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Valse

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La valse est une danse de couple et une musique à trois temps, notée 3/4, née des danses paysannes d’Autriche et du sud de l’Allemagne à la fin du XVIIIe siècle. Elle se reconnaît dès la première mesure à son accompagnement « oum-pa-pa » : une basse sur le premier temps, un accord sur le deuxième, un accord sur le troisième. Jugée indécente à ses débuts parce que les partenaires y dansent enlacés, face à face, elle triomphe à Vienne au moment du Congrès de 1814 et 1815, puis dans toute l’Europe grâce à Joseph Lanner et à la famille Strauss ; « Le Beau Danube bleu », créé en 1867, reste la valse la plus célèbre du monde. Les compositeurs en font une pièce de concert, de Weber à Chopin, Brahms, Tchaïkovski et Ravel. Les bals l’adaptent en valse lente à l’anglaise ou en valse musette à l’accordéon. La chanson, le jazz, le rock et le cinéma la gardent vivante, de « La Valse à mille temps » de Jacques Brel à « Waltz for Debby » de Bill Evans et à « La Valse d’Amélie » de Yann Tiersen. Et chaque 1er janvier, le concert du Nouvel An de Vienne la fait entendre dans plus de 150 pays. Cette fiche raconte son histoire, explique son rythme et ses tempos, et montre comment composer une valse dans Logic Pro.

  • PériodeDe la fin du XVIIIe siècle à aujourd’hui, avec un âge d’or viennois de 1815 à 1900
  • FoyerAutriche et sud de l’Allemagne, puis Vienne, Paris, Londres et le monde entier
  • TempoEnviron 84 à 90 BPM pour la valse lente, 174 à 180 BPM pour la valse viennoise ; le motif de cette fiche est à 174 BPM
  • RythmeMesure à trois temps : basse sur le premier temps, accords sur le deuxième et le troisième, le « oum-pa-pa »
  • InstrumentsOrchestre à cordes, piano, accordéon, voix ; contrebasse et batterie aux balais dans la valse de bal et le jazz

La valse en bref

  • Origine : les danses tournantes à trois temps des campagnes d’Autriche et de Bavière, le ländler et les « danses allemandes », devenues à Vienne, au début du XIXe siècle, la danse de toute la société.
  • Son : une basse sur le premier temps, deux accords plus légers sur les deux suivants, une mélodie qui chante par phrases de huit ou seize mesures, et une harmonie simple qui change souvent toutes les deux mesures.
  • Trois albums : le concert du Nouvel An 1987 de Herbert von Karajan, les Valses de Chopin par Dinu Lipatti (1950), la bande originale du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Yann Tiersen (2001).
  • En home studio : une signature en 3/4, un piano ou des cordes qui jouent le oum-pa-pa, un tempo qui respire, et Logic Pro fournit tout ce qu’il faut sans rien acheter.
  • Le point à connaître : la valse lente et la valse viennoise n’ont pas le même tempo, du simple au double, et dans la tradition viennoise le deuxième temps de l’accompagnement arrive un peu en avance, un détail que les partitions n’écrivent pas.

Trois albums pour entrer dans la valse

  • New Year’s Concert in Vienna 1987Herbert von Karajan et le Philharmonique de Vienne, 1987

    Le 1er janvier 1987, Herbert von Karajan dirige pour la seule fois de sa vie le concert du Nouvel An du Philharmonique de Vienne, dans la grande salle du Musikverein. La soprano Kathleen Battle y chante « Frühlingsstimmen », « Voix du printemps », la valse pour voix de Johann Strauss fils, et le concert se referme, comme chaque année, sur « Le Beau Danube bleu » et la « Marche de Radetzky ». C’est la meilleure porte d’entrée dans la valse viennoise et dans sa manière de placer l’accompagnement.

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  • Chopin : ValsesDinu Lipatti, 1950

    Le pianiste roumain Dinu Lipatti enregistre du 6 au 10 juillet 1950 les quatorze valses de Chopin que l’on joue habituellement en recueil, dans un ordre qu’il a choisi lui-même. Il en rejoue treize le 16 septembre suivant, lors de son dernier récital, à Besançon, avant de mourir le 2 décembre 1950, à trente-trois ans. Le disque est resté l’une des grandes références du répertoire : un tempo qui respire sans jamais perdre la danse, une main gauche légère, une « Grande valse brillante » op. 18 étincelante et une valse en la mineur, op. 34 n° 2, d’une tristesse retenue.

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  • Le Fabuleux Destin d’Amélie PoulainYann Tiersen, 2001

    La bande originale du film de Jean-Pierre Jeunet, sorti en avril 2001, mêle des pièces écrites pour le film et des morceaux plus anciens de Yann Tiersen, multi-instrumentiste brestois : piano, accordéon, clavecin, banjo, vibraphone. On y trouve plusieurs valses, dont « La Valse d’Amélie », proposée en trois versions, l’originale, une version pour orchestre et une version pour piano. Récompensée notamment par le BAFTA de la meilleure musique de film, elle a imposé dans le monde entier une image de la valse française, au piano et à l’accordéon.

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Qu’est-ce qu’une valse ?

Une valse est à la fois une danse et une forme musicale. La danse se pratique en couple, les partenaires enlacés, qui tournent sur eux-mêmes tout en avançant autour de la salle. La musique est écrite dans une mesure à trois temps, le 3/4, avec un premier temps nettement appuyé et deux temps plus légers : c’est ce balancement fort, faible, faible que l’on résume par l’onomatopée « oum-pa-pa ». Danse paysanne à l’origine, elle est devenue la danse de société du XIXe siècle, puis une pièce de concert et un rythme adopté par presque tous les genres populaires.

Ce qui existait avant

La valse descend d’une famille de danses tournantes à trois temps que l’on dansait dans les campagnes d’Autriche, de Bavière et de Bohême. La plus connue est le ländler, du nom du Landl, une région de Haute-Autriche : une danse plus lente et plus lourde, aux pas frappés ou sautés, que les violoneux de village jouaient dans les auberges. À côté du ländler, les villes connaissent les Deutsche, les « danses allemandes », plus vives, que les grands compositeurs écrivent par séries pour les bals. À Vienne, Mozart en compose des dizaines pour les bals de la Redoute, la grande salle de bal de la cour, après sa nomination comme musicien de la chambre impériale à la fin de 1787 ; Beethoven et surtout Schubert en écriront des centaines, sous les noms de danses allemandes, de ländler et déjà de valses.

La littérature garde la trace de ces premières valses. En 1774, dans Les Souffrances du jeune Werther, Goethe décrit un bal où le héros tourne avec Charlotte, emporté par la danse, et jure que, s’il avait une fiancée, il ne la laisserait valser avec personne d’autre que lui. En 1786, l’opéra Una cosa rara de Vicente Martín y Soler, créé à Vienne, est souvent cité comme l’une des premières œuvres de scène à faire entendre une valse.

Le scandale de la danse enlacée

Ce qui choque d’abord, ce n’est pas la musique, c’est la position. Les danses de cour du XVIIIe siècle, le menuet en tête, se dansaient à distance, en figures, les mains à peine jointes. Dans la valse, l’homme tient sa partenaire par la taille, les deux corps se font face et tournent ensemble, de plus en plus vite. Moralistes, médecins et maîtres de danse dénoncent une danse indécente, dangereuse pour la santé et pour la vertu. En Angleterre, Lord Byron publie en 1813 The Waltz, un long poème satirique contre cette mode venue d’Allemagne, et la valse mettra encore quelques années à être acceptée dans les bals de la haute société londonienne.

Vienne, le Congrès et les rois de la valse

Au début du XIXe siècle, Vienne se couvre de salles de bal, et la valse en devient la reine. Le Congrès de Vienne, qui réunit en 1814 et 1815 les puissances européennes après la chute de Napoléon, lui sert de vitrine : les diplomates y dansent tant qu’on prête au prince de Ligne le mot resté fameux, « le Congrès danse, mais il ne marche pas ».

Deux musiciens transforment alors une danse en genre. Joseph Lanner, né en 1801, et Johann Strauss père, né en 1804, jouent ensemble dans le quatuor de Lanner avant que Strauss ne fonde son propre orchestre, en 1825. Ils installent le principe de la valse viennoise : une courte introduction, une suite de valses enchaînées et une coda qui conclut avec éclat. Ils la jouent eux-mêmes, violon en main, à la tête de leur orchestre. Le modèle le plus connu, une chaîne de cinq valses en deux parties encadrée par une longue introduction et une coda qui rappelle les thèmes, sera celui de Johann Strauss fils.

Le fils aîné de Strauss, Johann Strauss fils, né en 1825, débute en 1844 au casino Dommayer de Hietzing, aux portes de Vienne, contre l’avis de son père, puis réunit les deux orchestres après la mort de celui-ci, en 1849. Il porte la valse à un niveau d’écriture symphonique, avec des introductions qui ressemblent à des ouvertures et une orchestration très fine. Écrite en 1866, « An der schönen blauen Donau », « Le Beau Danube bleu », op. 314, est créée le 15 février 1867 dans une version pour chœur d’hommes, par le Wiener Männergesang-Verein, sur un texte de Joseph Weyl, avant de triompher dans sa version pour orchestre à l’Exposition universelle de Paris la même année. Suivront « Histoires de la forêt viennoise » en 1868, « Sang viennois » en 1873, « Voix du printemps » en 1883 et la « Valse de l’empereur » en 1889, sans compter l’opérette La Chauve-Souris, en 1874. Ses frères Josef et Eduard dirigent à leur tour l’orchestre familial et écrivent leurs propres valses.

Paris a son propre roi de la valse : Émile Waldteufel, né à Strasbourg en 1837, pianiste de l’impératrice Eugénie puis chef des bals officiels, dont « Les Patineurs », en 1882, fait le tour du monde.

D’où vient le mot

« Valse » vient de l’allemand Walzer, lui-même tiré de walzen, qui signifie « tourner », « rouler », comme on roule une pâte ou un tonneau. Le français l’adopte au tournant du XIXe siècle.

Une mutation plutôt qu’une fin

La valse ne meurt pas avec le XIXe siècle, elle change de lieu. L’opérette viennoise la prolonge avec Franz Lehár, dont La Veuve joyeuse, créée en 1905, a fait de sa valse chantée « Lippen schweigen » un succès mondial. En Angleterre et aux États-Unis, les danseurs ralentissent le tempo et inventent, au début du XXe siècle, la valse lente, que l’Angleterre codifie dans les années 1920 et que la France appelle « valse anglaise ». À Paris, l’accordéon des bals populaires en fait la valse musette. En 1920, Maurice Ravel lui écrit un portrait en forme d’apothéose et d’effondrement, La Valse, comme pour dire adieu au monde qui l’a vue naître.

Le XXe siècle la retrouve partout. Les jazzmen, qui jouaient presque tout en quatre temps, se mettent au trois temps dans les années 1950, et « Waltz for Debby », enregistré en public par le trio de Bill Evans en juin 1961, en devient un standard. La chanson française en fait l’une de ses formes favorites, de « La Foule » d’Édith Piaf, adaptée d’une valse péruvienne de l’Argentin Ángel Cabral, à « La Valse à mille temps » de Jacques Brel. Le cinéma s’en empare : en 1968, Stanley Kubrick fait flotter des vaisseaux spatiaux sur « Le Beau Danube bleu » dans 2001, l’Odyssée de l’espace, et en 2001 « La Valse d’Amélie » fait de Montmartre un décor à trois temps.

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La valse en sept dates

  1. 1774Werther valseDans Les Souffrances du jeune Werther, Goethe décrit un bal où le héros tourne avec Charlotte : la valse entre dans la littérature avant d’entrer dans les salons.
  2. 1815Le Congrès danseLe Congrès de Vienne, ouvert en 1814, réunit l’Europe autour de la table et dans les salles de bal ; les diplomates repartent avec la mode viennoise.
  3. 1867Le Beau Danube bleuLe 15 février, Johann Strauss fils crée sa valse op. 314 dans une version pour chœur d’hommes ; la version pour orchestre triomphe la même année à l’Exposition universelle de Paris.
  4. 1920La Valse de RavelCommandée par Serge de Diaghilev pour les Ballets russes, qui la refuse, la pièce de Maurice Ravel est créée au concert le 12 décembre, à Paris, par l’Orchestre Lamoureux dirigé par Camille Chevillard.
  5. 1939Le premier concert du Nouvel AnLe 31 décembre, dans une Vienne annexée par l’Allemagne nazie, Clemens Krauss dirige un premier concert consacré aux Strauss, au profit d’une œuvre de bienfaisance du régime ; à partir de 1941, le concert a lieu le 1er janvier.
  6. 1959La Valse à mille tempsJacques Brel enregistre en septembre, avec l’orchestre de François Rauber, l’album qui porte ce titre ; la valse qui l’ouvre accélère jusqu’à devenir presque impossible à chanter.
  7. 2001La Valse d’AmélieLa bande originale de Yann Tiersen pour le film de Jean-Pierre Jeunet impose dans le monde entier l’image d’une valse française au piano et à l’accordéon.

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Le morceau pour comprendre

https://www.youtube.com/watch?v=H771CEdwjO4

Il s’agit de « Le Beau Danube bleu », « An der schönen blauen Donau », op. 314, de Johann Strauss fils, joué par le Philharmonique de Vienne sous la direction de Herbert von Karajan au concert du Nouvel An du 1er janvier 1987, dans la grande salle du Musikverein. Strauss l’a composé en 1866 ; la première version, pour chœur d’hommes, est créée le 15 février 1867 par le Wiener Männergesang-Verein, la société chorale viennoise dont le poète, Joseph Weyl, a écrit les paroles, avant que Strauss n’en tire la version pour orchestre seul qui triomphe à l’Exposition universelle de Paris la même année. C’est cette version que l’on entend ici, et qui revient chaque 1er janvier en bis, précédée des vœux de Nouvel An.

Pourquoi ce morceau pour comprendre le genre ? Parce qu’il contient toute la valse viennoise en une dizaine de minutes. Écoutez d’abord l’introduction, en la majeur, où les cordes frémissent avant que le thème ne se dessine : elle laisse aux danseurs le temps de prendre place. Arrive ensuite la première valse, en ré majeur : comptez « un, deux, trois » et écoutez l’accompagnement, la basse seule sur le premier temps et les accords sur les deux suivants. C’est précisément ce passage qu’une étude de 2022 a mesuré dans 34 enregistrements : chez les orchestres viennois, le premier temps y est nettement plus court que les deux autres, et le deuxième arrive donc en avance. Comptez ensuite les cinq valses qui s’enchaînent, chacune en deux parties, puis la coda, qui rappelle les thèmes avant le roulement de timbales final.

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Les caractéristiques musicales

Le rythme

Une valse est écrite dans une mesure à trois temps, notée 3/4 : trois noires par mesure, la première appuyée, les deux suivantes plus légères. L’accompagnement type confie la basse au premier temps et deux accords plus courts aux deux autres : c’est le « oum-pa-pa ». Les danseurs font un pas par temps et, en valse viennoise, bouclent un tour complet toutes les deux mesures. La musique s’organise donc par paires de mesures, puis en phrases de huit et de seize mesures, et l’harmonie change souvent toutes les deux mesures. À tempo rapide, l’oreille compte les mesures plutôt que les noires.

Le tempo dépend de la valse. Les règlements de compétition de la danse sportive, ceux de la WDSF par exemple, fixent la valse lente, dite aussi valse anglaise, autour de 28 à 30 mesures par minute, soit 84 à 90 BPM (battements par minute) à la noire, et la valse viennoise autour de 58 à 60 mesures par minute, soit 174 à 180 BPM : du simple au double. Au concert, il n’y a plus de tempo imposé : une valse de Chopin ou de Ravel se joue rubato, avec un tempo souple qui ralentit et accélère selon l’expression.

La valse viennoise ajoute un détail célèbre, qui ne figure sur aucune partition. Dans l’accompagnement, le deuxième temps est joué un peu avant sa place théorique : la mesure n’est pas coupée en trois parts égales, le premier temps est légèrement raccourci et le deuxième temps, plus long, semble se suspendre avant que la mesure suivante ne reparte. Les musiciens et les maîtres de danse viennois parlent d’un deuxième temps « avancé ». Le phénomène a été mesuré : en 2022, le musicologue Jian Yang a publié dans la revue Musicologica Austriaca une étude de 34 enregistrements du « Beau Danube bleu ». Au début de la première valse, les orchestres viennois partagent en moyenne la mesure en trois parts d’environ 27 %, 38 % et 35 %, au lieu de trois tiers : un temps court, un long, un moyen. Les orchestres non viennois font de même, mais beaucoup moins, avec environ 30 %, 35 % et 35 %. L’écart varie selon les chefs et les passages : il est nettement plus faible dans la cinquième valse. Le lecteur ci-dessous, lui, joue droit.

Voici le « oum-pa-pa » sur une mesure de 3/4 découpée en douze doubles-croches, à 174 BPM, le tempo d’une valse viennoise ; les trois temps tombent sur les pas 1, 5 et 9. La basse frappe seule le premier temps, les accords répondent sur les deux autres, un peu moins fort sur le troisième, et des balais légers marquent les croches. La variante ajoute une basse d’appel sur la dernière croche, qui relance la mesure suivante. C’est une synthèse, pas la transcription d’un morceau précis.

123456789101112
Basse
Accords
Balais
FrappeVarianteChaque ligne est un instrument, chaque colonne un instant, sur une mesure de 3/4 ; les pas 1, 5 et 9 sont les trois temps.

Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon. La basse est rendue par une grosse caisse, les accords par une percussion et les balais par un shaker : écoutez les places, pas les timbres. Jeu droit ; le deuxième temps avancé de la valse viennoise n’est pas reproduit.

Écoutez le motif à 174 BPM, puis à 87 BPM, le tempo d’une valse lente : à cette vitesse, le premier temps cesse d’être un simple appui pour devenir un vrai pas, et l’on entend mieux l’écart de force entre la basse et les accords. Cochez ensuite la variante. Dans Logic Pro, le réglage Q-Swing ne sert à rien ici : il ne retarde que les pas pairs de la grille et ne sait pas avancer un temps. Pour obtenir le deuxième temps avancé de la valse viennoise, il faut déplacer les accords du deuxième temps eux-mêmes vers la gauche, de plusieurs dizaines de ticks ; la partie consacrée au home studio explique comment.

L’harmonie

L’harmonie de la valse de danse est tonale et volontairement simple, parce qu’elle doit rester lisible à grande vitesse. L’accord de tonique, le I, et l’accord de dominante avec sa septième, le V7, se partagent l’essentiel des mesures, souvent par blocs de deux, de quatre ou de huit mesures. La couleur vient d’ailleurs : de la mélodie, pleine de notes étrangères à l’accord qui frottent puis se résolvent, de la dominante secondaire qui prépare la dominante, et des changements de tonalité d’une valse à l’autre dans une chaîne de valses. Les valses de salon et de concert, celles de Chopin en tête, aiment le mode mineur, les accords diminués et les modulations rapides ; le jazz waltz y ajoute les accords de septième et les enchaînements du jazz.

Dans les chiffres romains ci-dessous, chaque chiffre désigne un accord par sa place dans la gamme, en minuscules quand il est mineur, en majuscules quand il est majeur ; « 7 » ajoute une septième. Les noms d’accords sont notés à l’anglaise : A vaut la, B si, C do, D ré, E mi, F fa, G sol ; « m » signifie mineur, « 7 » un accord de septième, « maj7 » une septième majeure et « m7 » un accord mineur avec septième. Les grilles 1, 2 et 4 sont en ré majeur, la tonalité de la première valse du « Beau Danube bleu », la troisième est en la mineur et la cinquième en do majeur, sur quatre mesures, un accord par mesure. Écoutez-les lentement, puis ajoutez la percussion du motif.

Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en ré majeur, en la mineur ou en do majeur, une boucle de quatre mesures, un accord par mesure.

L’instrumentation

La valse n’a pas d’instrument obligé : elle a changé d’habit à chaque époque, en gardant le même squelette.

  • L’orchestre de danse viennois, cordes, flûtes, clarinettes, cors, trompettes, timbales et percussions légères : les contrebasses et les violoncelles tiennent la basse du premier temps, les altos, les seconds violons et les cors jouent les accords du deuxième et du troisième, les premiers violons chantent la mélodie.
  • Le piano seul, de Weber à Chopin et Ravel : la main gauche fait le oum-pa-pa en sautant de la basse grave à l’accord du médium, la main droite chante.
  • Le piano à quatre mains, comme dans les seize Valses op. 39 de Brahms, en 1865.
  • L’accordéon, dans la valse musette, dont la main gauche joue d’elle-même la basse et les accords.
  • L’orchestre de bal du XXe siècle, piano, contrebasse, batterie aux balais, saxophones ou cordes, pour la valse lente.
  • Le trio de jazz, piano, contrebasse et batterie, pour le jazz waltz.
  • La guitare, dans les valses d’Amérique latine et les valses manouches.

La voix et la forme

La valse de bal viennoise est instrumentale, et sa forme est une suite : une introduction, souvent plus lente et plus libre, puis une chaîne de cinq valses enchaînées, chacune en deux parties, souvent de seize mesures, avec des changements de tonalité, et une coda qui rappelle les thèmes les plus forts avant une conclusion brillante. C’est la forme du « Beau Danube bleu » et de la plupart des grandes valses de Johann Strauss fils. La voix y entre pourtant : « Le Beau Danube bleu » est d’abord créé avec un chœur d’hommes, et « Voix du printemps » est écrite pour soprano. L’opéra et l’opérette regorgent d’airs à trois temps, de la valse de Juliette dans le Roméo et Juliette de Gounod, en 1867, à la valse de Musette dans La Bohème de Puccini, en 1896.

La valse de concert, elle, est une pièce brève et libre : une forme en trois parties, ABA, ou une suite de sections enchaînées, comme dans les valses de Chopin. La chanson, enfin, garde le trois temps et lui impose ses couplets et son refrain. Point commun à toutes : la carrure, ces phrases de quatre, huit et seize mesures que l’oreille anticipe.

Exercice d’écoute

Écoutez « Le Beau Danube bleu » dans le concert du Nouvel An 1987, puis « La Valse à mille temps » de Jacques Brel, puis « Manic Depression » de Jimi Hendrix, et répondez avant de lire la suite.

  • Question 1 : dans les valses du « Beau Danube bleu », l’accompagnement partage-t-il chaque mesure en trois parts parfaitement égales ?
  • Question 2 : « La Valse à mille temps » garde-t-elle le même tempo du début à la fin ?
  • Question 3 : « Manic Depression », enregistré en mars 1967 pour Are You Experienced, se compte-t-il en quatre temps, comme la plupart des morceaux de rock ?

Les réponses, à ne lire qu’après.

  • Réponse 1 : le plus souvent, non. Comme dans le motif du lecteur, la basse prend le premier temps et les accords les deux suivants, mais, à Vienne, le deuxième temps arrive un peu en avance, et la mesure balance au lieu de tomber droite. Ce que vous apprenez : humaniser une valse ne consiste pas à ajouter du hasard, mais à déplacer toujours le même temps, dans le même sens, en dosant l’écart selon le passage.
  • Réponse 2 : non. La chanson commence comme une valse modérée et accélère au fil des couplets jusqu’à un tourbillon, que le titre annonce. Ce que vous apprenez : le tempo peut être un procédé d’écriture à part entière ; dans Logic Pro, la piste de tempo permet de dessiner une telle accélération, mesure par mesure.
  • Réponse 3 : non. Le morceau est en mesure ternaire composée, notée 9/8 : trois temps par mesure, chacun divisé en trois croches, ce qui lui donne le balancement d’une valse rapide. La batterie de Mitch Mitchell, influencée par le jazz, s’inspire de la partie jouée par Ronnie Stephenson sur « African Waltz », une valse de jazz enregistrée par l’orchestre de John Dankworth. Ce que vous apprenez : le trois temps n’est pas réservé aux musiques douces ou anciennes ; une guitare saturée sur une mesure de valse reste une valse.

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Valse, polka et musette : ce qui les sépare

La valse partage ses salles de bal et ses compositeurs avec plusieurs danses voisines ; voici comment ne plus les confondre.

Valse et polka : quelle différence ?

La différence s’entend au premier pas : la valse est à trois temps, « oum-pa-pa », la polka à deux temps, « oum-pa ». Les deux viennent de la même Europe centrale et ont triomphé dans les mêmes salles de bal viennoises, chez les mêmes compositeurs, Lanner et les Strauss en tête ; les historiens voient même dans la polka, née en Bohême vers 1830, une version plus rapide de la valse. Mais la valse tourne, longue et liée, quand la polka sautille, courte et piquée. Au concert du Nouvel An, les deux alternent : c’est la meilleure façon d’entendre la différence.

Valse viennoise et valse lente

Ce sont deux danses différentes sur la même mesure. La valse viennoise, autour de 58 à 60 mesures par minute, est une rotation presque continue : le couple tourne tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche, et passe d’un sens à l’autre par des pas de changement, sans rotation. La valse lente, autour de 28 à 30 mesures par minute, s’est fixée en Angleterre dans les années 1920, où on la danse en compétition depuis 1923 ou 1924, d’où son nom français de « valse anglaise » ; avant elle, le boston, une version américaine ralentie de la valse, avait mis à la mode un trois temps plus calme. Elle avance en grandes courbes, avec un mouvement de montée et de descente du corps que les danseurs appellent le rise and fall. Les deux figurent parmi les cinq danses standard de la danse sportive, avec le tango, le slow fox et le quickstep.

Valse et valse musette

La valse musette est une valse, mais une valse parisienne, née dans les bals populaires tenus par les Auvergnats puis par les accordéonistes italiens, entre la fin du XIXe siècle et les années 1920. Elle se reconnaît à l’accordéon, accordé « musette » avec des anches légèrement désaccordées qui battent en permanence, à un tempo rapide, souvent entre 165 et 210 BPM, au goût du mode mineur, et à une forme en trois ou quatre parties avec changement de tonalité. « Indifférence », signée en 1942 par Tony Murena et Joseph Colombo, en est le standard. La fiche Musette raconte cette histoire en détail, java comprise.

Valse, ländler et mazurka

Le ländler est l’ancêtre de la valse : même mesure à trois temps, mais un tempo plus lent, un pas plus lourd, souvent frappé, et un caractère paysan que les compositeurs ont gardé quand ils ont voulu évoquer la campagne, comme Mahler dans ses symphonies. La mazurka, danse polonaise à trois temps elle aussi, se reconnaît à ses accents déplacés : l’appui tombe souvent sur le deuxième ou le troisième temps, et non sur le premier. Chopin en a écrit près de soixante pour le piano, à côté d’une vingtaine de valses, et c’est en les comparant qu’on entend le mieux la différence : la valse tourne autour de son premier temps, la mazurka trébuche volontairement sur les autres.

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Sous-genres et scènes

  • Ländler et danses allemandesFin du XVIIIe et début du XIXe siècleLes danses tournantes paysannes à trois temps, écrites par séries pour les bals par Mozart, Beethoven et Schubert.Lire la fiche Musique classique
  • Valse viennoiseDepuis les années 1820La valse de Lanner et des Strauss : une introduction, une chaîne de cinq valses, une coda, un tempo autour de 58 à 60 mesures par minute et un deuxième temps légèrement avancé.
  • Valse de concert et de pianoDepuis 1819La valse stylisée, faite pour être écoutée plutôt que dansée, de L’Invitation à la valse de Weber aux valses de Chopin, de Brahms et de Ravel.Lire la fiche Musique classique
  • Valse de ballet, d’opéra et d’opéretteXIXe et XXe sièclesLes grandes valses de Tchaïkovski pour Le Lac des cygnes, La Belle au bois dormant et Casse-Noisette, les airs à trois temps de Gounod et de Puccini, l’opérette de Lehár.Lire la fiche Opéra
  • Valse lente, ou valse anglaiseDepuis les années 1910La valse de bal ralentie, précédée par le boston américain et fixée en Angleterre dans les années 1920, autour de 28 à 30 mesures par minute.
  • Valse musetteParis, depuis le début du XXe siècleL’accordéon des bals populaires, des tempos rapides, le mode mineur et des formes en plusieurs parties, d’Émile Vacher à Richard Galliano.Lire la fiche Musette
  • Valses d’Amérique latineDepuis la fin du XIXe siècleLe vals mexicain de Juventino Rosas, le vals criollo du Pérou, chanté et joué à la guitare, le vals vénézuélien d’Antonio Lauro, et la ranchera à trois temps du mariachi.Lire la fiche Mariachi
  • Valse country et cajunXXe siècleLes valses chantées de Nashville et du Texas, de « Tennessee Waltz » à Ernest Tubb, et les valses à l’accordéon et au violon de Louisiane, d’Amédé Ardoin à nos jours.Lire la fiche Country
  • Jazz waltzDepuis les années 1940Le jazz à trois temps, du « Jitterbug Waltz » de Fats Waller aux disques de Sonny Rollins, Max Roach, Bill Evans et John Coltrane.Lire la fiche Jazz
  • Valse dans la chanson et la popXXe et XXIe sièclesLe trois temps au service d’une chanson, d’Édith Piaf et Jacques Brel aux Beatles et à Billy Joel.Lire la fiche Chanson française

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La démarche artistique

La valse est d’abord une musique faite pour des corps. Tout, dans son écriture, découle de ce que fait le danseur : un pas par temps, un tour en deux mesures, des phrases de huit et de seize mesures que l’on peut anticiper, une introduction qui laisse le temps de prendre sa partenaire et une coda qui annonce la fin. Écrire une valse de bal, c’est accepter cette contrainte et chercher la liberté dans la mélodie et l’orchestration.

C’est aussi, très tôt, une danse que les compositeurs transforment en idée. En 1819, Carl Maria von Weber écrit pour le piano L’Invitation à la valse, un rondo dédié à sa femme, Caroline, qui raconte un bal : un jeune homme invite une dame, ils tournent ensemble dans la salle, puis se séparent avec courtoisie. C’est la première valse de concert, écrite pour être écoutée plutôt que dansée ; Hector Berlioz l’orchestrera en 1841 pour une représentation du Freischütz à l’Opéra de Paris. Chopin écrit des valses qui ne sont pas faites pour la danse, Brahms des valses pour le salon, Tchaïkovski des valses pour le ballet. Ravel va jusqu’au bout de ce mouvement avec La Valse, qu’il présentait comme un hommage « au grand Strauss, pas Richard, l’autre, Johann » : la pièce part d’un grondement dans le grave, contrebasses, violoncelles et harpes, laisse entrevoir peu à peu des couples de valseurs à travers des nuées tourbillonnantes, comme le dit sa préface, puis entraîne la valse jusqu’à sa destruction. Diaghilev, qui l’avait commandée pour les Ballets russes, y aurait vu, selon Francis Poulenc qui assistait à l’audition, un chef-d’œuvre, mais pas un ballet : le portrait d’un ballet.

C’est enfin une musique de la mémoire. Au XXe siècle, la valse évoque presque toujours un monde perdu : la Vienne impériale, le bal populaire, l’enfance, un amour passé. Les compositeurs jouent avec cette nostalgie : Jacques Brel en fait un vertige amoureux, Dmitri Chostakovitch une valse de variété faussement naïve, Yann Tiersen une boîte à musique de cinéma.

Sur scène, la valse pose un problème particulier : c’est une musique d’orchestre, pensée pour des cordes, des cuivres et des timbales, que peu de formations peuvent emmener partout. Une alternative consiste à jouer les parties en direct, avec un logiciel de scène. C’est ce que permet MainStage : on empile dans un même patch, le nom que MainStage donne à la configuration d’un morceau, plusieurs instruments répartis par plages de touches, la basse et les accords du oum-pa-pa dans la moitié gauche du clavier, les cordes ou l’accordéon de la mélodie dans la moitié droite, et on passe d’une valse à l’autre sans couper le son. Pour ce genre, réglez avec soin la sensibilité à la vélocité de la plage de gauche, afin que la basse du premier temps sorte naturellement plus fort que les deux accords. Les mélodies et l’accompagnement se jouent alors à la main, et les parties impossibles à jouer seul, un contrechant de cordes ou une partie de cuivres, peuvent tourner à côté. Attention toutefois : MainStage ne dispose ni de Drummer, ni des Session Players, ni de Flex, ni de l’assistant de mastérisation, ni du séparateur de pistes. La préparation du spectacle se fait dans Logic Pro, et MainStage sert à le jouer.

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La valse aujourd’hui

En 2026, la valse vit d’abord à Vienne. Chaque 1er janvier, le Philharmonique de Vienne donne au Musikverein son concert du Nouvel An, consacré à la famille Strauss et à ses contemporains ; selon l’orchestre, il est diffusé dans plus de 150 pays, à la télévision et en streaming, et suivi par environ 50 millions de téléspectateurs. Le rituel ne change pas : après le programme officiel viennent les bis, « Le Beau Danube bleu », précédé des vœux de Nouvel An, une tradition lancée par Willi Boskovsky, puis la « Marche de Radetzky » de Johann Strauss père, que le public accompagne en frappant dans ses mains sous la direction du chef depuis 1958. Le 1er janvier 2026, le chef canadien Yannick Nézet-Séguin le dirigeait pour la première fois, et ce concert est publié sur Apple Music ; Tugan Sokhiev est annoncé pour 2027. L’hiver viennois reste celui des bals, dont le plus célèbre, le bal de l’Opéra, s’ouvre par la valse des débutants et par l’appel « Alles Walzer », « tout le monde valse ».

La valse vit aussi dans les écoles de danse et sur les pistes. La valse lente et la valse viennoise font partie des danses standard de la danse sportive, enseignées dans les clubs du monde entier. Le violoniste néerlandais André Rieu, qui a fondé en 1987 son Johann Strauss Orchestra, tourne en Europe, en Amérique du Nord, au Japon et en Australie avec un répertoire où la valse tient le premier rôle ; son enregistrement de la deuxième valse de la Suite pour orchestre de variétés de Chostakovitch, que Stanley Kubrick a aussi placée en 1999 dans la bande originale d’Eyes Wide Shut, a lancé aux Pays-Bas un véritable regain de la valse.

Le cinéma et l’animation ne l’ont jamais quittée. Après Kubrick et son « Beau Danube bleu » spatial, Maurice Jarre a écrit pour Le Docteur Jivago, en 1965, un thème de Lara à trois temps devenu un standard, et Joe Hisaishi a donné au Château ambulant de Hayao Miyazaki, en 2004, une valse, « Merry-Go-Round of Life ». En France, « La Valse d’Amélie », déclinée sur sa bande originale en versions pour orchestre et pour piano, a fixé l’image d’une valse française intime, loin des salles de bal. Dans la pop, le trois temps revient chez les auteurs-compositeurs, de Leonard Cohen, dont « Take This Waltz » adapte en 1988 un poème de Federico García Lorca, à Elliott Smith et à son « Waltz #2 (XO) », en 1998.

Faire de la valse en 2026 sans tomber dans la carte postale

  • Choisissez votre valse avant d’écrire : viennoise, lente, musette, jazz ou chanson, chacune a son tempo, sa danse et son vocabulaire.
  • Écrivez une vraie mélodie, qui prend appui sur le premier temps et ose des notes étrangères à l’accord : c’est elle qui distingue une valse de Strauss ou de Tiersen d’une piste d’ambiance.
  • Jouez l’accompagnement au lieu de le dessiner, ou dessinez-le en donnant au premier temps plus de poids qu’aux deux autres.
  • Laissez respirer le tempo : un léger ralenti en fin de phrase, une reprise un peu plus vive, et la valse cesse d’être une boîte à musique.
  • Sortez des timbres attendus : synthétiseur, guitare saturée ou voix seule.
  • Si vous reprenez ou arrangez une valse existante, vérifiez qui en détient les droits : la partie « Éditeurs, droits et domaine public » explique ce qui est libre et ce qui ne l’est pas.

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Douze artistes pour commencer

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Composer une valse en home studio

Cette partie suppose que vous savez créer un projet, ajouter une piste d’instrument logiciel et une piste audio, enregistrer une région et éditer des notes dans l’éditeur clavier de Logic Pro. Si ce n’est pas encore le cas, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro, puis revenez ici. Pour les accords, voyez le cours Bien démarrer au piano et en harmonie. Tout ce qui suit s’appuie sur les instruments et les effets fournis avec Logic Pro. Studio Piano, un piano virtuel, et ChromaGlow, un effet de saturation, sont apparus avec Logic Pro 11, et ChromaGlow exige un Mac équipé d’une puce Apple silicon.

Prenez les étapes dans l’ordre : on part ici de la mesure et de la main gauche avant la mélodie, parce que dans une valse c’est l’accompagnement qui fait danser, et une mélodie posée sur un oum-pa-pa mal équilibré ne sauvera rien. Pour une première séance d’une heure, arrêtez-vous à la fin de l’étape « La main gauche : le oum-pa-pa » : un piano qui valse vraiment vaut mieux qu’un orchestre complet qui marche au pas.

Le tempo, la mesure et le clic

  • Créez un projet et réglez la signature rythmique sur 3/4 en cliquant sur la signature affichée dans l’écran de la barre de commandes.
  • Réglez le tempo sur 174 BPM pour retrouver le motif du lecteur et une valse viennoise, sur 87 BPM pour une valse lente, autour de 180 BPM pour une valse musette.
  • Activez le mode cycle sur huit mesures, de la mesure 1 au début de la mesure 9 : une valse se construit par phrases de huit mesures.
  • À 174 BPM, ouvrez les réglages du métronome et ne gardez que le clic de mesure : un clic par mesure vous fait sentir la grande pulsation de la valse, trois clics vous enferment dans la noire.

La main gauche : le oum-pa-pa

  • Chargez Studio Piano, ou le piano acoustique de votre choix, sur une piste d’instrument logiciel.
  • Jouez la grille « La bascule tonique-dominante » : une mesure de ré majeur, deux mesures de A7, une mesure de ré majeur.
  • Placez la basse seule sur le premier temps, environ une octave et demie sous le do central, et les accords sur le deuxième et le troisième temps, autour du do central.
  • Laissez durer la basse une noire et raccourcissez les accords à une croche : c’est le silence entre les accords qui fait respirer la valse.
  • Donnez à la basse une vélocité autour de 100, au deuxième temps autour de 75 et au troisième autour de 68 : la valse descend d’un cran à chaque temps de la mesure.
  • Alternez la fondamentale et la quinte de l’accord à la basse, une mesure sur deux, pour éviter qu’elle ne martèle la même note.
  • Appuyez la pédale de sustain juste après la basse et relevez-la juste avant la basse suivante : une pédale par mesure, jamais tenue d’une harmonie à l’autre.
  • Pour essayer un accompagnement généré, Keyboard Player, le Session Player de clavier de Logic Pro 11, suit la piste d’accords ; relisez le résultat mesure par mesure pour vérifier qu’il sonne bien à trois temps.

Le deuxième temps avancé et le rubato

  • Pour une valse viennoise, copiez la région d’accompagnement sur une seconde piste du même instrument.
  • Sur la première piste, effacez les accords du deuxième temps ; sur la seconde, ne gardez que ces accords.
  • Dans l’inspecteur de région de la seconde piste, réglez le paramètre Delay sur une valeur négative, autour de moins 60 ticks pour commencer.
  • Rappelez-vous l’échelle : Logic Pro compte 960 ticks par noire, donc 96 ticks font 10 % d’un temps, environ 34 millisecondes à 174 BPM.
  • Montez progressivement vers moins 150 ou moins 170 ticks pour un balancement très viennois : c’est l’ordre de grandeur que donnent les mesures publiées sur le début du « Beau Danube bleu » par les orchestres viennois, calculé à partir de leurs moyennes.
  • Pour suivre ces mêmes mesures, isolez aussi les accords du troisième temps sur une troisième piste, avancée d’une quarantaine de ticks seulement.
  • Réglez à l’oreille : aucune valeur n’est canonique, et l’écart change d’un passage à l’autre.
  • Pour une valse de concert, ouvrez la piste globale de tempo et dessinez un léger ralenti sur les deux dernières mesures de chaque phrase de huit mesures, puis une reprise du tempo à la phrase suivante.
  • Si vous enregistrez un vrai piano en audio, sans clic, passez le mode de tempo du projet sur Adapt : Smart Tempo, présent depuis Logic Pro 10.4, analyse la prise et redessine la grille sur votre jeu. La fiche Smart Tempo détaille ce réglage.
  • Ouvrez ensuite le Smart Tempo Editor, vérifiez que chaque premier temps est bien placé sur une basse, et doublez ou divisez le tempo détecté par deux si l’analyse a compté la valse deux fois trop vite ou trop lentement.

Les cordes de l’orchestre de bal

  • Chargez Studio Strings sur trois pistes, une pour la basse, une pour les accords, une pour la mélodie, en choisissant si possible des pupitres séparés plutôt qu’un ensemble complet.
  • Confiez la basse du premier temps aux violoncelles et aux contrebasses, en notes courtes et appuyées.
  • Confiez les accords du deuxième et du troisième temps aux altos et aux seconds violons, avec une articulation courte, staccato ou pizzicato si elle est proposée.
  • Confiez la mélodie aux premiers violons, en articulation liée, une octave au-dessus de l’accompagnement.
  • Dessinez la nuance de chaque phrase avec une courbe d’automation de volume ou d’expression : une valse de Strauss gonfle et se retire sans cesse.
  • Gardez timbales et triangle pour l’introduction et la coda.
  • Répartissez l’orchestre avec le panoramique, qui va de moins 64 à plus 63 : premiers violons à gauche, violoncelles et contrebasses à droite.

L’accordéon et la couleur musette

  • Tapez « accordéon » ou « accordion » dans le champ de recherche de la bibliothèque : selon votre version et les sons que vous avez téléchargés, vous trouverez ou non un patch d’accordéon échantillonné.
  • S’il n’y en a pas, ou s’il manque le battement de l’accordage musette, chargez ES2 et réglez ses trois oscillateurs en dents de scie, le premier juste, le deuxième monté d’environ 14 cents, le troisième descendu d’autant.
  • Ouvrez le filtre passe-bas autour de 5 kHz, sans résonance, avec une attaque de quelques millisecondes et un relâchement court.
  • Ramenez à zéro la sensibilité du volume à la vélocité et pilotez le volume avec une courbe d’expression, le contrôleur 11, comme un soufflet.
  • Pour le détail de ces réglages et des tempos du bal parisien, suivez la fiche Musette.

La batterie aux balais et la valse de jazz

  • Pour une valse lente de bal ou une valse de jazz, essayez Drummer : il n’est pas limité au 4/4, mais choisissez un batteur au jeu feutré et vérifiez à l’écoute que le motif tombe bien sur trois temps.
  • Pour programmer le motif du lecteur vous-même, créez une piste Drum Machine Designer, qui joue par défaut les notes 36 à 51, et remplacez les sons des pads par une grosse caisse douce, un bois et des balais.
  • Créez une région de motif, le type de région qu’édite le Step Sequencer, l’éditeur pas à pas de Logic Pro, et réglez sa longueur sur douze pas en doubles-croches, soit une mesure de 3/4.
  • Allumez la grosse caisse au pas 1, le bois aux pas 5 et 9, les balais sur tous les pas impairs, et la basse d’appel au pas 11 pour la variante, une fois toutes les quatre ou huit mesures.
  • En mode Velocity/Value, donnez au pas 5 une vélocité un peu plus forte qu’au pas 9, comme dans le lecteur.
  • Pour un jazz waltz, passez à la cymbale ride, quantifiez à la croche et réglez le Q-Swing autour de 60 % : 50 % correspond à un jeu droit, et Q-Swing ne retarde que les croches de rang pair. La fiche quantification détaille ces réglages.
  • Ou laissez la batterie de côté : une valse pour piano ou pour orchestre n’en a pas.

L’espace, le mixage et le master

  • Créez un auxiliaire avec Space Designer, la réverbération à convolution de Logic Pro, sur un préréglage de salle de concert : une valse orchestrale a besoin d’une salle, pas d’une cathédrale.
  • Réglez la durée autour de deux secondes et un pré-délai d’une vingtaine de millisecondes, pour que l’attaque des accords courts reste nette.
  • Sur le retour de réverbération, insérez un Channel EQ et coupez sous 200 Hz : une queue chargée en graves noie la basse du premier temps.
  • Sur la sortie générale, gardez une compression très légère : une valse vit de ses nuances. La fiche mixage détaille la marche à suivre.
  • Mesurez le volume avec Loudness Meter et visez entre moins 18 et moins 14 LUFS intégrés, l’unité du volume perçu, plutôt que le volume de la pop.
  • Gardez le pic réel sous moins 1 dBTP, le décibel true peak : dans Adaptive Limiter, cochez True Peak Detection et réglez Out Ceiling sur moins 1 dB. La fiche mastering explique pourquoi.

Ce qu’un praticien fait vraiment

L’ordre des étapes ci-dessus est pédagogique. En pratique, un compositeur de valse part presque toujours de la mélodie et de la basse, au piano, en chantant. Il cherche une phrase de huit mesures qui tourne, la répète, la varie, puis écrit la phrase qui lui répond. L’accompagnement vient presque tout seul une fois la basse trouvée ; l’orchestre vient en dernier, comme un habit.

La deuxième habitude est de vérifier le tempo avec le corps. Un arrangeur de bal se lève, compte les mesures sur une minute ou fait quelques pas : une valse lente trop rapide devient impossible à danser, une valse viennoise trop lente perd son tourbillon. La troisième est de jouer l’accompagnement plutôt que de le dessiner. Yann Tiersen, multi-instrumentiste, passe sur la bande originale d’Amélie du piano à l’accordéon, au clavecin ou au vibraphone, et ses valses sonnent comme un musicien seul dans une pièce, pas comme un orchestre programmé.

Les cinq erreurs du débutant

  • Laisser le projet en 4/4 : les barres de mesure, le métronome et la quantification tombent faux, et la valse finit par boiter.
  • Jouer les trois temps avec la même force : sans écart entre la basse et les accords, il n’y a plus de valse, seulement trois notes par mesure.
  • Tenir les accords trop longtemps et trop bas : ils couvrent la basse, et le oum-pa-pa devient une bouillie.
  • Hésiter entre deux tempos : à 120 BPM, une valse n’est ni lente ni viennoise, et personne ne sait comment la danser.
  • Humaniser au hasard : déplacer toutes les notes de quelques ticks au petit bonheur ne crée pas le balancement viennois, qui consiste à avancer toujours le même temps.
Apprendre à produire pour de bon

Régler une mesure à trois temps et poser un oum-pa-pa qui balance s’apprend en une soirée. Construire un morceau entier, le mixer et le finir demande une méthode. C’est ce que nous transmettons à YouTips, à Grenoble et à distance.

  • Organisme certifié Qualiopi, formation finançable
  • Formateur Logic Pro depuis 20 ans, MainStage depuis sa sortie
  • Progression du projet vide au morceau masterisé
  • Petits groupes et suivi individuel

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Où trouver des sons pour une valse ?

Dans Logic Pro

  • Studio Piano, depuis Logic Pro 11, pour les valses de piano et les accompagnements.
  • Studio Strings pour l’orchestre de bal, avec ses pupitres et ses articulations courtes et liées.
  • ES2 et Alchemy pour fabriquer un accordéon musette ou une nappe d’accompagnement.
  • Drummer, Drum Machine Designer et le Step Sequencer pour les balais de la valse lente et du jazz waltz, Quick Sampler pour une timbale ou un triangle enregistrés par vous.
  • Space Designer et ChromaVerb pour la salle de concert ou le salon.

Boucles et banques

  • Splice : abonnement à la boucle, sous une licence dite libre de droits, sans redevance par utilisation ; cherchez « waltz » et « 3/4 ».
  • Loopmasters : banques vendues à l’unité, dont des banques orchestrales et de jazz, sous licence sans redevance par utilisation, à lire avant tout usage commercial.
  • Freesound : ambiances de salle, de bal ou de café enregistrées par une communauté, sous licences Creative Commons variées, à lire fichier par fichier avant tout usage commercial.

Instruments virtuels

  • Spitfire Audio : sa série LABS, gratuite, riche en pianos, cordes et instruments acoustiques.
  • Modartt : Pianoteq, un piano modélisé et non échantillonné, très souple pour les nuances d’une valse de concert.

Espace et caractère

  • Valhalla DSP : réverbérations de salle à prix modeste, dont un modèle gratuit, Supermassive.
  • ChromaGlow, présent dans Logic Pro 11 sur les Mac à puce Apple, pour donner à un piano ou à des cordes la couleur d’un vieil enregistrement. La fiche ChromaGlow le présente.

Pour choisir votre matériel d’écoute et vos périphériques avant d’investir dans les logiciels, le cours Équipez votre home studio passe en revue les priorités dans l’ordre.

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Lexique de la valse

  • ValseDanse de couple tournante et musique à trois temps, née en Autriche et dans le sud de l’Allemagne à la fin du XVIIIe siècle ; de l’allemand Walzer, de walzen, « tourner ».
  • 3/4Signature rythmique de la valse : trois temps par mesure, chaque temps valant une noire.
  • Oum-pa-paAccompagnement type de la valse : une basse sur le premier temps, un accord sur chacun des deux suivants.
  • LändlerDanse paysanne autrichienne à trois temps, plus lente et plus lourde que la valse, dont elle est l’ancêtre.
  • Danse allemandeEn allemand Deutscher : danse tournante à trois temps de la fin du XVIIIe siècle, écrite par séries pour les bals, notamment par Mozart et Schubert.
  • Valse viennoiseValse rapide, autour de 58 à 60 mesures par minute, de Lanner et des Strauss ; son deuxième temps est joué légèrement en avance.
  • Valse lenteOu valse anglaise : valse de bal ralentie, autour de 28 à 30 mesures par minute, fixée en Angleterre dans les années 1920.
  • Chaîne de valsesForme de la valse viennoise : une introduction, plusieurs valses enchaînées, souvent cinq, et une coda.
  • HémiolePassage où deux mesures à trois temps sont accentuées comme trois mesures à deux temps ; fréquente aux cadences, elle donne l’impression que la valse trébuche avant de conclure.
  • Jazz waltzValse de jazz : un morceau de jazz à trois temps, souvent joué en croches swinguées, devenu courant à partir des années 1950.

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Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter

MorceauTempoProductionCe qu’il enseigne
« Le Beau Danube bleu »Johann Strauss fils, 1867Valse viennoiseKarajan et le Philharmonique de Vienne, 1987Une introduction lente, une chaîne de valses et une coda : toute la forme de la valse viennoise, avec, dans l’accompagnement, le deuxième temps légèrement avancé.
« Grande valse brillante »Frédéric Chopin, 1834Vif, rubatoDinu Lipatti, piano, 1950La valse de concert pour piano seul : une main gauche qui saute de la basse aux accords, une main droite virtuose et un tempo qui respire sans perdre la danse.
« La Valse »Maurice Ravel, 1920Crescendo continuYannick Nézet-Séguin, directionUn murmure dans le grave d’où naissent des fragments de valse, jusqu’au tourbillon et à l’effondrement : l’orchestration comme récit.
« La Valse à mille temps »Jacques Brel, 1959AccéléréOrchestre dirigé par François Rauber, 1959Une chanson qui accélère du début à la fin : le tempo devient le sujet du morceau, et le texte suit le mouvement.
« Waltz for Debby »Bill Evans Trio, 1961Jazz waltzNon préciséeUn trio de jazz à trois temps, enregistré en public : la contrebasse dialogue au lieu de marquer le premier temps, et la valse tient pourtant.
« La Valse d’Amélie »Yann Tiersen, 2001ModéréNon préciséeUne valse de cinéma déclinée en plusieurs versions sur la même bande originale, dont une pour orchestre et une pour piano : une leçon d’arrangement à partir d’un seul thème.

Aucune mesure de tempo publiée et fiable n’a été trouvée pour ces six titres : les indications sont des repères d’écoute, à vérifier vous-même en comptant les mesures sur trente secondes, puis en multipliant par deux et par trois pour obtenir le tempo à la noire. Pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables). Ces six titres ont été choisis pour leur valeur pédagogique, et non pour représenter toutes les scènes du genre.

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Éditeurs, droits et domaine public

La valse a d’abord été un marché de partitions. Au XIXe siècle, les éditeurs viennois publient les valses de Lanner et des Strauss en réductions pour piano, vendues aux familles qui veulent rejouer chez elles la musique entendue au bal. Le XXe siècle en fait un marché du disque, des orchestres de bal en tempo strict aux disques du concert du Nouvel An, comme ceux de Willi Boskovsky, qui l’a dirigé de 1955 à 1979.

Sur un morceau, deux droits coexistent. Le droit d’auteur porte sur l’œuvre, la musique et le texte, et il est le plus souvent géré en France par la Sacem lorsque les auteurs y ont adhéré ; les parts des coauteurs se fixent par écrit avant la sortie. Les droits voisins portent sur l’enregistrement et appartiennent au producteur du disque, celui qui finance et détient la bande, ainsi qu’aux artistes-interprètes. Un contrat de label porte d’abord sur ce second droit : lisez la durée de la cession, le territoire, le partage des revenus et l’exclusivité.

La synchronisation, l’association d’un morceau à des images dans une publicité, un film, un documentaire, un jeu ou une vidéo, est un débouché naturel de la valse. Elle exige deux autorisations distinctes, celle de l’éditeur pour l’œuvre et celle du producteur pour l’enregistrement, aucune des deux n’étant délivrée par la Sacem.

Domaine public, arrangements et enregistrements

  • En France et dans l’Union européenne, une œuvre est protégée jusqu’à la fin de la soixante-dixième année qui suit la mort de son dernier auteur. Les valses de Johann Strauss fils, mort en 1899, de Chopin, de Weber, de Brahms ou de Tchaïkovski sont donc dans le domaine public : on peut les jouer, les arranger, les enregistrer et les publier sans autorisation pour l’œuvre elle-même.
  • Une édition récente, un arrangement ou une orchestration peuvent en revanche être protégés à leur tour : partez de la partition originale ou d’une édition ancienne, et non de l’arrangement d’un auteur vivant.
  • Pour les compositeurs morts entre les deux guerres, les prorogations de guerre françaises compliquent le calcul : la fiche Musique classique raconte comment le Boléro de Ravel est entré dans le domaine public, et chaque œuvre se vérifie au cas par cas.
  • Une valse récente est protégée : les chansons de Jacques Brel, mort en 1978, le restent jusqu’à la fin de 2048, et les musiques de Yann Tiersen, compositeur vivant, pour longtemps encore.
  • Reprendre une valse protégée telle qu’elle a été écrite ne demande pas en France d’autorisation particulière aux auteurs : on déclare l’œuvre, et les droits dus aux auteurs et aux éditeurs leur sont reversés, principalement par la Sacem.
  • Un enregistrement n’est pas libre parce que l’œuvre l’est : en Europe, les droits du producteur d’un disque durent soixante-dix ans après sa publication. Échantillonner « Le Beau Danube bleu » du concert du Nouvel An 1987 demande l’autorisation de son producteur, même si Strauss appartient à tout le monde.
  • Dans l’arrêt Pelham du 29 juillet 2019, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que même un fragment très court reproduit l’enregistrement, sauf s’il est modifié au point d’être méconnaissable à l’écoute : ralentir ou filtrer un extrait d’orchestre ne suffit pas tant qu’on le reconnaît.
  • Rejouer soi-même une mélodie au lieu de l’échantillonner, ce qu’on appelle une interpolation, ne demande plus l’accord du producteur de l’enregistrement d’origine ; si l’œuvre est dans le domaine public, elle ne demande plus aucune autorisation.
  • Les sons d’usine de Logic Pro, boucles, échantillons et jeux de sons, peuvent selon Apple être utilisés sans redevance dans vos propres morceaux, mais pas distribués seuls ni reconditionnés en banques.
  • Le style lui-même n’est pas protégé : personne ne possède le 3/4, le oum-pa-pa ou le deuxième temps avancé. Ce qui est protégé, c’est une mélodie, un texte, un arrangement ou un enregistrement précis.

Une fois ces questions réglées, reste à faire connaître votre musique : dans un genre où le bal, la danse et l’image comptent autant que le son, notre formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens vous apprend à monter vos vidéos, à construire votre EPK et à publier votre site d’artiste.

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Une playlist pour écouter la valse

Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis dans la liste des 100 artistes ci-dessous. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.

  • Valse, la découverte30 titres · 2 h 49

    De Mozart (1791) à Joe Hisaishi (2004) : des danses allemandes de la cour de Vienne aux valses de Strauss, de Chopin et de Ravel, puis le musette, la chanson, le jazz waltz, le rock et le cinéma.

    Ouvrir dans Apple Music

Sans abonnement Apple Music, le lecteur fait entendre des extraits de 30 secondes. Du gospel à la techno, toutes les playlists tirées du glossaire sont sur la page Playlists YouTips.

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Les 100 artistes qui ont fait la valse

Vienne et la valse de bal, de Mozart à l’opérette

La valse de concert, de ballet et d’opéra

Les chefs et les interprètes

La valse française : bal, musette et chanson

Le jazz à trois temps

Amériques : vals, country et cajun

Pop, rock et musique de film

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Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une valse ?

C’est une danse de couple tournante et une musique à trois temps, notée 3/4, née des danses paysannes d’Autriche et du sud de l’Allemagne à la fin du XVIIIe siècle. Elle se reconnaît à son accompagnement « oum-pa-pa » : une basse sur le premier temps, un accord sur chacun des deux suivants.

Quelle est l’origine de la valse ?

Elle descend du ländler et des « danses allemandes », des danses tournantes à trois temps que l’on dansait en Autriche, en Bavière et en Bohême au XVIIIe siècle. Vienne en fait sa danse au début du XIXe siècle, au moment du Congrès de 1814 et 1815, et Joseph Lanner et Johann Strauss père lui donnent sa forme dans les années 1820 et 1830. Le mot vient de l’allemand walzen, « tourner ».

Quelle est la valse la plus célèbre ?

« Le Beau Danube bleu » de Johann Strauss fils, créé le 15 février 1867, joué chaque année en bis au concert du Nouvel An de Vienne et rendu universel en 1968 par 2001, l’Odyssée de l’espace. Parmi les autres : la « Valse des fleurs » de Casse-Noisette, la deuxième valse de Chostakovitch, « La Valse à mille temps » de Brel et « La Valse d’Amélie » de Tiersen.

Quelle est la différence entre la valse viennoise et la valse lente ?

Le tempo, du simple au double, et la danse. La valse viennoise tourne vite, autour de 58 à 60 mesures par minute, soit 174 à 180 BPM, avec une rotation presque continue et un deuxième temps légèrement avancé. La valse lente, ou valse anglaise, se danse autour de 28 à 30 mesures par minute, soit 84 à 90 BPM, en grandes courbes, avec un mouvement de montée et de descente du corps.

Comment composer une valse dans Logic Pro ?

Réglez la signature du projet sur 3/4, puis le tempo sur 174 BPM pour une valse viennoise ou sur 87 BPM pour une valse lente. Sur Studio Piano, jouez la basse seule sur le premier temps et deux accords courts et plus doux sur les deux suivants, en suivant une grille simple comme ré majeur, deux mesures de A7, puis ré majeur. Écrivez une mélodie par phrases de huit mesures, ajoutez Studio Strings pour l’orchestre, avancez légèrement les accords du deuxième temps pour le balancement viennois, puis placez le tout dans une réverbération de salle avec Space Designer. La partie « Composer une valse en home studio » détaille chaque réglage.

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Sources

  • Jian Yang, « Viennese Style in Viennese Waltzes : An Empirical Study of Timing in the Recordings of The Blue Danube », Musicologica Austriaca, 30 décembre 2022 (musau.org) ; « The Viennese Waltz Schlepp », McGill University, Schulich School of Music.
  • World DanceSport Federation, Professional Division Competition Rules, règle 4, article 9 (tempos des danses standard).
  • Philharmonique de Vienne, pages « New Year’s Concert 2026 », « Tradition and History » et programme du concert du 1er janvier 1987 (wienerphilharmoniker.at).
  • Wikipédia en anglais, octobre 2026 : « Waltz », « Viennese waltz », « International standard waltz », « The Blue Danube », « Vienna New Year’s Concert », « La valse », « Manic Depression (song) », et les articles consacrés à Johann Strauss père et fils, Weber, Lipatti, Brel, Bill Evans et Yann Tiersen.
  • Metropolitan Opera, « The Wicked Waltz » ; Berliner Philharmoniker, notice de La Valse ; Jazz Journal ; Andante Moderato.
  • Fiches du glossaire YouTips Musette, Polka, Chanson française, Bill Evans, Maurice Ravel et Smart Tempo, consultées en octobre 2026.
  • Wikidata, éléments Q193434 (valse), Q482621 (Le Beau Danube bleu), Q6529845 (Les Patineurs) et Q15867240 (La Valse à mille temps) ; Apple Music, métadonnées des albums et des artistes cités, octobre 2026.
  • Cour de justice de l’Union européenne, arrêt Pelham, C-476/17, 29 juillet 2019 ; Code de la propriété intellectuelle, articles L123-1 et L211-4.
  • Apple, « Use the royalty-free content included with Logic Pro for Mac and MainStage in commercial works », et Logic Pro : Guide de l’utilisateur.

Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro depuis 20 ans et MainStage depuis sa sortie. Qui sommes-nous ?