que la scène ajoute presque toujours est un synthétiseur à table d’ondes comme Serum, pour la commodité, pas par nécessité.
Sources
- Wikipédia (anglais), articles Hardstyle, Hard trance, Jumpstyle, Qlimax, Defqon.1 Festival, Scantraxx, Fusion Records, DJ The Prophet, Dana van Dreven, DJ Zany, Showtek, Headhunterz, Wildstylez, Project One, Brennan Heart, Noisecontrollers, Coone, Sub Zero Project, Deepack, consultés en septembre 2026.
- Discogs, fiches des maxis et albums cités dans cette fiche (The Prophet et Scantraxx, DJ Zany et Fusion Records, Project One et Scantraxx Reloaded, Sub Zero Project et Dirty Workz), pour les années de sortie.
- Hardstyle Mag, Story of Hardstyle, et Hard Cultr, Reverse Bass Hardstyle Explained, Raw vs Euphoric Hardstyle et Hardstyle Kick Design Evolution, articles en ligne.
- Music Production Wiki, How to Make Hardstyle : The Kick Is the Whole Instrument, et Screech House, tutoriels de synthèse de grosse caisse et de basse inversée.
- iHeartRaves, The History of Hardstyle, et Stage Hoppers, A Guide to the History of Hardstyle, articles en ligne.
- Apple, Guide des instruments de Logic Pro et Guide des effets de Logic Pro, documentation en ligne, 2025.
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro et MainStage depuis 20 ans. Qui sommes-nous ?