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Neo-soul
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La neo-soul, ou nu soul, est un genre musical né au milieu des années 1990 aux États-Unis, entre New York, Philadelphie et Detroit, qui reprend les instruments joués et la voix de la soul des années 1970 pour les poser sur des rythmes hérités du hip-hop. L’essentiel de son répertoire tient entre 70 et 100 BPM (battements par minute, la vitesse du morceau), avec un cœur entre 75 et 95 BPM. Trois traits la définissent. D’abord des accords enrichis venus du jazz, les accords de septième et de neuvième, qui ajoutent une ou deux notes à l’accord de base de trois notes pour l’adoucir, joués le plus souvent au piano électrique Fender Rhodes. Ensuite une batterie volontairement décalée, non quantifiée, c’est-à-dire non recalée sur la grille du séquenceur (le logiciel de musique), avec une caisse claire qui traîne derrière le temps, une manière de jouer associée au producteur J Dilla. Enfin une voix proche du gospel, souvent doublée par des chœurs que le chanteur enregistre lui-même. Le mot est souvent attribué à Kedar Massenburg, manager de D’Angelo puis président de Motown, à la fin des années 1990. D’Angelo, Maxwell, Erykah Badu, Lauryn Hill, Jill Scott, Musiq Soulchild, Bilal et le collectif des Soulquarians en sont les figures fondatrices.
- PériodeDu milieu des années 1990 à aujourd’hui
- FoyerNew York, Philadelphie et Detroit, puis Londres et Melbourne
- Tempo70 à 100 BPM, cœur entre 75 et 95
- RythmeBatterie non quantifiée, caisse claire en retard, doubles-croches balancées
- InstrumentsFender Rhodes, basse électrique jouée, batterie acoustique ou échantillonnée, chœurs superposés
La neo-soul en bref
- Origine : la soul des années 1970 relue par une génération élevée au hip-hop, à partir de 1995, entre New York, Philadelphie et Detroit.
- Son : piano électrique, accords de neuvième, basse jouée derrière le temps, batterie qui titube volontairement, voix en couches.
- Trois albums : Maxwell’s Urban Hang Suite (1996), The Miseducation of Lauryn Hill (1998), Voodoo (2000).
- En home studio : tout se joue dans le placement des frappes et dans le choix des accords, pas dans le nombre de pistes.
- Un point propre au style : la neo-soul a puisé des extraits, ou échantillons, dans les disques de soul et de jazz des années 1970, puis elle est devenue à son tour une matière première pour le rap, ce qui en fait un terrain juridique délicat.
Trois albums cultes pour entrer dans la neo-soul
- Maxwell’s Urban Hang SuiteMaxwell, 1996
Enregistré en 1994 et 1995 puis laissé près d’un an dans un tiroir par Columbia, qui doutait de son potentiel commercial et le craignait démodé, ce premier album pose le décor de la neo-soul : guitares funk, basse ronde et voix qui passe sans cesse du registre grave au fausset (voix de tête, haute et légère). Comparez le groove de « Sumthin’ Sumthin’ », coécrit avec Leon Ware, et la lenteur de « Ascension (Don’t Ever Wonder) ».
Écouter sur Apple Music - The Miseducation of Lauryn HillLauryn Hill, 1998
Le disque qui fait entrer le mélange de soul, de rap et de reggae dans le grand public : cinq Grammy en 1999, dont celui de l’album de l’année, une première pour un disque de hip-hop. Écoutez la ballade « Ex-Factor », bâtie sur une alternance de deux accords, puis le rebond de « Doo Wop (That Thing) ».
Écouter sur Apple Music - VoodooD’Angelo, 2000
Trois ans de séances à Electric Lady, à New York, avec Questlove à la batterie et Pino Palladino à la basse, enregistrées et mixées sur bande : c’est le disque qui fixe la batterie « ivre » du style. Écoutez le balancement de « Chicken Grease », que la partition publiée qualifie de funk shuffle (un balancement où, sur les quatre notes de chaque temps, la deuxième et la quatrième arrivent en retard), puis la ballade « Untitled (How Does It Feel) », en six-huit (deux temps par mesure, chacun divisé en trois).
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Qu’est-ce que la neo-soul ?
Ce qui existait avant
Au début des années 1990, le rhythm and blues américain est surtout une affaire de producteurs : boîtes à rythmes, claviers numériques, groupes vocaux masculins et chanteurs de studio dominent les classements. Une partie des musiciens garde pourtant le goût des instruments joués et des harmonies de la soul des années 1970, celle de Marvin Gaye, de Stevie Wonder ou des disques de Gil Scott-Heron et Brian Jackson, que les historiens du style citent comme ses ancêtres directs.
Plusieurs disques préparent le terrain. À Londres, Omar publie en 1990 There’s Nothing Like This, un premier album souvent cité comme un précurseur britannique. À Oakland, en Californie, Tony! Toni! Toné!, le groupe de Raphael Saadiq, revient aux instruments d’époque avec Sons of Soul en 1993, l’année où la bassiste et chanteuse Meshell Ndegeocello publie un premier album qui mêle funk, rap et jazz. Terence Trent D’Arby et Mint Condition sont rangés dans la même lignée, et en août 1996 le Britannique Lewis Taylor sort Lewis Taylor, que la critique range aujourd’hui dans le genre. Du côté du hip-hop, A Tribe Called Quest construit au même moment ses morceaux sur des extraits de disques de jazz, et The Roots, à Philadelphie, jouent le rap avec une vraie batterie et une vraie basse. C’est de ces deux mondes, la soul jouée et le rap échantillonné, que naît le style.
La naissance
Le jalon le plus souvent retenu est le 3 juillet 1995. D’Angelo, chanteur de 21 ans originaire de Richmond, en Virginie, publie chez EMI Brown Sugar. Il y tient lui-même batterie, basse, guitare et claviers, et le disque fait entendre un piano Fender Rhodes, un orgue Hammond et un piano Wurlitzer là où le rhythm and blues de l’époque utilisait des synthétiseurs. Ali Shaheed Muhammad, de A Tribe Called Quest, coproduit et programme la batterie du morceau-titre, Raphael Saadiq coproduit « Lady », et le manager du chanteur s’appelle Kedar Massenburg. L’album atteint la quatrième place du classement rhythm and blues de Billboard.
Deux autres premiers albums suivent. Celui de Maxwell, enregistré en 1994 et 1995, reste près d’un an sur une étagère de Columbia, alors en pleine réorganisation, dont les dirigeants craignent qu’il paraisse démodé à côté du rhythm and blues teinté de hip-hop de 1995, avant de paraître le 2 avril 1996 et d’être certifié double disque de platine. Erykah Badu, chanteuse de Dallas repérée en 1994 alors qu’elle assure la première partie d’un concert de D’Angelo, signe chez Kedar Entertainment, le label de Massenburg : Baduizm paraît le 11 février 1997, monte à la deuxième place du Billboard 200 et remporte l’année suivante le Grammy du meilleur album de rhythm and blues. Le contrebassiste de jazz Ron Carter y joue sur « Drama ». Le 25 août 1998, l’ancienne chanteuse des Fugees Lauryn Hill publie The Miseducation of Lauryn Hill, enregistré entre New York, Miami et le studio Tuff Gong de Kingston.
Le cœur du style se fabrique pourtant dans un studio précis. En 1997, D’Angelo et Questlove, le batteur des Roots, commencent à Electric Lady, le studio new-yorkais construit pour Jimi Hendrix, des séances qui vont durer trois ans. Autour d’eux se forme un collectif baptisé les Soulquarians, parce que ses quatre fondateurs, D’Angelo, Questlove, le claviériste James Poyser et le producteur de Detroit J Dilla, sont nés sous le signe du Verseau. Erykah Badu, Bilal, Common, Q-Tip, Mos Def, Talib Kweli, le trompettiste Roy Hargrove et le bassiste gallois Pino Palladino les rejoignent. On joue, on écoute de vieux disques, on enregistre sur bande. En sortent Voodoo de D’Angelo le 25 janvier 2000, Like Water for Chocolate de Common la même année, Mama’s Gun d’Erykah Badu à la fin de l’année, puis 1st Born Second de Bilal en 2001.
Philadelphie, la ville des Roots, forme le second foyer. Jill Scott, qui vient de la poésie déclamée sur scène, y est repérée par Questlove, qui l’invite en studio ; elle coécrit un titre des Roots récompensé par un Grammy en 2000. Son premier album, Who Is Jill Scott? Words and Sounds Vol. 1, paraît le 18 juillet 2000 chez Hidden Beach, produit pour l’essentiel dans les studios A Touch of Jazz, la structure du DJ Jazzy Jeff, par une équipe où figurent le DJ lui-même, Andre Harris et Vidal Davis. Musiq Soulchild publie Aijuswanaseing le 14 novembre 2000. Au club Five Spot, le Black Lily, une soirée hebdomadaire consacrée aux musiciennes de 2000 à 2005, sert de vitrine à de jeunes chanteuses, dont Jaguar Wright, qui signera ensuite sur le label des Roots.
L’origine du mot
Le terme neo-soul est le plus souvent attribué à Kedar Massenburg, qui l’aurait forgé à la fin des années 1990 pour vendre la musique de D’Angelo puis celle d’Erykah Badu. Il le revendique lui-même dans un entretien accordé à Billboard en 2002, en expliquant qu’il fallait une étiquette pour que le public comprenne de quoi il s’agissait, faute d’un meilleur terme. Massenburg dirige Motown de 1997 à 2004, ce qui donne au mot une large diffusion. Les artistes, eux, s’en méfient : D’Angelo a déclaré n’avoir jamais prétendu faire de la neo-soul et préférer parler de musique noire, et Erykah Badu a dit avoir détesté être présentée comme la « reine de la neo-soul », de peur d’y rester enfermée. On rencontre aussi l’expression nu soul et, en français, les graphies neo soul et néo-soul.
Le déclin, puis le renouveau
Le mouvement s’essouffle commercialement au cours des années 2000. Les séances des Soulquarians s’arrêtent vers 2002 : le disque suivant de Common, sorti cette année-là, se vend mal, et MCA met fin à ce studio ouvert à tous. Le deuxième album de Bilal, enregistré à Electric Lady entre 2001 et 2003, ne connaîtra jamais de sortie officielle : après sa fuite sur Internet en 2006, sa maison de disques le met au placard. Questlove attribuera plus tard la dispersion du groupe à une couverture du magazine Vibe de septembre 2000, qui présentait le collectif comme le sien. J Dilla meurt le 10 février 2006 à Los Angeles, à 32 ans, trois jours après la sortie de Donuts, et D’Angelo se tait jusqu’à son troisième album, Black Messiah, publié le 15 décembre 2014 avec son groupe The Vanguard. La relève vient du jazz avec Robert Glasper, d’Australie avec Hiatus Kaiyote, de Californie avec Anderson .Paak, de Londres avec SAULT et Cleo Sol. D’Angelo meurt d’un cancer du pancréas le 14 octobre 2025, à 51 ans.
La neo-soul en sept dates
- 1995Le premier album de D’AngeloParu le 3 juillet chez EMI, Brown Sugar remet le Fender Rhodes et l’orgue Hammond au centre du rhythm and blues.
- 1997Erykah Badu et l’étiquette neo-soulBaduizm paraît le 11 février chez Kedar Entertainment, dont le patron, Kedar Massenburg, est souvent présenté comme l’inventeur du mot.
- 1998Lauryn Hill touche le grand publicSorti le 25 août, The Miseducation of Lauryn Hill remporte en 1999 cinq Grammy, dont celui de l’album de l’année.
- 2000Les Soulquarians à Electric LadyPublié le 25 janvier après trois ans de séances, Voodoo se classe premier aux États-Unis et fixe le jeu de batterie du style.
- 2006Mort de J DillaDonuts paraît le 7 février chez Stones Throw, trois jours avant la mort du producteur, à 32 ans.
- 2016Une nouvelle générationAnderson .Paak publie Malibu le 15 janvier, et Solange se classe première du Billboard 200 avec A Seat at the Table, son troisième album, paru le 30 septembre.
- 2025Mort de D’AngeloLe chanteur meurt le 14 octobre, à 51 ans, près de onze ans après son dernier album, Black Messiah.
Le morceau pour comprendre
Le clip officiel de « Brown Sugar », réalisé par Brett Ratner, montre D’Angelo jouant le morceau dans un club. Écoutez-le en trois passages. Dans les vingt premières secondes, le morceau s’ouvre sur des improvisations vocales en fausset et sur un motif d’orgue qui rappelle l’organiste de jazz Jimmy Smith : dès l’introduction, le disque annonce qu’il regarde vers le jazz et la soul plutôt que vers la variété de 1995. Quand le premier couplet commence, concentrez-vous sur la batterie programmée par Ali Shaheed Muhammad : les doubles-croches (un quart de temps chacune, quatre par temps) ne sont pas régulières, la deuxième de chaque paire arrive un peu tard, ce que la partition publiée appelle un funk shuffle, autour de 84 BPM. C’est ce balancement, venu du hip-hop, qui distingue la neo-soul de la soul classique. Sur toute la durée enfin, écoutez la texture : l’orgue, la basse et les voix superposées forment une matière épaisse et sombre, très loin des claviers numériques brillants qui dominaient alors les radios. Comparez ensuite avec n’importe quel tube de rhythm and blues de la même année : la différence ne tient ni au tempo ni à la voix, mais à la place laissée à chaque instrument et au refus de la grille parfaite.
Les caractéristiques musicales
Le rythme
La neo-soul vit dans une zone de tempo lente. La plupart des morceaux tiennent entre 70 et 100 BPM, avec un cœur entre 75 et 95 : les partitions publiées indiquent environ 75 BPM pour « A Long Walk » de Jill Scott, 84 pour « Brown Sugar », 92 pour « Chicken Grease ». Sur Voodoo, presque tous les titres restent nettement sous les 100 BPM, à l’exception de « Spanish Joint », alors que le rhythm and blues commercial de l’époque tournait couramment au-delà de 120. La mesure est le plus souvent à 4/4, quatre temps par mesure, mais les ballades basculent volontiers en ternaire, chaque temps divisé en trois : « Untitled (How Does It Feel) » est noté à 6/8. Les groupes récents vont plus loin : Hiatus Kaiyote referme la phrase d’introduction de « Nakamarra » par une mesure à cinq temps.
Ce qui définit le style tient pourtant moins au dessin du motif qu’à son placement. À Detroit, J Dilla programme ses batteries sur une Akai MPC3000, un échantillonneur (machine qui enregistre des sons et les rejoue à la demande), en désactivant la quantification, c’est-à-dire le recalage automatique des frappes sur la grille rythmique. Le journaliste Dan Charnas, qui lui a consacré un livre en 2022, appelle ce résultat le Dilla Time : la juxtaposition délibérée, dans un même morceau, de plusieurs manières de placer le temps, certaines droites (régulières), d’autres balancées (inégales), certaines en avance, d’autres en retard. Un charleston (les deux cymbales superposées que le pied ouvre et ferme) peut ainsi être balancé pendant que la grosse caisse reste droite, et un claquement de mains tomber une fraction trop tôt, ce qui donne l’impression que tout le reste traîne.
Les musiciens de Voodoo ont transposé cette idée à des instruments joués. D’Angelo demande à Questlove de jouer « aussi ivre, aussi lent » que possible, et le batteur, qui ne boit pas, parle d’une exécution « éméchée » que le chanteur et lui tenaient tous deux de J Dilla et de ses batteries non quantifiées. Pino Palladino raconte qu’on lui a demandé de placer sa basse si loin derrière le temps que ses amis musiciens en ont d’abord été déroutés. Raphael Saadiq avait un mot pour cette sensation de relâchement très en arrière du temps : le grease, la graisse. Trois ingrédients se combinent donc : une caisse claire qui traîne, des doubles-croches inégales, et des instruments qui ne tombent pas tous au même endroit.
Voici un motif type, écrit sur une mesure de 4/4 découpée en 16 doubles-croches, à 88 BPM. Chaque case de la grille est un « pas », numéroté de 1 à 16 ; les quatre temps tombent sur les pas 1, 5, 9 et 13. La grosse caisse frappe le premier temps, la dernière double-croche du deuxième temps (pas 8) et le « et » du troisième, la croche à mi-chemin entre le troisième et le quatrième temps (pas 11). La caisse claire marque les temps 2 et 4 (pas 5 et 13), entourée de deux notes fantômes, ces frappes très faibles qui se sentent plus qu’elles ne s’entendent, aux pas 10 et 16. Le charleston joue des croches, deux frappes par temps, complétées par deux frappes plus faibles juste avant les temps 2 et 4 (pas 4 et 12). La case en pointillés signale une variante facultative, une grosse caisse sur le « et » du quatrième temps (pas 15). Ce n’est pas la transcription d’un morceau précis, mais une synthèse de ce qu’on entend dans le répertoire.
Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon.
Décochez les cases Q-Swing et Caisse claire en retard, puis recochez-les une à une : vous passez d’une boîte à rythmes à une batterie qui respire. Voici précisément ce que fait le lecteur. La case Q-Swing 60 % retarde toutes les doubles-croches de rang pair (pas 2, 4, 6…) d’environ 48 ticks dans la grille de Logic Pro, qui compte 960 ticks par noire (la noire valant un temps), soit environ 34 millisecondes à 88 BPM : les charlestons des pas 4 et 12, les notes fantômes et la grosse caisse du pas 8 arrivent un peu plus tard. La case de retard décale toute la caisse claire, notes fantômes comprises, de 30 ticks, environ 21 millisecondes, alors que la grosse caisse et le charleston restent à leur place ; c’est ce frottement entre les mains et les pieds qui donne l’impression de traîner. Soyons honnêtes : ce n’est qu’une approximation. Le lecteur applique le même balancement à tous les instruments, alors que tout l’art de J Dilla consiste à mêler des voix droites et des voix balancées ; il ne sait pas avancer une frappe ; et il répète chaque mesure à l’identique, au tick près : c’est fidèle à une boucle programmée sur MPC, où J Dilla reproduisait les mêmes écarts tout au long d’un morceau, mais pas au jeu d’un batteur en direct comme Questlove, dont le placement bouge d’une mesure à l’autre. La partie consacrée au home studio montre comment aller plus loin dans Logic Pro, piste par piste.
L’harmonie
L’harmonie de la neo-soul vient du jazz et de la soul des années 1970. Elle repose surtout sur des accords enrichis : accords mineurs de neuvième (m9) ou de onzième (m11), accords majeurs de septième et de neuvième (maj7, maj9), accords de dominante (bâtis sur la cinquième note de la gamme, ils appellent le retour à l’accord de départ) avec treizième (13) ou neuvième altérée (abaissée ou haussée d’un demi-ton). Au clavier, ces accords sont le plus souvent joués sans leur fondamentale, la note qui leur donne leur nom, laissée à la basse, et en position serrée, les notes regroupées à quelques touches d’écart, avec des secondes (deux notes voisines) qui frottent doucement sur le timbre rond du Rhodes. La fiche harmonie jazz détaille ce vocabulaire. Autre procédé fréquent : l’accord posé sur une basse étrangère. « A Long Walk » fait ainsi entendre, à la deuxième mesure de son introduction, un accord noté Bm/E, un accord de si mineur à trois notes (si, ré, fa dièse) joué au-dessus d’un mi grave, que d’autres transcripteurs nomment Em11.
Côté enchaînements, cinq gestes reviennent sans cesse. La boucle de deux accords, souvent mineurs, qui tourne sans jamais conclure : les musiciens l’appellent un vamp, comme la première grille du lecteur. Le balancement entre les accords bâtis sur la première et la deuxième note du mode dorien, une gamme mineure dont la sixième note est relevée d’un demi-ton (en la : la, si, do, ré, mi, fa dièse, sol). La cadence ii-V-I du jazz (en do majeur : ré mineur, sol, do), souvent placée en fin de cycle. L’approche chromatique, où un accord étranger à la tonalité glisse d’un demi-ton vers sa cible. Et le planage, qui fait glisser un même accord vers le haut ou vers le bas sans se soucier de la gamme. Les six grilles ci-dessous sont toutes en la mineur, ou dans son relatif, do majeur, la gamme majeure qui utilise les mêmes notes, pour que vous puissiez les comparer à l’oreille. Les accords sont notés à l’anglaise : A vaut la, B si, C do, D ré, E mi, F fa, G sol ; un « m » signifie mineur, « maj » désigne une septième majeure, « b » un bémol, « # » un dièse, et les chiffres 7, 9, 11 ou 13 les notes ajoutées par-dessus. Les chiffres romains numérotent les accords dans la gamme, en minuscules pour les accords mineurs.
Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en la mineur ou dans son relatif, do majeur, une boucle de quatre mesures.
Pour travailler ce vocabulaire au clavier, le cours en ligne Bien démarrer au piano et en harmonie pose les bases, et la formation harmonie et composition au piano en Home Studio va jusqu’aux accords enrichis et à leurs voicings, c’est-à-dire la manière de disposer les notes d’un accord sous les doigts.
L’instrumentation
Le piano électrique Fender Rhodes est l’instrument emblématique du style, avec son attaque douce et ses aigus en cloche ; à Electric Lady, l’ingénieur Russell Elevado raconte avoir dépoussiéré le Rhodes sur lequel Stevie Wonder aurait enregistré au début des années 1970, pour les séances de Voodoo. Le piano Wurlitzer, plus mordant, et l’orgue Hammond complètent la palette, comme sur Brown Sugar ; le clavinet, un clavier électrique au son sec et percussif, apparaît aussi sur certains disques du style. Les synthétiseurs ne disparaissent pas, mais ils restent discrets, en nappes (des sons tenus en arrière-plan) ou en basses.
La basse électrique est jouée, presque jamais programmée, et elle sert autant à chanter qu’à tenir le temps. Pino Palladino la place derrière la pulsation sur Voodoo, et chez Thundercat elle devient un instrument soliste à part entière. La batterie, elle, est hybride : acoustique quand Questlove, Karriem Riggins ou Chris Dave sont derrière les fûts, programmée ou échantillonnée quand J Dilla ou Ali Shaheed Muhammad travaillent sur une machine. Sur « Them Changes », Thundercat et Flying Lotus construisent même le morceau sur une batterie prélevée sur un disque des Isley Brothers de 1977. Autour de ce noyau, une guitare claire joue des accords courts ou des phrases de deux notes, comme celles de Charlie Hunter et Spanky Alford sur Voodoo, et des cuivres apparaissent ponctuellement, comme la trompette de Roy Hargrove.
Le son compte autant que les notes. Voodoo a été enregistré et mixé sur bande magnétique, quelque 120 bobines de bande de deux pouces à 24 pistes selon Elevado, au moment même où le logiciel Pro Tools commençait à s’imposer : seuls trois morceaux sont passés par l’ordinateur, pour être raccourcis ou corrigés sans perdre la prise jouée. Elevado dit avoir voulu retrouver le son des disques que les producteurs de rap échantillonnaient, avec les mêmes types de microphones et de consoles, en surchargeant volontairement les amplificateurs de ligne de la console pour obtenir une distorsion à l’ancienne. La neo-soul est donc aussi une affaire de grain : un aigu adouci, un grave chaud, une légère saturation qui épaissit les instruments.
La voix et la forme
La voix de la neo-soul hérite du gospel et de la soul, mais elle privilégie la retenue. Le fausset y tient une place centrale : « Untitled (How Does It Feel) », conçu comme un hommage aux ballades de Prince, est chanté dans ce registre, et Maxwell passe sans cesse de la voix grave au fausset. Le chanteur enregistre souvent lui-même ses chœurs, en superposant ses propres voix comme une chorale, ce que fait D’Angelo sur ce même morceau. La parole a aussi sa place : Jill Scott vient de la poésie déclamée sur scène, Lauryn Hill alterne chant et rap sur son album, et les rappeurs sont souvent invités, comme Q-Tip sur une version de « Nakamarra » nommée aux Grammy en 2014.
La forme s’éloigne du format radio. La plupart des titres de Voodoo dépassent six minutes, construits sur une boucle qui tourne pendant que la voix improvise par-dessus. Les albums enchaînent les morceaux avec des intermèdes, ces courtes plages parlées ou instrumentales, comme celui que Jill Scott consacre aux Roots sur son premier album. Et la fin ne se fait pas toujours en fondu : « Untitled » s’arrête net au milieu d’une phrase, parce que la bande de l’enregistreur était arrivée au bout, et Russell Elevado a convaincu D’Angelo, qui prévoyait un fondu, de garder cette coupure.
Exercice d’écoute
Question 1. Lancez le lecteur de motif ci-dessus avec la case Q-Swing décochée, puis cochée, sans toucher à la case de retard. Écoutez ensuite le premier couplet de « Brown Sugar » (D’Angelo, 1995). De quelle version la batterie du disque est-elle la plus proche ?
Réponse : de la version cochée, avec des doubles-croches inégales. Ce que vous apprenez : le balancement n’est pas un effet ajouté après coup, il est inscrit dans la programmation dès l’origine du style, et la partition publiée du morceau l’indique noir sur blanc.
Question 2. Écoutez la première minute de « Untitled (How Does It Feel) » (D’Angelo, 2000) en comptant les petites pulsations régulières de l’accompagnement. Se regroupent-elles par deux ou par trois ?
Réponse : par trois. Le morceau est écrit à 6/8, deux temps lents divisés chacun en trois croches. Ce que vous apprenez : la neo-soul n’est pas limitée au 4/4 balancé, et ses ballades retrouvent le ternaire du gospel et de la soul lente ; dans Logic Pro, réglez alors la signature du projet, c’est-à-dire le chiffrage de la mesure (ici 6/8), avant d’écrire une seule note.
Question 3. Écoutez l’introduction de « Nakamarra » (Hiatus Kaiyote, 2012), puis choisissez la grille « Septièmes majeures parallèles » du lecteur d’harmonie et cliquez sur « Écouter la grille ». D’un accord à l’autre, la couleur change-t-elle, ou seulement la hauteur ?
Réponse : seulement la hauteur. Dans les deux cas, un accord de septième majeure descend d’un ton en gardant exactement la même forme. Ce que vous apprenez : on peut construire une boucle convaincante en déplaçant une seule forme d’accord, sans se soucier de la gamme, et c’est l’un des moyens les plus rapides d’obtenir la couleur du style.
Neo-soul, soul et R&B contemporain : ce qui les sépare
Les trois appellations se recouvrent en partie, ce qui explique la confusion : la neo-soul descend de la soul, et les maisons de disques l’ont vendue au rayon rhythm and blues, aux côtés du R&B contemporain. Ce qui les distingue tient à la période, au rythme, à la production et à l’harmonie.
La période. La soul couvre le milieu des années 1950 jusqu’à la fin des années 1970. Le R&B contemporain, celui des boîtes à rythmes et des producteurs vedettes, prend son essor à la fin des années 1980 et domine les radios dans les années 1990. La neo-soul s’impose au milieu des années 1990, en réaction à ce dernier, connaît son âge d’or à la fin des années 1990 et au début des années 2000, puis se prolonge jusqu’à aujourd’hui sous des formes plus diverses.
Le tempo et le rythme. La soul de danse tient entre 95 et 120 BPM et marque les temps 2 et 4, avec des ballades lentes en ternaire. La neo-soul ralentit, entre 70 et 100 BPM, et décale volontairement sa batterie : doubles-croches balancées, caisse claire en retard, frappes qui ne tombent pas toutes au même endroit. Le R&B contemporain s’étale sur une large plage de tempos, mais sa batterie reste en général calée sur la grille, d’une précision toute numérique.
La production. La soul s’enregistre avec un groupe maison, presque en direct, en singles de moins de trois minutes. La neo-soul garde les instruments joués mais y ajoute la culture du hip-hop, échantillons et programmation, et préfère les morceaux longs et les albums conçus d’un seul tenant, parfois enregistrés sur bande comme Voodoo. Le R&B contemporain, à l’inverse, place le producteur au centre et s’appuie davantage sur l’échantillonnage et les machines que sur un groupe.
L’harmonie. La soul classique vient de l’église et du blues : accords de trois sons, enchaînements de cantique, grilles de doo-wop comme l’enchaînement I-vi-IV-V des groupes vocaux des années 1950 ; les accords enrichis n’y arrivent qu’à la fin des années 1960. La neo-soul fait de ces accords enrichis sa langue de base, avec des neuvièmes, des onzièmes et des enchaînements de jazz. Le R&B contemporain emprunte plutôt à la pop ses boucles de trois ou quatre accords. Pour la soul classique, ses foyers, ses labels et ses techniques de production, consultez la fiche Soul.
Sous-genres et styles voisins
- SoulMilieu des années 1950 à la fin des années 1970, 95 à 120 BPMLa source principale : la neo-soul lui reprend la voix venue du gospel, les claviers vintage et la basse jouée. La différence tient au rythme, ralenti et décalé par le hip-hop.Lire la fiche
- FunkÀ partir de 1965, 90 à 120 BPMLe funk des années 1970 a légué à la neo-soul ses doubles-croches balancées, son jeu de basse et son goût pour les boucles d’un ou deux accords. Les partitions de D’Angelo portent d’ailleurs souvent la mention funk shuffle.Lire la fiche
- Boom bap1986 à 1996, 85 à 100 BPMLe rap new-yorkais construit sur des extraits de disques de soul et de jazz. La neo-soul en partage plusieurs producteurs, de J Dilla à Ali Shaheed Muhammad, et le même goût pour la batterie qui claque.Lire la fiche
- Jazz fusionÀ partir de la fin des années 1960Ses pianos électriques et ses accords ouverts nourrissent le vocabulaire harmonique du style. Des pianistes de jazz comme Robert Glasper font aujourd’hui le chemin inverse, du jazz vers la neo-soul.Lire la fiche
- GospelÉglise noire américaine, depuis les années 1930Les chœurs superposés, le fausset et plusieurs enchaînements d’accords viennent de l’église. Le premier album de Daniel Caesar, Freudian (2017), est rangé à la fois en R&B, en neo-soul et en gospel.Lire la fiche
- Acid jazzRoyaume-Uni, fin des années 1980 et années 1990Une scène londonienne qui mêle jazz, funk et soul pour la piste de danse. Le label Talkin’ Loud, qui réédite en 1991 le premier album d’Omar, en est l’une des maisons, et le chaînon britannique vers la neo-soul.
- R&B alternatifAnnées 2010 et 2020Une production plus électronique et des voix plus intimes, chez The Internet, Steve Lacy ou Daniel Caesar. La frontière avec la neo-soul est floue, et beaucoup d’artistes passent de l’une à l’autre.
- Lo-fi hip-hopAnnées 2000, essor en ligne dans les années 2010Des instrumentaux de rap diffusés en continu sur Internet, à la batterie décalée et aux accords de piano électrique, qui revendiquent l’héritage de J Dilla. C’est l’une des descendances les plus visibles du Dilla Time auprès des jeunes producteurs.
La démarche artistique
La neo-soul est d’abord une musique de musiciens qui écoutent ensemble. Pendant les séances de Voodoo, D’Angelo, Questlove et leurs invités passent des mois à regarder de vieux concerts et à improviser avant d’enregistrer pour de bon ; fin 1997, Questlove raconte avoir trouvé au Japon « environ quatre mille épisodes » de l’émission Soul Train, et il se décrit comme « un YouTube ambulant avant YouTube ». Le studio fonctionne comme un atelier ouvert : un musicien passe, joue sur le disque d’un autre, repart avec une idée. Pour la tournée, D’Angelo monte un groupe à part entière, les Soultronics, plutôt que de rejouer les bandes.
Deuxième trait : une méfiance envers l’industrie et ses étiquettes. Les artistes refusent souvent le mot même de neo-soul, et beaucoup choisissent l’indépendance. Hiatus Kaiyote publie son premier album seul, en avril 2012, avant qu’un label ne le reprenne. Daniel Caesar sort le sien, Freudian, en 2017 sur sa propre structure, avec une simple distribution numérique, et décroche malgré tout plusieurs nominations aux Grammy. SAULT pousse la logique jusqu’à l’anonymat : le collectif, réuni autour du producteur Inflo et de la chanteuse Cleo Sol, publie ses disques en ne dévoilant presque rien de ses membres.
Troisième trait : la scène et la parole. À Philadelphie, Jill Scott se forme dans les lectures de poésie, et les soirées comme le Black Lily servent de tremplin à de jeunes chanteuses. L’image, elle, est un terrain miné : le clip d’« Untitled (How Does It Feel) », un unique plan sur D’Angelo torse nu, fait vendre l’album, mais le chanteur dira plus tard avoir mal vécu d’être réduit à un symbole sexuel plutôt qu’à un musicien.
Sur scène aujourd’hui, un seul clavier peut tenir deux rôles. Dans MainStage, vous pouvez empiler dans un même patch, c’est-à-dire un son prêt à jouer avec tous ses réglages, un piano électrique de type Rhodes sur les octaves aiguës et une basse sur les octaves graves, en réglant simplement deux plages de touches : la main gauche tient la ligne de basse, la main droite les accords enrichis, comme le font beaucoup de claviéristes du style. Attention toutefois : MainStage ne propose aucun des musiciens virtuels de Logic Pro, les Session Players (Drummer, Bass Player, Keyboard Player), ni l’édition Flex Time des pistes (correction du placement de l’audio), ni Mastering Assistant (mastering automatique), ni Stem Splitter (séparation d’un morceau en pistes de voix, batterie, basse et autres) ; seuls Quick Sampler et le module Playback y proposent un mode Flex pour leurs propres fichiers audio. Tout accompagnement automatique se prépare donc dans Logic Pro, puis s’exporte en audio ou se confie à un musicien.
La neo-soul aujourd’hui
La relève est venue de plusieurs directions. Du jazz d’abord : le Robert Glasper Experiment, le groupe du pianiste Robert Glasper, remporte en 2013 le Grammy du meilleur album de rhythm and blues avec Black Radio, un disque qui invite Erykah Badu, Bilal, Lalah Hathaway, Ledisi et Meshell Ndegeocello, et publie la même année sa suite, Black Radio 2. D’Australie ensuite : formé à Melbourne en 2011, Hiatus Kaiyote est nommé aux Grammy en 2014, dans la catégorie de la meilleure performance de rhythm and blues, pour « Nakamarra », tiré de Tawk Tomahawk, ce qui est souvent présenté comme une première pour un artiste australien dans une catégorie de rhythm and blues, puis publie Mood Valiant en 2021. Signe que la boucle est bouclée, ses morceaux sont à leur tour échantillonnés par Kendrick Lamar, Drake, Beyoncé et Jay-Z, ou Anderson .Paak sur Malibu.
Aux États-Unis, Solange atteint la première place des ventes en 2016 avec A Seat at the Table, coproduit par Raphael Saadiq, dont le titre « Cranes in the Sky » remporte le Grammy de la meilleure performance de rhythm and blues l’année suivante. Daniel Caesar, à Toronto, et H.E.R. décrochent le même prix en 2019 pour leur duo « Best Part », tiré de Freudian. Le trio Moonchild, formé par trois anciens étudiants en jazz de l’université de Californie du Sud, est nommé aux Grammy en 2023. À Londres, le collectif SAULT publie Untitled (Black Is) en juin 2020, Cleo Sol Rose in the Dark la même année puis Mother en 2021, tandis que Jorja Smith avec Lost & Found (2018), Tom Misch avec Geography (2018) et Lianne La Havas avec son album éponyme (2020) installent une neo-soul britannique. En Californie, Steve Lacy, guitariste du groupe The Internet, prolonge l’héritage avec Gemini Rights en 2022.
La neo-soul en français
La neo-soul francophone est restée une scène de niche, sans foyer comparable à Philadelphie ou à Londres, mais un disque a marqué l’histoire du style. Les Nubians, les sœurs Hélène et Célia Faussart, nées à Paris d’un père français et d’une mère camerounaise, publient en 1998 Princesses Nubiennes, chanté presque entièrement en français : le single « Makeda » entre dans le classement rhythm and blues de Billboard, ce qui en fait l’un des très rares succès radiophoniques en français aux États-Unis depuis des décennies. Plus près de nous, la Belge Selah Sue cite Meshell Ndegeocello parmi ses influences, et le multi-instrumentiste tourangeau FKJ, que la critique range plutôt du côté du jazz électronique, a improvisé en 2017 avec le chanteur et saxophoniste Masego un morceau entier, enregistré en une journée. Si vous écrivez en français, gardez en tête que la langue a moins de voyelles longues que l’anglais : le placement en retard de la voix, typique du style, demande des phrases courtes et des syllabes ouvertes, terminées par une voyelle.
Faire de la neo-soul en 2026 sans refaire 2000
- Gardez le placement rythmique et changez les sons : une caisse claire en retard sur une batterie moderne sonne plus actuel qu’une copie de la batterie de Voodoo.
- Remplacez le Rhodes par un autre timbre au moins sur une partie du morceau, une guitare claire, une harpe, un synthétiseur doux : l’harmonie suffit à signer le style.
- Osez les mesures irrégulières et les ruptures, comme Hiatus Kaiyote, plutôt qu’une boucle de deux mesures du début à la fin.
- Écrivez des textes d’aujourd’hui : la neo-soul de 2000 parlait de ce qui se passait autour d’elle, pas de 1972.
- Enregistrez au moins une partie jouée en entier, sans la corriger, même si vous programmez tout le reste.
- Mixez pour les écoutes actuelles, écouteurs et petites enceintes, sans chercher à reproduire le souffle de la bande.
Douze artistes pour commencer
D’AngeloRichmond, 1995-2025
Erykah BaduDallas, depuis 1997
MaxwellNew York, depuis 1996
Lauryn HillNew Jersey, 1998
Raphael SaadiqOakland, depuis les années 1990
J DillaDetroit, 1995-2006
Jill ScottPhiladelphie, depuis 2000
Musiq SoulchildPhiladelphie, depuis 2000
BilalPhiladelphie, depuis 2001
Hiatus KaiyoteMelbourne, depuis 2011
Anderson .PaakCalifornie, années 2010
Cleo SolLondres, années 2020
Reproduire la neo-soul en home studio
Ce qui suit suppose que vous savez créer un projet, régler le tempo, enregistrer une piste MIDI et une piste audio, éditer des notes dans l’éditeur clavier, créer un départ vers un auxiliaire et regrouper des pistes sur un bus. Si l’une de ces opérations vous manque, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro, puis revenez ici. Côté matériel, un petit clavier MIDI suffit ; à défaut, la fenêtre de saisie musicale (Commande K) transforme le clavier de l’ordinateur en clavier de piano. Tous les instruments et effets cités sont fournis avec Logic Pro ; plusieurs demandent de télécharger la bibliothèque de sons complète. Studio Bass (une basse électrique virtuelle), Bass Player, Keyboard Player, la piste d’accords (la grille d’accords du morceau, que suivent ces musiciens virtuels) et ChromaGlow (un effet de saturation qui épaissit le son) sont apparus avec Logic Pro 11, et ChromaGlow exige un Mac équipé d’une puce Apple silicon.
Prenez les étapes dans l’ordre : c’est celui que suivent souvent les producteurs du style, qui partent des accords avant de poser la batterie et la basse (voir « Ce qu’un praticien fait vraiment »). Pour une première séance d’une heure, arrêtez-vous à la fin de l’étape « La batterie » : deux accords de Rhodes et huit mesures de batterie bien placées valent mieux qu’un projet de trente pistes sans balancement.
Le tempo et la mise en place
- Réglez le tempo entre 80 et 92 BPM pour un premier morceau, autour de 75 BPM pour une ballade comme « A Long Walk » (Jill Scott, 2000).
- Laissez la signature en 4/4, ou passez-la en 6/8 avant d’écrire la moindre note si vous visez une ballade ternaire à la manière d’« Untitled (How Does It Feel) » (D’Angelo, 2000).
- Retenez que Drummer ne joue qu’en 4/4 : une ballade en 6/8 se programme à la main.
- Gardez en tête l’unité de mesure : Logic Pro compte 960 ticks par noire, soit 240 par double-croche, et 30 ticks valent environ 21 millisecondes à 88 BPM.
L’harmonie et les claviers
- Chargez Vintage Electric Piano avec un modèle de type Rhodes.
- Réglez un trémolo stéréo bien présent dans l’instrument, cet effet de balancier entre gauche et droite qu’une transcription publiée conseille pour approcher le son d’« A Long Walk » (Jill Scott, 2000).
- Jouez les accords de la main droite sans leur fondamentale, serrés autour du do central, entre le mi situé en dessous et le do de l’octave supérieure, la fondamentale restant à la basse.
- Écrivez d’abord une boucle de deux accords, par exemple Am9 et Dm9.
- Sur les deux derniers temps du cycle, glissez un accord placé un demi-ton au-dessus ou au-dessous d’Am9, par exemple Bbmaj7 ou G#m7 : il retombe sur Am9 quand la boucle repart, comme le sol mineur qui glisse vers la bémol mineur dans « Them Changes » (Thundercat, 2015).
- Reportez ces accords sur la piste d’accords : Bass Player et Keyboard Player la suivent.
- Ne quantifiez pas les accords : un léger décalage entre les notes d’un même accord, comme un pianiste qui pose ses doigts, suffit à humaniser la partie.
- Pour démarrer plus vite, créez une piste Keyboard Player, qui suit elle aussi la piste d’accords et peut jouer, selon le style et les options de voicing choisis dans son éditeur, des accords plaqués simples comme des accords enrichis ; c’est un outil moderne, sans équivalent à l’époque des disques cités.
- Convertissez ensuite sa région en MIDI pour réécrire les voicings.
- Ajoutez au besoin un orgue Vintage B3, en nappe discrète ou en court motif répété, comme le refrain d’orgue à la manière de Jimmy Smith qui ouvre « Brown Sugar » (D’Angelo, 1995).
- Réservez le Vintage Clav aux parties rythmiques.
- Insérez sur le Rhodes un Channel EQ et activez un coupe-bas (un filtre qui supprime tout ce qui est plus grave) vers 120 Hz, puisque la fondamentale est laissée à la basse.
- Dans le même Channel EQ, atténuez de 2 dB vers 300 Hz si les accords encombrent la voix.
- Ajoutez si besoin un Compressor sur circuit Vintage Opto, ratio 2:1, 1 à 3 dB de réduction, pour égaliser les accords sans écraser l’attaque du piano.
Quatre mots pour les réglages de compresseur, ici et dans les étapes suivantes. L’attaque est le temps que met le compresseur à réagir, et le relâchement celui qu’il met à lâcher prise. Le ratio fixe la force de l’écrasement : à 4:1, un signal qui dépasse le seuil (le niveau à partir duquel le compresseur agit) de 4 dB n’en ressort plus qu’avec 1 dB d’excès. La réduction est le nombre de décibels que le compresseur retire aux passages forts, lu sur son indicateur.
La batterie
- Créez une piste Drum Kit Designer avec un kit acoustique sec, ou Drum Machine Designer si vous préférez un kit électronique, façon boîte à rythmes ou MPC.
- Jouez la partie au clavier ou sur des pads (les pavés de frappe d’un contrôleur), en une seule passe de huit mesures, sans quantification : c’est la logique de J Dilla, qui désactivait la quantification de sa MPC3000 ; une quantification partielle reste possible ensuite, piste par piste, comme décrit plus bas.
- Tenez-vous aux frappes du motif du lecteur : grosse caisse aux pas 1, 8 et 11, caisse claire aux pas 5 et 13, charleston en croches avec deux frappes plus faibles aux pas 4 et 12.
- Répartissez grosse caisse, caisse claire et charleston sur trois pistes séparées, en dupliquant la piste et en effaçant dans chaque copie les instruments en trop.
- Choisissez, dans l’inspecteur de chaque région (à gauche de la fenêtre), une valeur de quantification en doubles-croches (1/16) : le Q-Swing n’agit que si une valeur de quantification est sélectionnée.
- Montez le Q-Swing de la région de charleston entre 58 et 62 %.
- Retenez l’échelle du Q-Swing : il ne déplace que les doubles-croches de rang pair, 50 % donne un jeu droit et 66 % un balancement de triolet, où la première double-croche de chaque paire dure deux fois plus longtemps que la seconde.
- Laissez la grosse caisse entre 50 et 54 % : c’est le mélange d’instruments droits et d’instruments balancés qui produit le Dilla Time, pas un balancement uniforme.
- Baissez le Q-Force, nommé Q-Strength dans l’interface anglaise, autour de 60 % : la quantification rapproche alors les notes de la grille sans les y coller.
- Réglez le paramètre Retard de la région de caisse claire, dans l’inspecteur, entre +25 et +40 ticks, à la manière de la caisse claire « ivre » que D’Angelo demandait à Questlove sur Voodoo (2000).
- Avancez éventuellement la région de grosse caisse de 5 à 15 ticks, avec une valeur négative, pour accentuer l’impression que la caisse claire traîne.
- Ajoutez des notes fantômes de caisse claire à une vélocité comprise entre 15 et 30 (la vélocité est la force de frappe d’une note MIDI, de 1 à 127).
- Variez la vélocité du charleston entre 25 et 65 : de 50 à 65 sur les temps, autour de 45 sur les autres croches, de 25 à 35 sur les frappes faibles des pas 4 et 12, comme dans le lecteur.
- Si vous visez le jeu d’un batteur plutôt qu’une boucle de MPC, ne copiez pas la même mesure huit fois : modifiez à la main au moins une note fantôme ou un coup de charleston toutes les deux mesures, sans toucher au retard de la caisse claire, qui reste constant.
- Si vous voulez que toutes les pistes suivent la même imprécision, faites d’une seule piste de batterie la piste de groove, un projet n’en acceptant qu’une : survolez le bord gauche de son en-tête et cliquez sur l’étoile qui apparaît.
- Si l’étoile n’apparaît pas, activez l’option de piste de groove dans la configuration de l’en-tête de piste (Option + T).
- Cochez ensuite la case de suivi de la piste de groove (« Match Groove Track » dans l’interface anglaise) sur les autres pistes, qui ne pourront plus être quantifiées.
- Pour découper un rythme que vous avez enregistré vous-même, chargez-le dans Quick Sampler en mode Slice, le seul mode qui découpe.
La basse
- Chargez Studio Bass avec un modèle de basse électrique au son rond plutôt que brillant.
- Ou bien créez une piste Bass Player, qui suit la piste d’accords remplie à l’étape « L’harmonie et les claviers », en décochant l’option de progression d’accords par défaut (« Use Default Chord Progression for New Regions » dans l’interface anglaise), sans quoi elle joue sa propre grille.
- Convertissez ensuite la région Bass Player en région MIDI pour la retoucher note à note.
- Jouez des notes longues et peu nombreuses, en laissant respirer la grosse caisse plutôt qu’en la doublant.
- Réglez le paramètre Retard de la région de basse entre +20 et +40 ticks, comme la basse que Pino Palladino place très en arrière du temps sur Voodoo (2000).
- Insérez un Channel EQ et activez un coupe-bas à 35 Hz.
- Dans le même Channel EQ, ajoutez une légère bosse de 2 dB vers 700 Hz pour que la basse reste audible sur un petit haut-parleur.
- Insérez ensuite un Compressor sur circuit Vintage Opto, ratio 4:1, attaque 20 ms, relâchement 150 ms, 3 à 4 dB de réduction.
La voix
- Enregistrez des prises entières plutôt que des fragments.
- Gardez la prise où l’intention est la plus forte.
- Empilez vous-même vos chœurs en chantant chaque passe en entier, sans copier-coller : trois ou quatre parties d’harmonie, chacune doublée ou triplée, comme D’Angelo sur « The Root » (2000), où Russell Elevado compte une quarantaine de voix.
- Insérez un Channel EQ et activez un coupe-bas à 90 Hz en pente douce.
- Atténuez de 2 à 3 dB vers 300 Hz si la voix encombre le bas-médium (les fréquences juste au-dessus des graves, qui rendent le son sourd).
- Ajoutez un Compressor sur circuit Vintage Opto, ratio 3:1, attaque 15 ms, relâchement 120 ms, 3 à 6 dB de réduction.
- Placez ensuite DeEsser 2, qui atténue les « s » sifflants, centré entre 6 et 8 kHz, avec 4 dB de réduction au maximum.
- Ouvrez un départ vers un auxiliaire, une piste qui ne porte que l’effet.
- Chargez-y un Space Designer avec une réponse de plaque (l’imitation d’une réverbération à plaque de métal, dense et brillante), ou un ChromaVerb réglé sur un type de salle court et dense, avec un pré-délai (le court silence avant la réverbération) de 20 à 40 ms et une durée de 1,2 à 1,8 seconde.
- Réglez ce plug-in sur 100 % d’effet, sans signal direct, sinon il réinjecte une copie de la voix.
- Créez un second auxiliaire avec un Tape Delay réglé sur la croche pointée (la durée de trois doubles-croches), réinjection (qui règle le nombre de répétitions de l’écho) de 15 à 25 %, lui aussi sur 100 % d’effet, réservé aux improvisations vocales.
- Gardez les respirations : dans ce style, elles font partie de la phrase.
Le mixage
- Regroupez la batterie sur un bus, une piste par laquelle passent toutes les pistes de batterie.
- Insérez sur ce bus un Compressor sur circuit Vintage VCA, ratio 4:1, attaque 20 ms, relâchement 100 ms, 3 à 4 dB de réduction.
- Ajoutez sur ce bus, et sur le Rhodes, un ChromaGlow en réglage discret pour épaissir le son : c’est une couleur moderne, alors que Voodoo obtenait la sienne avec de la bande magnétique et une console dont Russell Elevado surchargeait volontairement les amplificateurs de ligne.
- Pour un passage plus sale, envoyez la batterie vers un auxiliaire équipé d’Amp Designer, le simulateur d’amplificateur de guitare de Logic Pro, mêlé discrètement au son direct : c’est l’équivalent logiciel des deux amplis guitare dans lesquels Russell Elevado pense avoir fait passer la batterie de « Greatdayndamornin’/Booty » (2000).
- Adoucissez le haut du spectre sur la sortie générale avec un Channel EQ : une baisse en plateau de 1 à 2 dB à partir de 10 kHz, qui abaisse d’un bloc tous les aigus au-dessus, évoque l’aigu arrondi de la bande.
- Placez la voix, la basse et la grosse caisse au centre.
- Ouvrez le Rhodes et les chœurs sur les côtés avec le bouton de panoramique de chaque piste.
- Laissez la voix un peu plus basse que dans la pop, enveloppée par l’accompagnement plutôt que posée dessus, comme Russell Elevado l’a mixée à la demande de D’Angelo sur Voodoo (2000).
- Vérifiez le mixage en mono en insérant un plug-in Gain sur la sortie générale et en activant son bouton Mono.
- Réservez un effet spectaculaire au sommet du morceau, par exemple un Flanger (un effet qui superpose au son une copie très légèrement retardée et variable, d’où un balayage) automatisé sur la sortie générale : dans la dernière minute d’« Untitled (How Does It Feel) » (2000), Russell Elevado passe ainsi tout le mixage dans un flanger, en s’inspirant des effets de bande de Queen.
- Gardez les crêtes réelles, les pointes de niveau les plus hautes, sous -1 dBTP (décibels de crête réelle).
- Ne visez pas un chiffre de LUFS, l’unité de volume moyen des plateformes : elles normalisent à la lecture, entre -14 et -16 LUFS selon les services, et un master plus fort sera simplement baissé.
Ce qu’un praticien fait vraiment
Un producteur habitué au style part souvent des accords plutôt que de la batterie : il s’assoit au Rhodes, trouve une boucle de deux ou quatre accords qui lui plaît, et l’enregistre en entier sur huit ou seize mesures, sans s’arrêter. Il joue ensuite la batterie par-dessus, au clavier ou sur des pads, quantification coupée, et refait la prise entière plutôt que de corriger trois notes ; si le placement d’un instrument gêne, il décale toute sa région de quelques ticks au lieu de toucher aux notes une par une. Il écoute en boucle un disque de référence, souvent Voodoo ou Donuts, à côté de sa maquette, et coupe régulièrement le charleston pour vérifier que la caisse claire traîne vraiment. Il enregistre la basse en dernier parmi les instruments, quand le placement de la batterie est figé, puis chante ses chœurs lui-même, en plusieurs passes complètes. Et il garde délibérément quelques imperfections, une frappe trop tôt, une voix qui glisse, parce que c’est précisément ce que l’auditeur entend comme du naturel.
Les cinq erreurs du débutant
- Tout quantifier à 100 % puis ajouter une fonction d’humanisation aléatoire : le décalage de la neo-soul est voulu et orienté, la caisse claire toujours du même côté du temps, et sur une boucle programmée il se répète même à l’identique d’une mesure à l’autre, comme chez J Dilla ; une humanisation aléatoire, elle, disperse les frappes au hasard, en avance comme en retard.
- Retarder tous les instruments du même nombre de ticks : le morceau est alors simplement en retard, sans aucun frottement entre la caisse claire et le reste.
- Jouer les accords enrichis trop bas ou trop épais : ils se jouent serrés, en quatre notes environ, autour du do central et pas plus bas que le mi situé en dessous ; plus bas, leurs secondes et leurs tierces tournent à la bouillie dans le bas-médium.
- Remplir tous les temps : accords plaqués sur chaque noire, basse qui double chaque frappe de grosse caisse, roulement de batterie à chaque fin de mesure ; la neo-soul vit de l’espace laissé entre les instruments et d’accords qui tiennent.
- Corriger la justesse et aligner les chœurs au millimètre : les doublures perdent l’épaisseur qui vient justement de leurs petits écarts.
La neo-soul se joue autant qu’elle se programme. Chez YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, vous travaillez ces gestes directement dans Logic Pro, avec un formateur, en présentiel ou à distance.
- Programmer une batterie décalée, notes fantômes et retard de caisse claire compris
- Écrire des accords enrichis au piano électrique et les faire suivre par la basse
- Construire une chaîne de traitement vocale complète, chœurs superposés compris
- Préparer le passage à la scène avec MainStage
Où trouver des sons neo-soul ?
Dans Logic Pro
- Vérifiez d’abord que la bibliothèque de sons complète est téléchargée : plusieurs instruments ci-dessous en dépendent.
- Vintage Electric Piano, pour les pianos électriques de type Rhodes et Wurlitzer.
- Vintage B3 et Vintage Clav, pour l’orgue et le clavinet.
- Drum Kit Designer pour les kits acoustiques, Drum Machine Designer pour les batteries électroniques, façon boîte à rythmes ou échantillonneur.
- Studio Bass, Bass Player et Keyboard Player, apparus avec Logic Pro 11.
- Quick Sampler en mode Slice, si vous découpez une boucle que vous avez enregistrée vous-même.
- Alchemy, dont les quatre sources A, B, C et D permettent de superposer un piano électrique et une nappe dans un seul instrument.
- ES2, si vous voulez une sous-basse sinusoïdale (une basse très grave et pure, plus ressentie qu’entendue), Retro Synth n’ayant pas d’onde sinusoïdale : c’est une couleur moderne, plus fréquente dans la neo-soul récente que sur les disques fondateurs, où la basse est surtout jouée.
Boucles et banques
- Splice : abonnement avec crédits, licence incluse pour un usage commercial.
- Loopmasters : banques vendues à l’unité, à la licence sans redevance par utilisation.
- Sample Magic : banques orientées production, sous licence dite libre de droits.
- Black Octopus Sound : voix et instruments, sous licence dite libre de droits.
- The Drum Broker : batteries taillées pour le hip-hop et la soul, utiles pour un son à la manière d’une MPC.
- Freesound : sons partagés sous licences Creative Commons variées ; lisez la licence fichier par fichier.
- Looperman : boucles déposées par des membres, aux conditions fixées par chaque auteur ; écartez celles qui reprennent un disque connu, car le membre qui les dépose ne peut pas vous céder des droits qu’il n’a pas.
- Cherchez des frappes isolées plutôt que des boucles toutes faites : une caisse claire, un charleston, une grosse caisse, que vous placerez avec votre propre décalage.
Instruments virtuels
- Arturia : reconstitutions de pianos électriques, d’orgues et de synthétiseurs anciens.
- Native Instruments : claviers vintage et batteries échantillonnées.
- Spectrasonics : pianos électriques et basses échantillonnés avec beaucoup de détail.
- Spitfire Audio LABS : instruments gratuits, dont des claviers et des textures utiles pour les introductions.
Grain et caractère
- iZotope Vinyl : simulation de disque vinyle, gratuite, à doser très légèrement.
- XLN Audio RC-20 Retro Color : usure, pleurage (l’instabilité de vitesse d’une bande, qui fait onduler la hauteur) et bruit de fond.
- ChromaGlow, fourni avec Logic Pro 11, qui propose cinq styles de saturation ; il exige un Mac équipé d’une puce Apple silicon.
Pour choisir le matériel, du clavier maître à la carte son, le cours Équipez votre home studio détaille les configurations utiles selon le budget.
Lexique de la neo-soul
- Fender RhodesPiano électrique dont les marteaux frappent de fines tiges métalliques captées par des micros, au son rond et aux aigus en cloche, instrument emblématique du style.
- Dilla TimeExpression popularisée par le journaliste Dan Charnas, dans son livre de 2022, pour la superposition délibérée, dans un même morceau, de placements droits et balancés hérités de J Dilla.
- Note fantômeFrappe de caisse claire jouée très faiblement entre les temps, qui donne du rebond au motif sans s’entendre distinctement.
- Funk shuffleMention portée sur les partitions pour un groove en doubles-croches inégales, la deuxième de chaque paire arrivant un peu tard.
- Accord sans fondamentaleDisposition d’accord où la main droite omet la note qui donne son nom à l’accord, laissée à la basse, pour garder un son serré.
- Accord sur basse étrangèreAccord noté avec une barre oblique, comme Bm/E, où l’on joue un accord au-dessus d’une basse qui ne lui appartient pas.
- PlanageDéplacement d’un même accord vers le haut ou vers le bas sans en changer la forme, en ignorant la gamme.
- DominanteAccord bâti sur le cinquième degré, qui appelle la résolution ; la neo-soul l’altère, avec une neuvième abaissée ou augmentée, ou l’évite complètement.
Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter
| Morceau | Tempo | Production | Ce qu’il enseigne |
|---|---|---|---|
| Brown SugarD’Angelo, 1995 | ≈ 84 BPM | EMI, Battery Studios à New York, mixé par Bob Power, coproduit avec Ali Shaheed Muhammad, qui programme la batterie | Le balancement des doubles-croches venu du hip-hop, sous un orgue et un piano électrique joués. |
| Ex-FactorLauryn Hill, 1998 | 80 à 88 BPM selon les sources | Ruffhouse et Columbia, interpolation (passage rejoué et réenregistré) d’un morceau du Wu-Tang Clan paru en 1993 | Une ballade bâtie sur des alternances de deux accords, et ce qu’une interpolation implique : treize auteurs crédités. |
| Untitled (How Does It Feel)D’Angelo, 2000 | 6/8, ≈ 104 croches par minute | Virgin, Electric Lady à New York, coécrit et coproduit avec Raphael Saadiq, enregistré sur bande et mixé par Russell Elevado | Le fausset superposé en chœur, la ballade ternaire, et une fin coupée net quand la bande s’arrête. |
| A Long WalkJill Scott, 2000 | ≈ 75 BPM | Hidden Beach, produit à Philadelphie par Andre Harris et Vidal Davis | Le groove nonchalant de Philadelphie et un accord posé sur une basse étrangère dès l’introduction. |
| NakamarraHiatus Kaiyote, 2012 | Non confirmé | Publié en indépendant à Melbourne, puis licencié au label Flying Buddha | Le planage de septièmes majeures et la mesure irrégulière glissée dans une phrase de quatre temps. |
| Come DownAnderson .Paak, 2016 | ≈ 98 BPM | Produit par Hi-Tek pour Malibu | La limite haute du style : charleston en doubles-croches continues, grosse caisse syncopée, frappée entre les temps, énergie funk. |
Tempos approximatifs, relevés sur les partitions publiées, les transcriptions consultées ou des mesures de l’enregistrement ; pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables).
Labels, droits et synchronisation
Une poignée de maisons de disques a porté la première vague. Kedar Entertainment, le label de Kedar Massenburg, publie Erykah Badu avec Universal, et Massenburg dirige ensuite Motown de 1997 à 2004, qui édite notamment les singles de la chanteuse. EMI, Virgin puis RCA publient D’Angelo, Columbia publie Maxwell et, par l’intermédiaire de Ruffhouse, Lauryn Hill. MCA finance les séances ouvertes des Soulquarians autour de Common, jusqu’à ce que les ventes déçoivent. À Philadelphie, Hidden Beach publie Jill Scott et Def Soul Musiq Soulchild. La génération actuelle passe par des structures plus petites : Stones Throw pour Donuts, Brainfeeder pour Hiatus Kaiyote depuis Mood Valiant, Forever Living Originals pour SAULT et Cleo Sol, ou l’autoproduction pure, comme Daniel Caesar à ses débuts.
La neo-soul est très demandée en synchronisation, c’est-à-dire pour associer une musique à une image : publicité, séries, films, bandes-annonces. Synchroniser un enregistrement existant exige deux autorisations distinctes : celle des auteurs et de leur éditeur, la société qui gère les droits de la composition, pour l’œuvre ; et celle du label, pour l’enregistrement. Vérifiez aussi que les musiciens présents sur l’enregistrement ont accepté cet usage, en particulier pour la publicité. Si vous produisez vous-même votre musique et détenez les deux droits, vous négociez seul, ce qui est un vrai avantage commercial ; si vous êtes adhérent de la Sacem, vous lui avez fait apport de vos droits d’exécution publique et de reproduction mécanique : vous accordez vous-même, avec votre éditeur s’il y en a un, l’autorisation de synchronisation, mais la Sacem perçoit ensuite les droits de reproduction et de diffusion de l’œuvre synchronisée. Pour présenter votre projet aux programmateurs, aux éditeurs et au public, la formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens vous apprend à monter vos clips, à construire votre EPK, le dossier de presse électronique d’un artiste, et à mettre en ligne votre site.
Le style entretient avec l’échantillonnage une relation double. D’un côté, ses producteurs puisent dans la soul et le jazz des années 1970. Le refrain de « Didn’t Cha Know », produit par J Dilla, repose sur un extrait d’un morceau de 1977 du groupe Tarika Blue, utilisé sans autorisation préalable : Erykah Badu et Motown ont ensuite conclu un accord amiable avec le groupe. « The Light » de Common, autre production de J Dilla, s’appuie sur une chanson de Bobby Caldwell. « Ex-Factor » interpole un morceau du Wu-Tang Clan, lui-même construit sur la reprise par Gladys Knight & the Pips d’un succès de Barbra Streisand, si bien que treize auteurs figurent à son générique, et « Bag Lady » d’Erykah Badu crédite Isaac Hayes comme coauteur. De l’autre côté, la neo-soul actuelle est devenue une source : Hiatus Kaiyote a été échantillonné par Kendrick Lamar, Drake, Beyoncé et Jay-Z ou Anderson .Paak.
Ce que la loi autorise, ce qu’elle interdit
Si vous comptez échantillonner un disque, voici l’essentiel du cadre juridique français et européen. Il s’agit d’une information générale, pas d’un conseil juridique.
- Un extrait met en jeu deux droits distincts : le droit d’auteur sur l’œuvre (surtout sa mélodie et ses paroles ; une simple suite d’accords reste en général libre d’usage), qui appartient aux auteurs et compositeurs, souvent représentés par un éditeur et membres de la Sacem ; et les droits voisins sur l’enregistrement, détenus par le producteur du disque et par les artistes-interprètes. Il faut les deux autorisations.
- Il n’existe en France aucune durée d’extrait libre : ni deux secondes, ni quatre mesures. Prélever un fragment d’enregistrement, même très bref, est une reproduction ; côté œuvre, seul un passage original, qui porte l’empreinte de la personnalité de son auteur, est protégé, mais une courte phrase mélodique peut suffire.
- La Cour de justice de l’Union européenne l’a jugé le 29 juillet 2019 dans l’affaire Pelham contre Hütter (C-476/17), née d’environ deux secondes empruntées à « Metall auf Metall » de Kraftwerk : reproduire un échantillon, même très bref, relève du droit exclusif du producteur du disque, sauf s’il est intégré sous une forme modifiée au point d’être méconnaissable à l’écoute.
- Par un second arrêt rendu en grande chambre le 14 avril 2026 (C-590/23), la Cour a précisé que l’exception de pastiche, prévue en France aux articles L122-5 et L211-3 du Code de la propriété intellectuelle, peut couvrir un échantillon lorsque le nouveau morceau évoque l’œuvre d’origine tout en s’en distinguant de façon perceptible et engage avec elle un dialogue artistique reconnaissable. Il n’est pas nécessaire de prouver l’intention du musicien : il suffit que ce dialogue, hommage, imitation de style assumée ou regard humoristique ou critique, soit reconnaissable pour une personne qui connaît l’œuvre d’origine. L’exception n’est pas pour autant une clause fourre-tout : elle ne couvre ni la simple reprise d’un extrait, ni l’imitation dissimulée, ni le plagiat. La Cour fédérale de justice allemande doit maintenant l’appliquer au litige, et la pratique française n’est pas encore fixée.
- L’exception de courte citation ne couvre pratiquement jamais un échantillon : en France, elle exige un extrait bref, le nom de l’auteur et la source clairement indiqués, et une finalité critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’œuvre qui l’accueille ; dans l’arrêt Pelham de 2019, la Cour de justice ne l’envisage que pour un extrait reconnaissable, utilisé pour dialoguer avec l’œuvre citée, ce qui n’est pas le cas d’un emprunt ordinaire.
- Rejouer la phrase vous-même, ce qu’on appelle une interpolation, écarte les droits voisins puisque vous ne reproduisez plus l’enregistrement, mais pas le droit d’auteur : il faut l’accord préalable et écrit des auteurs, négocié avec leur éditeur, en général contre une part des droits du nouveau titre, comme le montre la liste des auteurs d’« Ex-Factor ».
- La mention « non commercial », la diffusion gratuite ou le fait de créditer l’artiste ne dispensent d’aucune autorisation : hors exceptions légales comme le pastiche, seul l’usage strictement privé y échappe, une copie pour vous-même ou une écoute dans le cercle de famille, jamais une mise en ligne, même gratuite.
- Ce que vous pouvez utiliser librement : vos propres enregistrements de vos propres compositions, à condition d’en détenir réellement les droits et d’avoir l’accord écrit des musiciens qui y jouent ; les banques dites libres de droits, une expression trompeuse qui signifie seulement sans redevance par utilisation, dans les limites de leur licence ; les fichiers sous licence Creative Commons, selon la licence exacte de chaque fichier : la mention NC exclut tout usage commercial, ND toute diffusion d’une version modifiée, et toutes les licences sauf CC0 imposent de créditer l’auteur.
- Le domaine public suppose que l’œuvre et l’enregistrement y soient tous deux : en France, l’œuvre soixante-dix ans après le 1er janvier qui suit la mort du dernier de ses auteurs, parolier ou compositeur, l’enregistrement soixante-dix ans après le 1er janvier qui suit sa publication, une règle transitoire laissant hors protection les phonogrammes (enregistrements sonores) publiés avant 1963. Les disques de soul et de jazz des années 1970 que la neo-soul échantillonne restent donc, en général, protégés des deux côtés.
- Utiliser sans autorisation un extrait reconnaissable, hors exception légale, constitue une contrefaçon, réprimée par les articles L335-2 et L335-3 du Code de la propriété intellectuelle pour l’atteinte à l’œuvre et par l’article L335-4 pour l’atteinte aux droits voisins, dans les deux cas jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende ; en pratique, le litige se règle le plus souvent au civil, par des dommages-intérêts, un retrait du morceau ou un accord amiable.
- La procédure d’autorisation, appelée libération des droits ou clearance, se mène avant la sortie et en deux temps : le label pour l’enregistrement, contre un forfait ou une avance, parfois un pourcentage ; l’éditeur pour l’œuvre, contre une part d’édition. L’autorisation doit être écrite, et rien n’oblige un ayant droit à accepter.
- Aux États-Unis, la jurisprudence reste partagée : l’arrêt Bridgeport de 2005 refuse toute tolérance pour l’emprunt d’un enregistrement, tandis que l’arrêt VMG Salsoul contre Ciccone de 2016 admet qu’un emprunt insignifiant, dit de minimis, échappe à la sanction. Aucune de ces solutions ne vaut en France.
Une playlist pour écouter la neo-soul
Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis dans la liste des 100 artistes ci-dessous. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.
- Neo-soul, la découverte30 titres · 2 h 22
D’Omar (1990) à Durand Bernarr (2025) : la neo-soul germe à Londres et à Oakland, s’impose avec D’Angelo et les Soulquarians, gagne Philadelphie, puis se renouvelle par le jazz.
Sans abonnement Apple Music, le lecteur fait entendre des extraits de 30 secondes. Du gospel à la techno, toutes les playlists tirées du glossaire sont sur la page Playlists YouTips.
Les 100 artistes qui ont fait la neo-soul
Les précurseurs, jusqu’en 1996
- Omar
- Tony! Toni! Toné!
- Raphael Saadiq
- Meshell Ndegeocello
- Sade
- Terence Trent D’Arby
- Mint Condition
- Joi
- Groove Theory
- Lewis Taylor
La première vague, 1995-2000
- D’Angelo
- Maxwell
- Erykah Badu
- Lauryn Hill
- Eric Benét
- Rahsaan Patterson
- Angie Stone
- Lucy Pearl
- Amel Larrieux
- Les Nubians
Les Soulquarians, le hip-hop et les producteurs
- Questlove
- The Roots
- J Dilla
- Slum Village
- Common
- Q-Tip
- A Tribe Called Quest
- Mos Def
- Talib Kweli
- Black Star
- James Poyser
- Pino Palladino
- Roy Hargrove
- Karriem Riggins
- Ali Shaheed Muhammad
- Chris Dave
Philadelphie et la deuxième vague, 2000-2010
- Jill Scott
- Musiq Soulchild
- Bilal
- Jaguar Wright
- Floetry
- Kindred the Family Soul
- Glenn Lewis
- Res
- India.Arie
- Dwele
- Anthony Hamilton
- Goapele
- Van Hunt
- Leela James
- Raheem DeVaughn
- Kem
- Ledisi
- Eric Roberson
- Cody ChesnuTT
- Lalah Hathaway
- Tweet
- Chrisette Michele
- Georgia Anne Muldrow
- Remy Shand
Royaume-Uni
- Joss Stone
- Alice Russell
- Corinne Bailey Rae
- Amy Winehouse
- Lianne La Havas
- Laura Mvula
- Jorja Smith
- Cleo Sol
- SAULT
- Tom Misch
- Yussef Dayes
- Mahalia
- Nao
- Jordan Rakei
- Joy Crookes
- Children of Zeus
La scène actuelle, depuis 2010
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la neo-soul ?
La neo-soul est un genre musical apparu aux États-Unis au milieu des années 1990, qui reprend les instruments joués, les accords enrichis et la voix de la soul des années 1970, mais les pose sur des rythmes hérités du hip-hop, volontairement décalés. Ses disques fondateurs sont ceux de D’Angelo, Maxwell, Erykah Badu et Lauryn Hill, puis le collectif des Soulquarians et la scène de Philadelphie en fixent le son autour de l’an 2000. Le style se reconnaît au piano électrique Fender Rhodes, à la basse jouée derrière le temps et à une caisse claire qui traîne.
Quelle est la différence entre la soul et la neo-soul ?
La soul naît au milieu des années 1950 du croisement du gospel et du rhythm and blues, et se joue le plus souvent entre 95 et 120 BPM, en singles courts enregistrés par un groupe maison. La neo-soul arrive quarante ans plus tard, ralentit le tempo entre 70 et 100 BPM, emprunte au jazz des accords plus riches et au hip-hop une batterie décalée, souvent non quantifiée. Dit autrement, la neo-soul est une relecture de la soul par des musiciens qui ont grandi avec les échantillonneurs et les producteurs de rap.
Quel est le tempo de la neo-soul ?
La neo-soul se joue le plus souvent entre 70 et 100 BPM, avec un cœur entre 75 et 95. Les partitions publiées donnent environ 75 BPM pour « A Long Walk » de Jill Scott, 84 pour « Brown Sugar » de D’Angelo et 92 pour « Chicken Grease », tandis que les ballades basculent en ternaire, à 6/8. Dans Logic Pro, réglez le tempo dans cette plage, puis travaillez le placement : c’est lui, plus que la vitesse, qui fait le style.
Quels sont les meilleurs artistes de neo-soul ?
Quelques noms reviennent dans la plupart des histoires de la neo-soul : D’Angelo, Erykah Badu, Maxwell et Lauryn Hill pour la première vague, Jill Scott, Musiq Soulchild et Bilal pour Philadelphie, J Dilla et Questlove pour le rythme. Pour entrer dans leur univers, trois albums suffisent : Maxwell’s Urban Hang Suite, The Miseducation of Lauryn Hill et Voodoo. Pour la scène actuelle, écoutez Hiatus Kaiyote, Anderson .Paak, Solange, Daniel Caesar, SAULT et Cleo Sol, puis parcourez la liste des 100 artistes de cette fiche.
Quels accords utilise-t-on en neo-soul ?
La neo-soul utilise surtout des accords enrichis venus du jazz : accords mineurs de neuvième et de onzième (m9, m11), accords majeurs de septième et de neuvième (maj7, maj9), accords de dominante avec treizième ou neuvième altérée. Au piano électrique, ils se jouent en position serrée et sans leur fondamentale, laissée à la basse. Les enchaînements les plus fréquents sont la boucle de deux accords mineurs, comme Am9 et Dm9, le balancement entre premier et deuxième degrés du mode dorien, la cadence ii-V-I du jazz et l’approche chromatique d’un demi-ton ; le lecteur d’harmonie de cette fiche fait entendre six grilles de ce type.
Sources
- Dan Charnas, Dilla Time: The Life and Afterlife of J Dilla, the Hip-Hop Producer Who Reinvented Rhythm, Farrar, Straus and Giroux, 2022.
- Jason King, « How the Video for “Untitled” Might Have Ruined D’Angelo’s Career », Slate, 15 février 2013.
- Sam Sanders, « 20 Years Later, How Does It Feel? », NPR, 24 janvier 2020, repris par WUSF Public Media, avec le témoignage de l’ingénieur du son Russell Elevado.
- Russell Elevado, conférence à la Red Bull Music Academy, animée par Benji B, Toronto, 2007.
- Steve O’Brien, « Popscene: Neo Soul », Classic Pop, septembre 2025.
- « New Timeless: Tracing the Evolution of Neo-Soul through 30 Songs », FACT, 10 juin 2014.
- « When Erykah Met Dilla », Red Bull Music Academy Daily, 21 février 2013.
- Partitions publiées chez Musicnotes pour cinq morceaux de D’Angelo, Lauryn Hill et Jill Scott cités dans cette fiche (tempos et mesures).
- Cour de justice de l’Union européenne, affaire C-476/17, Pelham GmbH contre Ralf Hütter et Florian Schneider-Esleben, arrêt du 29 juillet 2019, et affaire C-590/23, CG et YN contre Pelham GmbH e.a., dite Pelham II, arrêt de grande chambre du 14 avril 2026, ECLI:EU:C:2026:290.
- Code de la propriété intellectuelle, articles L122-5, L123-1, L211-3, L211-4, L335-2, L335-3 et L335-4.
- Apple, Logic Pro : Guide de l’utilisateur, édition en ligne, consulté en 2026.
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro et MainStage depuis 20 ans. Qui sommes-nous ?
