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Mariachi

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Le mariachi est à la fois un ensemble et un répertoire : l’orchestre de violons, de trompettes, de guitares, de vihuela et de guitarrón, souvent vêtu du costume de charro, qui joue la musique traditionnelle et populaire du Mexique. Il est né dans les campagnes de l’ouest du pays, autour de l’État de Jalisco, au XIXe siècle, d’un genre local appelé le son jalisciense, joué par des cordes seules. Il a gagné Mexico dans les années 1920 et 1930, s’est donné des trompettes, puis est devenu, avec la radio et le cinéma de l’âge d’or, la bande-son d’un pays entier : celle de Jorge Negrete, de Pedro Infante, de Lola Beltrán et des chansons de José Alfredo Jiménez. Son répertoire va du son, en 6/8 et 3/4, à la ranchera, la chanson du ranch, en passant par le huapango, le bolero ranchero, la valse et la polka. Vicente Fernández et Juan Gabriel l’ont porté jusqu’aux stades, Linda Ronstadt l’a fait découvrir aux États-Unis avec Canciones de mi padre en 1987, et Christian Nodal l’a mêlé au norteño pour une nouvelle génération. En 2011, l’UNESCO l’a inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette fiche raconte son histoire, explique ses rythmes, de la sesquialtera du son à l’« oum-pa » de la ranchera, et montre comment arranger un mariachi dans Logic Pro.

  • PériodeDu XIXe siècle à aujourd’hui, avec un âge d’or de la radio et du cinéma des années 1930 aux années 1960
  • FoyerL’ouest du Mexique (Jalisco, Nayarit, Colima, Michoacán), puis Mexico, Guadalajara et le sud-ouest des États-Unis
  • TempoTrès variable, du bolero ranchero lent au son vif ; le motif de ranchera de cette fiche est à 112 BPM
  • RythmePas de batterie : la pulsation vient du guitarrón et de la vihuela, en 6/8 et 3/4 alternés pour le son, en 2/4 ou en 3/4 pour la ranchera
  • InstrumentsViolons, trompettes, guitare, vihuela, guitarrón, parfois harpe, et la voix

Le mariachi en bref

  • Origine : les campagnes du Jalisco et des États voisins au XIXe siècle, où des ensembles de cordes jouent le son pour les fêtes, avant l’arrivée à Mexico et la consécration par la radio et le cinéma.
  • Son : des violons et des trompettes qui chantent à plusieurs voix, une vihuela et une guitare qui frappent les accords, un guitarrón qui tient la basse, une voix puissante et le cri du grito.
  • Trois albums : Juan Gabriel con el Mariachi Vargas de Tecalitlán (1974), Canciones de mi padre de Linda Ronstadt (1987), Me dejé llevar de Christian Nodal (2017).
  • En home studio : Studio Strings, Studio Horns, une basse acoustique et une guitare jouée en rythme suffisent à monter une maquette crédible dans Logic Pro, à condition de respecter le rôle de chaque pupitre.
  • Le point à connaître : le mot « mariachi » ne vient pas du français « mariage » : des documents montrent qu’il existait avant l’intervention française au Mexique, et son origine exacte reste discutée.

Trois albums pour entrer dans le mariachi

  • Juan Gabriel con el Mariachi Vargas de TecalitlánJuan Gabriel, 1974

    Né le 7 janvier 1950 à Parácuaro, dans le Michoacán, Juan Gabriel est d’abord un chanteur et un auteur de pop. En 1974, il enregistre un album entier avec le Mariachi Vargas de Tecalitlán, et deux de ses titres, « Se me olvidó otra vez » et « Lágrimas y lluvia », sont numéro un au Mexique. Le disque, suivi d’un second volume en 1976, montre qu’une chanson de variété devient une ranchera dès qu’on la confie à un grand mariachi. Juan Gabriel écrira environ 1 800 chansons, vendra plus de cent millions de disques et sera, en 1990, le premier artiste étranger au répertoire classique à se produire au palais des Beaux-Arts de Mexico.

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  • Canciones de mi padreLinda Ronstadt, 1987

    Née à Tucson, en Arizona, Linda Ronstadt est une vedette du rock et de la country quand elle enregistre, à Los Angeles en 1987, treize chansons mexicaines avec le Mariachi Vargas, Los Camperos et Los Galleros de Pedro Rey. Peter Asher et Rubén Fuentes produisent, Fuentes dirige et arrange. Le titre, « Chansons de mon père », reprend celui d’un livret publié en 1946 par l’université d’Arizona pour sa tante, la chanteuse Luisa Espinel. De « Por un amor » à « La Charreada », le disque remporte le Grammy du meilleur album mexicain ou mexicain-américain, dépasse les deux millions d’exemplaires aux États-Unis et entre en 2022 au registre national des enregistrements de la Bibliothèque du Congrès.

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  • Me dejé llevarChristian Nodal, 2017

    Né le 11 janvier 1999 à Caborca, dans l’État de Sonora, Christian Nodal signe en avril 2016 chez Universal Music Latin. Son premier single, « Adiós amor », est numéro un du classement mexicain Monitor Latino et quatrième du Hot Latin Songs de Billboard ; l’album qui suit, en août 2017, monte à la septième place des ventes au Mexique. On y entend le mariacheño, le mélange de mariachi et de norteño qu’il a popularisé. Nodal remportera ensuite quatre fois le Latin Grammy du meilleur album ranchero ou mariachi, en 2019, 2022, 2023 et 2025.

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Qu’est-ce que le mariachi ?

Le mariachi est un ensemble musical mexicain et, par extension, la musique qu’il joue. Le dossier d’inscription à l’UNESCO le décrit comme une musique traditionnelle et un élément fondamental de la culture du Mexique : le mariachi traditionnel réunit deux musiciens ou plus, vêtus d’un costume régional inspiré de celui du charro, le cavalier des haciendas, et joue sur des instruments à cordes ; le mariachi dit moderne y ajoute des trompettes et des violons, avec la vihuela et le guitarrón, une grosse guitare basse. Un ensemble typique compte aujourd’hui jusqu’à huit violons, deux trompettes, au moins une guitare, une vihuela et un guitarrón, et parfois une harpe. On dit « un mariachi » pour l’orchestre et pour chacun de ses musiciens, et « le mariachi » pour le genre.

Ce n’est donc pas un style au sens où l’on parle de salsa ou de tango : c’est une formation qui porte plusieurs genres. Le même orchestre joue des sones, des jarabes, des valses, des polkas, des corridos, ces ballades qui racontent batailles, exploits et amours, des rancheras et des boleros rancheros, et même, selon l’UNESCO, la cumbia venue de Colombie. Les textes célèbrent la terre, le village natal, la nation, la religion, la nature et l’amour, presque toujours en espagnol, parfois dans des langues autochtones de l’ouest du Mexique.

Ce qui existait avant

Le mariachi descend des musiques que les colons espagnols ont apportées au Mexique, violons, guitares et harpes, qui ont largement remplacé les instruments autochtones. Dans l’ouest du pays, ces instruments ont donné naissance à une famille de musiques que l’on appelle le son mexicain : le son jarocho de Veracruz, le son huasteco du nord-est, plus connu sous le nom de huapango, et le son jalisciense, celui du Jalisco. Tous partagent les mêmes instruments de base, des mélodies voisines et un même jeu rythmique, la sesquialtera, qui fait alterner une mesure à 6/8 et une mesure à 3/4.

Le mariachi moderne vient du son jalisciense. Au XIXe siècle, on le joue avec une vihuela, deux violons et un guitarrón, qui prend peu à peu la place de la harpe. Les musiciens portent alors des vêtements de paysans, jouent pour les fêtes de village, les mariages et les célébrations religieuses, et apprennent à l’oreille : l’UNESCO souligne que ce savoir se transmet traditionnellement de père en fils. Wikipédia rappelle aussi qu’il existe un « mariachi traditionnel », toujours vivant, sans trompette, avec violons, guitarra de golpe, vihuela, harpe et parfois un tambour, qui joue les sones et les jarabes pour la danse, souvent sur une estrade de bois.

La naissance du genre

La plupart des sources situent la naissance du mariachi moderne à Cocula, dans le Jalisco, au XIXe siècle ; le Colima, le Nayarit et le Michoacán revendiquent aussi son berceau. Cocula se proclame « berceau mondial du mariachi » et lui a ouvert un musée le 31 décembre 2000. La chanson « De Cocula es el mariachi », écrite par Manuel Esperón et Ernesto Cortázar et rendue célèbre par Jorge Negrete, a ancré l’idée. Le groupe le plus célèbre vient pourtant d’un autre village du sud du Jalisco : le Mariachi Vargas de Tecalitlán, fondé en 1897 par Gaspar Vargas et considéré comme le plus ancien mariachi en activité.

Le genre sort de sa région au tournant du XXe siècle. En 1905, un musicien de Cocula joue pour le président Porfirio Díaz, et le Cuarteto Coculense enregistre en 1908 et 1909 ce que l’on considère comme les premiers disques de mariachi. Après la Révolution, le mariachi devient un symbole national. Dans les années 1920, à Mexico, Cirilo Marmolejo et son mariachi jouent régulièrement au Salón Tenampa, sur la place qui prend en 1920 le nom de Garibaldi, et d’autres musiciens viennent s’y installer. Le Mariachi Vargas gagne un concours à Guadalajara en 1933 et un autre à Mexico en 1934, et le président Lázaro Cárdenas le fait engager comme mariachi officiel de la police de Mexico : le groupe s’installe dans la capitale pour une vingtaine d’années.

Deux changements font alors le mariachi que l’on connaît : le costume de charro et la trompette. La trompette apparaît dès les années 1910 et 1920, sous l’influence du jazz et des musiques cubaines, mais elle est d’abord mal reçue : Gaspar Vargas en essaie une en 1913 et la remplace par un violon. Elle ne s’impose qu’au début des années 1940, quand le jeune Miguel Martínez entre au Mariachi Vargas, fin 1942 selon sa biographie, et invente la manière de jouer qui servira de modèle à tous. En 1952, au Mariachi México de Pepe Villa, il forme avec un second trompettiste le duo de trompettes, aujourd’hui la norme. Le cinéma fait le reste : Tito Guízar est le premier à chanter avec un mariachi à l’écran, dans Allá en el Rancho Grande en 1936, et le Mariachi Vargas, qui enregistre son premier disque pour RCA en 1937, apparaîtra dans plus de deux cents films.

D’où vient le mot

L’étymologie de « mariachi » est discutée, et il faut s’en méfier. La plus répandue est aussi la plus fausse : le mot viendrait du français « mariage », parce que les soldats de l’intervention française au Mexique, entre 1862 et 1867, auraient entendu ces orchestres jouer aux noces. Wikipédia la qualifie de théorie réfutée : des documents montrent que le mot existait avant l’arrivée des Français. Plus de cent actes de baptême, de sépulture et de mariage datés de 1832 à 1850 mentionnent un ranch appelé « Mariachi », près du fleuve Santiago, dans le Nayarit, et une lettre d’un curé, Cosme Santa Ana, adressée à son archevêque, se plaint déjà des « mariachis » ; Wikipédia la date de 1852 dans un passage, de 1848 dans un autre, mais dans les deux cas avant l’intervention française.

Pour le reste, on en est réduit aux hypothèses. Selon l’une, le mot désignerait le bois de l’estrade sur laquelle on dansait ; selon une autre, le nom d’un arbre dans une langue autochtone ; une troisième le rattache à une image de la Vierge appelée localement « María H. ». Les Coras, un peuple de l’ouest du Mexique, avaient un mot proche pour un bois utilisé dans la fabrication des instruments, et plusieurs chercheurs y voient une origine autochtone, peut-être tirée d’une langue aujourd’hui disparue. La réponse honnête est donc : un mot mexicain, plus ancien que l’intervention française, dont on ne connaît pas l’origine avec certitude.

Une mutation plutôt qu’une fin

Après l’âge d’or des années 1940 et 1950, le mariachi ne disparaît pas, il change de rôle. Les grands chanteurs se succèdent, de Javier Solís, grande voix du bolero ranchero, à Vicente Fernández, qui signe en 1966 son premier contrat chez CBS México et deviendra « le roi de la musique ranchera ». Les auteurs de la variété s’en emparent : en 1974, Juan Gabriel, chanteur et auteur de pop, enregistre un album entier avec le Mariachi Vargas, et deux de ses titres sont numéro un au Mexique. Le Mariachi Vargas lui-même, dont le violoniste de formation classique Rubén Fuentes devient l’arrangeur en 1944, et qui lui doit « La Bikina », écrite en 1966, contribue à fixer le répertoire et la manière de l’arranger.

Le mariachi traverse aussi la frontière. Nati Cano, né dans le Jalisco en 1939, s’installe à Los Angeles en 1959, fonde un groupe en 1961 et ouvre en 1969 le restaurant La Fonda, où ses Camperos jouent chaque soir. La conférence internationale de mariachi de Tucson naît en 1982, et c’est là qu’en 1986 Linda Ronstadt chante en public en espagnol pour la première fois, avec le Mariachi Vargas. Son album Canciones de mi padre, l’année suivante, fait entrer le genre dans les foyers américains.

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Le mariachi en sept dates

  1. 1897Le Mariachi VargasGaspar Vargas fonde à Tecalitlán, dans le sud du Jalisco, l’ensemble qui deviendra le plus célèbre et le plus ancien mariachi en activité.
  2. 1908Les premiers disquesLe Cuarteto Coculense, venu de Cocula, enregistre en 1908 et 1909 ce que l’on considère comme les premiers disques de mariachi.
  3. 1936Le mariachi au cinémaDans Allá en el Rancho Grande, Tito Guízar est le premier à chanter avec un mariachi à l’écran ; la même année, le mariachi accompagne la campagne de Lázaro Cárdenas.
  4. 1941Le charro chantant¡Ay, Jalisco, no te rajes! fait de Jorge Negrete une vedette de toute l’Amérique latine et installe le film de charro ; au début de la décennie, la trompette s’installe pour de bon au Mariachi Vargas.
  5. 1971« El Rey »José Alfredo Jiménez publie « El Rey », deux ans avant sa mort ; la version de Vicente Fernández en fera l’une des chansons les plus connues du Mexique.
  6. 1987Canciones de mi padreLinda Ronstadt publie en novembre son album de chansons mexicaines avec le Mariachi Vargas et Los Camperos, produit par Peter Asher et Rubén Fuentes.
  7. 2011Le patrimoine de l’humanitéEn novembre, à Bali, l’UNESCO inscrit « le mariachi, musique à cordes, chant et trompette » sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel.

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Le morceau pour comprendre

Il s’agit de « Malagueña salerosa », ou « La Malagueña », dans la version du ténor Plácido Domingo, parue en 1999 sur son album 100 años de mariachi, récompensé par un Grammy de la meilleure interprétation mexicaine-américaine. La chanson est un huapango, l’autre nom du son huasteco, publié en 1947 par l’éditeur Peer International sous les noms d’Elpidio Ramírez et de Pedro Galindo ; le compositeur Nicandro Castillo soutenait au contraire qu’elle était anonyme et appartenait au domaine public. Sa version la plus célèbre reste celle de Miguel Aceves Mejía et de son mariachi.

Un chanteur d’opéra pour comprendre le mariachi ? Oui, car sa version montre que l’orchestre est construit autour de la voix. Écoutez d’abord la façon dont les violons et les trompettes annoncent la mélodie, puis se taisent pour laisser chanter, et reviennent entre les phrases : ce dialogue entre la voix et les pupitres est la base de l’arrangement de mariachi. Écoutez ensuite le bas de l’orchestre : il n’y a pas de batterie, c’est le guitarrón qui tient la basse et la vihuela qui frappe les accords. Écoutez enfin les notes tenues de la voix, étirées bien au-delà de la mesure pendant que l’orchestre attend : dans le huapango, les chanteurs jouent avec la durée et passent volontiers en voix de fausset, la voix de tête légère et aiguë que des interprètes comme David Záizar ont rendue célèbre.

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Les caractéristiques musicales

Le rythme

Le mariachi n’a pas de batterie. La pulsation est tenue par ce que les musiciens appellent l’armonía, la vihuela et la guitare qui frappent les accords, et par le guitarrón, qui joue la basse. Wikipédia précise que les joueurs de guitarrón jouent légèrement en avance sur le temps : c’est cette basse un peu pressée qui tire l’orchestre vers l’avant.

Le son jalisciense repose sur la sesquialtera. Le mot vient du latin et désigne le rapport de trois pour deux. Dans la pratique, l’armonía et le guitarrón alternent une mesure à 6/8 et une mesure à 3/4. Les deux mesures contiennent six croches, mais elles ne les groupent pas de la même façon : la mesure à 6/8 se compte en deux groupes de trois, « UN-deux-trois QUATRE-cinq-six », avec deux appuis ; la mesure à 3/4 se compte en trois groupes de deux, « UN-deux TROIS-quatre CINQ-six », avec trois appuis. Les notes restent à la même place, seuls les accents se déplacent. Wikipédia décrit la mesure à 6/8 comme détendue et la mesure à 3/4 comme plus motrice : c’est ce balancement entre les deux, une hémiole répétée, qui donne son élan au son et fait chanceler l’auditeur qui essaie de taper du pied.

La ranchera est plus simple. Wikipédia distingue la ranchera à 2/4, lente ou vive, la ranchera à 3/4, dite ranchera valseada ou ranchera vals, et le bolero ranchero à 4/4. À 2/4, l’accompagnement suit le principe de la polka, l’« oum-pa » : le guitarrón joue sur chaque temps, en alternant la fondamentale et la quinte de l’accord, et l’armonía frappe un accord bref entre les temps. À 3/4, c’est le principe de la valse : la basse sur le premier temps, les accords sur les deux suivants.

Voici le motif d’une ranchera à 2/4, joué à 112 BPM (battements par minute), sur deux mesures de deux temps découpées en seize doubles-croches. Chaque case est un pas, numéroté de 1 à 16 ; les temps tombent sur les pas 1, 5, 9 et 13, et une mesure à 2/4 occupe huit pas. Comme le lecteur ne dispose que de sons de batterie, la grosse caisse tient le rôle du guitarrón et la caisse claire celui de l’armonía. Le guitarrón joue sur chaque temps, un peu plus fort sur le premier de chaque mesure (pas 1 et 9) : dans un vrai morceau, il alternerait la fondamentale et la quinte. La vihuela et la guitare frappent l’accord sur la croche entre les temps, aux pas 3, 7, 11 et 15. Les cases en pointillés signalent la variante. C’est une synthèse, pas la transcription d’un morceau précis.

12345678910111213141516
Guitarrón (grosse caisse)
Vihuela et guitare (caisse claire)
FrappeVarianteChaque ligne est un instrument, chaque colonne un instant, la lecture va de gauche à droite sur deux mesures à 2/4. Les pas 1, 5, 9 et 13 sont les temps, et la seconde mesure commence au pas 9 ; le guitarrón joue sur chaque temps, plus fort sur les pas 1 et 9, et l’armonía frappe l’accord entre les temps, aux pas 3, 7, 11 et 15. La variante ajoute deux notes de passage du guitarrón, aux pas 8 et 16.

Sons de batterie synthétisés dans le navigateur, sans échantillon : la grosse caisse figure le guitarrón et la caisse claire l’armonía. Jeu droit ; le timbre des cordes et l’acoustique de la salle ne sont pas reproduits.

Écoutez le motif seul, puis cochez la variante : deux notes de passage du guitarrón, au dernier pas de chaque mesure, suffisent à faire avancer la basse vers l’accord suivant, comme le font les guitarronistes quand ils relient deux harmonies. Le lecteur joue droit, et c’est juste : la ranchera à 2/4 ne swingue pas. Dans Logic Pro, laissez donc le Q-Swing à 50 %, la valeur du jeu droit, et donnez plutôt au guitarrón quelques millisecondes d’avance, comme le décrit Wikipédia. Pour le son, la sesquialtera ne se programme pas sur une grille de seize doubles-croches : mieux vaut changer de signature, comme l’explique la partie consacrée au home studio.

L’harmonie

L’harmonie du mariachi est celle de la musique tonale la plus claire : la plupart des rancheras sont en majeur, selon Wikipédia, et reposent sur trois accords, celui de la tonique, le point de repos, celui du quatrième degré et celui de la dominante, le cinquième degré, presque toujours joué avec sa septième, qui appelle le retour à la tonique. Ce qui fait la couleur du genre n’est pas la complexité des accords, mais leur mise en scène : un accord de dominante tenu pendant que la voix étire une note, une cadence soulignée par les trompettes, un passage par l’accord du deuxième degré rendu majeur, qui prépare la dominante.

Dans les chiffres romains ci-dessous, chaque chiffre désigne un accord par sa place dans la gamme, en minuscules quand il est mineur, en majuscules quand il est majeur ; un « 7 » ajoute la septième de l’accord. Les noms d’accords sont notés à l’anglaise : A vaut la, B si, C do, D ré, E mi, F fa, G sol ; « m » signifie mineur et « D7 » un accord de ré avec septième. Les grilles sont en sol majeur, sauf la quatrième, en la mineur, sur quatre mesures, un accord par mesure. Écoutez-les à l’allure d’une ranchera, puis ajoutez le motif du guitarrón et de l’armonía.

Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en sol majeur ou en la mineur, une boucle de quatre mesures.

L’instrumentation

Un mariachi se pense en pupitres, comme un petit orchestre : les mélodistes, violons et trompettes, et la section rythmique, l’armonía et le guitarrón.

  • Les violons, jusqu’à huit dans un grand ensemble : ils jouent la mélodie et ses réponses, souvent à plusieurs voix. L’arrivée de la trompette les a fait passer, selon Wikipédia, à un rôle plus secondaire.
  • Les trompettes, le plus souvent deux, qui jouent en duo à deux voix depuis que Miguel Martínez l’a imposé au Mariachi México de Pepe Villa, en 1952. Elles prennent les introductions, les ponts et les fins de phrase.
  • La guitare, une guitare classique à cordes de nylon, qui joue les accords dans le médium.
  • La vihuela, une petite guitare à cinq cordes de nylon au dos bombé, accordée la, ré, sol, si, mi, mais avec les trois premières cordes une octave au-dessus de celles de la guitare : un accord dit « rentrant », qui lui donne une voix aiguë et brillante. On la gratte du bout des ongles, et son registre répond à celui de la guitare, plus grave.
  • Le guitarrón, une grosse guitare basse à six cordes, sans frettes, au dos formé de deux planches en forme de V peu profond, accordée la, ré, sol, do, mi et la, la dernière corde sonnant plus grave que la précédente. On le pince des doigts et du pouce, souvent sur deux cordes à la fois pour doubler la note à l’octave.
  • La harpe, l’instrument d’origine du son, qui a largement cédé la place au guitarrón mais que certains ensembles gardent pour la basse et les ornements.
  • La voix, enfin, soliste ou en duo, qui est le centre de tout.

La voix et la forme

La voix du mariachi est une voix de plein air, puissante, timbrée, qui porte sans micro au-dessus de huit violons et deux trompettes. Dans le huapango, la voix change de technique et part en fausset, et deux chanteurs alternent parfois les couplets. Partout, le chant joue avec le temps : les fins de phrase s’étirent, l’orchestre attend, et la mesure reprend quand le chanteur le décide.

La ranchera a une forme stable, que Wikipédia résume ainsi : une introduction instrumentale, un couplet et un refrain, une partie instrumentale qui reprend la mélodie du couplet, un nouveau couplet et le refrain, puis une coda, un bref final. On la note a-b-a-b, ou a-b-a-b-c-b quand un second refrain s’ajoute. Pendant les interludes, les musiciens, le public ou les deux poussent le grito, le cri mexicain : un appel aigu et prolongé, qui fait partie de la musique au même titre qu’un accord. Les sones, eux, enchaînent des couplets courts et des parties instrumentales, et beaucoup étaient d’abord faits pour la danse, le zapateado, frappé du talon sur une estrade de bois.

Exercice d’écoute

Écoutez « El Son de la Negra » par le Mariachi Vargas de Tecalitlán, puis la « Malagueña salerosa » de David Záizar, et répondez avant de lire la suite.

  • Question 1 : dans les parties instrumentales d’« El Son de la Negra », arrivez-vous à taper du pied sur une pulsation régulière d’un bout à l’autre ?
  • Question 2 : dans le même morceau, combien de trompettes entendez-vous, et jouent-elles toutes la même note ?
  • Question 3 : dans la « Malagueña » de David Záizar, la voix reste-t-elle toujours dans le même registre ?

Les réponses, à ne lire qu’après.

  • Réponse 1 : difficilement, et c’est voulu. « El Son de la Negra », le son jalisciense le plus célèbre, joue sur la sesquialtera : une mesure à 6/8, comptée en deux groupes de trois croches, puis une mesure à 3/4, comptée en trois groupes de deux. Ce que vous apprenez : dans le son, l’accent compte plus que la mesure, et un arrangement qui aplatit cette alternance en un 6/8 régulier perd ce qui fait le genre.
  • Réponse 2 : en général deux, qui jouent le plus souvent à deux voix, l’une au-dessus de l’autre, plutôt qu’à l’unisson. C’est le duo de trompettes inventé par Miguel Martínez dans les années 1950 et adopté depuis par la plupart des mariachis. Ce que vous apprenez : une section de cuivres de mariachi s’écrit en intervalles, tierces et sixtes surtout, et non en doublure ; c’est ce qui la rend chantante.
  • Réponse 3 : non. Le huapango se reconnaît à ses passages en voix de fausset, et Wikipédia cite précisément la version de David Záizar comme exemple de cette technique employée « avec beaucoup d’effet ». Ce que vous apprenez : dans le mariachi, le changement de registre de la voix est un effet d’écriture, à préparer dans l’arrangement en laissant de la place autour de la note.

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Mariachi, norteño et flamenco : ce qui les sépare

Le mariachi est souvent confondu avec d’autres musiques mexicaines ou hispaniques, parce qu’elles partagent des chansons, des chanteurs et parfois des instruments ; quelques repères permettent de s’y retrouver.

Mariachi et ranchera : un orchestre et un répertoire

C’est la confusion la plus courante, et Wikipédia la relève : on emploie souvent les deux mots l’un pour l’autre. Le mariachi est un orchestre ; la ranchera, ou canción ranchera, est un genre de chanson, née de la musique des ranchs et des campagnes, qui chante l’amour, la peine, la patrie et la nature. Le mariachi joue des rancheras, mais aussi des sones, des huapangos, des valses ou des boleros ; et une ranchera peut être chantée sans mariachi, avec une guitare seule ou un orchestre de norteño : Wikipédia rappelle que rancheras et corridos sont souvent joués par les mêmes ensembles, quels qu’ils soient. Dire « une chanson de mariachi » décrit donc l’accompagnement ; dire « une ranchera » décrit la chanson.

Mariachi, norteño et banda

Le mariachi n’est qu’une des familles de ce que l’industrie appelle la musique régionale mexicaine. Le norteño, venu du nord-est du pays, se joue autour de l’accordéon, et des groupes comme Los Tigres del Norte en ont fait un phénomène de masse : en 2019, ils ont battu le record d’affluence du Rodeo de Houston, avec 75 586 billets vendus. La banda, née dans le Sinaloa, est un orchestre de cuivres et de percussions, porté dans les années 1990 par des formations comme la Banda El Recodo. La différence s’entend tout de suite : pas d’accordéon ni de tuba dans un mariachi, mais des violons, que ni le norteño ni la banda n’utilisent. Les frontières bougent pourtant. Christian Nodal a popularisé le mariacheño, un mélange de mariachi et de norteño, et les corridos tumbados des années 2020, qui marient le corrido au trap, ont porté la musique régionale au sommet des classements américains : en 2023, « Ella baila sola » d’Eslabón Armado et Peso Pluma est montée à la quatrième place du Billboard Hot 100.

Mariachi, salsa et cumbia

La salsa et la cumbia viennent d’un autre monde, celui des musiques afro-caribéennes, construites sur des percussions et sur des motifs rythmiques comme la clave de la salsa. Le mariachi, lui, n’a pas de percussions : son rythme est porté par des cordes. Les échanges existent pourtant. Selon Wikipédia, la trompette est entrée dans le mariachi sous l’influence du jazz et des musiques cubaines, et l’UNESCO compte la cumbia venue de Colombie parmi les genres que le mariachi moderne a adoptés.

Mariachi et flamenco : deux héritages espagnols

Le flamenco et le mariachi ont un ancêtre commun, la musique espagnole des cordes pincées et grattées, et ils en ont gardé des traits voisins : le goût des accords frappés avec énergie, la guitare au centre, et un jeu sur les mesures à trois temps où les appuis passent d’un groupement par trois à un groupement par deux, ce que le son mexicain appelle la sesquialtera. Mais les deux traditions ont pris des chemins opposés. Le flamenco est né en Andalousie autour du chant, de la guitare soliste et de la danse, avec des cycles rythmiques qui lui sont propres ; le mariachi est devenu un orchestre, avec ses pupitres de violons et de trompettes, et un répertoire de chansons pensé pour la fête et le collectif.

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Sous-genres et répertoires

  • Son jaliscienseDepuis le XIXe siècleLe son du Jalisco, en majeur, en 6/8 et 3/4 alternés, dont « El Son de la Negra » est l’exemple le plus connu : la souche dont vient le mariachi moderne.
  • Mariachi traditionnelDepuis le début du XIXe siècleL’ensemble de cordes de l’ouest du Mexique, sans trompette, avec violons, guitarra de golpe, vihuela, harpe et parfois un tambour, qui joue sones et jarabes pour la danse.
  • Canción rancheraSommet des années 1930 aux années 1960La chanson du ranch, à 2/4 ou à 3/4, souvent en majeur, de Lucha Reyes à José Alfredo Jiménez et Vicente Fernández.
  • Bolero rancheroDepuis l’âge d’orLa ranchera à 4/4, plus lente et plus romantique, qui emprunte au bolero ses harmonies, et dont Javier Solís est l’une des grandes voix.
  • Huapango de mariachiDepuis l’âge d’orLe son huasteco adapté au mariachi, avec ses voix en fausset et ses notes tenues : « Malagueña salerosa », « Cucurrucucú paloma ».
  • CorridoSommet pendant la RévolutionLa ballade qui raconte une bataille, un exploit ou un amour, souvent jouée par les mêmes ensembles que la ranchera.
  • Cumbias et rythmes tropicauxMariachi moderneSelon l’UNESCO, le mariachi moderne a adopté la cumbia venue de Colombie, qu’il joue avec ses propres instruments.Lire la fiche Cumbia
  • Mariachi symphoniqueAu XXIe siècleLe mariachi avec orchestre, du Mariachi Vargas, qui publie Sinfónico en 2001, aux concerts avec orchestres symphoniques.Lire la fiche Musique classique
  • MariacheñoDepuis 2017Le mélange de mariachi et de norteño popularisé par Christian Nodal, de « Adiós amor » à ses albums récompensés aux Latin Grammy.
  • Mariachis fémininsDepuis les années 1940Des premiers ensembles féminins de Mexico aux Mariachi Reyna de Los Angeles, Mariachi Divas et Flor de Toloache.

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La démarche artistique

Le mariachi est d’abord une musique d’occasion. Il joue pour un événement, un mariage, un baptême, une fête de village, une fête religieuse, un enterrement, une sérénade sous une fenêtre. À Mexico, les musiciens de la place Garibaldi attendent le long de l’Eje Central qu’un automobiliste les engage, et la tradition voulait qu’un homme paie un mariachi pour chanter à celle qu’il aimait. Pour un compositeur, cela change la manière d’écrire : un morceau de mariachi doit fonctionner devant des gens qui parlent, boivent et chantent avec lui, et il doit savoir commencer et finir net.

C’est ensuite une musique de transmission. L’UNESCO insiste sur l’apprentissage à l’oreille, de génération en génération, au fil des fêtes et des cérémonies, et le mariachi est riche en dynasties : le Mariachi Vargas a vu commencer sa cinquième génération de musiciens en 2003, Vicente Fernández a transmis le flambeau à son fils Alejandro et à son petit-fils Alex, et Pepe Aguilar, fils d’Antonio Aguilar et de Flor Silvestre, à ses enfants Ángela et Leonardo. Les grands arrangeurs, comme Rubén Fuentes au Mariachi Vargas, ont pourtant écrit et fixé une part du répertoire : le mariachi vit entre l’oreille et la partition.

C’est aussi une musique d’identité. Après la Révolution, le mariachi devient un symbole national, et le cinéma des années 1930 à 1950 en fait l’image du Mexique, avec ses charros chantants. Cette image a eu un prix : Wikipédia note que les films ont associé le mariachi au machisme et à la tequila, une réputation qui s’est atténuée dans la seconde moitié du siècle. Les femmes ont longtemps été des solistes, Lucha Reyes, Lola Beltrán, Lucha Villa, plutôt que des musiciennes de l’orchestre ; les premiers ensembles entièrement féminins apparaissent dans les années 1940, et ils sont aujourd’hui nombreux, des deux côtés de la frontière.

Sur scène, le mariachi pose un problème particulier : c’est une musique de groupe, jouée en acoustique par huit à douze musiciens, qu’un artiste seul ne peut pas reproduire à la main. Les mariachis de métier y répondent par l’effectif, et les chanteurs vedettes par un orchestre complet. Une alternative, pour un chanteur ou un petit groupe, consiste à jouer une partie des pupitres en direct, avec un logiciel de scène. C’est ce que permet MainStage : on empile dans un même patch, le nom que MainStage donne à la configuration d’un morceau, plusieurs instruments répartis par plages de touches, les cordes dans le médium et les cuivres dans l’aigu, et on passe d’un morceau à l’autre sans couper le son. Pour ce genre, préparez un patch par morceau et vérifiez que les changements de tempo et les points d’orgue, ces notes tenues où l’orchestre attend le chanteur, restent sous votre contrôle : un clic qui continue pendant une note tenue trahit tout de suite la machine. Les violons et les trompettes se jouent alors au clavier, et les parties impossibles à jouer, le guitarrón ou une seconde trompette, peuvent tourner à côté. Attention toutefois : MainStage ne dispose ni de Drummer, ni des Session Players, ni de Flex, ni de l’assistant de mastérisation, ni du séparateur de pistes. La préparation du spectacle se fait dans Logic Pro, et MainStage sert à le jouer.

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Le mariachi aujourd’hui

En 2026, le mariachi se porte bien, et il a changé d’échelle. La place Garibaldi, au centre de Mexico, reste son cœur : environ 2 500 musiciens y détiennent une carte syndicale, et jusqu’à 4 000 peuvent y circuler un week-end chargé. Chaque année, le festival international de Guadalajara réunit pendant dix jours plus de cinq cents mariachis.

Aux États-Unis, le mariachi est devenu une matière scolaire : au moins cinq cents écoles l’enseignent, et la conférence de Tucson, née en 1982, réunit chaque année plus de cinq cents jeunes musiciens. Les orchestres féminins ont conquis leur place : le Mariachi Reyna de Los Angeles est né en 1994 d’un programme scolaire californien, les Mariachi Divas de Cindy Shea ont remporté deux Grammy, et le groupe new-yorkais Flor de Toloache, fondé en 2008 par Mireya Ramos et Shae Fiol, a reçu en 2017 le Latin Grammy du meilleur album ranchero ou mariachi pour Las caras lindas.

La génération des grands noms a passé la main. Vicente Fernández a donné son dernier concert le 16 avril 2016 au stade Azteca de Mexico, et il est mort le 12 décembre 2021 à Guadalajara ; il avait encore reçu en 2021 le Latin Grammy pour A mis 80’s. Juan Gabriel est mort en 2016. Leurs héritiers occupent la scène : Alejandro Fernández, qui a remporté ce même prix en 2000, en 2020 et en 2024, Pepe Aguilar et sa fille Ángela, née en 2003, dont le premier album, Primero soy mexicana, en 2018, reprend onze rancheras, et surtout Christian Nodal, né en 1999, lauréat du Latin Grammy du meilleur album ranchero ou mariachi en 2019, 2022, 2023 et 2025. En 2021, sa chanson « Botella tras botella », avec le rappeur Gera MX, est devenue la première chanson de musique régionale mexicaine à entrer au Billboard Hot 100.

Le contexte est porteur. Selon Spotify, les écoutes de musique mexicaine ont plus que doublé entre 2019 et 2022, jusqu’à 5,6 milliards, même si une grande partie de cette croissance revient aux corridos tumbados et à la banda plutôt qu’au mariachi. Le revers de ce succès est connu : le mariachi de restaurant, le sombrero de déguisement et les reprises pressées de « Cielito lindo » en font aussi un cliché touristique. Popularisé en 1882 sur une mélodie de Quirino Mendoza y Cortés, ce chant mérite mieux.

Faire du mariachi en 2026 sans tomber dans le cliché

  • Écoutez les grands ensembles avant d’arranger : le Mariachi Vargas, Los Camperos ou le Mariachi Sol de México montrent ce qu’est une écriture de pupitres, bien loin du « son mexicain » des publicités.
  • Choisissez votre genre avant d’ouvrir Logic Pro : un son, une ranchera à 2/4, une ranchera valseada ou un bolero ranchero ne s’arrangent pas de la même façon.
  • Respectez le rôle de chaque instrument : le guitarrón tient la basse, l’armonía le rythme, les violons et les trompettes la mélodie et ses réponses.
  • Écrivez pour une vraie voix, la vôtre ou celle d’un chanteur, et laissez-lui la place de tenir ses notes : le mariachi accompagne, il ne remplit pas.
  • Évitez les accessoires de carnaval, sombrero, maracas et « olé » espagnol : ils signalent une parodie, pas un hommage.

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Douze artistes pour commencer

Voir les 100 artistes

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Arranger un mariachi en home studio

Cette partie suppose que vous savez créer un projet, ajouter une piste d’instrument logiciel et une piste audio, enregistrer une région et éditer des notes dans l’éditeur clavier de Logic Pro. Si ce n’est pas encore le cas, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro, puis revenez ici. Pour les accords et les voix à plusieurs parties, voyez le cours Bien démarrer au piano et en harmonie. Tout ce qui suit s’appuie sur les instruments et les effets fournis avec Logic Pro, dont Studio Strings, Studio Horns et Studio Bass, des instruments virtuels de cordes, de cuivres et de basse ; ChromaGlow, un effet de saturation cité plus bas, exige Logic Pro 11 et un Mac équipé d’une puce Apple silicon.

Prenez les étapes dans l’ordre : dans le mariachi, on construit d’abord la section rythmique, guitarrón et armonía, sur laquelle tout repose, puis les mélodistes, et la voix en dernier. Pour une première séance d’une heure, arrêtez-vous à la fin de l’étape « L’armonía » : une basse et des accords bien placés sur une grille de ranchera valent mieux qu’un orchestre de vingt pistes qui flotte.

Le tempo, la mesure et la sesquialtera

  • Réglez le tempo du projet sur 112 BPM pour retrouver le motif du lecteur ; descendez vers 80 pour un bolero ranchero.
  • Pour une ranchera à 2/4, choisissez la signature 2/4 dans l’affichage LCD de la barre de commandes ; pour une ranchera valseada, 3/4 ; pour un bolero ranchero, 4/4.
  • Pour un son, affichez les pistes globales, ouvrez la piste Signature et alternez une mesure à 6/8 et une mesure à 3/4, en créant une nouvelle signature au début de chaque mesure.
  • Activez le mode cycle sur quatre mesures, de la mesure 1 au début de la mesure 5.
  • Laissez le Q-Swing à 50 %, la valeur du jeu droit : la ranchera et le son ne swinguent pas. La fiche quantification détaille ces réglages.

La basse : le guitarrón

  • Chargez Studio Bass sur une piste d’instrument logiciel et choisissez le son le plus rond et le plus acoustique, ou une basse acoustique de la bibliothèque de Logic Pro.
  • Jouez la grille « La cadence complète » en ranchera à 2/4 : la fondamentale de l’accord sur le premier temps, la quinte sur le second, comme aux pas 1 et 5 du lecteur.
  • Restez dans la tessiture du vrai guitarrón, entre les notes MIDI 33, un la grave, et 52, un mi.
  • Doublez la ligne à l’octave supérieure, avec une vélocité un peu plus faible : le guitarroniste pince souvent deux cordes à la fois pour faire sonner la note à l’octave.
  • Ajoutez une note de passage au dernier pas de la mesure pour relier deux accords, comme dans la variante du lecteur.
  • Quantifiez, puis réglez le paramètre Delay de la région, dans l’inspecteur, sur quelques millisecondes négatives : le guitarrón joue légèrement en avance sur le temps.

L’armonía : vihuela et guitare

  • Créez deux pistes de guitare acoustique, l’une pour la guitare, l’autre pour la vihuela, avec un son de guitare à cordes de nylon si votre bibliothèque en propose un.
  • Sur la piste de guitare, jouez les accords dans le médium, autour du do du milieu du clavier.
  • Sur la piste de vihuela, jouez les mêmes accords plus haut, entre le la sous le do du milieu du clavier et le si de l’octave suivante, en position serrée : c’est la voix aiguë de l’armonía.
  • En ranchera à 2/4, placez des accords très courts sur les croches entre les temps, aux pas 3, 7, 11 et 15 du lecteur.
  • Variez légèrement la vélocité et le placement de chaque accord : un rasgueado, le geste de la main qui gratte les cordes avec les ongles, n’est jamais deux fois identique.
  • Répartissez les deux pistes dans l’image stéréo avec le panoramique, qui va de moins 64 à plus 63, par exemple la guitare à moins 20 et la vihuela à plus 20.
  • Si vous jouez de la guitare, enregistrez-la plutôt que de la programmer, et grattez avec les ongles près de la rosace : rien ne remplace le grain d’un vrai rasgueado.
  • Si vous ne jouez pas du clavier, insérez le MIDI FX Chord Trigger, qui déclenche un accord entier à partir d’une seule touche.

Les violons

  • Chargez Studio Strings et choisissez un pupitre de violons.
  • Écrivez une introduction de quatre mesures qui expose la mélodie du refrain avant que la voix n’entre.
  • Harmonisez la mélodie à deux voix, la seconde une tierce ou une sixte en dessous de la première.
  • Pendant les couplets, faites taire les violons ou réduisez-les à des réponses courtes entre les phrases du chant.
  • Dessinez une automation de volume qui suit la phrase, avec un léger crescendo vers la fin de chaque réponse.

Les trompettes

  • Chargez Studio Horns et choisissez la trompette.
  • Créez deux pistes de trompette plutôt qu’une, pour retrouver le duo inventé par Miguel Martínez.
  • Écrivez la seconde trompette une tierce ou une sixte sous la première, et évitez l’unisson, sauf sur une note d’appel.
  • Confiez aux trompettes l’introduction, les ponts instrumentaux et les fins de phrase, et laissez-les se taire derrière la voix.
  • Alternez les phrases avec les violons au lieu de les doubler en permanence : le jeu de questions et de réponses entre pupitres fait le relief de l’arrangement.
  • Gardez les notes tenues pour les fins de section, avec un vibrato qui s’élargit vers la fin de la note.
  • Placez les violons à gauche et les trompettes à droite, légèrement plus loin dans la réverbération que la voix.

La voix et le grito

  • Choisissez la tonalité en fonction du chanteur avant tout le reste : dans le mariachi, l’orchestre se transpose pour la voix, jamais l’inverse.
  • Placez le chanteur à une vingtaine de centimètres d’un micro cardioïde, avec un filtre anti-pop, et laissez-le reculer d’un pas sur les notes les plus fortes.
  • Sur la piste de voix, insérez un Channel EQ qui coupe sous 80 Hz, un Compressor léger, puis un DeEsser 2, qui atténue les sifflantes.
  • Corrigez la justesse avec Flex Pitch seulement sur les notes vraiment fausses, et laissez les glissandos et les notes étirées tels quels.
  • Enregistrez le grito sur une piste séparée, en plusieurs prises, de la même personne ou de plusieurs voix.
  • Placez le grito dans les interludes instrumentaux, jamais sur une phrase chantée, un peu décalé dans l’image stéréo et avec un peu plus de réverbération que la voix principale.
  • Pour un huapango, prévoyez une seconde voix qui reprend un couplet sur deux, et laissez de la place autour des passages en fausset.

L’espace : la salle et la réverbération

  • Créez une réverbération commune à tout l’orchestre, sur un auxiliaire avec ChromaVerb réglé sur une salle de taille moyenne, avec une durée d’une seconde et demie à deux secondes et demie.
  • Pour un son de grande salle, créez plutôt un auxiliaire avec Space Designer, une réverbération à convolution qui rejoue l’empreinte acoustique d’un lieu réel, sur un préréglage de salle de concert.
  • Réglez un pré-délai de 20 à 30 millisecondes, pour que l’attaque des trompettes et des accords reste nette.
  • Sur le retour de réverbération, insérez un Channel EQ et coupez sous 200 Hz : le guitarrón doit rester sec et précis.

Le mixage et le master

  • Équilibrez dans cet ordre : la voix d’abord, puis les trompettes, les violons, le guitarrón et enfin l’armonía, qui doit se sentir plus que s’entendre.
  • Sur les trompettes, atténuez avec le Channel EQ la zone de 2 à 4 kHz si elles deviennent agressives dans les forte.
  • Sur les violons et l’armonía, coupez sous 150 Hz pour laisser le grave au guitarrón.
  • Pour que les violons s’effacent quand la voix entre, insérez un Compressor sur leur bus et choisissez la piste de voix dans le menu Side Chain de l’en-tête du plug-in, avec une réduction de 1 à 2 dB seulement. La fiche sidechain explique le principe.
  • Mesurez le volume avec Loudness Meter et visez environ moins 14 LUFS intégrés, l’unité du volume perçu : au-delà, les notes tenues et les nuances, essentielles dans ce genre, s’écrasent.
  • Gardez le pic réel sous moins 1 dBTP, le décibel true peak : dans Adaptive Limiter, cochez True Peak Detection et réglez Out Ceiling sur moins 1 dB. Les fiches mixage et mastering détaillent la marche à suivre.

Tout ce qui précède décrit la pratique actuelle. Les mariachis de l’âge d’or n’avaient ni instruments virtuels ni pistes séparées : ils enregistraient ensemble, en direct, dans les studios de la radio et des maisons de disques, et l’équilibre se faisait par la place de chacun autour des micros. Le Mariachi Vargas a signé avec RCA en 1937 et a joué pendant des années à la radio XEW ; c’est dans ces conditions que s’est forgée la manière d’arranger que l’on imite encore.

Ce qu’un praticien fait vraiment

L’ordre des étapes ci-dessus est pédagogique. En pratique, un arrangeur de mariachi part presque toujours de la chanson et du chanteur : la tonalité, le genre, son, ranchera ou bolero, et la forme, avec la place des interludes. Pour Canciones de mi padre, Rubén Fuentes était à la fois directeur musical, chef d’orchestre et arrangeur, et il a réuni trois mariachis, le Mariachi Vargas, Los Camperos et Los Galleros de Pedro Rey, autour d’une seule voix. L’arrangement sert d’abord à mettre cette voix en valeur.

La deuxième habitude est de penser en pupitres plutôt qu’en pistes : qui joue la mélodie, qui répond, qui se tait. Un bon arrangement de mariachi ressemble à une conversation, où violons et trompettes se passent la parole autour du chant, sur une section rythmique qui ne s’arrête jamais.

La troisième habitude est d’écouter et de jouer à l’oreille. L’UNESCO rappelle que ce savoir se transmet traditionnellement de génération en génération, en jouant. Avant d’arranger une ranchera, apprenez à la chanter et à la jouer sur une guitare : vous saurez où respirer, où l’orchestre doit attendre, et où lancer le grito. Enfin, un point d’époque : aucun des outils de Logic Pro cités ici n’existait quand ce répertoire s’est formé, et un mariachi virtuel restera toujours une maquette. Faites-en le plan d’un enregistrement avec de vrais musiciens.

Les cinq erreurs du débutant

  • Ajouter une batterie : le mariachi n’en a pas, et une grosse caisse sur chaque temps transforme une ranchera en marche de fanfare.
  • Aplatir la sesquialtera : un son joué comme un 6/8 régulier perd le balancement entre deux et trois appuis qui fait le genre.
  • Faire jouer tout le monde tout le temps : violons et trompettes en continu derrière la voix noient le chant et fatiguent l’oreille.
  • Placer l’armonía dans le grave : des accords trop bas se mêlent au guitarrón et rendent la basse confuse.
  • Mettre le grito et le costume avant la musique : un cri placé au hasard ou des clichés de carte postale ne remplacent ni une vraie chanson ni un arrangement soigné.
Apprendre à produire pour de bon

Poser un guitarrón, une armonía et deux trompettes sur une grille de ranchera s’apprend en une soirée. Arranger un morceau entier pour violons, cuivres et voix, le mixer et le finir demande une méthode. C’est ce que nous transmettons à YouTips, à Grenoble et à distance.

  • Organisme certifié Qualiopi, formation finançable
  • Formateur Logic Pro depuis 20 ans, MainStage depuis sa sortie
  • Progression du projet vide au morceau masterisé
  • Petits groupes et suivi individuel

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Où trouver des sons de mariachi ?

Dans Logic Pro

  • Studio Strings pour les violons et Studio Horns pour les trompettes, les deux pupitres mélodiques du mariachi.
  • Studio Bass et les basses acoustiques de la bibliothèque pour le guitarrón.
  • Les guitares acoustiques de la bibliothèque pour la guitare et la vihuela, et Quick Sampler, en mode Classic, pour jouer au clavier un accord ou un grito que vous avez enregistré.
  • Space Designer et ChromaVerb pour recréer la salle, Channel EQ, Compressor et DeEsser 2 pour la voix.
  • Les MIDI FX Chord Trigger et Arpeggiator, et le Step Sequencer, pour programmer l’armonía sans être guitariste.

Boucles et banques

  • Splice : abonnement à la boucle, sous une licence dite libre de droits, sans redevance par utilisation ; on y trouve des phrases de trompette et de guitare latines.
  • Loopmasters : banques vendues à l’unité, sous licence sans redevance par utilisation, à lire avant tout usage commercial.
  • Freesound : enregistrements de terrain et sons versés par une communauté, sous licences Creative Commons variées, à lire fichier par fichier avant tout usage commercial.

Instruments virtuels

  • Spitfire Audio : sa série LABS, gratuite, comprend des cordes utiles pour une maquette.

Espace et caractère

  • Valhalla DSP : réverbérations à prix modeste, dont un modèle gratuit, Supermassive.
  • ChromaGlow, présent dans Logic Pro 11 sur les Mac à puce Apple, pour une saturation douce sur l’armonía ou le bus de cordes. La fiche ChromaGlow le présente.

Pour choisir votre micro, votre matériel d’écoute et vos périphériques avant d’investir dans les logiciels, le cours Équipez votre home studio passe en revue les priorités dans l’ordre.

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Lexique du mariachi

  • MariachiEnsemble mexicain de violons, trompettes, guitare, vihuela et guitarrón, chacun de ses musiciens, et la musique qu’ils jouent. L’origine du mot est discutée, mais il est plus ancien que l’intervention française.
  • Son jaliscienseLe son du Jalisco, musique en majeur à 6/8 et 3/4 alternés, dont est né le mariachi moderne ; « El Son de la Negra » en est le plus célèbre.
  • SesquialteraAlternance d’une mesure à 6/8, en deux groupes de trois croches, et d’une mesure à 3/4, en trois groupes de deux, qui fait balancer les accents.
  • ArmoníaLa section d’accords du mariachi, vihuela et guitare, qui tient le rythme avec le guitarrón.
  • VihuelaPetite guitare mexicaine à cinq cordes de nylon et au dos bombé, accordée en « rentrant », grattée avec les ongles.
  • GuitarrónGrosse guitare basse à six cordes, sans frettes, au dos en V, souvent pincée sur deux cordes à l’octave ; la basse du mariachi.
  • Ranchera« Chanson du ranch » : genre de chanson mexicaine, à 2/4 ou à 3/4, souvent en majeur, qui chante l’amour, la peine, la patrie et la nature.
  • Bolero rancheroRanchera à 4/4, plus lente et plus romantique, qui emprunte ses harmonies au bolero.
  • HuapangoAutre nom du son huasteco, la musique de la Huasteca, au nord-est du Mexique, célèbre pour ses voix en fausset ; le mariachi en a fait l’un de ses genres.
  • GritoLe cri mexicain, aigu et prolongé, lancé par les musiciens ou le public pendant les interludes.

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Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter

MorceauTempoProductionCe qu’il enseigne
« El Son de la Negra »Son traditionnel, adapté en 19406/8 et 3/4Non préciséeLe son jalisciense le plus célèbre, adapté par Blas Galindo pour sa suite Sones de mariachi : la sesquialtera à l’état pur, et une écriture de violons et de trompettes en réponses.
« Cucurrucucú paloma »Tomás Méndez, 1954LentNon préciséeUne chanson dans le style du huapango, chantée par Pedro Infante au cinéma en 1955 puis par Lola Beltrán : les notes tenues et la voix qui monte, jusqu’à la reprise de Caetano Veloso chez Almodóvar en 2002.
« El Rey »José Alfredo Jiménez, 1971ModéréNon préciséeLa ranchera par excellence, en un peu plus de deux minutes, entrée en 2007 au panthéon des Latin Grammy : un texte de fierté que la version de Vicente Fernández, enregistrée en 1973, a rendu universel.
« La Bikina »Rubén Fuentes, 1966ModéréNon préciséeUne chanson écrite par l’arrangeur du Mariachi Vargas : la preuve que le mariachi moderne est aussi une musique d’arrangeurs, et l’un des titres qui l’ont fait connaître hors du Mexique.
« Por un amor »Linda Ronstadt, 1987LentPeter Asher, Rubén FuentesLe titre d’ouverture de Canciones de mi padre, une chanson de Gilberto Parra : un orchestre de mariachis réunis autour d’une seule voix, et un modèle d’équilibre entre chant et pupitres.
« Adiós amor »Christian Nodal, 2017ModéréNon préciséeLe premier single de Christian Nodal, numéro un au Mexique et quatrième du classement Hot Latin Songs de Billboard : le mariachi rencontre le norteño et touche une nouvelle génération.

Aucune mesure de tempo publiée et fiable n’a été trouvée pour ces six titres : les indications sont des repères d’écoute, à vérifier vous-même en tapant la pulsation sur trente secondes, puis en multipliant par deux. Pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables). Ces six titres ont été choisis pour leur valeur pédagogique, et non pour représenter toutes les époques du genre.

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Labels, droits et répertoire

Le mariachi a grandi avec l’industrie du disque mexicaine. En 1937, le Mariachi Vargas signe un contrat d’exclusivité avec RCA, dont la filiale mexicaine le présentera longtemps comme « le meilleur mariachi du monde » ; il a publié depuis des dizaines de disques. Vicente Fernández signe son premier contrat avec CBS México en 1966, et Christian Nodal avec Universal Music Latin en avril 2016. Linda Ronstadt publie Canciones de mi padre chez Elektra et Asylum.

Le répertoire mêle des œuvres d’auteurs, souvent très protégées, et des airs traditionnels. José Alfredo Jiménez a écrit plus de mille chansons ; Juan Gabriel en aurait écrit environ 1 800, et Rubén Fuentes, Tomás Méndez ou Cuco Sánchez ont laissé des catalogues entiers. À l’inverse, beaucoup de sones sont anonymes, et leur paternité est souvent discutée : pour « El Son de la Negra », l’ethnologue Jesús Jáuregui juge qu’on peut difficilement l’attribuer à un auteur ou à une époque, et la « Malagueña salerosa », publiée en 1947 sous deux noms d’auteurs, était tenue pour anonyme par Nicandro Castillo.

Sur un morceau, deux droits coexistent. Le droit d’auteur porte sur l’œuvre, la musique et le texte, et il est le plus souvent géré en France par la Sacem lorsque les auteurs y ont adhéré ; les parts des coauteurs se fixent par écrit avant la sortie. Les droits voisins portent sur l’enregistrement et appartiennent au producteur du disque, celui qui finance et détient la bande, ainsi qu’aux artistes-interprètes, ici chacun des musiciens du mariachi. Un contrat de label porte d’abord sur ce second droit : lisez la durée de la cession, le territoire, le partage des revenus et l’exclusivité.

La synchronisation, l’association d’un morceau à des images dans un film, une série, une publicité ou une vidéo, est un débouché naturel pour une musique que le cinéma a rendue célèbre. Elle exige deux autorisations distinctes, celle de l’éditeur pour l’œuvre et celle du producteur pour l’enregistrement, aucune des deux n’étant délivrée par la Sacem.

Reprises, airs traditionnels et échantillons

  • Reprendre une ranchera telle qu’elle a été écrite, « El Rey » ou « Volver, volver », ne demande pas en France d’autorisation particulière aux auteurs : on déclare l’œuvre, et les droits dus aux auteurs et aux éditeurs leur sont reversés, principalement par la Sacem.
  • Changer les paroles, traduire le texte ou transformer la chanson au point d’en faire une autre œuvre demande en revanche l’accord de l’éditeur.
  • Un air traditionnel n’est pas pour autant libre sous toutes ses formes. Une mélodie tombée dans le domaine public peut être jouée par tous, mais un arrangement récent de cette mélodie peut être protégé, et l’enregistrement qui la fait entendre l’est le plus souvent, tant que ses droits voisins n’ont pas expiré. Vérifiez qu’un son réputé anonyme n’a pas été déposé par un éditeur avant de le déclarer comme traditionnel.
  • Échantillonner un disque de mariachi, une phrase de trompette ou un grito tiré d’un enregistrement, demande deux autorisations, celle des titulaires des droits sur l’œuvre, généralement l’éditeur, et celle du producteur de l’enregistrement, qui se porte en général fort des interprètes.
  • Dans l’arrêt Pelham du 29 juillet 2019, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que même un fragment très court reproduit l’enregistrement, sauf s’il est modifié au point d’être méconnaissable à l’écoute : ralentir, filtrer ou noyer une phrase de trompette dans la réverbération ne suffit pas tant qu’on la reconnaît.
  • Rejouer soi-même une mélodie protégée au lieu de l’échantillonner, ce qu’on appelle une interpolation, demande toujours l’accord des titulaires des droits sur l’œuvre, mais plus celui du producteur de l’enregistrement d’origine.
  • Faire « clearer » un échantillon, c’est-à-dire obtenir ces autorisations, prend du temps et coûte de l’argent : réglez-le avant la sortie, pas après.
  • Les sons d’usine de Logic Pro, boucles, échantillons et jeux de sons, peuvent selon Apple être utilisés sans redevance dans vos propres morceaux, mais pas distribués seuls ni reconditionnés en banques.
  • Le style lui-même n’est pas protégé : personne ne possède la sesquialtera, l’oum-pa de la ranchera ou le duo de trompettes. Ce qui est protégé, c’est une mélodie, un texte, un arrangement original ou un enregistrement précis.
  • Interpréter vos morceaux ou des reprises en concert en France ne demande pas d’autorisation individuelle : l’organisateur déclare le répertoire et règle les droits à la Sacem, qui les reverse aux ayants droit, y compris étrangers.

Une fois ces questions réglées, reste à faire connaître votre musique : dans un genre où le costume, la scène et l’image comptent autant que le son, notre formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens vous apprend à monter vos vidéos, à construire votre EPK et à publier votre site d’artiste.

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Une playlist pour écouter le mariachi

Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis dans la liste des 100 artistes ci-dessous. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.

  • Mariachi, la découverte30 titres · 1 h 35

    De Cuarteto Coculense (1908) à Ángela Aguilar (2018) : le son jalisciense, l’âge d’or du cinéma, les rois de la ranchera, Linda Ronstadt et le mariachi d’aujourd’hui.

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Les 100 artistes qui ont fait le mariachi

Les pionniers, du son jalisciense aux premiers disques

L’âge d’or du cinéma et de la radio

Les grandes voix, des années 1960 aux années 1990

Le mariachi aux États-Unis et dans le monde

Le renouveau, des années 1990 à aujourd’hui

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que le mariachi ?

C’est à la fois un ensemble musical mexicain et la musique qu’il joue. Né au XIXe siècle dans l’ouest du Mexique, autour du Jalisco, à partir d’un genre appelé le son jalisciense, il réunit des violons, des trompettes, une guitare, une vihuela et un guitarrón, souvent en costume de charro. Il joue des sones, des rancheras, des huapangos, des boleros rancheros, des valses et des polkas. L’UNESCO l’a inscrit en 2011 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Quels sont les instruments du mariachi ?

Un mariachi moderne réunit des violons, jusqu’à huit dans un grand ensemble, deux trompettes, une guitare, une vihuela, petite guitare à cinq cordes au son aigu, et un guitarrón, grosse guitare basse à six cordes sans frettes. Certains ensembles ajoutent une harpe, l’instrument d’origine du son. Le mariachi traditionnel, plus ancien, se passe de trompettes et joue avec des cordes seules. Il n’y a pas de batterie : le rythme est tenu par la vihuela, la guitare et le guitarrón.

Quelle est la différence entre le mariachi et la ranchera ?

Le mariachi est un orchestre ; la ranchera est un genre de chanson. Le mariachi joue des rancheras, mais aussi bien d’autres genres, et une ranchera peut être chantée avec d’autres accompagnements, une guitare ou un orchestre de norteño. La ranchera se joue à 2/4, à 3/4 ou, pour le bolero ranchero, à 4/4, souvent en majeur, et chante l’amour, la peine, la patrie et la nature.

Le mot « mariachi » vient-il du français « mariage » ?

Non. C’est une légende tenace, selon laquelle les soldats de l’intervention française, entre 1862 et 1867, auraient nommé ainsi les orchestres des noces. Des documents montrent que le mot existait avant l’arrivée des Français : des registres paroissiaux des années 1830 et 1840 mentionnent un ranch appelé « Mariachi » dans le Nayarit, et un curé se plaint des « mariachis » dans une lettre antérieure à l’intervention. L’origine exacte reste discutée, mais la plupart des chercheurs penchent pour une origine autochtone.

Comment arranger un mariachi dans Logic Pro ?

Commencez par la section rythmique : un guitarrón joué avec Studio Bass ou une basse acoustique, fondamentale et quinte sur les temps, et une vihuela et une guitare qui frappent des accords courts entre les temps, autour de 112 BPM pour une ranchera à 2/4. Ajoutez ensuite des violons avec Studio Strings et deux trompettes avec Studio Horns, harmonisées en tierces ou en sixtes, qui répondent à la voix au lieu de la couvrir. Enregistrez la voix et le grito en dernier, avec une réverbération de salle commune à tout l’orchestre. La partie « Arranger un mariachi en home studio » détaille chaque réglage.

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Sources

  • « Mariachi », « Mariachi tradicional », « Son jalisciense », « Son mexicano », « Ranchera », « Music of Mexico », « Regional Mexican », « Guitarrón mexicano », « Mexican vihuela » et « Plaza Garibaldi », Wikipédia en anglais, consultés en octobre 2026.
  • Articles de Wikipédia en anglais consacrés aux artistes, titres et albums cités, notamment « Vargas de Tecalitlán », « Miguel Martínez Domínguez », « José Alfredo Jiménez », « Vicente Fernández », « Juan Gabriel », « Canciones de Mi Padre », « Christian Nodal », « El Son de la Negra » et « Malagueña Salerosa », consultés en octobre 2026.
  • « Mariachi Vargas de Tecalitlán », Wikipédia en français, consulté en octobre 2026.
  • UNESCO, « Le mariachi, musique à cordes, chant et trompette », liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, décision 6.COM 13.30, 2011 ; ONU Info, communiqué du 27 novembre 2011 sur les inscriptions de la sixième session du comité, à Bali.
  • Mariachimusic.com, « Remembering Miguel Martínez, Father of the Mariachi Trumpet », août 2015 ; Detroit Opera, San Diego Symphony et Ann Arbor Observer, présentations du Mariachi Vargas de Tecalitlán ; The Eye (Huatulco), « Mariachi, a Uniquely Mexican Musical Tradition », 26 avril 2023.
  • Cour de justice de l’Union européenne, arrêt Pelham, C-476/17, 29 juillet 2019 ; article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle.
  • Apple, « Use the royalty-free content included with Logic Pro for Mac and MainStage in commercial works », et Logic Pro : Guide de l’utilisateur, consultés en 2026.

Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro depuis 20 ans et MainStage depuis sa sortie. Qui sommes-nous ?