Terme du glossaire
Musique de film
La musique de film est la musique originale écrite pour accompagner les images d’un film, et par extension d’une série, d’un documentaire, d’un jeu vidéo ou d’une bande-annonce. Elle se découpe en morceaux courts, les cues, qui commencent et s’arrêtent à des instants précis de l’image, et elle sert le récit avant de se servir elle-même : installer un lieu, annoncer un danger, faire comprendre ce qu’un personnage ne dit pas. Née du pianiste qui accompagnait les projections du cinéma muet, elle devient un art à part entière avec Max Steiner et King Kong en 1933, puis avec l’âge d’or hollywoodien de Korngold et de Bernard Herrmann. La France y a pris une place de premier plan, de Georges Delerue à Michel Legrand, Maurice Jarre, Vladimir Cosma et Alexandre Desplat, l’Italie aussi, avec les westerns d’Ennio Morricone. En 1977, John Williams ramène l’orchestre symphonique au premier plan avec Star Wars ; Vangelis impose les synthétiseurs, et Hans Zimmer invente un son hybride, mi-orchestral, mi-électronique, qui domine encore les écrans. C’est aussi un métier, avec ses étapes, de la séance de repérage à la livraison des pistes séparées au monteur, et ses contrats. Cette fiche raconte le genre, explique ses techniques et montre comment composer pour l’image dans Logic Pro, en home studio.
- PériodeDe la fin du XIXe siècle et du cinéma muet à aujourd’hui, avec un premier âge d’or hollywoodien dans les années 1930 et 1940
- FoyerHollywood d’abord, puis la France, l’Italie, le Royaume-Uni, le Japon et aujourd’hui le monde entier
- TempoCelui de l’image : libre, changeant, calé sur le montage ; le motif d’action de cette fiche est à 120 BPM
- RythmePas de batterie de pop par défaut ; timbales, grosse caisse d’orchestre, taikos et ostinatos de cordes portent la pulsation quand il en faut une
- InstrumentsOrchestre symphonique, piano, chœur, synthétiseurs, échantillonneurs, instruments du monde, sons transformés
La musique de film en bref
- Origine : les pianistes et les orchestres de salle du cinéma muet, dès 1895, puis les premières partitions originales, comme celle de Camille Saint-Saëns en 1908, et le cinéma parlant de Hollywood au début des années 1930.
- Son : tout ce qui sert le récit, de l’orchestre symphonique au violoncelle seul, du synthétiseur au sifflement, organisé en thèmes associés aux personnages et en morceaux calés sur le montage.
- Trois albums : The Good, the Bad and the Ugly d’Ennio Morricone (1966), Star Wars de John Williams (1977), Inception de Hans Zimmer (2010).
- En home studio : Logic Pro sait ouvrir une vidéo, poser des marqueurs sur les changements de plan, plier le tempo pour tomber pile sur un moment de l’image et exporter des pistes séparées pour le monteur.
- Le point à connaître : une musique dite « libre de droits » n’est presque jamais libre de tout droit : c’est une licence, avec ses conditions, et une musique composée pour un film reste l’œuvre de son compositeur, qui en est coauteur.
Trois albums pour entrer dans la musique de film
- The Good, the Bad and the UglyEnnio Morricone, 1966
Paru le 29 décembre 1966, le disque du troisième western de Sergio Leone avec Morricone s’ouvre sur un motif de deux notes qui imite le hurlement d’un coyote. Chaque personnage a son timbre : la flûte pour le Bon, l’arghilofono, une sorte d’ocarina, pour la Brute, des voix humaines pour le Truand. L’orchestre est dirigé par Bruno Nicolai, Alessandro Alessandroni siffle, et Edda Dell’Orso chante sans paroles « The Ecstasy of Gold ». L’album monte à la 4e place du classement américain et y reste plus d’un an ; en 1968, la reprise du thème par Hugo Montenegro est numéro un au Royaume-Uni pendant quatre semaines.
Écouter sur Apple Music - Star WarsJohn Williams, 1977
Enregistrée en huit séances, du 5 au 16 mars 1977, aux studios Anvil de Denham, près de Londres, par le London Symphony Orchestra sous la direction de John Williams, la partition dure 88 minutes, dont environ 75 sont réunies sur le double album paru en juin 1977. George Lucas voulait « le genre de sensation à la Korngold » : Williams lui donne des fanfares de cuivres et des thèmes pour chaque héros. Oscar de la meilleure musique, numéro deux des ventes d’albums aux États-Unis, le disque devient le plus vendu de l’histoire de la musique symphonique, et l’American Film Institute l’a désigné en 2005 comme la partition la plus mémorable du cinéma américain.
Écouter sur Apple Music - InceptionHans Zimmer, 2010
Pour le film de Christopher Nolan, Hans Zimmer a écrit sa musique sans avoir vu les images, à partir du scénario et des storyboards. Il y transforme électroniquement une chanson française, « Non, je ne regrette rien » d’Édith Piaf, et y fait sonner des cuivres massifs, qu’il comparait à « d’immenses cornes de brume au-dessus d’une ville ». Ce son, repris dans d’innombrables bandes-annonces, est devenu un cliché du genre.
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Qu’est-ce que la musique de film ?
La musique de film est, selon la définition la plus courante, la musique originale écrite spécialement pour accompagner un film ou un programme de télévision. On l’appelle aussi partition de film, score en anglais, et on la distingue de la bande originale au sens large, qui peut aussi contenir des chansons existantes. Elle n’est pas un style : elle emprunte à tous. Ce qui la définit, c’est sa fonction et sa forme. Une partition se découpe en morceaux, les cues, calés pour commencer et finir à des moments précis du film ; la plupart des longs métrages en contiennent entre 45 et 120 minutes. La durée, le tempo et parfois chaque accent sont dictés par le montage.
Ce qui existait avant
Le cinéma n’a jamais été tout à fait muet. Le 28 décembre 1895, à Paris, la première projection publique des frères Lumière est accompagnée au piano, et pendant trente ans un pianiste, un organiste ou un orchestre de salle jouent dans presque toutes les projections. Les musiciens puisent dans des catalogues classés par ambiance, suspense, action, poursuite.
Les premières partitions originales arrivent vite. En 1908, Camille Saint-Saëns écrit la musique de L’Assassinat du duc de Guise. En 1924, Erik Satie compose pour Entr’acte de René Clair une partition synchronisée image par image, un ancêtre du repérage moderne, et Darius Milhaud écrit pour L’Inhumaine de Marcel L’Herbier. En 1927 sort The Jazz Singer, présenté comme le premier film parlant, qui est d’abord un film chanté.
La naissance du genre
Le moment fondateur porte un nom : King Kong, en 1933. Max Steiner, né à Vienne en 1888, travaille alors pour le studio RKO. Pour ce film, il enregistre avec un orchestre de quatre-vingts musiciens, pour un coût d’environ 50 000 dollars, une partition bâtie sur le principe wagnérien du leitmotiv : un thème pour le monstre, un autre pour l’héroïne jouée par Fay Wray. Surtout, il colle la musique à l’action. Quand le chef de l’île descend un escalier, une gamme descendante l’accompagne pas à pas : on appellera ce procédé le mickey-mousing, d’après les dessins animés de Disney qui l’utilisaient depuis Steamboat Willie, en 1928. On surnomme souvent Steiner « le père de la musique de film ».
Les années 1930 et 1940 forment l’âge d’or des studios hollywoodiens. Les grands studios ont leur département musical et leur orchestre. Erich Wolfgang Korngold, venu lui aussi de Vienne, arrive à Hollywood en 1934 et conçoit ses partitions comme des « opéras sans chant » : il remporte l’Oscar pour Anthony Adverse, en 1936, puis pour Les Aventures de Robin des Bois, en 1938. Steiner écrit pour Autant en emporte le vent, en 1939, une partition de près de trois heures, la plus longue jamais composée à l’époque, qui compte seize thèmes principaux. Le son de l’époque est celui de l’orchestre symphonique postromantique.
Bernard Herrmann change la donne. Il signe en 1941 sa première partition, pour Citizen Kane d’Orson Welles, et la même année celle de The Devil and Daniel Webster, qui lui vaut son seul Oscar. En 1951, il confie à deux thérémines, un instrument électronique que l’on joue sans le toucher, les mélodies du Jour où la Terre s’arrêta. Puis il écrit pour Alfred Hitchcock neuf films, de Mais qui a tué Harry ? en 1955 à Pas de printemps pour Marnie en 1964, dont Vertigo, en 1958, et Psychose, en 1960, écrit pour un orchestre à cordes seul. Ses motifs courts et obsédants annoncent la musique de film moderne.
D’où vient le mot
On dit « musique de film », plus rarement « musique de cinéma » ou « musique à l’image », cette dernière expression couvrant aussi la télévision, la publicité et le jeu vidéo. « Bande originale », abrégé en BO, désigne à l’origine la bande sonore du film, puis le disque qui en est tiré. Le vocabulaire du métier, lui, est resté largement anglais : cue pour un morceau, spotting pour la séance de repérage, temp track pour la musique provisoire, hit point pour un instant de l’image à souligner. Cette fiche les explique un à un.
Le cinéma distingue aussi deux places pour la musique. La musique diégétique, ou musique d’écran, appartient au monde du film : un orchestre de bal, une radio, un personnage qui chante. La musique extradiégétique, ou musique de fosse, vient d’ailleurs, comme l’orchestre caché dans la fosse d’un opéra : les personnages ne l’entendent pas, le spectateur oui.
Une mutation plutôt qu’une fin
Dans les années 1950 et 1960, la musique de film s’ouvre au jazz et aux musiques populaires. Alex North mêle blues et dissonances dans Un tramway nommé Désir en 1951, et Duke Ellington signe Autopsie d’un meurtre en 1959. En France, la Nouvelle Vague invente un ton plus libre : Georges Delerue cosigne avec Giovanni Fusco la musique d’Hiroshima mon amour en 1959, écrit pour Jules et Jim de François Truffaut en 1962 et pour Le Mépris de Jean-Luc Godard en 1963, et Michel Legrand compose Les Parapluies de Cherbourg en 1964 pour Jacques Demy. Le Lyonnais Maurice Jarre, lui, part à Hollywood et remporte trois Oscars pour David Lean : Lawrence d’Arabie en 1962, Le Docteur Jivago en 1965 et La Route des Indes en 1984. En Italie, Ennio Morricone réinvente le western avec Sergio Leone.
Dans les années 1970, John Williams s’impose avec Les Dents de la mer en 1975, puis Star Wars en 1977, qui relance la grande partition symphonique. Vangelis, avec Les Chariots de feu en 1981 et Blade Runner en 1982, montre qu’un homme seul devant ses synthétiseurs peut signer une musique de film inoubliable. Hans Zimmer, à partir de Rain Man en 1988, systématise le mélange de l’orchestre, des synthétiseurs et des échantillons, et fonde en 1989 l’entreprise qui deviendra Remote Control Productions.
La musique de film en sept dates
- 1908La première grande partition originaleCamille Saint-Saëns écrit la musique de L’Assassinat du duc de Guise, l’une des premières partitions composées pour un film précis.
- 1933King KongMax Steiner enregistre avec quatre-vingts musiciens une partition à leitmotive calée sur l’action : le modèle hollywoodien est né.
- 1960PsychoseBernard Herrmann écrit pour Hitchcock une partition pour orchestre à cordes seul, faite de motifs courts et tranchants.
- 1966Le western selon MorriconeLe Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone sort en Italie à la fin de l’année ; son thème en deux notes, comme un hurlement de coyote, fait le tour du monde.
- 1977Le retour de l’orchestreJohn Williams enregistre Star Wars en mars avec le London Symphony Orchestra ; l’album devient le disque symphonique le plus vendu de l’histoire.
- 1989L’atelier ZimmerLe 29 mars, Hans Zimmer et Jay Rifkin fondent à Santa Monica Media Ventures, la future Remote Control Productions, d’où sortiront des dizaines de compositeurs.
- 2020Un violoncelle aux OscarsLe 9 février, Hildur Guðnadóttir reçoit l’Oscar pour Joker, première femme récompensée dans la catégorie depuis sa refonte en 2000.
Le morceau pour comprendre
Il s’agit de la scène du cimetière du film Le Bon, la Brute et le Truand, de Sergio Leone, et de sa musique, « The Ecstasy of Gold », d’Ennio Morricone. Le Truand, joué par Eli Wallach, court entre les tombes à la recherche de l’or. Le morceau, dixième plage du disque paru fin 1966, dure un peu plus de trois minutes ; l’orchestre est dirigé par Bruno Nicolai, et la voix sans paroles est celle de la soprano Edda Dell’Orso. Leone faisait souvent monter ses finales sur des musiques que Morricone avait écrites à l’avance : ici, l’image danse sur la musique autant que la musique suit l’image. Depuis 1983, Metallica ouvre ses concerts sur cet enregistrement.
Regardez la scène deux fois, la seconde en écoutant seulement la musique. Remarquez d’abord qu’elle commence doucement, sur un motif qui tourne, puis qu’elle ne cesse de monter, en ajoutant des instruments, du volume et de la tension, jusqu’à une sorte de vertige. C’est un crescendo, une augmentation progressive de l’intensité, qui accompagne toute la course. Écoutez ensuite la voix : elle ne dit aucun mot, elle chante comme un instrument d’orchestre, et c’est elle qui porte l’émotion. Observez enfin l’image : la course, le montage et les mouvements de caméra épousent la montée de la musique. La leçon : une musique de film ne décrit pas ce qu’on voit, elle fait ressentir ce que vit le personnage, ici l’ivresse de l’avidité.
Les caractéristiques musicales
Le rythme
En musique de film, le rythme n’appartient pas d’abord au musicien : il appartient au montage. Une scène dure le temps qu’elle dure, ses plans changent quand le réalisateur l’a décidé, et la musique doit s’y loger. Le compositeur travaille donc en temps réel, en secondes et en images, plus qu’en mesures. Il choisit un tempo, le nombre de battements par minute, qui fait tomber les temps forts sur les moments importants, ou bien il écrit en tempo libre, sans pulsation, et laisse le chef d’orchestre suivre l’image. Max Steiner a été parmi les premiers à utiliser une piste de clic, le click track, un métronome que les musiciens entendent au casque pour jouer exactement au tempo calculé. On tolère en général un décalage de trois ou quatre images entre la musique et l’action.
La batterie de la pop n’a pas sa place par défaut. Pendant des décennies, les percussions de l’orchestre portent la pulsation. Chez Steiner, la danse sacrificielle de King Kong accélère peu à peu. Dans Les Dents de la mer, le motif du requin, deux notes graves, change de vitesse selon l’action à l’écran. Depuis les années 1990, la musique d’action et de bande-annonce a imposé un autre son : de gros tambours, dont les taikos japonais, frappés en motifs répétés, souvent superposés à un ostinato de cordes, une courte figure rythmique jouée en boucle par les violons ou les violoncelles, qui donne l’impression d’une course.
Voici un motif de percussions d’action, sur une mesure de quatre temps, notée 4/4, découpée en seize doubles-croches, à 120 BPM (battements par minute). Chaque case est un pas, numéroté de 1 à 16 ; les temps tombent sur les pas 1, 5, 9 et 13. Le gros taiko, ou la grosse caisse d’orchestre, frappe en 3 + 3 + 2 : pas 1, 4 et 7, puis 9, 12 et 15. Ce groupement inégal donne une poussée vers l’avant que de simples coups sur les temps n’ont pas. La caisse claire d’orchestre marque les deuxième et quatrième temps (pas 5 et 13). Un taiko plus aigu, comme un tom médium, relance aux pas 8 et 16, juste avant chaque appui. Le shaker, qui figure ici l’ostinato de doubles-croches que jouerait une section de cordes, ne s’arrête jamais et appuie un peu plus les temps. Les cases en pointillés signalent la variante. C’est une synthèse, pas la transcription d’un morceau précis.
Sons synthétisés dans le navigateur, sans échantillon. Jeu droit ; la résonance des grands tambours, l’orchestre et la réverbération d’une salle ne sont pas reproduits.
Écoutez le motif seul, puis cochez la variante : deux taikos médiums aux pas 14 et 15 et une caisse claire au pas 16 forment un petit roulement qui projette l’oreille vers la mesure suivante, comme avant un changement de plan. Le lecteur joue droit, chaque double-croche exactement à sa place, et ses sons sont synthétisés : un vrai taiko a une résonance longue et grave que le navigateur ne reproduit pas. Dans Logic Pro, ce motif se programme en quelques minutes avec Drum Machine Designer, comme l’explique la partie consacrée au home studio.
L’harmonie
L’harmonie de la musique de film sert l’émotion d’une scène, pas la logique d’un morceau. Au cinéma, un accord peut durer dix secondes, changer de couleur au moment où un personnage comprend quelque chose, puis ne jamais conclure. Quatre procédés reviennent sans cesse. Le premier est le mode mineur naturel, sans sensible, qui donne aux musiques épiques leur gravité. Le deuxième est la médiante chromatique, un enchaînement entre deux accords majeurs éloignés qui partagent pourtant une note : il produit l’émerveillement des films d’aventure et de science-fiction. Le troisième est la ligne chromatique, une voix qui descend demi-ton par demi-ton sous un accord tenu, outil du suspense et des films d’espionnage. Le quatrième est la note pédale, une basse tenue pendant que les accords changent au-dessus, qui installe une menace ou une attente.
Dans les chiffres romains ci-dessous, chaque chiffre désigne un accord par sa place dans la gamme, en minuscules quand il est mineur, en majuscules quand il est majeur ; le signe ♭ indique un degré abaissé d’un demi-ton, et une barre oblique, comme dans « ♭II/i », un accord joué sur une autre note de basse. Les noms d’accords sont notés à l’anglaise : A vaut la, B si, C do, D ré, E mi, F fa, G sol ; « m » signifie mineur, « maj7 » une septième majeure, « 7 » une septième mineure, « 6 » une sixte ajoutée, et « E♭/D » un accord de mi bémol joué sur une basse de ré. Les grilles sont en la mineur, en do majeur ou en ré, sur quatre mesures, un accord par mesure. Écoutez-les lentement, puis ajoutez la percussion du motif.
Piano électrique et basse synthétisés dans le navigateur, en la mineur, en do majeur ou en ré, une boucle de quatre mesures.
L’instrumentation
La musique de film n’a pas d’instrumentation imposée : chaque film choisit la sienne. Quelques palettes reviennent pourtant d’une époque à l’autre.
- L’orchestre symphonique, cordes, bois, cuivres et percussions, hérité de l’opéra et du poème symphonique, de King Kong à Star Wars. Il est souvent enregistré par de grands orchestres : le London Symphony Orchestra joue pour le cinéma depuis 1935.
- Les formations réduites, choisies pour une couleur : un orchestre à cordes seul pour Psychose, un violoncelle joué par la compositrice elle-même pour Joker.
- Les instruments électroniques, plus anciens qu’on ne le croit : deux thérémines chez Bernard Herrmann en 1951, des ondes Martenot, un clavier électronique français, dans Lawrence d’Arabie, le Yamaha CS-80 de Vangelis pour Les Chariots de feu.
- Les échantillonneurs, qui rejouent des sons enregistrés : Hans Zimmer associe un Fairlight CMI à des steel-drums dans Rain Man, en 1988, et écrit l’année suivante Miss Daisy et son chauffeur uniquement avec des synthétiseurs et des échantillonneurs.
- Les sons inattendus, choisis parce qu’ils racontent quelque chose : les coups de fouet, le sifflement, la guimbarde et la guitare électrique de Morricone ; les cuivres joués sans embouchure de Jerry Goldsmith pour La Planète des singes, en 1968.
- Les sons transformés, enfin, à la frontière du bruitage : pour la série Chernobyl, Hildur Guðnadóttir a bâti toute sa musique à partir d’enregistrements faits dans une centrale nucléaire en activité.
La voix et la forme
La voix, au cinéma, est d’abord celle des acteurs, et la musique doit lui laisser la place : un compositeur écrit rarement une mélodie chargée sous un dialogue. Quand la voix chantée entre dans la partition, c’est souvent sans paroles, comme un instrument de plus, chez Morricone ou dans Gladiator, où Hans Zimmer a partagé le crédit avec Lisa Gerrard. La chanson, elle, a sa propre histoire : Michel Legrand obtient son premier Oscar pour « The Windmills of Your Mind », écrite pour L’Affaire Thomas Crown, et le cinéma de Jacques Demy fait chanter ses personnages.
La forme suit le film. Une partition est une suite de cues, numérotés dans l’ordre du film, de quelques secondes à plusieurs minutes. Le Larousse le résume : « la musique de cinéma exige des formes courtes ». C’est pourquoi elle préfère le motif, un micro-thème bref et ouvert, à la grande mélodie qui conclut. Le générique de début, le main title, et celui de fin, l’end credits, sont les seuls moments où la musique peut se déployer comme un morceau autonome, et ce sont souvent eux que l’on retrouve sur le disque.
Exercice d’écoute
Écoutez le thème principal des Dents de la mer de John Williams, puis le thème principal du Bon, la Brute et le Truand d’Ennio Morricone, puis « The Ecstasy of Gold », et répondez avant de lire la suite.
- Question 1 : combien de notes différentes compte le motif du requin, et quel intervalle les sépare ?
- Question 2 : dans le thème du Bon, la Brute et le Truand, le motif de deux notes du début est-il toujours joué par le même instrument ?
- Question 3 : dans « The Ecstasy of Gold », que chante la voix soliste ?
Les réponses, à ne lire qu’après.
- Réponse 1 : deux notes, mi et fa, séparées d’un demi-ton et jouées en alternance dans le grave. Quand Williams les a jouées pour la première fois au piano, Steven Spielberg a cru à une plaisanterie, avant d’être convaincu. Ce que vous apprenez : un motif n’a pas besoin d’être une mélodie pour devenir inoubliable, et son tempo peut suivre l’action, de lent à frénétique.
- Réponse 2 : non. Chaque personnage a son timbre : la flûte pour le Bon, l’arghilofono, une sorte d’ocarina, pour la Brute, et des voix humaines pour le Truand. Ce que vous apprenez : un leitmotiv ne passe pas seulement par la mélodie, il passe aussi par l’instrument qui la joue.
- Réponse 3 : aucun mot. Edda Dell’Orso chante sans paroles, sur des voyelles. Ce que vous apprenez : une voix sans texte devient un instrument d’orchestre, qui touche sans détourner l’attention des images et du dialogue.
Musique de film, musique classique et néo-classique : ce qui les sépare
La musique de film partage ses instruments, et souvent ses compositeurs, avec plusieurs genres voisins ; ce qui l’en sépare tient moins au son qu’à la fonction.
Musique de film et musique classique : quelle différence ?
Une symphonie obéit à sa propre logique ; une musique de film obéit au montage. Elle peut s’interrompre au milieu d’une phrase, durer onze secondes ou tenir un seul accord pendant une minute, parce que la scène l’exige. Les deux mondes se sont pourtant toujours mêlés. Saint-Saëns, Milhaud, Honegger, Prokofiev pour Alexandre Nevski en 1938 ou Chostakovitch ont écrit pour le cinéma ; Korngold venait de l’opéra, et Ennio Morricone a obtenu ses diplômes de trompette, puis de composition, au conservatoire Santa Cecilia de Rome. À l’inverse, des réalisateurs ont puisé dans le répertoire existant : pour 2001, l’Odyssée de l’espace, en 1968, Stanley Kubrick a gardé des enregistrements classiques, dont des œuvres de György Ligeti, et écarté la partition qu’il avait commandée à Alex North.
Musique de film et néo-classique
Le néo-classique, ce piano et ces cordes minimalistes qui remplissent les playlists de concentration, ressemble souvent à une musique de film sans film. Plusieurs de ses figures écrivent pour le cinéma, comme Max Richter, nommé à l’Oscar de la meilleure musique en 2026, ou Jóhann Jóhannsson. La différence tient à l’ordre des choses : un morceau néo-classique est d’abord écrit pour un disque et vit seul, puis il peut être placé dans un film par synchronisation ; une musique de film est écrite pour des images précises, et elle doit parfois être remontée pour tenir seule sur un disque.
Musique de film et ambient
L’ambient est né d’une idée de Brian Eno, en 1978 : une musique pensée comme un environnement, aussi facile à ignorer qu’intéressante à écouter. Une bonne partie de la musique de film contemporaine travaille de la même façon, avec des textures plutôt que des mélodies : un seul son de violoncelle tenu pour le Joker de The Dark Knight, en 2008, chez Hans Zimmer et James Newton Howard, ou les sons de centrale nucléaire transformés de Chernobyl. La différence est que l’ambient refuse le récit, quand la musique de film le sert : la texture la plus abstraite y reste là pour annoncer, inquiéter ou apaiser à un moment précis de l’histoire.
Musique de film et new age : le cas Vangelis
Les Chariots de feu, enregistré par Vangelis seul dans son studio londonien, Nemo, où il joue lui-même synthétiseurs, piano, batterie et percussions, a reçu l’Oscar de la meilleure musique en 1982, et le thème du générique, « Titles », est monté à la première place du classement des singles américains. Vangelis a pourtant souvent été rangé au rayon new age, une étiquette qu’il récusait. La réponse honnête est que la frontière passe par l’usage : le même son de Yamaha CS-80 est new age quand il accompagne une méditation, musique de film quand il accompagne une course au ralenti sur une plage.
Sous-genres et scènes
- Partition symphonique hollywoodienneDepuis les années 1930L’orchestre postromantique, les leitmotive et les grands thèmes, de Max Steiner et Korngold à John Williams et ses héritiers.Lire la fiche John Williams
- Western italienAnnées 1960 et 1970Sifflement, guitare électrique, fouet, voix et trompettes : le son inventé par Ennio Morricone pour Sergio Leone, que tout un cinéma a imité.Lire la fiche Ennio Morricone
- Jazz au cinémaDepuis les années 1950Le blues d’Alex North, le big band de Duke Ellington, Henry Mancini, Lalo Schifrin, Michel Legrand en France, Krzysztof Komeda en Pologne.Lire la fiche Jazz
- Partition électroniqueDepuis les années 1950, sommet dans les années 1980Des thérémines de Bernard Herrmann aux synthétiseurs de Vangelis, de Giorgio Moroder, de John Carpenter et de Tangerine Dream, dont la synthwave d’aujourd’hui revendique l’héritage.Lire la fiche Synthwave
- Partition hybrideDepuis la fin des années 1980Orchestre, synthétiseurs et échantillons mêlés, gros tambours et ostinatos : le son de Hans Zimmer et des compositeurs passés par Remote Control Productions.Lire la fiche Hans Zimmer
- Minimalisme et néo-classiqueDepuis les années 1980Motifs répétés, piano et cordes : Philip Glass, Michael Nyman, puis Max Richter ou Jóhann Jóhannsson.Lire la fiche Néo-classique
- Musique de bande-annonceDepuis les années 2000Des morceaux écrits pour vendre un film en deux minutes, montés en paliers, chargés de percussions, de chœurs et d’effets, souvent composés pour des catalogues spécialisés comme celui de Two Steps from Hell.
- Musique de sériesDepuis les années 1950, essor depuis les années 2010Génériques et partitions au long cours, de Jerry Goldsmith pour la télévision américaine aux séries de Ramin Djawadi, Hildur Guðnadóttir ou Ludwig Göransson.
- Musique de jeu vidéoDepuis les années 1980Une musique qui doit s’adapter en temps réel aux actions du joueur, récompensée depuis 2023 par son propre Grammy.
La démarche artistique
La musique de film est d’abord une musique de collaboration. Le compositeur n’est pas seul maître de son œuvre : il écrit pour un réalisateur, un producteur et un monteur, et sa musique sera mixée sous les dialogues et les bruitages. Il arrive le plus souvent au moment du montage. Il dispose en général d’environ six semaines pour écrire, parfois deux, parfois trois mois, et un compositeur établi signe trois ou quatre partitions par an. Son talent se mesure à sa capacité à comprendre ce dont une scène a besoin, et à se taire quand elle n’a besoin de rien.
Le travail commence par la séance de repérage, le spotting. Compositeur, réalisateur et souvent monteur musique regardent le film ensemble et décident où la musique entre, où elle sort et ce qu’elle doit dire ; le compositeur note les minutages précis de chaque cue. Vient ensuite le piège le plus connu du métier : la musique temporaire, le temp track. Pour monter, le réalisateur pose sur ses images des musiques existantes, et finit souvent par s’y attacher. Pour Star Wars, George Lucas avait monté sur des musiques classiques, dont le thème de Kings Row de Korngold, et voulait « le genre de sensation à la Korngold » ; Kubrick, lui, a gardé ses musiques temporaires dans 2001. Le compositeur doit alors retrouver l’émotion de la musique temporaire sans la copier, ce qui est un exercice d’écriture et parfois un problème juridique.
Certains compositeurs renversent l’ordre. Hans Zimmer a écrit la musique d’Inception, en 2010, sans avoir vu le film, à partir du scénario et des storyboards. Hildur Guðnadóttir a composé celle de Joker à partir du seul scénario, avant la fin du tournage : sur le plateau, Joaquin Phoenix s’est mis à danser sur sa musique, dans une scène que le scénario ne prévoyait pas. Elle parle d’un « beau dialogue sans paroles ». D’autres partent sur le terrain : pour Black Panther, Ludwig Göransson s’est rendu au Sénégal et en Afrique du Sud pour rencontrer des musiciens et des instruments qui ont façonné sa partition.
C’est enfin une musique de maquette. Depuis que les logiciels le permettent, le réalisateur attend d’entendre la musique avant l’enregistrement : le compositeur lui présente des maquettes MIDI, les mockups, jouées par des instruments virtuels. Puis vient l’orchestration, souvent confiée à des orchestrateurs qui développent les esquisses du compositeur pour chaque instrument, même si certains, comme Morricone, orchestrent eux-mêmes. En home studio, la maquette est souvent le produit fini.
Sur scène, la musique de film pose un problème particulier : elle est conçue pour l’image et pour le studio, avec des dizaines de pistes, des orchestres entiers et des sons transformés. Les grands compositeurs y répondent par le ciné-concert, où un orchestre joue en direct sous la projection, ou par des tournées comme celle de Hans Zimmer. À plus petite échelle, un compositeur qui veut jouer ses thèmes en public peut s’appuyer sur un logiciel de scène. C’est ce que permet MainStage : on empile dans un même patch, le nom que MainStage donne à la configuration d’un morceau, plusieurs instruments répartis par plages de touches, des cordes dans le grave et un piano dans le médium, et on passe d’un morceau à l’autre sans couper le son. Pour ce genre, préparez un patch par scène ou par thème, et réglez avec soin le passage de l’un à l’autre pour ne pas couper net une queue de réverbération. Les mélodies et les nappes se jouent alors à la main, et les parties impossibles à jouer, l’orchestre complet ou les percussions, peuvent tourner à côté. Attention toutefois : MainStage ne dispose ni de Drummer, ni des Session Players, ni de Flex, ni de l’assistant de mastérisation, ni du séparateur de pistes. La préparation du spectacle, et toute synchronisation avec l’image, se font dans Logic Pro, et MainStage sert à le jouer.
La musique de film aujourd’hui
En 2026, la musique à l’image n’a jamais été aussi présente, ni aussi éclatée. Le cinéma reste sa vitrine : en mars 2026, Ludwig Göransson a reçu son troisième Oscar, pour Sinners de Ryan Coogler, après Black Panther et Oppenheimer, face à Alexandre Desplat, Jerskin Fendrix, Jonny Greenwood et Max Richter. Les séries occupent désormais une place égale. Ramin Djawadi, passé par l’atelier de Hans Zimmer, a écrit Game of Thrones ; Hildur Guðnadóttir a reçu un Emmy en 2019 pour Chernobyl ; Göransson a commencé par la télévision, dont The Mandalorian.
Le jeu vidéo est devenu un débouché majeur. Le 5 février 2023, Stephanie Economou a été la première lauréate du Grammy de la meilleure musique de jeu vidéo, pour Assassin’s Creed Valhalla : Dawn of Ragnarök. La bande-annonce, elle, est devenue un genre à part : fondée à Los Angeles en 2006, Two Steps from Hell a d’abord écrit des maquettes réservées à l’industrie de la publicité de cinéma, avant de publier en 2010 un premier album public, Invincible. Le cor massif d’Inception, que Zimmer comparait à « d’immenses cornes de brume au-dessus d’une ville », a été imité dans d’innombrables bandes-annonces.
La profession s’ouvre aussi, lentement. Le 5 janvier 2020, Hildur Guðnadóttir est devenue la première femme à remporter seule le Golden Globe de la meilleure musique, créé en 1947, puis, le 9 février, la première femme à recevoir l’Oscar de la catégorie depuis sa refonte en 2000. Sur scène, elle a lancé : « Aux jeunes filles, aux femmes, aux mères, aux filles qui entendent la musique bouillonner en elles : s’il vous plaît, faites-vous entendre. » Enfin, la musique de librairie a changé d’échelle : APM, la plus grande librairie américaine, revendique plus de 250 000 morceaux, écrits eux aussi par des compositeurs.
Faire de la musique de film en 2026 sans copier Hans Zimmer
- Partez de l’histoire, pas du son à la mode : demandez-vous ce que le personnage ressent, puis cherchez l’instrument qui le dit, comme le violoncelle de Joker ou le sifflement de Morricone.
- Écrivez un motif court et reconnaissable, et faites-le évoluer au fil des scènes plutôt que d’empiler les thèmes.
- Constituez une bande démo de scènes musicalisées, en remplaçant la musique d’extraits existants ou en collaborant avec des étudiants en cinéma, et vérifiez les droits sur les images avant de la diffuser.
Douze compositeurs pour commencer
Max SteinerVienne, King Kong, 1933
Bernard HerrmannCitizen Kane, Hitchcock
Ennio MorriconeRome, plus de 400 films
Georges DelerueRoubaix, Truffaut
Michel LegrandParis, trois Oscars
Maurice JarreLyon, David Lean
John WilliamsStar Wars, 1977
VangelisChariots de feu, Blade Runner
Hans ZimmerFrancfort, Remote Control
Alexandre DesplatParis, deux Oscars
Ludwig GöranssonTrois Oscars, dont Sinners
Hildur GuðnadóttirIslande, Joker, Chernobyl
Composer une musique de film en home studio
Cette partie suppose que vous savez créer un projet, ajouter une piste d’instrument logiciel et une piste audio, enregistrer une région et éditer des notes dans l’éditeur clavier de Logic Pro. Si ce n’est pas encore le cas, commencez par le cours Bien démarrer sur Logic Pro, puis revenez ici. Pour les accords, voyez le cours Bien démarrer au piano et en harmonie. Tout ce qui suit s’appuie sur les instruments et les effets fournis avec Logic Pro. Les noms de menus sont ceux du guide d’Apple en anglais.
Prenez les étapes dans l’ordre : en musique de film, on part de l’image et de ses contraintes avant d’écrire une note. Pour une première séance d’une heure, prenez une scène d’une minute, et arrêtez-vous à la fin de l’étape « Le tempo, fixe, libre ou plié sur l’image » : une vidéo bien calée, des marqueurs bien placés et un tempo qui tombe juste valent mieux qu’une maquette de cent pistes décalée d’une demi-seconde.
Préparer le projet et importer la vidéo
- Demandez au monteur une version légère de la vidéo, avec le timecode, le minutage heures, minutes, secondes et images, incrusté à l’image, et notez sa cadence en images par seconde.
- Ouvrez la vidéo avec File > Movie > Open Movie, ou le raccourci Option-Commande-O : elle s’affiche dans la fenêtre Movie et sous forme de vignettes sur la piste Movie, parmi les pistes globales.
- Réglez dans les réglages de projet, rubrique Synchronization, la même cadence d’images que la vidéo, 24 ou 25 images par seconde le plus souvent : avec une cadence fausse, vos timecodes ne correspondent plus à ceux du monteur.
- Importez la piste son du film, les dialogues et les bruitages, sur une piste audio à part : vous composerez en l’entendant, et vous la couperez à l’export.
Repérer les scènes et les hit points
- Choisissez Navigate > Other > Create Movie Scene Markers : Logic détecte les changements de plan et pose un marqueur sur chacun.
- Repérez ensuite à la main les hit points, les instants que la musique doit souligner, une porte qui claque, un regard, un coup de feu, et posez un marqueur sur chacun.
- Dans la liste des marqueurs, convertissez-les avec Options > Convert to Scene Marker : un marqueur de scène est verrouillé sur le timecode, signalé par une petite horloge, et ne bouge plus quand vous changez le tempo.
- Nommez chaque marqueur, par exemple « 1M2, porte » pour le deuxième morceau de la première bobine.
- Notez pour chaque cue son début, sa fin et ses hit points dans un tableau : c’est votre feuille de repérage.
Le tempo, fixe, libre ou plié sur l’image
- Cherchez d’abord un tempo fixe qui fait tomber le hit point principal sur un temps fort : à 120 BPM, un temps dure une demi-seconde et une mesure à quatre temps deux secondes, ce qui simplifie les calculs.
- Si un hit point tombe entre deux temps, créez dans la liste des tempos un changement de tempo sur la mesure visée, puis inscrivez son timecode dans la colonne de position SMPTE : Logic ajuste le tempo du passage précédent.
- Pour une scène en tempo libre, jouez sans métronome en regardant l’image, puis laissez Smart Tempo analyser votre jeu et construire une carte de tempo qui le suit.
- Verrouillez les régions qui doivent rester sur l’image, un impact ou un effet, avec Functions > Lock SMPTE Position : elles ne bougeront plus si vous modifiez le tempo.
- Pour le motif d’action de cette fiche, réglez le tempo sur 120 BPM en 4/4.
La maquette orchestrale
- Chargez Studio Strings sur une piste par pupitre, violons, altos, violoncelles, contrebasses, plutôt qu’un seul ensemble : vous pourrez écrire et mixer chaque voix séparément.
- Choisissez l’articulation, tenue, détachée, pizzicato, dans l’en-tête du plug-in, ou changez-la en jouant grâce aux notes de commutation, les keyswitches.
- Si vous jouez des accords à deux mains, activez Auto Voice Split : Logic répartit automatiquement les notes de l’accord entre les instruments.
- Dessinez les nuances avec un contrôleur continu plutôt qu’avec la seule vélocité : un crescendo de cordes est une courbe, pas une suite de notes plus fortes.
- Pour un éclat de cuivres, chargez Studio Horns, une collection de cuivres et de saxophones, seuls ou en section, avec des articulations tenues, détachées et des chutes ; il est pensé pour la soul et la pop plus que pour les cors d’orchestre.
- Pour les cors, les bois et les percussions d’orchestre, cherchez dans la bibliothèque de sons de Logic Pro les instruments orchestraux joués par Sampler, l’échantillonneur de Logic.
- Jouez la grille « Le mineur épique » aux cordes graves, en notes tenues, puis ajoutez les violons une octave au-dessus.
Les percussions d’action et l’ostinato
- Créez une piste Drum Machine Designer, puis remplacez les sons des pads par des taikos, une grosse caisse d’orchestre, une caisse claire et un shaker, pris dans la bibliothèque ou enregistrés par vous : glisser un fichier audio sur un pad suffit.
- Créez sur cette piste une région de motif, le type de région qu’édite le Step Sequencer, l’éditeur pas à pas de Logic Pro, et vérifiez qu’elle compte seize pas en doubles-croches.
- Allumez le gros taiko aux pas 1, 4, 7, 9, 12 et 15, la caisse claire aux pas 5 et 13, le taiko médium aux pas 8 et 16, et le shaker sur les seize pas.
- En mode Velocity/Value, donnez au gros taiko une vélocité maximale sur les pas 1 et 9, plus faible sur les autres, et au shaker une vélocité plus forte sur les temps, autour de 90, que sur les autres pas, autour de 55.
- Pour la variante, convertissez le motif en région MIDI et ajoutez, sur la quatrième mesure seulement, deux taikos médiums aux pas 14 et 15 et une caisse claire au pas 16.
- Pour l’ostinato de cordes, insérez le MIDI FX Arpeggiator sur une piste de Studio Strings en articulation détachée, réglé en doubles-croches, et tenez l’accord de la grille : l’arpégiateur le découpe en figure régulière.
Stingers, montées et impacts
- Pour un stinger, un accent bref qui ponctue un instant, superposez sur le hit point un accord de cuivres détaché, un coup de grosse caisse et une cymbale, puis verrouillez la région sur sa position SMPTE.
- Pour une montée, dessinez une automation de volume et de filtre sur une nappe d’Alchemy pendant les deux ou quatre mesures qui précèdent l’impact.
- Pour un son qui aspire vers l’impact, inversez une cymbale dans l’éditeur de fichier audio, avec la fonction Reverse, et placez sa fin sur le hit point.
Mixer sous les dialogues
- Écoutez toujours la musique avec la piste de dialogues du film.
- Pour que la musique s’efface quand un personnage parle, insérez un Compressor sur le bus musique et choisissez la piste de dialogues dans le menu Side Chain de l’en-tête du plug-in, avec une réduction de 2 à 4 dB. La fiche sidechain explique le principe.
- Pour la télévision en Europe, la norme de diffusion EBU R128 vise un volume intégré de moins 23 LUFS pour le programme complet ; mesurez-le avec Loudness Meter et suivez la fiche technique fournie par le producteur, qui fait foi.
- Gardez le pic réel sous la limite demandée, souvent moins 1 dBTP, le décibel true peak : dans Adaptive Limiter, cochez True Peak Detection et réglez Out Ceiling en conséquence. Les fiches mixage et mastering détaillent la marche à suivre.
- Ne mastérisez pas une musique de film comme un single : le mixeur du film doit garder des nuances pour la placer sous les dialogues.
Exporter les stems et livrer au monteur
- Regroupez vos pistes par famille, cordes, cuivres, percussions, synthétiseurs, effets, sur autant de bus ou de piles de pistes de sommation.
- Exportez chaque famille en fichier séparé, les stems, par un bounce de chaque bus, ou avec File > Export > All Tracks as Audio Files si chaque famille tient sur une piste.
- Faites commencer tous les stems d’un même cue exactement au même timecode : posés côte à côte dans le logiciel du monteur, ils doivent se superposer sans décalage.
- Exportez en 48 kHz et 24 bits, la norme de l’audiovisuel, sauf consigne contraire du producteur.
- Nommez chaque fichier avec le numéro du cue, son titre, sa version et la famille, par exemple « 1M2_Porte_v3_Cordes ».
- Joignez un mixage de référence et la liste des cues avec leurs timecodes.
Tout ce qui précède décrit la pratique actuelle. Les pionniers travaillaient au chronomètre, avec des repères visuels tracés sur la pellicule, les streamers et les punches. Max Steiner, lui, a été parmi les premiers à faire jouer l’orchestre avec une piste de clic au casque.
Ce qu’un praticien fait vraiment
L’ordre des étapes ci-dessus est pédagogique. En pratique, un compositeur de film part presque toujours de la scène et de la conversation avec le réalisateur : ce que le film doit faire ressentir, ce qu’il ne faut surtout pas dire. Hans Zimmer a écrit Inception à partir du scénario, Hildur Guðnadóttir Joker aussi : le thème vient du récit, la synchronisation vient après.
La deuxième habitude est de travailler par versions. Le réalisateur demande des changements, le montage bouge, et la musique doit suivre. Quand Spielberg a préféré le cue déjà enregistré par John Williams pour une scène d’E.T., c’est le film qui a été remonté sur la musique, et non l’inverse : c’est l’exception qui confirme la règle.
La troisième habitude est d’écouter la musique dans le film, au volume de la salle ou du téléviseur, avec les dialogues, et jamais seulement seule. Enfin, pour retrouver la discipline des pionniers, écrivez votre prochain cue pour un effectif réel, un quatuor à cordes par exemple, que vous pourriez faire jouer.
Les cinq erreurs du débutant
- Tout souligner : une musique qui imite chaque geste, le mickey-mousing systématique, fatigue vite en dehors du dessin animé et de la comédie.
- Couvrir les dialogues : une mélodie chargée dans le registre de la voix rend le film inaudible, et le mixeur la baissera jusqu’à la faire disparaître.
- Copier la musique temporaire : reprendre la mélodie ou l’enchaînement exact d’une musique existante expose le compositeur et le producteur à un procès.
- Négliger la cadence d’images et le timecode : un projet réglé sur une autre cadence que la vidéo affiche des timecodes qui ne correspondent plus à ceux du monteur, et ses hit points tombent à côté.
- Livrer un seul fichier stéréo : sans stems, sans liste des cues et sans timecodes, le monteur ne peut ni ajuster la musique ni déclarer correctement les œuvres.
Caler une vidéo, poser des marqueurs et esquisser un thème à l’image s’apprend en une soirée. Construire une partition entière, la maquetter, la mixer sous les dialogues et la livrer demande une méthode. C’est ce que nous transmettons à YouTips, à Grenoble et à distance.
- Organisme certifié Qualiopi, formation finançable
- Formateur Logic Pro depuis 20 ans, MainStage depuis sa sortie
- Progression du projet vide au morceau masterisé
- Petits groupes et suivi individuel
Où trouver des sons pour la musique de film ?
Dans Logic Pro
- Studio Strings pour les cordes, seules ou en section, avec leurs articulations, et Studio Horns pour les cuivres et les saxophones.
- Les instruments orchestraux de la bibliothèque, joués par Sampler, pour les bois, les cors et les percussions d’orchestre.
- Studio Piano, apparu avec Logic Pro 11, pour le piano, instrument de base de l’écriture à l’image.
- Alchemy, ES2 et Sample Alchemy pour les nappes, les textures et les sons transformés de la musique hybride.
- Drum Machine Designer et Quick Sampler pour les percussions d’action et les impacts.
- Space Designer, ChromaVerb, Stereo Delay et Tape Delay pour placer l’orchestre dans un espace.
Boucles et banques
- Splice : abonnement à la boucle, dont des percussions cinématiques et des effets, sous une licence dite libre de droits, sans redevance par utilisation.
- Loopmasters : banques vendues à l’unité, sous licence sans redevance par utilisation, à lire avant tout usage commercial.
- Freesound : bruitages et enregistrements de terrain versés par une communauté, sous licences Creative Commons variées, à lire fichier par fichier avant tout usage commercial.
Instruments virtuels
- Spitfire Audio : sa série LABS, gratuite, riche en cordes, pianos et textures, et des orchestres complets pour les maquettes professionnelles.
- Spectrasonics : Omnisphere, une référence des nappes et des textures de la musique hybride.
Espace et caractère
- Valhalla DSP : réverbérations et échos très longs à prix modeste, dont un modèle gratuit, Supermassive, apprécié pour les textures.
- ChromaGlow, présent dans Logic Pro 11 sur les Mac à puce Apple, pour une saturation douce des percussions et des synthétiseurs. La fiche ChromaGlow le présente.
Pour choisir votre matériel d’écoute et vos périphériques avant d’investir dans les logiciels, le cours Équipez votre home studio passe en revue les priorités dans l’ordre.
Lexique de la musique de film
- CueUn morceau de la partition, calé pour commencer et finir à des instants précis du film, numéroté dans l’ordre, par exemple 1M2.
- Spotting« Repérage » : la séance où compositeur et réalisateur décident où la musique entre, où elle sort et ce qu’elle doit dire.
- Temp track« Musique temporaire » : des musiques existantes posées provisoirement sur le montage, avant l’arrivée de la partition originale.
- Hit pointUn instant précis de l’image que la musique doit souligner, un geste, un choc, un changement de plan.
- LeitmotivThème musical associé à un personnage, un lieu ou une idée, qui revient et se transforme au fil du film ; le principe vient de l’opéra de Wagner.
- Mickey-mousingMusique qui imite exactement l’action à l’écran, chaque pas ou chaque chute, d’après les dessins animés de Disney.
- Musique diégétiqueMusique qui appartient au monde du film, que les personnages entendent ; son contraire, la musique extradiégétique, ou de fosse, n’est entendue que du spectateur.
- StingerAccent musical très bref, un accord ou un impact, qui ponctue un instant, une révélation ou une chute.
- OstinatoCourte figure mélodique ou rythmique répétée obstinément, base des musiques d’action et de suspense.
- Feuille de montageLe relevé, déclaré à la Sacem, de toutes les musiques d’un film avec leurs durées et leurs timecodes ; on dit cue sheet en anglais.
Six morceaux clés, tempo et ce qu’il faut écouter
| Morceau | Tempo | Production | Ce qu’il enseigne |
|---|---|---|---|
| « The Murder »Bernard Herrmann, 1960 | Libre | Orchestre à cordes seul | Des coups d’archet aigus et répétés, sans mélodie : une formation réduite et un motif tranchant suffisent à rendre une scène insoutenable. |
| « The Ecstasy of Gold »Ennio Morricone, 1966 | Pulsé, croissant | Direction Bruno Nicolai | Un seul long crescendo et une voix sans paroles, celle d’Edda Dell’Orso : la musique porte toute la tension d’une course. |
| « Main Title »John Williams, 1975 | Variable | John Williams | Deux notes, mi et fa, en alternance dans le grave : un motif minimal dont le tempo suit l’approche du requin. |
| « Main Title »John Williams, 1977 | Majestueux | London Symphony Orchestra | Une fanfare de cuivres et un grand orchestre à l’ancienne, dans l’esprit de Korngold : le retour de la partition symphonique. |
| « Titles »Vangelis, 1981 | Modéré | Vangelis, studio Nemo | Un homme seul, ses synthétiseurs et un piano : un thème simple, porté par un son, numéro un des ventes de singles aux États-Unis. |
| « Bathroom Dance »Hildur Guðnadóttir, 2019 | Lent | Hildur Guðnadóttir | Un violoncelle écrit d’après le scénario, avant la fin du tournage : l’acteur a dansé sur la musique, et la scène est née d’elle. |
Aucune mesure de tempo publiée et fiable n’a été trouvée pour ces six titres : les indications sont des repères d’écoute, à vérifier vous-même en tapant la pulsation sur trente secondes, puis en multipliant par deux. En musique de film, le tempo change souvent au cours d’un même morceau pour suivre l’image. Pas de tonalité indiquée (les détections automatiques ne sont pas fiables). Ces six titres ont été choisis pour leur valeur pédagogique, et non pour représenter toutes les époques du genre.
Contrats, droits et musique libre de droits
En France, le compositeur d’une musique écrite pour un film n’est pas un simple prestataire : le Code de la propriété intellectuelle, à son article L113-7, le présume coauteur de l’œuvre audiovisuelle, au même titre que le scénariste et le réalisateur, puisqu’il est « l’auteur des compositions musicales avec ou sans paroles spécialement réalisées pour l’œuvre ». Le film est une œuvre de collaboration, dont l’exploitation suppose l’accord de tous ses coauteurs. Surtout, l’article L132-24 présume que les auteurs d’un film cèdent au producteur leurs droits d’exploitation, mais il exclut expressément l’auteur de la composition musicale : pour la musique, tout ce qui est cédé doit être écrit dans le contrat de commande que signe le compositeur avec le producteur. Le Syndicat national des auteurs et des compositeurs, le SNAC, et l’Union des compositeurs de musiques de films, l’UCMF, ont publié des recommandations que tout compositeur devrait lire avant de signer.
Ces recommandations distinguent d’abord les rémunérations. L’écriture est payée en droits d’auteur, par une prime de commande négociée de gré à gré selon la notoriété, la durée, la difficulté et l’usage dans le film, et qui ne doit pas être récupérable sur les droits de diffusion. La réalisation de l’enregistrement, la direction d’orchestre et l’interprétation sont payées en salaires. Les maquettes demandées par le producteur doivent elles aussi être payées ; le texte évoque un minimum d’environ 150 euros la minute, et précise que sans rémunération, le compositeur reste propriétaire du master de ses maquettes. Le contrat doit enfin réserver au compositeur ses droits de diffusion, prévoir comment il récupère les musiques non retenues, et respecter son droit moral, inaliénable, y compris la place de son nom au générique.
Une fois le film terminé, ses musiques sont déclarées à la Sacem. Le dossier comprend une fiche technique du film, un bulletin de déclaration regroupant toute la musique originale, les partitions ou les enregistrements, et surtout la feuille de montage, l’équivalent français de la cue sheet : elle liste toutes les œuvres du film, originales ou additionnelles, avec la durée de chacune et ses timecodes de début et de fin. C’est sur cette base que les droits de diffusion sont ensuite répartis entre les ayants droit. Les musiciens qui jouent la partition ont, eux, des droits voisins, gérés notamment par l’Adami pour les solistes et le chef d’orchestre cités au générique, et par la Spedidam pour les musiciens d’accompagnement, qui doivent signer la feuille de présence en studio.
Placer une musique existante dans un film, ce qu’on appelle la synchronisation, est une tout autre opération. Elle exige deux autorisations distinctes, celle de l’éditeur pour l’œuvre et celle du producteur pour l’enregistrement, aucune des deux n’étant délivrée par la Sacem.
Musique libre de droits, musique de librairie et domaine public
- « Libre de droits » ne veut presque jamais dire libre de tout droit. L’expression désigne en général une licence sans redevance par utilisation : vous payez une fois, ou par abonnement, puis vous utilisez la musique dans les limites de la licence. Lisez toujours ce qu’elle autorise, sur quels supports, pour quelle durée et dans quels pays.
- La musique de librairie, ou musique d’illustration, existe depuis la création de la première librairie, De Wolfe Music, en 1927. Beaucoup de ces catalogues sont gérés comme des œuvres ordinaires : leur diffusion à la télévision génère des droits d’auteur, et ces musiques figurent sur la feuille de montage comme musiques additionnelles.
- En règle générale, une œuvre n’entre dans le domaine public qu’après l’année de la mort de son auteur et les soixante-dix années qui suivent, selon l’article L123-1 du Code de la propriété intellectuelle.
- Une œuvre du domaine public n’est pas un enregistrement libre. Une symphonie de Beethoven appartient à tous, mais l’enregistrement qu’en a fait un orchestre est protégé par les droits voisins de son producteur et de ses interprètes pendant des décennies : pour l’utiliser, il faut soit leur accord, soit la faire rejouer.
- Les licences Creative Commons sont gratuites mais pas sans conditions : la mention NC interdit l’usage commercial, et un film vendu ou monétisé relève en principe de l’usage commercial ; la mention ND interdit les adaptations, et les licences Creative Commons 4.0 précisent que synchroniser une musique avec une image animée produit toujours une adaptation : une musique sous licence ND ne peut donc pas illustrer un film.
- Les sons d’usine de Logic Pro, boucles, échantillons et jeux de sons, peuvent selon Apple être utilisés sans redevance dans vos propres œuvres, mais pas distribués seuls ni reconditionnés en banques.
- Le producteur peut vous demander de garantir que votre musique est originale. Les recommandations du SNAC signalent deux risques particuliers : les demandes « à la manière de », souvent nées d’une musique temporaire, et l’échantillonnage d’enregistrements existants.
- Sur ce dernier point, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé, dans l’arrêt Pelham du 29 juillet 2019, que même un fragment très court reproduit un enregistrement, sauf s’il est modifié au point d’être méconnaissable à l’écoute. Rejouer soi-même la mélodie, ce qu’on appelle une interpolation, demande toujours l’accord des titulaires des droits sur l’œuvre.
- Le style lui-même n’est pas protégé : personne ne possède un ostinato de cordes, un gros tambour ou un accord de médiante chromatique. Ce qui est protégé, c’est une mélodie, un texte ou un enregistrement précis.
- Même pour le court métrage d’un ami, signez un accord écrit d’une page : qui détient quoi, pour quels usages.
Une fois ces questions réglées, reste à montrer votre travail : pour un compositeur à l’image, une bande démo de scènes musicalisées vaut mieux qu’un long discours, et notre formation Final Cut Pro, EPK et site web pour musiciens vous apprend à monter vos vidéos, à construire votre EPK et à publier votre site d’artiste.
Une playlist pour écouter la musique de film
Pour passer de la lecture à l’écoute, YouTips a tiré de cette fiche une playlist Apple Music : 30 titres dans l’ordre chronologique, un par artiste, choisis dans la liste des 100 artistes ci-dessous. Le bouton « Écouter ici » ouvre le lecteur sans quitter la page.
- Musique de film, la découverte30 titres · 1 h 38
De Max Steiner (1933) à Ludwig Göransson (2023) : quatre-vingt-dix ans de musique de film, de l’orchestre hollywoodien aux partitions hybrides.
Sans abonnement Apple Music, le lecteur fait entendre des extraits de 30 secondes. Du gospel à la techno, toutes les playlists tirées du glossaire sont sur la page Playlists YouTips.
Les 100 compositeurs qui ont fait la musique de film
Du muet aux premiers parlants
- Camille Saint-Saëns
- Erik Satie
- Darius Milhaud
- Arthur Honegger
- Charlie Chaplin
- Maurice Jaubert
- Georges Auric
- Joseph Kosma
- Sergueï Prokofiev
- Dmitri Chostakovitch
L’âge d’or hollywoodien et ses héritiers
- Max Steiner
- Erich Wolfgang Korngold
- Alfred Newman
- Franz Waxman
- Dimitri Tiomkin
- Miklós Rózsa
- Bernard Herrmann
- Alex North
- Elmer Bernstein
- Leonard Bernstein
- Duke Ellington
- Henry Mancini
- Lalo Schifrin
- Jerry Goldsmith
- John Barry
Le cinéma français
- Georges Delerue
- Michel Legrand
- Maurice Jarre
- Francis Lai
- Michel Magne
- Antoine Duhamel
- François de Roubaix
- Vladimir Cosma
- Philippe Sarde
- Gabriel Yared
- Éric Serra
- Bruno Coulais
- Yann Tiersen
- Alexandre Desplat
- Ludovic Bource
Italie, Europe et Asie
- Ennio Morricone
- Nino Rota
- Piero Piccioni
- Riz Ortolani
- Luis Bacalov
- Goblin
- Nicola Piovani
- Mikis Theodorakis
- Manos Hadjidakis
- Eleni Karaindrou
- Krzysztof Komeda
- Wojciech Kilar
- Zbigniew Preisner
- Ryuichi Sakamoto
- Joe Hisaishi
- A. R. Rahman
Le retour du symphonique et les grands studios
- John Williams
- James Horner
- Danny Elfman
- Alan Silvestri
- Basil Poledouris
- Michael Kamen
- Howard Shore
- James Newton Howard
- Thomas Newman
- Rachel Portman
- Carter Burwell
- Alan Menken
- Michael Giacchino
- John Powell
- Harry Gregson-Williams
- Justin Hurwitz
Synthétiseurs, hybrides et nouvelles écritures
- Wendy Carlos
- Tangerine Dream
- Giorgio Moroder
- John Carpenter
- Vangelis
- Philip Glass
- Hans Zimmer
- Lisa Gerrard
- Clint Mansell
- Trent Reznor & Atticus Ross
- Jóhann Jóhannsson
- Max Richter
- Jonny Greenwood
- Mica Levi
- Hildur Guðnadóttir
- Ludwig Göransson
- Nicholas Britell
- Tom Holkenborg
Séries, jeux vidéo et bandes-annonces
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la musique de film ?
C’est la musique originale écrite pour accompagner les images d’un film, et par extension d’une série, d’un documentaire ou d’un jeu vidéo. Elle se découpe en morceaux, les cues, calés sur des instants précis du montage, et sert le récit : installer un lieu, annoncer un danger, exprimer ce qu’un personnage ressent. Elle peut employer n’importe quel style, de l’orchestre symphonique aux synthétiseurs.
Comment composer une musique de film dans Logic Pro ?
Ouvrez la vidéo avec File > Movie > Open Movie, réglez la même cadence d’images que le film, puis posez des marqueurs sur les changements de plan avec Create Movie Scene Markers. Choisissez un tempo qui fait tomber les moments forts sur les temps, ou ajustez-le dans la liste des tempos pour qu’une mesure tombe sur un timecode précis. Maquettez avec Studio Strings, Studio Horns et Sampler, mixez avec la piste de dialogues, puis exportez des stems par famille d’instruments. La partie « Composer une musique de film en home studio » détaille chaque étape.
Comment devenir compositeur de musique de film ?
Il n’existe pas de diplôme obligatoire. Il faut savoir écrire pour des instruments, maîtriser un logiciel comme Logic Pro pour les maquettes et la synchronisation, et surtout se constituer une bande démo de scènes musicalisées. Les premiers projets viennent souvent des courts métrages, du documentaire ou du jeu vidéo indépendant. Avant de signer, lisez les recommandations des syndicats de compositeurs et déclarez vos œuvres à la Sacem si vous y adhérez.
Peut-on utiliser une musique libre de droits dans un film ?
Oui, dans les limites de sa licence. « Libre de droits » signifie le plus souvent qu’on ne paie pas de redevance à chaque utilisation, pas que la musique n’a pas d’auteur. Vérifiez que la licence couvre l’usage commercial, la diffusion prévue et le montage de la musique. Une œuvre du domaine public peut être rejouée librement, mais l’enregistrement d’un orchestre reste protégé.
Quelle est la musique de film la plus célèbre ?
Aucun classement ne fait autorité, mais un vote est souvent cité : en 2005, l’American Film Institute a désigné la partition de John Williams pour Star Wars, en 1977, comme la plus mémorable de l’histoire du cinéma américain, et le thème des Dents de la mer s’y classait sixième. En France, les thèmes de Michel Legrand, de Vladimir Cosma ou d’Ennio Morricone font partie de la mémoire commune.
Sources
- « Film score », « Mickey Mousing », « Max Steiner », « Erich Wolfgang Korngold », « Bernard Herrmann », « Ennio Morricone », « Georges Delerue », « Maurice Jarre », « Hans Zimmer » et « Remote Control Productions (American company) », Wikipédia en anglais, consultés en octobre 2026.
- Articles de Wikipédia en anglais consacrés aux albums et aux thèmes cités, notamment « The Good, the Bad and the Ugly (soundtrack) », « The Good, the Bad and the Ugly (theme) », « Star Wars (soundtrack) », « Jaws (soundtrack) », « Chariots of Fire (album) » et « Two Steps from Hell », consultés en octobre 2026.
- Encyclopédie de la musique Larousse, article « musique de film ».
- Presse et biographies : Seattle Times (Jerry Goldsmith, 2004), Voice of America (Michel Legrand, 2019), Prague Proms (Vladimir Cosma), Classic FM (Ludwig Göransson), IANS (Oscars 2026), Motion Picture Association (Hildur Guðnadóttir, 2019), WION (2020), CNBC (9 février 2020), /Film (Kings Row), Louder (« The Ecstasy of Gold »), Guinness World Records (Grammy du jeu vidéo).
- SNAC et UCMF, « Recommandations à usage des compositeurs de musiques de films » ; Sacem, « Comment déposer des musiques de films » ; CNC, « L’auteur dans le code de la propriété intellectuelle » ; articles L113-7, L123-1 et L132-24 du Code de la propriété intellectuelle ; Cour de justice de l’Union européenne, arrêt Pelham, C-476/17, 29 juillet 2019.
- Creative Commons, licences 4.0, définition de « Adapted Material » ; Apple, Logic Pro : Guide de l’utilisateur, pages « Add a movie to your project », « Use movie scene markers », « Work with absolute timecode », « Studio Strings » et « Studio Horns », et « Use the royalty-free content included with Logic Pro for Mac and MainStage in commercial works », consultés en 2026.
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons, fondateur de YouTips, centre de formation certifié Qualiopi à Grenoble, formateur Logic Pro depuis 20 ans et MainStage depuis sa sortie. Qui sommes-nous ?
