Terme du glossaire
Musique classique
La musique classique désigne, au sens large, la musique savante occidentale de tradition écrite, du chant grégorien du Moyen Âge aux compositeurs vivants : une musique notée sur partition, pensée par un compositeur et confiée à des interprètes, chanteurs, solistes, quatuors ou orchestres. Au sens strict, le mot désigne une seule période de cette histoire, la période classique, qui va d’environ 1750 à 1820 et dont Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart et Ludwig van Beethoven sont les trois grands noms. Entre ces deux sens, plus de mille ans de styles se succèdent : la polyphonie du Moyen Âge et de la Renaissance, le baroque de Vivaldi et de Bach, le classicisme viennois, le romantisme de Schubert, Chopin et Wagner, l’impressionnisme de Debussy et Ravel, les ruptures du XXe siècle, le minimalisme de Steve Reich et Philip Glass, et la création d’aujourd’hui. Ce qui les relie n’est pas un son mais une méthode : la tonalité et ses fonctions, la forme pensée à grande échelle, la conduite des voix et l’orchestre comme palette. Ce sont précisément ces outils que la musique de film, le néo-classique et une bonne partie de la pop empruntent encore, et qu’un producteur peut apprendre à manier dans Logic Pro. Cette fiche parle de musique et d’écriture, pas de prestige : on n’a pas besoin d’aimer tout Mahler pour écrire un quatuor qui sonne juste.
- PériodeDu Moyen Âge à aujourd’hui ; la période classique au sens strict va d’environ 1750 à 1820
- FoyerEurope occidentale (Italie, France, pays germaniques, Vienne), puis l’Europe de l’Est, l’Amérique et le monde entier
- TempoDu Largo au Presto, souvent souple ; le motif rythmé de cette fiche est à 112 BPM
- RythmePas de batterie ; la pulsation vient des basses et de l’harmonie, renforcée par les timbales et, à l’occasion, par la grosse caisse, les cymbales et le triangle
- InstrumentsOrchestre symphonique (cordes, bois, cuivres, percussions), piano, quatuor à cordes, orgue, voix solistes et chœur
La musique classique en bref
- Origine : la musique des églises et des cours d’Europe, notée dès le Moyen Âge, qui devient au XVIIIe siècle une musique de concert public, avec Vienne pour capitale de la période classique.
- Son : des instruments acoustiques, une salle qui sonne, des nuances qui vont du presque rien au tutti, une harmonie tonale qui crée des tensions puis les résout, et des formes longues construites autour de thèmes qui se transforment.
- Trois albums : Mozart : Symphonies Nos. 38-41 de Charles Mackerras (2008), Beethoven : Symphonies Nos. 5 & 7 de Carlos Kleiber (1975-1976), Music for 18 Musicians de Steve Reich (1978).
- En home studio : écrivez d’abord à quatre voix, puis orchestrez avec Studio Strings et les instruments d’orchestre de Logic Pro, donnez des nuances avec un contrôleur continu plutôt qu’avec la seule vélocité, et placez tout dans une seule salle.
- Le point à connaître : « classique » a deux sens. Bach est de la musique classique au sens large, mais il appartient à la période baroque ; seuls Haydn, Mozart, le jeune Beethoven et leurs contemporains relèvent de la période classique au sens strict.
Trois albums pour entrer dans la musique classique
- Mozart : Symphonies Nos. 38-41Charles Mackerras et le Scottish Chamber Orchestra, 2008
Les quatre dernières symphonies de Mozart, dont les trois de l’été 1788 : la n° 39, la n° 40 en sol mineur, l’une des deux seules symphonies en mineur qu’il nous ait laissées, et la n° 41, dite « Jupiter ». Charles Mackerras les enregistre en août 2007 avec le Scottish Chamber Orchestra pour le label Linn : des instruments modernes, mais un vibrato économe, des cuivres mordants et des timbales sèches, à la manière des ensembles sur instruments d’époque. Gramophone y salue un équilibre orchestral comme on en entend rarement. Commencez par le premier mouvement de la « Symphonie n° 40 », puis le finale de la « Jupiter ».
Écouter sur Apple Music - Beethoven : Symphonies Nos. 5 & 7Carlos Kleiber et le Wiener Philharmoniker, 1975-1976
Carlos Kleiber a très peu enregistré en studio, et ce disque explique sa légende. La Cinquième est enregistrée en mars et avril 1974 et paraît en 1975, la Septième est enregistrée entre novembre 1975 et janvier 1976 et paraît en 1976, toutes deux chez Deutsche Grammophon. Un critique a écrit de cette Cinquième que c’était « comme si Homère était revenu réciter l’Iliade », et les deux enregistrements comptent parmi les plus admirés du disque classique. Écoutez le premier mouvement de la « Symphonie n° 5 » pour la tension du motif, puis le finale, où l’orchestre s’agrandit d’un coup.
Écouter sur Apple Music - Music for 18 MusiciansSteve Reich, 1978
Composée de mai 1974 à mars 1976 et créée le 24 avril 1976 au Town Hall de New York, la pièce repose sur un cycle de onze accords, tous présentés dans la première section, et sur une pulsation de croches tenue par les marimbas et les pianos. L’enregistrement paraît chez ECM en avril 1978, avec Reich lui-même au piano et au marimba. Près d’une heure de musique pour pianos, marimbas, xylophones, vibraphone, clarinettes, violon, violoncelle et voix de femmes, nourrie de jazz et de gamelan balinais : David Bowie y entendait « de la musique de gamelan balinais déguisée en minimalisme ». Écoutez Music for 18 Musicians d’une traite, au casque.
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Qu’est-ce que la musique classique ?
La musique classique est, pour le grand public, l’ensemble de la musique occidentale dite savante, du Moyen Âge à nos jours. Wikipédia en anglais la définit comme « une tradition de musique d’art du monde occidental », distincte des musiques populaires et traditionnelles. Ce qui la caractérise le plus sûrement, c’est l’écrit : le répertoire est noté sur partition, transmis par la partition, et il sépare deux métiers, celui du compositeur qui écrit et celui de l’interprète qui joue. Une symphonie de Beethoven n’existe pas en un enregistrement de référence, comme un album de rock, mais en une partition que chaque chef et chaque orchestre relit à sa façon.
Ce qui existait avant : du chant grégorien au baroque
Tout commence avec le chant des églises. Pendant des siècles, la musique savante d’Europe est surtout le chant liturgique à une seule voix, le plain-chant ou chant grégorien, transmis de mémoire puis noté par des moines. Vers 1025-1026, dans son traité Micrologus, le moine Guido d’Arezzo met en ordre un système de lignes qui préfigure notre portée, et il tire les noms ut, ré, mi, fa, sol, la des premières syllabes des vers d’une hymne, Ut queant laxis ; l’ut deviendra plus tard le do, et le si sera ajouté. À partir du XIIe siècle, les chantres de Notre-Dame de Paris, dont Pérotin, superposent plusieurs voix : la polyphonie est née. Guillaume de Machaut, au XIVe siècle, en est le grand poète-musicien.
La Renaissance, que Wikipédia situe de 1400 à 1600, porte cette polyphonie à sa perfection : quatre, cinq ou six voix égales s’imitent chez Josquin des Prez, Palestrina, Lassus ou Byrd. L’imprimerie change la circulation de la musique : en 1501, à Venise, Ottaviano Petrucci publie le Harmonice Musices Odhecaton, premier recueil de musique polyphonique imprimé en caractères mobiles. Vient ensuite le baroque, d’environ 1600 à 1750, celui de Monteverdi, Vivaldi, Haendel et Jean-Sébastien Bach : la basse continue, l’opéra, le concerto et la tonalité majeur-mineur s’y installent. La fiche Musique baroque lui est entièrement consacrée ; on n’en retient ici que ce qui prépare la suite.
La naissance de la période classique, vers 1750
La période classique au sens strict s’ouvre, par convention, avec la mort de Bach en 1750, et se referme dans les années 1820. Wikipédia en français prévient que ces bornes sont « extrêmement floues ». Ce qui change, c’est d’abord la texture : une mélodie claire posée sur un accompagnement d’accords, souvent une basse d’Alberti, ces accords brisés que la main gauche du pianiste égrène note après note. La basse continue, pilier du baroque, tombe en désuétude entre 1750 et 1775, et le pianoforte remplace le clavecin. L’écriture recherche la clarté, l’équilibre des phrases, et surtout le contraste à l’intérieur d’une même pièce : un thème énergique, puis un thème chantant, puis leur confrontation.
C’est à Vienne et autour que tout se joue. Joseph Haydn (1732-1809), au service des princes Esterházy pendant près de trente ans à partir de 1761, compose 106 symphonies et mérite les surnoms de « père de la symphonie » et « père du quatuor à cordes ». Mozart (1756-1791), installé à Vienne en 1781 après avoir quitté son employeur salzbourgeois, laisse plus de 800 œuvres et porte l’opéra, le concerto pour piano et la symphonie à un équilibre que l’on cite encore en modèle. Beethoven (1770-1827), arrivé à Vienne en novembre 1792 et élève de Haydn, part de ce langage pour le faire éclater : sa Symphonie n° 3, dite Eroica, écrite en 1803-1804, est souvent considérée comme la première symphonie de l’ère romantique.
D’où vient le mot
Le mot vient du latin classicus, qui désignait la plus haute classe des citoyens romains, puis ce qui sert de modèle. C’est dans l’Angleterre du XVIIIe siècle que « classical » commence à désigner un canon d’œuvres que l’on rejoue ; le dictionnaire d’Oxford en relève un emploi musical en 1829, dans le journal du musicien Vincent Novello. Le mot désignait donc des œuvres modèles avant de désigner un style.
De là vient la confusion qui gêne tous les débutants. En français courant, « musique classique » veut dire toute la musique savante, et le mot a remplacé, dans l’usage, celui de musique « savante ». En histoire de la musique, « classique » désigne la seule période de Haydn et Mozart. Les deux usages sont légitimes ; il suffit de savoir lequel on emploie. Dans cette fiche, « la musique classique » s’entend au sens large, et « la période classique » au sens strict.
Une mutation plutôt qu’une fin
Après 1820, le romantisme pousse chaque élément du langage classique à l’extrême : des orchestres qui dépassent la centaine de musiciens, alors que l’orchestre classique en comptait une quarantaine, une harmonie de plus en plus chromatique, des formes ouvertes à un récit ou à un paysage. Le 10 juin 1865, à Munich, le premier accord du prélude de Tristan und Isolde de Wagner se résout sur un autre accord dissonant, et une partie des musicologues y voit le début de la fin de la tonalité. Le Debussy du Prélude à l’après-midi d’un faune, en 1894, puis le Stravinsky du Sacre du printemps, en 1913, ouvrent le XXe siècle.
Le siècle qui suit multiplie les chemins : la méthode des douze sons d’Arnold Schoenberg au début des années 1920, la musique concrète de Pierre Schaeffer en 1948, les avant-gardes d’après-guerre avec Boulez, Stockhausen ou Ligeti, puis, à partir des années 1960 aux États-Unis, le minimalisme de Terry Riley, Steve Reich et Philip Glass, qui revient à la pulsation et à la consonance. Aujourd’hui, la musique classique est à la fois un répertoire de plus de mille ans, rejoué chaque soir, et une création vivante qui va de l’opéra contemporain au néo-classique pour piano et aux partitions de cinéma.
La musique classique en sept dates
- v. 1025La portée et le nom des notesDans son Micrologus, Guido d’Arezzo met en ordre un système de lignes qui préfigure la portée, et tire ut, ré, mi, fa, sol, la de l’hymne Ut queant laxis.
- 1788Les trois dernières symphonies de MozartLes symphonies nos 39, 40 et 41 datent toutes de l’été 1788 ; Mozart inscrit la n° 40, en sol mineur, dans son catalogue le 25 juillet.
- 1808La Cinquième de BeethovenLe 22 décembre, au Theater an der Wien, Beethoven crée sa Symphonie n° 5 au cours d’un concert de plus de quatre heures.
- 1865Tristan und IsoldeLe 10 juin, à Munich, sous la direction de Hans von Bülow, l’opéra de Wagner s’ouvre sur un accord qui ne se résout que sur une autre dissonance.
- 1913Le Sacre du printempsLe 29 mai, au Théâtre des Champs-Élysées, les Ballets russes créent le ballet de Stravinsky, dirigé par Pierre Monteux avec un orchestre de 99 musiciens.
- 1948La musique concrèteLe 5 octobre, le « Concert de bruits » diffuse les études de Pierre Schaeffer, dont l’Étude aux chemins de fer, composée à partir d’enregistrements de trains.
- 1976L’année du minimalismeLe 24 avril, Steve Reich crée Music for 18 Musicians au Town Hall de New York ; le 25 juillet, Philip Glass et Robert Wilson créent Einstein on the Beach au Festival d’Avignon.
Le morceau pour comprendre
Il s’agit du premier mouvement de la Symphonie n° 5 en ut mineur de Beethoven, filmé ici le 11 février 2020 au Macky Auditorium de l’université du Colorado à Boulder, par l’University Symphony Orchestra dirigé par Gary Lewis. Composée entre 1804 et 1808, la symphonie a été créée le 22 décembre 1808 au Theater an der Wien, à Vienne, au cours d’un concert de plus de quatre heures. Dès 1810, l’écrivain E. T. A. Hoffmann y voyait « l’une des œuvres les plus importantes de l’époque ». La caméra montre chaque pupitre de près : on voit qui joue quoi.
Tout le mouvement sort de quatre notes, trois brèves et une longue, trois sol et un mi bémol, lancées par les cordes et les clarinettes à l’unisson. Écoutez d’abord comment ce motif se répète, se transpose, passe d’un pupitre à l’autre et finit par devenir un accompagnement : c’est le principe même du développement classique, une idée minuscule qui engendre tout un discours. Écoutez ensuite le moment où les deux cors lancent un appel qui annonce le second thème, plus chantant, en mi bémol majeur, la tonalité relative : c’est la forme sonate qui oppose ses deux pôles. Écoutez enfin, au retour du premier thème, la courte plainte du hautbois seul, marquée adagio, qui suspend le temps une seconde avant que l’orchestre ne reparte. Exposition, développement, réexposition, coda : vous avez entendu en sept minutes environ la forme qui structure la plupart des premiers mouvements de symphonies, de sonates et de quatuors de la période classique.
Les caractéristiques musicales
Le rythme
La musique classique n’a pas de batterie, et c’est la première chose à intégrer quand on vient des musiques actuelles. La pulsation y est portée par l’écriture elle-même : les basses qui marquent les temps, l’accompagnement en notes répétées ou en accords brisés, l’harmonie qui change à intervalles réguliers. Le tempo est indiqué par des mots italiens, du plus lent au plus rapide : Largo, Adagio, Andante, Allegro, Presto. Le métronome de Johann Nepomuk Maelzel arrive au moment où Beethoven écrit ses dernières symphonies, et Maelzel cherche en 1817 à obtenir sa caution. Mais un tempo classique respire : il ralentit aux fins de phrases et se tend dans les crescendos. Le rubato, ce tempo dérobé où la main droite du pianiste prend son temps pendant que la gauche garde le cadre, devient au XIXe siècle la signature de Chopin.
Les percussions ont pourtant leur place. Dans l’orchestre classique, les timbales, ces grands chaudrons de cuivre que l’on accorde, jouent surtout avec les trompettes, aux cadences et dans les tutti, et se limitent le plus souvent à deux notes : la tonique et la dominante. Dans la Cinquième de Beethoven, elles sont accordées en sol et en do. Et la mode de la musique dite « turque », imitée des fanfares des janissaires ottomans, fait entrer la grosse caisse, les cymbales et le triangle dans l’opéra de Mozart L’Enlèvement au sérail en 1782, dans la Symphonie n° 100 de Haydn, dite « Militaire », en 1794, et jusque dans le finale de la Neuvième de Beethoven, en 1824. Cette musique est presque toujours une marche, au tempo vif.
Le motif ci-dessous est donc une pulsation honnête plutôt qu’un « beat » : celle d’une marche à la turque, sur une mesure de quatre temps, notée 4/4, découpée en seize doubles-croches, à 112 BPM (battements par minute). Chaque case est un pas, numéroté de 1 à 16 ; les temps tombent sur les pas 1, 5, 9 et 13. La grosse caisse marque les quatre temps, plus fort sur le premier et le troisième. Les cymbales frappées doublent ces deux temps forts. Le triangle joue toutes les croches, un peu plus fort sur les temps. Les timbales frappent le premier temps, sur la tonique, et le troisième, sur la dominante. Les cases en pointillés signalent la variante : un roulement de timbales qui enfle sur les quatre derniers pas pour relancer la mesure suivante. C’est une synthèse, pas la transcription d’une œuvre précise.
Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon : les timbales sont imitées par un tom et les cymbales par une cymbale de batterie, en jeu droit. Aucun orchestre ne sonne ainsi : c’est une transcription rythmique, pas une maquette sonore.
Écoutez le motif seul, puis cochez la variante : le roulement de timbales des pas 13 à 16 suffit à pousser la musique vers le temps fort suivant, exactement comme dans un crescendo d’orchestre. Le lecteur, lui, joue droit et toujours au même tempo, ce qu’aucun orchestre ne fait. Dans Logic Pro, la piste de tempo permet de reproduire cette souplesse : un léger ralenti à la fin de chaque phrase de huit mesures, quelques BPM de moins, sonne déjà plus juste qu’une grille parfaite.
L’harmonie
L’harmonie de la musique classique, de Bach à Brahms, repose sur la tonalité fonctionnelle : chaque accord a une fonction, un rôle dans un récit de tension et de détente. La tonique, l’accord bâti sur la première note de la gamme, est le point de repos. La dominante, bâtie sur la cinquième note, est la tension maximale : elle contient la sensible, la note située un demi-ton sous la tonique, qui « veut » monter vers elle. La sous-dominante, sur la quatrième note, prépare la dominante. Une phrase classique va presque toujours du repos à la tension, puis revient au repos par une cadence, comme une phrase écrite se termine par un point.
Deux autres idées comptent autant que les accords. La modulation, d’abord : une pièce classique ne reste pas dans une seule tonalité, elle voyage vers une tonalité voisine, la dominante ou la relative, puis revient ; tout le drame de la forme sonate repose sur ce voyage. La conduite des voix, ensuite : on n’écrit pas des accords comme des blocs, mais des lignes, la basse, le ténor, l’alto et le soprano, qui vont chacune d’une note à la plus proche. Les règles de base tiennent en quelques lignes : la sensible monte vers la tonique, la septième d’un accord descend, les voix évitent de se déplacer en quintes ou en octaves parallèles, et la basse et la voix supérieure vont de préférence en sens contraire. Les cinq grilles ci-dessous sont écrites ainsi, une basse et trois voix au-dessus.
Dans les chiffres romains, chaque chiffre désigne un accord par sa place dans la gamme, en minuscules quand il est mineur, en majuscules quand il est majeur ; un « 7 » indique un accord de septième, un « 6 » un premier renversement, la tierce à la basse, et « 6/4 » un deuxième renversement, la quinte à la basse. Les noms d’accords sont notés à l’anglaise : A vaut la, B si, C do, D ré, E mi, F fa, G sol ; « m » signifie mineur, et « C/G » un accord de do joué sur une basse de sol. Les grilles sont en do majeur ou en la mineur, sa relative, sur quatre mesures, un accord par mesure. Écoutez-les lentement, puis ajoutez la percussion du motif.
Clavier et basse synthétisés dans le navigateur, en do majeur ou en la mineur, une boucle de quatre mesures. Le timbre n’a rien d’un orchestre : écoutez la conduite des voix, pas la couleur.
L’instrumentation
L’instrument roi de la musique classique est l’orchestre symphonique, organisé en quatre familles, auxquelles s’ajoutent le piano, l’orgue et la voix. L’orchestre de la période classique compte une quarantaine de musiciens ; celui du romantisme et du début du XXe siècle dépasse la centaine, et la Symphonie n° 8 de Mahler a été donnée avec plus de 150 instrumentistes et des chœurs de plus de 400 chanteurs.
- Les cordes, le cœur de l’orchestre : premiers et seconds violons, altos, violoncelles et contrebasses, jouées à l’archet, en pizzicato (pincées) ou en trémolo (archet très rapide). Leur rôle va de la mélodie au tapis harmonique.
- Les bois : flûtes, hautbois, clarinettes et bassons, qui deviennent une famille autonome à la période classique, puis le piccolo, le cor anglais, la clarinette basse et le contrebasson au XIXe siècle. Ce sont les couleurs solistes de l’orchestre.
- Les cuivres : cors, trompettes, trombones et tuba. Les cors tiennent les harmonies et relient les familles, les trompettes et les trombones apportent l’éclat des tutti. Dans le finale de la Cinquième de Beethoven, trois trombones, un contrebasson et un piccolo entrent pour la première fois, et c’est la première fois qu’un piccolo et un contrebasson jouent dans une symphonie.
- Les percussions : timbales d’abord, puis grosse caisse, cymbales, triangle, caisse claire, et au XXe siècle tout un arsenal de claviers, xylophones, marimbas et cloches.
- Hors de l’orchestre, le piano seul, instrument de la sonate et du nocturne, et le quatuor à cordes, deux violons, un alto et un violoncelle.
La voix et la forme
La voix est partout dans la musique classique, de la messe à l’opéra. L’opéra mêle chant, théâtre et orchestre : Les Noces de Figaro de Mozart triomphent à Vienne en 1786, Don Giovanni à Prague en octobre 1787, avant Verdi, Wagner et Puccini. Le lied, la mélodie allemande pour voix et piano, devient avec Franz Schubert et son Erlkönig un genre majeur ; le cycle Winterreise en est le sommet. L’oratorio, comme La Création de Haydn en 1798, raconte une histoire sacrée sans mise en scène. La voix y est lyrique, travaillée pour porter sans micro au-dessus d’un orchestre.
La forme, elle, est la grande affaire de la période classique. La forme sonate, que le théoricien Adolf Bernhard Marx a peut-être été le premier à nommer ainsi en 1845, enchaîne une exposition, qui présente un premier groupe de thèmes dans la tonalité principale puis un second dans une tonalité voisine, la dominante en majeur ou la relative majeure en mineur ; un développement, qui fragmente et fait voyager ces thèmes ; une réexposition, qui les ramène tous dans la tonalité principale ; et parfois une coda. Autour d’elle s’organisent les grands genres : la sonate pour un ou deux instruments, la symphonie en quatre mouvements (vif, lent, menuet ou scherzo, finale), le concerto en trois mouvements pour un soliste et l’orchestre, le quatuor à cordes. Le rondo, où un refrain revient entre des couplets, et le thème et variations complètent la palette.
Exercice d’écoute
Écoutez le finale de la Symphonie n° 5 de Beethoven, puis le début du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy, puis le Boléro de Ravel, et répondez avant de lire la suite.
- Question 1 : au début du finale de la Cinquième, l’orchestre vous semble-t-il plus grand qu’au premier mouvement ?
- Question 2 : quel instrument ouvre seul le Prélude à l’après-midi d’un faune, et la mélodie qu’il joue vous donne-t-elle le sentiment d’une tonalité claire ?
- Question 3 : dans le Boléro, qu’est-ce qui change d’une reprise à l’autre, et qu’est-ce qui ne change jamais ?
Les réponses, à ne lire qu’après.
- Réponse 1 : oui. Cinq musiciens qui n’avaient pas encore joué entrent au finale, trois trombones, un contrebasson et un piccolo, et la musique passe d’ut mineur à ut majeur. Ce que vous apprenez : dans l’écriture d’orchestre, garder des instruments en réserve pour le moment décisif est plus efficace que de tout faire jouer dès le début.
- Réponse 2 : la flûte, seule, avec une ligne qui descend par demi-tons puis remonte, et qui ne s’appuie sur aucune tonalité nette. Ce que vous apprenez : un timbre isolé et une mélodie ambiguë suffisent à créer une atmosphère ; Pierre Boulez voyait dans cette flûte le début de la musique moderne.
- Réponse 3 : les instruments et leur nombre changent sans cesse, les deux thèmes et la tonalité presque jamais, et le rythme de la caisse claire tient du début à la fin, jusqu’à ce que tout l’orchestre le martèle. Ce que vous apprenez : Ravel parlait d’« un long crescendo » et d’un « tissu orchestral sans musique » ; l’orchestration peut à elle seule faire avancer un morceau, exactement comme l’ajout progressif de pistes dans une production.
Classique, baroque et néo-classique : ce qui les sépare
Le mot « classique » couvre tant de choses qu’il vaut mieux savoir ce qu’il exclut ; quatre comparaisons suffisent à s’y retrouver.
Baroque et classique : quelle différence ?
Le baroque (environ 1600-1750) repose sur la basse continue : un clavecin ou un orgue et un violoncelle jouent une ligne de basse chiffrée sous toute la musique, et le discours avance par blocs contrastés, souvent sur une seule humeur par mouvement. La période classique (environ 1750-1820) abandonne la basse continue, allège la texture en une mélodie accompagnée, remplace le clavecin par le piano, et fait du contraste intérieur le moteur de la forme : deux thèmes de caractère opposé dans un même mouvement, des nuances qui montent et descendent progressivement. Pour l’oreille, le test est simple : un clavecin qui remplit les accords sous tout le morceau, c’est presque toujours du baroque ; une mélodie chantante sur des accords brisés au piano, c’est du classique.
Classique et romantique : où passe la frontière ?
Elle passe au milieu de l’œuvre de Beethoven. Le classique cherche l’équilibre entre la forme et l’expression ; le romantique fait passer l’expression d’abord. Concrètement, l’orchestre grossit, l’harmonie devient plus chromatique, la musique raconte : en 1830, la Symphonie fantastique de Berlioz suit un programme, l’histoire d’un artiste qui s’empoisonne à l’opium par amour, avec un thème récurrent qu’il appelle l’« idée fixe », et compte cinq mouvements au lieu des quatre habituels. Le piano devient l’instrument de l’intime avec Chopin et Schumann, ou du virtuose avec Liszt, et le nationalisme fait entrer les rythmes polonais, tchèques ou norvégiens dans la musique savante.
Musique classique et néo-classique
Le mot néo-classique a deux sens, lui aussi. Dans l’histoire de la musique, il désigne un retour des années 1920 aux formes et à la clarté des XVIIe et XVIIIe siècles, chez Stravinsky ou Prokofiev. Dans l’usage actuel des plateformes, il désigne un courant pour piano, cordes et électronique, de Ludovico Einaudi à Max Richter et Ólafur Arnalds, qui emprunte au classique son instrumentation et à la pop sa simplicité et sa durée. La fiche Néo-classique le détaille. Max Richter a par exemple réécrit en 2012 Les Quatre Saisons de Vivaldi, en écartant selon lui environ 75 % du matériau d’origine : c’est un dialogue direct avec le répertoire.
Musique classique et musique de film
La musique de film est l’héritière la plus écoutée de l’orchestre romantique. Le leitmotiv, ce court motif associé à un personnage ou à une idée, que Wagner emploie par centaines dans les quatre opéras du Ring, écrits de 1853 à 1869, devient l’outil de John Williams : pour Star Wars en 1977, il associe de nombreux thèmes aux personnages et aux idées, et fait enregistrer la partition par le London Symphony Orchestra, en huit séances de mars 1977. Le Sacre du printemps de Stravinsky illustre dès 1940 la préhistoire de la Terre dans Fantasia de Disney. Aujourd’hui, Hans Zimmer mêle orchestre et synthèse, et l’Islandaise Hildur Guðnadóttir, violoncelliste et compositrice, a reçu en 2020 l’Oscar de la meilleure musique de film pour Joker. La différence tient à la fonction : la musique de concert construit sa propre forme, la musique de film suit celle des images. Les outils, eux, sont les mêmes.
Les périodes de la musique classique
- Musique médiévaleDe la fin du Ve siècle à 1400 environLe chant grégorien à une voix, puis la polyphonie de l’école de Notre-Dame et de Guillaume de Machaut, et la naissance de la notation sur portée.
- RenaissanceDe 1400 à 1600La polyphonie à voix égales et en imitation de Josquin des Prez, Palestrina, Lassus et Byrd, diffusée par la première musique imprimée.
- BaroqueD’environ 1600 à 1750La basse continue, l’opéra, le concerto et la tonalité majeur-mineur, de Monteverdi à Vivaldi, Haendel et Bach.Lire la fiche Musique baroque
- Période classiqueD’environ 1750 à 1820La mélodie accompagnée, la forme sonate, la symphonie et le quatuor à cordes, autour de Vienne, avec Haydn, Mozart et le jeune Beethoven.
- RomantismeDu début du XIXe au début du XXe siècleL’expression avant tout, le grand orchestre, le lied, le piano virtuose, la musique à programme et les écoles nationales, de Schubert à Brahms et Wagner.
- Post-romantisme et impressionnismeDes années 1880 à 1920Les symphonies géantes de Mahler et les poèmes symphoniques de Strauss d’un côté ; de l’autre, les couleurs, les gammes par tons et les harmonies suspendues de Debussy et Ravel.Lire la fiche Claude Debussy
- Modernité du XXe siècleDe 1900 aux années 1970Les rythmes du Sacre, l’atonalité et la méthode des douze sons de Schoenberg, la musique concrète, le sérialisme de Boulez et Stockhausen, les masses sonores de Ligeti et Xenakis.
- MinimalismeDepuis les années 1960Le retour de la pulsation, de la répétition et de la consonance chez Terry Riley, Steve Reich et Philip Glass, et une spiritualité dépouillée chez Arvo Pärt.
- Musique contemporaineDe 1945 à aujourd’huiLa musique savante d’après-guerre et d’aujourd’hui, de l’opéra à l’électroacoustique, de Kaija Saariaho à Thomas Adès et Caroline Shaw.
- Néo-classique et musique de filmDepuis les années 1990 pour le premierLe piano et les cordes de Max Richter ou Jóhann Jóhannsson, et l’orchestre de cinéma, de Korngold à John Williams et Hans Zimmer.Lire la fiche Néo-classique
La démarche artistique
La musique classique est d’abord une musique de l’écrit. Le compositeur fixe sur la partition les hauteurs, les durées, l’instrumentation, les nuances et le tempo, et confie le reste aux interprètes. C’est une discipline : écrire pour un orchestre, c’est imaginer sans l’entendre un son que quatre-vingts musiciens produiront ensemble.
C’est ensuite l’histoire d’une émancipation. Haydn est un employé : il compose pendant près de trente ans pour la cour des princes Esterházy, et ce n’est qu’après la mort du prince Nikolaus, en 1790, quand son successeur congédie la plupart des musiciens, que l’imprésario Johann Peter Salomon l’emmène à Londres, où il arrive en janvier 1791. Mozart quitte en 1781 son employeur de Salzbourg pour vivre à Vienne de ses concerts, de ses élèves et de ses commandes. Beethoven, en partie sourd dès la fin des années 1790, écrit en 1802 le testament de Heiligenstadt, une lettre à ses frères jamais envoyée, et compose pourtant ensuite ses œuvres les plus ambitieuses. Le compositeur cesse d’être un artisan au service d’une cour pour devenir un auteur qui s’adresse à un public.
C’est enfin une musique de la forme longue. Une symphonie de Beethoven dure de trente à quarante minutes, un opéra de Wagner plusieurs heures, Einstein on the Beach de Philip Glass environ cinq heures sans entracte. Pour un producteur habitué aux morceaux de trois minutes, c’est la leçon la plus utile : un morceau long tient par la gestion des contrastes et des retours, pas par l’accumulation de pistes.
Sur scène, la musique classique se joue presque toujours sans électricité, et c’est sa force. Mais un compositeur qui écrit en home studio peut vouloir jouer ses pièces orchestrales lui-même. C’est ce que permet MainStage : on empile dans un même patch, le nom que MainStage donne à la configuration d’un morceau, plusieurs instruments répartis par plages de touches, les violoncelles et les contrebasses dans le grave, les violons dans le médium, une flûte ou un cor dans l’aigu, et on passe d’un morceau à l’autre sans couper le son. Pour ce répertoire, affectez une pédale d’expression ou la molette de modulation aux nuances des cordes, afin de jouer les crescendos plutôt que de les programmer, et réglez avec soin le passage d’un patch à l’autre pour ne pas couper net la réverbération de salle. Attention toutefois : MainStage ne dispose ni de Drummer, ni des Session Players, ni de Flex, ni de l’assistant de mastérisation, ni du séparateur de pistes. La préparation du spectacle se fait dans Logic Pro, et MainStage sert à le jouer.
La musique classique aujourd’hui
En 2026, la musique classique s’écoute de plus en plus sur les plateformes, et elle y pose un problème que la pop n’a pas : on y cherche une œuvre, un mouvement, un interprète, pas un « titre ». Apple a racheté en août 2021 le service spécialisé Primephonic, connu pour ses métadonnées saisies à la main, et lancé le 28 mars 2023 Apple Music Classical, une application pensée pour ce répertoire. Le répertoire lui-même ne cesse d’être réenregistré, et les enregistrements anciens restent des références : Carlos Kleiber n’a laissé qu’une poignée de disques de studio avant de les abandonner en 1982, et ses Beethoven des années 1970, réédités en CD dès 1984, se trouvent toujours sur les plateformes.
La frontière avec les autres musiques n’a jamais été aussi poreuse. Max Richter a fait diffuser en direct par BBC Radio 3, de minuit à huit heures du matin le 27 septembre 2015, son œuvre Sleep, une pièce d’environ huit heures pensée pour être écoutée en dormant. Son morceau « On the Nature of Daylight », tiré de The Blue Notebooks en 2004, ouvre et ferme le film Premier contact de Denis Villeneuve. Et le succès d’un disque classique peut encore surprendre : l’enregistrement de 1992 de la Symphonie n° 3 de Henryk Górecki, avec la soprano Dawn Upshaw, s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires et a atteint la 6e place des ventes d’albums au Royaume-Uni, porté notamment par la radio Classic FM.
Le genre traîne aussi son mythe, l’« effet Mozart ». En 1993, une étude publiée dans Nature fait écouter à 36 étudiants la Sonate pour deux pianos K. 448 de Mozart et observe une amélioration passagère, d’environ quinze minutes, à des tâches de raisonnement spatial, sans jamais mesurer l’intelligence générale. La presse en tire l’idée que Mozart rend plus intelligent, au point qu’en 1998 le gouverneur de Géorgie propose d’offrir un disque classique à chaque nouveau-né. Les synthèses suivantes ont dégonflé l’affaire : en 1999, Christopher Chabris conclut à un effet faible, lié au plaisir d’écouter, que l’on retrouve avec d’autres contenus ; en 2010, une méta-analyse de 39 études trouve peu de preuves d’un effet et des indices de biais de publication. Écouter Mozart est un plaisir ; rien ne montre que cela rende plus intelligent.
Faire de la musique classique en 2026 sans pasticher le XIXe siècle
- Apprenez la grammaire avant de chercher un style : une cadence, une conduite des voix propre et une modulation simple vous serviront dans n’importe quelle musique.
- Écrivez pour peu d’instruments au début, un quatuor à cordes ou un piano et un violoncelle, plutôt que pour un orchestre entier : chaque ligne doit être jouable et avoir un sens.
- Gardez l’idée de forme longue : un thème, son développement, son retour transformé, même dans une pièce de quatre minutes.
- Mêlez les mondes si vous le voulez, des cordes sur une pulsation électronique par exemple, mais en connaissant les deux langues.
- Faites jouer vos partitions par de vrais musiciens dès que possible, même deux ou trois : aucune banque de sons n’apprend aussi vite ce qui est jouable et ce qui ne l’est pas.
Douze compositeurs pour commencer
Joseph HaydnRohrau, 1732-1809
Wolfgang Amadeus MozartSalzbourg, 1756-1791
Ludwig van BeethovenBonn, 1770-1827
Franz SchubertVienne, 1797-1828
Frédéric ChopinPologne et Paris, 1810-1849
Richard WagnerLeipzig, 1813-1883
Claude DebussySaint-Germain-en-Laye, 1862-1918
Maurice RavelCiboure, 1875-1937
Igor StravinskyLe Sacre du printemps, 1913
Olivier MessiaenAvignon, 1908-1992
Steve ReichNew York, né en 1936
Arvo PärtEstonie, né en 1935
Composer de la musique classique en home studio
Cette partie suppose que vous savez créer un projet, ajouter une piste d’instrument logiciel, enregistrer une région et éditer des notes dans l’éditeur clavier de Logic Pro. Si ce n’est pas encore le cas, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro, puis revenez ici. Pour les accords et la conduite des voix, voyez le cours Bien démarrer au piano et en harmonie. Tout ce qui suit s’appuie sur les instruments et les effets fournis avec Logic Pro ; Studio Piano, un piano virtuel, est apparu avec Logic Pro 11.
Prenez les étapes dans l’ordre : on part ici de l’écriture avant le son, parce que dans ce répertoire une belle banque d’orchestre ne sauve jamais une harmonie mal conduite. Pour une première séance d’une heure, arrêtez-vous à la fin de l’étape « Écrire d’abord à quatre voix » : une cadence propre à quatre voix vaut mieux qu’un tutti de soixante pistes où tout le monde joue la même chose.
Le tempo et le rubato
- Réglez le tempo du projet sur 112 BPM pour retrouver le motif du lecteur ; descendez vers 60 à 72 pour un mouvement lent.
- Affichez la piste de tempo dans les pistes globales et dessinez un léger ralenti à la fin de chaque phrase, de quelques BPM sur un ou deux temps.
- Pour jouer librement, désactivez le métronome, enregistrez votre partie au piano, puis laissez Smart Tempo analyser l’enregistrement et créer une carte de tempo qui suit votre jeu. La fiche Smart Tempo détaille les réglages.
- Ne quantifiez pas les parties jouées ; si une note dépasse vraiment, réduisez le paramètre Q-Strength de la région plutôt que d’aligner tout sur la grille. La fiche quantification explique ces réglages.
Écrire d’abord à quatre voix
- Créez quatre pistes d’instrument logiciel avec le même son, Studio Piano ou des cordes, et nommez-les basse, ténor, alto et soprano.
- Entrez la grille « La cadence parfaite » note par note, une voix par piste, en reprenant les notes du lecteur : do, fa, sol, do à la basse, et trois notes au-dessus.
- Vérifiez que la sensible, le si, monte vers le do, et que la septième de l’accord de dominante, le fa, descend vers le mi.
- Cherchez les quintes et les octaves parallèles : deux voix qui avancent dans le même sens en restant à une quinte ou à une octave l’une de l’autre. Corrigez en changeant une seule note.
- Gardez moins d’une octave entre le soprano et l’alto, et entre l’alto et le ténor ; la basse peut s’éloigner davantage.
- Une fois la cadence propre, écrivez une mélodie de huit mesures au soprano, qui finit sur cette cadence, et harmonisez-la avec les accords des grilles.
Les cordes avec Studio Strings
- Chargez Studio Strings sur une piste et choisissez dans le menu des préréglages une section ou un instrument seul.
- Créez une piste par pupitre, violons, altos, violoncelles et contrebasses, et dupliquez la piste des violons pour les seconds violons : c’est la clé d’un son réaliste et d’une partition lisible.
- Pour un instrument seul, activez le bouton Monophonic, qui empêche deux notes de sonner à la fois comme sur un vrai violon.
- Pour jouer des accords sur une seule piste de section, activez Auto Voice Split, qui répartit les notes d’un accord entre les instruments de la section.
- Activez Dynamics via CC, puis choisissez dans les paramètres étendus le contrôleur des nuances, par exemple la molette de modulation : tenez la note et faites le crescendo à la main.
- Activez Legato Transitions dans les paramètres étendus pour les lignes liées.
- Changez d’articulation depuis l’en-tête du plug-in ou par une touche de commutation : par défaut, do 0 (note MIDI 24) donne Sustain, do dièse 0 (25) Tremolo, fa dièse 0 (30) Staccato et sol 0 (31) Pizzicato.
- Pour une partition propre, attribuez plutôt une articulation à chaque note dans l’éditeur clavier, grâce aux identifiants d’articulation, au lieu d’ajouter des notes de commutation.
- Laissez désactivé le réglage Extended Key Range, qui permet de jouer au-delà de la tessiture de l’instrument : un violoncelle qui descend plus bas qu’un vrai trahit la maquette.
Bois, cuivres et timbales
- Gardez Studio Horns pour la variété et le jazz : c’est une section de trompettes, trombones et saxophones, avec des articulations comme Growl, Doit ou Shake, pas un pupitre de cors d’orchestre.
- Pour les bois, les cors d’harmonie et les timbales, cherchez les patchs d’orchestre dans la bibliothèque de sons, en tapant par exemple « Flute », « Horn » ou « Timpani » dans le champ de recherche.
- Doublez une mélodie de violons par une flûte à l’octave supérieure pour l’éclaircir, et confiez aux cors les notes tenues du milieu de l’harmonie.
- Gardez les trompettes et les timbales pour les tutti et les cadences, comme Haydn et Mozart.
- Laissez respirer les vents : une flûte ou un hautbois ne peuvent pas tenir une note pendant seize mesures, écrivez des silences.
- Pour le motif du lecteur, créez une piste avec un patch de timbales et une piste Drum Machine Designer, puis glissez sur trois pads une grosse caisse, des cymbales et un triangle, pris dans la bibliothèque ou enregistrés par vous.
- Dans une région de motif du Step Sequencer, sur seize pas en doubles-croches, allumez la grosse caisse aux pas 1, 5, 9 et 13, les cymbales aux pas 1 et 9, le triangle sur tous les pas impairs, et les timbales aux pas 1 et 9, sur do puis sur sol en do majeur.
- Pour la variante, convertissez le motif en région MIDI et ajoutez, sur la quatrième mesure seulement, un roulement de timbales aux pas 13 à 16, de plus en plus fort.
La partition
- Ouvrez l’éditeur de partition, le Score Editor, pour relire ce que vous avez joué sous forme de notes.
- Réglez la quantification d’affichage de la région pour obtenir une partition lisible : elle ne modifie que la notation, pas le jeu MIDI.
- Ajoutez les indications de tempo et de nuance, Allegro, piano, forte, crescendo, avant de faire lire la partition à un musicien.
- Exportez la partition en MusicXML si vous voulez finir la mise en page dans un logiciel de gravure.
La salle : placement et réverbération
- Placez les pupitres comme sur une scène, avec le panoramique, qui va de moins 64 à plus 63 : par exemple premiers violons à moins 40, seconds violons à moins 20, altos à plus 15, violoncelles à plus 30, contrebasses à plus 40.
- Créez un seul auxiliaire de réverbération pour tout l’orchestre, avec Space Designer, une réverbération à convolution qui rejoue l’empreinte acoustique d’un lieu réel, sur un préréglage de grande salle.
- Envoyez plus de signal vers cette réverbération depuis les instruments du fond, cuivres et percussions, que depuis les cordes du premier plan : c’est ce dosage qui crée la profondeur.
- Réglez un pré-délai d’une vingtaine de millisecondes pour garder l’attaque des cordes nette. La fiche réverbération explique ces paramètres.
Le mixage et le master
- Faites les nuances avec le jeu et l’automation de volume plutôt qu’avec la compression : un pianissimo doit rester faible.
- Mesurez le volume avec Loudness Meter et acceptez d’être bien en dessous de la pop : autour de moins 18 à moins 16 LUFS intégrés, l’unité du volume perçu, une œuvre orchestrale garde ses contrastes.
- Gardez le pic réel sous moins 1 dBTP, le décibel true peak : dans Adaptive Limiter, cochez True Peak Detection et réglez Out Ceiling sur moins 1 dB. Les fiches mixage et mastering détaillent la marche à suivre.
Tout ce qui précède décrit la pratique actuelle. Haydn, Mozart et Beethoven n’avaient ni casque ni maquette : ils écrivaient à la plume, souvent au clavier, et n’entendaient leur orchestre qu’aux répétitions. Leur outil principal était l’oreille intérieure, cette capacité à entendre une partition en la lisant, que l’harmonie et la pratique du piano développent mieux que n’importe quel logiciel.
Ce qu’un praticien fait vraiment
L’ordre des étapes ci-dessus est pédagogique. En pratique, un compositeur d’orchestre écrit presque toujours une réduction d’abord : deux ou trois portées, au piano, avec la mélodie, la basse et l’harmonie. Il n’orchestre qu’ensuite, en se demandant pour chaque ligne quel instrument la joue le mieux, et en gardant des couleurs en réserve, comme Beethoven garde ses trombones pour le finale de la Cinquième.
La deuxième habitude est de penser en musicien, pas en programmeur. Chaque ligne doit pouvoir être jouée : une respiration pour les vents, un coup d’archet pour les cordes, des notes dans la tessiture de l’instrument. Les compositeurs de musique de film travaillent ainsi, avec une maquette MIDI très précise, puis remplacent les parties programmées par de vrais musiciens dès que le budget le permet, même pour un seul pupitre : un vrai violoncelle solo sur des cordes virtuelles change déjà tout.
La troisième habitude est d’écouter beaucoup de partitions en les suivant des yeux. Les bibliothèques de partitions du domaine public permettent de lire celles de Mozart ou de Beethoven pendant que l’on écoute un enregistrement : c’est la meilleure école d’orchestration qui soit, et elle est gratuite. Enfin, une bonne maquette reste une maquette : elle sert à entendre, à convaincre et à faire jouer.
Les cinq erreurs du débutant
- Faire jouer tout l’orchestre tout le temps : sans pupitres au repos, il n’y a ni contraste ni crescendo possible.
- Régler les nuances avec la seule vélocité : une note tenue d’orchestre change d’intensité pendant qu’elle sonne, et seul un contrôleur continu le permet.
- Écrire des accords en blocs au lieu de lignes : les voix sautent, les quintes parallèles s’accumulent et l’harmonie sonne lourde.
- Quantifier et figer le tempo : une phrase classique qui ne respire jamais sonne comme une sonnerie de téléphone.
- Ignorer les tessitures et les respirations : une partie impossible à jouer se repère à l’oreille, même sur une excellente banque de sons.
Poser une cadence à quatre voix et une section de cordes pour une pièce classique s’apprend en une soirée. Construire un morceau entier, l’orchestrer, le mixer et le finir demande une méthode. C’est ce que nous transmettons à YouTips, à Grenoble et à distance.
- Organisme certifié Qualiopi, formation finançable
- Formateur Logic Pro depuis 20 ans, MainStage depuis sa sortie
- Progression du projet vide au morceau masterisé
- Petits groupes et suivi individuel
Où trouver des sons d’orchestre ?
Dans Logic Pro
- Studio Strings pour les cordes, en section ou en solo, avec ses articulations et le contrôle continu des nuances.
- Studio Piano pour le piano, et les patchs d’orchestre de la bibliothèque pour les bois, les cors, les cuivres et les timbales.
- Studio Horns pour une section de cuivres et de saxophones de variété, à ne pas confondre avec des cors d’orchestre.
- Space Designer et ses préréglages de salles, pour placer tout l’orchestre dans un même lieu.
Instruments virtuels d’orchestre
- Spitfire Audio : sa série LABS, gratuite, riche en cordes, pianos et textures, et des bibliothèques d’orchestre complètes.
- Vienna Symphonic Library : une référence des instruments d’orchestre échantillonnés, très détaillée en articulations.
- Orchestral Tools : des bibliothèques d’orchestre détaillées, conçues pour la musique de film et de concert.
Partitions et enregistrements libres
- IMSLP : une immense bibliothèque de partitions numérisées, surtout du domaine public, à lire en écoutant les œuvres ; vérifiez le statut de chaque édition avant de la réutiliser.
- Musopen : des enregistrements et des partitions d’œuvres du domaine public, proposés avec des licences libres, à lire fichier par fichier.
- MuseScore : un logiciel de notation gratuit, utile pour finir la mise en page d’une partition exportée de Logic Pro en MusicXML.
Espace et caractère
- Valhalla DSP : réverbérations de salle à prix modeste, dont un modèle gratuit, Supermassive, plus adapté aux longues queues qu’aux salles réalistes.
- ChromaGlow, présent dans Logic Pro 11 sur les Mac à puce Apple, pour une saturation douce sur un bus de cordes un peu trop sage. La fiche ChromaGlow le présente.
Pour choisir votre matériel d’écoute et vos périphériques avant d’investir dans les logiciels, le cours Équipez votre home studio passe en revue les priorités dans l’ordre.
Lexique de la musique classique
- Musique savanteMusique de tradition écrite, composée sur partition et confiée à des interprètes ; c’est le sens large de « musique classique ».
- Période classiquePériode d’environ 1750 à 1820, celle de Haydn, Mozart et du jeune Beethoven ; c’est le sens strict du mot « classique ».
- TonalitéOrganisation des notes et des accords autour d’une note centrale, la tonique, avec des fonctions de repos, de préparation et de tension.
- SensibleSeptième note de la gamme, un demi-ton sous la tonique, vers laquelle elle tend à monter ; en do majeur, le si.
- Cadence parfaiteEnchaînement de l’accord de dominante vers l’accord de tonique, qui conclut une phrase comme un point final.
- Conduite des voixArt de faire avancer chaque voix d’un accord à l’autre par le chemin le plus court, en évitant quintes et octaves parallèles.
- Forme sonateForme en trois parties, exposition, développement, réexposition, qui oppose deux groupes de thèmes et deux tonalités avant de les réconcilier.
- Quatuor à cordesFormation de deux violons, un alto et un violoncelle, et genre musical que Haydn a fixé.
- LiedMélodie allemande pour voix et piano, dont Schubert est le maître ; au pluriel, des lieder.
- LeitmotivCourt motif associé à un personnage ou à une idée, systématisé par Wagner et repris par la musique de film.
Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter
| Morceau | Tempo | Production | Ce qu’il enseigne |
|---|---|---|---|
| « Symphonie n° 40 »Mozart, 1788 | Molto allegro | Charles Mackerras, Scottish Chamber Orchestra | Un premier mouvement sans introduction, qui commence par l’accompagnement des altos divisés : tout le drame de la forme sonate dans un orchestre sans trompettes ni timbales. |
| « Symphonie n° 5 »Beethoven, 1808 | Allegro con brio | Carlos Kleiber, Wiener Philharmoniker | Quatre notes qui engendrent tout un mouvement, puis un finale où entrent trombones, piccolo et contrebasson : l’art de développer et de garder des couleurs en réserve. |
| « Nocturne op. 9 n° 2 »Chopin, 1832 | 12/8, rubato | Arthur Rubinstein | Une mélodie ornée sur une basse régulière, jouée avec rubato : le piano romantique, où la liberté du tempo fait partie de l’écriture. |
| « Prélude à l’après-midi d’un faune »Debussy, 1894 | Lent et souple | Charles Munch, Boston Symphony Orchestra | Une flûte seule, deux harpes, quatre cors et des gammes par tons : la couleur et le timbre deviennent le sujet de la musique. |
| « Boléro »Ravel, 1928 | 66 à 72 la noire | Charles Munch | Deux thèmes répétés huit fois sur le même rythme de caisse claire : un crescendo construit uniquement par l’orchestration. |
| « Spiegel im Spiegel »Arvo Pärt, 1978 | Lent | Album Alina, 1999 | Un piano en accords parfaits qui montent sans fin et un violon en gammes lentes de fa majeur : le style « tintinnabuli », où une seule idée suffit à une pièce entière. |
Aucune mesure de tempo fiable en BPM n’a été retenue pour ces six œuvres : les indications sont celles de la partition quand elles sont connues, ou des repères d’écoute. Pour le Boléro, la partition imprimée indiquait 76 à la noire, corrigé par Ravel en 66 sur son exemplaire, et les éditions suivantes suggèrent 72. Pas de tonalité détectée automatiquement : celles qui sont citées dans la fiche viennent des partitions. Ces six titres ont été choisis pour leur valeur pédagogique, et non pour représenter tout le répertoire.
Labels, droits et domaine public
Les albums cités dans cette fiche donnent une idée des labels classiques : Deutsche Grammophon pour les Beethoven de Carlos Kleiber, ECM pour Music for 18 Musicians de Steve Reich, Nonesuch pour la Symphonie n° 3 de Górecki, le label écossais Linn pour les Mozart de Charles Mackerras. Pour un compositeur, l’essentiel est ailleurs : la plupart des œuvres sont libres de droits d’auteur, leurs enregistrements ne le sont pas.
Sur un morceau, deux droits coexistent. Le droit d’auteur porte sur l’œuvre, la musique et le texte, et il est le plus souvent géré en France par la Sacem lorsque les auteurs y ont adhéré ; les parts des coauteurs se fixent par écrit avant la sortie. Les droits voisins portent sur l’enregistrement et appartiennent au producteur du disque, celui qui finance et détient la bande, ainsi qu’aux artistes-interprètes : le chef, l’orchestre, le soliste. Un contrat de label porte d’abord sur ce second droit : lisez la durée de la cession, le territoire, le partage des revenus et l’exclusivité.
En France, le droit d’auteur dure toute la vie de l’auteur et soixante-dix ans après sa mort, à compter du 1er janvier suivant, avec des prolongations pour certaines œuvres publiées avant ou pendant les guerres mondiales. L’exemple le plus célèbre est le Boléro de Ravel, mort en 1937 : ses droits ont expiré en France le 1er mai 2016, et aux États-Unis seulement le 31 décembre 2024, parce qu’il y avait été publié en 1929 avec une mention de réserve. Des ayants droit ont soutenu que l’œuvre avait été coécrite avec le décorateur Alexandre Benois, ce qui aurait prolongé les droits jusqu’en 2039 pour les représentations en ballet ; la Sacem et la justice française ont rejeté cette demande à plusieurs reprises, en dernier lieu le tribunal de Nanterre le 28 juin 2024.
La synchronisation, l’association d’une musique à des images dans un film, une publicité, un documentaire ou une vidéo, est l’endroit où ce répertoire est le plus utilisé et le plus mal compris. Elle exige en principe deux autorisations distinctes, celle de l’éditeur pour l’œuvre et celle du producteur pour l’enregistrement, aucune des deux n’étant délivrée par la Sacem. Quand l’œuvre est dans le domaine public, la première tombe ; la seconde reste due pour tout enregistrement existant. D’où l’intérêt d’enregistrer soi-même sa version.
Domaine public, éditions, enregistrements et échantillons
- Une œuvre du domaine public, une symphonie de Beethoven ou un nocturne de Chopin, peut être jouée, enregistrée, arrangée et publiée sans autorisation de quiconque pour l’œuvre elle-même.
- Une édition moderne peut en revanche contenir un travail protégé : réduction pour piano, arrangement, reconstitution de passages perdus, traduction d’un livret. Lisez la mention de l’éditeur avant de recopier une partition récente, et préférez les éditions anciennes signalées comme libres.
- Une œuvre posthume publiée pour la première fois après l’expiration des droits de son auteur ouvre en France, à celui qui la publie, un droit de vingt-cinq ans : une partition inédite « retrouvée » n’est donc pas forcément libre.
- Votre arrangement ou votre orchestration d’une œuvre du domaine public peut lui-même être protégé s’il est original, et déclaré selon les règles de la Sacem, que vous lirez avant tout dépôt.
- Un enregistrement n’est jamais libre parce que l’œuvre l’est. Les droits du producteur d’un disque publié durent en principe soixante-dix ans après sa publication, et ceux des interprètes courent aussi : échantillonner une mesure de Karajan ou de Kleiber demande l’accord du producteur, qui se porte en général fort des interprètes.
- Dans l’arrêt Pelham du 29 juillet 2019, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que même un fragment très court reproduit l’enregistrement, sauf s’il est modifié au point d’être méconnaissable à l’écoute : ralentir, filtrer ou noyer un accord d’orchestre dans la réverbération ne suffit pas tant qu’on le reconnaît.
- Le 14 avril 2026, dans l’arrêt Pelham II, la Cour a précisé l’exception de pastiche : une œuvre peut emprunter à une autre si elle l’évoque, s’en distingue nettement et engage avec elle un dialogue artistique reconnaissable. Ce n’est pas un passe-partout. Ne bâtissez pas un morceau commercial sur cette exception sans l’avis d’un juriste.
- Rejouer soi-même une mélodie au lieu de l’échantillonner, ce qu’on appelle une interpolation, ne demande aucune autorisation si l’œuvre est dans le domaine public ; si elle est encore protégée, il faut l’accord des titulaires des droits sur l’œuvre, mais plus celui du producteur de l’enregistrement d’origine.
- Les sons d’usine de Logic Pro, dont Studio Strings, Studio Horns et Studio Piano, peuvent selon Apple être utilisés sans redevance dans vos propres morceaux, mais pas distribués seuls ni reconditionnés en banques.
- Le style lui-même n’est pas protégé : personne ne possède la forme sonate, une cadence parfaite ou un accord de sixte napolitaine. Ce qui est protégé, c’est une mélodie, un texte, un arrangement original ou un enregistrement précis.
- Interpréter en concert en France des œuvres encore protégées ne demande pas d’autorisation individuelle : l’organisateur déclare le répertoire et règle les droits à la Sacem, qui les reverse aux ayants droit, y compris étrangers.
Une fois ces questions réglées, reste à faire connaître votre musique : dans un répertoire où la captation d’un concert, le portrait de l’interprète et la présentation de l’œuvre comptent autant que le disque, notre formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens vous apprend à monter vos vidéos, à construire votre EPK et à publier votre site d’artiste.
Une playlist pour écouter la musique classique
Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis dans la liste des 100 artistes ci-dessous. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.
- Musique classique, la découverte30 titres · 3 h 25
De Hildegard von Bingen (vers 1150) à Max Richter (2004) : trente pièces, une par compositeur, pour traverser neuf siècles de musique savante, du chant médiéval au minimalisme.
Sans abonnement Apple Music, le lecteur fait entendre des extraits de 30 secondes. Du gospel à la techno, toutes les playlists tirées du glossaire sont sur la page Playlists YouTips.
Les 100 compositeurs et interprètes de la musique classique
Moyen Âge et Renaissance
- Hildegard von Bingen
- Pérotin
- Guillaume de Machaut
- Guillaume Dufay
- Johannes Ockeghem
- Josquin des Prez
- Thomas Tallis
- Giovanni Pierluigi da Palestrina
- Orlande de Lassus
- William Byrd
- Tomás Luis de Victoria
Le baroque, en bref
- Claudio Monteverdi
- Henry Purcell
- Antonio Vivaldi
- Jean-Sébastien Bach
- Georg Friedrich Haendel
- Domenico Scarlatti
- Jean-Philippe Rameau
La période classique, de 1750 à 1820 environ
- Carl Philipp Emanuel Bach
- Christoph Willibald Gluck
- Johann Stamitz
- Joseph Haydn
- Joseph Bologne de Saint-George
- Luigi Boccherini
- Antonio Salieri
- Wolfgang Amadeus Mozart
- Muzio Clementi
- Ludwig van Beethoven
Le romantisme
- Franz Schubert
- Carl Maria von Weber
- Hector Berlioz
- Felix Mendelssohn
- Frédéric Chopin
- Robert Schumann
- Clara Schumann
- Franz Liszt
- Richard Wagner
- Giuseppe Verdi
- Johannes Brahms
- Bedřich Smetana
- Georges Bizet
- Modeste Moussorgski
- Piotr Ilitch Tchaïkovski
- Antonín Dvořák
- Edvard Grieg
- Camille Saint-Saëns
- Gabriel Fauré
Post-romantisme et impressionnisme
- Anton Bruckner
- Gustav Mahler
- Richard Strauss
- Giacomo Puccini
- Jean Sibelius
- Sergueï Rachmaninov
- Claude Debussy
- Erik Satie
- Maurice Ravel
- Lili Boulanger
Modernités du XXe siècle
- Igor Stravinsky
- Arnold Schoenberg
- Alban Berg
- Béla Bartók
- Sergueï Prokofiev
- Dmitri Chostakovitch
- Erich Wolfgang Korngold
- Olivier Messiaen
- Benjamin Britten
- Leonard Bernstein
- Pierre Schaeffer
- John Cage
- Pierre Boulez
- Karlheinz Stockhausen
- György Ligeti
- Iannis Xenakis
Minimalisme et musique d’aujourd’hui
- Terry Riley
- Steve Reich
- Philip Glass
- Arvo Pärt
- Henryk Górecki
- John Adams
- Kaija Saariaho
- Max Richter
- Jóhann Jóhannsson
- Hildur Guðnadóttir
- Caroline Shaw
- Thomas Adès
Interprètes de référence
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la musique classique ?
Au sens large, c’est la musique savante occidentale de tradition écrite, du chant grégorien du Moyen Âge à la création d’aujourd’hui : une musique composée sur partition et confiée à des interprètes. Au sens strict, c’est la période classique, d’environ 1750 à 1820, celle de Haydn, Mozart et du jeune Beethoven, marquée par la mélodie accompagnée, la forme sonate, la symphonie et le quatuor à cordes.
Quelles sont les grandes périodes de la musique classique ?
On distingue habituellement la musique médiévale (jusque vers 1400), la Renaissance (1400-1600), le baroque (environ 1600-1750), la période classique (environ 1750-1820), le romantisme (XIXe siècle), le post-romantisme et l’impressionnisme (autour de 1900), la modernité du XXe siècle, le minimalisme (depuis les années 1960) et la musique contemporaine. Ces bornes sont des conventions, et les styles se chevauchent.
Quelle est la différence entre le baroque et le classique ?
Le baroque (environ 1600-1750) repose sur la basse continue, un clavecin ou un orgue qui joue les accords sous toute la musique, et sur des contrastes par blocs, souvent avec une seule humeur par mouvement. Le classique (environ 1750-1820) abandonne la basse continue, préfère une mélodie claire sur un accompagnement léger, remplace le clavecin par le piano, et oppose des thèmes contrastés à l’intérieur d’un même mouvement, notamment dans la forme sonate.
Quels sont les compositeurs classiques les plus célèbres ?
Pour la période classique au sens strict : Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart et Ludwig van Beethoven. Au sens large, on cite le plus souvent aussi Bach et Vivaldi pour le baroque, Schubert, Chopin, Liszt, Wagner, Verdi, Brahms et Tchaïkovski pour le romantisme, Debussy et Ravel pour l’impressionnisme, Stravinsky pour le XXe siècle, et Steve Reich, Philip Glass ou Arvo Pärt pour le minimalisme.
Comment composer de la musique classique dans Logic Pro ?
Commencez par écrire à quatre voix, basse, ténor, alto et soprano, sur une grille simple comme « La cadence parfaite » en do majeur, en faisant monter la sensible et descendre la septième. Orchestrez ensuite avec Studio Strings, une piste par pupitre, et les patchs d’orchestre de la bibliothèque pour les bois, les cors et les timbales. Faites les nuances avec un contrôleur continu, gardez un tempo souple et placez tout l’orchestre dans une seule salle avec Space Designer. La partie « Composer de la musique classique en home studio » détaille chaque réglage.
Sources
- « Musique classique » et « Musique de la période classique », Wikipédia en français, consultés en octobre 2026.
- « Classical music », « Classical period (music) », « Romantic music », « Sonata form », « Leitmotif », « Turkish music (style) », « Evolution of timpani in the 18th and 19th centuries » et « Mozart effect », Wikipédia en anglais, consultés en octobre 2026.
- Articles de Wikipédia en anglais consacrés aux œuvres, albums et musiciens cités, notamment Guido of Arezzo, Harmonice Musices Odhecaton, Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart, Symphony No. 40 (Mozart), Ludwig van Beethoven, Symphony No. 5 (Beethoven), Carlos Kleiber discography, Charles Mackerras, Symphonie fantastique, Nocturnes Op. 9 (Chopin), Tristan und Isolde, Prélude à l’après-midi d’un faune, Boléro, The Rite of Spring, Suite for Piano (Schoenberg), Cinq études de bruits, In C, Music for 18 Musicians, Einstein on the Beach, Spiegel im Spiegel, Symphony No. 3 (Górecki), Max Richter, Star Wars (soundtrack) et Primephonic, consultés en octobre 2026.
- Gramophone, critique de Mozart : Symphonies Nos 38-41 par Charles Mackerras et le Scottish Chamber Orchestra (Linn) ; université du Colorado à Boulder, College of Music, « Video vaults : Beethoven’s Symphony No. 5 », 6 avril 2020.
- Rauscher, Shaw et Ky, Nature, 1993 ; Chabris, Nature, 1999 ; Pietschnig, Voracek et Formann, Intelligence, 2010, d’après l’article « Mozart effect ».
- Code de la propriété intellectuelle, articles L123-1 et suivants (durée des droits d’auteur et œuvres posthumes) et L211-4 (durée des droits voisins) ; Cour de justice de l’Union européenne, arrêts Pelham, C-476/17, 29 juillet 2019, et Pelham II, C-590/23, 14 avril 2026.
- Apple, Logic Pro : Guide de l’utilisateur, pages « Studio Strings », « Studio Strings extended parameters », « Studio Strings keyswitch mapping » et « Studio Horns keyswitch mapping », et « Use the royalty-free content included with Logic Pro for Mac and MainStage in commercial works », consultés en 2026.
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro depuis 20 ans et MainStage depuis sa sortie. Qui sommes-nous ?
