Terme du glossaire
beyerdynamic M 420
Le beyerdynamic M 420 est un micro dynamique hypercardioïde, c’est-à-dire très directif vers l’avant, long d’à peine 10 cm. beyerdynamic l’a conçu pour une tâche précise : les toms suspendus et les caisses claires à fût profond de la batterie. Son grave est volontairement atténué sous 300 Hz, pour laisser de côté la grosse caisse et le tom basse voisins. Il n’est plus fabriqué, mais on le trouve d’occasion.
- TypeDynamique
- DirectivitéHypercardioïde
- AlimentationAucune
- Sensibilité1,2 mV/Pa
- Usage roiToms et caisse claire
Le M 420 en bref
- Ce que c’est : un petit micro dynamique hypercardioïde de 24 mm de diamètre, au boîtier en laiton, pensé pour se glisser entre les fûts d’une batterie.
- Son : un grave coupé sous 300 Hz, un bas médium qui se remplit de près, un médium neutre et une présence modérée d’environ +2,4 dB vers 5 kHz.
- Atout : une excellente séparation : sa directivité et sa coupure du grave limitent la grosse caisse et le tom basse dans chaque piste de tom.
- Contrainte : un micro spécialisé, à éviter sur la grosse caisse et le tom basse, plus fabriqué, avec un aigu qui s’arrête vers 12 kHz.
- Pour qui : batteurs, ingénieurs du son en live et en studio, home-studistes qui microphonent chaque fût.
La courbe de réponse du M 420
Une courbe de réponse montre comment un micro restitue chaque fréquence, du grave à gauche à l’aigu à droite, par rapport à un niveau de référence noté 0 dB. Une ligne plate signifie un son fidèle, une bosse une zone mise en avant, un creux une zone en retrait.

Ce que dit la courbe
- Grave (mesure de référence) : la mesure commence vers 100 Hz, à environ −13 dB. La courbe remonte en pente raide : −10,5 dB à 120 Hz, −7,5 dB à 150 Hz, −4 dB à 200 Hz, −2 dB à 250 Hz et −1 dB à 300 Hz. C’est la coupure voulue par beyerdynamic pour rejeter la grosse caisse et le tom basse.
- Effet de proximité : en se rapprochant, le grave revient sans devenir envahissant : à 10 cm, −5 dB à 100 Hz et une bosse d’environ +2,6 dB vers 300 Hz ; à 2 cm, −1 dB à 100 Hz et un sommet d’environ +4,2 dB vers 265 Hz. Entre la mesure de référence et 2 cm, l’écart atteint environ 12 dB à 100 Hz et 7,5 dB à 200 Hz.
- Bas médium et médium : la courbe à 10 cm rejoint la mesure de référence vers 550 Hz, celle à 2 cm vers 750 Hz. De 400 Hz à 1,4 kHz, la réponse reste plate, entre −0,3 et −0,4 dB : la courbe est tracée juste sous la ligne du 0 dB (environ −0,4 dB à 1 kHz), et les valeurs ci-dessus et ci-dessous se lisent directement sur la grille.
- Présence : une première bosse d’environ +1 dB vers 2,1 kHz, un léger creux à −0,2 dB vers 2,8 kHz, puis une montée : +1 dB à 3,5 kHz, +1,6 dB à 4 kHz et un sommet d’environ +2,4 dB vers 5 kHz, encore +2 dB à 6 kHz. L’attaque de la baguette ressort sans dureté.
- Aigus : la courbe redescend à +0,5 dB vers 8 kHz, remonte à environ +1,4 dB vers 10 kHz, puis la mesure s’arrête vers 11 kHz, à environ +0,5 dB. C’est cohérent avec les 12 kHz annoncés : pas d’aigu étendu, mais un claquant bien présent.
Caractéristiques techniques
| Type de micro | Dynamique (bobine mobile), petite membrane, prise par le bout |
|---|---|
| Directivité | Hypercardioïde ; atténuation maximale de plus de 20 dB vers 135° de l’axe selon les documents d’origine recensés par Radiomuseum |
| Réponse en fréquence | 100 Hz à 12 kHz |
| Sensibilité à 1 kHz | 1,2 mV/Pa (environ −58 dBV) |
| Impédance | Basse impédance : 200 Ω selon Radiomuseum, 500 Ω selon RecordingHacks |
| Alimentation | Aucune, pas d’alimentation fantôme |
| Construction | Boîtier en laiton massif, conçu pour encaisser les chocs d’une batterie selon le fabricant |
| Connecteur | XLR 3 broches mâle ; dans l’ancienne nomenclature beyerdynamic, le suffixe (C) de la désignation M 420 N (C) indiquait la prise XLR |
| Dimensions | 96 à 98 mm de long selon les sources, 24 mm de diamètre |
| Poids | 148 g |
| Historique | Daté d’environ 1990 par Radiomuseum, sans certitude ; plus fabriqué. Son cousin, le M 422, est un micro de batterie supercardioïde encore plus petit |
Le son du M 420
Le M 420 a un son taillé pour les toms. Loin de la source, son grave est fortement coupé : −4 dB à 200 Hz, −13 dB à 100 Hz. C’est voulu : beyerdynamic a ajusté cette atténuation du grave pour que la grosse caisse et le tom basse voisins entrent le moins possible dans le micro d’un tom suspendu ou d’une caisse claire.
Placé tout près du fût, il retrouve du corps grâce à l’effet de proximité : à 2 cm, le bas médium gagne environ +4 dB vers 265 Hz, tandis que la courbe reste sous le 0 dB à 100 Hz. Au-dessus, le médium est neutre, la présence modérée (+2,4 dB vers 5 kHz) et la réponse s’arrête vers 12 kHz : une attaque nette, sans brillance superflue. Le fabricant met aussi en avant sa petite membrane, aux transitoires très rapides, qui saisit l’attaque du coup de baguette.
Sa directivité hypercardioïde complète ce travail de séparation : il capte surtout ce qui se trouve devant lui. Avec 1,2 mV/Pa, il sort autant de signal que le M 201 TG et environ 2,5 dB de moins qu’un Shure SM57 : sur un tom frappé, un préampli ordinaire suffit. La comparaison avec le M 201 TG montre bien sa spécialisation : sur leurs courbes de référence, le M 201 TG ne perd qu’environ 1,5 dB à 100 Hz, le M 420 environ 13 dB.
À quoi sert le M 420
beyerdynamic l’a conçu pour un seul poste, la batterie, et plus précisément les toms suspendus et les caisses claires profondes : un spécialiste, à choisir pour la séparation plutôt que pour la polyvalence.
Les sources qu’il capte le mieux
- Toms suspendus : son usage premier selon le fabricant : de près, l’effet de proximité donne du corps au fût, et la coupure du grave évite que la grosse caisse ne s’y invite.
- Caisse claire à fût profond : citée par le fabricant : le grave coupé évite un son trop lourd, et la présence vers 5 kHz garde le claquant de la frappe.
- Caisse claire classique : sa tête de 24 mm se glisse entre la charleston et le premier tom, au-dessus du cercle.
- Kit très microphoné : sur une batterie à nombreux toms, sa directivité et sa coupure du grave améliorent la séparation entre les pistes, comme l’annonce le fabricant.
- Percussions à peau : congas, bongos, timbales latines : d’après sa courbe, il convient aux peaux médium et aiguës, captées de près.
- Ampli guitare : possible en dépannage : il allège le grave et garde le médium, mais son aigu s’arrête vers 12 kHz.
- Charleston et cymbales : peu adapté : sa réponse s’arrête vers 12 kHz ; un micro statique captera mieux le brillant des cymbales.
- Tom basse : à éviter : il est justement conçu pour en rejeter le grave. Préférez un micro au grave étendu, comme le M 88 TG ou le Sennheiser MD 421-II.
- Grosse caisse : à éviter pour la même raison : sur sa courbe de référence, il perd déjà 13 dB à 100 Hz, et la mesure ne descend pas plus bas.
- Voix : pas son domaine : privée de grave à distance, une voix y sonne mince ; un micro de chant comme le M 88 TG convient mieux.
Les styles de musique
- Rock : toms suspendus captés de près, bien séparés de la grosse caisse.
- Hard rock : batteries frappées fort, aux toms nombreux et puissants.
- Metal : kits très chargés, où chaque tom doit rester distinct malgré la double pédale.
- Rock progressif : batteries à nombreux toms, où la séparation entre les pistes compte.
- Funk : caisse claire sèche et claquante, sans grave superflu.
- Punk : prises de batterie rapides, avec un micro robuste qui encaisse les coups.
En studio, sur scène, à la radio
- Scène : sur un kit sonorisé fût par fût, sa directivité et sa coupure du grave limitent la repisse (le son des fûts voisins et des retours qui entre dans le micro).
- Studio professionnel : en micro de tom quand la séparation prime, complété par des overheads pour le brillant des cymbales.
- Home studio : une solution d’occasion pour microphoner les toms sans alimentation fantôme ; prévoyez un autre micro pour la grosse caisse et le tom basse.
- Répétition et petites salles : compact et robuste, il se loge facilement près des fûts sans gêner le batteur.
Bien utiliser le M 420
- Placez la tête à 2 à 5 cm au-dessus de la peau, près du cercle, orientée vers le centre du fût.
- Dosez le corps du tom par la distance : de 10 cm à 2 cm, il gagne encore environ 1,5 dB vers 270 Hz et 4 dB à 100 Hz.
- Tournez le micro pour que la grosse caisse et les cymbales arrivent de biais derrière lui, vers 135° de l’axe, là où ses documents d’origine situent son atténuation maximale.
- Sur une caisse claire, glissez-le entre la charleston et le premier tom, la tête pointée vers le centre de la peau.
- Fixez-le avec une pince adaptée à un corps de 24 mm de diamètre, sur un pied court ou une pince de cercle.
- Gardez la grille hors de la trajectoire des baguettes.
- Écoutez avant d’ajouter un coupe-bas à la console : le micro atténue déjà le grave lui-même.
- Confiez la grosse caisse et le tom basse à d’autres micros, au grave étendu.
- Branchez-le sur une entrée micro ordinaire, sans alimentation fantôme : sur un tom frappé, 1,2 mV/Pa suffit.
- Avant d’acheter d’occasion, vérifiez que la grille n’est pas enfoncée et que la prise XLR tient bien.
Le M 420 face aux autres micros
| Micro | Type | Sensibilité | Pour quoi faire |
|---|---|---|---|
| beyerdynamic M 420 | Dynamique hypercardioïde, grave atténué | 1,2 mV/Pa | Toms suspendus, caisse claire profonde |
| beyerdynamic M 201 TG | Dynamique hypercardioïde | 1,2 mV/Pa | Caisse claire, guitare acoustique, parole |
| Audix D2 | Dynamique hypercardioïde | 1,2 mV/Pa | Toms suspendus, congas, amplis, cuivres |
| Sennheiser e 604 | Dynamique cardioïde | 1,8 mV/Pa | Toms, caisse claire, percussions |
| Shure SM57 | Dynamique cardioïde | 1,6 mV/Pa | Caisse claire, ampli guitare |
Tous les micros du glossaire
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Micros à ruban (9)
Aller plus loin
- Micro dynamique : le principe de la bobine mobile, et pourquoi il encaisse les niveaux forts.
- Directivité : cardioïde, omnidirectionnel, figure en 8 : lire un diagramme polaire.
- Effet de proximité : pourquoi les graves gonflent quand on se rapproche du micro.
- Alimentation fantôme : le 48 V : quels micros en ont besoin, et comment s’en servir sans risque.
- Prise de son : les bases pour placer un micro et enregistrer proprement.
- Adaptation d’impédance : pourquoi un micro et un préampli doivent s’accorder.
- Explorer l’Univers YouTips : le beyerdynamic M 420 y est relié aux autres micros et aux styles où il sert, en carte interactive.
Questions fréquentes
Le M 420 a-t-il besoin de l’alimentation fantôme ?
Non. C’est un micro dynamique : il produit son signal tout seul. L’alimentation fantôme ne lui sert à rien, et elle ne le gêne pas sur une entrée XLR symétrique en bon état.
Peut-on utiliser le M 420 sur la grosse caisse ou le tom basse ?
Ce n’est pas son rôle : il a justement été conçu pour rejeter ces deux fûts. Sur sa courbe de référence, il perd environ 13 dB à 100 Hz, et même à 2 cm il reste sous le 0 dB à cette fréquence. Pour la grosse caisse ou le tom basse, choisissez un micro au grave étendu, comme le M 88 TG, le Shure Beta 52A ou le Sennheiser MD 421-II.
M 420 ou M 201 TG ?
Les deux sont des dynamiques hypercardioïdes de 24 mm de diamètre, avec la même sensibilité de 1,2 mV/Pa. Le M 201 TG, toujours fabriqué sous le nom de M 201, couvre de 40 Hz à 18 kHz et passe de la caisse claire à la guitare acoustique et à la voix. Le M 420, plus court (environ 10 cm contre 15 à 16 cm) et plus léger (148 g contre 220 g environ), coupe volontairement le grave et s’arrête vers 12 kHz : c’est un spécialiste des toms.
Le M 420 convient-il à un home studio ?
Oui, si vous enregistrez une batterie avec un micro par fût : sans alimentation fantôme, il isole bien chaque tom. Comme il n’est plus fabriqué, il s’achète d’occasion ; vérifiez l’état de la grille et de la prise. Pour un seul micro à tout faire, un modèle plus polyvalent comme le M 201 TG ou le Shure SM57 rendra plus de services.
Quelle différence entre M 420, M 420 N (C) et M 422 ?
M 420 N (C) désigne le même micro, avec les mêmes caractéristiques : dans l’ancienne nomenclature beyerdynamic, le suffixe (C) indiquait une prise XLR. Le M 422 est un autre micro de batterie de la marque, supercardioïde, plus petit (80 mm et 70 g selon RecordingHacks) et à boîtier en aluminium.
Sources
- RecordingHacks, beyerdynamic M 420 : texte de présentation du fabricant (toms suspendus et caisses claires profondes, petite membrane aux transitoires rapides, directivité hypercardioïde, atténuation du grave contre la grosse caisse et le tom basse, boîtier en laiton massif), réponse de 100 Hz à 12 kHz, sensibilité de 1,2 mV/Pa, impédance de 500 Ω, longueur de 98 mm, diamètre de 24 mm, poids de 148 g, production arrêtée.
- Radiomuseum, beyerdynamic M 420 N (C) : datation incertaine vers 1990, d’après des documents techniques d’origine : réponse de 100 Hz à 12 kHz, sensibilité de 1,2 mV/Pa, impédance de 200 Ω, atténuation maximale de plus de 20 dB à 135°, 96 × 24 mm, 148 g, prise XLR, aucune alimentation.
- Radiomuseum, beyerdynamic M 260 N : signification des suffixes de prise dans la nomenclature beyerdynamic, dont (C) pour la prise XLR.
- RecordingHacks, beyerdynamic M 422 : M 422 supercardioïde, 80 mm, 70 g, boîtier en aluminium, micro de batterie, production arrêtée.
- beyerdynamic, caractéristiques de la série M (PDF, 2023) : gamme M actuelle (M 88, M 201, M 130, M 160, MC 930, MC 950, MM 1), dont le M 420 ne fait plus partie.
- beyerdynamic, fiche technique du M 201 (PDF) : directivité hypercardioïde, sensibilité de 1,2 mV/Pa, longueur de 147 mm et poids de 228 g du M 201 actuel.
- beyerdynamic, ancienne fiche technique du M 201 TG (PDF, Canford) : longueur de 160 mm et poids de 220 g du M 201 TG.
- Audix, fiche technique du D2 (PDF, version 3.0, octobre 2015) : directivité hypercardioïde et sensibilité de 1,2 mV/Pa du D2.
- Sennheiser, page produit du e 604 : directivité cardioïde et sensibilité de 1,8 mV/Pa du e 604.
- Shure, guide d’utilisation du SM57 (PDF) : directivité cardioïde et sensibilité de 1,6 mV/Pa du SM57.
- Courbe de réponse : Vincent Travaglini, Pulsar Audio.
Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons.