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beyerdynamic M 260

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Le beyerdynamic M 260 est un micro à ruban qui ressemble à un micro de chant : on le pointe par le bout vers la source, et il est hypercardioïde, c’est-à-dire très directif vers l’avant. Apparu au début des années 1960, il a longtemps servi de micro d’annonceur à la radio et de micro de voix, en studio comme sur scène. Plus grand que son cousin le M 160, il n’a qu’un seul ruban et un son plus en avant. Il n’est plus fabriqué, mais on le trouve d’occasion.

  • TypeRuban
  • DirectivitéHypercardioïde
  • AlimentationAucune
  • Sensibilité0,9 mV/Pa
  • Usage roiVoix de près

Le M 260 en bref

  • Ce que c’est : un micro à ruban passif, à un seul ruban d’aluminium, hypercardioïde, en forme de micro de chant, que l’on pointe vers la source par le bout.
  • Son : un médium plat, une présence d’environ +3,7 dB vers 6 kHz et des aigus qui redescendent doucement jusqu’à 0 dB vers 16 kHz.
  • Atout : un ruban pensé pour la voix de près, assez robuste pour la scène, avec un coupe-bas fixe sur le M 260.80 qui limite l’effet de proximité.
  • Contrainte : un signal faible (0,9 mV/Pa), un ruban qui craint les souffles d’air et des exemplaires d’occasion aux versions et à l’état variables.
  • Pour qui : chanteurs, animateurs, voix off et home-studistes qui veulent un ruban facile à placer, équipés d’un préampli à fort gain.

La courbe de réponse du M 260

Une courbe de réponse montre comment un micro restitue chaque fréquence, du grave à gauche à l’aigu à droite, par rapport à un niveau de référence noté 0 dB. Une ligne plate signifie un son fidèle, une bosse une zone mise en avant, un creux une zone en retrait.

Courbe de réponse en fréquence du beyerdynamic M 260, d'environ 38 Hz à 19 kHz, plate dans le médium, avec une pente douce dans le grave et une bosse de présence vers 6 kHz
Réponse en fréquence du beyerdynamic M 260 (courbe rouge), pour une distance de mesure et une version non précisées. Courbe : Vincent Travaglini, Pulsar Audio.

Ce que dit la courbe

  • Grave : la mesure commence vers 38 Hz, à environ −9 dB. La courbe remonte en pente douce : −6 dB à 50 Hz, −3,3 dB à 70 Hz, −1,2 dB à 100 Hz, puis 0 dB vers 150 Hz. La légende ne précise ni la distance de mesure ni la version mesurée ; or le M 260.80 intègre un coupe-bas fixe à 80 Hz.
  • Médium : de 150 Hz à 1,2 kHz, la courbe reste à 0,3 dB près du 0 dB, avec un très léger plateau à +0,2 dB entre 170 et 450 Hz. La voix et le corps des instruments sont restitués sans coloration.
  • Présence : la réponse monte doucement à partir de 1,3 kHz : une petite bosse de +1 dB vers 2 kHz, un léger creux à +0,7 dB vers 2,5 kHz, puis +1,3 dB à 3 kHz, +2,5 dB à 4 kHz, +3,4 dB à 5 kHz et un sommet d’environ +3,7 dB entre 5,5 et 6,3 kHz. C’est près de 2 dB de plus que la bosse de présence du M 160 : la voix passe devant.
  • Aigus : la courbe redescend après 7 kHz : +1,8 dB à 8 kHz, +0,8 dB à 10 kHz, +0,4 dB vers 12 kHz, 0 dB entre 15 et 16 kHz, puis −1,5 dB à 18 kHz ; la mesure s’arrête vers 19 kHz, à environ −2,3 dB. Des aigus présents, sans brillance excessive.
  • Distance et grave : la courbe est une mesure unique, sans indication de distance. Comme tout micro hypercardioïde, le M 260 gonfle le grave quand la source se rapproche : sur le M 160, lui aussi hypercardioïde, le grave gagne près de 14 dB à 100 Hz entre 1 m et 2 cm. De près, attendez-vous à plus de grave que sur ce tracé, sauf sur un M 260.80, dont le coupe-bas compense en partie.

Caractéristiques techniques

Fiche technique du M 260
Type de micro Ruban (micro dynamique à ruban), un seul ruban d’aluminium pur, transducteur à gradient de pression, prise par le bout
Directivité Hypercardioïde ; atténuation vers l’arrière presque constante sur toute la bande selon le catalogue beyerdynamic de 1974 ; plus de 20 dB vers 110 à 115° de l’axe selon les fiches reprises par les revendeurs
Réponse en fréquence 40 Hz à 18 kHz (M 260.80) ; 50 Hz à 18 kHz pour les premières versions (catalogue 1974)
Sensibilité à 1 kHz 0,9 mV/Pa (−60,5 dBV) selon le mode d’emploi du M 260.80, valeur déjà donnée en 1974 ; certaines fiches de revendeurs annoncent 1,2 mV/Pa (−58 dBV)
Impédance 200 Ω (impédance de charge : 1 kΩ ou plus)
Coupe-bas M 260.80 : coupe-bas fixe à 80 Hz, réalisé par le transformateur de sortie, donc impossible à désactiver
Alimentation Aucune ; selon beyerdynamic, l’alimentation fantôme n’abîme pas un micro à ruban intact branché en symétrique, mais la prudence s’impose avec les micros anciens
Construction Boîtier en laiton, grille robuste ; peu sensible aux champs magnétiques parasites et aux températures extrêmes selon le texte du fabricant
Connecteur XLR 3 broches mâle sur les versions N (C) et M 260.80 ; prises DIN ou Tuchel sur certaines versions anciennes
Dimensions et poids M 260.80 : environ 19 cm de long, corps conique, tête d’environ 51 mm, 300 g ; versions antérieures : tête de 43,5 mm, corps de 24 mm, 230 à 240 g selon les documents
Fournis et accessoires Pince MKV 8 avec le M 260.80 ; bonnette WS 260 en option au catalogue 1974
Historique Daté de 1962 par Radiomuseum, présent dans une publicité de 1963 ; version M 260 SM avec commutateur parole, coupure et musique au catalogue 1974 ; dernière version M 260.80 ; plus fabriqué selon Sound On Sound (2021)

Le son du M 260

Le M 260 a la chaleur d’un ruban, mais un son plus en avant que la plupart d’entre eux. Sur sa courbe, le médium reste plat de 150 Hz à 1,2 kHz, puis la réponse monte jusqu’à environ +3,7 dB vers 6 kHz, avant de revenir à 0 dB vers 16 kHz. Sound On Sound le décrit comme plus en avant que le M 160, avec un haut médium plus marqué qui aide les sons à passer dans le mix, et Sound & Recording relève une légère accentuation de présence, rare sur un ruban. Sa bosse de présence dépasse d’ailleurs de près de 2 dB celle du M 160.

Comme le M 160, il est hypercardioïde : il capte surtout ce qui se trouve devant lui, alors que la plupart des rubans, en figure en 8, captent autant derrière que devant. Le catalogue beyerdynamic de 1974 souligne que son atténuation vers l’arrière reste presque constante sur toute la bande de fréquences. La dernière version, le M 260.80, ajoute un coupe-bas fixe à 80 Hz, réalisé par le transformateur de sortie : il compense en partie l’effet de proximité et oriente le micro vers la prise de près, la voix en tête.

Il n’a qu’un seul ruban d’aluminium pur, là où le M 160 en a deux. Selon beyerdynamic, il sort 0,9 mV/Pa, à peu près autant que le M 160 (1 mV/Pa) ou qu’un Shure SM7B (1,12 mV/Pa) : il lui faut un préampli qui offre beaucoup de gain silencieux, avec une impédance d’entrée d’au moins 1 kΩ. Les rubans beyerdynamic ont la réputation d’être robustes, et Sound & Recording le juge assez solide pour le chant sur scène ; il reste un ruban, à protéger des souffles d’air et à manier avec soin.

À quoi sert le M 260

beyerdynamic le destinait à la voix et à la parole, mais aussi au piano et aux instruments à vent, dans les studios de radio, d’enregistrement et de cinéma : un ruban polyvalent, pensé pour la prise de près.

Les sources qu’il capte le mieux

  • Voix chantée de près : Sound On Sound note que, contrairement à la plupart des rubans, il accepte d’être placé tout près de la bouche ; sa bosse de présence vers 6 kHz aide la voix à passer dans le mix, avec la chaleur d’un ruban.
  • Voix parlée et annonces : longtemps micro d’annonceur à la radio : une voix chaude et intelligible, peu polluée par la pièce grâce à sa directivité serrée.
  • Voix off : le texte du fabricant le cite pour les studios de cinéma : une voix proche et posée, captée sans trop de pièce.
  • Piano : cité par beyerdynamic : un timbre doux, typique du ruban, avec un médium très plat.
  • Flûte : citée par beyerdynamic : le ruban adoucit le souffle et les attaques aiguës de l’instrument.
  • Clarinette : citée par beyerdynamic : un timbre rond et boisé, restitué sans coloration dans le médium.
  • Autres instruments à vent : saxophone et cuivres : beyerdynamic cite les instruments à vent en général ; reculez un peu devant un pavillon puissant pour protéger le ruban.
  • Overheads de batterie : le texte du fabricant le propose au-dessus du kit : sa directivité serrée limite la pièce, et ses aigus, qui redescendent au-delà de 7 kHz, évitent des cymbales trop brillantes.
  • Voix sur scène : Sound On Sound rappelle qu’il a été conçu pour le studio comme pour la scène, et Sound & Recording le juge assez robuste pour le chant en concert ; gardez-le à l’abri des souffles d’air.
  • Réunions et conférences : le texte du fabricant le cite aussi pour les salles de réunion, la téléconférence et les annonces au public.

Les styles de musique

  • Jazz : voix chantées de près et instruments à vent, avec la chaleur d’un ruban.
  • Chanson française : voix au premier plan, chaudes et intelligibles, captées de près.
  • Variété française : voix chantées présentes, qui passent devant les arrangements sans dureté.
  • Blues : voix au timbre vintage, chaudes sans être sombres.
  • Soul : voix pleines qui ressortent dans le mix grâce à la présence vers 6 kHz.
  • Folk : voix et instruments acoustiques captés de près, dans un son naturel.
  • Musique classique : piano, flûte et clarinette solistes, avec la douceur d’un ruban.

En studio, sur scène, à la radio

  • Radio, podcast et streaming : son usage historique : micro d’annonceur, en studio comme en reportage, selon le texte du fabricant.
  • Studio professionnel : voix, piano, instruments à vent et overheads, en alternative plus présente au M 160.
  • Home studio : sa directivité hypercardioïde capte moins la pièce qu’un ruban en figure en 8, à condition d’avoir un préampli à fort gain silencieux.
  • Scène : conçu aussi pour la scène selon Sound On Sound ; tenez-le à l’abri des souffles d’air et des chocs.
  • Tournage et post-production : le texte du fabricant le destine aussi aux studios de cinéma, pour la voix.
  • Salles de conférence : cité pour les salles de réunion, la téléconférence et les annonces au public.

Bien utiliser le M 260

  • Laissez l’alimentation fantôme coupée : tous les M 260 sont des micros anciens, et beyerdynamic recommande la prudence avec ce type de micro.
  • Pointez le bout de la grille vers la source : c’est dans cet axe qu’il est le plus sensible.
  • Pour la voix, placez un filtre anti-pop entre la bouche et le micro : il protège le ruban des plosives (les « p » et les « b » qui claquent).
  • Commencez à une dizaine de centimètres de la bouche, puis dosez le grave par la distance : rapprochez-vous pour épaissir une voix fine, reculez si elle devient sourde.
  • Placez les retours et les sources gênantes de biais derrière le micro, vers 110 à 115° de l’axe, plutôt que pile derrière.
  • Montez franchement le gain du préampli, branché sur une entrée d’au moins 1 kΩ : il sort à peu près autant de signal qu’un Shure SM7B.
  • Éloignez-le des souffles d’air (ouverture de grosse caisse, évent d’ampli basse, ventilation, vent) et ne soufflez jamais dedans pour tester le niveau.
  • Rangez-le dans sa housse, jamais posé à nu : l’aimant attire la poussière métallique, qui peut se loger près du ruban.
  • Faites-le essayer avant de l’acheter d’occasion : un ruban détendu ou usé donne un son dégradé, et sa réparation demande un spécialiste.
  • Nettoyez le boîtier avec un chiffon doux et humide, sans solvant et sans laisser entrer d’eau dans le micro, comme le demande beyerdynamic.

Le M 260 face aux autres micros

Comparaison du M 260 avec d’autres micros
Micro Type Sensibilité Pour quoi faire
beyerdynamic M 260 Ruban unique, hypercardioïde 0,9 mV/Pa Voix et parole de près, piano, instruments à vent
beyerdynamic M 160 Double ruban, hypercardioïde 1 mV/Pa Ampli guitare, batterie, cuivres, cordes
AEA R92 Ruban passif, figure en 8 1,8 mV/Pa Ampli guitare et cuivres, de près
Shure SM7B Dynamique cardioïde 1,12 mV/Pa Voix de près, radio, podcast
Shure SM58 Dynamique cardioïde 1,6 à 1,85 mV/Pa Voix sur scène, tenu à la main

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Questions fréquentes

L’alimentation fantôme peut-elle abîmer le beyerdynamic M 260 ?

Selon beyerdynamic, elle n’abîme pas un micro à ruban intact branché en symétrique, mais la marque appelle à la prudence avec les micros anciens, dont le câblage peut différer. Tous les M 260 sont aujourd’hui des micros d’occasion, parfois très anciens, et Coles rappelle que l’alimentation fantôme peut détruire un ruban si elle l’atteint. Le micro n’en a pas besoin : laissez-la coupée.

M 260 ou M 160 : lequel choisir ?

Le M 160, toujours fabriqué, a deux rubans, une tête plus petite et une présence plus discrète (environ +2 dB contre +3,7 dB pour le M 260 sur leurs courbes). Le M 260, à un seul ruban, est plus grand et plus en avant ; il a été pensé pour la voix et la parole de près, surtout dans sa version M 260.80 à coupe-bas fixe. Pour un ampli guitare ou une batterie, prenez le M 160 ; pour une voix chaude qui passe devant, le M 260 mérite l’essai.

Le M 260 convient-il à la voix ?

Oui, c’est son usage premier : beyerdynamic le destinait à la voix et à la parole, et Sound On Sound note qu’il accepte, contrairement à la plupart des rubans, d’être placé tout près de la bouche. Ajoutez toujours un filtre anti-pop pour protéger le ruban, et réglez la distance pour doser le grave. Sur un M 260.80, le coupe-bas fixe limite déjà l’effet de proximité.

Quelle différence entre M 260, M 260 N (C) et M 260.80 ?

C’est le même micro à ruban hypercardioïde, décliné au fil des décennies. Dans l’ancienne nomenclature beyerdynamic, le suffixe indiquait la prise : (C) pour l’XLR, (T) ou (6) pour des prises DIN ou Tuchel. Le M 260.80, la dernière version, ajoute un coupe-bas fixe à 80 Hz dans le transformateur et un corps plus long et conique, pour 300 g ; Sound On Sound le dit moins recherché que les versions antérieures.

Un M 260 d’occasion est-il un bon choix pour un home studio ?

Oui, si votre préampli offre beaucoup de gain silencieux : il sort à peu près autant de signal qu’un Shure SM7B. Sa directivité hypercardioïde capte moins la pièce qu’un ruban en figure en 8, un atout dans une pièce non traitée. Faites-le essayer avant l’achat : un ruban détendu ou usé donne un son dégradé, et la réparation demande un spécialiste.

Sources

Fiche rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, relue et vérifiée par Fabien Fons.