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Blue Dragonfly

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Blue Dragonfly (photo)
Photo : Shunichi kouroki, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Le Blue Dragonfly est un micro statique à grand diaphragme, uniquement cardioïde, sorti à la fin des années 1990 chez Blue (Baltic Latvian Universal Electronics), la marque fondée en Lettonie en 1995. Sa signature est sa tête sphérique : la capsule y pivote de près de 180° de chaque côté, ce qui permet de l’orienter vers la source et de régler le timbre sans toucher au pied. Très silencieux, sans commutateur, il a la réputation d’un micro coloré, flatteur sur certaines voix et sur les amplis guitare. Blue a été racheté par Logitech en 2018, la marque a disparu en 2023, et le Dragonfly ne se trouve plus que d’occasion.

  • TypeStatique, grand diaphragme
  • DirectivitéCardioïde
  • AlimentationFantôme 48 V
  • Bruit propre7 à 8 dB-A
  • Usage roiVoix et instruments de près

Le Dragonfly en bref

  • Ce que c’est : un micro statique cardioïde à grand diaphragme, à électronique sans transformateur, dont la capsule pivote dans une tête sphérique.
  • Son : un médium parfaitement droit sur sa courbe, puis une présence d’environ +5 dB vers 6 kHz et une seconde bosse vers 11 kHz.
  • Atout : la tête orientable règle le timbre à quelques degrés près, et son bruit propre de 7 à 8 dB-A le rend très silencieux.
  • Contrainte : ni coupe-bas ni atténuateur, un effet de proximité marqué et un son coloré qui ne convient pas à toutes les sources.
  • Pour qui : chanteurs, guitaristes, percussionnistes et home-studistes qui cherchent un statique de caractère, à trouver d’occasion.

La courbe de réponse du Dragonfly

Une courbe de réponse montre comment un micro restitue chaque fréquence, du grave à gauche à l’aigu à droite, par rapport à un niveau de référence noté 0 dB. Une ligne plate signifie un son fidèle, une bosse une zone mise en avant, un creux une zone en retrait.

Courbe de réponse en fréquence du Blue Dragonfly de 13 Hz à 19 kHz, droite de 100 Hz à 2,4 kHz, avec une bosse de présence vers 6 kHz et une seconde bosse vers 11 kHz
Réponse en fréquence du Blue Dragonfly (rouge), sa seule courbe : le micro n’a aucun commutateur. Courbe : Vincent Travaglini, Pulsar Audio.

Ce que dit la courbe

  • Grave : la courbe part d’environ −8 dB vers 13 Hz, puis remonte : −5,5 dB à 20 Hz, −3 dB à 30 Hz, −1,5 dB à 40 Hz et −0,6 dB à 50 Hz ; elle rejoint 0 dB vers 80 à 100 Hz. De près, l’effet de proximité (la hausse du grave quand on s’approche) remonte nettement ce bas du spectre.
  • Médium : une ligne parfaitement droite, à 0 dB, de 100 Hz à 2,4 kHz : sur cette courbe, le corps de la voix et des instruments n’est pas coloré.
  • Présence : la courbe monte à partir de 2,5 kHz : +1 dB à 3 kHz, +3,4 dB à 4 kHz, +5 dB à 5 kHz, et un sommet d’environ +5,4 dB entre 5,5 et 6 kHz. C’est la zone de l’intelligibilité, mais aussi celle des sifflantes.
  • Aigus : après un creux à environ +1,7 dB vers 8 kHz, une seconde bosse d’environ +3,6 dB culmine vers 11 kHz. La réponse descend ensuite : +2 dB à 14 kHz, 0 dB vers 16 kHz et environ −2,7 dB à 19 kHz, où s’arrête la mesure.
  • Une autre courbe publiée : Sound On Sound décrivait en 2002 la courbe que Blue publiait alors, d’une allure différente : des bosses vers 100 Hz, 2 kHz et 12 kHz, des creux 5 à 6 dB plus bas vers 800 Hz et 6 kHz, le tout dans une fenêtre de ±3 dB. Les deux courbes s’accordent sur un aigu mis en avant vers 11 à 12 kHz ; pour le reste, écoutez-le sur vos propres sources.

Caractéristiques techniques

Fiche technique du Dragonfly
Type de micro Statique (condensateur) à grand diaphragme, transducteur à gradient de pression, électronique en classe A à composants discrets, sans transformateur ni circuit intégré
Capsule Simple membrane d’environ un pouce, en Mylar de 6 µm métallisé à l’or et à l’aluminium, montée dans une tête sphérique orientable de près de 180° de chaque côté
Directivité Cardioïde : l’avant est l’hémisphère brillant de la grille, l’arrière l’hémisphère mat
Réponse en fréquence 20 Hz à 20 kHz
Sensibilité à 1 kHz 21 mV/Pa (environ −33,5 dBV), sur une charge de 1 kΩ
Bruit propre 7 dB-A selon le manuel d’origine, soit 87 dB de rapport signal sur bruit pondéré A ; 8 dB-A dans les caractéristiques publiées plus tard
Niveau maximal 132 dB SPL pour 0,5 % de distorsion selon le manuel d’origine ; 138 dB SPL sur une charge de 2,5 kΩ dans les caractéristiques publiées plus tard
Impédance 50 Ω (charge d’au moins 1 kΩ)
Alimentation Alimentation fantôme 48 V
Commutateurs Aucun : ni coupe-bas ni atténuateur
Construction et poids Suspension élastique intégrée, deux vis en laiton qui bloquent la capsule pendant le transport, XLR 3 broches ; 165 mm de long, tête de 60 mm, 630 g ; livré dans une boîte en bois
Historique Sorti en 1999 selon RecordingHacks ; marque écrite BLUE à l’origine ; paires appairées en édition limitée sur commande ; Blue racheté par Logitech en 2018, marque abandonnée en 2023 ; plus fabriqué

Le son du Dragonfly

Sur sa courbe, le Dragonfly laisse le médium droit de 100 Hz à 2,4 kHz, puis met l’aigu en avant : une présence d’environ +5 dB vers 6 kHz et une seconde bosse d’environ +3,5 dB vers 11 kHz. Sur une voix, cela donne une diction nette et de l’air ; sur une voix déjà brillante ou sifflante, le placement compte. Les essais publiés à sa sortie le décrivent comme un micro coloré : Mix le juge pas entièrement transparent, avec une bosse dans le grave vers 90 Hz, une autre vers 14 kHz et un aigu qui tire vers la brillance, et Sound On Sound le trouve excellent sur certaines sources, quelconque sur d’autres. Le magazine conseillait de l’essayer avant de l’adopter.

Sa tête sphérique fait son originalité. La capsule y pivote de près de 180° de chaque côté : on tourne l’hémisphère brillant vers la source sans desserrer le pied. Blue en fait un réglage de timbre : sur une voix, la capsule inclinée vers le front donne plus de projection, face à la bouche plus de brillance et d’intelligibilité, inclinée vers la poitrine un grave plus rond et des aigus plus doux. Selon Sound On Sound, une rotation de 10 à 15° suffit à changer nettement le son.

Son électronique en classe A, sans transformateur, le rend très silencieux : 7 dB-A selon le manuel d’origine, autant que le Neumann TLM 103. Avec 21 mV/Pa, il sort un peu moins de signal que le TLM 103 (23 mV/Pa), mais environ 25 dB de plus qu’un Shure SM7B : un préampli d’entrée de gamme suffit. Il n’a en revanche ni coupe-bas ni atténuateur, et Sound On Sound relève un effet de proximité très marqué, sensible même au-delà de 30 cm : de près, quelques centimètres changent nettement le grave.

À quoi sert le Dragonfly

Blue le destinait aux voix, aux batteries et percussions, aux amplis guitare et basse, et à tous les instruments acoustiques, y compris les sources délicates comme les saxophones et les cordes.

Les sources qu’il capte le mieux

  • Voix chantée : Blue conseille de chanter à 2,5 à 10 cm de la capsule pour une voix pleine, avec un anti-pop. Selon RecordingHacks, Skipper Wise, cofondateur de Blue, l’avait pensé pour les voix féminines ; Mix le recommande pour les voix pop, rock et R&B.
  • Voix parlée et dialogue : Mix l’a essayé en dialogue : une voix claire, avec peu de sifflantes, à condition de placer un anti-pop, car la capsule est très sensible aux plosives.
  • Guitare acoustique : Blue le place face au manche, à la jonction avec la caisse, capsule inclinée vers la rosace ; Mix trouve toutefois que son grave grossit l’instrument : reculez-le si la guitare sonne trop gros.
  • Ampli guitare électrique : Tape Op et Mix le jugent excellent sur les amplis ; tournez la capsule vers le centre du haut-parleur pour plus d’aigu, vers le bord du cône pour plus de grave.
  • Ampli basse : cité par Blue, qui met en avant sa tenue aux niveaux forts ; son grave plein convient à un baffle de basse.
  • Batterie en overheads : Mix a utilisé une paire au-dessus du kit : une grosse caisse et des cymbales détaillées, et une image stéréo qui suit les toms.
  • Caisse claire, toms et percussions : Sound On Sound le trouve excellent sur les percussions à main et les fûts, et Mix sur une caisse claire et des bongos aux attaques fortes.
  • Batterie en micro d’ambiance : Tape Op l’a utilisé comme micro d’ambiance dans sa salle de prise : une batterie claire.
  • Saxophone et clarinette : Blue le place au-dessus et en avant des clés pour un soprano ou une clarinette, à 5 à 15 cm du pavillon pour les autres saxophones.
  • Cordes : Blue cite les instruments à cordes parmi les sources délicates qu’il sait capter ; placez-le à distance raisonnable pour que son aigu mis en avant ne durcisse pas le son.

Les styles de musique

  • Pop : voix lead claires et présentes, qui passent devant une production chargée.
  • R&B : voix douces et ornementées, que Mix cite parmi ses meilleurs usages.
  • Rock : voix énergiques et amplis guitare, avec la capsule orientée pour doser l’aigu.
  • Indie rock : voix, guitares et batterie enregistrées avec un seul statique de caractère.
  • Folk : voix et guitare acoustique, avec de l’air dans l’aigu.
  • Jazz : saxophone, percussions et voix, captés avec leur souffle et leurs attaques.

En studio, sur scène, à la radio

  • Home studio traité : un statique silencieux et polyvalent, qui se contente d’un préampli modeste.
  • Home studio non traité : à utiliser de près, avec des panneaux absorbants derrière la source : il entend les réflexions de la pièce.
  • Studio professionnel : un micro de caractère pour la voix, les amplis et les percussions, à côté de micros plus neutres.
  • Radio, voix off et doublage : une voix claire en cabine traitée, avec un anti-pop pour les plosives.
  • Scène : rarement : très sensible, il ramasse les retours, et sa capsule demande des précautions au transport.

Bien utiliser le Dragonfly

  • Retirez les deux vis en laiton qui bloquent la capsule avant d’enregistrer, et remettez-les en fin de séance : tant qu’elles sont en place, le micro sort très peu de signal.
  • Branchez le micro, puis activez l’alimentation fantôme 48 V ; coupez-la avant de le débrancher.
  • Tournez l’hémisphère brillant de la grille vers la source : c’est l’avant du micro, l’hémisphère mat est l’arrière.
  • Pour une voix pleine, placez la bouche à 2,5 à 10 cm de la capsule, derrière un filtre anti-pop.
  • Inclinez la capsule vers le front du chanteur pour plus de projection, face à la bouche pour plus de brillance, vers la poitrine pour un grave plus rond et des aigus plus doux.
  • Tournez la capsule hors de l’axe de la bouche si les sifflantes ressortent : elles tombent dans sa bosse vers 6 kHz.
  • Activez le coupe-bas du préampli ou de l’interface si la voix devient trop grave de près : le micro n’en a pas.
  • Sur une guitare acoustique, visez la jonction du manche et de la caisse (12e à 14e case), capsule inclinée vers la rosace.
  • Sur un ampli guitare, tournez la capsule vers le centre du haut-parleur pour plus d’aigu, vers le bord du cône pour plus de grave.
  • Sur une caisse claire, un tom ou une percussion à main, placez-le 5 à 10 cm au-dessus du cercle, capsule orientée vers la baguette ou la main.

Le Dragonfly face aux autres micros

Comparaison du Dragonfly avec d’autres micros
Micro Type Sensibilité et bruit propre Pour quoi faire
Blue Dragonfly Statique cardioïde, tête orientable 21 mV/Pa ; 7 dB-A Voix, amplis guitare, percussions
Neumann TLM 103 Statique cardioïde, grand diaphragme 23 mV/Pa ; 7 dB-A Voix chantée et parlée, sources douces
AKG C214 Statique cardioïde, grand diaphragme 20 mV/Pa ; 13 dB-A Voix et instruments en home studio, atténuateur de 20 dB
Audio-Technica AT4033/CL Statique cardioïde, adresse latérale 25,1 mV/Pa ; 17 dB-A Voix, guitares, amplis, overheads
Neumann U 87 Ai Statique, trois directivités 28 mV/Pa ; 12 dB-A en cardioïde Voix et instruments en studio traité

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Questions fréquentes

Le Blue Dragonfly a-t-il besoin de l’alimentation fantôme ?

Oui. C’est un micro statique à polarisation externe : il lui faut une alimentation fantôme de 48 V, fournie par l’interface audio, la table de mixage ou le préampli. Il ne fonctionne pas sur pile.

À quoi sert la tête orientable du Dragonfly ?

La capsule pivote de près de 180° de chaque côté dans sa tête sphérique. Vous pouvez donc viser la source avec précision dans un espace étroit, au-dessus d’un fût par exemple, et ajuster le timbre sans bouger le pied : selon Sound On Sound, 10 à 15° suffisent à changer nettement le son. Blue s’en sert aussi pour doser la brillance d’une voix.

Dragonfly ou Neumann TLM 103 ?

Ce sont deux statiques cardioïdes à grand diaphragme, sans commutateur, presque aussi silencieux l’un que l’autre (7 dB-A pour le TLM 103, 7 à 8 dB-A pour le Dragonfly) et de sensibilité proche. Le TLM 103 est toujours fabriqué et a un aigu en plateau d’environ +4 dB entre 8 et 13 kHz. Le Dragonfly a une présence plus marquée vers 6 kHz sur sa courbe, une réputation de micro plus coloré et sa tête orientable ; il ne se trouve plus que d’occasion.

Le Dragonfly est-il un bon micro pour la voix ?

Oui, c’était son premier usage. Mix le recommande pour les voix pop, rock et R&B, et Blue conseille de chanter tout près, à 2,5 à 10 cm, avec un anti-pop. Sound On Sound note toutefois que le résultat dépend beaucoup de la voix : essayez-le sur la vôtre, et décalez la capsule si les sifflantes ressortent.

Le Dragonfly convient-il pour un home studio ?

Oui, si la pièce est au moins partiellement traitée : comme tout statique, il entend les réflexions des murs. Il se contente d’un préampli d’interface d’entrée de gamme. Comme il n’est plus fabriqué, vérifiez à l’achat d’occasion que les deux vis de transport sont fournies et que la capsule tourne librement, puis écoutez-le avec le 48 V activé.

Sources

Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons.