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House

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La house, ou house music, est une musique électronique de danse née à Chicago au début des années 1980, dans les clubs de la communauté noire et gay de la ville. Elle se reconnaît à une grosse caisse qui frappe les quatre temps de chaque mesure, à un charleston ouvert sur les contretemps, à un clap sur les deuxième et quatrième temps, à une basse profonde et syncopée, et le plus souvent à des accords de piano, à des voix de chanteuses venues du gospel et à des boucles empruntées au disco. Elle naît d’un vide : le 12 juillet 1979, à Chicago, une foule fait exploser des disques de disco au milieu d’un stade, et la musique de danse redescend dans les clubs. Au Warehouse, Frankie Knuckles la rallonge et la durcit avec une boîte à rythmes ; c’est de ce club que la house tient son nom. En 1984, « On & On » de Jesse Saunders ouvre la voie des disques ; Marshall Jefferson, Larry Heard, les labels Trax et DJ International suivent, et en janvier 1987 « Jack Your Body » de Steve « Silk » Hurley est numéro un au Royaume-Uni. New York en tire le garage, Paris la French touch, et la pop des années 2020, de Beyoncé à Fred again.., y revient sans cesse : genre parent de l’acid house, de la deep house, de l’afro house ou de l’EDM, la house est la langue commune des clubs depuis quarante ans.

  • PériodeDepuis le début des années 1980, avec une explosion mondiale à partir de 1987
  • FoyerChicago, puis New York, le New Jersey, le Royaume-Uni, l’Europe et l’Afrique du Sud
  • TempoGénéralement de 115 à 130 BPM ; le motif de cette fiche est à 122 BPM
  • RythmeGrosse caisse sur les quatre temps, clap sur les temps 2 et 4, charleston ouvert sur les contretemps
  • InstrumentsBoîtes à rythmes Roland TR-808 et TR-909, synthétiseurs, échantillonneurs, piano, orgue, voix

La house en bref

  • Origine : les clubs de Chicago, le Warehouse de Frankie Knuckles puis la Music Box de Ron Hardy, entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980, dans le prolongement direct du disco.
  • Son : une grosse caisse sur chaque temps, un charleston ouvert entre les temps, une basse grave et décalée, des accords de piano ou d’orgue, une voix qui chante l’amour, la danse ou la liberté, et une boucle qui tourne six ou sept minutes.
  • Trois albums : Another Side de Fingers Inc. (1988), Nuyorican Soul de Nuyorican Soul (1996), Renaissance de Beyoncé (2022).
  • En home studio : Drum Machine Designer, un ES2, un piano, un compresseur en sidechain et une voix suffisent, et Logic Pro fournit tout sans rien acheter.
  • Le point à connaître : la house a grandi en échantillonnant le disco, la soul et le gospel, souvent sans autorisation, et ses pionniers ont rarement été payés à hauteur de ce qu’ils ont inventé.

Trois albums pour entrer dans la house

  • Another SideFingers Inc., 1988

    Formé à Chicago en 1985 par le producteur Larry Heard et le chanteur Robert Owens, rejoints ensuite par Ron Wilson, Fingers Inc. ne publie qu’un seul album, chez Jack Trax en 1988. On y retrouve « Can You Feel It », enregistré par Heard avec un synthétiseur Juno-60 et une boîte à rythmes TR-909, et la voix grave d’Owens, « le charisme d’une diva de la house » selon le journaliste Kris Needs. AllMusic tient Fingers Inc. pour « le meilleur groupe des débuts de la house de Chicago », et la critique voit souvent dans ce disque la référence absolue des albums de house.

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  • Nuyorican SoulNuyorican Soul, 1996

    Derrière ce nom, qui désigne les Portoricains de New York, se cache le duo Masters at Work, « Little » Louie Vega et Kenny « Dope » Gonzalez, que Resident Advisor tient pour peut-être « le duo le plus influent de l’histoire de la house ». Imaginé en 1993 et publié en 1996, l’album mêle la house new-yorkaise à la salsa, au jazz et à la soul. Il reprend notamment « Runaway », chanté en 1977 par Loleatta Holloway avec le Salsoul Orchestra, ici par la chanteuse India : la boucle entre le disco et la house est bouclée.

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  • RenaissanceBeyoncé, 2022

    Publié le 29 juillet 2022, le septième album de Beyoncé célèbre la culture des clubs façonnée par les femmes noires et les communautés queers, et rend hommage aux pionniers noirs et homosexuels de la musique de danse, longtemps oubliés. On y croise Honey Dijon, Nile Rodgers, Grace Jones et Big Freedia. « Break My Soul » échantillonne « Show Me Love » de Robin S. L’album remporte le Grammy du meilleur album dance et électronique ; Beyoncé dit l’avoir fait parce que « les gens méritaient de danser ».

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Qu’est-ce que la house music ?

La house music est un genre de musique électronique de danse apparu à Chicago au début et au milieu des années 1980, créé par des disc-jockeys et des producteurs issus des clubs de la communauté noire et homosexuelle de la ville. Wikipédia en anglais la présente comme la première forme de ce qu’on appelle aujourd’hui l’EDM, la musique électronique de danse, et la définit par un rythme répétitif dit four-on-the-floor, « quatre au sol » : la grosse caisse frappe chacun des quatre temps de la mesure. Le tempo se situe le plus souvent entre 115 et 130 BPM, les battements par minute. La batterie vient presque toujours d’une boîte à rythmes, la basse est grave et prend souvent le pas sur la mélodie, et l’instrument de base n’est pas la guitare mais l’échantillonneur, l’appareil qui enregistre un fragment de son pour le rejouer au clavier. Un morceau de house est d’abord un outil pour disc-jockey, pensé pour s’enchaîner sans que la piste se vide.

Ce qui existait avant

Avant la house, il y a le disco. Wikipédia le dit simplement : la house « a repris là où le disco s’était arrêté » à la fin des années 1970. Elle en garde la grosse caisse sur chaque temps, le charleston ouvert, les cordes, les chanteuses et la longueur des versions pour les clubs. Elle hérite aussi des Continental Baths, des bains gays de New York où deux amis d’adolescence, Frankie Knuckles et Larry Levan, apprennent le métier de disc-jockey au début des années 1970.

Le 12 juillet 1979, le disco reçoit un coup symbolique à Chicago même. Au stade de Comiskey Park, le domaine des White Sox, l’animateur de radio rock Steve Dahl, vingt-quatre ans, organise la Disco Demolition Night : les spectateurs qui apportent un disque de disco entrent pour moins d’un dollar, et une caisse remplie de disques explose au milieu du terrain entre les deux matchs. Environ 50 000 personnes sont venues ; quelque 7 000 envahissent la pelouse, allument des feux, et les White Sox doivent déclarer forfait pour le second match. Placier ce soir-là, l’adolescent noir Vince Lawrence remarque que beaucoup de disques apportés sont simplement des disques d’artistes noirs, pas de disco ; on brise un vinyle devant lui, « comme pour me dire que j’étais disco par nature ». La soirée est aujourd’hui lue comme une attaque contre les publics noirs, latinos et gays du disco. Le genre quitte les radios, mais pas les clubs de Chicago. Et cinq ans plus tard, Vince Lawrence coécrit l’un des premiers disques de house.

L’électronique européenne compte aussi : « Kraftwerk a été l’un des principaux éléments de la création de la house à Chicago », a dit Frankie Knuckles. Et à partir de 1981, la radio WBMX diffuse les mixes de son équipe, le Hot Mix 5, où figure Farley « Jackmaster » Funk.

La naissance du genre

En 1977, un club ouvre au 206 South Jefferson Street, à Chicago : le Warehouse, « l’entrepôt ». Son directeur, Robert Williams, en confie la musique à Frankie Knuckles, né dans le Bronx le 18 janvier 1955 et arrivé de New York. Le club reçoit environ cinq cents personnes, surtout des hommes noirs et latinos homosexuels, du samedi minuit au dimanche midi. Knuckles y joue du rhythm and blues et du disco, qu’il mêle à l’électronique européenne, et il commence à retravailler les disques sur un magnétophone à bandes : il rallonge les passages instrumentaux, répète les ponts, et ajoute par-dessus une boîte à rythmes. Wikipédia résume ce qui se joue là : la grosse caisse « quatre au sol », martelée sur chaque temps, allait devenir la marque de la house.

Fin 1982, quand le prix d’entrée double, Knuckles quitte le Warehouse et ouvre son propre club, le Power Plant. Robert Williams ouvre un nouveau lieu, bientôt rebaptisé la Music Box, et y installe un autre disc-jockey, Ron Hardy, né le 8 mai 1958. Hardy est l’opposé de Knuckles : il joue plus vite, plus fort, triture l’égaliseur, et les producteurs de la ville lui apportent leurs cassettes avant même de presser un disque. « Je trouvais la musique de danse un peu molle, a raconté Marshall Jefferson, jusqu’à ce que je l’entende au volume de la Music Box. »

Les disques arrivent au début de 1984. On a volé à Jesse Saunders, disc-jockey de vingt et un ans, le disque qui faisait sa signature, un mégamix pirate de disco intitulé « On & On » qui collait la basse de « Space Invaders », un titre de Player One de 1979, et des bouts de « Funkytown ». Pour le remplacer, il en fabrique une nouvelle version avec Vince Lawrence, sur une boîte à rythmes Roland TR-808, un synthétiseur Korg Poly-61 et une basse Roland TB-303, et la publie sur leur label, Jes Say. « On & On » passe pour l’un des premiers disques de house commercialisés. Suivent « Music Is the Key » de J.M. Silk et « It’s House » de Chip E. en 1985, puis, en 1986, « Move Your Body » de Marshall Jefferson et « Can You Feel It » de Larry Heard sous le nom de Mr. Fingers.

Deux labels font sortir ces disques de la ville. Trax Records naît en 1983, quand Larry Sherman, ancien collectionneur de juke-box, rachète une usine de pressage ; DJ International est fondé à Chicago en 1985 par Rocky Jones. Leurs vinyles, pressés vite et parfois sur de la matière recyclée, font connaître la house bien au-delà de Chicago. En septembre 1986, « Love Can’t Turn Around » de Farley « Jackmaster » Funk, chanté par Darryl Pandy, entre dans le top 10 britannique ; en janvier 1987, « Jack Your Body » de Steve « Silk » Hurley devient le premier disque de house numéro un au Royaume-Uni, deux semaines durant. The Guardian y voyait en 2020 « peut-être le numéro un le plus minimal de tous les temps ».

D’où vient le mot « house »

« House » veut dire « maison », et le mot vient du Warehouse. Plusieurs récits coexistent, et aucun n’exclut l’autre. Selon Chip E., le disquaire Importes Etc. rangeait les disques joués au club dans un bac « As Heard at the Warehouse », « tel qu’entendu au Warehouse », vite abrégé en « House ». Les affiches de Robert Williams annonçaient déjà des soirées « house ». Larry Heard pense plutôt aux producteurs qui faisaient de la musique chez eux, à la maison, avec une boîte à rythmes et un synthétiseur ; Juan Atkins, l’un des inventeurs de la techno à Detroit, aux disques « maison » associés à un club ou à un disc-jockey. Pour Frankie Knuckles, le mot a d’abord désigné une attitude, celle d’un lieu fermé et souterrain, avant de devenir un genre. En France, on dit « la house » ou « la house music », au féminin.

Une mutation plutôt qu’une fin

La house n’a jamais disparu ; elle s’est divisée. À New York et dans le New Jersey, autour du Paradise Garage de Larry Levan et du Club Zanzibar de Newark, elle devient le garage, plus chanté et plus gospel. En 1987, à Chicago, la basse sifflante d’« Acid Tracks » de Phuture lance l’acid house, et le Royaume-Uni vit en 1988 et 1989 son « second été de l’amour », celui des raves. En 1990, « Vogue » de Madonna fait de la house un numéro un mondial. Les années 1990 voient naître la French touch à Paris, le UK garage à Londres et la tech house, à mi-chemin de la techno ; les années 2000 l’electro house ; les années 2010 l’EDM des stades et l’afro house d’Afrique du Sud. En 2022, Beyoncé consacre Renaissance aux pionniers noirs et queers de la house.

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La house en sept dates

  1. 1977Le WarehouseLe club ouvre au 206 South Jefferson Street, à Chicago, avec Frankie Knuckles aux platines ; il y reste jusqu’en novembre 1982.
  2. 1979La démolition du discoLe 12 juillet, à Comiskey Park, une caisse de disques de disco explose devant environ 50 000 personnes ; le genre quitte les radios et se replie dans les clubs.
  3. 1984Le premier disqueJesse Saunders et Vince Lawrence publient « On & On » sur leur label Jes Say, l’un des premiers disques de house commercialisés.
  4. 1986L’hymneTrax publie en juin « Move Your Body » de Marshall Jefferson, sous-titré « The House Music Anthem » ; Larry Heard sort la même année « Can You Feel It ».
  5. 1987Numéro un à LondresEn janvier, « Jack Your Body » de Steve « Silk » Hurley est le premier disque de house numéro un au Royaume-Uni.
  6. 1990La house devient pop« Vogue » de Madonna, coproduit par Shep Pettibone, est numéro un aux États-Unis et quatre semaines au Royaume-Uni.
  7. 2022RenaissanceLe 29 juillet, Beyoncé publie Renaissance, hommage aux pionniers noirs et queers de la musique de club, qui remporte le Grammy du meilleur album dance et électronique.

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Le morceau pour comprendre

Il s’agit de « Show Me Love », de Robin S. La chanson, écrite et produite par Allen George et Fred McFarlane, sort une première fois le 13 octobre 1990 sur le label britannique Champion, sans grand écho. En 1992, le remixeur StoneBridge la reprend : il garde la voix, change tout le reste, et remplace la basse prévue par le son suivant de la liste des préréglages de son synthétiseur Korg M1, un son d’orgue. Ressortie au Royaume-Uni le 4 janvier 1993, la nouvelle version monte à la sixième place des ventes britanniques en avril, puis à la cinquième du Billboard Hot 100 américain le 12 juin 1993, et à la première du classement des clubs. En 2025, Billboard la classe quatrième des cinquante meilleurs titres de house de l’histoire.

C’est un tube, plus court qu’un titre de club, mais il contient presque tout le vocabulaire de la house. Écoutez d’abord la grosse caisse : elle frappe chaque temps, sans exception, et tout le reste s’organise autour d’elle. Écoutez ensuite l’orgue : un riff de basse court et percussif, joué dans le grave, qui ne tombe presque jamais sur le temps et qui répond à la grosse caisse comme une deuxième batterie. Écoutez enfin la voix : une chanteuse formée à l’église, qui monte, insiste et répète les mêmes mots, à la manière d’une diva de gospel. Le morceau tient avec trois éléments, et c’est ce dépouillement qui l’a rendu si facile à reprendre : Beyoncé l’échantillonne encore en 2022 dans « Break My Soul ».

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Les caractéristiques musicales

Le rythme

Tout part de la grosse caisse. Dans la house, elle frappe les quatre temps de chaque mesure, du premier au dernier, ce qu’on appelle en anglais le four-on-the-floor. Sur les deuxième et quatrième temps, un claquement de mains électronique, le clap, ou une caisse claire vient doubler la frappe. Entre les temps, sur chaque contretemps, un charleston ouvert, cette cymbale double qui sonne longtemps quand ses deux plateaux sont écartés, donne au rythme son élan. Wikipédia le précise : la batterie vient presque toujours d’une boîte à rythmes électronique, le plus souvent une Roland TR-808, une TR-909 ou une TR-707. Le tempo, généralement compris entre 115 et 130 BPM, varie selon les époques et les scènes, plus retenu dans la deep house, plus rapide sur les grandes scènes.

Ce qui empêche ce rythme de devenir mécanique, c’est le balancement. Beaucoup de producteurs de house retardent très légèrement les doubles-croches paires, celles qui tombent entre les croches, avec la fonction de shuffle de leur machine : le charleston fermé et les percussions semblent alors rebondir. La basse et les accords, eux, évitent le temps et se logent dans les trous que laisse la grosse caisse.

Voici un motif de house classique, sur une mesure de quatre temps, notée 4/4, découpée en seize doubles-croches, à 122 BPM. Chaque case est un pas, numéroté de 1 à 16 ; les temps tombent sur les pas 1, 5, 9 et 13. La grosse caisse frappe ces quatre pas, un peu plus fort sur le premier et le troisième temps. Le clap tombe sur les pas 5 et 13, les deuxième et quatrième temps. Le charleston ouvert répond sur les contretemps, aux pas 3, 7, 11 et 15. Le charleston fermé remplit les autres doubles-croches, très doucement, un peu plus marqué sur les temps. Une percussion, comme une conga électronique, glisse deux notes décalées, aux pas 8 et 11. Les cases en pointillés signalent la variante. C’est une synthèse, pas la transcription d’un morceau précis.

12345678910111213141516
Grosse caisse
Clap
Charleston ouvert
Charleston fermé
Conga
FrappeVarianteChaque ligne est un instrument, chaque colonne un instant, la lecture va de gauche à droite sur une mesure. Les pas 1, 5, 9 et 13 sont les temps ; la grosse caisse les frappe tous, le clap tombe sur les pas 5 et 13, le charleston ouvert entre les temps, aux pas 3, 7, 11 et 15, le charleston fermé sur toutes les autres doubles-croches et la conga sur les pas 8 et 11. La variante ajoute une conga au pas 14 et un clap fantôme au pas 16.

Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon. Jeu droit ; le balancement des charlestons et le pompage de la compression ne sont pas reproduits.

Écoutez le motif seul, puis cochez la variante : une conga de plus au pas 14 et un clap très léger au pas 16, une note fantôme, suffisent à relancer la mesure suivante. Le lecteur joue droit, chaque double-croche exactement à sa place. Dans Logic Pro, un réglage Q-Swing entre 54 et 58 % sur les charlestons fermés et la conga, à peine au-dessus des 50 % du jeu droit, retarde les doubles-croches paires et donne ce rebond que la house tient des boîtes à rythmes et des échantillonneurs de la fin des années 1980.

L’harmonie

L’harmonie de la house est courte et circulaire. Un morceau tourne souvent sur deux, trois ou quatre accords répétés pendant six minutes, parce que la danse demande une boucle qui puisse durer sans lasser. Elle vient de trois sources. La première est le gospel, chanté dans les églises noires américaines, qui donne à la house ses accords de piano plaqués, ses accords de passage et ses accords posés sur une basse inattendue, comme un fa sur une basse de sol. La deuxième est le disco et la soul, avec leurs accords de septième, plus doux que les accords simples. La troisième est le jazz, qui a fourni à la deep house ses accords de neuvième. Un accord de septième ou de neuvième ajoute à l’accord de base une ou deux notes supplémentaires, empilées de tierce en tierce : il sonne plus riche, moins définitif, et se prête à la boucle. Le mineur est fréquent dans la house de club, le majeur dans la house vocale la plus pop.

Dans les chiffres romains ci-dessous, chaque chiffre désigne un accord par sa place dans la gamme, en minuscules quand il est mineur, en majuscules quand il est majeur ; une barre oblique, comme dans « IV/V », indique un accord joué sur une autre note de basse, et le signe ° un accord diminué. Les noms d’accords sont notés à l’anglaise : A vaut la, B si, C do, D ré, E mi, F fa, G sol ; « m » signifie mineur, « 7 » une septième, « maj7 » une septième majeure, « 9 » une neuvième, « dim7 » un accord de septième diminuée, et « F/G » un accord de fa joué sur une basse de sol. Les grilles sont en la mineur ou en do majeur, sur quatre mesures, un accord par mesure. Écoutez-les à 122 BPM, puis ajoutez la batterie du motif.

Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en la mineur ou en do majeur, une boucle de quatre mesures.

L’instrumentation

La house est née avec peu de moyens : une boîte à rythmes, un synthétiseur, parfois un échantillonneur, et un magnétophone. Marshall Jefferson raconte avoir acheté son matériel, pour environ 9 000 dollars, à crédit grâce à son emploi à la poste.

  • La Roland TR-808, produite de 1980 à 1983 à environ 12 000 exemplaires, dont tous les sons sont synthétisés : une grosse caisse ronde et longue, faite d’une onde sinusoïdale filtrée, un clap et une cloche reconnaissables. Jesse Saunders l’utilise sur « On & On ».
  • La Roland TR-909, sortie en 1983 et conçue par Tadao Kikumoto, un appareil hybride : ses cymbales et ses charlestons sont des échantillons enregistrés en 6 bits, le reste est analogique. Elle se vend mal, Roland n’en fabrique qu’environ 10 000 et l’arrête au bout d’un an, et ce sont des machines d’occasion que Frankie Knuckles, Derrick May ou Jeff Mills achètent ensuite. « Tous les producteurs de Chicago » l’ont utilisée, selon DJ Sneak. Larry Heard enregistre « Can You Feel It » avec elle et un synthétiseur Roland Juno-60.
  • Le piano, d’abord acoustique ou électrique, puis celui des synthétiseurs numériques. Rolling Stone voit dans « Move Your Body » le premier usage du piano sur un disque de house.
  • Le Korg M1, un synthétiseur numérique à échantillons sorti en 1988 et vendu à environ 250 000 exemplaires, sans doute le synthétiseur le plus vendu de l’histoire : ses préréglages de piano et d’orgue s’entendent sur « Vogue » de Madonna et sur « Show Me Love » de Robin S.
  • L’échantillonneur, qui permet de prélever une boucle de disco, un cri de chanteuse ou un accord de cordes et de le rejouer au clavier : dans la house, il remplace souvent les musiciens de studio.
  • Les synthétiseurs analogiques pour les nappes et les basses, et la Roland TB-303, dont le filtre détourné a donné l’acid house.

La voix et la forme

La voix de la house a trois visages. Le premier est la chanteuse, souvent formée au gospel, qui porte un refrain court et le répète en l’ornant : c’est la « diva », que la diva house de la fin des années 1980 met au centre. Le deuxième est l’homme qui parle ou qui scande sur le rythme, du « jack your body » de Steve « Silk » Hurley aux sermons sur la house elle-même. Le troisième est l’échantillon : un mot, un cri ou une phrase tirés d’un disque de disco ou de soul, coupés et répétés.

La forme est celle d’un outil de disc-jockey. Wikipédia décrit des sections répétées de huit mesures, et un morceau qui se construit en ajoutant des couches une à une, puis en les retirant. Les maxis pour les clubs, ces disques de 30 centimètres qui ne portent qu’un ou deux titres par face, durent sept ou huit minutes, avec une introduction et une fin réduites à la batterie pour être mixées ; la version pour la radio, elle, tient en trois minutes et demie. Entre les deux, un break, un passage où la grosse caisse s’arrête, relance la piste quand elle revient.

Exercice d’écoute

Écoutez « On & On » de Jesse Saunders, puis « Move Your Body » de Marshall Jefferson, puis « Show Me Love » de Robin S., et répondez avant de lire la suite.

  • Question 1 : la ligne de basse de « On & On » a-t-elle été inventée pour ce disque ?
  • Question 2 : les claviers de « Move Your Body » ont-ils été joués au tempo que vous entendez ?
  • Question 3 : l’orgue grave de « Show Me Love » est-il joué sur un orgue ?

Les réponses, à ne lire qu’après.

  • Réponse 1 : non. Jesse Saunders a refait, pour remplacer un disque qu’on lui avait volé, un mégamix pirate qui reprenait la basse de « Space Invaders », un titre de Player One de 1979. Ce que vous apprenez : la house est née de disc-jockeys qui recomposaient les disques des autres, et l’emprunt fait partie de son code génétique, avec les questions de droits qui vont avec.
  • Réponse 2 : non. Marshall Jefferson les a enregistrés à 40 ou 45 BPM environ, puis accélérés ; il a appris à allonger les notes pour que la version accélérée ne sonne pas mécanique. Ce que vous apprenez : un séquenceur permet de jouer lentement ce que l’on ne sait pas jouer vite, et l’important est ce qui sort des enceintes, pas la virtuosité.
  • Réponse 3 : non. C’est un préréglage d’orgue du synthétiseur Korg M1, « Organ 2 » selon MusicRadar, que le remixeur StoneBridge a choisi à la place du son de basse prévu. Ce que vous apprenez : un son d’usine bien placé, joué dans un registre inattendu, peut définir tout un style ; le motif de cette fiche laisse justement la place à ce genre de basse entre les frappes de grosse caisse.

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House, disco et techno : ce qui les sépare

La house est au centre d’une famille où tout le monde se ressemble un peu : la grosse caisse sur chaque temps est partagée par le disco, la techno, la trance et l’EDM. Quelques repères permettent pourtant de s’y retrouver.

House et disco : quelle différence ?

Le disco est une musique d’orchestre : batterie jouée par un batteur, basse électrique, cordes, cuivres, chœurs, enregistrés en studio par des musiciens. La house garde son rythme et son humeur, mais remplace presque tout par des machines : la boîte à rythmes pour le batteur, le synthétiseur ou l’échantillonneur pour l’orchestre. Le disco est écrit comme une chanson ; la house est construite comme une boucle, avec des couches qui entrent et sortent. Les deux se rejoignent souvent : une grande partie de la house, de Chicago à la French touch, est faite de disco échantillonné et rejoué en boucle.

House et techno

La techno naît au même moment, à Detroit, à quelques heures de route de Chicago, avec les mêmes machines : les producteurs des deux villes achètent les mêmes TR-909 d’occasion. La différence tient à l’héritage. La house vient du disco, de la soul et du gospel : elle garde une voix, des accords, une chaleur et une idée de communauté. La techno vient davantage de l’électronique européenne : elle préfère le timbre, la répétition et la machine qui s’assume. La tech house, comme son nom l’indique, est le terrain où les deux se mélangent.

House et EDM

« EDM », electronic dance music, désigne au sens large toute la musique électronique de danse, dont la house est la première forme. Au sens étroit, celui de l’industrie américaine des années 2010, le mot désigne une musique de stades et de festivals, issue de la house progressive et de l’electro house, avec de longues montées, des pauses spectaculaires et des mélodies de synthétiseur très aiguës : Swedish House Mafia, Avicii ou David Guetta. La fiche EDM raconte cette branche ; la house de club, elle, préfère la continuité à l’explosion.

House, garage et UK garage

Le mot « garage » désigne deux choses. Aux États-Unis, c’est la house de New York et du New Jersey, née au Paradise Garage de Larry Levan et au Club Zanzibar de Newark : plus chantée, plus gospel, plus proche du disco que la house de Chicago, avec des pianos et des voix de femmes. Au Royaume-Uni, c’est une descendance de cette house américaine, apparue dans les années 1990, accélérée, découpée et rebondissante, qui a donné le speed garage puis le 2-step. La fiche UK garage en détaille l’histoire ; ici, retenez que le garage américain est de la house, et que le UK garage en est un descendant britannique.

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Sous-genres et scènes

  • Chicago houseChicago, depuis le début des années 1980La house des origines, celle du Warehouse, de la Music Box et des labels Trax et DJ International.
  • Acid houseChicago, 1987, puis le Royaume-UniLa basse sifflante de la Roland TB-303, dont on tourne le filtre en direct ; « Acid Tracks » de Phuture en est le premier disque, et les raves britanniques de 1988 son public.Lire la fiche Acid house
  • Deep houseChicago, depuis 1985-1986La house douce et jazzée de Larry Heard, aux accords de neuvième et aux tempos retenus, prolongée dans le monde entier.Lire la fiche Deep house
  • Garage houseNew York et New Jersey, années 1980La house gospel du Paradise Garage et du Club Zanzibar, au piano et aux voix de femmes, de Larry Levan à Tony Humphries et Masters at Work.
  • Diva house et house vocaleDepuis la fin des années 1980Des refrains portés par une grande voix, nés dans les clubs gays, de Robin S. à Crystal Waters.
  • Ballroom houseNew York, fin des années 1980La house des bals de la communauté noire, gay et transgenre, où l’on danse le vogue ; « The Ha Dance » de Masters at Work, en 1991, en est un classique.
  • Hip house et ghetto houseChicago, fin des années 1980 et années 1990Le rap posé sur un rythme de house chez Fast Eddie, puis la house brute et crue du label Dance Mania, que Wikipédia appelle « la Motown de la ghetto house ».Lire la fiche Hip-hop
  • French touchParis, fin des années 1990La house filtrée de Daft Punk, Cassius ou Stardust, faite de disco et de funk échantillonnés et passés dans un filtre.Lire la fiche French touch
  • UK garageLondres, années 1990La descendance britannique du garage new-yorkais, accélérée et découpée, d’où sortent le speed garage et le 2-step.Lire la fiche UK garage
  • Tech houseDepuis les années 1990La house épurée et la techno réunies, généralement entre 120 et 130 BPM, avec une basse souvent saturée et décalée.Lire la fiche Tech house
  • Progressive house, electro house et EDMDes années 1990 aux années 2010Les montées longues de la house progressive, les synthétiseurs agressifs de l’electro house, puis la house des stades de Swedish House Mafia et d’Avicii.Lire la fiche EDM
  • Afro house et amapianoAfrique du Sud, puis le monde entierLa house sud-africaine, mêlée de kwaito, de house tribale et de deep house, de Black Coffee à l’amapiano, reconnu comme genre par Beatport en 2022.Lire la fiche Afro house

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La démarche artistique

La house est d’abord une musique de disc-jockey. Ses inventeurs ne sont pas des groupes qui jouent sur scène, mais des gens qui passent des disques et qui, faute de trouver ceux dont ils ont besoin, se mettent à les fabriquer. Frankie Knuckles rallonge les morceaux sur bande pour garder la piste pleine ; Jesse Saunders refait un disque qu’on lui a volé ; Ron Hardy joue six fois de suite la cassette de « Move Your Body » pour une salle qui en redemande. Le juge de paix est la piste de danse, pas le casque.

C’est ensuite une musique de communauté. Le Warehouse et le Paradise Garage étaient des refuges pour des publics noirs, latinos et homosexuels, qui y trouvaient ce que la rue leur refusait. Au Paradise Garage, on n’entrait que comme membre ou invité, sans alcool, et l’on dansait jusqu’à dix heures du matin ; les fidèles de Larry Levan appelaient ses soirées la « messe du samedi ». D’où les paroles de la house : l’amour, l’unité, la liberté, la danse comme une libération. Beyoncé l’a rappelé en 2022 en rendant hommage à ces pionniers avec Renaissance, un album inspiré en partie par son oncle Johnny, homosexuel, mort pendant l’épidémie de sida.

C’est aussi une musique de la débrouille et du recyclage. Les premiers producteurs n’avaient ni studio ni musiciens : une boîte à rythmes, un synthétiseur d’occasion et un magnétophone à cassettes suffisaient. Larry Heard dit avoir enregistré « Can You Feel It » avec deux platines à cassettes, « en une prise, un passage, sur une seule bande ». Le reste venait des disques des autres : une basse de disco, un cri de soul, un piano de gospel. Cette liberté a fait la richesse du genre et ses procès.

C’est enfin une musique de la répétition assumée. Un morceau de house peut tenir sur deux accords et une phrase chantée, à condition que chaque répétition apporte un détail : un charleston qui entre, un filtre qui s’ouvre, une voix qui revient.

Sur scène, la house pose un problème particulier : c’est une musique conçue en studio pour être enchaînée par un disc-jockey, et la jouer en direct demande de choisir ce qui sera vraiment joué. Beaucoup d’artistes répondent par le set de disc-jockey, d’autres par un live où les boucles tournent pendant qu’ils jouent les accords et les basses. C’est ce que permet MainStage : on empile dans un même patch, le nom que MainStage donne à la configuration d’un morceau, plusieurs instruments répartis par plages de touches, la basse dans le grave et le piano dans le médium, et on passe d’un morceau à l’autre sans couper le son. Pour ce genre, gardez la batterie et les boucles synchronisées sur un tempo commun, et réglez le passage d’un patch à l’autre pour que la grosse caisse ne s’arrête jamais : dans un club, un silence d’une mesure se paie. Les accords de piano, l’orgue et les basses se jouent alors à la main, et les parties impossibles à jouer, la batterie ou une voix échantillonnée, peuvent tourner à côté. Attention toutefois : MainStage ne dispose ni de Drummer, ni des Session Players, ni de Flex, ni de l’assistant de mastérisation, ni du séparateur de pistes. La préparation du spectacle se fait dans Logic Pro, et MainStage sert à le jouer.

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La house aujourd’hui

En 2022, deux des plus grandes vedettes de la pop américaine se tournent vers la house la même année : Drake avec Honestly, Nevermind, qui puise dans la house, le Jersey club et la ballroom, et Beyoncé avec Renaissance. Son premier extrait, « Break My Soul », échantillonne « Show Me Love » de Robin S. et le morceau de bounce « Explode » de Big Freedia ; il devient son huitième numéro un en solo aux États-Unis et le premier titre à occuper en même temps la tête de quatre classements de Billboard. Crystal Waters, l’une des voix qui ont fait entrer la house dans la pop au début des années 1990, s’est dite « extatique » en l’entendant.

Au Royaume-Uni, deux frères du Surrey, Guy et Howard Lawrence, nés en 1991 et 1994, ont ramené la house en tête des classements britanniques sous le nom de Disclosure. Leur premier album, Settle, publié le 3 juin 2013, entre directement à la première place des ventes britanniques ; eux-mêmes décrivent leurs débuts comme « de la house électronique avec une structure de pop ». Fred again.., de son vrai nom Fred Gibson, né à Londres en 1993, est passé de la production pour Ed Sheeran et Stormzy à sa propre série d’albums, Actual Life, lancée en 2021 ; son passage chez Boiler Room en juillet 2022 est l’un des plus regardés de la chaîne, et Actual Life 3 remporte en 2024 le Grammy du meilleur album dance et électronique.

La house d’Afrique du Sud s’est imposée bien au-delà du pays, de l’afro house de Black Coffee à l’amapiano, que la boutique en ligne Beatport a ajouté à ses genres en 2022. Et Chicago honore enfin ses fondateurs : le tronçon de Jefferson Street où se trouvait le Warehouse s’appelle Frankie Knuckles Way depuis 2004, le bâtiment est classé depuis le 21 juin 2023, et en 2025 Billboard place « Move Your Body » de Marshall Jefferson en tête de son classement des cinquante meilleurs titres de house. Jefferson, lui, résume : « Ils le passent encore, et chaque fois les mains sont en l’air. »

Faire de la house en 2026 sans refaire les années 1990

  • Écoutez les disques de Chicago et de New York avant les compilations récentes : c’est là que se trouvent les idées, pas dans les banques de sons qui les imitent.
  • Fabriquez au moins un son à vous, une voix enregistrée, un piano joué, un accord rééchantillonné, plutôt que le préréglage d’orgue que des milliers de titres utilisent déjà.
  • Gardez la grosse caisse sur les quatre temps, mais faites vivre le reste : un charleston qui balance, une basse qui évite le temps, une percussion qui change toutes les huit mesures.
  • Écrivez une vraie phrase chantée, courte et répétable : c’est elle qui distingue un tube de house d’une boucle de plus.
  • N’échantillonnez rien sans avoir réglé les droits : la partie « Labels, droits et échantillons » explique pourquoi les plus grands succès de la house ont aussi été ses plus grands procès.

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Douze artistes pour commencer

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Faire de la house dans Logic Pro

Cette partie suppose que vous savez créer un projet, ajouter une piste d’instrument logiciel et une piste audio, enregistrer une région et éditer des notes dans l’éditeur clavier de Logic Pro. Si ce n’est pas encore le cas, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro, puis revenez ici. Pour les accords, voyez le cours Bien démarrer au piano et en harmonie. Tout ce qui suit s’appuie sur les instruments et les effets fournis avec Logic Pro, les kits de Drum Machine Designer demandant seulement de télécharger les sons additionnels. Studio Piano, un piano virtuel, et ChromaGlow, un effet de saturation, sont apparus avec Logic Pro 11, et ChromaGlow exige un Mac équipé d’une puce Apple silicon.

Prenez les étapes dans l’ordre : on part ici de la batterie et de la basse, parce que dans ce genre c’est le couple grosse caisse et basse qui décide de tout le reste. Pour une première séance d’une heure, arrêtez-vous à la fin de l’étape « La basse syncopée » : une batterie qui balance et une basse qui l’évite valent mieux qu’un projet de quarante pistes.

Le tempo, la grille et le balancement

  • Réglez le tempo du projet sur 122 BPM pour retrouver le motif du lecteur ; descendez vers 118 pour une house plus profonde, montez vers 126 pour une house de club plus nerveuse.
  • Laissez la signature en 4/4 et activez le mode cycle sur quatre mesures, de la mesure 1 au début de la mesure 5.
  • Choisissez la double-croche comme valeur de quantification dans l’inspecteur de région.
  • Pour le balancement, une fois la batterie convertie en région MIDI, réglez son Q-Swing entre 54 et 58 % : 50 % correspond à un jeu droit, et Q-Swing ne déplace que les doubles-croches de rang pair, donc les charlestons fermés des pas pairs et la conga du pas 8.
  • La grosse caisse, le clap et le charleston ouvert, posés sur des pas impairs, restent ainsi exactement à leur place.

La batterie

  • Créez une piste Drum Machine Designer, puis ouvrez la bibliothèque et choisissez dans les kits électroniques un kit au son de boîte à rythmes des années 1980, proche d’une TR-909 ou d’une TR-808 ; les noms des kits varient selon les versions de Logic Pro.
  • Retenez que Drum Machine Designer joue par défaut ses seize pads sur les notes 36 à 51 : la grosse caisse est en général sur la note 36, le do 1 dans la notation de Logic.
  • Créez sur cette piste une région de motif, le type de région qu’édite le Step Sequencer, l’éditeur pas à pas de Logic Pro, et vérifiez qu’elle compte seize pas en doubles-croches.
  • Allumez la grosse caisse sur les pas 1, 5, 9 et 13, le clap sur les pas 5 et 13, le charleston ouvert sur les pas 3, 7, 11 et 15.
  • Ajoutez le charleston fermé sur les pas 1, 2, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 12, 13, 14 et 16, et la conga sur les pas 8 et 11.
  • En mode Velocity/Value, donnez à la grosse caisse une vélocité de 127 sur les pas 1 et 9 et de 115 sur les pas 5 et 13, au clap 105, au charleston ouvert 75, et au charleston fermé 40 sur les temps et 30 entre eux.
  • Bouclez la région sur quatre mesures, puis, pour la variante, convertissez le motif en région MIDI et ajoutez, sur la quatrième mesure seulement, une conga au pas 14 et un clap très doux, vélocité 45, au pas 16.
  • Raccourcissez le charleston ouvert avec le réglage de déclin de son pad : il doit s’éteindre avant le temps suivant, sinon il couvre la grosse caisse.

La basse syncopée

  • Chargez ES2 sur une piste d’instrument logiciel et, pour une basse synthétique de Chicago, réglez l’oscillateur 1 en dents de scie, coupez les oscillateurs 2 et 3, et fermez le filtre passe-bas au premier tiers de sa course.
  • Réglez l’enveloppe du filtre et du volume courte : attaque à zéro, déclin d’environ 150 millisecondes, entretien bas, relâchement court. La fiche ADSR explique ces réglages.
  • Placez les notes entre les frappes de grosse caisse : sur les contretemps, pas 3, 7, 11 et 15, et sur quelques doubles-croches décalées, comme les pas 8 et 14.
  • Restez sur la fondamentale de l’accord la plupart du temps, avec un saut d’octave par mesure : dans la house, la basse groove plus qu’elle ne chante.
  • Pour l’orgue grave de « Show Me Love », créez une seconde piste ES2 : oscillateur 1 en onde triangle, oscillateur 2 en onde carrée transposé de 19 demi-tons, une quinte et une octave au-dessus, comme le décrit MusicRadar.
  • Sur cette piste, choisissez le Filtre 2 en passe-bas 24 dB, fréquence de coupure vers 2,5 kHz sans résonance, et une enveloppe très courte qui accentue l’attaque.
  • Réglez l’oscillateur 3 sur le bruit, à niveau bas, pour le claquement de l’attaque, et jouez le riff entre le do 1 et le do 2.

Les accords de piano et d’orgue

  • Chargez Studio Piano, ou Vintage Electric Piano pour un son plus rond, sur une nouvelle piste.
  • Jouez la grille « Les accords gospel » en accords plaqués, un par mesure, puis raccourcissez chaque accord à une double-croche et répétez-le sur les contretemps : c’est le stab, l’accord frappé et coupé net.
  • Pour le son brillant et percussif des pianos de synthétiseurs numériques de 1990, insérez un Channel EQ, montez les aigus vers 5 kHz et coupez sous 150 Hz.
  • Ajoutez un Compressor à attaque rapide pour que chaque accord claque de la même façon.
  • Pour l’orgue d’église, chargez Vintage B3 et jouez des accords tenus ou des notes répétées à la main droite, sous la voix.
  • Si vous ne jouez pas du clavier, insérez le MIDI FX Chord Trigger, qui déclenche un accord entier à partir d’une seule touche.

La voix et les échantillons

  • Enregistrez une phrase courte, chantée par vous ou par une chanteuse qui vous a donné son accord, ou importez une voix d’une banque libre de redevances.
  • Ouvrez Quick Sampler et passez en mode Slice : c’est le mode qui découpe l’échantillon en tranches jouables séparément.
  • Rejouez les tranches au clavier pour fabriquer une phrase répétée, un « oh » sur le contretemps, un mot qui revient toutes les deux mesures.
  • Pour caler une voix enregistrée à un autre tempo, activez Flex Time sur la piste audio, puis Flex & Follow dans l’inspecteur de région pour qu’elle suive le tempo du projet.
  • Insérez un DeEsser 2 pour atténuer les sifflantes, puis un Compressor, et coupez sous 120 Hz avec un Channel EQ.

Le sidechain, le filtre et l’espace

  • Insérez un Compressor sur la basse et choisissez la piste de grosse caisse dans le menu Side Chain de l’en-tête du plug-in : la basse baisse à chaque frappe et lui laisse la place. La fiche sidechain explique le principe.
  • Réglez-le sur un rapport de 4 pour 1, une attaque d’une milliseconde, un relâchement de 100 à 150 millisecondes et 3 à 5 dB de réduction.
  • Appliquez le même réglage, plus léger, aux accords : c’est le pompage, cette respiration au rythme de la grosse caisse.
  • Pour une montée, insérez un AutoFilter sur le bus des accords et automatisez sa fréquence de coupure sur huit ou seize mesures, du sourd vers le clair.
  • Créez un auxiliaire avec ChromaVerb réglé sur une pièce moyenne, une durée d’une à deux secondes et un pré-délai de 20 millisecondes, et n’y envoyez que le clap, les accords et la voix.
  • Laissez la grosse caisse et la basse sèches, sans réverbération : c’est à cette condition que le grave reste net sur un système de club.
  • Créez un second auxiliaire avec Stereo Delay synchronisé sur la croche pointée pour la voix, ou Tape Delay pour un écho plus chaud.

L’arrangement, le mixage et le master

  • Construisez le morceau par blocs de huit mesures : seize mesures de batterie seule, puis la basse, les accords et la voix, un break sans grosse caisse vers le milieu, et seize mesures de batterie seule pour finir.
  • Insérez un Channel EQ sur toutes les pistes sauf la grosse caisse et la basse, et coupez sous 120 Hz.
  • Insérez un Direction Mixer sur la sortie générale, activez Split, réglez Crossover sur 120 Hz et ramenez Spread Low à zéro : le grave reste au centre, comme sur les systèmes de club câblés en mono.
  • Mesurez le volume avec Loudness Meter : une version pour le club se situe couramment entre moins 9 et moins 6 LUFS intégrés, l’unité du volume perçu, et les plateformes normalisent de toute façon la lecture autour de moins 14 LUFS.
  • Gardez le pic réel sous moins 1 dBTP, le décibel true peak : dans Adaptive Limiter, cochez True Peak Detection et réglez Out Ceiling sur moins 1 dB. Les fiches mixage et mastering détaillent la marche à suivre.

Tout ce qui précède décrit la pratique actuelle. Les pionniers n’avaient ni Drum Machine Designer ni compresseur en sidechain : Jesse Saunders travaillait sur une TR-808 et un Korg Poly-61, Marshall Jefferson sur un séquenceur acheté à crédit, Larry Heard sur deux platines à cassettes, et Frankie Knuckles retravaillait ses disques sur un magnétophone à bandes.

Ce qu’un praticien fait vraiment

L’ordre des étapes ci-dessus est pédagogique. En pratique, un producteur de house part presque toujours d’une boucle : une grosse caisse, une basse et un élément qui accroche. Il fait tourner ces huit mesures longtemps, fort, et n’ajoute rien tant qu’elles ne donnent pas envie de bouger. Ensuite seulement vient l’arrangement, qui consiste surtout à retirer : couper la basse pendant seize mesures, ne garder que la voix et le charleston, puis tout rendre d’un coup.

La deuxième habitude est de tester sur une piste de danse. Ron Hardy recevait les cassettes et les acétates des producteurs de Chicago avant leur sortie, et les jouait à la Music Box avant tout le monde. Aujourd’hui, un disc-jockey glisse sa maquette dans son set : c’est le seul test qui compte. Créez vos propres kits et vos propres sons de basse, enregistrez-les sous un nom à vous, et réutilisez-les : c’est ainsi qu’un son devient une signature.

La troisième habitude est de comparer, à volume égal, avec un disque de référence importé sur une piste voisine. Enfin, un point d’époque : la sobriété des disques de Chicago était aussi une contrainte. Pour retrouver leur esprit, limitez-vous à une boîte à rythmes, un synthétiseur et une voix.

Les cinq erreurs du débutant

  • Mettre la basse sur le temps : elle se bat avec la grosse caisse, le grave devient confus et le morceau perd son rebond.
  • Laisser le charleston ouvert sonner trop longtemps : il recouvre le temps suivant et alourdit tout le rythme.
  • Empiler les accords, les nappes et les voix dès les premières mesures : dans la house, l’intérêt naît de ce qui entre et sort, pas de ce qui est là en permanence.
  • Oublier le disc-jockey : un morceau sans introduction ni fin rythmiques est difficile à mixer, donc rarement joué.
  • Échantillonner une voix de disco ou de soul sans autorisation : Black Box et M|A|R|R|S l’ont fait, avec des numéros un et des procès à la clé, comme l’explique la partie consacrée aux droits.
Apprendre à produire pour de bon

Programmer une batterie à quatre temps, une basse syncopée et quelques accords de piano pour un morceau de house s’apprend en une soirée. Construire un titre entier, le mixer et le finir demande une méthode. C’est ce que nous transmettons à YouTips, à Grenoble et à distance.

  • Organisme certifié Qualiopi, formation finançable
  • Formateur Logic Pro depuis 20 ans, MainStage depuis sa sortie
  • Progression du projet vide au morceau masterisé
  • Petits groupes et suivi individuel

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Où trouver des sons house ?

Dans Logic Pro

  • Drum Machine Designer et ses kits électroniques pour la batterie, le Step Sequencer pour la programmer pas à pas.
  • ES2 pour les basses et l’orgue grave, Retro Synth pour les basses analogiques en dents de scie, Alchemy et ses quatre sources pour les nappes.
  • Studio Piano, Vintage Electric Piano et Vintage B3 pour le piano, le piano électrique et l’orgue.
  • Quick Sampler, en mode Classic ou Slice, pour les accords et les voix échantillonnés.
  • Compressor avec Side Chain, AutoFilter, ChromaVerb, Stereo Delay et Tape Delay, qui couvrent le pompage, les montées et l’espace du genre.

Boucles et banques

  • Splice : abonnement à la boucle, sous une licence dite libre de droits, sans redevance par utilisation.
  • Loopmasters : banques vendues à l’unité, très fournies en house, sous licence sans redevance par utilisation, à lire avant tout usage commercial.
  • Freesound : bruits, percussions et enregistrements versés par une communauté, sous licences Creative Commons variées, à lire fichier par fichier avant tout usage commercial.

Instruments virtuels

  • Roland Cloud : les versions logicielles officielles des boîtes à rythmes et synthétiseurs de la marque, par abonnement.
  • Korg : une version logicielle du M1, avec ses préréglages de piano et d’orgue.
  • Arturia : émulations de synthétiseurs et de pianos électriques anciens.

Grain et caractère

  • ChromaGlow, présent dans Logic Pro 11 sur les Mac à puce Apple, pour une saturation douce sur la basse ou le bus de batterie. La fiche ChromaGlow le présente.
  • Phat FX et Bitcrusher, dans Logic Pro, pour salir une boucle trop propre et retrouver le grain des échantillonneurs anciens.

Pour choisir votre matériel d’écoute et vos périphériques avant d’investir dans les logiciels, le cours Équipez votre home studio passe en revue les priorités dans l’ordre.

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Lexique de la house

  • HouseMusique électronique de danse née à Chicago au début des années 1980, nommée d’après le club du Warehouse.
  • Quatre temps au solTraduction de four-on-the-floor : la grosse caisse frappe chacun des quatre temps de la mesure, fondement rythmique de la house.
  • JackÀ Chicago, danser sur la house, et par extension le style de house brute et rythmique des années 1980, comme dans « Jack Your Body ».
  • GarageHouse chantée et gospel de New York et du New Jersey, nommée d’après le Paradise Garage, à ne pas confondre avec le UK garage britannique.
  • DivaChanteuse à la voix puissante, souvent formée au gospel, qui porte le refrain d’un morceau de house vocale.
  • StabAccord frappé et coupé net, de piano, d’orgue ou de cordes, joué en général sur les contretemps.
  • PompageEffet de respiration obtenu en faisant baisser la basse et les accords à chaque frappe de grosse caisse, grâce à un compresseur en sidechain.
  • EditVersion retravaillée d’un disque existant, rallongée ou recoupée pour la piste de danse ; Frankie Knuckles les faisait sur bande.
  • MaxiDisque de 30 centimètres portant une version longue pour les clubs, de sept ou huit minutes, avec introduction et fin rythmiques.
  • BreakPassage où la grosse caisse s’arrête, pour relancer la piste de danse quand elle revient.

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Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter

MorceauTempoProductionCe qu’il enseigne
« On & On »Jesse Saunders, 1984ModéréJesse Saunders, Vince LawrenceUne TR-808, un Korg Poly-61 et une basse reprise d’un disque de 1979 : le premier disque de house est déjà un disque recomposé.
« Move Your Body »Marshall Jefferson, 1986ModéréMarshall JeffersonLe piano entre dans la house, sur des claviers joués lentement puis accélérés : un hymne testé six fois de suite à la Music Box.
« Can You Feel It »Mr. Fingers, 1986Modéré, retenuLarry HeardUne TR-909, un Juno-60 et deux platines à cassettes : des accords doux sur un rythme sans fin, l’acte de naissance de la deep house.
« Jack Your Body »Steve « Silk » Hurley, 1986Modéré, droitSteve « Silk » HurleyUne boîte à rythmes, une basse et une voix répétée : un morceau minimal qui devient en janvier 1987 le premier numéro un de house au Royaume-Uni.
« Show Me Love »Robin S., 1992ModéréAllen George, Fred McFarlane, StoneBridgeUn préréglage d’orgue du Korg M1 joué comme une basse sous une voix de diva : la recette de la house vocale, reprise par Beyoncé trente ans plus tard.
« Break My Soul »Beyoncé, 2022ModéréBeyoncé, The-Dream, Tricky StewartDeux échantillons crédités, Robin S. et Big Freedia, au service d’un hymne de house numéro un aux États-Unis : la house des années 1990 au cœur de la pop.

Aucune mesure de tempo publiée et fiable n’a été trouvée pour ces six titres : les indications sont des repères d’écoute, dans la plage de 115 à 130 BPM propre au genre, à vérifier vous-même en tapant la pulsation sur trente secondes, puis en multipliant par deux. L’année de « Show Me Love » est celle du remix de StoneBridge ; la chanson est parue en 1990. Ces six titres ont été choisis pour leur valeur pédagogique.

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Labels, droits et échantillons

La house s’est construite sur de petits labels de Chicago, souvent nés d’une usine de pressage ou d’un disquaire. Trax Records commence en 1983, quand Larry Sherman rachète l’usine Musical Products ; ses pressages, parfois sur du vinyle recyclé, sont critiqués pour leur qualité, mais le label publie « Move Your Body », « Can You Feel It » ou « No Way Back » d’Adonis. Il fait faillite en 1991, quand des distributeurs qui lui devaient 4,5 millions de dollars disparaissent. DJ International, fondé en 1985 par Rocky Jones, publie Farley « Jackmaster » Funk et la hip house de Fast Eddie ; Universal en rachète une grande partie des bandes en 2019. Dans les années 2000, Defected, Roulé ou Om portent la house vocale.

Cette histoire a aussi un revers : beaucoup de pionniers n’ont presque rien touché. « Trax ne m’a jamais payé de droits », a dit DJ Pierre, de Phuture ; Jamie Principle affirme qu’on lui a « tout simplement volé » ses morceaux. En juin 2020, Larry Heard et Robert Owens ont attaqué Trax en justice pour contrats abusifs et droits impayés : les contrats de Larry Heard, signés entre 1985 et 1987 environ, lui auraient rapporté 3 000 dollars par titre à succès. Avant de signer quoi que ce soit, lisez ce que vous cédez.

Sur un morceau, deux droits coexistent. Le droit d’auteur porte sur l’œuvre, la musique et le texte, et il est le plus souvent géré en France par la Sacem lorsque les auteurs y ont adhéré ; les parts des coauteurs se fixent par écrit avant la sortie. Les droits voisins portent sur l’enregistrement et appartiennent au producteur du disque, celui qui finance et détient la bande, ainsi qu’aux artistes-interprètes. Un contrat de label porte d’abord sur ce second droit : lisez la durée de la cession, le territoire, le partage des revenus et l’exclusivité.

La synchronisation, l’association d’un morceau à des images dans une publicité, un film ou un jeu vidéo, est un débouché naturel de la house : « Move Your Body » et « Can You Feel It » passent sur une radio du jeu Grand Theft Auto : San Andreas. Elle exige deux autorisations distinctes, celle de l’éditeur pour l’œuvre et celle du producteur pour l’enregistrement, aucune des deux n’étant délivrée par la Sacem. Méfiez-vous des contrats qui vous demandent de céder tous vos droits pour une somme forfaitaire : lisez ce que vous cédez, pour combien de temps et sur quels supports.

Échantillons, interpolations et sons d’usine

  • Reprendre un morceau tel qu’il a été écrit, comme Nuyorican Soul reprend « Runaway », chanté en 1977 par Loleatta Holloway avec le Salsoul Orchestra, ne demande pas en France d’autorisation particulière aux auteurs : on déclare l’œuvre, et les droits dus aux auteurs et aux éditeurs leur sont reversés, principalement par la Sacem.
  • Échantillonner un enregistrement demande deux autorisations, celle des titulaires des droits sur l’œuvre, généralement l’éditeur, et celle du producteur de l’enregistrement, qui se porte en général fort des interprètes.
  • L’histoire de « Ride on Time » de Black Box le montre. En 1989, le trio italien échantillonne sans licence la voix de Loleatta Holloway sur « Love Sensation », une chanson de 1980 écrite par Dan Hartman et détenue par Salsoul. Daniele Davoli, l’un des trois, croyait la chanteuse morte et pensait légal un échantillon de moins de deux secondes : les deux étaient faux. Le disque est six semaines numéro un au Royaume-Uni, le single le plus vendu de 1989 dans le pays, mais le label doit faire réenregistrer la voix par une autre chanteuse. « Ça m’agaçait de savoir que Black Box était numéro un et que je n’en tirais aucun crédit », a dit Loleatta Holloway.
  • Même un fragment très court compte. En 1987, alors que « Pump Up the Volume » de M|A|R|R|S est numéro deux au Royaume-Uni, le trio de producteurs Stock Aitken Waterman obtient une injonction pour un échantillon de son titre « Roadblock » : les éditions étrangères sortent sans cet échantillon.
  • Dans l’arrêt Pelham du 29 juillet 2019, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que même un fragment très court reproduit l’enregistrement, sauf s’il est modifié au point d’être méconnaissable à l’écoute : filtrer, accélérer ou découper une voix de diva ne suffit pas tant qu’on la reconnaît.
  • Le 14 avril 2026, dans l’arrêt Pelham II, la Cour a précisé l’exception de pastiche : une œuvre peut emprunter à une autre si elle l’évoque, s’en distingue nettement et engage avec elle un dialogue artistique reconnaissable. Ce n’est pas un passe-partout. Ne bâtissez pas un morceau commercial sur cette exception sans l’avis d’un juriste.
  • Rejouer soi-même une mélodie protégée au lieu de l’échantillonner, ce qu’on appelle une interpolation, demande toujours l’accord des titulaires des droits sur l’œuvre, mais plus celui du producteur de l’enregistrement d’origine. En 2022, Beyoncé avait obtenu des auteurs, Pharrell Williams et Chad Hugo, l’autorisation d’interpoler « Milkshake » sur « Energy » ; Kelis, l’interprète, qui n’en est pas autrice, s’en est plainte publiquement, et le passage a été retiré. Le droit était respecté, la relation, non.
  • Le bon exemple vient du même album : « Break My Soul » crédite ses deux échantillons, « Show Me Love » de Robin S. et « Explode » de Big Freedia, et Robin S. y a vu « l’un des plus beaux compliments » de sa carrière. Faire « nettoyer » un échantillon, la clearance, prend des semaines : commencez avant de finir le morceau, pas après.
  • Les sons d’usine de Logic Pro, boucles, échantillons et kits de Drum Machine Designer, peuvent selon Apple être utilisés sans redevance dans vos propres morceaux, mais pas distribués seuls ni reconditionnés en banques.
  • Le style lui-même n’est pas protégé : personne ne possède la grosse caisse sur les quatre temps, un accord de septième ou le son d’une TR-909. Ce qui est protégé, c’est une mélodie, un texte ou un enregistrement précis.
  • Interpréter vos morceaux ou des reprises en concert en France ne demande pas d’autorisation individuelle : l’organisateur déclare le répertoire et règle les droits à la Sacem, qui les reverse aux ayants droit, y compris étrangers. Un disc-jockey qui passe des disques dans un club est couvert de la même façon par les déclarations du lieu.

Une fois ces questions réglées, reste à faire connaître votre musique : dans un genre où les vidéos de sets, les extraits courts et les visuels de club comptent autant que le disque, notre formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens vous apprend à monter vos vidéos, à construire votre EPK et à publier votre site d’artiste.

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Une playlist pour écouter la house

Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis dans la liste des 100 artistes ci-dessous. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.

  • House, la découverte30 titres · 3 h 00

    De Donna Summer (1977) à Peggy Gou (2023) : le disco qui l’a nourrie, la house de Chicago et de New York, puis ses tubes de Londres, de Paris et du monde entier.

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Sans abonnement Apple Music, le lecteur fait entendre des extraits de 30 secondes. Du gospel à la techno, toutes les playlists tirées du glossaire sont sur la page Playlists YouTips.

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Les 100 artistes qui ont fait la house

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que la house music ?

C’est une musique électronique de danse née à Chicago au début des années 1980, dans les clubs de la communauté noire et gay. Elle se reconnaît à sa grosse caisse sur les quatre temps de la mesure, à son charleston ouvert sur les contretemps, à son clap sur les deuxième et quatrième temps, à sa basse grave et syncopée, à ses accords de piano ou d’orgue et à ses voix venues du gospel et du disco, le plus souvent entre 115 et 130 BPM.

Quelle est l’origine de la house ?

Elle vient du disco. Après la Disco Demolition Night du 12 juillet 1979 à Chicago, le disco quitte les radios mais reste dans les clubs. Au Warehouse, ouvert en 1977, Frankie Knuckles le retravaille sur bande et l’accompagne d’une boîte à rythmes ; Ron Hardy prend la relève à la Music Box. Les premiers disques arrivent en 1984 avec « On & On » de Jesse Saunders, puis ceux de Marshall Jefferson et de Larry Heard, publiés par les labels Trax et DJ International.

Pourquoi parle-t-on de « house » ?

Le mot vient du Warehouse, le club de Frankie Knuckles. Selon Chip E., le disquaire Importes Etc. rangeait les disques qu’on y entendait dans un bac « As Heard at the Warehouse », abrégé en « House ». D’autres récits évoquent les affiches du club, qui annonçaient des soirées « house », ou la musique faite « à la maison » avec une boîte à rythmes.

Quelle différence entre la house et la techno ?

Elles naissent au même moment, à Chicago pour la house et à Detroit pour la techno, avec les mêmes boîtes à rythmes. La house hérite du disco, de la soul et du gospel : elle garde des voix, des accords de piano et une chaleur. La techno vient davantage de l’électronique européenne : elle privilégie le timbre, la répétition et le son des machines. La tech house mélange les deux.

Comment faire de la house dans Logic Pro ?

Réglez le projet à 122 BPM, créez une piste Drum Machine Designer avec un kit électronique et programmez dans le Step Sequencer la grosse caisse sur les pas 1, 5, 9 et 13, le clap sur 5 et 13 et le charleston ouvert sur 3, 7, 11 et 15. Ajoutez une basse d’ES2 entre les frappes, des accords de piano courts sur une grille comme « Les accords gospel », puis un Compressor en sidechain sur la basse, déclenché par la grosse caisse. La partie « Faire de la house dans Logic Pro » détaille chaque réglage.

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Sources

  • « House music », « Chicago house », « Garage house », « Styles of house music », « Warehouse (nightclub) », « Paradise Garage », « Club Zanzibar », « Trax Records » et « DJ International Records », Wikipédia en anglais, consultés en octobre 2026.
  • Articles de Wikipédia en anglais consacrés aux artistes, titres et machines cités, notamment « Frankie Knuckles », « Ron Hardy », « Larry Levan », « Jesse Saunders », « Fingers Inc. », « Masters at Work », « Disclosure (band) », « Fred Again », « Move Your Body (Marshall Jefferson song) », « Can You Feel It (Larry Heard song) », « Jack Your Body », « Show Me Love (Robin S. song) », « Vogue (song) », « Ride on Time », « Pump Up the Volume (song) », « Break My Soul », « Renaissance (Beyoncé album) », « Roland TR-808 », « Roland TR-909 » et « Korg M1 », consultés en octobre 2026.
  • NPR, « July 12, 1979 : The Night Disco Died, Or Didn’t », 16 juillet 2016.
  • MusicRadar, « How to make a classic house organ sound like Robin S.’ Show Me Love » ; Gijs, « The legendary KORG M1 Organ 2 preset », Substack.
  • Cour de justice de l’Union européenne, arrêts Pelham, C-476/17, 29 juillet 2019, et Pelham II, C-590/23, 14 avril 2026 ; article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle.
  • Apple, « Use the royalty-free content included with Logic Pro for Mac and MainStage in commercial works », et Logic Pro : Guide de l’utilisateur, consultés en 2026.

Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro depuis 20 ans et MainStage depuis sa sortie. Qui sommes-nous ?