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Variété française

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La variété française désigne la chanson populaire de langue française conçue pour le plus large public possible, celle des hit-parades, de la radio et des émissions de télévision du samedi soir. Là où la chanson française à texte part des mots et d’un auteur, la variété part d’un interprète, d’un refrain et d’un son de studio : elle est autant une industrie, faite de paroliers, de compositeurs, d’arrangeurs, de directeurs artistiques et de producteurs de télévision, qu’un genre musical. Son âge moderne commence le 19 octobre 1959 avec l’émission de radio Salut les copains et la vague yé-yé de Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Claude François, Françoise Hardy, France Gall et Sheila, nourrie d’adaptations de tubes américains et anglais. Elle passe par les grands orchestres et le disco des années 1970, de Michel Sardou à Dalida et Joe Dassin, par les synthétiseurs et le Top 50 des années 1980, de Jean-Jacques Goldman à Mylène Farmer, par les grandes voix et les comédies musicales des années 1990, de Céline Dion à Notre-Dame de Paris, puis par les télé-crochets, de la Star Academy à The Voice. Elle vit aujourd’hui chez Vianney, Louane, Slimane, Angèle, Clara Luciani ou Juliette Armanet, et elle partage les classements avec la pop urbaine. Depuis 1994, la loi impose aux radios françaises un minimum de 40 % de chansons d’expression française.

  • PériodeDe 1959 à aujourd’hui, avec des racines dans le music-hall et l’opérette des années 1930 à 1950
  • FoyerParis, ses studios, ses radios et ses plateaux de télévision, puis la Belgique, la Suisse et le Québec
  • TempoDe 60 BPM pour la ballade à 130 BPM pour le titre dansant ; le motif de cette fiche est à 116 BPM
  • RythmeLe plus souvent en 4/4, caisse claire sur les deuxième et quatrième temps, avec des passages par le twist, le slow, le disco et la boîte à rythmes
  • InstrumentsVoix en avant, section rythmique, cordes et cuivres d’orchestre, puis synthétiseurs, boîte à rythmes et production numérique

La variété française en bref

  • Origine : le music-hall parisien, puis la vague yé-yé lancée à partir de 1959 par l’émission Salut les copains sur Europe n°1, qui fait des adolescents un public et des 45 tours un marché.
  • Son : une voix très en avant, un refrain qui se retient dès la première écoute, une forme courte, et l’arrangement de son époque, orchestre, disco, synthétiseurs ou production numérique.
  • Trois albums : Les Champs-Élysées de Joe Dassin (1969), Tout pour la musique de France Gall (1981), D’eux de Céline Dion (1995).
  • En home studio : tout se joue sur la mélodie, la prosodie du français et la prise de voix ; Logic Pro fournit les cordes, les cuivres, les synthétiseurs et les batteries de chaque époque sans rien acheter.
  • Le point à connaître : « variété » n’est pas un style au sens musical, mais une fonction, plaire au plus grand nombre, et une organisation du travail où l’interprète est rarement seul auteur de ce qu’il chante.

Trois albums pour entrer dans la variété française

  • Les Champs-ÉlyséesJoe Dassin, 1969

    Paru en mai 1969 chez CBS sous le simple titre Joe Dassin, l’album est resté connu sous le nom de sa chanson la plus célèbre, l’adaptation française de « Waterloo Road », un titre anglais du groupe Jason Crest, sur des paroles de Pierre Delanoë. On y trouve aussi « Siffler sur la colline » et « La Bande à Bonnot ». Né à New York en 1938, fils du cinéaste Jules Dassin, Joe Dassin chante d’une voix grave et posée sur des arrangements d’orchestre qui laissent toute la place à la mélodie. Écoutez « Les Champs-Élysées » pour la façon dont un refrain simple, presque une comptine, devient l’hymne d’une ville : c’est le modèle de la variété orchestrale de la fin des années 1960.

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  • Tout pour la musiqueFrance Gall, 1981

    Produit par Michel Berger, qui écrit pour elle depuis 1974 et l’a épousée en 1976, le disque, paru en décembre 1981, fait entrer la variété dans les années 1980 : une section rythmique serrée, des claviers, des chœurs et des refrains pensés pour la scène. On y trouve « Résiste » et la chanson-titre, « Tout pour la musique », qui parle du métier même de chanter. Révélée adolescente par le yé-yé et gagnante de l’Eurovision en 1965, France Gall y devient une interprète adulte, et son duo avec Michel Berger l’un des plus durables de la variété.

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  • D’euxCéline Dion, 1995

    Pour cet album en français, la chanteuse québécoise, déjà vedette internationale en anglais, confie l’écriture à Jean-Jacques Goldman, qui signe onze des douze chansons et coproduit le disque avec Erick Benzi. Le disque s’ouvre sur « Pour que tu m’aimes encore », une ballade qui monte du murmure au cri, et passe par « Je sais pas » ou « J’irai où tu iras ». Avec environ 4,5 millions d’exemplaires en France et plus de 12 millions dans le monde, selon les estimations reprises par Wikipédia, c’est l’album le plus vendu de l’histoire en France et l’album en français le plus vendu au monde. Écoutez-le pour comprendre ce que veut dire écrire pour une voix.

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Qu’est-ce que la variété française ?

La variété française est la chanson populaire de langue française pensée pour toucher tout le monde, et diffusée par les médias de masse : le disque, la radio, la télévision, puis les plateformes de streaming. La profession du disque en a fait une catégorie : aujourd’hui encore, Apple Music classe Johnny Hallyday, Jean-Jacques Goldman ou Angèle dans un genre nommé « Variété française ».

C’est donc d’abord une fonction et une organisation, avant d’être un son. Un titre de variété a une forme courte, un refrain fort, une voix au premier plan et un arrangement à la mode de son époque. Il est le plus souvent le produit d’une équipe : un parolier écrit le texte, un compositeur la musique, un arrangeur l’orchestration, un directeur artistique choisit les titres et l’interprète les porte. C’est ce qui la distingue de la chanson française à texte, celle de Brassens, Brel ou Barbara, où l’auteur-compositeur-interprète est la règle et où le texte commande.

Ce qui existait avant

Avant 1959, la chanson populaire française a déjà ses vedettes, ses salles et ses orchestres. Le music-hall, de Mistinguett à Maurice Chevalier, l’opérette, l’accordéon des bals et les grands interprètes de l’après-guerre remplissent l’Olympia et les ondes. Mais ce public est adulte, et le marché se pense en vedettes installées. Ce qui manque, c’est la jeunesse : une génération née après la guerre, qui écoute le rock’n’roll américain sur les radios périphériques et veut ses propres idoles.

La naissance : le yé-yé et « Salut les copains »

Le 19 octobre 1959, Europe n°1 lance une émission de fin d’après-midi destinée aux adolescents, Salut les copains, animée par Frank Ténot et Daniel Filipacchi. Elle diffuse les disques des nouveaux chanteurs, fait et défait les succès, et devient le centre d’un écosystème : les deux animateurs lancent en juin 1962 un magazine du même nom, qui met Johnny Hallyday en couverture de son premier numéro. Le 22 juin 1963, un concert gratuit organisé par Europe n°1 place de la Nation, à Paris, pour le premier anniversaire du magazine, réunit entre 150 000 et 200 000 jeunes, selon les sources, autour de Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Richard Anthony ou Dick Rivers. Dans Le Monde, le sociologue Edgar Morin parle alors de la génération « yé-yé », un mot tiré des « yeah, yeah » des chansons anglaises, qui finit par désigner toute cette musique.

Le répertoire du yé-yé est en grande partie importé. Johnny Hallyday, passé de Vogue à Philips, chante en 1961 « Viens danser le twist », version française de « Let’s Twist Again » de Chubby Checker, qui reste sept semaines numéro un des ventes en France ; Claude François fait en 1962 son premier grand succès avec « Belles ! Belles ! Belles ! », adapté d’un titre des Everly Brothers, « (Girls, Girls, Girls) Made to Love ». Les paroliers français réécrivent les tubes américains et anglais, souvent sans les traduire, et l’adaptation devient un métier. D’autres titres sont écrits sur place : Françoise Hardy écrit elle-même le texte de « Tous les garçons et les filles » en 1962, sur une musique composée avec Roger Samyn, et Charles Aznavour, pour les paroles, et Georges Garvarentz, pour la musique, signent pour Sylvie Vartan « La plus belle pour aller danser » en 1964, chanson du film Cherchez l’idole.

La télévision prend le relais au cours des années 1960. Maritie et Gilbert Carpentier, producteurs d’émissions de variétés à partir de 1960, conçoivent des programmes construits autour d’une vedette et de ses invités, avec décors, ballets et chansons en duo ; leurs séries Top à…, de 1972 à 1974, puis Numéro un, de 1975 à 1982, réunissent chaque samedi des millions de téléspectateurs. Le 45 tours, le transistor et le petit écran forment désormais une chaîne complète, de l’enregistrement au salon des familles.

D’où vient le mot

« Variété » vient du latin varietas, la diversité. Au pluriel, « les variétés » désigne d’abord, dans le vocabulaire du spectacle, un programme fait de numéros variés, puis, à la radio et à la télévision, toute émission de divertissement chantée. Au singulier, « la variété » finit par nommer la musique elle-même. Le mot n’a jamais reçu de définition musicale précise, et il traîne une nuance de mépris : dire d’un disque qu’il « fait variété » revient souvent à le juger commercial. Beaucoup d’artistes s’en défendent, d’autres le revendiquent, et le public, lui, l’emploie sans complexe. Cette fiche l’utilise dans son sens descriptif : la chanson populaire de grande diffusion.

Une mutation plutôt qu’une fin

La variété ne meurt jamais, elle change de son. Dans les années 1970, elle adopte les grands orchestres, puis le disco : Claude François, Dalida ou Sheila suivent les clubs de New York, et Sheila enregistre « Spacer », écrit et produit par Nile Rodgers et Bernard Edwards, les fondateurs de Chic, pour l’album King of the World. Dans les années 1980, les synthétiseurs et la boîte à rythmes prennent la place de l’orchestre, et le Top 50, lancé le 4 novembre 1984 par Europe 1, Canal+ et Télé 7 jours, transforme les ventes de 45 tours en feuilleton hebdomadaire ; en novembre 1985, la première cérémonie des Victoires de la musique, voulue par le ministre de la Culture Jack Lang, sacre Jeanne Mas révélation de l’année. Dans les années 1990, la variété se tourne vers les grandes voix et la comédie musicale. Dans les années 2000, la télévision fabrique ses propres vedettes avec la Star Academy, lancée sur TF1 le 20 octobre 2001.

Depuis les années 2010, le streaming a renversé les équilibres : le rap français domine les écoutes, et la variété se partage entre des auteurs-interprètes qui revendiquent l’héritage des années 1970 et 1980, comme Juliette Armanet ou Clara Luciani, des voix révélées par la télévision, comme Louane, Kendji Girac ou Slimane, et une pop urbaine qui mêle chant, R&B et rap, d’Aya Nakamura à Gims. Le principe, lui, n’a pas changé : une chanson en français, un refrain, une voix, et l’envie d’être chantée par tout le monde.

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La variété française en sept dates

  1. 1959Salut les copainsLe 19 octobre, Europe n°1 lance l’émission de Frank Ténot et Daniel Filipacchi : la radio des adolescents fait naître la vague yé-yé.
  2. 1965Une poupée à l’EurovisionFrance Gall gagne le concours pour le Luxembourg avec « Poupée de cire, poupée de son », écrite et composée par Serge Gainsbourg.
  3. 1967Comme d’habitudeClaude François enregistre la chanson que Paul Anka adaptera en anglais pour Frank Sinatra sous le titre « My Way », en 1969.
  4. 1978StarmaniaMichel Berger et Luc Plamondon créent leur opéra-rock, enregistré en disque avec Daniel Balavoine et France Gall ; le spectacle est créé sur scène l’année suivante.
  5. 1984Le Top 50Le 4 novembre, Europe 1, Canal+ et Télé 7 jours lancent le classement hebdomadaire des ventes de 45 tours ; le premier numéro un est « Besoin de rien, envie de toi » de Peter et Sloane.
  6. 1994Les quotasLa loi du 1er février impose aux radios au moins 40 % de chansons d’expression française, dont la moitié de nouveaux talents ou de nouvelles productions, à partir de 1996.
  7. 2001La Star AcademyLe 20 octobre, TF1 lance un télé-crochet qui forme, sélectionne et lance ses chanteurs en direct ; Jenifer en remporte la première saison, en janvier 2002.

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Le morceau pour comprendre

Il s’agit de « Pour que tu m’aimes encore », de Céline Dion, la chanson qui ouvre l’album D’eux et qui sort en single le 13 mars 1995. Jean-Jacques Goldman l’a écrite et composée pour elle, puis l’a produite avec Erick Benzi ; le clip est réalisé par Michel Meyer. La chanson reste douze semaines numéro un des ventes de singles en France, et l’album devient le plus vendu de l’histoire du pays. Tout ce qui fait la variété est là : un auteur-compositeur qui écrit pour une voix qui n’est pas la sienne, une interprète québécoise qui chante pour toute la francophonie, un refrain que chacun peut reprendre, et une production pensée pour la radio et la télévision.

Écoutez d’abord la construction : la voix entre retenue, dans le médium, et ne s’ouvre vraiment qu’au refrain, qui monte du murmure au cri. Écoutez ensuite le texte : des mots simples, des images qui se chantent, et le titre placé à la fin du refrain, à la rime, là où l’oreille l’attend. Écoutez enfin la place de la voix : très en avant, intelligible à chaque syllabe, au-dessus d’un arrangement qui s’épaissit à mesure que la chanson avance. C’est la règle d’or de la variété depuis 1960, des orchestres de Claude François aux synthétiseurs de Jean-Jacques Goldman : quoi qu’il se passe derrière, on doit comprendre les mots et pouvoir chanter le refrain dès la deuxième écoute.

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Les caractéristiques musicales

Le rythme

La variété n’a pas de rythme propre : elle emprunte celui de son époque. Le yé-yé prend la pulsation du rock’n’roll et du twist, la caisse claire sur les deuxième et quatrième temps, ce que les musiciens appellent le backbeat. Les années 1960 et 1970 ont leur slow, une ballade lente où l’on danse à deux, et leurs titres sautillants, ponctués de cuivres. Au milieu des années 1970, le disco impose la grosse caisse sur les quatre temps, et Claude François, Dalida ou Patrick Juvet s’y mettent. Dans les années 1980, la boîte à rythmes remplace souvent le batteur : la frappe devient parfaitement régulière, la caisse claire s’élargit dans une grande réverbération, et les roulements de toms électroniques marquent les fins de phrase. La variété actuelle, enfin, reprend les rythmes de la pop internationale, de l’afrobeats ou du reggaeton.

Voici le motif d’un titre de variété des années 1980, quand la boîte à rythmes fait la loi, sur une mesure de quatre temps, notée 4/4, découpée en seize doubles-croches, à 116 BPM (battements par minute). Chaque case est un pas, numéroté de 1 à 16 ; les temps tombent sur les pas 1, 5, 9 et 13. La grosse caisse frappe le premier temps, le troisième (pas 9) et la croche qui suit (pas 11), ce qui donne l’élan du deuxième demi-temps. La caisse claire, doublée d’un clap, tombe sur les deuxième et quatrième temps (pas 5 et 13). Le charleston, la paire de cymbales que le batteur commande au pied, joue toutes les doubles-croches, un peu plus fort sur les temps. Les cases en pointillés signalent la variante : un roulement de toms sur les quatre derniers pas, qui annonce la mesure suivante. C’est une synthèse, pas la transcription d’un morceau précis.

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Grosse caisse
Caisse claire et clap
Charleston
Toms
FrappeVarianteChaque ligne est un instrument, chaque colonne un instant, la lecture va de gauche à droite sur une mesure. Les pas 1, 5, 9 et 13 sont les temps ; la grosse caisse tombe sur les pas 1, 9 et 11, la caisse claire et le clap ensemble sur les pas 5 et 13, le charleston joue les seize doubles-croches, accentuées sur les temps, et les toms de la variante roulent sur les pas 13 à 16.

Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon. Jeu droit, comme une boîte à rythmes ; la grande réverbération de la caisse claire des années 1980 n’est pas reproduite.

Écoutez le motif seul, puis cochez la variante : quatre coups de toms suffisent à annoncer un refrain. Le lecteur joue droit, comme une boîte à rythmes de l’époque. Pour un titre plus proche du disco, déplacez la grosse caisse sur les quatre temps, les pas 1, 5, 9 et 13, et ouvrez le charleston sur les contretemps, les pas 3, 7, 11 et 15 : la fiche disco détaille ce motif.

L’harmonie

L’harmonie de la variété est tonale et, le plus souvent, simple : elle doit soutenir une mélodie que tout le monde peut chanter. Sa richesse vient d’ailleurs, de la façon dont les accords s’enchaînent et dont l’arrangeur les habille. Quatre procédés reviennent sans cesse. Le premier est la basse qui descend par degrés conjoints, une note après l’autre, sous des accords qui changent peu : il donne aux couplets un mouvement continu. Le deuxième est la marche harmonique, un enchaînement d’accords dont les fondamentales progressent toutes du même intervalle, souvent par quintes, hérité de la musique baroque et cher aux arrangeurs d’orchestre. Le troisième est l’accord de dominante du mineur, un accord majeur posé sur le cinquième degré d’une gamme mineure, qui donne aux slows leur tension. Le quatrième est la modulation, le changement de tonalité, le plus souvent un ton plus haut pour le dernier refrain : l’effet est si fréquent dans la variété qu’il est devenu un cliché, et il fonctionne toujours.

Dans les chiffres romains ci-dessous, chaque chiffre désigne un accord par sa place dans la gamme, en minuscules quand il est mineur, en majuscules quand il est majeur. Les noms d’accords sont notés à l’anglaise : A vaut la, B si, C do, D ré, E mi, F fa, G sol ; « m » signifie mineur, « 7 » une septième, « maj7 » une septième majeure, et « G/B » un accord de sol joué avec un si à la basse. Les grilles sont en do majeur, sauf la deuxième et la troisième, en la mineur, sur quatre mesures, un accord par mesure. Écoutez-les seules, puis ajoutez la batterie du motif.

Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en do majeur ou en la mineur, une boucle de quatre mesures.

L’instrumentation

L’instrumentation de la variété suit la technologie de son époque, mais une chose ne change pas : tout est organisé autour de la voix.

  • Les années yé-yé : guitares électriques, basse, batterie, souvent un orgue, et un orchestre de studio qui ajoute cordes et cuivres aux adaptations de tubes américains.
  • Les années 1970 : le grand orchestre, cordes, cuivres, harpe et chœurs féminins, au service de mélodies amples, chez Michel Sardou, Joe Dassin ou Mike Brant, puis les cordes et les guitares étouffées du disco.
  • Les années 1980 : les synthétiseurs numériques, les nappes, les basses programmées, la boîte à rythmes et les toms électroniques, chez Jean-Jacques Goldman, Mylène Farmer, Desireless ou Images.
  • Les années 1990 : le retour d’instruments joués, guitares acoustiques, pianos et cordes, autour de grandes voix comme Céline Dion, Lara Fabian ou Garou.
  • Les années 2000 à aujourd’hui : la production numérique, les voix doublées et corrigées, les batteries programmées héritées du R&B et du rap, et le retour assumé des sons des années 1970 et 1980 chez Juliette Armanet ou Clara Luciani.
  • Les chœurs, enfin, présents à toutes les époques : ils doublent le refrain, répondent à la voix principale et donnent au morceau son côté collectif.

La voix et la forme

La voix est l’instrument principal de la variété, et la langue française y impose ses règles. Le français est une langue à accent de groupe : l’accent tonique tombe sur la dernière syllabe prononcée d’un groupe de mots, et non sur une syllabe fixe de chaque mot comme en anglais. Une mélodie bien écrite place donc les temps forts sur ces fins de groupe. C’est ce qu’on appelle la prosodie, l’accord entre le rythme de la langue et celui de la musique. Le « e » muet, qui se prononce ou non selon le débit, donne au parolier une souplesse que l’anglais n’a pas, mais il est aussi un piège : chanter un « e » final sur un temps fort sonne lourd. Les adaptateurs des années 1960, qui devaient caser un texte français sur une mélodie écrite pour l’anglais, ont dû résoudre ce problème titre après titre, et ils ont souvent changé tout le sens de la chanson pour y parvenir.

La forme est celle de la chanson populaire internationale : une introduction courte, un couplet, souvent un pré-refrain, le passage qui prépare le refrain, puis le refrain, qui porte le titre et revient deux à quatre fois. Un pont, au deux tiers du morceau, change d’harmonie ou de mélodie avant le dernier refrain, souvent modulé un ton plus haut. La durée tient presque toujours entre deux minutes trente et quatre minutes, la longueur d’un 45 tours hier, celle d’un titre en streaming aujourd’hui. La rime compte : le refrain de variété rime presque toujours, en rimes pleines, et le titre tombe à la rime.

Exercice d’écoute

Écoutez « Les Champs-Élysées » de Joe Dassin, puis « Comme d’habitude » de Claude François, puis « Alexandrie Alexandra » du même Claude François, et répondez avant de lire la suite.

  • Question 1 : « Les Champs-Élysées » est-elle une chanson écrite en France ?
  • Question 2 : quelle chanson anglaise célèbre a été écrite sur la mélodie de « Comme d’habitude » ?
  • Question 3 : dans « Alexandrie Alexandra », sur quels temps frappe la grosse caisse, et en quoi est-ce différent du motif de cette fiche ?

Les réponses, à ne lire qu’après.

  • Réponse 1 : non. C’est l’adaptation d’une chanson anglaise de 1968, « Waterloo Road », du groupe Jason Crest, sur des paroles françaises de Pierre Delanoë : la rue de Londres est devenue l’avenue de Paris. Ce que vous apprenez : une adaptation n’est pas une traduction, c’est une nouvelle chanson écrite sur une mélodie existante, et elle peut devenir plus célèbre que l’originale.
  • Réponse 2 : « My Way », sur des paroles anglaises de Paul Anka, enregistrée par Frank Sinatra et publiée en 1969. Ce que vous apprenez : le chemin de l’adaptation marche dans les deux sens, et une mélodie de variété française peut faire le tour du monde avec un autre texte.
  • Réponse 3 : sur les quatre temps, comme dans tout le disco. Dans le motif de cette fiche, la grosse caisse ne frappe que trois fois, aux pas 1, 9 et 11, et la caisse claire porte les deuxième et quatrième temps. Ce que vous apprenez : la place de la grosse caisse suffit à dater un titre de variété, et à le faire passer de la chanson qu’on écoute à la chanson qu’on danse.

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Variété, chanson française et pop : ce qui les sépare

Ces étiquettes se recouvrent largement, partagent des artistes et parfois les mêmes disques ; quelques repères permettent pourtant de s’y retrouver.

Variété et chanson française : quelle différence ?

La différence tient moins au son qu’à la hiérarchie. Dans la chanson française à texte, le texte commande, l’auteur chante ce qu’il a écrit, et l’accompagnement reste en retrait : Brassens, Brel, Barbara. Dans la variété, le refrain et l’interprète commandent, l’écriture est souvent collective et l’arrangement s’entend. On ne demande pas au public de suivre un récit, mais de reconnaître un air dès les premières mesures et de le reprendre. Les deux mondes ne sont pas étanches. Charles Aznavour écrit pour Sylvie Vartan, Serge Gainsbourg pour France Gall, Michel Berger compose à la fois pour la scène et pour la radio, et Jean-Jacques Goldman, auteur exigeant, a écrit certains des plus grands succès populaires des années 1980 et 1990. Retenez une règle pratique : si l’on se souvient d’abord d’un texte, c’est de la chanson ; si l’on se souvient d’abord d’un refrain, c’est de la variété.

Variété et pop : une question de langue et de marché

Musicalement, la variété française est la pop de langue française : même forme courte, même primauté du refrain, même dépendance à la production. La différence est d’abord culturelle et commerciale. La variété vise le public francophone, se diffuse par les radios, les télévisions et les tournées françaises, belges, suisses et québécoises, et elle a longtemps adapté les succès anglo-saxons plutôt que de les exporter. Le mot « pop » est souvent préféré aujourd’hui par les artistes qui veulent marquer leur filiation internationale, comme Christine and the Queens ou Angèle ; le mot « variété », lui, évoque la télévision du samedi soir et les tubes que l’on chante en famille.

Variété et disco : le cas Claude François

Claude François est le meilleur exemple d’un artiste de variété qui suit les modes sans changer de métier. Il commence en 1962 avec une adaptation d’un titre des Everly Brothers, fonde en 1967 son propre label, Flèche, et finit par le disco avec « Alexandrie Alexandra », enregistré à Londres à l’automne 1977 et sorti en single le 15 mars 1978, quatre jours après sa mort. Il entoure ses chansons d’un spectacle complet, avec ses danseuses, les Clodettes, réunies à partir de 1966, et une chorégraphie pour chaque titre. Le disco américain est une musique de club, de DJ et de versions longues ; le disco de variété en garde la grosse caisse sur les quatre temps et les cordes, mais il le ramène au format de la chanson de trois minutes, chantée, avec un refrain en français et une place à la télévision. Dalida, avec « Laissez-moi danser », numéro un en France en 1979, et Sheila, avec « Spacer », à la charnière des années 1980, font le même chemin.

Variété et pop urbaine : le rap entre dans le classement

Depuis les années 2010, une partie de la jeune variété vient du rap français et du R&B. On parle de pop urbaine pour désigner ces chansons chantées, souvent passées à l’Auto-Tune, posées sur des rythmes venus du rap, de l’afrobeats ou du zouk, et construites autour d’un refrain très mélodique. Gims, Soprano, Vitaa, Dadju ou Aya Nakamura en sont les figures les plus écoutées. Leur public, leurs passages en radio et leurs concerts dans les stades en font des artistes de variété au sens strict, celui de la plus large diffusion ; leurs codes de production les rattachent au rap. En avril 2021, Gims, Dadju et Slimane reprennent ensemble « Belle », la chanson de Notre-Dame de Paris restée dix-huit semaines numéro un en 1998 : la pop urbaine et la comédie musicale des années 1990 se retrouvent dans le même titre.

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Sous-genres et scènes

  • Yé-yéDe 1959 au milieu des années 1960La première génération de chanteurs adolescents, de Johnny Hallyday à France Gall, révélée par Salut les copains et nourrie d’adaptations du rock’n’roll et du twist.Lire la fiche Rock’n’roll
  • Variété orchestraleAnnées 1960 et 1970Les grandes chansons arrangées pour cordes, cuivres et chœurs, de Michel Sardou à Mike Brant, Joe Dassin ou Mireille Mathieu, pensées pour la télévision et les grandes salles.
  • Disco à la françaiseDu milieu des années 1970 au début des années 1980Claude François, Dalida, Sheila, Patrick Juvet ou Karen Cheryl adoptent la grosse caisse sur les quatre temps, sans quitter le format de la chanson.Lire la fiche Disco
  • Variété des années 1980Années 1980Synthétiseurs, boîtes à rythmes et clips vidéo, du Top 50 de Jeanne Mas, Desireless ou Images aux disques de Mylène Farmer et Laurent Boutonnat.Lire la fiche New wave
  • Comédie musicaleDe 1978 à aujourd’huiDe Starmania, de Michel Berger et Luc Plamondon, à Notre-Dame de Paris, de Riccardo Cocciante et Luc Plamondon : des spectacles dont les chansons deviennent des tubes à la radio.
  • Grandes voix francophonesDepuis les années 1980Les chanteuses et chanteurs du Québec et de Belgique, de Céline Dion à Lara Fabian, Garou ou Isabelle Boulay, qui donnent à la variété son registre lyrique.
  • Télé-crochetsDepuis 2001La Star Academy, la Nouvelle Star puis The Voice révèlent Jenifer, Nolwenn Leroy, Louane, Kendji Girac ou Slimane, et font de la télévision un studio de recrutement.
  • Pop urbaineDepuis les années 2010Des refrains chantés sur des productions issues du rap, du R&B et de l’afrobeats, de Gims à Aya Nakamura, Dadju ou Vitaa.Lire la fiche R&B
  • Nouvelle pop françaiseDepuis la fin des années 2010Des autrices et auteurs qui revendiquent l’héritage des années 1970 et 1980, d’Angèle à Clara Luciani, Juliette Armanet ou Zaho de Sagazan.Lire la fiche Pop

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La démarche artistique

La variété est d’abord un travail d’équipe. Là où la chanson d’auteur valorise la figure solitaire de celui qui écrit, compose et chante, la variété répartit les rôles. Le parolier écrit le texte ; Pierre Delanoë, directeur des programmes d’Europe n°1 à son lancement et auteur de « Les Champs-Élysées », de « L’Été indien » ou des « Lacs du Connemara », en est l’exemple le plus célèbre. Le compositeur écrit la mélodie ; Jacques Revaux, coauteur de « Comme d’habitude » et compositeur des « Lacs du Connemara », a travaillé pour Claude François comme pour Michel Sardou. L’arrangeur écrit l’orchestration et l’enregistrement, le directeur artistique choisit les chansons et les associe à l’interprète, et l’interprète, enfin, leur donne un visage et une voix. Pour un musicien qui produit seul en home studio, cette division du travail est une leçon : il faut savoir changer de casquette, et juger son propre refrain comme le ferait un directeur artistique.

C’est aussi une musique de l’image. Dès les années 1960, la télévision fait de chaque chanson un petit spectacle, avec décor, costumes et chorégraphie, et les chanteurs y passent le plus souvent en play-back, sur l’enregistrement du disque. Dans les années 1980, le clip prend le relais : Mylène Farmer et Laurent Boutonnat en font de véritables courts métrages, et celui de « Libertine », en 1986, est tourné comme un film en costumes. Aujourd’hui, une chanson se lance autant sur les réseaux sociaux qu’à la radio.

Sur scène, la variété pose un problème particulier : les disques sont produits en studio, avec des cordes, des chœurs, des synthétiseurs et des effets que peu de formations peuvent reproduire en tournée. Les grandes vedettes y répondent par l’orchestre et une vingtaine de musiciens ; un artiste qui débute doit faire avec trois ou quatre personnes sur scène, parfois seul. Une alternative consiste à jouer les parties en direct, avec un logiciel de scène. C’est ce que permet MainStage : on empile dans un même patch, le nom que MainStage donne à la configuration d’un morceau, plusieurs instruments répartis par plages de touches, les cordes dans le grave et le piano dans le médium, et on passe d’un morceau à l’autre sans couper le son. Pour ce genre, préparez un patch par chanson dans l’ordre du concert, et gardez la voix sur un canal à part, avec son propre traitement, pour qu’elle reste au premier plan quel que soit le morceau. Les claviers se jouent alors à la main, et les parties impossibles à jouer, les chœurs, une boucle de batterie ou une séquence, peuvent tourner à côté. Attention toutefois : MainStage ne dispose ni de Drummer, ni des Session Players, ni de Flex, ni de l’assistant de mastérisation, ni du séparateur de pistes. La préparation du spectacle se fait dans Logic Pro, et MainStage sert à le jouer.

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La variété française aujourd’hui

En 2026, la variété vit dans un paysage qu’elle ne domine plus seule. Le streaming a fait du rap français le genre le plus écouté du pays : selon le Centre national de la musique, il représentait en 2024 42 % des écoutes du top 10 000 des titres en streaming en France. La variété garde pourtant des bastions : les radios, tenues par les quotas de chansons d’expression française, la télévision, les tournées dans les grandes salles et les stades, et un public plus âgé qui achète encore des albums physiques.

Les télé-crochets restent une porte d’entrée. The Voice, sur TF1 depuis 2012, a révélé Louane, Kendji Girac, vainqueur en 2014, ou Slimane, vainqueur en 2016. La Star Academy, revenue sur TF1 en octobre 2022, a retrouvé un large public, et Pierre Garnier, vainqueur de la saison 2023, dont la finale a lieu le 3 février 2024, place la même année « Ceux qu’on était » en tête des singles et son premier album, Chaque seconde, en tête des albums. Le cinéma a joué son rôle : Louane, demi-finaliste de The Voice en 2013, tient le premier rôle de La Famille Bélier en 2014, y chante des chansons de Michel Sardou, dont « Je vole », et reçoit pour ce rôle le César du meilleur espoir féminin.

Une génération d’autrices et d’auteurs a par ailleurs redonné du prestige au mot. Angèle, Bruxelloise révélée à la fin des années 2010, mêle refrains pop et vocabulaire de la conversation sur Nonante-Cinq. Clara Luciani revendique les cordes et les refrains des années 1970 sur Sainte-Victoire, avec « La Grenade ». Juliette Armanet assume le piano, les ballades et les boules à facettes de la variété des années 1970 sur Brûler le feu, avec « Le Dernier Jour du disco ». Vianney, guitare en main, signe pour lui comme pour les autres, et Zaho de Sagazan, révélée par La Symphonie des éclairs, mêle chanson et musique électronique. L’Eurovision, enfin, que la France n’a plus gagné depuis Marie Myriam en 1977, est redevenu un rendez-vous : Barbara Pravi y termine deuxième en 2021 avec « Voilà », et Slimane quatrième en 2024 avec « Mon amour ».

La nostalgie est aussi devenue un marché : les tubes d’hier sont régulièrement repris et remixés, comme les nouvelles versions d’« Alexandrie Alexandra » publiées pour ses vingt ans, en 1998, puis pour ses quarante ans, à partir de décembre 2017. La variété d’hier est devenue un patrimoine, et celle d’aujourd’hui puise dedans.

Faire de la variété en 2026 sans tomber dans le pastiche

  • Écrivez un refrain qui tient en une phrase et qui contient le titre : c’est la seule règle de la variété qui n’a jamais changé depuis 1960.
  • Choisissez une époque de référence pour le son, les cordes des années 1970, les synthétiseurs des années 1980 ou la production actuelle, plutôt que d’empiler les clins d’œil.
  • Gardez une voix intelligible à chaque syllabe : un texte en français qu’on ne comprend pas perd la moitié de son effet.
  • Écrivez dans votre français à vous, avec vos mots et vos images, plutôt que dans le français des chansons d’il y a quarante ans.
  • Si vous adaptez une chanson étrangère ou reprenez un tube, obtenez les autorisations avant de publier : la partie « Labels, droits et adaptations » explique pourquoi.

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Douze artistes pour commencer

Voir les 100 artistes

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Produire un titre de variété en home studio

Cette partie suppose que vous savez créer un projet, ajouter une piste d’instrument logiciel et une piste audio, enregistrer une région et éditer des notes dans l’éditeur clavier de Logic Pro. Si ce n’est pas encore le cas, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro, puis revenez ici. Pour les accords, voyez le cours Bien démarrer au piano et en harmonie. Tout ce qui suit s’appuie sur les instruments et les effets fournis avec Logic Pro. Studio Piano, Studio Bass et les Session Players sont apparus avec Logic Pro 11, et ChromaGlow, un effet de saturation, exige un Mac équipé d’une puce Apple silicon.

Prenez les étapes dans l’ordre : on part ici de la chanson, mélodie et texte, avant le son, parce qu’en variété c’est le refrain qui décide de tout. Pour une première séance d’une heure, arrêtez-vous à la fin de l’étape « La maquette guitare-voix ou piano-voix » : un refrain qui tient debout avec un seul instrument vaut mieux qu’une production de quarante pistes autour d’une mélodie faible.

Écrire en français : prosodie, rimes et refrain

  • Écrivez d’abord le refrain, en une ou deux phrases, et mettez-y le titre de la chanson.
  • Lisez chaque vers à voix haute et soulignez la dernière syllabe prononcée de chaque groupe de mots : c’est là que tombe l’accent du français.
  • Placez ces syllabes accentuées sur les temps forts de la mélodie, le premier et le troisième temps de la mesure.
  • Évitez de chanter un « e » muet final sur un temps fort : « je t’aime » se chante « je t’ai-me », le « me » léger, après le temps.
  • Préférez les voyelles ouvertes, « a », « o », « è », sur les notes longues et aiguës du refrain ; gardez « i » et « u » pour les notes courtes.
  • Faites rimer le refrain en rimes pleines, et faites tomber le titre à la rime.
  • Gardez des couplets plus parlés, sur une tessiture plus grave, pour que le refrain monte et s’ouvre.
  • Écrivez un pré-refrain de deux à quatre mesures qui fait monter la tension avant le refrain.
  • Comptez les syllabes de chaque vers d’un couplet à l’autre : une même mélodie doit pouvoir porter les deux textes.

La maquette guitare-voix ou piano-voix

  • Réglez le tempo du projet sur 116 BPM pour retrouver le motif du lecteur ; descendez entre 70 et 80 BPM pour une ballade.
  • Créez une piste audio pour la voix et une piste Studio Piano, ou une piste audio pour votre guitare.
  • Jouez la grille « La basse qui descend » pour le couplet et « La montée vers le refrain » pour le pré-refrain, un accord par mesure.
  • Chantez la chanson entière, en une prise, sans chercher la perfection : cette maquette sert à juger la mélodie et le texte.
  • Placez des marqueurs pour l’introduction, les couplets, le pré-refrain, le refrain et le pont.
  • Écoutez la maquette le lendemain : si le refrain ne vous revient pas en tête, réécrivez-le avant de produire quoi que ce soit.

La batterie et la basse

  • Pour un son de boîte à rythmes des années 1980, créez une piste Drum Machine Designer et choisissez un kit électronique.
  • Créez sur cette piste une région de motif, le type de région qu’édite le Step Sequencer, l’éditeur pas à pas de Logic Pro, et vérifiez qu’elle compte seize pas en doubles-croches.
  • Allumez la grosse caisse aux pas 1, 9 et 11, la caisse claire et le clap aux pas 5 et 13, et le charleston sur les seize pas.
  • En mode Velocity/Value, donnez au charleston une vélocité plus forte sur les temps, autour de 90, que sur les autres pas, autour de 50.
  • Pour la variante, ajoutez sur la dernière mesure de chaque section un roulement de toms aux pas 13, 14, 15 et 16, de plus en plus fort.
  • Pour une batterie jouée, plus proche des années 1970 ou d’aujourd’hui, créez plutôt une piste Drummer, choisissez un batteur pop et réglez la complexité et le volume de jeu dans l’éditeur Drummer.
  • Pour la basse, chargez Studio Bass et jouez les fondamentales en croches, ou confiez la ligne à Bass Player, le Session Player de basse, qui suit la piste d’accords.
  • Pour une basse de synthétiseur des années 1980, chargez Retro Synth et jouez des croches serrées, le filtre à moitié fermé.

Les cordes et les cuivres des années 1960 et 1970

  • Chargez Studio Strings sur une piste et écrivez des notes tenues sur les couplets, en accords serrés au-dessus du do central.
  • Écrivez une contre-mélodie de cordes qui répond à la voix dans les silences, entre deux phrases, et jamais pendant qu’elle chante.
  • Montez les cordes d’une octave au dernier refrain pour donner de l’ampleur sans rien ajouter.
  • Chargez Studio Horns pour les cuivres et écrivez des ponctuations courtes, deux ou trois notes à la fin des phrases du refrain.
  • Jouez chaque pupitre sur une piste séparée, violons, altos, violoncelles, trompettes, plutôt qu’un accord plaqué au clavier : c’est ce qui rend un arrangement crédible.

Les synthétiseurs des années 1980

  • Chargez Retro Synth et passez-le en mode FM pour des sons de piano électrique et de cloche proches des synthétiseurs numériques de l’époque.
  • Pour une nappe, chargez Alchemy ou ES2, avec une attaque d’une demi-seconde et un relâchement d’une à deux secondes.
  • Jouez la nappe en accords tenus et laissez la mélodie aux claviers plus brillants.
  • Pour un arpège, insérez le MIDI FX Arpeggiator sur une piste de Retro Synth et réglez-le en doubles-croches, synchronisé au tempo.
  • Ajoutez sur la caisse claire un envoi vers une grande réverbération, Space Designer sur un préréglage de grande salle, pour retrouver son ampleur des années 1980.

La prise de voix en home studio

  • Enregistrez dans la pièce la plus mate de votre logement, avec des rideaux, des livres et des meubles autour du micro.
  • Placez un filtre anti-pop à une dizaine de centimètres du micro et chantez à quinze ou vingt centimètres.
  • Réglez le gain de la carte son pour que les passages les plus forts du refrain culminent autour de moins 10 dB.
  • Enregistrez à 24 bits et laissez de la marge : une voix saturée à la prise ne se répare pas.
  • Enregistrez le refrain plusieurs fois en mode cycle, sur des prises successives, puis composez la meilleure version avec le Quick Swipe Comping, le montage par glissement entre les prises.
  • Doublez la voix du refrain, la même ligne chantée une seconde fois, et ajoutez deux voix de chœur, une tierce au-dessus et une octave en dessous.
  • Pour les petites justesses, ouvrez Flex Pitch sur la piste de voix et corrigez note par note, sans tout aligner : une voix trop corrigée perd son interprétation.

Le mixage de la voix en français

  • Insérez un Channel EQ et coupez sous 80 à 100 Hz pour retirer les bruits de manipulation et les graves inutiles.
  • Insérez un Compressor avec un ratio de 3 à 4 pour 1 et 4 à 6 dB de réduction sur les passages forts, pour que chaque syllabe garde le même niveau.
  • Insérez un DeEsser 2 pour atténuer les « s », les « ch » et les « z », très nombreux en français ; écoutez en solo, puis dans le mixage, et n’en faites pas trop, sous peine de faire zézayer le chanteur.
  • Soulignez la zone de l’intelligibilité, entre 2 et 5 kHz, d’un ou deux décibels sur la voix, plutôt que de monter son volume.
  • Creusez légèrement la même zone sur les instruments qui la masquent, guitares et nappes, pour faire une place aux consonnes.
  • Envoyez la voix vers une réverbération de plaque, un préréglage de plaque de Space Designer, avec un pré-délai de 40 à 80 millisecondes pour que les consonnes restent nettes.
  • Ajoutez un écho Stereo Delay en croches, très bas, pour épaissir le refrain sans l’éloigner.
  • Pour que la musique s’efface sous le chant, insérez un Compressor sur le bus des instruments et choisissez la piste de voix dans le menu Side Chain de l’en-tête du plug-in, avec 1 à 2 dB de réduction. La fiche sidechain explique le principe.
  • Automatisez le volume de la voix mot par mot sur les fins de phrase qui se perdent, plutôt que de compresser davantage.

Le master

  • Mesurez le volume avec Loudness Meter et visez autour de moins 10 à moins 9 LUFS intégrés pour un titre dansant, l’unité du volume perçu, et un peu moins pour une ballade.
  • Gardez le pic réel sous moins 1 dBTP, le décibel true peak : dans Adaptive Limiter, cochez True Peak Detection et réglez Out Ceiling sur moins 1 dB.
  • Les fiches mixage et mastering détaillent la marche à suivre.

Ce qu’un praticien fait vraiment

L’ordre des étapes ci-dessus est pédagogique. En pratique, un compositeur de variété part presque toujours d’un refrain : une phrase, un titre, une mélodie de quelques notes qui lui reste en tête. Il la chante dans son téléphone, la travaille au piano ou à la guitare, et ne produit rien tant que le refrain ne tient pas seul. La production vient ensuite, et elle se juge à une question simple : est-ce qu’elle sert la voix ?

La deuxième habitude est de travailler pour un interprète. Beaucoup de grandes chansons de variété ont été écrites sur mesure, pour une voix et une personnalité : Jean-Jacques Goldman a écrit l’album Gang pour Johnny Hallyday en 1986, puis D’eux pour Céline Dion en 1995. Même si vous chantez vous-même, écrivez pour votre voix réelle, sa tessiture et son grain, pas pour celle que vous aimeriez avoir.

Les cinq erreurs du débutant

  • Produire avant d’écrire : une belle production ne sauve pas un refrain faible.
  • Placer les accents du texte à contretemps de la mélodie : en français, l’oreille l’entend tout de suite, et le texte devient incompréhensible.
  • Noyer la voix dans l’arrangement : en variété, on doit comprendre chaque mot, même au milieu des cordes ou des synthétiseurs.
  • Écraser le refrain sous trop de pistes : le dernier refrain gagne plus à une modulation ou à une octave de cordes qu’à dix instruments de plus.
  • Publier une adaptation ou une reprise sans autorisation : la partie consacrée aux droits explique ce que la loi exige.
Apprendre à produire pour de bon

Poser un refrain, une batterie et quelques cordes pour un titre de variété s’apprend en une soirée. Construire une chanson entière, la mixer et la finir demande une méthode. C’est ce que nous transmettons à YouTips, à Grenoble et à distance.

  • Organisme certifié Qualiopi, formation finançable
  • Formateur Logic Pro depuis 20 ans, MainStage depuis sa sortie
  • Progression du projet vide au morceau masterisé
  • Petits groupes et suivi individuel

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Où trouver des sons de variété ?

Dans Logic Pro

  • Studio Strings et Studio Horns pour les cordes et les cuivres des orchestres des années 1960 et 1970.
  • Studio Piano, Vintage Electric Piano et Vintage B3 pour les claviers de toutes les époques.
  • Retro Synth, ES2 et Alchemy pour les synthétiseurs, les nappes et les basses des années 1980.
  • Drum Machine Designer et le Step Sequencer pour les boîtes à rythmes, Drum Kit Designer et Drummer pour les batteries jouées.
  • Studio Bass et les Session Players, Bass Player et Keyboard Player, pour la basse et l’accompagnement au clavier.
  • Space Designer, ChromaVerb, Stereo Delay, Compressor, Channel EQ et DeEsser 2 pour le traitement de la voix.

Boucles et banques

  • Splice : abonnement à la boucle, sous une licence dite libre de droits, sans redevance par utilisation.
  • Loopmasters : banques vendues à l’unité, sous licence sans redevance par utilisation, à lire avant tout usage commercial.
  • Sample Magic : banques thématiques soignées, dont des sons pop et des batteries électroniques.
  • Freesound : bruitages et ambiances versés par une communauté, sous licences Creative Commons variées, à lire fichier par fichier avant tout usage commercial.

Instruments virtuels

  • Spitfire Audio : sa série LABS, gratuite, riche en cordes et en pianos, et des orchestres complets.
  • Arturia : émulations de synthétiseurs et de claviers anciens, utiles pour les sons des années 1970 et 1980.
  • Native Instruments : orchestres, pianos et batteries pour toutes les époques de la variété.

Voix et caractère

  • Valhalla DSP : réverbérations et échos à prix modeste, dont un modèle gratuit, Supermassive.
  • ChromaGlow, présent dans Logic Pro 11 sur les Mac à puce Apple, pour une saturation douce sur la voix ou le bus des instruments. La fiche ChromaGlow le présente.

Pour choisir votre micro, votre carte son et votre casque avant d’investir dans les logiciels, le cours Équipez votre home studio passe en revue les priorités dans l’ordre.

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Lexique de la variété française

  • VariétéChanson populaire de grande diffusion, pensée pour la radio, la télévision et le plus large public ; au pluriel, « les variétés » désigne aussi les émissions de divertissement chantées.
  • Yé-yéNom donné au début des années 1960 à la première génération de chanteurs adolescents, tiré des « yeah, yeah » des chansons anglaises et popularisé en 1963 par le sociologue Edgar Morin dans Le Monde.
  • AdaptationNouveau texte écrit dans une autre langue sur la mélodie d’une chanson existante ; ce n’est pas une traduction, et elle exige l’accord des auteurs de l’original.
  • ParolierAuteur des paroles d’une chanson, distinct du compositeur, qui écrit la musique.
  • ArrangeurMusicien qui écrit l’accompagnement et l’orchestration d’une chanson à partir de sa mélodie et de ses accords.
  • Directeur artistiquePersonne qui, dans une maison de disques, choisit les chansons, les associe aux interprètes et suit leur enregistrement.
  • ProsodieAccord entre le rythme et les accents de la langue et ceux de la mélodie ; en français, l’accent tombe sur la dernière syllabe prononcée d’un groupe de mots.
  • Pré-refrainCourte section qui fait monter la tension entre le couplet et le refrain.
  • Télé-crochetConcours de chant télévisé, de la Star Academy à The Voice, qui révèle de nouveaux interprètes.
  • Quotas radioObligation faite depuis la loi de 1994, appliquée en 1996, aux radios françaises de diffuser au moins 40 % de chansons d’expression française, dont la moitié de nouveaux talents ou de nouvelles productions.

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Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter

MorceauTempoProductionCe qu’il enseigne
« Belles ! Belles ! Belles ! »Claude François, 1962RapideChristian Chevallier et son orchestreUn tube des Everly Brothers réécrit en français : le modèle de l’adaptation yé-yé, avec un orchestre de studio derrière une voix adolescente.
« Les Champs-Élysées »Joe Dassin, 1969ModéréJacques Plait, arrangement de Jean MusyUne chanson anglaise, « Waterloo Road », devenue un hymne de Paris grâce au texte de Pierre Delanoë : l’adaptation qui dépasse l’original.
« Alexandrie Alexandra »Claude François, 1978DansantNon précisée ; enregistré aux studios Trident, à Londres, en 1977La grosse caisse sur les quatre temps et les cordes du disco, au format d’une chanson de variété de quelques minutes : le disco à la française.
« Tout pour la musique »France Gall, 1981RapideMichel BergerUn couple d’auteur et d’interprète qui invente la variété des années 1980, entre pop anglo-saxonne et texte en français.
« Pour que tu m’aimes encore »Céline Dion, 1995LentJean-Jacques Goldman et Erick BenziUne ballade écrite sur mesure pour une voix, qui monte du murmure au cri : l’art d’écrire pour un interprète.
« Papaoutai »Stromae, 2013ModéréStromaeUn texte grave sur une production dansante, et un refrain d’un seul mot découpé en syllabes : la variété de l’ère du streaming.

Aucune mesure de tempo publiée et fiable n’a été trouvée pour ces six titres : les indications sont des repères d’écoute, à vérifier vous-même en tapant la pulsation sur trente secondes, puis en multipliant par deux. Pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables). Ces six titres ont été choisis pour leur valeur pédagogique, et non pour représenter toutes les époques du genre.

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Labels, droits et adaptations

La variété française s’est construite autour de quelques maisons de disques. Vogue publie les premiers disques de Johnny Hallyday et de Françoise Hardy, Barclay, Philips et Pathé-Marconi se partagent une grande partie des vedettes des années 1960 et 1970, et des producteurs indépendants bâtissent des écuries autour d’un ou deux artistes : Claude Carrère pour Sheila, Claude François avec son propre label, Flèche. Les éditeurs de musique, qui gèrent les droits des chansons, sont tout aussi décisifs : ce sont eux qui négocient les adaptations de titres étrangers et placent les chansons auprès des interprètes. Aujourd’hui, les trois majors, Universal, Sony et Warner, détiennent l’essentiel des catalogues historiques, et les nouveaux artistes passent par elles, par des labels indépendants ou par l’autoproduction avec un distributeur numérique.

La radio, elle, est encadrée par la loi. Depuis la loi du 1er février 1994, qui modifie la loi de 1986 sur la liberté de communication, les radios françaises doivent diffuser, aux heures d’écoute significative, au moins 40 % de chansons d’expression française, dont la moitié au moins provenant de nouveaux talents ou de nouvelles productions. Ces quotas s’appliquent depuis le 1er janvier 1996. Le régulateur, alors le CSA, en a aménagé l’application dès janvier 1996, et certaines radios, comme les stations de musique classique et les radios associatives, en sont exclues. La loi du 7 juillet 2016, dite LCAP, a ajouté un plafonnement des rotations : quand plus de la moitié des diffusions de chansons françaises d’une radio porte sur ses dix titres les plus programmés, les passages au-delà de ce seuil ne comptent plus pour le quota. Ces quotas expliquent en partie pourquoi la variété reste si présente sur les ondes alors que le streaming est dominé par le rap.

Sur une chanson, deux droits coexistent. Le droit d’auteur porte sur l’œuvre, la musique et le texte, et il est le plus souvent géré en France par la Sacem lorsque les auteurs y ont adhéré ; les parts du parolier, du compositeur et de l’éditeur se fixent par écrit avant la sortie. Les droits voisins portent sur l’enregistrement et appartiennent au producteur du disque, celui qui finance et détient la bande, ainsi qu’aux artistes-interprètes. Un contrat de label porte d’abord sur ce second droit : lisez la durée de la cession, le territoire, le partage des revenus et l’exclusivité. Un contrat d’édition porte sur le premier, et il mérite la même attention.

La synchronisation, l’association d’une chanson à des images dans une publicité, un film, une série ou une émission, est un débouché important de la variété, dont les grands succès servent souvent de bande-son à la nostalgie. Elle exige deux autorisations distinctes, celle de l’éditeur pour l’œuvre et celle du producteur pour l’enregistrement, aucune des deux n’étant délivrée par la Sacem. Méfiez-vous des contrats qui vous demandent de céder tous vos droits pour une somme forfaitaire : lisez ce que vous cédez, pour combien de temps et sur quels supports.

Adapter, reprendre, échantillonner : ce que dit le droit

  • Reprendre une chanson telle qu’elle a été écrite, mélodie et texte, ne demande pas en France d’autorisation particulière aux auteurs pour la jouer en concert : l’organisateur déclare le répertoire et règle les droits à la Sacem, qui les reverse aux ayants droit, y compris étrangers.
  • Publier votre enregistrement d’une reprise fidèle suppose une autorisation de reproduction mécanique, obtenue en pratique auprès de la SDRM, la société qui gère ce droit pour la Sacem, ou par l’intermédiaire de votre distributeur.
  • Adapter une chanson étrangère en français, c’est-à-dire écrire un nouveau texte sur sa mélodie, est une modification de l’œuvre : elle exige l’accord préalable des auteurs ou de leur éditeur, qui peuvent le refuser sans se justifier. C’est ce qu’ont négocié, titre après titre, les éditeurs du yé-yé.
  • Une fois l’adaptation autorisée, l’adaptateur devient coauteur de la version française : sa part, généralement prise sur celle des paroles, est fixée par contrat et déclarée à la Sacem. Les auteurs de la musique originale restent rémunérés, comme ceux de « Comme d’habitude » sur chaque diffusion de « My Way ».
  • Échantillonner un enregistrement, pratique courante de la pop urbaine qui puise dans les tubes de variété, demande deux autorisations, celle des titulaires des droits sur l’œuvre, généralement l’éditeur, et celle du producteur de l’enregistrement.
  • Dans l’arrêt Pelham du 29 juillet 2019, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que même un fragment très court reproduit l’enregistrement, sauf s’il est modifié au point d’être méconnaissable à l’écoute : accélérer, filtrer ou découper un refrain ne suffit pas tant qu’on le reconnaît.
  • Rejouer soi-même une mélodie protégée au lieu de l’échantillonner, ce qu’on appelle une interpolation, demande toujours l’accord des titulaires des droits sur l’œuvre, mais plus celui du producteur de l’enregistrement d’origine.
  • Avant de publier un titre qui contient un échantillon, faites-le « clearer », c’est-à-dire obtenez par écrit les autorisations nécessaires, avec le partage des droits qui en découle ; sans elles, le titre peut être retiré des plateformes.
  • Les sons d’usine de Logic Pro, boucles, échantillons et jeux de sons, peuvent selon Apple être utilisés sans redevance dans vos propres morceaux, mais pas distribués seuls ni reconditionnés en banques.
  • Le style lui-même n’est pas protégé : personne ne possède une grille d’accords, une modulation au dernier refrain ou un son de synthétiseur des années 1980. Ce qui est protégé, c’est une mélodie, un texte ou un enregistrement précis.

Une fois ces questions réglées, reste à faire connaître votre musique : dans un genre qui s’est toujours vendu par l’image, de la télévision des Carpentier aux clips et aux réseaux sociaux, notre formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens vous apprend à monter vos vidéos, à construire votre EPK et à publier votre site d’artiste.

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Une playlist pour écouter la variété française

Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis dans la liste des 100 artistes ci-dessous. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.

  • Variété française, la découverte30 titres · 1 h 52

    De Johnny Hallyday (1961) à Slimane (2023) : soixante ans de refrains en français, du yé-yé au disco, des synthés du Top 50 aux grandes voix et aux télé-crochets.

    Ouvrir dans Apple Music

Sans abonnement Apple Music, le lecteur fait entendre des extraits de 30 secondes. Du gospel à la techno, toutes les playlists tirées du glossaire sont sur la page Playlists YouTips.

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Les 100 artistes qui ont fait la variété française

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que la variété française ?

C’est la chanson populaire de langue française conçue pour le plus large public et diffusée par la radio, la télévision, le disque et aujourd’hui le streaming. Son âge moderne commence en 1959 avec l’émission Salut les copains et la vague yé-yé. Elle se reconnaît à une forme courte, à un refrain fort, à une voix très en avant et à un arrangement à la mode de son époque, et elle est le plus souvent le fruit d’une équipe de paroliers, de compositeurs, d’arrangeurs et de producteurs.

Quelle est la différence entre la chanson française et la variété ?

Dans la chanson française à texte, celle de Brassens, Brel ou Barbara, le texte commande et l’auteur chante ce qu’il a écrit. Dans la variété, le refrain et l’interprète commandent, l’écriture est souvent collective et l’arrangement s’entend davantage. Les deux se recouvrent largement, et beaucoup d’artistes passent de l’une à l’autre : retenez que l’on se souvient d’abord du texte d’une chanson d’auteur, et d’abord du refrain d’un titre de variété.

Quels sont les chanteurs de variété française les plus connus ?

Pour les années 1960, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Claude François, Françoise Hardy, France Gall et Sheila ; pour les années 1970, Michel Sardou, Joe Dassin, Dalida et Michel Polnareff ; pour les années 1980, Jean-Jacques Goldman, Daniel Balavoine et Mylène Farmer ; pour les années 1990, Céline Dion, Patrick Bruel et Pascal Obispo ; et aujourd’hui Vianney, Louane, Slimane, Angèle, Clara Luciani ou Juliette Armanet. La liste des 100 artistes de cette fiche les classe par époque.

Que disent les quotas de chansons françaises à la radio ?

Depuis la loi du 1er février 1994, appliquée à partir de 1996, les radios françaises doivent diffuser, aux heures d’écoute significative, au moins 40 % de chansons d’expression française, dont la moitié au moins de nouveaux talents ou de nouvelles productions. Certaines radios, comme les stations de musique classique, en sont exclues, et la loi du 7 juillet 2016 a ajouté un plafonnement des rotations : les passages répétés des dix titres les plus programmés ne comptent plus au-delà de la moitié des diffusions francophones.

Comment produire un titre de variété dans Logic Pro ?

Écrivez d’abord le refrain et vérifiez la prosodie, en plaçant les syllabes accentuées du français sur les temps forts. Enregistrez une maquette piano-voix ou guitare-voix, puis programmez une batterie, par exemple le motif de cette fiche à 116 BPM dans Drum Machine Designer, une basse avec Studio Bass, des cordes et des cuivres avec Studio Strings et Studio Horns ou des synthétiseurs avec Retro Synth et Alchemy. Soignez surtout la voix : prise à quinze ou vingt centimètres du micro, DeEsser 2 pour les sifflantes, Compressor et réverbération de plaque. La partie « Produire un titre de variété en home studio » détaille chaque réglage.

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Sources

  • Wikipedia en anglais, consulté le 21 octobre 2026 : « Salut les copains » (émission et magazine), « France in the Eurovision Song Contest », « Notre-Dame de Paris (musical) », « La Famille Bélier », les articles sur les titres et albums cités (de « Let’s Twist Again » à « D’eux » et « Pour que tu m’aimes encore ») et ceux consacrés à Claude François, Dalida, Sylvie Vartan, Sheila, Joe Dassin, Pierre Delanoë, Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, Mylène Farmer et Pierre Garnier.
  • Encyclopédie Larousse, notices « Johnny Hallyday » et « Mylène Farmer » ; Vikidia, « Saison 1 de Star Academy » et « The Voice : la plus belle voix », consultés le 21 octobre 2026.
  • Sénat, question écrite n° 11527 de Danièle Pourtaud et réponse du ministère de la Culture sur les quotas radiophoniques (1998) ; CMS Francis Lefebvre, « Le Conseil d’État juge le plafonnement de la rotation des chansons françaises à la radio conforme… » ; loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986, article 28, modifiée par la loi n° 94-88 du 1er février 1994 et par la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016.
  • Charts in France, « Flashback spécial 30 ans du Top 50 : qui était numéro 1 le 4 novembre 1984 ? » ; Numéro, « Novembre 1985 : les premières Victoires de la musique » ; La Libre Belgique, sur le retour de la Star Academy (octobre 2022) ; DH, portrait de France Gall (janvier 2018) ; RTBF, « Claude François, une vie à 100 à l’heure » ; Le Petit Journal Dublin, sur « Les Lacs du Connemara ».
  • Centre national de la musique, « La diversité musicale en streaming audio 2024 », chiffre repris de la fiche Rap français.
  • Cour de justice de l’Union européenne, arrêt Pelham, C-476/17, 29 juillet 2019 ; Code de la propriété intellectuelle, articles L121-1, L122-4 et L113-2.
  • Apple Music, catalogue et genre « Variété française », et Wikidata, consultés en octobre 2026.
  • Apple, « Use the royalty-free content included with Logic Pro for Mac and MainStage in commercial works », et Logic Pro : Guide de l’utilisateur, consultés en 2026.

Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro depuis 20 ans et MainStage depuis sa sortie. Qui sommes-nous ?