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Trap
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La trap est un style de rap né dans les quartiers sud d’Atlanta, en Géorgie, entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, reconnaissable à sa grosse caisse Roland TR-808 accordée qui tient lieu de basse et à ses charlestons très rapides. Trois éléments la définissent. D’abord une boîte à rythmes Roland TR-808, un appareil qui fabrique lui-même ses sons de batterie, dont la grosse caisse est accordée sur une note précise et tenue si longtemps qu’elle sert de basse. Ensuite des charlestons, les deux petites cymbales que le batteur ouvre et ferme au pied, joués en doubles-croches, soit quatre coups par temps, et ponctués de roulements très rapides. Enfin une vitesse écrite le plus souvent entre 140 et 150 BPM (battements par minute), mais ressentie deux fois plus lentement. Le mot vient de l’argot d’Atlanta : la trap house désigne la maison où l’on vend de la drogue, et le genre a d’abord été un récit de ce commerce avant de devenir la grammaire dominante du rap mondial. Les figures fondatrices sont les producteurs Shawty Redd, DJ Toomp et Zaytoven, et les rappeurs T.I., Jeezy et Gucci Mane ; la génération suivante, de Lex Luger à Metro Boomin, en a fait un standard international.
- PériodeFin des années 1990 et début des années 2000
- FoyerAtlanta, Géorgie, puis Memphis et le reste du Sud
- Tempo140 à 150 BPM écrits, ressentis à 70-75
- Rythme808 accordée, clap (un claquement de mains échantillonné qui remplace la caisse claire) sur les temps 2 et 4 du ressenti lent, charlestons en doubles-croches et roulements
- InstrumentsRoland TR-808, échantillonneur (un instrument qui rejoue un son enregistré à la hauteur de la touche jouée), synthétiseur, voix traitée
La trap en bref
- Origine : Atlanta, entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, dans le prolongement du rap sudiste de Memphis et de Houston.
- Son : une 808 accordée qui tient lieu de basse, un clap sec sur les temps 2 et 4 du ressenti lent, des charlestons rapides, des nappes mineures et beaucoup de silence entre les éléments.
- Trois albums : Trap Muzik de T.I. (2003), Flockaveli de Waka Flocka Flame (2010), Culture de Migos (2017).
- En home studio : tout se joue sur trois réglages, l’accord de la 808, la longueur de son relâchement (le temps que met le son à s’éteindre) et la programmation des charlestons.
- Le point à connaître : la trap est un style de production autant qu’un genre, ce qui explique qu’on la retrouve aussi bien dans la pop que dans la musique électronique de festival.
Trois albums cultes pour entrer dans la trap
- Trap MuzikT.I., 2003
C’est l’album qui a donné son nom au genre, avec des instrumentaux de DJ Toomp qui posent le contraste entre une 808 très basse et des cordes synthétiques aiguës. Écoutez « 24’s » pour le récit et « Rubber Band Man » pour le refrain.
Écouter sur Apple Music - FlockaveliWaka Flocka Flame, 2010
Le disque qui fixe le modèle moderne : cuivres synthétiques, roulements de charleston, silences brutaux. « Hard in da Paint », produit par Lex Luger, et « No Hands », produit par Drumma Boy, en donnent les deux visages.
Écouter sur Apple Music - CultureMigos, 2017
L’album qui installe le débit en triolets au sommet des classements mondiaux. « Bad and Boujee » et « T-Shirt » montrent comment trois voix peuvent se relayer sur une boucle de deux accords.
Écouter sur Apple Music
Pochettes et liens Apple Music.
Qu’est-ce que la trap ?
La trap est un style de rap, et surtout un style de production, caractérisé par l’usage de la Roland TR-808 comme instrument de basse, par des charlestons très rapides et par une écriture harmonique réduite à deux ou trois accords mineurs. Elle appartient à la famille du hip-hop, dont elle constitue la branche sudiste devenue majoritaire à partir des années 2010.
Ce qui existait avant
Rien n’apparaît d’un coup. Trois lignées préparent la trap. La première vient de Memphis, où Three 6 Mafia, autour de DJ Paul et Juicy J, enregistre dès le début des années 1990 des cassettes sombres, saturées, construites sur des boucles courtes et des voix chuchotées ; c’est de là que viennent le goût du mineur, le tempo ralenti et une partie du vocabulaire percussif. La deuxième vient de Houston et du Texas, avec UGK et le duo Bun B et Pimp C, dont les premiers disques paraissent en 1992, d’abord chez Bigtyme Recordz : une écriture de récit de rue, un groove lent, une place centrale donnée à la basse. La troisième vient de La Nouvelle-Orléans, où Mannie Fresh, producteur de Cash Money, impose dans les disques de la fin des années 1990 un jeu de charleston très découpé, en doubles-croches et en triolets, que la trap reprendra à son compte.
Un instrument traverse toutes ces lignées : la Roland TR-808, commercialisée en 1980 et retirée du catalogue en 1983, vendue à moins de douze mille exemplaires. Roland avait arrêté sa production parce que les transistors imparfaits dont dépendait son circuit n’étaient plus disponibles. Sa grosse caisse, dont on peut allonger le relâchement jusqu’à plusieurs secondes, produit une note tenue plutôt qu’une frappe. Le rap l’utilise depuis le début des années 1980 ; la trap en fait le centre du morceau.
La naissance du genre
Le foyer est Atlanta, et la formation du genre court de la fin des années 1990 au début des années 2000, sa diffusion se poursuivant jusqu’au milieu de la décennie. Le producteur Shawty Redd est souvent considéré comme celui qui a assemblé les éléments du son : synthétiseurs inquiétants, 808 puissante, charlestons rapides. Il travaille au tout début des années 2000 avec le rappeur d’Atlanta Drama, à ne pas confondre avec le disc-jockey DJ Drama, puis fournit à Jeezy, alors connu sous le nom de Lil J, une série d’instrumentaux qui deviendront la signature du genre. En parallèle, DJ Toomp adapte cette formule pour T.I.
Trois disques fixent le genre en deux ans. Trap Muzik de T.I. paraît le 19 août 2003 chez Grand Hustle et Atlantic : il entre à la quatrième place du Billboard 200 et sera certifié disque de platine en 2007. C’est lui qui donne son nom au style, sans en être l’invention musicale. Le 24 mai 2005, Gucci Mane publie son premier album, chez Big Cat Records, sur lequel Zaytoven signe plusieurs titres, dont le single paru le 13 avril 2005 qui a fait connaître les deux hommes ; onze ans plus tard, Everybody Looking montrera qu’il tient toujours la même ligne. Le 26 juillet de la même année, Jeezy sort Let’s Get It : Thug Motivation 101, avec « Soul Survivor » en tête de gondole. En 2005, la trap n’est plus un sous-genre local : c’est le son d’Atlanta.
D’où vient le mot
Dans l’argot d’Atlanta, la trap house est la maison où se vend la drogue, et le verbe to trap signifie y travailler. Les rappeurs d’Atlanta employaient déjà le terme au début des années 1990 ; c’est l’album de T.I. qui le transforme en nom de genre. Le double sens n’est pas un hasard : le mot anglais signifie aussi « piège », et les textes fondateurs décrivent une activité dont on ne sort pas. Ce qui a commencé comme une étiquette de contenu est devenu, en une décennie, une étiquette de son : aujourd’hui, un morceau peut être qualifié de trap sans parler de drogue, uniquement en raison de sa production.
La mutation, pas la fin
La trap n’a pas connu de fin, elle a connu une dissolution par le haut. À partir de 2010, avec Lex Luger, sa production se standardise et se diffuse. À partir de 2013, elle devient le format par défaut du rap américain, puis de la pop. En 2026, on ne parle plus beaucoup de « faire de la trap », parce que la trap est devenue le fond sur lequel presque tout se détache. C’est le sort habituel des styles qui gagnent : ils cessent d’être un choix pour devenir une norme.
La trap en sept dates
- 1980La Roland TR-808 arriveCommercialisée cette année-là et retirée du catalogue en 1983, elle deviendra l’instrument central du genre.
- 2003Trap Muzik donne son nom au styleL’album de T.I., paru le 19 août, installe le mot et le contraste sonore qui vont avec.
- 2005Atlanta prend la mainGucci Mane et Jeezy publient à deux mois d’intervalle des disques qui imposent Zaytoven et Shawty Redd comme producteurs de référence.
- 2010Flockaveli fixe le modèle moderneParu le 5 octobre, l’album de Waka Flocka Flame impose la production de Lex Luger, qui signera plus de deux cents morceaux dans la foulée.
- 2012La trap sort du rapLe duo TNGHT, formé de Hudson Mohawke et Lunice, et le producteur Baauer transposent la grammaire trap dans la musique électronique de club et de festival.
- 2013Le débit en triolets et la FranceMigos publie « Versace » et Kaaris fait paraître son premier album, Or noir, le 21 octobre, qui lance véritablement la trap française.
- 2017La trap devient la popPublié le 27 janvier, Culture de Migos entre directement premier au Billboard 200, six jours après le passage de « Bad and Boujee » en tête du Hot 100.
Le morceau pour comprendre
Il s’agit de « Bad and Boujee » de Migos, paru le 28 octobre 2016 et produit par Metro Boomin et G Koop. Le morceau est écrit à environ 127 BPM, un peu en dessous de la fourchette habituelle du genre, ce qui laisse de la place aux triolets de voix.
Ce qu’il faut écouter. Pendant les huit premières secondes, il n’y a qu’un motif de clavier et un charleston : notez qu’aucune basse n’est encore là, l’oreille attend. Vers 0’11, la 808 entre, et vous entendez immédiatement qu’elle ne frappe pas, elle tient : chaque note dure presque un temps entier. Entre 0’20 et 0’40, concentrez-vous sur les charlestons : ils passent de la double-croche au roulement, et ces accélérations ne tombent jamais au même endroit d’une mesure sur l’autre. À partir de 0’45, écoutez le relais des trois voix : chacune prend le refrain en imitant le débit de la précédente, et les réponses lancées derrière la voix principale (ce qu’on appelle les ad-libs) sont placées très à droite et très à gauche du panoramique. Enfin, à chaque retour de refrain, comptez les accords : il n’y en a que deux, et ils ne changent pas de toute la durée du morceau. C’est exactement ce que fait la trap : elle immobilise l’harmonie pour libérer le rythme.
Les caractéristiques musicales
Le rythme
La trap s’écrit en 4/4, c’est-à-dire en mesures de quatre temps que l’on compte « un, deux, trois, quatre », le plus souvent entre 140 et 150 BPM, mais elle se ressent à la moitié de cette vitesse, autour de 70 à 75. Cette double lecture est la première chose à comprendre : le clap tombe sur les temps 2 et 4 d’un ressenti lent, ce qui laisse deux fois plus de place pour découper les charlestons. La fourchette 140-150 est le centre de gravité du genre, pas une règle : le répertoire s’étale en réalité d’environ 125 à 170 BPM écrits, avec « Bad and Boujee » à environ 127 d’un côté et « Soul Survivor » à environ 168 de l’autre.
Le motif ci-dessous est la forme la plus courante, écrit sur une mesure à 140 BPM. La 808 entre sur le premier temps, puis va chercher deux syncopes, des notes placées volontairement à côté du temps, aux pas 7 et 11. Le clap ne bouge jamais : il tombe une seule fois par mesure écrite, sur le pas 9, c’est-à-dire sur le troisième temps. C’est lui qui installe le ressenti à 70. Comptez lentement « un, deux, trois, quatre » sur deux mesures écrites : le clap tombe sur le deux, puis sur le quatre. Les charlestons courent en doubles-croches, accentués un pas sur deux, et un charleston ouvert, les deux cymbales laissées écartées, donc un son qui sonne au lieu de claquer, remplace le dernier charleston fermé pour annoncer la mesure suivante. La case « Variante » du lecteur ajoute une 808 au pas 15.
Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon.
Une précision importante sur les roulements. La grille ci-dessus travaille en doubles-croches, soit seize pas par mesure, et elle est figée : elle ne peut afficher aucune subdivision plus fine. Or le roulement de charleston, ce qui fait la signature de la trap, se joue plus vite : en triples-croches, en triolets de doubles-croches, parfois en quadruples-croches sur un seul temps. Un vrai séquenceur pas à pas, lui, sait le faire sans quitter ses seize pas, grâce à la répétition de note. La partie « Reproduire la trap en home studio » détaille la manipulation dans Logic Pro, et explique quand passer à l’éditeur clavier pour placer chaque coup à la main.
L’harmonie
L’harmonie de la trap est volontairement pauvre, et c’est une force. Deux accords suffisent, parfois un seul, tenus sur quatre mesures et bouclés pendant trois minutes. Le mode mineur domine largement, avec quelques emprunts au mineur harmonique et au mode phrygien pour les couleurs les plus sombres. La progression i-VI-III-VII, dont chaque chiffre romain désigne un accord par sa place dans la gamme, en minuscules quand il est mineur et en majuscules quand il est majeur, très fréquente dans la trap mélodique des années 2015-2020, ne doit pas faire oublier que beaucoup de morceaux fondateurs n’ont aucune progression du tout : le mouvement est ailleurs, dans la ligne de 808 et dans la voix.
Un point technique qui piège les débutants : la 808 joue des notes, donc elle a une hauteur. Si votre boucle de clavier est en la mineur, la 808 doit suivre la fondamentale de chaque accord, la note qui lui donne son nom, sinon vous entendrez deux tonalités superposées. C’est la raison pour laquelle on charge toujours la 808 dans un échantillonneur, et jamais dans un module de batterie : il faut pouvoir la jouer au clavier.
Les cinq suites d’accords ci-dessous sont toutes en la mineur pour que vous puissiez les comparer à l’oreille. Choisissez-en une, écoutez-la avec puis sans la batterie. Les noms d’accords sont notés à l’anglaise : A vaut la, B si, C do, D ré, E mi, F fa, G sol ; un « m » signifie mineur, un « b » un bémol, et les chiffres 7 ou 9 désignent des notes ajoutées par-dessus.
Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en la mineur, une boucle de quatre mesures.
L’instrumentation
Une production trap tient en quatre familles de sons, et il est rare d’en trouver une cinquième.
- La 808 : la grosse caisse de la Roland TR-808, accordée et jouée comme une basse, avec un relâchement long.
- Les percussions : un clap ou une caisse claire très sèche sur les temps 2 et 4 du ressenti lent, soit une seule fois par mesure écrite, des charlestons fermés en doubles-croches, un charleston ouvert de temps en temps, parfois un triangle ou un tambourin.
- Le motif mélodique : un ou deux accords joués au piano, au clavecin synthétique, à la harpe, aux cordes pincées ou au synthétiseur, souvent avec un vibrato lent.
- La voix : couche principale, doublures serrées, et réponses lancées en marge du mixage.
Ce qui frappe à l’analyse, c’est la quantité de silence. Une instrumentale trap comporte souvent moins de six pistes actives à un instant donné. La densité vient du rythme, pas de l’empilement.
La voix et la forme
La trap a inventé une façon de placer les syllabes. Le débit en triolets, c’est-à-dire trois syllabes par temps, est devenu sa signature depuis « Versace » de Migos, paru en 2013 : le groupe l’a tellement systématisé qu’on parle parfois de « flow Migos ». Il n’en est pas l’inventeur, le procédé existe dans le rap depuis les années 1990, mais il l’a rendu universel.
À côté du débit, deux éléments structurent la voix. Les doublures, d’abord : le rappeur réenregistre certains mots à l’identique pour les épaissir, généralement les fins de vers. Les ad-libs ensuite, ces interjections courtes lancées entre les phrases, placées loin sur les côtés du panoramique, qui servent à la fois de ponctuation rythmique et de signature personnelle. La forme, elle, est simple et efficace : une introduction de huit mesures, un refrain, un couplet de seize, le refrain, un second couplet, le refrain, une sortie. La trap place souvent le refrain en premier, avant même le couplet, ce qui va à rebours de la chanson classique et correspond à l’écoute en streaming, où les premières secondes décident de tout.
Exercice d’écoute
Écoutez « Hard in da Paint » et répondez avant de lire la suite.
- Question 1 : entre la quinzième et la quarante-cinquième seconde, la 808 joue-t-elle toujours la même note, ou entendez-vous sa hauteur changer ?
- Question 2 : au tout début du morceau, la 808 et le charleston rapide entrent-ils ensemble, ou l’un après l’autre ?
- Question 3 : sur les moments les plus intenses, quelque chose donne l’impression que ça accélère alors que le tempo ne bouge pas. Qu’est-ce que c’est ?
Les réponses, à ne lire qu’après.
- Réponse 1 : elle change de note. Mais toutes ces notes appartiennent au même accord, qui, lui, ne change pas de tout le morceau. Ce que vous apprenez : dans la trap, le mouvement passe par la basse et non par la suite d’accords.
- Réponse 2 : l’un après l’autre. Ce que vous apprenez : faire entrer les éléments en décalé est un outil de construction à part entière.
- Réponse 3 : les roulements de charleston, qui découpent plus finement sans modifier la pulsation. Ce que vous apprenez : on crée de la tension par la subdivision, pas par le tempo.
Trap, boom bap et drill : ce qui les sépare
Ces styles sont tous du rap, tous construits sur une boucle, et pourtant ils ne se fabriquent pas du tout de la même façon.
Trap et rap : quelle différence ?
La question revient sans arrêt, et la réponse est simple : la trap n’est pas le contraire du rap, elle en est une branche. Le rap est le genre, né au début des années 1970 ; la trap est la manière de le produire qui s’est imposée à partir des années 2010. Un morceau peut donc être du rap sans être de la trap, mais tout morceau de trap est du rap.
Trap et boom bap
Le boom bap est new-yorkais et couvre la période 1990-2000. Il tourne entre 85 et 95 BPM, se construit sur un extrait de disque de soul ou de jazz prélevé, puis remonté et bouclé (un sample), et sa batterie imite une batterie acoustique, avec une caisse claire qui claque et un léger retard humain. L’harmonie y est riche parce qu’elle est héritée du disque emprunté. La trap est sudiste, postérieure, écrite à un tempo environ une fois et demie plus rapide sur le papier, et elle synthétise ses sons au lieu de les emprunter : là où le boom bap part d’un disque existant, la trap part d’une boîte à rythmes et d’un clavier.
Trap et drill
Le drill est né à Chicago au début des années 2010, dans le sillage direct de la trap : Chief Keef et le producteur Young Chop en fixent le modèle avec Finally Rich, paru en décembre 2012. Il partage l’essentiel du matériel de la trap, mais il assombrit tout : mélodies plus rares, atmosphère plus froide, et un tempo souvent plus lent dans sa version de Chicago. La branche britannique, apparue à Brixton, dans le sud de Londres, à partir de 2012 et passée au premier plan vers 2016, y ajoute une signature rythmique propre, une ligne de 808 qui glisse d’une note à l’autre en sautant le temps fort, et une pulsation généralement comprise entre 138 et 145 BPM. La différence tient donc moins aux outils qu’à l’usage : la trap peut être festive, le drill ne l’est presque jamais.
Trap et phonk
Le phonk partage avec la trap la batterie 808 et l’héritage des cassettes de Memphis, mais il part d’enregistrements existants qu’il ralentit et sature, là où la trap synthétise ses sons. Sa branche brésilienne, plus rapide et plus dansante, s’est éloignée encore davantage du modèle d’Atlanta.
Sous-genres et styles voisins
- DrillÀ partir de 2012Branche sombre de la trap née à Chicago avec Chief Keef et Young Chop, puis réinventée à Londres à partir de 2012 et à New York à la fin des années 2010. Mélodies rares, atmosphère froide, ligne de 808 très mobile.
- EDM trapAutour de 2012, environ 140 BPM, plus rapide que l’EDM de clubTransposition de la grammaire trap dans la musique de club et de festival, portée par TNGHT, Baauer, RL Grime, Flosstradamus et Yellow Claw. Elle garde la 808 et les charlestons, mais remplace la voix par des montées et des chutes.Lire la fiche
- PluggÀ partir de 2013Style né à Atlanta autour du collectif Beatpluggz et des producteurs MexikoDro et StoopidXool, qui tire son nom de leur marqueur vocal. Batteries clairsemées, mélodies rêveuses aux sonorités de console de jeu, héritage direct de Zaytoven.
- RageFin des années 2010Hybride de trap et de synthétiseurs brillants venus de la musique électronique, fixé par les producteurs F1lthy, Pi’erre Bourne et Maaly Raw autour de Playboi Carti et Lil Uzi Vert. Le morceau « Miss the Rage » de Trippie Redd et Playboi Carti, paru en 2021, en est le manifeste.
- Trap latineFin des années 2000, essor international vers 2015Née à Porto Rico à la fin des années 2000 dans le prolongement du reggaeton, puis portée au succès international vers 2015 et 2016 par Bad Bunny, Anuel AA, Ozuna et Bryant Myers. Elle conserve la 808 et le débit trap, et y ajoute des mélodies vocales et un chant en espagnol.Lire la fiche
- Afro trap2015Formule inventée en France par MHD, qui superpose un débit trap à des boucles de guitare et à des percussions d’Afrique de l’Ouest. « Afro Trap Part. 7 (La puissance) » en donne la version la plus jouée.
- PhonkAnnées 2010 et 2020Style construit sur les cassettes de Memphis des années 1990, dont il reprend les voix ralenties et les cloches saturées, avec des batteries proches de la trap. Sa branche brésilienne domine les plateformes depuis le début des années 2020.Lire la fiche
- Trap métallique et hybridesAnnées 2020Croisements de la trap avec la guitare saturée, la pop, le dubstep ou la house, généralement conduits par des producteurs plutôt que par des scènes locales. La 808 y sert de dénominateur commun.
La démarche artistique
La trap est l’un des premiers grands styles populaires fabriqués presque entièrement sur ordinateur portable, par des gens qui n’ont pas appris la musique à l’école. Lex Luger disait produire ses instrumentaux en un quart d’heure à une vingtaine de minutes, sur FL Studio, un logiciel grand public, à partir de banques de sons vendues quelques dizaines d’euros. Metro Boomin a commencé à treize ans avec le même logiciel, sur un ordinateur acheté par sa mère, avant de faire les allers-retours entre Saint-Louis et Atlanta. Zaytoven a appris le clavier dans l’église où son père prêchait, travaillait comme coiffeur quand il a rencontré Gucci Mane, et produit encore aujourd’hui avec un échantillonneur matériel et un clavier. Ces trois trajectoires disent la même chose : la trap valorise la vitesse d’exécution et l’identité sonore, pas la maîtrise académique.
Le mode de travail est collectif et continu. Un producteur envoie des dizaines d’instrumentaux, un rappeur en garde deux, le reste circule. Les collectifs de producteurs, 808 Mafia hier, Working on Dying aujourd’hui, fonctionnent comme des ateliers où l’on partage des sons, des marqueurs vocaux et des contacts. La publication ne suit pas le calendrier classique de l’album : on sort des mixtapes, des recueils diffusés hors du circuit commercial de l’album, des morceaux isolés, des versions rallongées. Gucci Mane a publié plusieurs dizaines de projets en quinze ans, et c’est cette abondance, pas la rareté, qui construit la présence.
L’image compte autant que le son. Le clip a été l’outil de diffusion principal de la trap américaine comme de la trap française, avant même les plateformes de streaming. En France, le réalisateur William Thomas a signé plusieurs centaines de clips depuis le milieu des années 2010, dont ceux qui ont installé Niska. La gestuelle fait partie de l’œuvre : le mouvement de bras de Kaaris et celui de Niska ont été repris jusque sur les terrains de football, et ce passage du morceau au geste est un des moteurs de la diffusion du genre.
Sur scène, la trap pose un problème précis : les morceaux reposent sur des sons électroniques que personne ne joue. Beaucoup d’artistes se contentent de diffuser la bande, c’est-à-dire l’instrumental enregistré tel quel, ce qui rend le concert fragile dès qu’il faut changer l’ordre ou la durée d’un titre. Une alternative consiste à jouer les 808 et les motifs de clavier en direct depuis un ordinateur, avec un logiciel de scène. C’est exactement ce que permet MainStage : on empile dans un même patch, le nom que MainStage donne à la configuration d’un morceau, plusieurs instruments répartis par plages de touches, ce qui permet de garder la 808 dans le grave et le motif mélodique dans l’aigu sur le même clavier, et de passer d’un morceau à l’autre sans arrêter le son. Attention toutefois : MainStage ne dispose ni de Drummer, ni des Session Players, ni de Flex, ni de l’assistant de mastérisation, ni du séparateur de pistes. La préparation du spectacle se fait donc dans Logic Pro, et MainStage sert à le jouer.
La trap aujourd’hui
En 2026, la trap n’est plus un courant, c’est une infrastructure. Sa batterie sert de base à la pop, au rythme et blues, à une partie de la musique de film, à la publicité et aux jeux vidéo. Les artistes qui l’ont portée au sommet continuent, mais le centre de gravité s’est déplacé vers ses branches : le drill britannique et new-yorkais, le rage, le plugg et ses variantes, la trap latine qui remplit les stades, la scène française qui a produit une génération entière de têtes d’affiche.
En France, le passage a été net. La trap arrive par les marges au début des années 2010, s’installe avec Or noir, premier album de Kaaris, en octobre 2013, puis devient le format courant avec Niska, Gradur, PNL, Damso, SCH et Ninho. La génération suivante, de Gazo à Tiakola en passant par Werenoi, mélange la trap avec le drill, l’afrobeats et la variété, au point qu’il devient difficile de tracer une frontière. C’est le signe d’un genre arrivé à maturité.
Faire de la trap en 2026 sans refaire 2013
- Changez de source mélodique : au lieu du clavecin synthétique standard, échantillonnez un instrument acoustique inhabituel, puis étirez-le et filtrez-le.
- Travaillez la 808 comme une basse jouée, avec des glissements entre les notes et des durées inégales, plutôt que comme une suite de notes identiques.
- Laissez tomber le roulement de charleston sur au moins un passage entier : l’absence se remarque plus que la présence.
- Sortez du 4/4 strict sur l’introduction ou le pont, en ajoutant ou retirant un temps, puis revenez à un 4/4 régulier pour le refrain.
- Enregistrez une vraie prise d’instrument, même approximative, et gardez-la basse dans le mixage : elle donnera au morceau une texture que personne ne pourra copier avec les mêmes banques de sons.
- Traitez les doublures de voix autrement : un octaveur, un filtre, une bande passante très étroite valent mieux qu’une troisième couche identique.
Douze artistes pour commencer
T.I.Atlanta, années 2000
JeezyAtlanta, années 2000
Gucci ManeAtlanta, depuis 2005
Waka Flocka FlameAtlanta, années 2010
Chief KeefChicago, depuis 2012
FutureAtlanta, depuis 2011
Young ThugAtlanta, années 2010
MigosLawrenceville, années 2010
Metro BoominSaint-Louis et Atlanta, depuis 2012
21 SavageAtlanta, depuis 2015
Travis ScottHouston, depuis 2013
MHDParis, depuis 2015
Reproduire la trap en home studio
Cette partie suppose que vous savez créer un projet, ajouter une piste d’instrument logiciel et enregistrer une région dans Logic Pro. Si ce n’est pas encore le cas, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro, puis revenez ici. Tout ce qui suit s’appuie uniquement sur la bibliothèque fournie avec Logic Pro, sans extension payante.
Le tempo et le groove
- Réglez le tempo du projet sur 140 BPM : vous écrirez en doubles-croches, mais vous entendrez une pulsation lente à 70.
- Laissez la signature en 4/4 : c’est la mesure de tout le répertoire, et l’outil Drummer ne sait de toute façon jouer qu’en 4/4.
- Réglez la valeur de quantification sur 1/16 dans l’inspecteur de région : la quantification aligne vos notes sur une grille rythmique, ici celle des doubles-croches, et sans ce réglage le paramètre Q-Swing resterait sans effet.
- Laissez Q-Swing à 50 %, c’est-à-dire droit : la trap ne swingue pas, contrairement au boom bap. Montez à 54 ou 56 % seulement si vous cherchez une couleur légèrement traînante, et sachez que ce réglage ne déplace que les pas pairs.
- Baissez le paramètre Q-Force autour de 80 % sur les pistes de clavier : il se trouve dans l’inspecteur de région, sous le triangle d’affichage « Plus », et vous gardez la précision sans le côté mécanique.
Retenez enfin que Logic compte 960 divisions, appelées ticks, par noire, donc 240 par double-croche : c’est l’unité dans laquelle vous décalerez manuellement une note.
La batterie
- Créez une piste d’instrument logiciel et chargez Drum Machine Designer.
- Choisissez dans la bibliothèque un kit électronique dont la grosse caisse est grave et tenue.
- Faites glisser votre propre échantillon de 808 sur la cellule de grosse caisse si aucun kit ne convient : elle est remplacée directement.
- Ouvrez le séquenceur pas à pas (Step Sequencer) plutôt que l’éditeur clavier : sélectionnez la piste, puis appuyez sur la touche B.
- Placez le clap sur le pas 9, c’est-à-dire sur le troisième temps de la mesure écrite : à 140 BPM, ce clap unique par mesure est ce qui crée le demi-temps, et il correspond aux temps 2 et 4 du ressenti à 70. Ne le bougez plus, il sert de repère à l’auditeur.
- Programmez les charlestons fermés sur les seize pas.
- Passez le mode d’édition de la rangée de Step On/Off à Velocity, en haut du séquenceur.
- Baissez la vélocité d’un pas sur deux autour de 45 sur 127, en laissant les pas accentués vers 90 : la vélocité est la force de la frappe, de 1 à 127.
- Ajoutez un charleston ouvert sur le dernier pas de la mesure, à la place du charleston fermé de ce pas et non par-dessus, avec une durée courte, pour annoncer la mesure suivante.
- Déployez la rangée du charleston avec la flèche placée à gauche de son nom : des sous-rangées apparaissent.
- Choisissez le mode Note Repeat, appelé Répétition de note dans l’interface française, dans le menu de la première sous-rangée.
- Faites glisser verticalement à l’intérieur d’un ou deux pas pour monter la valeur à 3 ou 4, sur une échelle qui va de 1 à 16 : le pas est rejoué plusieurs fois à l’intérieur de sa durée.
- Montez cette valeur à 3 ou à 6 pour un roulement ternaire, c’est-à-dire découpé en trois au lieu de deux.
- Ne touchez pas à la fréquence de pas, la sous-rangée Step Rate, sur un pas isolé : ce réglage change la durée du pas, la rangée devient plus courte que la mesure et se décale des autres.
- Passez ensuite à l’éditeur clavier, la fenêtre où les notes apparaissent devant un clavier vertical, pour rendre vos roulements irréguliers comme ceux de Lex Luger sur « Hard in da Paint » (Waka Flocka Flame, 2010).
- Déplacez chaque roulement d’une mesure sur l’autre : un roulement toujours au même endroit devient une horloge, donc un ennui.
La 808
- Créez une piste séparée pour la 808 : elle ne doit pas rester dans le kit de batterie, puisque vous allez la jouer comme un instrument mélodique.
- Chargez un échantillon de grosse caisse 808 dans Quick Sampler et restez en mode Classic : le mode Slice ne sert qu’à découper une boucle en tranches, il n’a rien à faire ici.
- Vérifiez que le bouton Key Tracking de la sous-fenêtre Pitch est bien activé, c’est lui qui fait changer l’échantillon de hauteur d’une touche à l’autre, puis accordez l’échantillon sur la fondamentale de votre premier accord avec les réglages Coarse et Fine.
- Allongez le relâchement de l’enveloppe d’amplitude jusqu’à ce que chaque note tienne presque un temps entier : c’est ce réglage, plus que le choix de l’échantillon, qui fait la 808 moderne. La fiche ADSR détaille le fonctionnement de cette enveloppe.
- Montez le paramètre Glide de la sous-fenêtre Pitch autour de 60 à 120 millisecondes, puis réglez le menu Polyphony de la sous-fenêtre Amp sur 1 : chaque nouvelle note part alors de la hauteur de la précédente et vous obtenez le glissement caractéristique du drill et de la trap récente.
- Ajoutez si besoin une sous-basse, une note très grave que l’on sent plus qu’on ne l’entend, sur une piste avec ES2 réglé sur une onde sinusoïdale et accordée à l’octave inférieure de la 808.
- Doublez la 808 avec un court transitoire de grosse caisse acoustique, de 20 à 30 millisecondes : le transitoire est le tout début d’un son, le claquement avant que la note ne s’installe.
- Insérez un Channel EQ sur cette piste et coupez tout ce qui se trouve sous 1 kHz : c’est le claquement entre 2 et 5 kHz, et non la durée, qui fait entendre le coup sur un téléphone.
L’harmonie et les instruments
- Écrivez une boucle de quatre mesures avec deux accords au maximum, en la mineur pour reprendre les grilles proposées plus haut.
- Jouez le motif dans un registre aigu, entre le do central et deux octaves au-dessus : le grave est réservé à la 808.
- Cherchez un timbre qui n’est pas un piano : clavecin, harpe, cloches, boîte à musique, flûte. L’instrument natif Vintage Mellotron donne des flûtes et des cordes à bande qui conviennent particulièrement bien.
- Empilez deux timbres différents dans Alchemy en utilisant deux de ses quatre sources A, B, C et D, puis désaccordez légèrement la seconde de quelques centièmes de demi-ton.
- Ajoutez un vibrato lent, autour de 4 à 5 Hz, avec une profondeur faible : c’est un marqueur de la trap mélodique des années 2015 à 2020.
- Pour une couleur plus moderne, passez la boucle dans Sample Alchemy, disponible depuis Logic Pro 10.8, et étirez-la jusqu’à la rendre méconnaissable.
- Si vous voulez une vraie basse électrique en complément de la 808, par exemple sur une section calme, chargez Studio Bass, arrivé avec Logic Pro 11.
La voix
- Enregistrez la voix principale en une seule prise par section, sans chercher la perfection : la trap valorise l’énergie.
- Enregistrez ensuite deux doublures, en réécoutant la principale, et gardez-les trois à six décibels plus bas : plus bas encore, elles cessent de fusionner avec la voix et ne l’épaississent plus.
- Enregistrez les réponses et interjections sur une piste distincte, puis placez-les franchement sur les côtés, autour de moins 40 et plus 40 sur les 64 crans du panoramique de Logic.
- Ouvrez Pitch Correction et amenez le bouton Response vers sa valeur la plus basse : c’est ce réglage extrême, et non la correction douce, qui donne le timbre de la trap chantée. Remontez-le légèrement si la voix devient saccadée sur les liaisons.
- Pour une correction plus fine sur une seule note, utilisez plutôt Flex Pitch, qui travaille sur l’audio et permet de corriger note par note.
- Ajoutez une réverbération de type plaque, autour de 1 seconde, avec un pré-délai de 20 à 30 millisecondes : passez par un préréglage de plaque de Space Designer, ChromaVerb ne proposant pas de type de pièce Plate. La voix reste devant, l’espace se met derrière.
- Ajoutez un délai synchronisé, avec deux ou trois répétitions seulement, sur les fins de phrases uniquement : la croche ou le triolet de croche en va-et-vient stéréo pour les interjections, un écho court de 60 à 120 millisecondes sur la voix principale.
Le mixage
- Insérez un Channel EQ sur toutes les pistes sauf la 808, la grosse caisse et une éventuelle basse, puis activez son filtre passe-haut, le premier bouton à gauche : un passe-haut supprime tout ce qui se trouve sous une fréquence que vous choisissez, appelée fréquence de coupure.
- Réglez cette fréquence de coupure entre 80 et 100 Hz sur la voix, dont la fondamentale masculine descend vers 85 Hz.
- Réglez-la à 120 Hz sur les claviers et les percussions : vous libérez ainsi la place du grave pour la 808.
- Filtrez les charlestons plus haut encore, entre 300 et 500 Hz, ils n’ont rien à faire dans le bas du spectre.
- Saturez légèrement la 808, c’est-à-dire déformez-la volontairement pour lui ajouter des sons aigus appelés harmoniques, avec ChromaGlow, arrivé dans Logic Pro 11 et réservé aux Mac à puce Apple ; la fiche ChromaGlow détaille ses modes.
- Visez ces harmoniques entre 500 Hz et 2 kHz, avec un cœur autour de 700 Hz à 1,5 kHz : c’est la seule bande qu’un haut-parleur de téléphone restitue vraiment, et l’oreille y reconstitue la note grave même quand le haut-parleur ne la produit pas.
- Insérez un Direction Mixer pour garder le grave en mono.
- Activez son bouton Split, sans lequel le réglage agirait sur tout le spectre et passerait le morceau entier en mono.
- Réglez le champ Crossover sur 120 Hz.
- Ramenez Spread Low à zéro, en laissant Spread High tel quel.
- Insérez un Compressor sur la nappe que vous voulez faire respirer sous la 808.
- Activez son entrée Side Chain, dans le bandeau supérieur de la fenêtre du plug-in, en la pointant sur la piste de 808 : le side-chain fait commander un effet par une autre piste que celle où il est posé.
- Réglez un rapport de 4 pour 1.
- Réglez l’attaque la plus courte que propose le Compressor, sous la milliseconde.
- Réglez le relâchement entre 80 et 150 millisecondes, à caler à l’oreille pour que la nappe soit remontée juste avant le coup suivant.
- N’utilisez pas le Ducker (Legacy) pour cela : il renvoie le signal de Side Chain dans sa propre sortie et ne s’insère que sur un auxiliaire, une tranche de console qui ne contient aucune région, ou sur une sortie.
- Empilez deux ou trois claps de timbres différents plutôt qu’un seul, transitoires alignés à moins d’une milliseconde, puis traitez-les comme un groupe.
- Décalez franchement une troisième couche de 15 à 30 millisecondes si vous voulez l’effet de mains multiples : entre les deux, vers 3 à 6 millisecondes, vous n’obtenez qu’un son creux et métallique dès qu’on l’écoute en mono.
- Regroupez vos pistes de voix sur un même bus, c’est-à-dire un chemin unique par lequel elles passent toutes avant la sortie.
- Appliquez sur ce bus une compression parallèle : une copie très compressée mélangée sous la piste d’origine donne de la présence sans écraser les attaques.
- Visez entre moins 14 et moins 16 LUFS intégrés (l’unité du volume perçu) selon la plateforme visée, en sachant que beaucoup de disques de trap sont masterisés bien plus fort, entre moins 9 et moins 6, et se retrouvent donc baissés à la lecture.
- Gardez le pic réel sous moins 1 dBTP, le décibel dit true peak, qui mesure le niveau de crête réel entre les échantillons.
Tout ce qui précède décrit la pratique actuelle. Les disques de 2003 à 2010 étaient mixés autrement : plus fort, plus larges dans le grave, et sans aucune cible de normalisation, puisque les plateformes n’existaient pas.
Ce qu’un praticien fait vraiment
L’ordre des étapes ci-dessus est un ordre pédagogique : on pose la batterie en premier parce que c’est le plus facile à entendre. En studio, l’ordre est inverse. Un producteur de trap ne commence presque jamais par la batterie. Il ouvre un clavier, trouve une boucle de quatre mesures qui lui plaît en moins de cinq minutes, l’enregistre telle quelle, puis ajoute la 808 en suivant les fondamentales. La batterie vient en troisième, et le clap est le premier élément posé parce qu’il fixe le ressenti. Les charlestons arrivent en dernier, souvent en une seule passe, et sont ensuite édités pas à pas.
La deuxième habitude, c’est la production en série. On ne fabrique pas un instrumental, on en fabrique dix dans la journée, en réutilisant le même modèle de projet, la même chaîne de traitement sur le bus principal et les mêmes dossiers de sons. L’intérêt n’est pas la quantité pour elle-même : c’est qu’au dixième, les décisions techniques ne se posent plus et l’attention se reporte entièrement sur la musique. Créez donc un modèle de projet avec vos pistes déjà nommées, vos bus de voix prêts et votre mixage de base en place.
La troisième habitude, c’est l’écoute sur petite enceinte. La trap se consomme sur téléphone, en voiture et dans des écouteurs à quinze euros. Un morceau dont la 808 disparaît sur ces systèmes est un morceau raté, quelle que soit sa qualité au casque de studio. Vérifiez systématiquement, et corrigez par la saturation plutôt qu’en montant le niveau du grave.
Enfin, un point d’époque : le découpage rythmique de la boucle avec Beat Breaker, arrivé avec Logic Pro 10.8, et l’étirement de textures avec Sample Alchemy sont des techniques modernes. Les disques fondateurs de 2003 à 2010 n’ont rien de tout cela : ils ont été faits avec un échantillonneur matériel, un clavier et beaucoup de patience. Si vous cherchez la couleur des origines, retirez les outils plutôt que d’en ajouter.
Les cinq erreurs du débutant
- Laisser la 808 sur une seule note pendant tout le morceau alors que l’harmonie bouge : l’oreille entend deux tonalités qui se contredisent.
- Empiler quinze pistes : la trap est un style de soustraction, six éléments bien placés suffisent.
- Mettre un roulement de charleston à chaque fin de mesure : l’effet disparaît en deux écoutes.
- Utiliser Flex Time sur une région MIDI, c’est-à-dire une région qui contient les notes jouées et non le son enregistré : Flex Time ne traite que l’audio, son mode Speed (FX) modifie la hauteur, et une région ne suit le tempo du projet que si l’option Flex and Follow est activée. Pour ralentir tout un projet, c’est Varispeed qu’il faut employer, en sachant qu’il agit sur l’ensemble.
- Pousser le niveau du bus principal jusqu’à la distorsion pour « faire moderne » : la normalisation des plateformes annule le gain et ne garde que les dégâts. La fiche mastering explique la marche à suivre.
Programmer une 808 et un charleston s’apprend en une soirée. Construire un morceau entier, le mixer et le finir demande une méthode. C’est ce que nous transmettons à YouTips, à Grenoble et à distance.
- Formation certifiée Qualiopi, finançable
- Formateur Logic Pro depuis 20 ans, MainStage depuis sa sortie
- Progression du projet vide au morceau masterisé
- Petits groupes et suivi individuel
Où trouver des sons trap ?
Dans Logic Pro
- Drum Machine Designer et ses kits électroniques, dont chaque cellule peut être remplacée par votre propre échantillon de boîte à rythmes.
- Ultrabeat, si vous voulez synthétiser vos propres percussions au lieu d’utiliser des échantillons.
- Quick Sampler pour la 808, et Sampler pour un jeu multi-échantillons plus fin.
- Alchemy, dont la banque comporte de nombreuses nappes et textures sombres utilisables directement.
- ES2 pour les sous-basses sinusoïdales et les nappes analogiques.
- Vintage Mellotron pour les flûtes et les cordes à bande.
- Les boucles Apple Loops fournies, que le navigateur de boucles filtre par genre, par instrument et par ambiance, et qui se calent automatiquement sur le tempo du projet.
Boucles et banques
- Splice : abonnement à la boucle, sous une licence dite libre de droits, c’est-à-dire sans redevance par utilisation mais encadrée par un contrat qui interdit notamment de revendre la boucle seule. Catalogue très fourni en 808 et en charlestons.
- Loopmasters : banques vendues à l’unité, sous licence sans redevance par utilisation, à lire avant tout usage commercial. Qualité de production régulière.
- Sample Magic : banques thématiques soignées, utiles pour les textures et les percussions.
- Black Octopus Sound : catalogue orienté musique électronique et trap, avec des banques de voix.
- The Drum Broker : spécialiste des batteries de rap, y compris des collections d’époque.
- Freesound : sons versés par une communauté, sous licences Creative Commons variées, à lire avant tout usage commercial.
- Looperman : boucles gratuites, mais la licence impose généralement de créditer l’auteur et interdit la revente de la boucle seule.
Instruments virtuels
- Arturia : émulations de boîtes à rythmes et de synthétiseurs anciens, dont la TR-808.
- Native Instruments : la plateforme Kontakt et ses banques de percussions et de textures.
- Spectrasonics Trilian : instrument de basses très utilisé pour compléter ou remplacer une 808.
- Spitfire LABS : instruments gratuits, utiles pour introduire une couleur acoustique inhabituelle.
Grain et caractère
- iZotope Vinyl : simulation de disque usé, gratuite, pour salir une boucle mélodique.
- XLN Audio RC-20 : bruit, instabilité de hauteur et saturation de bande, très employé sur les nappes.
- Caelum Audio Tape Cassette : émulation de cassette, utile pour les couleurs proches du phonk.
- ChromaGlow, déjà présent dans Logic Pro 11 sur les Mac à puce Apple, qui couvre l’essentiel des besoins de saturation sans rien installer.
Pour choisir votre matériel d’écoute et vos périphériques avant d’investir dans les logiciels, le cours Équipez votre home studio passe en revue les priorités dans l’ordre.
Lexique de la trap
- 808Grosse caisse de la Roland TR-808, accordée et jouée au clavier, qui remplace la basse dans presque toute la trap.
- Ad-libInterjection courte lancée entre les phrases du rappeur, placée en marge du panoramique, qui sert de ponctuation et de signature.
- Roulement de charlestonRépétition très rapide du charleston sur une subdivision plus fine que le reste du motif, généralement en triples-croches ou en triolets.
- Demi-tempsManière d’écrire un morceau à un tempo donné tout en le faisant ressentir deux fois plus lentement, en plaçant la caisse claire sur les temps 2 et 4 d’une pulsation moitié moindre.
- QuantificationAlignement automatique des notes sur une grille rythmique, dont on peut doser la force pour conserver un peu d’irrégularité.
- Mode phrygienÉchelle mineure dont le deuxième degré est abaissé d’un demi-ton, très employée pour les couleurs les plus sombres du genre.
- Marqueur vocalCourte annonce parlée ou chantée insérée au début d’un instrumental pour identifier le producteur, devenue un élément d’identité à part entière.
- Type beatInstrumental publié en ligne et présenté comme évoquant le style d’un artiste connu, principal mode de rencontre entre producteurs et rappeurs depuis les années 2010.
Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter
| Morceau | Tempo écrit (ressenti) | Production | Ce qu’il enseigne |
|---|---|---|---|
| « 24’s »T.I., 2003 | ≈ 162 BPM (ressenti à 81) | DJ Toomp | Le contraste fondateur entre une 808 très grave et des cordes synthétiques très aiguës, sans rien au milieu. |
| « Soul Survivor »Jeezy et Akon, 2005 | ≈ 168 BPM (ressenti à 84) | Akon, qui produit et chante le refrain | Qu’un refrain mélodique peut coexister avec un couplet de rue : la recette de tout le rap grand public qui suivra. |
| « Hard in da Paint »Waka Flocka Flame, 2010 | ≈ 143 BPM (ressenti à 72) | Lex Luger | Le modèle moderne : cuivres synthétiques, roulements de charleston, silences brutaux et harmonie immobile. |
| « Love Sosa »Chief Keef, 2012 | ≈ 132 BPM (ressenti à 66) | Young Chop | Comment retirer la mélodie sans perdre l’accroche : le point de bascule entre la trap et le drill. |
| « Versace »Migos, 2013 | ≈ 132 BPM (ressenti à 66) | Zaytoven | Le débit en triolets appliqué systématiquement, et ce qu’un motif de clavecin apporte à une batterie sèche. |
| « Bad and Boujee »Migos et Lil Uzi Vert, 2016 | ≈ 127 BPM (ressenti à 64) | Metro Boomin et G Koop | L’économie maximale : deux accords, trois voix qui se relaient, et une première place mondiale. |
Tempos approximatifs, mesurés à l’oreille ; pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables). Ces six titres ont été choisis pour leur valeur pédagogique et non pour illustrer le tempo moyen du genre, qui se situe entre 140 et 150 BPM écrits.
Labels, droits et synchronisation
La trap s’est construite hors des grandes structures avant d’y entrer. Aux États-Unis, les labels indépendants d’Atlanta ont joué le rôle décisif : Grand Hustle, fondé par T.I., Big Cat Records puis 1017 pour Gucci Mane, Corporate Thugz pour Jeezy, plus tard Quality Control Music pour Migos et Lil Baby. Le schéma est presque toujours le même : une structure locale repère et développe l’artiste, puis une major assure la distribution et la promotion nationale. En France, le mouvement a suivi le même chemin, avec des labels d’artistes et des structures indépendantes qui ont signé ensuite des accords de distribution.
Sur un morceau, deux droits coexistent et ne se confondent jamais. Le droit d’auteur porte sur l’œuvre, c’est-à-dire la composition et le texte, et appartient aux auteurs et compositeurs. En France, leurs droits sont le plus souvent gérés collectivement par la Sacem lorsqu’ils y ont adhéré, et leur exploitation est confiée à un éditeur, l’entreprise qui gère l’œuvre pour le compte de l’auteur en échange d’une part des droits, quand ils en ont un. La Sacem ne délivre en revanche ni autorisation d’échantillonnage ni autorisation de synchronisation : dans ces deux cas, l’interlocuteur est l’éditeur ou, à défaut, l’auteur lui-même. Les droits voisins portent sur l’enregistrement lui-même, et appartiennent au producteur du disque ainsi qu’aux artistes-interprètes. Une même chanson peut donc être libre d’un côté et verrouillée de l’autre : on peut rejouer soi-même une composition tombée dans le domaine public, mais pas réutiliser l’enregistrement d’un autre sans accord.
La synchronisation, c’est-à-dire l’association d’un morceau à des images, est devenue un revenu majeur pour la trap. Sa batterie très identifiable et ses arrangements peu encombrés la rendent facile à placer sous une voix off ou un dialogue, ce qui explique sa présence massive dans la publicité, les bandes-annonces et les jeux vidéo. Une synchronisation exige deux autorisations distinctes, celle de l’éditeur pour l’œuvre et celle du producteur pour l’enregistrement, aucune des deux n’étant délivrée par la Sacem. Elle se négocie au forfait, selon le territoire, le support, la durée de la licence, la longueur de l’extrait et l’exclusivité éventuelle.
Ce que la loi autorise, ce qu’elle interdit
- Un extrait emprunté à un disque met en jeu deux droits distincts, celui de l’auteur et du compositeur sur l’œuvre, et celui du producteur et des interprètes sur l’enregistrement : il faut les deux autorisations, pas une.
- Il n’existe en France aucune durée d’extrait utilisable sans autorisation : ni deux secondes, ni sept, ni onze. La règle des « quelques secondes » est une légende de forum.
- La Cour de justice de l’Union européenne l’a jugé dans son arrêt Pelham contre Hütter du 29 juillet 2019 (affaire C-476/17), rendu à propos d’environ deux secondes empruntées au morceau « Metall auf Metall » du groupe Kraftwerk : un extrait même très bref reste protégé, sauf s’il est repris sous une forme modifiée et non reconnaissable à l’écoute.
- Cette solution a été complétée par un second arrêt Pelham, rendu en grande chambre le 14 avril 2026 (affaire C-590/23) : un extrait reconnaissable peut relever de l’exception de pastiche, transposée en France aux articles L122-5, 4° et L211-3, 4° du Code de la propriété intellectuelle, lorsque le nouveau morceau évoque l’œuvre reprise tout en s’en distinguant de façon perceptible. L’exception est d’interprétation stricte et ne couvre pas l’emprunt ordinaire destiné à s’épargner une autorisation ; la pratique française n’est pas encore fixée.
- L’exception de courte citation existe en droit français pour l’œuvre, à l’article L122-5, 3° a, comme pour l’enregistrement, à l’article L211-3, 3°, mais elle suppose une finalité critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, ainsi que l’indication de l’auteur et de la source. Un extrait intégré à un morceau ne remplit aucune de ces conditions : en pratique, la courte citation ne couvre pas l’échantillonnage musical.
- Rejouer soi-même une mélodie au lieu de l’échantillonner, ce qu’on appelle une interpolation, ne dispense pas d’obtenir l’autorisation des titulaires des droits sur l’œuvre, c’est-à-dire de l’auteur-compositeur et de son éditeur s’il en a un : l’œuvre reste protégée même jouée par vous.
- Publier sans but commercial ne change rien : la protection ne dépend pas de votre chiffre d’affaires, et une diffusion gratuite sur une plateforme reste une diffusion publique. Seul l’usage strictement privé, dans le cercle de famille, échappe à l’autorisation, et l’absence de recette ne joue que sur le montant des dommages et intérêts.
- Ce que vous pouvez utiliser librement : vos propres enregistrements, à condition d’être aussi titulaire des droits sur l’œuvre enregistrée ; les banques vendues comme libres de droits, dans les limites de leur licence, que vous aurez lue ; les fichiers sous licence Creative Commons, dans les limites de la licence choisie ; et les enregistrements dont la protection a expiré, à condition de vérifier que l’œuvre qu’ils portent est elle aussi dans le domaine public, ce qui est loin d’être automatique.
- En France, l’œuvre entre dans le domaine public soixante-dix ans après la mort du dernier auteur survivant, le délai courant au 1er janvier de l’année suivante ; le droit moral, lui, est perpétuel, ce qui impose de continuer à citer l’auteur et à respecter l’intégrité de son œuvre. L’enregistrement est protégé soixante-dix ans à compter du 1er janvier de l’année suivant sa première publication, une règle transitoire laissant définitivement hors protection les enregistrements publiés avant 1963.
- La sanction est la contrefaçon, réprimée sur le terrain de l’œuvre par les articles L335-2 et L335-3 du Code de la propriété intellectuelle et, sur celui de l’enregistrement, par l’article L335-4 : dans les deux cas jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende, portés à sept ans et 750 000 euros en bande organisée. S’y ajoute l’action civile en contrefaçon, avec dommages et intérêts et retrait du morceau, qui est la voie suivie en pratique.
- La procédure d’autorisation, appelée clearance, consiste à identifier puis contacter le label pour l’enregistrement et l’éditeur pour l’œuvre, en fournissant le morceau fini et le minutage de l’extrait. La contrepartie se négocie séparément sur chacun des deux droits : pour l’enregistrement, un forfait versé au producteur, parfois assorti d’un pourcentage des redevances du nouveau morceau ; pour l’œuvre, une part de l’édition et des droits d’auteur du nouveau titre, les auteurs d’origine étant alors ajoutés à la déclaration à la Sacem. L’autorisation doit être écrite et obtenue avant la sortie, et rien n’oblige un ayant droit à répondre ni à accepter. Aux États-Unis, la jurisprudence est divisée entre cours d’appel fédérales : l’arrêt Bridgeport Music contre Dimension Films, rendu par le sixième circuit en 2004 et modifié en 2005, refuse toute tolérance pour l’emprunt d’un enregistrement, tandis que l’arrêt VMG Salsoul contre Ciccone, rendu par le neuvième circuit en 2016, admet qu’un emprunt insignifiant échappe à la sanction. Ces décisions n’ont aucune portée en France.
Si vous préparez une sortie et que ces questions vous arrêtent, la formation Propulsez votre projet musical traite la chaîne complète, de la déclaration à la distribution.
Les 100 artistes qui ont fait la trap
Les fondateurs d’Atlanta et du Sud
- T.I.
- Jeezy
- Gucci Mane
- Shawty Redd
- DJ Toomp
- Zaytoven
- Drumma Boy
- OJ da Juiceman
- Shawty Lo
- Young Dro
- Rocko
- Yo Gotti
- Boosie Badazz
- Webbie
- Three 6 Mafia
- Juicy J
- Project Pat
- UGK
La deuxième vague, de 2009 à 2013
- Waka Flocka Flame
- Lex Luger
- Southside
- TM88
- Sonny Digital
- Rick Ross
- 2 Chainz
- Future
- Young Thug
- Rich Homie Quan
- Migos
- Quavo
- Offset
- Takeoff
- Trinidad James
- Chief Keef
- Young Chop
- Lil Durk
- Fredo Santana
- Meek Mill
Les producteurs qui ont fixé le son
- Metro Boomin
- Mike WiLL Made-It
- Murda Beatz
- Wheezy
- Pi’erre Bourne
- London On Da Track
- Tay Keith
- Cardo Got Wings
- Da Honorable C.N.O.T.E.
- Turbo
- ATL Jacob
- Cubeatz
- Nick Mira
- F1lthy
L’ère grand public et les héritiers
- Travis Scott
- 21 Savage
- Lil Uzi Vert
- Playboi Carti
- Lil Baby
- Gunna
- Kodak Black
- Roddy Ricch
- Lil Yachty
- Megan Thee Stallion
- Cardi B
- Juice WRLD
- Pop Smoke
- Polo G
- Rae Sremmurd
- Trippie Redd
- Key Glock
- GloRilla
L’EDM trap et la trap latine
La scène française
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la trap en musique ?
C’est un style de rap né à Atlanta entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, reconnaissable à sa grosse caisse Roland TR-808 accordée et tenue longuement, qui remplace la basse, et à ses charlestons en doubles-croches ponctués de roulements très rapides. Le mot vient de l’argot local et désigne le lieu où se vend la drogue. Aujourd’hui, le terme décrit surtout une manière de produire, que l’on retrouve bien au-delà du rap.
Quelle est la différence entre la trap et le rap ?
La trap est une branche du rap, pas son contraire. Le rap désigne l’ensemble du genre depuis le début des années 1970, né en 1973 dans le Bronx, à New York ; la trap en est un sous-genre sudiste, apparu vingt-cinq ans plus tard à Atlanta, défini par une production particulière. Concrètement, un morceau de rap classique s’appuie souvent sur un extrait de disque rejoué et sur une batterie qui imite un batteur ; un morceau de trap s’appuie sur des sons synthétiques et sur une 808 mélodique. Depuis les années 2010, l’essentiel du rap grand public est produit selon les codes de la trap, ce qui explique la confusion entre les deux mots.
Quel est le tempo de la trap ?
Le plus souvent entre 140 et 150 BPM sur la partition, mais ressenti à la moitié, autour de 70 à 75. C’est la même musique lue de deux façons : la pulsation lente est celle du clap, la pulsation rapide est celle des charlestons. Certains titres sortent de cette fourchette, comme « Bad and Boujee » à environ 127 BPM. Dans votre logiciel, réglez le projet sur la valeur rapide : vous programmerez les doubles-croches beaucoup plus facilement.
Qui a inventé la trap ?
Aucun acte de naissance n’existe, et c’est normal pour un genre né d’une scène. Les sources convergent vers Shawty Redd, qui assemble le premier la combinaison synthétiseur sombre, 808 tenue et charlestons rapides, notamment pour Jeezy. DJ Toomp la porte ensuite chez T.I., dont l’album de 2003 donne son nom au genre, et Zaytoven la développe avec Gucci Mane. Quant au mot, il circulait à Atlanta dès le début des années 1990.
Quels sont les meilleurs artistes de trap française ?
La question n’a pas de réponse objective, mais quelques noms reviennent toujours. Kaaris pour l’album d’octobre 2013 qui a lancé le mouvement, Booba pour l’avoir précédé et accompagné, Niska et Gradur pour la période 2014-2016, MHD pour avoir inventé l’afro trap, PNL et Damso pour avoir déplacé l’écriture vers l’intime. La génération suivante, de Ninho à Gazo, Tiakola et Werenoi, a fait de ce vocabulaire la norme de la variété française. La sélection des 100 artistes de cette fiche donne de quoi explorer plus loin.
Sources
- Joe Coscarelli, Rap Capital : An Atlanta Story, Simon and Schuster, 2022.
- Jeff Chang, Can’t Stop Won’t Stop : Une histoire de la génération hip-hop, traduit par Héloïse Esquié, Allia, 2015 pour l’édition française.
- Shawn Setaro, « Sorry T.I. and Gucci : Here’s Who Really Invented Trap Music », Complex, sans date.
- Berklee Online, « Trap Music : Where It Came from and Where It’s Going », Take Note, sans date.
- Rodney Carmichael et Sidney Madden, « The birth of trap music and the rise of southern hip-hop », NPR, 10 août 2023.
- « Trap music », Encyclopædia Britannica, consulté en 2026.
- Cour de justice de l’Union européenne, affaire C-476/17, Pelham GmbH contre Ralf Hütter et Florian Schneider-Esleben, arrêt du 29 juillet 2019, et affaire C-590/23, Pelham, arrêt de grande chambre du 14 avril 2026.
- Apple, Logic Pro : Guide de l’utilisateur, édition en ligne, consulté en 2026.
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro et MainStage depuis 20 ans. Qui sommes-nous ?