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Drum and bass

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Le drum and bass (abrégé DnB, aussi écrit drum’n’bass) est un style de musique électronique né à Londres au début des années 1990, dans le prolongement des raves et du breakbeat hardcore. Il se joue le plus souvent entre 165 et 180 BPM, avec un cœur de production autour de 174 BPM, et repose sur un breakbeat rapide et très syncopé posé sur une basse extrêmement grave. Sa signature tient à un décalage : la batterie court à pleine vitesse pendant que la basse, les accords et les voix se placent à la moitié du tempo, soit environ 87 BPM.

Qu’est-ce que le drum and bass ?

Le drum and bass se forme au début des années 1990 dans les soirées rave britanniques, à Londres d’abord, puis à Bristol. Les tempos n’ont cessé de grimper : 120 à 135 BPM en 1990 et 1991, 150 à 165 BPM pour la jungle de 1993, puis une stabilisation à partir de 1996 dans le haut de la fourchette actuelle. Lancée en octobre 1988 au club Heaven, la soirée Rage, dont Fabio et Grooverider s’emparent du plateau principal au tournant des années 1990, est citée comme l’un des foyers de cette bascule.

Le genre hérite de trois cultures. Des sound systems jamaïcains implantés dans les quartiers londoniens, il reprend le culte de la basse et la place centrale du MC, hérités du reggae ; du dancehall, né à la fin des années 1970, les voix toastées en patois qui donnent son identité à la jungle de 1993 à 1995 ; du hip-hop, apparu au début des années 1970 dans le Bronx, la pratique du break échantillonné et découpé. La différence tient au traitement : là où le hip-hop tend à ralentir ses boucles, les producteurs britanniques les accélèrent et les recomposent tranche par tranche.

En 1992, Metalheads, un alias de Goldie, publie « Terminator », souvent cité comme le disque qui installe l’étirement temporel (timestretching) comme effet musical à part entière. En 1994, Goldie fonde Metalheadz, dont les Sunday Sessions au club Blue Note démarrent en juillet 1995. La suite se joue en branches parallèles : le techstep puis le neurofunk, plus industriels ; le liquid funk, plus mélodique, dont le nom est associé à une compilation réunie par Fabio en 2000 ; le jump-up, plus direct et festif.

Les caractéristiques musicales

Le rythme

Le drum and bass est écrit en 4/4, généralement entre 165 et 180 BPM, avec une zone de confort autour de 172 à 176 BPM. Ce tempo élevé ne se ressent pourtant pas comme une course : la basse, les accords et les voix se placent à la moitié de la vitesse, soit un demi-tempo (half-time) autour de 87 BPM.

La figure de base s’appelle le two-step. Sur une mesure de 4/4 découpée en 16 doubles-croches numérotées de 1 à 16 (les temps tombent donc sur les pas 1, 5, 9 et 13), elle se lit ainsi :

  • Grosse caisse : pas 1 et pas 11 (le contretemps du troisième temps).
  • Caisse claire : pas 5 et pas 13, soit les deuxième et quatrième temps.
  • Charleston : sur les croches, pas 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13 et 15.
  • Notes fantômes : quelques doubles-croches de caisse claire et de charleston à faible vélocité, entre ces appuis, pour créer le roulis.

C’est un squelette, pas une règle : le déplacement de la seconde grosse caisse fait la signature d’un producteur. Tout le travail consiste ensuite à remplacer les frappes par des tranches de breaks échantillonnés. La boucle la plus fréquemment citée est l’Amen break, quatre mesures de batterie jouées par Gregory Coleman sur « Amen, Brother » des Winstons (1969), à un tempo d’origine d’environ 136 BPM. D’autres boucles circulent presque autant, comme celles de « Think (About It) » de Lyn Collins (1972) et d’« Apache » par l’Incredible Bongo Band (1973).

L’harmonie

L’harmonie reste volontairement sobre : deux à quatre accords en boucle, presque toujours en mineur, parfois une simple pédale de basse tenue. Le liquid funk, lui, emprunte au jazz et à la soul : accords de septième et de neuvième, Rhodes, nappes de cordes.

En la mineur naturel, la suite i-VI-III-VII, très fréquente dans les productions liquid, donne La m, Fa, Do, Sol (Am, F, C, G en notation anglo-saxonne). Chaque accord est le plus souvent tenu une mesure entière.

L’instrumentation

L’instrumentation tient en trois couches. La batterie, faite de breaks découpés et de sons de boîte à rythmes superposés, souvent saturés. La basse ensuite, qui se dédouble : un sous-grave sinusoïdal entre 40 et 60 Hz, et une basse de caractère au-dessus. La plus connue porte le nom de Reese bass, d’après le pseudonyme Reese de Kevin Saunderson et son morceau « Just Want Another Chance » (1988) : deux ondes en dents de scie légèrement désaccordées, dont le battement produit ce grondement mouvant. Échantillonnée puis reconstruite par les producteurs britanniques, elle est devenue un son signature du genre.

La troisième couche est mélodique : nappes de synthétiseur, piano électrique, cordes, extraits de voix soul retaillés en fragments, auxquels s’ajoute un MC qui relance en direct.

Drum and bass, techno et gabber : ce qui les sépare

La techno se joue entre 120 et 140 BPM (120 à 135 pour les productions de Detroit des débuts) et repose sur une grosse caisse à chaque temps, le four-on-the-floor. Le drum and bass fait l’inverse : à 174 BPM, le patron two-step ne place que deux grosses caisses par mesure et la pulsation naît de la syncope du breakbeat. Le centre de gravité, c’est la basse, qui porte la mélodie et le mouvement harmonique.

Le gabber, lui, recouvre en partie la même zone de tempo, 160 à 200 BPM contre 165 à 180 BPM, mais ne partage rien d’autre. Né à Rotterdam au début des années 1990, il empile sur chaque temps une grosse caisse saturée dont la distorsion occupe elle-même le registre grave, quand le drum and bass part de boucles de batterie acoustique découpées. À valeur de BPM comparable, le gabber est ressenti comme deux fois plus rapide, puisque le drum and bass s’écoute en demi-tempo.

Bristol a produit au même moment l’exact contraire : le trip-hop, qui ralentit les mêmes breakbeats entre 80 et 100 BPM au lieu de les accélérer, parfois par les mêmes producteurs, Roni Size ou Smith & Mighty.

Comme le hardstyle, le genre vit de ses festivals plus que de ses albums.

Reproduire le drum and bass en home studio

Réglez le tempo du projet à 174 BPM dans Logic Pro et travaillez sur une grille de doubles-croches. Programmez le two-step décrit plus haut dans Ultrabeat, dont le séquenceur pas à pas affiche directement la grille de 16 pas : grosse caisse aux pas 1 et 11, caisse claire aux pas 5 et 13, charleston sur les croches, puis quelques notes fantômes à vélocité 25 à 45 entre ces appuis, jamais sur toutes. Q-Swing n’agit qu’avec une valeur de quantification active dans l’inspecteur de région : laissez-le à 50 %, qui correspond à une grille droite, 54 % donnant un léger déhanché. Logic compte 240 tics par double-croche : décaler une caisse claire d’une vingtaine de tics, soit environ 7 ms, suffit à sortir de la rigidité de la quantification.

Pour le break, chargez votre boucle dans Quick Sampler, activez le mode Slice, choisissez Transient dans le menu Slice Mode et ajustez Sensitivity : chaque tranche se place sur une touche du clavier et se rejoue dans l’ordre voulu. Sur une piste audio, Flex Time en mode Slicing, affiché « Découpage » dans l’interface française, remplit le même office.

Côté basse, séparez les rôles. Une piste de sous-grave en sinusoïdale pure, mono, entre 40 et 60 Hz, avec Retro Synth ou ES2. Une piste de Reese bass sur ES2 : trois oscillateurs en dents de scie, désaccord léger, Unison et réglage Analog, filtre passe-bas dont vous automatisez la fréquence de coupure. Passez-la dans un Channel EQ en passe-haut à 120 Hz, pente de 24 dB par octave, pour laisser le champ libre au sous-grave, et saturez-la avec ChromaGlow (Logic Pro 11). Sur le bus de batterie, une compression parallèle conserve l’attaque des tranches. Enfin, faites respirer la basse sous la grosse caisse avec le Compressor en chaîne latérale : envoyez la grosse caisse vers un bus, choisissez-le dans le menu Side Chain, relâchement de 100 à 150 ms.

Sur scène, MainStage ouvre la même bibliothèque d’instruments et d’effets que Logic Pro, à quelques exceptions près, permet d’empiler plusieurs instruments par zones de clavier au sein d’un même patch et dispose d’un module Playback pour lancer les breaks pendant que vous jouez, une configuration détaillée dans la formation live, MainStage et DJ.

Artistes et morceaux de référence

  • The Winstons, « Amen, Brother » (1969) : face B de « Color Him Father », source de l’une des boucles de batterie les plus échantillonnées de la musique enregistrée.
  • Metalheads, « Terminator » (1992) : l’étirement temporel devient un effet musical assumé.
  • UK Apachi with Shy FX, « Original Nuttah » (1994) : l’un des titres emblématiques de la jungle à voix ragga.
  • Goldie, Timeless (1995) : l’un des albums qui installent le genre dans le format long, morceau-titre de plus de vingt minutes.
  • Roni Size / Reprazent, New Forms (1997) : le collectif bristolien fait jouer des musiciens en direct et remporte le Mercury Prize.
  • Ed Rush & Optical, Wormhole (1998) : disque de référence du neurofunk, basses métalliques et production sèche.
  • Fabio, Liquid Funk (2000) : compilation Creative Source à laquelle est associée l’apparition du terme.
  • Pendulum, Hold Your Colour (2005) : porte d’entrée rock et grand public, signée par un groupe australien installé à Londres.

Questions fréquentes

Quel est le tempo du drum and bass en BPM ?

Le drum and bass se joue entre 165 et 180 BPM, et l’essentiel des productions se situe entre 172 et 176 BPM. Si vous débutez, réglez votre projet à 174 BPM, la valeur de référence du genre. Gardez en tête que l’auditeur perçoit la moitié de ce chiffre, soit 87 BPM à 174 BPM, ce qui explique qu’un morceau puisse paraître posé malgré une batterie très rapide.

Quelle différence entre jungle et drum and bass ?

Jungle et drum and bass ont longtemps désigné la même musique, et beaucoup d’acteurs de l’époque employaient les deux mots indifféremment. L’usage courant réserve aujourd’hui le terme jungle aux productions du milieu des années 1990, très chargées en breaks découpés, en sous-grave issu de la culture sound system et en voix ragga. Drum and bass désigne plutôt ce qui suit, à partir de 1996 : une production plus nette, des sons de synthèse plus travaillés et un tempo stabilisé autour de 174 BPM.

Faut-il un échantillonneur pour produire du drum and bass ?

Un échantillonneur n’est plus indispensable, mais il reste le chemin le plus court vers le son du genre. Découper un break dans Quick Sampler et le rejouer note à note vous apprend le vocabulaire rythmique bien plus vite que la programmation pas à pas. Vous pouvez démarrer entièrement avec les instruments fournis dans Logic Pro, en commençant par le cours en ligne Bien démarrer sur Logic Pro.

Le drum and bass est un terrain d’entraînement exigeant pour le montage audio : la plupart des tranches de batterie y sont placées à la main. Pour travailler ces gestes de façon structurée, la formation Logic Pro perfectionnement proposée par YouTips à Grenoble et à distance est faite pour cela.