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New wave
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La new wave, « nouvelle vague » en anglais, est la musique pop née du punk à la fin des années 1970, aux États-Unis et au Royaume-Uni, qui a dominé les radios et les clips des années 1980. Elle garde du punk l’énergie et l’esprit « faites-le vous-même », mais elle revient à la mélodie, aux refrains et aux claviers. Trois éléments la reconnaissent : un rythme droit et nerveux, souvent joué par une boîte à rythmes Roland ou Linn, avec la caisse claire sur les deuxième et quatrième temps ; des synthétiseurs, qui remplacent peu à peu les guitares, et une basse qui joue souvent la mélodie ; une attitude distante, nerveuse ou ironique, que les clips de MTV ont rendue visible à partir de 1981. Le mot a été popularisé par Seymour Stein, le patron du label Sire, en clin d’œil à la Nouvelle Vague du cinéma français. Il couvre une famille plutôt qu’un style : la pop à guitares de Blondie, des Talking Heads et de The Police, la synthpop de The Human League et de Depeche Mode, le post-punk et la cold wave de Joy Division et de The Cure, et en France Taxi Girl, Indochine, Marquis de Sade ou Étienne Daho. En 2021, « Blinding Lights » de The Weeknd, construit sur ces sons, a été désigné par le magazine Billboard comme le titre le plus performant de l’histoire de son classement.
- PériodeDe 1977 à la fin des années 1980, avec un renouveau continu depuis les années 2000
- FoyerRoyaume-Uni et États-Unis, puis la France, la Belgique et toute l’Europe
- TempoVif, de la ballade synthétique au titre dansant ; le motif de cette fiche est à 124 BPM
- RythmeMesure à quatre temps droite, sans swing : caisse claire sur les temps 2 et 4, charleston en croches, basse en croches régulières
- InstrumentsSynthétiseurs analogiques puis numériques, boîtes à rythmes, séquenceurs, basse mélodique, guitares sèches et anguleuses, voix distante
La new wave en bref
- Origine : la scène punk de New York et de Londres en 1976 et 1977, d’où sortent une pop plus mélodique, le post-punk et la synthpop.
- Son : une boîte à rythmes droite, une basse en croches ou mélodique, des nappes et des riffs de synthétiseur, une guitare sèche et une voix qui garde ses distances.
- Trois albums : Parallel Lines de Blondie (1978), Dare de The Human League (1981), L’Aventurier d’Indochine (1982).
- En home studio : tout se joue sur une boîte à rythmes bien programmée, une basse en croches et deux ou trois sons de synthétiseur choisis avec soin, que Logic Pro fournit sans rien acheter.
- Le point à connaître : le mot recouvre des musiques très différentes, du tube dansant à la cold wave la plus sombre, et il désigne aussi en France un courant récent du rap francophone. Cette fiche parle de la musique née à la fin des années 1970.
Trois albums pour entrer dans la new wave
- Parallel LinesBlondie, 1978
L’album de Blondie paru le 8 septembre 1978 chez Chrysalis, produit par Mike Chapman au Record Plant de New York. « Heart of Glass », construit autour d’une boîte à rythmes Roland CR-78, devient le premier titre new wave numéro un aux États-Unis, et « Hanging on the Telephone » reprend une chanson du groupe The Nerves. Meilleure vente d’albums de 1979 au Royaume-Uni, c’est selon Rolling Stone le disque « où le punk et la new wave ont percé auprès du grand public américain ».
Écouter sur Apple Music - DareThe Human League, 1981
Paru le 16 octobre 1981 chez Virgin, produit par Martin Rushent au studio Genetic Sound, dans le Berkshire, avec une boîte à rythmes Linn LM-1 et des synthétiseurs Roland, Korg, Casio et Yamaha. « Don’t You Want Me », numéro un au Royaume-Uni pendant cinq semaines autour de Noël 1981, puis aux États-Unis le 3 juillet 1982, et « Love Action (I Believe in Love) » en font un manifeste de la synthpop. Numéro un des albums au Royaume-Uni, il y reste classé 71 semaines.
Écouter sur Apple Music - L’AventurierIndochine, 1982
Sorti le 15 novembre 1982 chez Clémence Melody, produit par le groupe et Patrick Le Morvan, ce disque de sept titres réunit les premiers enregistrements d’Indochine, dont « Dizzidence Politik ». La chanson « L’Aventurier », qui puise dans l’univers du héros de romans Bob Morane, devient le tube de l’été 1983 en France, et le disque dépasse les 250 000 exemplaires : la preuve qu’une new wave chantée en français pouvait conquérir le grand public.
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Qu’est-ce que la new wave ?
La new wave est un genre de pop né aux États-Unis et au Royaume-Uni à la fin des années 1970. D’abord simple synonyme de punk, le mot a ensuite désigné une branche plus légère et plus mélodique, que Wikipédia en anglais décrit comme un élargissement de la culture punk. Elle en garde l’éthique, faire sa musique soi-même, hors des grandes maisons de disques, mais puise dans la pop des années 1960 et dans l’électronique. Le critique Simon Reynolds lui trouve un ton « nerveux et agité » : guitares hachées, riffs anguleux, claviers, voix haut perchées, et des musiciens en costume et grosses lunettes, comme Devo, les Talking Heads ou Elvis Costello.
Ce qui existait avant
La new wave a deux racines. La première est new-yorkaise. Au CBGB, petit club du Bowery, Television donne son premier concert en mars 1974, et le patron du lieu, Hilly Kristal, y verra « le début de la new wave ». Les Talking Heads y jouent pour la première fois en juin 1975, en première partie des Ramones. Leur rock est maigre, tendu, souvent étrange, et les critiques Nick Kent et Dave Marsh emploient l’expression « new wave » dès 1973 pour ces groupes new-yorkais.
La seconde racine est européenne et électronique. En 1975, Kraftwerk entre dans le classement britannique avec « Autobahn » et donne son premier concert au Royaume-Uni : deux jeunes Anglais, Andy McCluskey et Paul Humphreys, en sortent décidés à fonder le futur OMD. À Düsseldorf, le duo Neu!, fondé en 1971 par deux anciens de Kraftwerk, a inventé une pulsation obstinée qu’on appellera le motorik. En 1977, « I Feel Love », produit par Giorgio Moroder pour Donna Summer, impose les rythmes programmés, et David Bowie publie Low et “Heroes”, deux albums conçus avec Brian Eno. Le punk, une fois sa colère épuisée, n’a plus qu’à se tourner vers les machines.
La naissance du genre
Tout se joue entre 1977 et 1979. En juillet 1977, Elvis Costello publie My Aim Is True chez le petit label londonien Stiff, et The Police se forment à Londres en mêlant le punk au reggae. En octobre, Sire lance aux États-Unis une campagne intitulée « Don’t Call It Punk », n’appelez pas ça du punk, pour remplacer ce mot par celui de new wave, et à la fin de l’année, au Royaume-Uni, la substitution est faite. Puis les tubes arrivent : en novembre 1978, « Rat Trap » de The Boomtown Rats devient le premier numéro un new wave britannique, et en 1979, « Heart of Glass » de Blondie est le premier titre new wave numéro un aux États-Unis. Les années 1978 et 1979 battent les records de ventes de 45 tours au Royaume-Uni.
Au même moment, deux branches s’écartent du tronc. La première est électronique : en 1978, « Being Boiled » de The Human League et « Warm Leatherette » de The Normal, le projet de Daniel Miller, font entendre une pop entièrement jouée au synthétiseur. À la fin de 1978, Gary Numan trouve un Minimoog oublié dans un studio : « Are “Friends” Electric ? », de son groupe Tubeway Army, est numéro un au Royaume-Uni à l’été 1979, et « Cars », sorti le 24 août sous son seul nom, l’est à son tour. La seconde branche est sombre. Le 26 novembre 1977, l’hebdomadaire Sounds consacre un numéro à la « New Musick », avec des textes de Jon Savage et de Jane Suck. De Siouxsie and the Banshees à Public Image Ltd et à Joy Division, dont Unknown Pleasures paraît en juin 1979 chez le label mancunien Factory, le post-punk invente une musique plus froide et plus inquiète.
La France suit de près. À Rennes, Marquis de Sade, actif de 1977 à 1981, publie Dantzig Twist en 1979, et la presse française forge pour lui l’expression « vague froide » ; la même année naît dans la ville le festival des Rencontres Trans Musicales. À Paris, Taxi Girl, formé en 1978 autour du chanteur Daniel Darc, du guitariste Mirwais et du claviériste Laurent Sinclair, vend 300 000 exemplaires de « Cherchez le garçon » à la fin de 1980. Le « Disco Rough » de Mathématiques Modernes, produit par Jacno, est élu single de la semaine par le NME, le duo KaS Product se forme à Nancy en 1980, et Indochine naît à Paris en 1981.
D’où vient le mot
« New wave » signifie « nouvelle vague », et le clin d’œil au cinéma français est assumé. L’expression circule chez les critiques dès 1973, le magazine New York Rocker l’emploie à partir de décembre 1976, et Seymour Stein la popularise comme un mot fourre-tout pour tout ce qui sort après le punk. Elle a servi à la fois à nommer une musique et à la vendre, comme le montre la campagne de Sire : c’est pourquoi l’étiquette a toujours été floue.
Ses cousins viennent des mêmes journaux. « Post-punk » sort des éditoriaux de Sounds de novembre 1977, où Jon Savage parle de « projections post-punk ». « Cold wave », la vague froide, apparaît dans le numéro du 26 novembre 1977, en légende d’une couverture qui montre Ralf Hütter et Florian Schneider, de Kraftwerk. « Synthpop », contraction de synthétiseur et de pop, désigne la pop jouée surtout avec des synthétiseurs, des boîtes à rythmes et des séquenceurs. En français, on dit « la new wave », au féminin, comme cette fiche. Le mot reste très recherché : d’après l’outil Ahrefs, « new wave » est tapé environ 3 500 fois par mois en France.
Une mutation plutôt qu’une fin
Au Royaume-Uni, la new wave est jugée dépassée dès le début des années 1980, relayée par la « new pop » et par les new romantics, groupes de synthpop aux tenues extravagantes comme Visage, Spandau Ballet ou Duran Duran. Aux États-Unis, au contraire, elle triomphe grâce à MTV, lancée en 1981, qui manque de clips américains et diffuse ceux des groupes britanniques : la presse parle d’une seconde invasion britannique. Le reflux vient à la fin de la décennie, quand MTV se tourne vers le hard rock et que la synthpop d’a-ha ou d’Alphaville cède la place à la house et à la techno, qui reprennent ses machines.
Mais la new wave n’a jamais disparu. À la fin des années 1990, l’electroclash new-yorkais ressuscite ses synthétiseurs ; au début des années 2000, The Strokes, Interpol ou Franz Ferdinand relancent le post-punk, et The Killers publient Hot Fuss en 2004. La synthwave et la vaporwave des années 2010 lui doivent leurs sons, et à New York, les soirées du label Wierd font renaître la cold wave et le « minimal synth », l’électronique minimale des années 1980. En 2026, la new wave est une famille plutôt qu’un style figé.
La new wave en sept dates
- 1977Les mots se fixentEn octobre, Sire lance sa campagne « Don’t Call It Punk ». Le 26 novembre, l’hebdomadaire Sounds titre sur la « New Musick » et sur la « cold wave », photo de Kraftwerk en couverture.
- 1979Les premiers sommets« Heart of Glass » de Blondie devient le premier titre new wave numéro un aux États-Unis ; à l’été, Tubeway Army et Gary Numan sont numéro un au Royaume-Uni avec un titre joué au synthétiseur. À Rennes naissent les Rencontres Trans Musicales.
- 1980La mort d’Ian CurtisLe chanteur de Joy Division meurt le 18 mai, à 23 ans ; « Love Will Tear Us Apart » sort en juin. En décembre, Taxi Girl publie « Cherchez le garçon ».
- 1981L’année des machinesMTV est lancée aux États-Unis. « Tainted Love » de Soft Cell et « Don’t You Want Me » de The Human League sont les deux meilleures ventes de 45 tours de l’année au Royaume-Uni.
- 1983Blue MondayLe 7 mars, New Order publie « Blue Monday » chez Factory, sous la référence FAC 73 : il deviendra le maxi 45 tours le plus vendu de l’histoire.
- 1984Deux albums françaisEn mars, Étienne Daho publie La notte, la notte, d’où sort « Week-end à Rome » ; Les Rita Mitsouko sortent leur premier album, d’où sera tiré « Marcia Baïla ».
- 2021L’héritage au sommetLe 23 novembre, Billboard désigne « Blinding Lights » de The Weeknd, un titre aux sons de synthpop, comme le plus performant de toute l’histoire de son classement des singles.
Le morceau pour comprendre
Il s’agit de « Love Will Tear Us Apart », de Joy Division, le groupe formé à Salford en 1976 par Bernard Sumner et Peter Hook après un concert des Sex Pistols. Enregistré une première fois en janvier 1980, le titre est repris en mars au studio Strawberry de Stockport avec le producteur Martin Hannett, chaque instrument séparément. Les paroles parlent du mariage en crise d’Ian Curtis et de son épilepsie, diagnostiquée en 1979. Le groupe a tourné lui-même ce clip le 25 avril 1980 à Manchester, et Curtis est mort trois semaines plus tard, le 18 mai, à 23 ans. Le 45 tours sort en juin, monte à la 13e place au Royaume-Uni, et le NME en fait son single de l’année avant de le classer, en 2002, meilleur single de tous les temps. La vidéo ci-dessus est la version de 1995, au son remis en place. Ce n’est pas un tube de synthpop, mais tout y est en germe : l’énergie du punk ralentie, une batterie qui avance comme une machine et une mélodie pop posée sur une humeur glacée.
Ce qu’il faut écouter. D’abord le ré : selon Bernard Sumner, une note de ré tenue traverse tout le morceau, une note pédale, c’est-à-dire une note qui reste en place pendant que les accords changent autour d’elle. Ensuite la basse : Peter Hook joue dans l’aigu, comme une guitare soliste, l’une des signatures du post-punk. Écoutez la batterie de Stephen Morris, droite et presque mécanique : Morris cite Klaus Dinger, le batteur du groupe allemand Neu!, parmi ses influences. Écoutez enfin la voix grave de Curtis, qui imite ici Frank Sinatra. Pendant l’écriture, se souvient Morris, le groupe écoutait Sinatra, Sparks et « I Feel Love » de Giorgio Moroder : un crooner, de l’électronique et du disco dans la même pièce, c’est presque une définition de la new wave.
Les caractéristiques musicales
Le rythme
La new wave se compte en mesures de quatre temps, notées 4/4, et elle est droite : pas de swing, chaque double-croche tombe exactement à sa place. Le squelette vient du rock et du disco : grosse caisse sur les premier et troisième temps, caisse claire sur les deuxième et quatrième, charleston en croches, deux frappes par temps. Ce qui change tout, c’est qui le joue. À partir de 1978, la batterie est souvent confiée à une boîte à rythmes, une machine qui produit et enchaîne elle-même les sons de batterie selon un motif programmé, et la new wave est le premier genre populaire à en faire une couleur assumée.
Quelques machines ont fait le son de l’époque. La Roland CR-78, sortie en 1978, est la première boîte à rythmes à microprocesseur et la première dont on peut enregistrer ses propres motifs : « Heart of Glass » est construit autour d’elle, et on l’entend sur « Enola Gay » d’OMD. La Linn LM-1, sortie en 1980, est la première à utiliser des échantillons de vraie batterie, c’est-à-dire des enregistrements numériques de frappes réelles ; il n’en a été construit que 525, utilisées par The Human League, Gary Numan ou Prince. Sa cadette, la LinnDrum, sort en 1982, et c’est une Oberheim DMX qui joue la batterie de « Blue Monday ». Avant la norme MIDI, définie en 1982, faire jouer ensemble machines et synthétiseurs relevait du bricolage : pour « Blue Monday », l’ingénieur Martin Usher a dû concevoir un circuit de synchronisation.
Voici un motif type de synthpop et de new wave, celui d’une boîte à rythmes de type LinnDrum ou Roland, sur une mesure de 4/4 découpée en seize doubles-croches, à 124 BPM (battements par minute). Chaque case est un pas, numéroté de 1 à 16 ; les temps tombent sur les pas 1, 5, 9 et 13. La grosse caisse frappe les pas 1 et 9, puis, un peu moins fort, le « et » du troisième temps, la croche située entre le troisième et le quatrième (pas 11), qui donne au motif son élan. La caisse claire marque les pas 5 et 13. Le charleston fermé joue des croches, plus fortes sur les temps. Les cases en pointillés signalent une variante, au pas 15 : une grosse caisse légère et un charleston ouvert, cette cymbale qui sonne plus longtemps parce que ses deux plateaux ne sont pas serrés. C’est une synthèse, pas la transcription d’un morceau.
Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon. Jeu parfaitement droit, sans swing ; la réverbération et le grain des machines des années 1980 ne sont pas reproduits.
Écoutez le motif seul, puis cochez la variante : une seule frappe au pas 15 suffit à faire tirer la boucle vers la mesure suivante. Le lecteur joue parfaitement droit, comme une boîte à rythmes : dans Logic Pro, cela correspond à un réglage Q-Swing de 50 %. Il ne reproduit ni le grain des machines des années 1980 ni leur réverbération : la partie home studio montre comment s’en approcher.
Trois variantes de ce squelette ont marqué l’époque. La première est le motorik, le rythme inventé par Neu! au début des années 1970 : une mesure à quatre temps minimale, portée par la grosse caisse, qui pulse sans varier ; Klaus Dinger l’appelait le « beat Apache », et Stephen Morris, de Joy Division puis de New Order, le cite parmi ses influences. La deuxième est la grosse caisse sur chaque temps, le four-on-the-floor hérité du disco, base de « Blue Monday », que Morris résumait ainsi : « nous qui découvrions l’eurodisco ».
La troisième est la batterie acoustique en gated reverb, la réverbération coupée. Une réverbération est la traîne sonore que laisse une pièce après un son ; on la rend ici très forte, puis on la coupe net avec un noise gate, un effet qui ferme le passage du son dès qu’il tombe sous un certain niveau. La frappe sonne énorme, le mixage reste net. Le son naît aux Townhouse Studios de Londres, quand Steve Lillywhite et Hugh Padgham enregistrent la batterie de Phil Collins sur « Intruder », pour le troisième album de Peter Gabriel, paru en 1980 : Padgham dit l’avoir découvert par hasard, avec un micro d’ambiance très compressé et coupé par un gate. Collins et Padgham le reprennent sur « In the Air Tonight », sorti le 9 janvier 1981, où une CR-78 joue le motif de base avant que le roulement final n’explose. L’effet devient l’un des sons emblématiques des années 1980.
L’harmonie
L’harmonie de la new wave est volontairement simple : des accords de trois sons, souvent mineurs dans le post-punk et la cold wave, souvent en boucle de quatre dans la synthpop. Deux procédés reviennent sans cesse. L’accord de puissance, fait de la fondamentale et de la quinte, sans la tierce qui dirait s’il est majeur ou mineur, donne un son ouvert et froid. La note pédale, une note qui tient pendant que les accords bougent, maintient la tension. La couleur vient moins de l’enchaînement que du son qui le joue et de la basse qui le découpe en croches. Il y a des exceptions : les intermèdes instrumentaux de « Heart of Glass » sont à sept temps.
Dans les chiffres romains ci-dessous, chaque chiffre désigne un accord par sa place dans la gamme, en minuscules quand il est mineur, en majuscules quand il est majeur. Les noms d’accords sont notés à l’anglaise : A vaut la, B si, C do, D ré, E mi, F fa, G sol ; « m » signifie mineur, « 5 » un accord de puissance, « sus2 » et « sus4 » un accord suspendu, dont la tierce est remplacée par la seconde ou la quarte, ce qui le fait sonner en attente. Les cinq grilles sont en la mineur, sauf la quatrième, en sol majeur, sur quatre mesures, un accord par mesure. Écoutez-les avec puis sans la batterie.
Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en la mineur ou en sol majeur, une boucle de quatre mesures.
L’instrumentation
La new wave est le moment où les machines entrent dans le groupe de rock.
- Les synthétiseurs : d’abord monophoniques, capables d’une seule note à la fois, comme le Minimoog qui double le riff de basse de « Cars », puis polyphoniques. Le Prophet-5, présenté en 1978, est le premier polyphonique dont tous les réglages se mettent en mémoire : The Cars, Japan, Soft Cell, Eurythmics ou OMD l’ont utilisé. La cold wave préfère des modèles bon marché et transportables, comme le Korg MS-20.
- Les cordes synthétiques, comme les nappes austères du Polymoog sur « Cars ».
- Le séquenceur, un appareil qui joue seul une suite de notes programmée : c’est lui qui donne les basses en doubles-croches régulières de la synthpop. Pour « Blue Monday », Bernard Sumner a construit le sien, et la basse est jouée par un Moog Source.
- L’échantillonneur, qui enregistre un son et le rejoue au clavier : sur « Blue Monday », un Emulator reprend des voix de chœur tirées d’« Uranium » de Kraftwerk.
- La basse électrique mélodique, jouée haut sur le manche, ou en croches régulières qui poussent le morceau.
- Les guitares : rythmiques hachées, riffs anguleux, sons clairs et secs, comme la guitare à douze cordes de « Love Will Tear Us Apart ».
- Le vocodeur, qui fait « parler » un synthétiseur avec la voix, comme sur « In the Air Tonight », et les échos et réverbérations très longs ou coupés.
La voix et la forme
La voix new wave garde ses distances. Simon Reynolds décrit des chanteurs à la voix haute, un peu maladroite, et une attitude nerveuse, presque robotique ; la cold wave cultive au contraire la voix grave et détachée d’Ian Curtis, et la synthpop aime les duos, comme la voix féminine qui répond à Philip Oakey dans « Don’t You Want Me ». En France, la grande affaire est la langue : Marquis de Sade et KaS Product chantent souvent en anglais, alors que Taxi Girl, Indochine ou Étienne Daho imposent le français sur des sons venus d’Angleterre.
La forme est celle de la chanson pop, couplets et refrains en trois ou quatre minutes. Mais la new wave a popularisé un second format, le maxi 45 tours, un disque de trente centimètres qui accueille des versions longues pour les clubs : « Blue Monday » sort d’abord sous cette forme, et la version longue de « Tainted Love » de Soft Cell enchaîne sur une reprise de « Where Did Our Love Go » des Supremes.
Exercice d’écoute
Écoutez « Heart of Glass » de Blondie, puis « Love Will Tear Us Apart » de Joy Division, puis « Blue Monday » de New Order, et répondez avant de lire la suite.
- Question 1 : dans les passages instrumentaux de « Heart of Glass », arrivez-vous à compter quatre temps réguliers, comme sur le refrain ?
- Question 2 : dans « Love Will Tear Us Apart », quel instrument joue la mélodie la plus aiguë au début, la guitare ou la basse ?
- Question 3 : dans « Blue Monday », les boucles de synthétiseur et de batterie vous paraissent-elles parfaitement calées les unes sur les autres ?
Les réponses, à ne lire qu’après.
- Réponse 1 : non. Ces intermèdes sont à sept temps, alors que le reste du morceau est à quatre. Ce que vous apprenez : un tube peut cacher une bizarrerie rythmique, à condition que la pulsation de la boîte à rythmes reste lisible.
- Réponse 2 : la basse. Peter Hook la joue dans l’aigu, comme une guitare soliste. Ce que vous apprenez : confier la mélodie à la basse libère la guitare pour les textures, et c’est l’un des gestes fondateurs du post-punk.
- Réponse 3 : pas tout à fait. Gillian Gilbert avait écrit la séquence à la main et ajouté par erreur un silence de trop, ce qui la décale légèrement ; le groupe a gardé l’accident. Ce que vous apprenez : avec des machines, l’erreur assumée devient souvent la signature d’un morceau.
New wave, punk et synthpop : ce qui les sépare
Ces étiquettes sont nées en même temps, souvent dans les mêmes journaux, et elles se recouvrent largement ; quelques repères permettent de s’y retrouver.
New wave et punk : quelle différence ?
Le punk de 1976 et 1977, celui des Ramones et des Sex Pistols, est un rock réduit à l’os : trois accords, des tempos rapides, une voix criée. La new wave sort du même milieu et garde la même éthique, mais elle revient à la mélodie et au refrain, accueille les claviers et les synthétiseurs, remplace la colère par l’ironie ou la mélancolie, et soigne son image, des pochettes aux clips. Au départ, la frontière était surtout commerciale : c’est pour rendre le punk présentable que Sire a lancé sa campagne de 1977. Le point de départ est décrit dans la fiche Punk.
New wave et post-punk
Les deux mots désignent la même génération, pas la même direction. La new wave, au sens étroit, est la branche pop et dansante ; le post-punk est la branche expérimentale, qui puise dans le krautrock de Can et de Neu!, le funk, le dub ou le disco. Ses bassistes jouent la mélodie, ses guitaristes cherchent des textures. Simon Reynolds y voit « moins un genre musical qu’un espace de possibilités » et le situe entre 1978 et 1984 environ. Beaucoup de groupes ont traversé les deux, comme The Cure, passés de leurs débuts nerveux à la noirceur de Seventeen Seconds en 1980.
Synthpop et new wave
La synthpop est la pop jouée surtout avec des synthétiseurs, des boîtes à rythmes et des séquenceurs, qui remplacent parfois tous les autres instruments. Elle fait partie de la new wave, mais lui survit : Depeche Mode, Pet Shop Boys ou a-ha poursuivent leur carrière bien après. Elle a aussi suscité des résistances : des critiques l’ont trouvée « sans âme », et au début de 1982, le syndicat des musiciens britannique a tenté de limiter l’usage des synthétiseurs. Andy McCluskey, d’OMD, répétait que les chansons, elles, étaient écrites par des êtres humains.
New wave et synthwave
La synthwave n’est pas une suite de la new wave, mais un regard en arrière : apparue bien plus tard, souvent instrumentale, elle recrée les sons des années 1980 et l’image qu’on s’en fait, entre bandes originales de films, jeux vidéo et néons. Les deux se rejoignent dans les tubes récents : Wikipédia range « Blinding Lights » à la fois dans la new wave, la synthpop et la synthwave. La synthwave cherche à sonner comme un souvenir, la new wave cherchait à sonner comme l’avenir.
Sous-genres et scènes
- New wave à guitaresDe 1977 au début des années 1980La pop nerveuse et mélodique sortie du punk, d’Elvis Costello à Blondie, The Police, The Cars ou The Pretenders.Lire la fiche Rock
- Post-punkEnviron 1978 à 1984La branche expérimentale, nourrie de krautrock, de funk et de dub : Siouxsie and the Banshees, Public Image Ltd, Wire, Gang of Four, Joy Division.Lire la fiche Punk
- SynthpopDepuis 1978, sommet en 1981La pop des synthétiseurs et des boîtes à rythmes, de The Human League à OMD, Depeche Mode, Soft Cell et Eurythmics ; le journaliste Dorian Lynskey fait de 1981 son « année miraculeuse ».Lire la fiche Synthétiseur
- New romanticsDébut des années 1980Une synthpop élégante et théâtrale, costumes et maquillage compris, autour de Visage, Spandau Ballet, Duran Duran et Ultravox.Lire la fiche Pop
- Cold waveDepuis 1977, surtout en France et en BelgiqueRythmes statiques, synthétiseurs bon marché, voix détachée : Marquis de Sade, KaS Product, Trisomie 21 ou Asylum Party en France, et en Belgique une scène de cassettes autour du label Insane Music, d’Alain Neffe.
- Rock gothique et darkwaveDepuis 1979La branche la plus sombre du post-punk, inventée par Joy Division, The Cure, Bauhaus et Siouxsie and the Banshees ; le mot darkwave désigne aujourd’hui ses héritiers électroniques, de Lebanon Hanover à Hante.
- New wave françaiseDe 1978 au milieu des années 1980Taxi Girl, Indochine, Jacno, Les Rita Mitsouko, Niagara et la scène électropop de Rennes autour d’Étienne Daho : des sons anglais, des textes en français.Lire la fiche Chanson française
- RenouveauxDepuis la fin des années 1990L’electroclash new-yorkais, le retour du post-punk avec Interpol ou Editors, la synthpop de The Killers, Ladytron et Cut Copy, puis la synthwave.Lire la fiche Synthwave
La démarche artistique
La new wave est d’abord une musique faite vite et par soi-même, héritage du punk : on enregistre, on presse et on vend sans attendre une maison de disques. Mute a été créé pour publier un seul 45 tours, Rough Trade a sorti son premier disque parce que les Parisiens de Métal Urbain lui demandaient de l’aide, et Factory se passait volontiers de contrats écrits. Cette économie de bouts de ficelle a laissé une liberté rare, sans laquelle Unknown Pleasures ou Remain in Light n’auraient pas existé.
C’est ensuite une musique de l’image. Le graphiste Peter Saville tire la pochette d’Unknown Pleasures d’un relevé des signaux du pulsar CP 1919, inversé en blanc sur noir, et dessine pour « Blue Monday », avec Brett Wickens, une pochette découpée en forme de disquette, si coûteuse que Tony Wilson affirmait que Factory perdait cinq pence sur chacune. En France, Pierre et Gilles photographient Étienne Daho en tee-shirt rayé, une perruche sur l’épaule, pour La notte, la notte. Quand MTV arrive en 1981, ces groupes pensent déjà en images.
C’est aussi une musique qui pense la machine. Les synthétiseurs portent un imaginaire, celui de l’ordinateur, de la ville et de la solitude moderne, qu’on entend dans « Cars », écrit par Gary Numan après une altercation dans un embouteillage londonien. Même les groupes à guitares en adoptent la logique : pour Remain in Light, les Talking Heads et Brian Eno découpent leurs improvisations en boucles, sur le modèle de l’afrobeat de Fela Kuti. « Nous étions des échantillonneurs humains », dira David Byrne.
C’est enfin une musique qui fait de la froideur un langage. La cold wave et le post-punk parlent d’angoisse et de mal-être avec une voix retenue et des rythmes immobiles ; Simon Reynolds écrit que la batterie de Stephen Morris semble « tourner au bord d’un cratère ». Cette retenue laisse à l’auditeur la place de projeter ses propres sentiments.
Sur scène, la new wave pose un problème particulier : c’est une musique conçue en studio, avec des boîtes à rythmes, des séquenceurs et des sons de synthétiseur précis, que les groupes de l’époque devaient reconstituer chaque soir avec des machines fragiles et souvent des bandes d’accompagnement. Une alternative consiste à jouer les parties en direct, avec un logiciel de scène. C’est ce que permet MainStage : on empile dans un même patch, le nom que MainStage donne à la configuration d’un morceau, plusieurs instruments répartis par plages de touches, la basse dans le grave et la nappe de synthétiseur dans le médium, et on passe d’un morceau à l’autre sans couper le son. Les riffs et les nappes de la synthpop se jouent alors à la main, et les parties impossibles à jouer, la séquence de basse ou la boîte à rythmes, peuvent tourner à côté. Attention toutefois : MainStage ne dispose ni de Drummer, ni des Session Players, ni de Flex, ni de l’assistant de mastérisation, ni du séparateur de pistes. La préparation du spectacle se fait dans Logic Pro, et MainStage sert à le jouer.
La new wave aujourd’hui
En 2026, la new wave est une palette dans laquelle toute la pop puise. Le meilleur exemple est « Blinding Lights » de The Weeknd, sorti le 29 novembre 2019 et produit avec Max Martin et Oscar Holter : une boîte à rythmes sautillante, des synthétiseurs brillants et des batteries en réverbération coupée que The Guardian rattache à a-ha. Le chanteur dit avoir « toujours admiré l’époque d’avant [sa] naissance ». Le titre est resté 57 semaines dans le top 10 américain, un record, et il est devenu en janvier 2023 le titre le plus écouté de Spotify.
Les pionniers n’ont pas disparu. Depeche Mode a vendu plus de cent millions de disques et The Cure a pris la tête du classement britannique en 2024 avec Songs of a Lost World, son premier album inédit en seize ans. Indochine a dépassé les dix millions d’albums et de singles vendus, et M83, le projet du Français Anthony Gonzalez, a signé avec « Midnight City » un hymne aux synthétiseurs que Pitchfork a classé premier morceau de 2011.
La France reste un pays de cold wave. En 2004, Marc Collin et Olivier Libaux publient sous le nom de Nouvelle Vague un album de reprises en bossa nova de Joy Division, de Depeche Mode ou de The Cure. Lescop, de son vrai nom Mathieu Peudupin, a été le premier artiste du label Pop Noire de Johnny Hostile et Jehnny Beth, et son album Lescop est paru en 2012. Le groupe parisien Rendez-Vous a vu Superior State classé premier album de 2018 par le site Post-Punk.com. Et Hélène de Thoury, qui signe Hante., a produit son album FIERCE (2019) chez elle, sur Logic Pro X, avec un clavier maître et un seul synthétiseur matériel, un Korg Minilogue : la darkwave d’aujourd’hui se fait dans une chambre, avec le logiciel que vous avez sous les yeux.
Faire de la new wave en 2026 sans refaire 1983
- Choisissez trois ou quatre sons et tenez-vous-y : une boîte à rythmes, une basse, une nappe et un riff suffisent, et c’est leur couleur qui fera votre identité.
- Programmez vos sons vous-même à partir d’un réglage simple plutôt que de prendre le préréglage le plus célèbre : des milliers de titres utilisent déjà les mêmes.
- Jouez au moins une partie à la main, une ligne de basse, un riff ou une nappe, pour que tout ne sonne pas comme une grille.
- Gardez de l’espace : la new wave respire grâce aux silences, aux échos et aux réverbérations, pas grâce à l’empilement de pistes.
- Écrivez dans votre langue si elle vous ressemble : Taxi Girl, Indochine et Daho ont imposé le français sur des sons anglais, et Lescop ou Hante. montrent que cette voie reste ouverte.
- Si vous reprenez un titre ou empruntez un riff, réglez la question des droits avant de publier : la partie « Labels, droits et reprises » explique ce qui est libre et ce qui ne l’est pas.
Douze artistes pour commencer
BlondieNew York, Parallel Lines
Talking HeadsNew York, 1975-1991
Joy DivisionSalford, 1976-1980
The CureCrawley, depuis 1976
Depeche ModeBasildon, depuis 1980
New OrderAprès Joy Division, 1980
The Human LeagueSheffield, Dare
Taxi GirlParis, 1978-1986
IndochineParis, depuis 1981
Les Rita MitsoukoCatherine Ringer et Fred Chichin
Étienne DahoLa notte, la notte, 1984
The WeekndBlinding Lights, 2019
Produire un titre new wave en home studio
Cette partie suppose que vous savez créer un projet, ajouter une piste d’instrument logiciel et une piste audio, enregistrer une région et éditer des notes dans l’éditeur clavier de Logic Pro. Si ce n’est pas encore le cas, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro, puis revenez ici. Tout ce qui suit s’appuie sur les instruments et les effets fournis avec Logic Pro. Studio Bass, une basse électrique virtuelle, et ChromaGlow, un effet de saturation, sont apparus avec Logic Pro 11, et ChromaGlow exige un Mac équipé d’une puce Apple silicon.
Prenez les étapes dans l’ordre : c’est celui que suivent beaucoup de producteurs de synthpop, qui partent de la boîte à rythmes et de la basse avant de chercher les sons de synthétiseur. Pour une première séance d’une heure, arrêtez-vous à la fin de l’étape « La basse en croches » : une boîte à rythmes bien réglée et une basse qui avance valent mieux qu’un projet de trente pistes noyé dans la réverbération.
Le tempo et la grille
- Réglez le tempo du projet sur 124 BPM pour retrouver le motif du lecteur ; descendez vers 110 pour un titre sombre, montez vers 135 pour un titre de club.
- Laissez la signature en 4/4 et activez le mode cycle sur quatre mesures, de la mesure 1 au début de la mesure 5.
- Laissez la quantification droite : si vous quantifiez une région, gardez son Q-Swing à 50 %, la valeur sans swing, puisque Q-Swing ne déplace que les doubles-croches de rang pair.
- Retenez que Logic Pro compte 960 ticks par noire, soit 240 par double-croche.
La boîte à rythmes
- Créez une piste Drum Machine Designer et choisissez un kit électronique aux sons secs et courts.
- Créez sur cette piste une région de motif, le type de région qu’édite le Step Sequencer, l’éditeur pas à pas de Logic Pro, et vérifiez qu’elle compte seize pas en doubles-croches, soit une mesure.
- Allumez la grosse caisse aux pas 1, 9 et 11, la caisse claire aux pas 5 et 13, et le charleston fermé sur les pas impairs.
- En mode Velocity/Value, donnez au charleston une vélocité autour de 100 sur les temps et de 70 sur les autres croches, et à la grosse caisse du pas 11 une vélocité autour de 90, comme dans le lecteur.
- Bouclez la région sur quatre mesures, puis, pour que la variante ne revienne qu’une fois sur quatre, convertissez le motif en région MIDI et ajoutez dans l’éditeur clavier, sur la quatrième mesure seulement, une grosse caisse légère et un charleston ouvert au pas 15.
- Pour un motorik, gardez le motif identique pendant tout le morceau et montez de quelques décibels la grosse caisse ; pour l’esprit de « Blue Monday », placez-la sur les quatre temps.
- Pour une rafale de caisse claire en fin de phrase, essayez la fonction Note Repeat du Step Sequencer sur les derniers pas du motif.
La caisse claire en gated reverb
- Repérez la tranche de console de la caisse claire : dans Drum Machine Designer, chaque pad a la sienne, dans la pile de pistes du kit.
- Créez depuis cette tranche un départ vers un auxiliaire, une piste qui ne porte que l’effet.
- Sur l’auxiliaire, insérez Space Designer avec un préréglage de plaque, ou ChromaVerb réglé sur une grande pièce, avec une durée de deux secondes ou plus.
- Insérez sous la réverbération un Noise Gate, en mode Gate.
- Dans l’en-tête du Noise Gate, ouvrez le menu Side Chain et choisissez la piste de caisse claire, ou le bus de son départ, qui transporte le son sec : c’est lui, et non la réverbération, qui ouvrira le gate.
- Baissez le Threshold jusqu’à ce que le gate s’ouvre à chaque frappe, et montez la Reduction au maximum pour couper la traîne net.
- Réglez Hold, la durée d’ouverture, autour d’une demi-seconde au plus, avec un Release très court : à 124 BPM, une noire dure environ 480 millisecondes.
- Si d’autres sons déclenchent le gate, par exemple le charleston qui déborde dans le micro d’une caisse claire acoustique, activez le bouton Filter et descendez High Cutoff, en vérifiant le signal de commande avec le bouton Monitor.
La basse en croches
- Chargez Retro Synth, moteur Analog, avec une forme d’onde en dents de scie.
- Fermez le filtre passe-bas à mi-course et réglez une enveloppe de filtre courte, Decay bref et Sustain bas, pour que chaque note claque puis s’éteigne. La fiche ADSR explique ces réglages.
- Laissez le Glide à zéro : la basse saute d’une note à l’autre sans glisser.
- Jouez la fondamentale de chaque accord en croches régulières, la, fa, do et sol pour la « Boucle mineure ».
- Pour obtenir ces croches sans les jouer, insérez le MIDI FX Arpeggiator, réglez sa vitesse sur 1/8 et tenez une note par mesure.
- Pour une basse électrique jouée dans l’aigu, à la manière de Peter Hook, chargez plutôt Studio Bass.
Les synthétiseurs
- Pour la nappe, chargez ES2 ou Retro Synth avec deux oscillateurs en dents de scie très légèrement désaccordés : leur battement donne la largeur des cordes synthétiques.
- Donnez-lui une attaque lente et un relâchement long, et jouez la grille « Accords suspendus » en notes tenues.
- Insérez après le synthétiseur un Chorus ou un Ensemble, deux effets de modulation qui épaississent le son.
- Pour un riff mécanique, chargez un second synthétiseur à l’enveloppe très courte, insérez l’Arpeggiator réglé sur 1/16 et tenez l’accord.
- Pour des sons plus riches, essayez Alchemy et ses quatre sources, A, B, C et D, ou le Vintage Mellotron, natif dans Logic Pro, pour des cordes et des flûtes sur bande.
- Envoyez nappe et riff vers un auxiliaire de Tape Delay synchronisé sur la croche pointée, avec un Feedback bas.
La guitare et la voix
- Chargez Amp Designer avec un amplificateur clair, ajoutez un Chorus discret, et jouez des accords courts et étouffés plutôt que de grands accords ouverts.
- Enregistrez la voix sèche, puis une seconde prise identique pour doubler le refrain.
- Placez les deux prises légèrement à gauche et à droite avec le panoramique, qui va de moins 64 à plus 63.
- Insérez un DeEsser 2 sur la voix principale, et envoyez-la vers le même Tape Delay que les synthétiseurs, avec un départ plus faible.
Le mixage et le master
- Placez grosse caisse, caisse claire, basse et voix au centre, et écartez charleston, riff et guitare d’une vingtaine de crans.
- Insérez un Direction Mixer sur la sortie générale, activez Split, réglez Crossover sur 120 Hz et ramenez Spread Low à zéro : le grave reste au centre.
- Comprimez légèrement le bus de batterie, 2 à 3 dB de réduction au plus, ou en compression parallèle.
- Mesurez le volume avec Loudness Meter et visez entre moins 14 et moins 11 LUFS intégrés, l’unité du volume perçu.
- Gardez le pic réel sous moins 1 dBTP, le décibel true peak : dans Adaptive Limiter, cochez True Peak Detection et réglez Out Ceiling sur moins 1 dB. Les fiches mixage et mastering détaillent la marche à suivre.
Tout ce qui précède décrit la pratique actuelle. Les groupes du début des années 1980 n’avaient ni Drum Machine Designer ni Adaptive Limiter : leur son venait de machines analogiques enregistrées sur bande, d’appareils d’écho coûteux et des consoles des grands studios.
Ce qu’un praticien fait vraiment
L’ordre des étapes ci-dessus est pédagogique. En pratique, un producteur de synthpop part souvent d’une boucle : la boîte à rythmes et la basse tournent pendant qu’il cherche un riff ou une nappe, et la chanson vient ensuite. C’est la logique du séquenceur, que les Talking Heads appliquaient même à leurs improvisations, découpées en boucles pour Remain in Light.
La deuxième habitude, c’est de traiter le choix des sons comme une partie de la composition. Le matériel de Dare tient en quelques lignes, une Linn LM-1, un Roland Jupiter-4, un séquenceur MC-8 et quelques synthétiseurs Korg, Casio ou Yamaha. Créez vos propres réglages, enregistrez-les sous un nom à vous et réutilisez-les : c’est ainsi qu’un groupe se forge un son reconnaissable.
La troisième habitude, c’est d’accueillir l’accident. Martin Hannett, le producteur de Joy Division, enregistrait une bouteille qui se brise et faisait passer la voix d’Ian Curtis par une ligne de téléphone pour « Insight », et le silence de trop de « Blue Monday » est resté sur le disque. Enfin, un point d’époque : aucun des outils de Logic Pro cités ici n’existait en 1981. Pour retrouver l’esprit, limitez-vous à quelques sons et à quelques pistes.
Les cinq erreurs du débutant
- Empiler les pistes : dix nappes et trois arpèges noient la batterie et la basse, alors que la new wave vit de l’espace entre quelques sons.
- Ajouter du swing : ce style est droit, et une batterie qui balance le fait basculer vers le funk.
- Laisser la boîte à rythmes sèche : sans plaque ni gated reverb, les sons électroniques paraissent petits.
- Prendre le préréglage le plus célèbre et s’arrêter là : le son ressemble aussitôt à celui de milliers d’autres titres.
- Échantillonner un riff ou une boucle de batterie sur un disque existant sans autorisation : même deux secondes peuvent enfreindre les droits du producteur, comme l’a jugé la Cour de justice de l’Union européenne dans l’affaire Kraftwerk.
Programmer une boîte à rythmes et empiler trois synthés s’apprend en une soirée. Construire un morceau entier, le mixer et le finir demande une méthode. C’est ce que nous transmettons à YouTips, à Grenoble et à distance.
- Organisme certifié Qualiopi, formation finançable
- Formateur Logic Pro depuis 20 ans, MainStage depuis sa sortie
- Progression du projet vide au morceau masterisé
- Petits groupes et suivi individuel
Où trouver des sons new wave ?
Dans Logic Pro
- Retro Synth pour les basses, les cuivres et les nappes analogiques, et ES2 quand il vous faut une onde sinusoïdale ou trois oscillateurs.
- Alchemy et ses nombreuses nappes et séquences, et le Vintage Mellotron pour les cordes et les flûtes sur bande.
- Drum Machine Designer et ses kits électroniques, à programmer dans le Step Sequencer, et le MIDI FX Arpeggiator pour les séquences.
- Space Designer, ChromaVerb, Tape Delay, Chorus, Ensemble et Noise Gate, qui couvrent l’espace sonore des années 1980.
Boucles et banques
- Splice : abonnement à la boucle, sous une licence dite libre de droits, sans redevance par utilisation.
- Loopmasters : banques vendues à l’unité, sous licence sans redevance par utilisation, à lire avant tout usage commercial.
- Sample Magic : banques thématiques soignées, utiles pour les batteries et les synthétiseurs.
- Freesound : sons versés par une communauté, sous licences Creative Commons variées, à lire avant tout usage commercial.
Instruments virtuels
- Arturia : émulations de synthétiseurs et de boîtes à rythmes anciens, réunies dans sa collection V.
- Korg : versions logicielles de ses synthétiseurs historiques, dont le MS-20 cher à la cold wave.
- Cherry Audio : émulations de synthétiseurs analogiques à prix modérés.
Espace et caractère
- Valhalla DSP : réverbérations et échos très prisés, dont un modèle gratuit, Supermassive.
- ChromaGlow, présent dans Logic Pro 11 sur les Mac à puce Apple, pour une saturation douce sur les synthétiseurs. La fiche ChromaGlow le présente.
Pour choisir votre matériel d’écoute et vos périphériques avant d’investir dans les logiciels, le cours Équipez votre home studio passe en revue les priorités dans l’ordre.
Lexique de la new wave
- New wave« Nouvelle vague » : d’abord synonyme de punk, puis nom de la pop plus mélodique et plus électronique qui en est sortie à la fin des années 1970.
- Post-punkLa branche expérimentale de la même génération, nourrie de krautrock, de funk et de dub, entre 1978 et 1984 environ.
- SynthpopPop jouée surtout avec des synthétiseurs, des boîtes à rythmes et des séquenceurs.
- Cold waveLa « vague froide » : rythmes statiques, sons froids et voix détachée. Le mot apparaît dans Sounds en novembre 1977, et la presse française l’applique à Marquis de Sade.
- New romanticsGroupes de synthpop britanniques du début des années 1980, aux tenues et aux maquillages théâtraux, comme Visage ou Spandau Ballet.
- Boîte à rythmesAppareil qui produit et enchaîne des sons de batterie selon un motif programmé, de la Roland CR-78 à la LinnDrum.
- SéquenceurAppareil ou logiciel qui joue seul une suite de notes programmée ; c’est lui qui donne les basses en doubles-croches régulières de la synthpop.
- Gated reverbRéverbération forte coupée net par un noise gate, qui donne aux caisses claires des années 1980 leur son énorme et bref.
- MotorikRythme à quatre temps minimal et obstiné, porté par la grosse caisse, inventé par Neu! au début des années 1970 ; Klaus Dinger l’appelait le « beat Apache ».
- Maxi 45 toursDisque de trente centimètres, ou douze pouces, qui accueille des versions longues pour les clubs, comme « Blue Monday ».
Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter
| Morceau | Tempo | Production | Ce qu’il enseigne |
|---|---|---|---|
| « Heart of Glass »Blondie, 1978 | 110 à 120 BPM | Mike Chapman | Une chanson construite autour d’une boîte à rythmes Roland CR-78, avec des intermèdes à sept temps : la new wave rencontre le disco, et devient numéro un aux États-Unis. |
| « Love Will Tear Us Apart »Joy Division, 1980 | 140 à 155 BPM | Martin Hannett | Une note de ré tenue, une basse qui chante dans l’aigu, une batterie droite : la leçon du post-punk sur l’économie des moyens. |
| « Cherchez le garçon »Taxi Girl, 1980 | 120 à 140 BPM | Non précisée | Une ligne de synthétiseur répétitive et une guitare rythmique, un riff inspiré de « Definitive Gaze » de Magazine, et un texte en français : la new wave anglaise traduite à Paris, vendue à 300 000 exemplaires. |
| « Don’t You Want Me »The Human League, 1981 | 110 à 125 BPM | Martin Rushent | Un dialogue entre un homme et une femme sur une synthpop entièrement électronique : numéro un au Royaume-Uni pour Noël 1981, puis aux États-Unis en juillet 1982. |
| « Blue Monday »New Order, 1983 | 125 à 135 BPM | New Order | Une Oberheim DMX, une basse de Moog Source jouée par un séquenceur fait maison, un chœur échantillonné sur Kraftwerk : la synthpop qui invente la musique de club, et un décalage accidentel que le groupe a gardé. |
| « Blinding Lights »The Weeknd, 2019 | 165 à 175 BPM | Max Martin, Oscar Holter, The Weeknd | Une boîte à rythmes sautillante, des synthétiseurs et une batterie en réverbération coupée : les sons de 1983 au service du titre le plus performant de l’histoire du classement américain. |
Aucune mesure de tempo publiée et fiable n’a été trouvée pour ces six titres : les fourchettes indiquées sont des zones d’écoute, à vérifier vous-même en comptant les caisses claires sur trente secondes, puis en multipliant par deux, puis encore par deux. Pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables). Ces six titres ont été choisis pour leur valeur pédagogique, et non pour représenter toutes les scènes du genre.
Labels, droits et reprises
La new wave s’est construite sur des labels indépendants, souvent nés d’une boutique ou d’un seul disque. À Londres, Geoff Travis ouvre la boutique Rough Trade en février 1976, et le label publie à partir de 1978 ; son réseau de distribution vers les disquaires indépendants prend le surnom de Cartel. La même année, Daniel Miller fonde Mute pour sortir son propre 45 tours sous le nom de The Normal, avant d’accueillir Depeche Mode, Yazoo et Erasure. À Manchester, Tony Wilson et Alan Erasmus fondent Factory, toujours en 1978 : chaque objet du label reçoit un numéro, comme FAC 73 pour « Blue Monday », jusqu’au club de la Haçienda, FAC 51, ouvert en mai 1982.
Côté français, Celluloid, label franco-américain fondé en 1976 par Jean Georgakarakos, dit Jean Karakos, et installé à New York, publie Mathématiques Modernes et les punks parisiens de Métal Urbain. Indochine publie L’Aventurier chez Clémence Melody, et Barclay réédite en 1989 les deux albums de Marquis de Sade.
Sur un morceau, deux droits coexistent. Le droit d’auteur porte sur l’œuvre, la musique et le texte, et il est le plus souvent géré en France par la Sacem lorsque les auteurs y ont adhéré ; les parts des coauteurs se fixent par écrit avant la sortie. Les droits voisins portent sur l’enregistrement et appartiennent au producteur du disque, celui qui finance et détient la bande, ainsi qu’aux artistes-interprètes. Un contrat de label porte d’abord sur ce second droit : lisez la durée de la cession, le territoire, le partage des revenus et l’exclusivité.
La synchronisation, l’association d’un morceau à des images dans une publicité, un film, une série ou un jeu, exige deux autorisations distinctes, celle de l’éditeur pour l’œuvre et celle du producteur pour l’enregistrement, aucune des deux n’étant délivrée par la Sacem.
Reprises, échantillons et sons d’usine
- Reprendre une chanson telle qu’elle a été écrite ne demande pas en France d’autorisation particulière aux auteurs : on déclare l’œuvre, et les droits dus aux auteurs et aux éditeurs leur sont reversés, principalement par la Sacem.
- Pour enregistrer et diffuser cette reprise, il faut payer les droits de reproduction mécanique, gérés par la SDRM, rattachée à la Sacem : ils sont dus au pressage d’un disque, et en ligne, les plateformes les reversent.
- Changer les paroles, les traduire ou transformer la composition relève de l’adaptation, qui demande l’autorisation expresse des ayants droit, en pratique de l’éditeur ; l’auteur peut aussi invoquer son droit moral contre une version qui dénature son œuvre. Un simple changement d’arrangement ou de style, comme les versions bossa nova de Nouvelle Vague, ne suffit pas en général à constituer une telle atteinte.
- Une reprise rapporte d’abord aux auteurs du morceau d’origine. « Tainted Love », le grand succès de Soft Cell, est une chanson d’Ed Cobb enregistrée en 1964 par Gloria Jones, et la version longue du duo enchaîne sur un titre des Supremes : « si nous avions mis notre propre chanson, nous serions bien plus riches », regrettait Marc Almond.
- Échantillonner un riff de synthétiseur ou une boucle de boîte à rythmes sur un disque demande deux autorisations, celle des titulaires des droits sur l’œuvre, généralement l’éditeur, et celle du producteur de l’enregistrement. L’affaire de référence vient de l’électronique : les membres de Kraftwerk reprochaient à Moses Pelham et Martin Haas d’avoir repris deux secondes d’une séquence rythmique de « Metall auf Metall » dans leur titre « Nur mir ».
- Dans l’arrêt Pelham du 29 juillet 2019, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que même un fragment très court reproduit l’enregistrement, sauf s’il est modifié au point d’être méconnaissable à l’écoute : ralentir ou filtrer un riff ne suffit pas tant qu’on le reconnaît.
- Le 14 avril 2026, dans l’arrêt Pelham II, la Cour a précisé l’exception de pastiche : une œuvre peut emprunter à une autre si elle l’évoque, s’en distingue nettement et engage avec elle un dialogue artistique reconnaissable, quelle que soit l’intention de l’auteur. Ce n’est pas un passe-partout : l’imitation dissimulée et le plagiat en sont exclus, et les juges nationaux l’appliqueront au cas par cas. Le Code de la propriété intellectuelle prévoit de son côté que l’auteur ne peut interdire « la parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre ». Ne bâtissez pas un morceau commercial sur cette exception sans l’avis d’un juriste.
- Le chœur de « Blue Monday » a été échantillonné en 1983 sur « Uranium » de Kraftwerk ; aujourd’hui, un tel emprunt reconnaissable demanderait les deux autorisations. Pour cette couleur, enregistrez vos propres voix ou prenez une banque de chœurs sous licence.
- Rejouer soi-même un riff reconnaissable au lieu de l’échantillonner, ce qu’on appelle une interpolation, demande toujours l’accord des titulaires des droits sur l’œuvre, mais plus celui du producteur de l’enregistrement d’origine.
- Les sons d’usine de Logic Pro, boucles, échantillons et jeux de sons, peuvent selon Apple être utilisés sans redevance dans vos propres morceaux, mais pas distribués seuls ni reconditionnés en banques.
- Pour les synthétiseurs et banques d’autres marques, la règle est en général la même, mais elle dépend de chaque licence : lisez-la avant de publier, surtout pour un préréglage partagé par un autre utilisateur.
- Le timbre d’une machine et le style lui-même ne sont pas protégés : personne ne possède le son d’une LinnDrum ou d’une gated reverb. Ce qui est protégé, c’est une mélodie, un texte ou un enregistrement précis.
- Interpréter des reprises ou vos morceaux en concert en France ne demande pas d’autorisation individuelle : l’organisateur déclare le répertoire et règle les droits à la Sacem, qui les reverse aux ayants droit, y compris étrangers.
Une fois ces questions réglées, reste à faire connaître votre musique : dans un genre où le clip, la pochette et l’image comptent autant que le son, notre formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens vous apprend à monter vos vidéos, à construire votre EPK et à publier votre site d’artiste.
Une playlist pour écouter la new wave
Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis dans la liste des 100 artistes ci-dessous. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.
- New wave, la découverte30 titres · 2 h 04
De Talking Heads (1977) à The Weeknd (2019) : le punk qui se met au synthé, la cold wave de Manchester et de Rennes, la synthpop des années 1980, la new wave française, puis ses héritiers.
Sans abonnement Apple Music, le lecteur fait entendre des extraits de 30 secondes. Du gospel à la techno, toutes les playlists tirées du glossaire sont sur la page Playlists YouTips.
Les 100 artistes qui ont fait la new wave
Les précurseurs : krautrock, art rock et disco électronique
La new wave à guitares, de New York à Londres
- Elvis Costello
- Blondie
- The Police
- Talking Heads
- XTC
- Devo
- The Cars
- The Boomtown Rats
- The Knack
- The Pretenders
- The B-52’s
- The Jam
- Squeeze
- Joe Jackson
- Adam and the Ants
- The Psychedelic Furs
- Simple Minds
Post-punk, cold wave et rock gothique britanniques
- Joy Division
- Siouxsie and the Banshees
- The Cure
- Wire
- Magazine
- Gang of Four
- Public Image Ltd
- Echo & the Bunnymen
- Bauhaus
- Killing Joke
- The Sound
- The Chameleons
- Cabaret Voltaire
- A Certain Ratio
- The Durutti Column
- The Fall
Synthpop et new romantics
- New Order
- Depeche Mode
- Gary Numan
- Orchestral Manoeuvres in the Dark
- The Human League
- Heaven 17
- Tears for Fears
- Eurythmics
- Soft Cell
- Duran Duran
- Ultravox
- Visage
- Spandau Ballet
- Japan
- Yazoo
- Erasure
- Pet Shop Boys
- The Normal
- Fad Gadget
- The Buggles
- A Flock of Seagulls
- Talk Talk
- a-ha
- Alphaville
- Thomas Dolby
La France : new wave, électropop et cold wave
- Taxi Girl
- Daniel Darc
- Indochine
- Marquis de Sade
- Marc Seberg
- KaS Product
- Mathématiques Modernes
- Jacno
- Métal Urbain
- Les Rita Mitsouko
- Étienne Daho
- Niagara
- Trisomie 21
- Asylum Party
- Clair Obscur
- Little Nemo
- Jad Wio
- Opéra de Nuit
- Martin Dupont
Les héritiers, des années 2000 à aujourd’hui
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la new wave ?
C’est la musique pop née du punk à la fin des années 1970, aux États-Unis et au Royaume-Uni, plus mélodique et plus électronique que lui. Elle se reconnaît à son rythme droit, souvent joué par une boîte à rythmes, à ses synthétiseurs, à sa basse en croches ou mélodique et à sa voix distante. Le mot couvre une famille entière : la pop de Blondie ou de The Police, la synthpop de Depeche Mode, le post-punk de Joy Division, et en France Taxi Girl, Indochine ou Étienne Daho.
Quelle est la différence entre la new wave et le punk ?
Le punk est un rock rapide et brut, à trois accords. La new wave en sort et en garde l’esprit indépendant, mais elle revient à la mélodie, accueille les synthétiseurs et les boîtes à rythmes, et soigne son image. Au départ, les deux mots étaient synonymes : c’est le label Sire qui a poussé l’étiquette new wave en 1977, pour remplacer le mot punk.
Qu’est-ce que la cold wave ?
C’est la branche la plus froide de la new wave et du post-punk : rythmes statiques, synthétiseurs bon marché, voix détachée et textes sur l’angoisse. Le mot apparaît dans l’hebdomadaire britannique Sounds le 26 novembre 1977, et la presse française l’applique, sous la forme « vague froide », aux Rennais de Marquis de Sade. La France et la Belgique en ont été deux terres d’élection, avec KaS Product, Trisomie 21 ou Asylum Party.
Quels sont les groupes de new wave français ?
Taxi Girl, avec « Cherchez le garçon » en 1980, Indochine, dont L’Aventurier s’est vendu à plus de 250 000 exemplaires, Les Rita Mitsouko, avec « Marcia Baïla », et Étienne Daho, avec La notte, la notte en 1984. Côté cold wave, Marquis de Sade, KaS Product, Mathématiques Modernes ou Trisomie 21. Aujourd’hui, Lescop, Rendez-Vous ou Hante. prolongent cet héritage.
Comment faire de la new wave ?
Réglez votre logiciel autour de 124 BPM. Programmez une boîte à rythmes droite, grosse caisse sur les temps 1 et 3, caisse claire sur les temps 2 et 4, charleston en croches. Ajoutez une basse de synthétiseur en croches sur la fondamentale, une nappe et un riff, une réverbération généreuse et une gated reverb sur la caisse claire. La partie « Produire un titre new wave en home studio » détaille chaque réglage dans Logic Pro.
Sources
- « New wave music », « Post-punk », « Synth-pop », « Cold wave (music) » et « Gated reverb », Wikipédia en anglais, et « New wave » et « Cold wave », Wikipédia en français, consultés en octobre 2026.
- Articles de Wikipédia en anglais consacrés aux albums, titres et artistes cités, notamment « Parallel Lines », « Dare (album) », « Love Will Tear Us Apart », « Blue Monday (New Order song) », « In the Air Tonight », « Blinding Lights », « Joy Division », « Neu! », « Indochine (band) » et « Taxi Girl », consultés en octobre 2026.
- « Cherchez le garçon (chanson) », « Marquis de Sade (groupe) », « Mathématiques modernes (groupe) », « La notte, la notte » et « Lescop », Wikipédia en français, consultés en octobre 2026.
- « Roland CR-78 », « Linn LM-1 », « LinnDrum », « Prophet-5 », « Factory Records », « Mute Records », « Rough Trade Records » et « Celluloid Records », Wikipédia en anglais, consultés en octobre 2026.
- Entretien avec Hante., ReGen Magazine, mai 2019 ; The Fader, 24 novembre 2021, sur le classement de « Blinding Lights » ; Gold Radio, sur « Don’t You Want Me ».
- Cour de justice de l’Union européenne, arrêts Pelham, C-476/17, 29 juillet 2019, et Pelham II, C-590/23, 14 avril 2026, d’après les analyses des cabinets Wiggin et Greenberg Traurig et du blog IPKat ; article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle.
- Maître Vanessa Fitoussi, « La reprise de chanson originale, qui paye quoi ? », Légavox, 19 juillet 2013.
- Apple, « Use the royalty-free content included with Logic Pro for Mac and MainStage in commercial works », 2025, et Logic Pro : Guide de l’utilisateur (Noise Gate), consultés en 2026 ; volume de recherche de « new wave » en France, Ahrefs, octobre 2026.
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro depuis 20 ans et MainStage depuis sa sortie. Qui sommes-nous ?
